Articles taggés avec ‘Papillon’

Des marmots et des bagnes


dimanche 15 avril 2018 par JMD

En règle générale, la durée de présence d’un expatrié en Guyane ne dépasse guère les trois ans. Etienne Lamoulie y est depuis plus de quatre ; il enseigne le français au collège Auguste Dédé de Rémire-Montjoly, commune résidentielle de la banlieue de Cayenne qui connait depuis les années 1990 une véritable explosion démographique. Le coin est charmant, on y trouve les plus belles plages de sable du département, celles où viennent pondre les tortues marines. En face d’elle, les ilets La Mère, Le Père, Le Malingre et les Deux Mamelles. Un coin de paradis ? Un coin de bagne aussi ; un lieu de mémoire à cultiver. Depuis son arrivée, Etienne pense à faire travailler ses élèves sur les pénitenciers coloniaux. Lentement, le projet a muri. Il voit le jour au cours de l’année dernière à l’occasion d’un échange scolaire avec le collège Georges Brassens de Taverny dans le Val d’Oise. Le 8 février 2018, les 44 marmots des 3e Topaze et Opale diffusaient soit leur émission de radio, soit leurs exposés sur ces non-lieux de mémoire que furent les camps de concentration et de travail à la française. Lire le reste de cet article »

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Un médecin au bagne chapitre 6


samedi 25 juin 2016 par JMD

La Belle : aquarelle de bagnardLe chapitre 6 du livre du Docteur Rousseau aborde logiquement le thème de l’évasion après l’analyse plus que critique des processus de normation faisant du bagnard un rouage interchangeable parce que périssable. Eradiquer toute velléité d’opposition, briser les énergies, le bagne est un monde violent et totalitaire qui n’offre aucune perspective de régénération. L’ogre carcéral se nourrit de l’infortune du condamné qui n’a d’autres alternatives pour s’y soustraire que de crever ou d’embrasser la chimérique Belle. 95% des évasions échouent, nous dit en 1930, Dieudonné, forçat anarchiste, ancien membre de la bande à Bonnot, lui-même évadé en 1926[1]. Pourtant, l’infime petit nombre de réussites suffisent à entretenir le mythe, à relever l’espoir du détenu prêt à braver une faune hostile, une végétation particulièrement inhospitalière, une mer houleuse et infestée de requins. Si Louis Rousseau insiste sur les obstacles qui mettent en échec le fuyard, ce n’est que pour mieux stigmatiser « de remarquables exemples d’énergie ». Loin de condamner l’acte, il donne de nombreux exemples d’évasion, utopie libératrice confinant à l’obsession. Les motivations de l’évadé répondent à la souffrance endurée et mettent en relief une espèce « d’instinct de conservation ». Mais, ici, pas de narration dramatique et prodigieuse, à la manière d’un Gaston Leroux ou d’un Henry Charrière[2]. Le médecin a choisi d’exposer un phénomène largement plus complexe qu’il n’y parait et qui fait « partie du système pénitentiaire ». Lire le reste de cet article »

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Lupinose en bulles


samedi 21 mai 2016 par JMD

La sortie du Journal d’un anarchiste cambrioleur chez Sarbacane en janvier dernier n’est de toute évidence pas passée inaperçue et c’est tant mieux. L’ouvrage le mérite amplement. La couverture médiatique, émanant surtout de la presse spécialisée, révèle la qualité de la bande dessinée retraçant une partie de la vie de cet honnête homme que fut Alexandre Jacob. Elle a de quoi attirer, bien évidemment, l’œil averti des amateurs de bulles, elle retient aussi l’attention des sectateurs de la muse Clio ou encore celle des lecteurs de feuilles régionales. Ainsi, pourra-t-on apprendre que Gaël Henry, le dessinateur, dédicace son livre dans une librairie de Lille ou que Vincent Henry, le scénariste, n’a pas imaginé la fin de la vie de « l’Arsène Lupin de Reuilly » ! Mais rares sont les papiers ne versant pas dans l’amalgame entre le réel et l’imaginaire. Lire le reste de cet article »

