Dix questions à … Romain Louvel


26 janvier 2013 par JMD

Les projets de bande dessinée sur Alexandre Jacob ne manquent pas. Peu aboutissent pourtant. Parmi celles-ci, Les Souvenirs d’un révolté par Romain Louvel en 2006. Seize ans plus tôt, Jacob prenait les traits de Tintin dans L’Aminoir, journal d’expression libertaire de la région Nord-Picardie. En 1992, les dessinateurs Lacaf et Moriquand l’intègrent dans le quatrième tome de leur série Pêcheurs d’étoile parue chez Glénat en 1992. Dans 26 rue de la Martinière, le bandit social n’est certes pas le gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc mais il revêt les habits du voleur joyeux et audacieux qui se joue avec une malice extrême des pièges tendus par la police. L’anarchisme est bien présent. Seulement les auteurs l’interprètent comme une justification facile des cambriolages et de l’association de malfaiteurs formée sur Marseille. En 2001, l’audacieux et intrépide monte-en-l’air est toujours au rendez-vous dans Rochefort, un voyage dans le temps (éditions Tabary). Bien évidemment et de manière anecdotique, le lecteur découvre l’extraordinaire cambriolage de la maison de Pierre Loti. Romain Louvel, en 2002, publie sur Internet des extraits de planches qu’il n’arrive pas à publier d’une autre manière. Son travail narre l’arrestation d’Alexandre Jacob en 1903. Artiste plasticien installé en Bretagne, cet auteur imagine retranscrire par l’image un témoignage qui rappelle à notre époque des préoccupations majeures d’ordre sociale et humaines. Nous nous éloignons alors fort heureusement quelque peu de l’image du héros de roman entrevue jusqu’ici. L’ouvrage parait enfin en 2006, autoproduit  et vendu par souscription. Il prend le nom du mémoire écrit par Jacob à la prison d’Orléans dans l’attente de son second procès en juillet 1905 et nous livre un des récits les plus aboutis, les plus vivants et les plus poignants sur le sujet. Romain Louvel a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions sur la difficulté, entre autres, de faire exister une figure de l’illégalisme français par l’image. Lire le reste de cet article »

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Lettres du Zoo de Ré 1


19 janvier 2013 par JMD

Alexandre Jacob fait son entrée dans l’établissement zoologique le 20 août 1905. Il est mis le lendemain à l’infirmerie du dépôt pénitentiaire de Saint Martin de Ré. Il n’en sortira que la veille de son départ, le 22 décembre de cette année. Comme la lettre du mois de septembre, son dossier d’interné signale une forte bronchite. Faut-il y voir plutôt, comme le suggère Alain Sergent dans Un anarchiste de la Belle Epoque, un isolement volontaire ? Il est vrai que le numéro d’écrou 4043 est arrivé avec la mention « à surveiller de près ». C’est une vedette des cours d’assises, doublé d’un anarchiste dangereux. Le moindre incident le mettant en cause pourrait bien évidemment faire scandale. Toujours est-il que Jacob s’emploie à rassurer sa mère en lui indiquant n’avoir pas le choix de sa cure thermale. Mais, bien sûr,  la station Saint Martin de Ré ne peut égaler Spa ou Baden Baden ! Mais de là, il s’emploie à préparer sa vie d’honnête fagot en Guyane, s’occupant par le biais des époux Develay de Montreuil d’écouler ses effets personnels et indiquant à sa mère la censure des lettres : la vérité ça se pense mais ça ne s’écrit point ! C’est ici la mise en place de codes que l’on retrouvera jusqu’en 1925. Il signale encore, dans la perspective du procès de Laon, qu’il lui apparait bien impossible d’être cité à comparaître, ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de multiplier les conseils juridiques. Il est déjà un fin connaisseur du droit criminel. Lire le reste de cet article »

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Yegg vu par … Alexandre Clément


