Articles taggés avec ‘mort’

Mes tombeaux 35


mercredi 21 septembre 2022 par JMD

Les Allobroges

7ème année, n° 1309,

mercredi 10 mars 1948, p. 2.

Mes tombeaux

souvenirs du bagne

par Paul Roussenq, L’Inco d’Albert Londres

XXXIV

A Sisteron, à Fort Barraux les internés se disputaient les épluchures et le pou était roi

A SISTERON

Je fus d’abord envoyé dans un camp de la Haute-Vienne. Huit jours après, je fus transféré à Sisteron. C’est à la citadelle de la patrie de Paul Arène qu’était Situé le camp. Les anciennes casemates étaient bondées d’internés famé-Piques, au nombre de 250 environ. Il y avait là un peu de tout, militants politiques et syndicalistes, récidivistes, souteneurs, patrons de maisons, commerçants qui avaient enfreint les prescriptions du ravitaillement. Lire le reste de cet article »

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Mes tombeaux 11


mercredi 29 juin 2022 par JMD

Les Allobroges

7ème année, n° 1284,

mardi 10 février 1948, p. 2.

Mes tombeaux

souvenirs du bagne

par Paul Roussenq, L’Inco d’Albert Londres

X

Une fleur s’épanouissait parmi toutes les turpitudes; et cette fleur c’était MAMAN

C’est pourquoi le Bagne avait la mentalité spéciale, son opinion publique et sa morale négative. Les bagnards avaient des besoins et des aspirations qu’il fallait satisfaire, coûte que coûte. Rejetés de la Société qui les ignorait, ils se créaient une manière de vivre qui pouvait heurter les idées reçues, mais qui leur convenait à eux, à défaut d’une vie régulière.

Un esprit de solidarité animait tous les membres de cette communauté de réprouvés. Si leurs faits et gestes n’étaient pas toujours marqués du sceau de l’élégance, ils l’étaient souvent par celui d’une impérieuse nécessité. Lire le reste de cet article »

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Mes tombeaux 6


samedi 11 juin 2022 par JMD

Les Allobroges

7ème année, n° 1279,

mercredi 4 février 1948, p. 2.

Mes tombeaux

souvenirs du bagne

par Paul Roussenq, L’Inco d’Albert Londres

VI

TROIS JEUN ES PARISIENS DE 17 ANS ALLAIENT FINIR LEUR VIE EN GUYANE POUR AVOIR DÉPOUILLIÉ UN IVROGNE

Pauvres types ; ils y seraient bientôt à la Guyane… La plupart d’entre eux y laisseraient leurs os, en même temps que leurs illusions perdues. Je considérai mes compagnons, in petto, sous l’angle humain du psychologue averti. Et je pouvais me rendre compte que beaucoup d’entre eux, irrémédiablement voués à l’abime, auraient pu être sauvés si, au lieu de les châtier sans merci, la société les avait préservés ou secourus. A cette époque, la responsabilité pénale jouait à partir de l’âge de seize ans (depuis, elle a été élevée à dix-huit ans). Lire le reste de cet article »

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Aphorismes du bagnard


mercredi 11 novembre 2020 par JMD

Nos cerveaux peuvent difficilement concevoir ce qu’est comme carnage et dévastation la guerre actuelle. Seuls, les experts en art militaire en ont une idée exacte, et ceux-là se comptent. As-tu songé à cela ? Bien sûr. C’est peu de chose que de mourir en combattant ; mais se laisser tuer comme un pigeon au tir de Monte-Carlo, c’est une autre affaire.

lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 20 octobre 1914

(photographie : ossuaire de Douaumont, Meuse, octobre 2020)

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Si l’écho de leur voix faiblit…


mardi 1 septembre 2020 par JMD

Matricules

coordination : Philippe Collin

préface : Jean-Marc Delpech

Participants : Alain Denizet et Alexandre Dupuy

Orphie, septembre 2020, 296 p., 18€

 

Les systèmes totalitaires ont par essence une logique comptable. Il en va ainsi pour n’importe quelle administration dans quelque régime que ce soit. Le classement de l’information réduit l’homme à un simple numéro et il ne constitue alors plus qu’un rouage interchangeable autorisant le fonctionnement de la matrice. L’homme n’existe plus. Sa vie, sa personnalité, importent peu ou plutôt doivent être niés, détruites, éliminées pour que le principe puisse être efficient et pérenne. Elles sont appelées à sombrer dans les limbes d’un oubli bureaucratique tout kafkaïen. Cela est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit du traitement de la question pénale en milieu concentrationnaire. Lire le reste de cet article »

