Articles taggés avec ‘Gabrielle Damiens’

Vol à Gassicourt


Samedi 3 décembre 2016 par JMD

Le cambriolage est qualifié de « peu important ». Il n’y a pourtant de petit cambriolage qu’une fois le forfait commis et le butin ramassé. Celui perpétré à Gassicourt, petit bourg semi-rural à l’ouest du centre historique de Mantes la Jolie, mérite pourtant l’attention. M. Schraeder, employé de commerce à Paris y possède une villa pour se reposer sur les bords de Seine, face à l’île l’Aumône, à une cinquantaine de kilomètres des bruits d’une capitale en pleine expansion démographique. La périurbanisation ne date pas d’hier. Le village est, qui plus est, situé sur la ligne de chemin de fer Paris-Normandie. Il est probable que Mantes la jolie et ses alentours soient ainsi un point de passage dans les tournées de la bande Jacob vers Evreux, Vernon ou encore Rouen. C’est là que viennent travailler Joseph Ferrand et son amante, Gabrielle Damiens, en 1901. Si le vol ne rapporte pas grand-chose, il est en revanche intéressant de remarquer que chez les illégalistes il n’est pas uniquement réservé à la seule gente masculine. Gabriele Damiens a de fait pu s’initier aux pratiques délictueuses de son amoureux … avant de le dénoncer deux ans plus tard en donnant bien évidemment de nombreux détails sur ses agissements. Lire le reste de cet article »

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Vol à Chartres


Samedi 13 février 2016 par JMD

Il parait douteux que les Travailleurs de la Nuit ne soient passés qu’une seule fois par la capitale de la lumière et du parfum. La préfecture d’Eure et Loire qui compte 23481 habitants en 1901 est en pleine expansion, notamment depuis l’ouverture, soixante ans plus tôt, d’une ligne de chemin de fer qui la relie à Paris. On peut alors trouver de riches demeures en pays beauceron. C’est encore le premier point de passage, à moins de 100 km de la capitale, pour une tournée vers l’ouest, « se terminant par La Roche-sur-Yon, en passant par Angers, Le Mans, Nantes ». La description du vol commis à Chartres entre le 23 décembre 1901 et le 2 janvier 1902 à l’occasion de la 3e audience du procès d’Amiens, le 10 mars 1905, nous permet d’affiner le mode opératoire des cambrioleurs anarchistes aidés aussi, il convient de le noter, par la négligence de la victime. Le butin n’est pourtant pas conséquent. Ferrand, Henry et Baudy ont poursuivi leur besogne sur Angers. Alexandre Jacob a prétendu avoir participé à ce cambriolage. Mais l’instruction parvient facilement à démonter ses affirmations. Ce n’est effectivement que vers avril-mai 1902 qu’il revient sur Paris après avoir séjourné à Bordeaux puis à Toulouse, à la suite du vol Bourdin commis rue Quincampoix six mois auparavant. Lire le reste de cet article »

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Vols à Bourges


Samedi 19 décembre 2015 par JMD

Quoi de plus réjouissant pour des voleurs anarchistes, dont certains sont dotés d’une certaine propension à l’humour, que de détrousser le bourgeois à Bourges. Un festival de cambriolages ? Pas vraiment. Si les quatre larcins commis dans la préfecture du Cher ne figurent pas parmi les plus sensationnels à mettre à l’actif des Travailleurs de la Nuit, ils n’en sont pas moins intéressants à plusieurs titres. Ils révèlent d’abord l’implication de Jacques Sautarel dans le recel et l’écoulement des produits volés ; ils mettent surtout en lumière pour les réappropriations commises au début de l’année 1903 la chute de Joseph Ferrand. Lire le reste de cet article »

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Vols à Amiens


Samedi 17 octobre 2015 par JMD

Amiens ne fut pas seulement le décor d’un spectacle judiciaire où l’on découvrit, en mars 1905, l’étonnante et caustique rhétorique d’Alexandre Jacob. Les réparties du voleur fusent. Le public rit de bon cœur, il s’émeut et s’épouvante aussi devant les provocations du principal accusé. La presse ne manque pas alors de remarquer qu’on pourrait se croire au Grand Palais et non au palais de justice. Mais la ville, dynamique et riche de ses 90000 habitants fut aussi le théâtre des opérations de déplacement de capitaux orchestrées par les Travailleurs de la Nuit. Sur les 75 cambriolages examinés durant les douze jours du procès de la bande sinistre ; 5 ont eu lieu dans la « petite Venise du Nord ». Ils mettent principalement en scène Jacob et Ferrand et permettent d’entrevoir l’organisation de deux brigades. Certains des forfaits commis dans la préfecture de la Somme ont peu rapporté. Le vol Guénard, en revanche, figure parmi les plus spectaculaires à mettre à l’actif de l’illégaliste. C’est un véritable pactole que raflent Jacob, Ferrand et le dénommé Touzet dont ne sait pas grand chose. Mais la version de Gabrielle Damiens, décédé au moment du procès et dont le témoignage a grandement contribué au démantèlement de la bande de cambrioleurs anarchistes, diffère largement du propos de Ferrand, son compagnon, et de Jacob qui, quarante-neuf ans plus tard réaffirme sa présence los de ce fructueux coup à Alain Sergent, son premier biographe. Lire le reste de cet article »