13 janvier 2013 par JMD

Nous avons mis en lien le blog d’Alexandre Clément dans la rubrique « Copinage mais pas que çà » d’abord, parce qu’il entretient une vision de l’honnête cambrioleur que nous partageons amplement ; ensuite, parce que ses chroniques et notes de lecture sur tout ce qui est « noir » peuvent éclairer notre propos. Le lundi 24 décembre dernier, il mettait en ligne son point de vue sur le livre de Jack Black, Yegg, paru aux Fondeurs de briques en 2008. L’analyse, fouillée et largement documentée, permet alors un rapprochement critique avec Jacob. Rapprochement ? Rien n’est moins sûr. Le voleur étasunien rapine en effet pour son seul profit tandis que l’illégaliste français justifie ses rapines au nom de l’anarchie et redistribue aux « œuvres ». Les deux s’inscrivent pourtant dans une période chronologique proche.

Alexandre Clément, lundi 24 décembre 2012

Yegg, Jack Black, Les fondeurs de briques, 2008

Publié aux Etats-Unis en 1926, puis en France en 1932 chez Gallimar, You Can’t win est un livre culte comme on dit. Il a été republié constamment. Les fondeurs de briques ont republié l’ouvrage dans une nouvelle traduction de Jeanne Toulouse augmentée d’un texte  Qu’est-ce qui cloche chez les honnêtes gens ? issu de Harper’s magazine.

J’en ai entendu parler assez souvent, puis c’est une chronique  intéressante de Jean-Marc Delpech sur son blog http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/ qui m’a poussé a enfin lire cet ouvrage. Il avait fait le rapprochement entre Alexandre Jacob et Jack Black. Et comme j’aime beaucoup Jacob… Lire le reste de cet article »

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Le Zoo de Ré


12 janvier 2013 par JMD

la citadelle de Saint Martin de RéL’exclusion sociale et géographique du condamné aux travaux  forcés commence au dépôt pénitentiaire de Saint Martin de Ré. Se clôt aussi de fait son existence métropolitaine. L’attente du départ vers la Guyane devient alors l’activité principale du forçat à venir même si, avec le temps, les perspectives d’un avenir heureux s’amenuisent. Le détenu doit envisager son nouveau statut avec pragmatisme. Escande est devenu Jacob et, à son tour, Jacob est devenu forçat, écrit Alexandre Jacob à sa mère le 3 décembre 1905. Ce n’est pourtant pas l’abattement qui caractérise la vie rétaise de l’honnête cambrioleur, mis immédiatement à l’isolement. Bien au contraire, les treize lettres écrites, depuis l’établissement zoologique et que vous allez pouvoir lire tout au long de ce premier semestre de 2013, révèlent la formidable volonté d’un enfermé. Mais la lutte dans cet univers si particulier ne se conduit pas de la même manière que dans la vie libre. Elle suppose organisation et réseaux. C’est ce à quoi s’attache Alexandre Jacob dans des lettres désormais de plus en plus codées (voir article la famille imaginaire de Barrabas). Le 20 août 1905, il franchit la porte du dépôt pénitentiaire de Saint Martin de Ré. Il porte le numéro d’écrou 4043. Lire le reste de cet article »

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Jean dans la Feuille de Paul


6 janvier 2013 par JMD

Il est, dans la blogosphère, des feuilles virtuelles, sympathiques et plaisantes, dont la lecture ne manque jamais de retenir notre attention. Si vous cliquez dans la rubrique « Copinage mais pas que cela », vous allez vous perdre avec délectation dans les pérégrinations culturelles et touristiques de Paul le Charbinois. Celui-là, de temps à autres, laisse quelques commentaires dans les colonnes du Jacoblog. Il nous a justement fait remarquer à propos de l’interview de Jean Contrucci mis en ligne le 13 octobre dernier, que lui aussi avait apprécié les enquêtes de Raoul Signoret dans le Marseille de la « Belle Epoque ». Le papier de La Feuille Charbinoise, en date du 1er décembre 2007, nous permet alors de revenir  sur cette formidable série que sont Les Nouveaux Mystères de Marseille. Lire le reste de cet article »