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Aphorismes du bagnard


dimanche 7 juin 2020 par JMD

La naissance tout comme la mort ne sont qu’une question de mots, rien de plus. La meilleure des preuves en est que, si l’on pouvait peser la terre après un million de naissances, elle n’en augmenterait pas d’un seul milligramme. De même pour la mort, ou mieux, ce que l’on a coutume d’appeler ainsi. La vie, même dans la misère, vaut la peine qu’on la vive ; mais soit que les circonstances en exigent le sacrifice, soit que l’usure de la machine le veuille, eh bien, ma foi, il n’y a pas à le regretter. À quoi bon se lamenter sur un événement nécessaire et inéluctable ?

Lettre à Marie Jacob, 14 février 1912

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Salut Olivier


dimanche 29 mars 2020 par JMD

L’ancien hangar industriel avait été aménagé en salle de concert. On était dans le bas Montreuil pas très loin du périphérique. À l’étage se trouvait une salle de réunion et une bibliothèque. Là, se réunissait l’équipe de L’Insomniaque. Olivier participait à la discussion quand je suis arrivé et après de trois menues présentations, j’ai commencé à parler de mes recherches sur Alexandre Jacob. Olivier menait le débat, ses yeux pétillaient. C’était un fin observateur. Il m’a laissé parler. Il m’a laissé dire que faire de Jacob un aventurier n’était pas satisfaisant et que sans motivations politiques on ne pouvoir saisir l’homme, l’honnête homme et ses actes. Il savait déjà tout cela. À la fin de la discussion, il m’a refilé une boite d’archives : « tiens, c’est le dernier truc qu’on n’a pas eu le temps de le fouiller. C’est toi qui vas le faire. » L’Insomniaque venait tout juste de sortir des extraits des Écrits de Jacob en trois petits volumes dans sa collection À couteaux tirés. Je suis reparti avec le carton et un bon petit paquet de Travailleurs de la nuit, d’Extermination à la française et de À bas les prisons, toutes les prisons !. Olivier Cueto est entré dans ma vie jacobienne, c’est devenu un ami. C’était il y a dix-neuf ans. Aujourd’hui, dimanche 29 mars 2020, je viens d’apprendre sa mort et, lacrymales au garde-à-vous, je chiale mon ami perdu. Lire le reste de cet article »

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La galère des médecins du bagne


dimanche 20 mai 2018 par JMD

Les revues spécialisées manquent parfois – souvent le coche quand, pour distraire leur lectorat elles abordent le champ historique. L’article vulgarise à l’excès, enfonce des portes ouvertes et finit généralement par charrier les stéréotypes les plus éculés même quand la signature de l’auteur crédite la véracité et le sérieux des faits décrits et analysés. S’il ne bouscule pas la connaissance que nous pouvons avoir du bagne, le papier qu’écrit Bénédicte Vergez-Chaignon, maître de conférence à l’IEP de Paris, sur les médecins du bagne pour Impact Quotidien en 1998 a de quoi relever l’attention des thérapeutes mais aussi la nôtre. L’utilisation du cliché du docteur Léon Collin, représentant une visite médicale au camp de Charvein, avec la mention erronée de la source a réveillé notre œil amusé. Mais, en prenant le court séjour de Louis Rousseau en Guyane comme référence, l’auteur met surtout en lumière la double attitude des hommes chargés de soigner les hommes punis. Ainsi y eut-il ceux qui soignèrent, ceux qui ont vu une réalité qui les révulsa et ceux qui comme Louis Ernest Rousseau constatant l’horreur carcérale et coloniale s’opposèrent à l’Administration Pénitentiaire et dénoncèrent l’œuvre de mort d’un système éliminatoire. Lire le reste de cet article »

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Un Médecin au bagne chapitre 11


samedi 28 janvier 2017 par JMD

Rénovation pénitentiaire ? Parce qu’il est le dernier maillon d’une longue chaîne répressive qui a pour but l’éloignement, l’éviction ou plutôt l’élimination du criminel, le bagne ne pouvait aboutir qu’à un échec patent. Et si, dès sa création en 1854, il a su résister aux nombreuses critiques, c’est bien qu’il correspond parfaitement aux principes de préservation sociale et d’exemplarité qui fondent le système pénal français. Louis Rousseau s’attache alors à montrer dans le dernier chapitre de son ouvrage une organisation d’ensemble régie par la loi du talion. Le délinquant doit alors souffrir et faire repentance. Lire le reste de cet article »

