Le QUIZZ de la lavandière


11 décembre 2011 par JMD

Elle n’est pas bretonne. Elle pourrait être d’ici ou d’ailleurs. Elle est droite, raide comme le bronze coulé de la justice. La belle lavandière s’en va, matin, laver le linge sale de la famille. Tremper, savonner, battre, tordre, frapper, retremper, essorer. Tout cela pour être nickel beau et nickel propre. Tous les jours de la semaine. Elle sue pour les agapes et elle agape the blues. Petite sœur de Gervaise et de Jeanne Marie Le Calvé. Alors, pour souffler un peu entre deux futals, pour reposer ce dos qui lui fait mal, un mal de chien, pour récupérer entre deux chemises souillées, elle feuillète quelques pages de son manuel de droit de vivre. Un livre qu’elle emporte toujours avec elle. Il suffit juste de dire où et il n’y a rien à gagner … même pas du linge propre, lavé, repassé, séché. La belle lavandière a la cosse. Lire le reste de cet article »

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Dernière lettre de Bicêtre


10 décembre 2011 par JMD

Le 22 mars 1905, la cour d’assises de la Somme rend son verdict sur l’affaire des « bandits d’Abbeville ». Sept des vingt-trois accusés (Alcide Ader, Georges Apport, Émile Augain, François Westermann, Émile Limonier, Louis Chalus et Léontine Tissandier) sortent libres du tribunal d’Amiens. Si Joseph Ferrand, condamné à 20 ans de travaux forcés, renonce à faire appel,  dix condamnés (Marie Jacob, Jacques Sautarel, Rose Roux, Léon et Angèle Ferré, Honoré Bonnefoy, Jules Clarenson, François Brunus, François Vaillant et Marius Baudy) se pourvoient en cassation, à l’initiative très certainement de leurs avocats parisiens. Ayant échappé à la guillotine, Alexandre Jacob, dans l’attente de son transfert sur Orléans où il doit être jugé une seconde fois, tient à disculper tant que faire se peut certains d’entre eux, dont sa très chère mère. Sa dernière lettre de la prison de Bicêtre, le 03 avril, est adressée au Garde des Sceaux. Lire le reste de cet article »

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Jacob in The dico


4 décembre 2011 par JMD

Voilà un livre dont on pourra, sous le sapin, se passer aisément. On a vu, on a lu … on n’a rien retenu et Tomalu nous l’avait bien dit.  Que ne l’avons-nous point suivi dans la voie de la sagesse et du bon goût ? Que n’avons-nous pas entendu le propos même de l’éditeur qui, dans les colonnes du Monde Libertaire, en date du 02 au 08 juin 2011, déclare vomir « ce livre qui est une ode au JE, un mépris du NOUS, et surtout une bible de l’innéité pour ce qui concerne la liberté et l’égalité chez les humains » ? L’idée d’un dictionnaire de l’individualisme libertaire, à la première de couverture effectivement plaisante et attractive, était pourtant plus que séduisante. Lire le reste de cet article »

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La rapine au bout du canon


3 décembre 2011 par JMD

L’actualité, tant nationale qu’internationale, aurait pu occulter largement le procès d’Amiens et l’extraordinaire couverture médiatique dont on bénéficié les Travailleurs de la Nuit. En 1905, les yeux du monde, et plus particulièrement ceux de nos bons hexagonaux qui ont souscrit aux fameux et désormais légendaires emprunts,  sont tournés vers la Russie impériale. La puissance de la Troisième Rome apparait dangereusement et doublement chancelante.

Une nation de couleur – le Japon régénéré par l’industrialisation de l’ère Meiji – s’apprête à mettre fin à  l’hypothétique supériorité d’une civilisation blanche. Le 8 février 1904, l’attaque de la flotte russe dans la rade de Port Arthur marque le début de la guerre russo-japonaise. La révolution, à l’intérieur, gronde, prélude à la fin de la dynastie des Romanov, répétition générale avant les évènements de 1917. Lire le reste de cet article »

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Le transporté


27 novembre 2011 par JMD

Nous avons mis en ligne cette chanson, interpétée par Daniel Denécheau et Patrick Denain, une première fois le samedi 18 octobre 2008. Nous ne connaissons pas son auteur. Certains ont pu l’attribuer au bagnard Miet. Elle est écrite vers 1912 et est publiée en 1924 par les soins d’Antoine Mesclon. Mais elle ne semble pas avoir connu un certain succès, les bagnards préfèrant de toute évidence entonner le Chant de l’Orapu. Les éditions L’Insomniaque l’incluent une première fois, en 2000, dans le cd accompagnant le livre Au pied du mur, anthologie de textes sur la prison, puis, en 2004 dans le cd de la réédition des Ecrits de Jacob. Lire le reste de cet article »

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Le procès d’Amiens 2004


26 novembre 2011 par JMD

Détail de la carte postale présentant le transfert de la \Avec la réédition des Écrits de Jacob en 2004, L’Insomniaque a fait le choix de réduire considérablement le nombre de saynètes au profit des chansons que l’on peut entendre dans le cd qui accompagne le précieux et édifiant volume. En retenant le procès d’Amiens, le rôle central que joue cet évènement dans la vie de l’honnête cambrioleur est ainsi en avant. Cette comédie judiciaire révèle à une opinion, nourrie par la grande presse nationale au sentiment d’insécurité, une extraordinaire organisation illégaliste que les tribunaux bourgeois assortis de leurs jurys populaires ont vite fait de transformer en association de malfaiteurs. Ce que sont effectivement les Travailleurs de la Nuit. Jacob, de facto désigné comme chef (ce qui est un comble pour les anarchistes), peut alors entrer en scène et faire le spectacle. Un morceau d’environ 30 mn.