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Aidez-vous vous-mêmes


5 janvier 2013 par JMD

Le dernier article du numéro de Germinal entièrement consacré au procès d’Amiens n’évoque pourtant pas directement Alexandre Jacob et les Travailleurs de la Nuit. Dans cette saynète, incomplète et certainement tirée du journal anarchiste hollandais De Vrije Socialist, deux hommes, Le Travailleur et L’Ami, discutent de la légitimité du vol. Le premier, candide et apparemment soumis à l’ordre social, finit bien sûr par être convaincu par l’argumentaire du second. De facto, le droit naturel à l’existence face à l’exploitation capitaliste doit engendrer la reprise de possession. En affirmant que le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend ; l’honnête cambrioleur ne dit pas autre chose que le propos de l’auteur. Ferdinand Domela Nieuwenhuis, figure reconnue de l’anarchisme batave, ancien pasteur et ancien parlementaire, acquis aux principes de Bakounine, antimilitariste et très critique vis-à-vis du syndicalisme admet dans son texte les conséquences directes de l’action illégaliste. Bien souvent le cambrioleur finit en prison, quand il ne meurt pas sous les balles de la répression policière. Mais, comme Jacob dans sa déclaration Pourquoi j’ai cambriolé ?, Nieuwenhuis affirme aussi que le vol pratiqué collectivement peut aboutir à la destruction du vieux monde bourgeois, c’est-à-dire à la révolution. Lire le reste de cet article »

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Law à La Pigne : à paraître !


2 janvier 2013 par JMD

Publié en 1926 aux éditions de L’Insurgé, réédité en 2005 chez Égrégores, les 18 ans de bagne de Jacob Law sont désormais introuvables. La PIGNE reprend le flambeau et le livre de l’anarchiste juif russe, condamné en 1907 à 15 ans de travaux forcés pour avoir tiré sur la soldatesque chargeant les manifestants parisiens le 1er mai de cette année, pourra enfin revivre au mois de septembre prochain. 18 ans de bagne, c’est 18 ans d’enfer, c’est 18 ans de souffrance et de mort. C’est le cri de révolte et de lutte contre un système éliminatoire par un écorché vif que commente brillamment en préface l’historienne Claire Auzias. Il vous sera proposé en souscription au mois de février et devrait comporter un certain nombre de documents inédits permettant de mettre en lumière la force de ce récit carcéral. Les Éditions de La Pigne sont heureuses d’offrir aux jacoblogueurs son projet de 1e de couverture des 18 ans de bagne.

Bonne année 2013 et vive les enfants de Cayenne !

Hasta la pigna siempre !

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Libre et propriétaire


30 décembre 2012 par JMD

Claude et Marius 6

Sixième et dernier article consacré à Alexandre Jacob dans les colonnes de la Nouvelle République du Centre Ouest, pour vanter l’exposition Sur les traces de Marius Jacob qui se tient à Reuilly durant ce mois de juin 1993. Le papier, que nous avions déjà mis en ligne le 03 juin 2008, présente un homme libre. Outre les erreurs de dates (Jacob libéré de Fresnes en 1925 puis, quelques lignes plus bas, en 1928 !!!), nous pouvons nous arrêter sur l’anecdote de l’achat de la maison qui permet à Claude Nerrand, ancien militaire, devenu président de l’office du tourisme local de sous-tendre la faiblesse de l’anarchisme de Jacob : Le voilà propriétaire !. Effet de style certainement. Mais aussi méconnaissance totale d’un mouvement et d’une idée politique dont il entend se gausser. Lire le reste de cet article »

