Le bagnard récalcitrant


29 décembre 2012 par JMD

Claude et Marius 5

Jacob est un voleur et la morale réprouve l’atteinte à la propriété. Il doit payer ses crimes. Raconter les péripéties du matricule 34477 + 300 peut devenir un exercice difficile car l’homme puni peut revêtir les habits du héros dans une institution pénitentiaire dont le seul but serait l’élimination de sa « clientèle ». L’espérance de vie du fagot à son arrivée en Guyane n’est que de cinq ans. Le bagne et ses joyeusetés sont ainsi au programme du cinquième et avant-dernier article de la série qui, dans les colonnes de La Nouvelle République du Centre Ouest, tente de faire connaître aux Reuillois leur gloire locale, même si celle-ci n’est pas du cru. Inspiré du Jacob de Bernard Thomas paru chez Tchou en 1970, le propos de Claude Nerrand n’en oublie pas moins de véhiculer la même imagerie carcérale, les mêmes édifiantes aventures, les mêmes souffrances … et les mêmes erreurs. Ici, l’honnête cambrioleur, devenu la bête noire de l’AP, n’est plus Arsène Lupin mais ressemble beaucoup à Latude ou, mieux encore, à Chéri-Bibi. L’histoire doit forcément avoir une fin heureuse sans quoi il n’y aurait pas de gloire locale. L’enfermé est libéré ici en 1928 … soit un an après sa sortie de la prison centrale de Fresnes !!! Lire le reste de cet article »

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L’honnête au pays des frelons 10


22 décembre 2012 par JMD

Le 11 août 1905, Alexandre Jacob écrit à sa mère. Les époux Develay se chargent toujours de gérer les biens de la famille emprisonnée. Mais la lettre, qui mentionne pour la première fois le pays des frelons, est presque entièrement consacrée au procès de Laon dont on ne sait, à cette date, quand il doit se tenir. Jacob donne ses conseils sur les témoins à comparaître et sur l’attitude à adopter. Il évoque d’ailleurs à ce propos son expulsion de la salle d’audience du tribunal d’Amiens le mardi 14 mars, à la suite de l’incident entre le président Wehekind et les avocats parisiens de la défense, scandale volontairement provoqué selon lui par le juge du milieu. Mais si l’illégaliste s’étend sur ce procès en appel et non sur son avenir en Guyane, par exemple, c’est bien parce qu’il ne pense pas partir pour le dépôt pénitentiaire de Saint Martin de ré avant les premiers jours de septembre. Il se trompe. Le 20 août 1905, le condamné aux travaux forcés à perpétuité franchit les portes de la citadelle rétaise. La veille, il faisait son entrée à la maison d’entrée de La rochelle. Si l’on peut estimer juste un trajet de deux jours entre le Loiret et la Charente Maritime, il est alors envisageable d’affirmer qu’Alexandre Jacob quitte sa « ruche » vers le 16 ou le 17 juin 1905. Lire le reste de cet article »

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Demandez le programme !


16 décembre 2012 par JMD

Il paraitrait que la fin du monde est proche selon certains rites, tous plus ancestraux les uns que les autres. Mais les Mayas ont du trop abuser de la coca ; Nostradamus n’as pas du que refiler quelques gougouttes empoisonnées aux opposants de la très vilaine Catherine de Médicis, il s’en est certainement servi un grand bol au p’tit dèj ; quant aux vikings et autres peuples barbares venus d’on ne sait où, le solstice d’hiver était le plus souvent prétexte à ripailles, beuveries et autres joyeusetés ramollissant à terme le plus coriace des encéphales. Mais au fond, cela n’est pas bien grave. Que l’apocalypse soit, on s’en fout car Dieu est mort à Amiens le 11 mars 1905. Ce jour-là, dans la salle d’audience du tribunal de la cité picarde, un honnête cambrioleur pouvait ainsi déclarer : La religion est morte, la science l’a tuée. Je ne piétinerai pas un cadavre. Et le Jacoblog continue son bonhomme de chemin d’Amiens à la Guyane en passant par tant d’autres endroits édifiants. Vous visiterez un zoo ; vous mangerez à la table de Barrabas et du docteur Rousseau ; vous partirez à la rencontre de Matha, de Malato et  de Marie Jacob et, bien sûr, vous découvrirez quelques surprenantes afflictions de lupinose. Vous pouvez aussi apporter votre contribution et nous proposer des papiers sur l’anarchisme illégaliste, sur le bagne, et sur tout ce qui peut avoir un rapport avec Alexandre Jacob l’honnête cambrioleur. On se fera un plaisir de les mettre en ligne. Premier semestre 2013  et bien tôt cinq ans d’existence ? Demandez le programme ! Lire le reste de cet article »

