Un médecin au bagne chapitre 7


24 septembre 2016 par JMD

bagnards homosexuels, dessin de Georges Jauneau 1928Illettré, acculturé, frappé de cette espèce d’atavisme social le menant forcément à la débilité, à la misère, au chômage et au crime, le bagnard du docteur Rousseau semble cumuler les tares et ces dernières ne demandent qu’à pouvoir s’exprimer s’il survit au système éliminatoire dont l’honorable médecin dresse le terrifiant portrait dans les chapitres précédents de son livre paru en 1930. S’il est soumis par définition aux travaux forcés, le fagot n’en passe pas moins les deux tiers de son temps dans les cases. C’est là, dans cet espace clos et confiné où le surveillant ne rentre que très rarement, que vivent les hommes punis. C’est encore là, dans ce microcosme carcéral, que l’on peut s’adonner à toutes sortes de pratiques, majoritairement interdites mais le plus souvent tolérées parce qu’elles annihilent les sentiments d’oppositions et de révoltes. Rares sont alors ceux qui parviennent à abreuver leur soif de lecture, de théâtre ou de musique quand l’AP va jusqu’à censurer Voltaire, Schopenhauer, Nietzsche ou Anatole France … Peu nombreux sont ceux qui savent lire de toute façon. Dans la case, on s’accouple, on joue aux cartes (à la Marseillaise principalement), on se tatoue, on vend son corps, de la nourriture, divers objets ; on se dispute souvent, on se tue aussi parfois. Lire le reste de cet article »

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Biribi par Naudin


17 septembre 2016 par JMD

La première série du célèbre magazine satirique L’Assiette au Beurre parait de 1901 à 1912. Chaque numéro est consacré à un sujet unique illustré en pleine page par un seul artiste. Ils sont alors environ deux cents dessinateurs parmi les plus renommés de la Belle Epoque (Kupka, Jossot, Steinlen, Vallotton, etc.) à avoir prêté leur concours à une feuille qui, au départ, fut proche des milieux libertaires et se fit immédiatement remarquer par sa grande liberté de ton. Nous avons, il y a peu, mis en ligne le très réactionnaire numéro 340 en date du 5 octobre 1907 et consacré Au bagne. Le dessinateur Jean Plumes se chargeait des édifiantes illustrations tandis que Jacques Dhur fournissait une courte préface révélant une institution pénitentiaire coloniale à la dérive. Les bagnes de Guyane devenaient ainsi des lieux de dépravation où le fagot, comme un coq en pâte, vivait une vie paradisiaque au frais du moutonnier contribuable. C’est tout le contraire deux ans plus tôt quand Bernard Naudin (186-1946), ami de Grandjouan, dessinait Biribi et ses sinistres compagnies de discipline pour le numéro 227 en date du 5 août 1905. Lire le reste de cet article »

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Ténia pris qui croyait pendre


10 septembre 2016 par JMD

Que pouvons-nous retenir de cet article de la Revue de médecine légale, paru en 1903 et glané au hasard de nos pérégrinations sur le tentaculaire site internet de la Bibliothèque Nationale de France ? Le mensuel d’une trentaine de page est édité par la Société de Médecine Légale et Criminologie, fondée en 1867 par Henri Legrand du Saulle et présidée cette année-là par le célèbre médecin pasteurien Paul Brouardel. La revue comporte toujours à la fin de chaque numéro un partie Notes ou Miscellanies, pour clôturer de manière plus légère la lecture d’articles de fond plus fouillés. Les billets viennent présenter un fait divers remarquable et présentant un intérêt certain pour la médecine légale. Le numéro de juillet 1903 s’attarde ainsi sur le ver solitaire de Felix Bour. Ténia pris qui croyait pendre ? Lire le reste de cet article »

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Diagonale estivale


3 septembre 2016 par JMD

Un hexagone. Une bagnole avec un parebrise parce que Vincent il a un parebrise. Un coup d’œil rapide sur une carte. Vincent n’a jamais existé. Une ligne droite en diagonale. Le vide de l’été et le consumérisme de base ? Rien de cela mais, armés d’un appareil numérique et d’une farouche dose de volonté, nos jacoblogueurs en herbe ont parcouru la dite diagonale pour de surprenantes rencontres livresques. Ils auraient pu rester allongés, les doigts de pieds en éventail, face à l’Atlantique. Ils ont chopé des ampoules sur les dits petons qui n’étaient que quatre, ils ont arpenté les rues d’une ville enrichie par le commerce des esclaves, sont allés voir momie - la famille c’est sacré ! - et ont gravi des montagnes, rampé sur le sable chaud d’une plage landaise, approché des pierres tombales anciennes, très anciennes, empilé des mini-briques danoises et chevauché la plus belle conquête de l’homme sur la place des Quinconces avant d’aller disserter savoir et connaissance avec ce bon Michel Eyquem. Pour un essai, ce fut pas mal réussi. Un sac à dos et, dedans, un honnête ouvrage que l’on peut trouver partout. Même chez le libraire de la rue Porte Dijeaux ? Puisqu’on vous le dit nom d’un honnête cambrioleur ! Cet été, cet automne, cet hiver et ce printemps, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente ou que le ciel se montre clément, lisez Jacob. Lire le reste de cet article »

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Demandez le programme !