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Le bagnard récalcitrant


29 décembre 2012 par JMD

Claude et Marius 5

Jacob est un voleur et la morale réprouve l’atteinte à la propriété. Il doit payer ses crimes. Raconter les péripéties du matricule 34477 + 300 peut devenir un exercice difficile car l’homme puni peut revêtir les habits du héros dans une institution pénitentiaire dont le seul but serait l’élimination de sa « clientèle ». L’espérance de vie du fagot à son arrivée en Guyane n’est que de cinq ans. Le bagne et ses joyeusetés sont ainsi au programme du cinquième et avant-dernier article de la série qui, dans les colonnes de La Nouvelle République du Centre Ouest, tente de faire connaître aux Reuillois leur gloire locale, même si celle-ci n’est pas du cru. Inspiré du Jacob de Bernard Thomas paru chez Tchou en 1970, le propos de Claude Nerrand n’en oublie pas moins de véhiculer la même imagerie carcérale, les mêmes édifiantes aventures, les mêmes souffrances … et les mêmes erreurs. Ici, l’honnête cambrioleur, devenu la bête noire de l’AP, n’est plus Arsène Lupin mais ressemble beaucoup à Latude ou, mieux encore, à Chéri-Bibi. L’histoire doit forcément avoir une fin heureuse sans quoi il n’y aurait pas de gloire locale. L’enfermé est libéré ici en 1928 … soit un an après sa sortie de la prison centrale de Fresnes !!! Lire le reste de cet article »

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L’honnête au pays des frelons 10


22 décembre 2012 par JMD

Le 11 août 1905, Alexandre Jacob écrit à sa mère. Les époux Develay se chargent toujours de gérer les biens de la famille emprisonnée. Mais la lettre, qui mentionne pour la première fois le pays des frelons, est presque entièrement consacrée au procès de Laon dont on ne sait, à cette date, quand il doit se tenir. Jacob donne ses conseils sur les témoins à comparaître et sur l’attitude à adopter. Il évoque d’ailleurs à ce propos son expulsion de la salle d’audience du tribunal d’Amiens le mardi 14 mars, à la suite de l’incident entre le président Wehekind et les avocats parisiens de la défense, scandale volontairement provoqué selon lui par le juge du milieu. Mais si l’illégaliste s’étend sur ce procès en appel et non sur son avenir en Guyane, par exemple, c’est bien parce qu’il ne pense pas partir pour le dépôt pénitentiaire de Saint Martin de ré avant les premiers jours de septembre. Il se trompe. Le 20 août 1905, le condamné aux travaux forcés à perpétuité franchit les portes de la citadelle rétaise. La veille, il faisait son entrée à la maison d’entrée de La rochelle. Si l’on peut estimer juste un trajet de deux jours entre le Loiret et la Charente Maritime, il est alors envisageable d’affirmer qu’Alexandre Jacob quitte sa « ruche » vers le 16 ou le 17 juin 1905. Lire le reste de cet article »

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Demandez le programme !


16 décembre 2012 par JMD

Il paraitrait que la fin du monde est proche selon certains rites, tous plus ancestraux les uns que les autres. Mais les Mayas ont du trop abuser de la coca ; Nostradamus n’as pas du que refiler quelques gougouttes empoisonnées aux opposants de la très vilaine Catherine de Médicis, il s’en est certainement servi un grand bol au p’tit dèj ; quant aux vikings et autres peuples barbares venus d’on ne sait où, le solstice d’hiver était le plus souvent prétexte à ripailles, beuveries et autres joyeusetés ramollissant à terme le plus coriace des encéphales. Mais au fond, cela n’est pas bien grave. Que l’apocalypse soit, on s’en fout car Dieu est mort à Amiens le 11 mars 1905. Ce jour-là, dans la salle d’audience du tribunal de la cité picarde, un honnête cambrioleur pouvait ainsi déclarer : La religion est morte, la science l’a tuée. Je ne piétinerai pas un cadavre. Et le Jacoblog continue son bonhomme de chemin d’Amiens à la Guyane en passant par tant d’autres endroits édifiants. Vous visiterez un zoo ; vous mangerez à la table de Barrabas et du docteur Rousseau ; vous partirez à la rencontre de Matha, de Malato et  de Marie Jacob et, bien sûr, vous découvrirez quelques surprenantes afflictions de lupinose. Vous pouvez aussi apporter votre contribution et nous proposer des papiers sur l’anarchisme illégaliste, sur le bagne, et sur tout ce qui peut avoir un rapport avec Alexandre Jacob l’honnête cambrioleur. On se fera un plaisir de les mettre en ligne. Premier semestre 2013  et bien tôt cinq ans d’existence ? Demandez le programme ! Lire le reste de cet article »