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Le Procès Jacob


15 décembre 2012 par JMD

Germinal, n°11, 19-25 mars 1905Conçu comme un journal de propagande à l’occasion et à l’approche du procès des Travailleurs de la Nuit (voir article : Le journal du peuple et d’Alexandre), Germinal ne cesse de présenter Jacob et ses co-accusés comme des vengeurs sociaux. Ce sont aussi des victimes de l’ordre bourgeois et du capital. La feuille libertaire amiénoise ne manque pas non plus, à l’instar de la presse nationale et régionale, de rendre compte longuement des débats, souvent houleux, dans la salle d’audience du palais d’injustice de la cité picarde. L’article relatant le procès Jacob s’étale sur deux pages dans le numéro 11 en date du 19 au 25 mars 1905. Il est signé A.B. et reflète bien l’esprit individualiste de l’équipe du journal qui n’a pas eu le droit d’entrer dans le tribunal pour assister au spectacle. Le papier reprend alors les informations (dialogue, déclarations, réparties, etc.) données par Le petit parisien ou Le petit journal mais il en tire des conclusions spécifiquement anarchistes. De fait, les discussions ne peuvent tourner qu’à l’avantage de l’honnête cambrioleur même si ce dernier est expulsé au début de  la 6e audience, le mardi 14 mars, après une manœuvre estimée inique du président Wehekind. Le prévenu ne pourra donc placer sa fameuse déclaration Pourquoi j’ai cambriolé ?. Mais Germinal, qui la publie en Une, n’hésite pas à souligner que la prestation du criminel Jacob ainsi que la propagande active que l’équipe du journal mène en dehors du tribunal finissent par porter leurs fruits. L’arsenal policier, chargé d’assurer la sécurité dans une ville en état de siège, ne parviendrait pas, en effet, à contenir une foule désormais acquise aux illégalistes. Remarquons l’évidente contradiction avec l’article Au peuple souverain de Jules Ouin dans le même numéro qui, justement, s’en prenait à une foule moutonnière désespérément soumise et réclamant son lot de sang. Les sources policières montrent alors, elles aussi, le retournement de situation … et les cris de A mort ! sont désormais vite étouffés par eux de Vive Jacob ! ou Vive l’anarchie !. Des incidents finissent même par éclater au passage des fourgons cellulaires ramenant les inculpés à la prison de Bicêtre le lundi 13 mars. Germinal peut ainsi être content de l’actif travail de propagande accompli. Mais, bien sûr, le journal anarchiste ne se fait aucun doute quant au verdict à venir. Lire le reste de cet article »

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33 ans d’ACL et des cadeaux en subversion


13 décembre 2012 par JMD

10 livres pour seulement 50€00 ? Si, si, c’est possible et c’est ce que propose l’Atelier de Création Libertaire pour tous ses titres d’avant 2012. Et cela ramène l’Honnête cambrioleur à 5€00 seulement, en plus bien sûr des neuf autres que vous aurez choisis ! C’est peut-être le moment de faire du plaisir subversif rouge et noir tout autour de vous ? il suffit alors de se rendre sur le site de l’ACL et, en quelques clics, le tour est joué. Lire le reste de cet article »

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Un cousin d’Amérique ?