Le procès d\’Amiens 2004

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Méric et les illégalistes


20 novembre 2011 par JMD

Victor Méric écrit les Bandits tragiques en 1926. L’ouvrage, précieux témoignage, indispensable analyse, a été réédité en 2010 par les éditions Le Flibustier. L’homme, ancien anarchiste, ancien socialiste révolutionnaire, a bien changé. C’est même vis-à-vis des illégalistes, un virage à 180 degrés. La grande boucherie est bien sûr passée par là. Le rouleau compresseur soviétique, venu de l’Est, a fait le reste. Le collectif a écrasé l’individu et l’auteur, communiste exclu de la SFIC, née du congrès de Tours, a rangé au vestiaire droit de vivre et reprise individuelle pour ne retenir que les dégâts et autres dommages collatéraux de la geste sanglante, et surtout sans lendemain qui puisse chanter, de Jules Bonnot et compagnie. Lire le reste de cet article »

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MÉRIC Victor


19 novembre 2011 par JMD

pseudonymes : Flax, Luc, Sirius, Veheme.

Né le 10 mai 1876 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 10 octobre 1933 à Paris. Journaliste et écrivain. Socialiste anarchisant, militant du Parti communiste (1920-1923) puis de l’Union socialiste-communiste. Fondateur de la Ligue internationale des combattants de la paix et secrétaire général de 1931 à juin 1933. Lire le reste de cet article »

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Is marmite beautiful ?


12 novembre 2011 par JMD

Propagande par le fait. Le débat pourrait se lancer à la suite de l’article narratif de Patrick Schindler, paru dans les colonnes du Monde Libertaire au mois de mars de cette année. L’historiographie des poseurs de bombes anarchistes porte en elle la question forcément déformante de l’approbation ou plutôt de la condamnation quasi-systématique du recours à la violence politique. Le champ lexical de l’étude du terrorisme pratiqué, en son temps, par les sectateurs de la marmite à renversement utilise le plus souvent le vocabulaire médical. Parler d’épidémie d’attentats, évoquer le dérangement psychiatrique ou bien la maladie infantile de l’anarchisme conduit inévitablement à occulter ou à nier de réelles et profondes motivations dans un contexte particulier. Lire le reste de cet article »

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Dix questions à … Rolland Hénault


11 novembre 2011 par JMD

Prolifique et drôle, une plume acérée et néanmoins trempée dans l’humanité de l’anarchisme, Rolland Hénault n’en finit pas, dans ses livres, de montrer les errements d’une société si peu ouverte sur le rapport à l’autre. L’écrivain et parolier cultive une force tranquille, réjouissante et vivifiante. Il ne mâche pas ses mots et c’est avec un plaisir non dissimulé que nous lui donnons à nouveau la parole dans les colonnes du Jacoblog. Une cause simple à cela. Rolland connait le Berry comme sa poche et peut vous conter à l’infini une réalité, sa réalité, faite de paysans retors à l’autorité instituée, de gens du cru au tempérament bien trempé, et de Reuilly rouge ou blanc qui, bien loin de vous brûler le gosier, rend la vie nettement plus supportable. Rolland a bien voulu alors se plier au jeu des dix questions. Ses réponses sur ce pays où il ne se passerait soi-disant rien et sur une de ces célébrités, qui n’est pas le gentleman cambrioleur que vous savez et dont nous n’aurons de cesse de souligner la pertinence, l’universalité et la contemporanéité du propos, nous apparaissent éclairantes à plus d’un titre. Lire le reste de cet article »

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Pauvres Robins, pauvre Jacob