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Le Procès Jacob


15 décembre 2012 par JMD

Germinal, n°11, 19-25 mars 1905Conçu comme un journal de propagande à l’occasion et à l’approche du procès des Travailleurs de la Nuit (voir article : Le journal du peuple et d’Alexandre), Germinal ne cesse de présenter Jacob et ses co-accusés comme des vengeurs sociaux. Ce sont aussi des victimes de l’ordre bourgeois et du capital. La feuille libertaire amiénoise ne manque pas non plus, à l’instar de la presse nationale et régionale, de rendre compte longuement des débats, souvent houleux, dans la salle d’audience du palais d’injustice de la cité picarde. L’article relatant le procès Jacob s’étale sur deux pages dans le numéro 11 en date du 19 au 25 mars 1905. Il est signé A.B. et reflète bien l’esprit individualiste de l’équipe du journal qui n’a pas eu le droit d’entrer dans le tribunal pour assister au spectacle. Le papier reprend alors les informations (dialogue, déclarations, réparties, etc.) données par Le petit parisien ou Le petit journal mais il en tire des conclusions spécifiquement anarchistes. De fait, les discussions ne peuvent tourner qu’à l’avantage de l’honnête cambrioleur même si ce dernier est expulsé au début de  la 6e audience, le mardi 14 mars, après une manœuvre estimée inique du président Wehekind. Le prévenu ne pourra donc placer sa fameuse déclaration Pourquoi j’ai cambriolé ?. Mais Germinal, qui la publie en Une, n’hésite pas à souligner que la prestation du criminel Jacob ainsi que la propagande active que l’équipe du journal mène en dehors du tribunal finissent par porter leurs fruits. L’arsenal policier, chargé d’assurer la sécurité dans une ville en état de siège, ne parviendrait pas, en effet, à contenir une foule désormais acquise aux illégalistes. Remarquons l’évidente contradiction avec l’article Au peuple souverain de Jules Ouin dans le même numéro qui, justement, s’en prenait à une foule moutonnière désespérément soumise et réclamant son lot de sang. Les sources policières montrent alors, elles aussi, le retournement de situation … et les cris de A mort ! sont désormais vite étouffés par eux de Vive Jacob ! ou Vive l’anarchie !. Des incidents finissent même par éclater au passage des fourgons cellulaires ramenant les inculpés à la prison de Bicêtre le lundi 13 mars. Germinal peut ainsi être content de l’actif travail de propagande accompli. Mais, bien sûr, le journal anarchiste ne se fait aucun doute quant au verdict à venir. Lire le reste de cet article »

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33 ans d’ACL et des cadeaux en subversion


13 décembre 2012 par JMD

10 livres pour seulement 50€00 ? Si, si, c’est possible et c’est ce que propose l’Atelier de Création Libertaire pour tous ses titres d’avant 2012. Et cela ramène l’Honnête cambrioleur à 5€00 seulement, en plus bien sûr des neuf autres que vous aurez choisis ! C’est peut-être le moment de faire du plaisir subversif rouge et noir tout autour de vous ? il suffit alors de se rendre sur le site de l’ACL et, en quelques clics, le tour est joué. Lire le reste de cet article »

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Un cousin d’Amérique ?