8 décembre 2012 par JMD

Un océan sépare Alexandre et Jack. Les deux hommes ne se connaissent pas, n’ont aucun lien de parenté. Ils appartiennent pourtant à la même famille. Deux existences de voleurs. Celle de Jacob est connue, celle de Black beaucoup moins. L’homme est né en 1871 près de Vancouver et est mort noyé à New York  en 1932. Orphelin de mère, délaissé par son père, il mène rapidement la vie d’errance des hobos et devient un artiste de la cambriole. Comme Jacob, il connait l’enfer carcéral pour y expier des crimes qu’il ne reniera jamais. Les deux hommes ont ainsi vécu à peu près à la même époque et se sont engagés tous deux dans une lutte forcément inégale avec la société des honnêtes gens. L’un comme l’autre manient la plume – celle pour écrire – de fort belle manière. Le récit autobiographique de la vie criminelle de Jack Black nous emmène à travers l’Ouest américain de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Publié en 1926 aux Etats Unis sous le titre You Can’t Win, Les Fondeurs de Briques rééditent le texte, traduit en français de l’étasunien, en 2007, par Jeanne Toulouse. Yegg, autoportrait d’un honorable hors-la-loi dépasse largement le cadre du témoignage d’un bandit de grand chemin. Jack Black livre une véritable charge contre les convenances sociales et la prison, même si le choix de vivre la liberté rime le plus souvent avec fuite, errance, misère, opium, et mort. Mais, à la différence d’Alexandre Jacob, le cousin d’Amérique n’a pas de prétention politique. Il ne vole que pour lui et accepte l’idée d’une société fondée sur le principe de propriété. Il refuse d’en faire partie, se leurrant forcément  sur l’idée de marge sociale là où l’honnête cambrioleur engage une guerre au capital et à la bourgeoisie. Son livre a toutefois fortement influencé la beat generation et a servi de matrice à Junky de William S. Burroughs. Il est néanmoins remarquable de pouvoir établir des analogies entre les deux voleurs … finalement séparés par un océan. Extraits … pour rapprocher et différencier l’illégaliste de son faux cousin d’Amérique. Lire le reste de cet article »

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Souvenirs d’été


1 décembre 2012 par JMD

La marmaille est allée se baquer en criant ; il fait chaud et le sable fin brûle vos pieds. Crémé, huilé. Le parasol dispense une ombre généreuse. La lutte a été dure, terrible, presque mortelle, pour l’espace vital des serviettes. Mais le droit du baigneur estivant ne se mendie pas … On connait la suite. Une fois la logistique débarquée, une fois déballée la panoplie qui fait craquer le sac de plage, les choses sérieuses peuvent commencer. La pelle, le seau, le râteau, les lunettes de soleil et la lecture de circonstance. De toutes les circonstances. Celle qui renvoie la grille de sudoku et la dernière daube de saison chez le libraire du coin (s’il y en a) ou au rayon boucherie du supermarché du coin (il y en a). Vous avez ouvert ce curieux ouvrage pendant qu’une goutte de sueur perle sur votre front. Vous le sentez. Vous n’allez pas tarder à sombrer dans une formidable sieste de bord de mer. C’est l’été, l’été des châteaux de sable, l’été des coups de soleil. Vous avez plongé dans une formidable sieste quand le réveil a sonné. Un oeil s’ouvre difficilement. La plage a disparu. Haineusement, maladroitement aussi, vous tendez le bras. Faire taire l’insupportable bip-bip. Vous maudissez la première humiliation de la journée. L’esclavage salarié vous appelle. Vous vous êtes levés. Vous avez levé les stores. Le ciel est gris, bas, menaçant. Il ne devrait pas tarder à neiger. Nous sommes le 1er décembre 2012, c’est bientôt l’hiver et vous auriez tant aimé tant aimé pouvoir rêver encore un peu. Lire le reste de cet article »

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Editions de La Pigne : promos de Noël !


25 novembre 2012 par JMD

Les Éditions de la Pigne préparent leur troisième opus. Jacob Law a écrit les Dix-huit ans de bagne en 1926. L’ouvrage, publié par les éditions de l’Insurgé puis réédité chez Egrégores en 2005, est désormais introuvable. Nous espérons pouvoir sortir ce témoignage poignant et édifiant sur l’enfer carcéral et colonial de Guyane au mois de septembre prochain. Il sera assorti d’une préface de l’historienne Claire Auzias. Mais les fonds nous manquent cruellement. C’est pourquoi nous vous proposons nos deux premiers ouvrages et la biographie de l’illégaliste Alexandre Jacob en Italien (JMarc Delpech, Rubare per l’anarchia, éditions Eleuthera) à prix réduit. Alors ? Une idée de cadeau pour les fêtes qui approchent ? Faites circuler l’information autour de vous, on en a bigrement besoin ! Et merci d’avance pour votre soutien et toutes vos commandes. Lire le reste de cet article »