6 novembre 2011 par JMD

Un concert de Louanges ? C’est peu dire. La chaîne de télévision France 3 diffusait, mardi 25 octobre 2011, les Robins des pauvres, une fiction censée rompre avec la monotonie des historiettes hexagonales et rangeant, de facto, au placard tous les Louis la brocante, toutes les Joséphine ange gardien de la terre. Même Télérama, pourtant si peu prompt à saluer les productions nationales, dessert quelques lauriers au téléfilm de Frédéric Tellier, qui a réuni deux millions de téléspectateurs, soit 7,7% du public présent devant son petit écran entre 20h35 et 22h15. Une histoire euphorisante, des acteurs épatants, une réalisation bluffante, exulte le site web de l’Express qui n’hésite pas à en rajouter une vache de couche : mise en scène nerveuse, photo soignée, ambiance crépusculaire : Frédéric Tellier connaît les classiques du genre, à mille lieues des faiseurs qui traînent habituellement la charentaise sur France 3. Un miracle ? Non, du talent. Pécho encore dans le Nouvel Obs télé : la crise a du bon … quand elle suscite des fictions énervées qui n’hésitent pas à voler dans les plumes du réel (…) ce téléfilm riposte sur le mode du « feel good movie » qui consiste à faire d’une mouise bien contemporaine le terrain d’une histoire enrichie en espoir. La preuve que l’imaginaire ne fait pas faillite. Et pourtant … A y regarder de plus près, cela tient plus du repiquage fadasse que de l’imagination au pouvoir. Lire le reste de cet article »

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Du vol légal en cour d’assises


5 novembre 2011 par JMD

En pointant le doigt sur les contradictions du prévisible discours judiciaire qui a pour but d’envoyer vingt-trois personnes derrière les barreaux, au bagne ou à l’échafaud, les explications nécessaires de Maurice Lucas, anarchiste d’Amiens, reprennent finalement le principe de l’arroseur arrosé pour disculper Alexandre Jacob et ses amis. L’auteur de ce papier, paru dans le n°11 de Germinal en date du 19 au 25 mars 1905, numéro entièrement consacré au procès des Travailleurs de la Nuit, ne nie pas les cambriolages commis. A l’aide d’une rhétorique tout proudhonienne, il inverse les rôles. Le vol légal se nomme propriété. Lire le reste de cet article »

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La Diane du prolétaire


30 octobre 2011 par JMD

Qu’elle se montre cruelle, sévère et exigeante, l’antique fille de Latone et de Jupiter punit quiconque lui déplait. Léon Pélissard ne l’a pas prise au hasard dans le panthéon des dieux pour ce chant de révolte. Cela dénote au demeurant une extraordinaire culture autodidacte. Mais le voleur anarchiste change surtout clairement de registre avec sa Diane du prolétaire, morceau mis en musique et interprété une première fois avec brio par Daniel Denécheau et Patrick Denain dans le cd de la réédition des Ecrits de Jacob en 2004. Il se place volontiers sous le coup des lois scélérates de 1893-1894 en développant une violente et révolutionnaire thématique. Dans les Conseils à un pègre, Pélissard prodiguait de judicieuses mais néanmoins délictueuses recommandations. La chasse aux bourgeois est carrément ouverte dans cette deuxième chanson. Et ce, jusqu’à l’extinction de tous ces affameurs ! Comme une réponse ou un hommage au livre de son complice Jacques Sautarel, Quand égorgerons-nous enfin ?, écrit en 1898, nous savons désormais le sort que leur réserve Léon Pélissard. Lire le reste de cet article »

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Conseils à un pègre


29 octobre 2011 par JMD

Nous pouvons ouïr un extrait des Conseils à un pègre de Léon Pélissard dans la saynète Une réunion de la bande qui figure dans le premier des deux cd inclus dans les Ecrits de Jacob en 1995. La réédition de 2004 permet à Daniel Denécheau et Patrick Denain d’interpréter magistralement un texte dans lequel l’auteur donne une leçon de vol social et politique. La chanson est publiée une première fois par le journal anarchiste amiénois Germinal dans son numéro 12 en date du 26 mars au 09 avril 1905. Lorsque la feuille libertaire parait, le procès des Travailleurs de la Nuit est clos depuis quatre jours. Pélissard fait en outre partie des accusés expulsés de la salle d’audience du tribunal depuis l’houleuse séance du 14 mars. Il y a donc tout lieu de penser que c’est à Bicêtre, la prison d’Amiens, que le complice d’Alexandre Jacob a écrit cette chanson qui participe pleinement de la tradition des goguettes, ces espaces où l’ouvriers venaient boire, danser et chanter sur des airs entraînants et des textes politiquement incorrects. Lire le reste de cet article »

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Attila et la magie blanche


22 octobre 2011 par JMD

Attila aime la magie blanche et nous n’y trouvons rien à redire. Le livre de Gilles del Pappas s’ouvre pourtant sur un singulier avertissement. Il n’aurait pas voulu, selon ses dires, écrire une énième biographie de l’honnête cambrioleur. Logique, l’auteur est un prolixe faiseur d’histoires délaissant ici Constantin le grec pour l’illégaliste Jacob. Ou plutôt pour Marius le Marseillais. Mais, alors, pourquoi, dans cette longue préface, prend-il le soin d’expliquer au béotien lectorat ce que furent le capitalisme triomphant de la belle Epoque, l’anarchisme et le banditisme social ? Pourquoi déclamer son amour du septième art, de cette magie blanche naissante qu’il nous fait découvrir par le prisme d’un ingénieux et intrépide voleur ? Pourquoi, enfin, se prévenir d’une très improbable accusation de lupinose galopante et envoyer aux orties « les experts de tous poils lisant ces aventures à d’autres fins que de s’en régaler simplement » ? Lire le reste de cet article »

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