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Vols à Abbeville


Samedi 28 mars 2015 par JMD

AbbevilleDe la vaisselle, des bijoux, des objets du culte et des coffres forts … dont un n’a pu être éventré. Si la fortune ne sourit pas toujours aux malfaiteurs, ce ne sont tout de même pas ici des malheureux à qui Jacob et ses compagnons ont rendu visite. Abbeville doit cependant posséder un charme certain pour les accueillir cinq fois en à peine un an. A environ 200 km de Paris, la capitale historique du comté de Ponthieu constituerait finalement un espace de travail ordinaire, regorgeant de belle demeures bourgeoises, si elle n’était le point de départ du « Waterloo » de l’illégaliste arrêté à Airaines le 22 avril 1903. Le vol Tilloloy qui précède le « drame de Pont Rémy », et donc le démantèlement des Travailleurs de la Nuit, n’est pourtant pas le plus intéressant des cinq vols commis dans la Porte de la Baie de Somme dont l’examen par la cour d’assises d’Amiens occupe 3 audiences en 1905 : le 10 mars pour les vols Ferry et Meurdesoif, le 11 mars pour le vol de La Rivière et le cambriolage de l’église Saint Jacques, le 14 mars enfin pour le vol Tilloloy. Lire le reste de cet article »

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Le Procès Jacob


Samedi 15 décembre 2012 par JMD

Germinal, n°11, 19-25 mars 1905Conçu comme un journal de propagande à l’occasion et à l’approche du procès des Travailleurs de la Nuit (voir article : Le journal du peuple et d’Alexandre), Germinal ne cesse de présenter Jacob et ses co-accusés comme des vengeurs sociaux. Ce sont aussi des victimes de l’ordre bourgeois et du capital. La feuille libertaire amiénoise ne manque pas non plus, à l’instar de la presse nationale et régionale, de rendre compte longuement des débats, souvent houleux, dans la salle d’audience du palais d’injustice de la cité picarde. L’article relatant le procès Jacob s’étale sur deux pages dans le numéro 11 en date du 19 au 25 mars 1905. Il est signé A.B. et reflète bien l’esprit individualiste de l’équipe du journal qui n’a pas eu le droit d’entrer dans le tribunal pour assister au spectacle. Le papier reprend alors les informations (dialogue, déclarations, réparties, etc.) données par Le petit parisien ou Le petit journal mais il en tire des conclusions spécifiquement anarchistes. De fait, les discussions ne peuvent tourner qu’à l’avantage de l’honnête cambrioleur même si ce dernier est expulsé au début de  la 6e audience, le mardi 14 mars, après une manœuvre estimée inique du président Wehekind. Le prévenu ne pourra donc placer sa fameuse déclaration Pourquoi j’ai cambriolé ?. Mais Germinal, qui la publie en Une, n’hésite pas à souligner que la prestation du criminel Jacob ainsi que la propagande active que l’équipe du journal mène en dehors du tribunal finissent par porter leurs fruits. L’arsenal policier, chargé d’assurer la sécurité dans une ville en état de siège, ne parviendrait pas, en effet, à contenir une foule désormais acquise aux illégalistes. Remarquons l’évidente contradiction avec l’article Au peuple souverain de Jules Ouin dans le même numéro qui, justement, s’en prenait à une foule moutonnière désespérément soumise et réclamant son lot de sang. Les sources policières montrent alors, elles aussi, le retournement de situation … et les cris de A mort ! sont désormais vite étouffés par eux de Vive Jacob ! ou Vive l’anarchie !. Des incidents finissent même par éclater au passage des fourgons cellulaires ramenant les inculpés à la prison de Bicêtre le lundi 13 mars. Germinal peut ainsi être content de l’actif travail de propagande accompli. Mais, bien sûr, le journal anarchiste ne se fait aucun doute quant au verdict à venir. Lire le reste de cet article »

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Les recels et les mensonges de Jacques Sautarel


Samedi 24 mai 2008 par JMD

bijouetrie SautarelLors du procès d’Amiens (8-22 mars 1905) Jacques Sautarel n’a de cesse de s’ériger en victime. Victime d’abord des affirmations accusatrices de Gabrielle Damiens, l’amante de Joseph Ferrand. Victime ensuite de la vindicte policière qui s’ingénierait à charger un écrivain anarchiste connu. Le bijoutier nie en bloc les accusations de recel qui sont portées contre lui. Il ne connaît les Travailleur de la Nuit que parce que, comme eux, il est interné à la prison d’Abbeville depuis 1904. Lire le reste de cet article »

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Joseph FERRAND


Mercredi 9 avril 2008 par JMD

FERRAND Joseph (dit Dunin)

Né le 9 janvier 1880 à Varambon (Ain), mort à un date inconnue en Guyane. Fils de Joseph et d’Anne Perrin. Anarchiste illégaliste.

L\'Illustration 18 mars 1905

Souvent qualifié par la presse de principal lieutenant d’Alexandre Jacob, Joseph Ferrand n’est pas un inconnu des annales judiciaires. Il subit 11 condamnations avant d’être arrêté à Nevers le 22 janvier 1903 et, à Amiens, dans le cadre du procès des Travailleurs de la Nuit, il est poursuivi pour 39 vols. C’est à Marseille que la police remarque une première fois ce colporteur de journaux « au caractère emporté, parlant beaucoup et d’allure décidé ». Il quitte cette ville (où il a rencontré Jacob) le 31 août 1898. Inscrit à l’Etat Vert des anarchistes portés disparus (n°188 puis n°475), la carrière de Joseph Ferrand passe par Paris et se termine au bagne où il doit subir sa peine de 20 ans de travaux forcés. Les aveux de son amante, Gabrielle Damiens, ont permis en 1903 le démantèlement de la bande Jacob. Lire le reste de cet article »

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