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Le temps des procès


24 novembre 2012 par JMD

Claude et Marius 4

On pourrait se lasser des écrits d’un ancien colonel narrant les péripéties d’un ennemi social. Le quatrième article de Claude Nerrand, paru dans La Nouvelle République du Centre Ouest le 19 juin 1993, fait se rencontrer chez Mme Bontemps, épicière à Reuilly, Maxime Baron et Marius Jacob. Le premier assura comme gendarme le transport sur le Loire des condamnés aux travaux forcés vers la Guyane. L’histoire du second est connue. Mais, ici, le président de l’office du tourisme de Reuilly commet l’imprudence de s’inspirer de la première biographie commise par Bernard Thomas en 1970 pour écrire son papier. De fait le forçat 34777 perd 300 points dans son numéro de matricule. Cela n’est rien bien sûr. Mais une réelle recherche en archives aurait permis d’éviter de se tromper de condamné au bagne. Cela n’est rien bien sûr même si la science historique a le souci de l’exactitude dans la narration. Il est ainsi intéressant de noter que le titre de l’article induit le lecteur dans l’erreur chronologique. Claude Nerrand va nous parler du bagne subi par Jacob pendant dix-neuf ans … et c’est la narration de l’extraordinaire procès d’Amiens (du 08 au 22 mars 1905) qui défile sous nos yeux éberlués. Lire le reste de cet article »

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Les bandits de Reuilly !


18 novembre 2012 par JMD

Ce n’est pas parce qu’on n’attire pas la foule que l’on doit se croire dialectiquement tout permis pour créer l’évènement. Mais il y a fort à parier que l’article publicitaire de la Nouvelle République, en date du 22 septembre dernier, manque son but. Outre une dialectique mettant en lumière l’incroyable talent de muséographe d e Claude Nerrand, président de l’office du tourisme de Reuilly, nous n’avons pas été les seuls à remarquer le « petit » dérapage historiographique commis à l’encontre de Jacob Alexandre Marius : le « bandit », gloire locale qui « n’est pas un héros », peut assurément dormir tranquille. Il n’ira pas rejoindre le panthéon réactionnaire du Berry. A Jacob, la commune de Reuilly reconnaissante ? A vrai dire, nous avons cure d’un tel a priori mais force est de reconnaître à l’image de Rolland Hénault, qui n’a rien perdu de sa caustique et acide verve, dans le blog de la chanteuse Elizabeth ou dans les colonne du bulletin de l’Union Pacifiste en octobre dernier que certains peuvent tout oser … et qu’il paraitrait que c’est même un signe de reconnaissance. Bang bang ! Lire le reste de cet article »

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L’honnête au pays des frelons 9


17 novembre 2012 par JMD

24 juillet 1905, le temps des procès est clos pour Alexandre Jacob. L’attente du transfert sur le dépôt pénitentiaire de Saint Martin de Ré, mentionné le 06 août comme établissement zoologique, devient ainsi l’activité principale du forçat à venir. Les lettres du 1, 2 et 3 août se prolongent de trois jours. Elles marquent une rupture importante. Bien sûr, l’honnête cambrioleur continue d’évoquer sa comparution aux assises d’Orléans et de conseiller sa mère détenue à Laon en vue de son procès en appel. Il ne manque pas non plus de décrire ses conditions d’emprisonnement et de philosopher sur la justice et les honnêtes gens. Mais l’homme puni commence surtout à organiser sa future vie de bagnard. Lire le reste de cet article »

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L’honnête à Lyon et au salon


13 novembre 2012 par JMD

Il ne sera pas tout seul l’honnête. Le deuxième salon des éditions libertaires de Lyon, organisé les 17 et 18 novembre 2012 par le CDL (Centre de Documentation Libertaire), les Amis de la Gryffe et la librairie libertaire la Gryffe, se tiendra le samedi 17 et le dimanche 18 novembre2012. Plus de soixante éditeurs et revues, des centres documentaires, des librairies (neuf et occasion), des groupes locaux seront présents à la Maison des Associations, 28 rue Denfert-Rocherau. Vous pourrez y discuter Alexandre jacob avec l’ACL, Paul Rousenq avec Libertalia ou encore Bocalblues, Mégoustastoux et Jacob Law avec les éditions de La Pigne, sans oublier un programme des plus alléchants. On vous y attend nombreux et nombreuse. Parce que la culture libertaire ne se mendie pas, …