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Aphorismes d’un été jacobien


dimanche 28 août 2016 par JMD

Les plus grandes douleurs ne peuvent pas durer plus que la vie : c’est dire leur inutilité
Lettre à Marie Jacob, île du Salut, 20 octobre 1914

Aujourd’hui, dimanche 28 août 2016, Jacob Alexandre Marius se donnait la mort dans sa maison du hameau de Bois Saint Denis à Reuilly (Indre) il y a soixante-deux ans

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Aphorismes d’un été jacobien


lundi 15 août 2016 par JMD

portrait de Jacob dans la République du Centre, avril 1951La vie est une guerre, la mêlée sociale est une bataille sans pitié ni merci et, quand on est vaincu, ce ne sont pas des larmes qu’il faut verser ; il faut se ressaisir ; il faut surmonter ce ferment de nihilisme qui est en nous et tenir bon jusqu’au bout, énergiquement, au mépris de la mort.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 2 juillet 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


samedi 30 juillet 2016 par JMD

Jacob mousse, fonds Jacob, CIRA MarseilleLa réclusion ce n’est pas un sanatorium. Ce n’est pas pour tonifier les hommes, pour augmenter leur longévité qu’on les soumet à un régime nocif mais bien pour les déprimer et châtrer leur énergie morale.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 20 octobre 1911

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Aphorismes d’un été jacobien


samedi 23 juillet 2016 par JMD

Dans ces lieux, c’est la misère et la souffrance qui règnent.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut,18 mars 1911

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Un médecin au bagne chapitre 6


samedi 25 juin 2016 par JMD

La Belle : aquarelle de bagnardLe chapitre 6 du livre du Docteur Rousseau aborde logiquement le thème de l’évasion après l’analyse plus que critique des processus de normation faisant du bagnard un rouage interchangeable parce que périssable. Eradiquer toute velléité d’opposition, briser les énergies, le bagne est un monde violent et totalitaire qui n’offre aucune perspective de régénération. L’ogre carcéral se nourrit de l’infortune du condamné qui n’a d’autres alternatives pour s’y soustraire que de crever ou d’embrasser la chimérique Belle. 95% des évasions échouent, nous dit en 1930, Dieudonné, forçat anarchiste, ancien membre de la bande à Bonnot, lui-même évadé en 1926[1]. Pourtant, l’infime petit nombre de réussites suffisent à entretenir le mythe, à relever l’espoir du détenu prêt à braver une faune hostile, une végétation particulièrement inhospitalière, une mer houleuse et infestée de requins. Si Louis Rousseau insiste sur les obstacles qui mettent en échec le fuyard, ce n’est que pour mieux stigmatiser « de remarquables exemples d’énergie ». Loin de condamner l’acte, il donne de nombreux exemples d’évasion, utopie libératrice confinant à l’obsession. Les motivations de l’évadé répondent à la souffrance endurée et mettent en relief une espèce « d’instinct de conservation ». Mais, ici, pas de narration dramatique et prodigieuse, à la manière d’un Gaston Leroux ou d’un Henry Charrière[2]. Le médecin a choisi d’exposer un phénomène largement plus complexe qu’il n’y parait et qui fait « partie du système pénitentiaire ». Lire le reste de cet article »

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Mort d’un honnête homme


jeudi 28 août 2014 par JMD

C’est après le repas offert aux enfants du hameau de Bois Saint Denis que le vieil anarchiste Jacob organise son suicide, le 28 août 1954. Il le raconte par anticipation à Josette Passas, sa dernière compagne : Je viens d’essayer la qualité du charbon. J’en ai un sac de dix litres qui ne vaut pas cher. J’en ai acheté un de vingt litres qui est meilleur. Je ferai un mélange qui, je l’espère, donnera un de bons résultats. Je ne risque pas d’être dérangé. Je ferme tout partout et, quand les gosses viendront à neuf heures du matin, il y a longtemps que tout sera bouclé. (J’ai laissé à la voisine) le numéro de Bernard. Elle lui téléphonera et lui alertera les autres. Je lui ai acheté ce matin quatre litres de vin pour qu’il prenne le verre … à ma santé. De retour de la Poste de Reuilly, l’honnête homme que fut Alexandre Marius Jacob met son projet à exécution. Morphine et monoxyde de carbone. Il a réussi sa dernière Belle. Sans fleur ni couronne … mais avec la bouteille de rosé pour les amis. C’était il y a soixante ans et le droit de vivre ne doit toujours pas se mendier ; il doit se prendre. Salut l’ami. Le Jacoblog poursuit ta route. Demandez le programme ! Lire le reste de cet article »

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