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Dix questions à … Vincent Henry


samedi 16 avril 2016 par JMD

Incontestablement, l’album de Vincent et Gaël Henry, sorti le 6 janvier dernier aux éditions Sarbacane, n’est pas passé inaperçu et la presse a dans sa grande majorité loué le travail des auteurs d’Alexandre Jacob journal d’un anarchiste cambrioleur. La BD, superbement dessinée, drôle, vivante, tout en mouvement, narre une histoire connue des jacoblogueurs. Elle vous emmène dans des contrées proches et lointaines à la fois, dans un monde où on peut être voleur et honnête, militant et théoricien de la cause anarchiste, sans pour autant se réduire à une facile – et toute commerciale – élégance morale, à un humour potache qui aurait fait la fortune d’un héros de papier. Car l’existence même d’Alexandre Jacob est ici soumis « comme un problème à vos intelligences » (déclaration « Pourquoi J’ai cambriolé ? », Germinal, n°11, du 19 au 25 mars 1905) et, surtout – ce qui ne gâche rien, bien au contraire – garanti sans lupinose aucune … ou presque. Vous allez saisir les vols de nuit de Jacob et des Travailleurs de la Nuit sans tomber dans le travers du roman d’aventure, qui fleure si bon l’illusoire extraordinaire mais n’autorise pas la perception de phénomènes historiques nettement plus larges et complexes. Gaël et Vincent Henry sont parvenus à replacer l’honnête cambrioleur dans cette lutte des classes, que d’aucuns auraient aimé voir terminée depuis la chute d’un mur à Berlin en 1989, dans cette Belle Époque qui ne le fut pas et qui envoya tant et tant de « vaincus de guerre sociale » crever outre-Atlantique. Mais de cela, il sera certainement question dans le deuxième volume du journal d’un anarchiste cambrioleur devenu bagnard. En attendant, Vincent Henry a bien voulu répondre à nos dix questions. Lire le reste de cet article »

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Vols de nuit : la BD à paraître


samedi 14 novembre 2015 par JMD

Certes, vous ne pourrez pas mettre la jolie chose sous le sapin et vous réjouir au coin du feu ou juste à côté du radiateur en digérant la dinde, le chapon ou les huitres chaudes engloutis. L’album de Vincent et Gaël Henry ne sort que le 6 janvier prochain aux éditions Sarbacane. La BD vous emmènera toutefois dans des contrées proches et lointaines à la fois, dans un monde où on peut être voleur et honnête à la fois, militant et théoricien de la cause anarchiste, sans pour autant se réduire à une facile – et toute commerciale – élégance morale, à un humour potache qui aurait fait la fortune d’un héros de papier. Car l’existence même d’Alexandre Jacob est ici, dans cet ouvrage brillamment illustré et finement narré, soumis « comme un problème à vos intelligences » (déclaration Pourquoi J’ai cambriolé ?, Germinal, n°11, du 19 au 25 mars 1905) et, surtout – ce qui ne gâche rien, bien au contraire – garanti sans lupinose aucune. Vous pourrez ainsi saisir les vols de nuit de Jacob et des Travailleurs de la Nuit sans tomber dans le travers du roman d’aventure qui fleure si bon l’illusoire extraordinaire mais n’autorise pas la perception de phénomènes historiques nettement plus larges et complexes. Car l’honnête cambrioleur s’inscrit de toute évidence dans cette lutte des classes, que d’aucuns auraient aimé voir terminée depuis la chute d’un mur à Berlin en 1989. C’est aussi ce que le lecteur lira en fin de BD avec une chouette postface et un « cahier historique exceptionnel ». Lire le reste de cet article »

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Dix questions à … Franck Sénateur


mercredi 4 mars 2015 par JMD

ll est des signatures qui comptent, il est des noms qui reviennent fréquemment lorsque l’on cherche  approfondir ses connaissances sur un sujet précis. Le bagne, la Guyane, le Caillou aussi, les hommes et les femmes punis par exemple ? C’est peu dire que Franck Sénateur maitrise une parfaite connaissance de l’histoire carcérale française. Cet enseignant a d’ailleurs créé en 1999 Fatalitas, Association pour l’Histoire et l’Etude des Etablissements Pénitentiaires de Métropole et d’Outre-Mer. On ne compte plus ses participations à de nombreuses expositions pour le musée national des prisons à Fontainebleau, pour le musée de la Préfecture de Police à Paris, à Saint Martin de Ré, à La Seyne sur Mer ou encore à Saint Laurent du Maroni. Conseiller historique sur plusieurs films  dont Les amants du bagne de Thierry Binisti en 2004 où Antoine de Caunes campe le personnage d’Albert Londres, il est l’auteur entre autres de Martinière, le transport des forçats en 2008 et de Planète évadés en 2012. Franck Sénateur avait donc toute sa place dans les colonnes du Jacoblog et c’est un historien pointu qui a bien voulu répondre ici à nos dix questions sur les camps français de déportation, de relégation et de transportation. Lire le reste de cet article »