31 août 2016 par JMD

Remisé l’été 2016 et son lot de balnéaires marronniers. Remisés les serviettes, les tongs et le parasol. Remisée les tueries de masse, les morts accidentelles dans les commissariats, les chiens abandonnés et les corridas assassines des férias du Sud-Ouest. La rentrée s’annonce aussi orwellienne et déprimante qu’un été d’état d’urgence prolongé et si prompt à faire passer la question sociale au second, si ce n’est au troisième, plan. Mais nous n’oublions pas que leurs guerres provoquent nos morts. Alors si le capitalisme se joue du principe de frontière, pourquoi devrions-nous, moutons que nous sommes, aller crever pour la patrie, aller suer misère pour le patron et obéir sans rechigner aux chiens de garde de l’ordre sécuritaire ? « Je hais les résignés » écrivait Libertad en 1905. La même année, l’honnête cambrioleur consignait dans ses Souvenirs d’un révolté : « Au nom de la consigne, ça marche, court, boit, mange, dort ; au nom de la consigne, ça vous salue un supérieur d’une main et ça vous revolvérise un pauvre bougre de l’autre ; au nom de la consigne enfin, ça défend le capital en sabrant et en fusillant les grévistes, ça protège la propriété en faisant la chasse aux sans-le-sou ; ça agit, ça respire, mais ça ne pense pas. ». Le Jacoblog poursuit sa route. Demandez le programme et vive les enfants de Cayenne ! Lire le reste de cet article »

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Aphorismes d’un été jacobien


28 août 2016 par JMD

Les plus grandes douleurs ne peuvent pas durer plus que la vie : c’est dire leur inutilité
Lettre à Marie Jacob, île du Salut, 20 octobre 1914

Aujourd’hui, dimanche 28 août 2016, Jacob Alexandre Marius se donnait la mort dans sa maison du hameau de Bois Saint Denis à Reuilly (Indre) il y a soixante-deux ans

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Aphorismes d’un été jacobien


27 août 2016 par JMD

Il n’y a pas ici, à proprement parler, de vrai courage. Sauf de très rares exceptions, tout n’est qu’impulsion, jactance, fanfaronnade et… sybaritisme de basse rue.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 23 septembre 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


25 août 2016 par JMD

Parmi les humbles, la misère doit sévir. Et ce n’est pas fini. Qui sait si, tout compte fait, les conséquences de la guerre ne seront pas plus nuisibles que la guerre elle-même : les maladies, la famine sont des ogresses gloutonnes qui exigent des hécatombes d’êtres. Il n’y a pas à gémir. La guerre est une des fatalités de l’existence.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 23 septembre 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


22 août 2016 par JMD

Marius Jacob, Amboise 1935Ne rien demander, ne rien accepter, cela donne la mesure de ce que l’on est en droit de s’accorder soi-même. Pas de compromission. Chacun son camp.
Lettre à Marie Jacob, île du Salut, 2 juillet 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


20 août 2016 par JMD

Cuvée Marius Jacob du CIRA MarseilleIl y a des situations où il faut avoir le courage, la fermeté de courage de se prononcer catégoriquement par une affirmation ou alors il ne reste plus qu’à se ficher des gifles à soi-même. Faut-il accepter le mépris de soi ? Jamais.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 2 juillet 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


18 août 2016 par JMD

Cultive ta santé, car sans la santé point de force, et sans la force pas de puissance.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 2 juillet 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


15 août 2016 par JMD

portrait de Jacob dans la République du Centre, avril 1951La vie est une guerre, la mêlée sociale est une bataille sans pitié ni merci et, quand on est vaincu, ce ne sont pas des larmes qu’il faut verser ; il faut se ressaisir ; il faut surmonter ce ferment de nihilisme qui est en nous et tenir bon jusqu’au bout, énergiquement, au mépris de la mort.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 2 juillet 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


13 août 2016 par JMD

pancarte Marius Jacob

Les choses sont ce qu’elles peuvent et doivent être ; elles sont ce que la fatalité de l’existence et nous-mêmes les avons faites.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 2 juillet 1914

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Aphorismes d’un été jacobien


11 août 2016 par JMD

Les yeux du vieux MariusLa reconnaissance n’est pas le contraire de la vengeance, comme on le soutient parfois. Ces deux sentiments n’en font qu’un. La reconnaissance, c’est la bonne vengeance. Aussi bien n’est-ce pas avec des mots qu’on le démontre, mais par des actes.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 5 janvier 1914

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Aphorismes d’un été Jacobien


8 août 2016 par JMD

Les yeux de Jacob 1954Un ennemi une fois connu n’en est plus un.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 22 décembre 1911

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