8 décembre 2012 par JMD

Un océan sépare Alexandre et Jack. Les deux hommes ne se connaissent pas, n’ont aucun lien de parenté. Ils appartiennent pourtant à la même famille. Deux existences de voleurs. Celle de Jacob est connue, celle de Black beaucoup moins. L’homme est né en 1871 près de Vancouver et est mort noyé à New York  en 1932. Orphelin de mère, délaissé par son père, il mène rapidement la vie d’errance des hobos et devient un artiste de la cambriole. Comme Jacob, il connait l’enfer carcéral pour y expier des crimes qu’il ne reniera jamais. Les deux hommes ont ainsi vécu à peu près à la même époque et se sont engagés tous deux dans une lutte forcément inégale avec la société des honnêtes gens. L’un comme l’autre manient la plume – celle pour écrire – de fort belle manière. Le récit autobiographique de la vie criminelle de Jack Black nous emmène à travers l’Ouest américain de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Publié en 1926 aux Etats Unis sous le titre You Can’t Win, Les Fondeurs de Briques rééditent le texte, traduit en français de l’étasunien, en 2007, par Jeanne Toulouse. Yegg, autoportrait d’un honorable hors-la-loi dépasse largement le cadre du témoignage d’un bandit de grand chemin. Jack Black livre une véritable charge contre les convenances sociales et la prison, même si le choix de vivre la liberté rime le plus souvent avec fuite, errance, misère, opium, et mort. Mais, à la différence d’Alexandre Jacob, le cousin d’Amérique n’a pas de prétention politique. Il ne vole que pour lui et accepte l’idée d’une société fondée sur le principe de propriété. Il refuse d’en faire partie, se leurrant forcément  sur l’idée de marge sociale là où l’honnête cambrioleur engage une guerre au capital et à la bourgeoisie. Son livre a toutefois fortement influencé la beat generation et a servi de matrice à Junky de William S. Burroughs. Il est néanmoins remarquable de pouvoir établir des analogies entre les deux voleurs … finalement séparés par un océan. Extraits … pour rapprocher et différencier l’illégaliste de son faux cousin d’Amérique. Lire le reste de cet article »

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Souvenirs d’été


1 décembre 2012 par JMD

La marmaille est allée se baquer en criant ; il fait chaud et le sable fin brûle vos pieds. Crémé, huilé. Le parasol dispense une ombre généreuse. La lutte a été dure, terrible, presque mortelle, pour l’espace vital des serviettes. Mais le droit du baigneur estivant ne se mendie pas … On connait la suite. Une fois la logistique débarquée, une fois déballée la panoplie qui fait craquer le sac de plage, les choses sérieuses peuvent commencer. La pelle, le seau, le râteau, les lunettes de soleil et la lecture de circonstance. De toutes les circonstances. Celle qui renvoie la grille de sudoku et la dernière daube de saison chez le libraire du coin (s’il y en a) ou au rayon boucherie du supermarché du coin (il y en a). Vous avez ouvert ce curieux ouvrage pendant qu’une goutte de sueur perle sur votre front. Vous le sentez. Vous n’allez pas tarder à sombrer dans une formidable sieste de bord de mer. C’est l’été, l’été des châteaux de sable, l’été des coups de soleil. Vous avez plongé dans une formidable sieste quand le réveil a sonné. Un oeil s’ouvre difficilement. La plage a disparu. Haineusement, maladroitement aussi, vous tendez le bras. Faire taire l’insupportable bip-bip. Vous maudissez la première humiliation de la journée. L’esclavage salarié vous appelle. Vous vous êtes levés. Vous avez levé les stores. Le ciel est gris, bas, menaçant. Il ne devrait pas tarder à neiger. Nous sommes le 1er décembre 2012, c’est bientôt l’hiver et vous auriez tant aimé tant aimé pouvoir rêver encore un peu. Lire le reste de cet article »

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