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Je suis un forçat


vendredi 8 août 2014 par JMD

chanté par Henri Charrière dit Papillon (?) en 1951

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Les enfants de Cayenne


lundi 3 octobre 2011 par JMD

Article XI ne fait « Pas de chichis, pas de fanfreluches » et donne « des faits bruts… ». C’est en tout cas ce qui est dit dans le billet mis en ligne sur le site web du journal annonçant la sortie en kiosque du numéro de mai – juin 2011. Bien écrit et visuellement plaisant, intéressant surtout, nous avons dévoré les pages d’Article XI avec un plaisir d’autant moins dissimulé que nous y avons trouvé un bien beau papier sur la chanson Cayenne, où mention est faite du jacoblog et des Dix Questions que nous avions posées à Géant Vert (06 mars 2011). L’explication de texte, après avoir analysé les mots de cet hymne anti-sécuritaire et anti-carcéral, finit intelligemment par digresser sur l’enfer du bagne même s’il eut été plus approprié de citer d’autres souvenirs de fagots que ceux du plagiaire et affabulateur Papillon. Les enfants de Cayenne ont la vie dure et ce, malgré toutes les hécatombes qu’on peut leur faire subir. Lire le reste de cet article »

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Bagnes avec vue


samedi 11 septembre 2010 par JMD

Hormis certains passages douteux et un plan quelque peu touffu, la réédition de Bagnards est, au début de cette année 2010, une fort bonne nouvelle. D’abord parce que le format poche autorise un prix considérablement réduit par rapport au format de l’édition originale (Tallandier, 2008). Ensuite car nous sommes en présence d’une étude poussée, puisant à la source même, c’est-à-dire au Centre des Archives de l’Outre Mer d’Aix en Provence, pour décrire ce que fut l’entreprise pénitentiaire coloniale de Guyane. Et, ce qui ne gâche rien, Marion F. Godfroy écrit admirablement bien. Pourtant, le livre n’est pas exempt de critiques. Lire le reste de cet article »

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Dix questions à Marianne Enckell


dimanche 14 février 2010 par JMD

Personnage haut en couleur – le noir et le rouge bien évidemment – et figure incontournable du mouvement libertaire contemporain, Marianne Enckell n’a ni sa langue, ni sa plume dans sa poche. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages (sur la fédération jurassienne, sur Clément Duval, etc.) et participe à de non moins nombreuses revues. Historienne, archiviste, elle est aussi traductrice. L’animatrice du Centre International de Recherches sur l’Anarchisme de Lausanne nous livre ici sa verve et son savoir sur les bagnards libertaires. Elle revient aussi sur le débat historiographique autour des pratiques illégalistes et terroristes, débat que l’on peut encore entrevoir dans le numéro 22 de Réfractions (printemps 2009). Lire le reste de cet article »

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Son côté anarchiste !!!


mardi 19 mai 2009 par JMD

Outre le fallacieux amalgame, cet article de 1998, issu du Bulletin de l’Association des Journalistes Bretons et des Pays Celtiques, encense la réédition réaménagée du Jacob de Bernard Thomas, publiée sous le titre Les vies d’Alexandre Jacob. Il fait aussi le rapprochement avec Papillon. Manque plus que Chéri-Bibi et le tour est joué. Mais notre humeur caustique ne pouvait manquer de relever le propos du romancier journaliste justifiant son attrait pour l’honnête cambrioleur par un mémorable affect politique et philosophique. S’il y en a que cela peut aussi faire sourire … d’autres semblent ici époustouflés  par ce côté anarchiste !!! Il n’est poire aveugle que celui qui ne veut rien voir. Lire le reste de cet article »

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