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Au peuple souverain


11 novembre 2012 par JMD

moutonsLe nombre de badauds prouve à fortiori le caractère exceptionnel du procès des bandits d’Abbeville. Ils sont en effet nombreux dès l’ouverture des assises picardes à venir voir passer les fourgons cellulaires emmenant le matin Alexandre Jacob et ses co-accusés au palais de justice ou bien, le soir, les ramenant  à la prison de Bicêtre. Ils sont encore plus concentrés, serrés, comprimés dans la salle d’audience pour assister aux débats comme on va au théâtre. Les sources policières et médiatiques s’accordent sur la curiosité pour interpréter l’affluence constatée à Amiens du 08 au 22 mars 1905. Les deux s’attachent aussi à décrire une masse hostile que tentent néanmoins de retourner les militants libertaires locaux.  Mais les cris de Vive l’Anarchie ! restent le plus souvent sans écho ou bien, provoquent nombre de A mort ! . L’agitation  ne semble pas prendre, du moins  au départ du spectacle judiciaire. Peut-être est-ce pour cette raison que Jules Ouin, un des animateurs de Germinal, adopte un ton particulièrement féroce dans le n° 11 de la feuille anarchiste picarde. On retrouve alors l’influence de l’individualisme de Libertad dans cet article vilipendant une foule soumise et moutonnière, prête à lyncher les illégalistes de la « bande sinistre » si on lui en donnait les moyens. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le béquillard vient pour ce numéro entièrement consacré aux Travailleurs de la Nuit prêter main forte aux camarades d’Amiens. C’est bien au culte de la charogne que Libertad s’en prend, lui aussi, quelques temps plus tard en créant le journal l’anarchie (avril 1905). Lire le reste de cet article »

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Portrait lombrosien


10 novembre 2012 par JMD

Germinal, n°11, 19-25 mars 1905Alexandre Jacob présente-t-il les caractéristiques du criminel classique ? La réponse à la question posée, et largement reprise dans la presse, ne laisse aucun doute à ce sujet. Car il y va du stéréotype. Les stigmates de la délinquance doivent se retrouver aisément dans le portrait physique que le journaliste aime à décrire de l’anarchiste cambrioleur. Jacob serait ainsi la reproduction parfaite et concrète des principes lombrosiens. La description physique du voleur accentue et aggrave ensuite la longue énumération des délits jugés à Amiens. Car les crimes d’Alexandre Jacob ne peuvent que relever du droit commun. Il semble hors de question de voir un quelconque acte politique minimisant de fait les délits jugés et l’insécurité constamment dénoncée. En désignant Alexandre Jacob comme un microbe menaçant la santé du corps social, la presse ne fait que reproduire cette idée du criminel-né tout en renforçant la fascination que le lecteur peut alors éprouver. A la crainte, à l’horreur et à la réprobation morale doit se mêler un sentiment équivoque où la curiosité se teinte d’un voyeurisme malsain. Si l’accusé étonne, surprend et présente des aspects sympathiques, il convient de le replacer dans la norme du délit de faciès. Le n°11 du journal libertaire Germinal est entièrement consacré au procès d’Amiens. Parmi les nombreux articles soutenant l’honnête cambrioleur et ses co-accusés, la feuille antiautoritaire reproduit un billet de l’agence Havas que l’on retrouve aussi encore dans le journal L’Aurore en date du 10 mars 1905.  Mais la description du principal accusé ne poursuit bien évidemment pas le même but. Là, chez les anarchistes, c’est le pourfendeur du capital, le valeureux protecteur des exploités, le champion du droit de vivre qui ne se mendie pas, qui est mis en valeur. Lire le reste de cet article »

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Rubare per l’anarchia : Vosges Matin


8 novembre 2012 par JMD

Alors que la presse nationale a quelque peu ignoré en 2008 la sortie de Alexandre Jacob l’honnête cambrioleur préférant, quatre ans plus tard dresser des lauriers au très critiquable Alexandre Marius Jacob le forçat intraitable de Jacques Colombat, force est de constater que les feuilles transalpines ont largement couvert la parution de Rubare per l’anarchia des éditions Eleuthera au mois de septembre 2012. Le mardi 06  novembre de cette année, le quotidien Vosges Matin reprenait à son tour mais sans tomber dans un quelconque syndrome lupinien, l’information que l’on pouvait trouver, entre autres, dans Le Corriere della Sera (16 septembre 2012) ou encore dans la Stampa (13 octobre 2012). Il ne reste plus alors à « espérer » que l’ouvrage paraisse en version française. En attendant, ami jacoblogueur, tu peux éventuellement te procurer le livre en visitant le site d’Eleuthera ou bien en nous envoyant un petit message (voir rubrique Nous contacter ?). Lire le reste de cet article »

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