Articles taggés avec ‘santé’

Un Médecin au bagne chapitre 11


Samedi 28 janvier 2017 par JMD

Rénovation pénitentiaire ? Parce qu’il est le dernier maillon d’une longue chaîne répressive qui a pour but l’éloignement, l’éviction ou plutôt l’élimination du criminel, le bagne ne pouvait aboutir qu’à un échec patent. Et si, dès sa création en 1854, il a su résister aux nombreuses critiques, c’est bien qu’il correspond parfaitement aux principes de préservation sociale et d’exemplarité qui fondent le système pénal français. Louis Rousseau s’attache alors à montrer dans le dernier chapitre de son ouvrage une organisation d’ensemble régie par la loi du talion. Le délinquant doit alors souffrir et faire repentance. Lire le reste de cet article »

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Premier semestre 1912 sur l’île Saint Joseph : sortir du trou


Samedi 15 octobre 2016 par JMD

La santé de Marie, la sienne qui s’améliore malgré un début de prolapsus rectal et une printanière grippe, des annonces de réceptions de colis et de salvatrices missives, des demandes d’envoi de linge, de livres ou encore de produits pharmaceutiques, la correspondance du bagnard 34777 révèle pour le 1er trimestre 1912 que la vie s’écoule lentement, très lentement dans les sinistres locaux de la réclusion de l’île Saint Joseph. Jacob espère vainement pouvoir encore passer devant le TMS alors que le 12 novembre de l’année précédente il était définitivement disculpé de l’accusation de dénonciation calomnieuse dans l’affaire du meurtre du forçat Vinci par le surveillant Bonal. Un voyage à Saint Laurent du Maroni lui aurait permis de prendre l’air et de briser l’ennui de l’enfermement. « C’est si monotone la vie sur ce rocher qu’un peu de changement d’horizon ne nuit pas. ».  Alors Jacob lit et rend compte de ses lectures à sa génitrice. Il se rappelle encore quelques souvenirs de cambriolages et de navigation. Mais la sortie du trou est proche et il n’a de cesse d’organiser sa résistance. La famille imaginaire de Barrabas entre en scène et la multiplication de passages codés signale au lecteur que Jacob active des réseaux de transmission du courrier clandestin, envisage des projets d’évasion malgré la censure de l’Administration Pénitentiaire et la surveillance que peut exercer la police parisienne sur sa mère et ses amis. Ainsi apprenons-nous l’extrême jalousie de la femme de Julien, les vilénies d’Octave, peut-être renseigné par Paulin et de mèche avec Elise, le « manque de flair » d’Augustin confiant ce pauvre Félicien à un « saligaud ». Est-ce Jacques ? Est-ce Lorand ? Nous n’en savons rien. Toujours est-il que le 17 juin 1912 le bagnard retrouve « l’air libre » des îles du Salut après avoir purgé 44 mois de réclusion cellulaire. Une nouvelle phase commence pour Jacob. Lire le reste de cet article »

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Aphorismes d’un été jacobien


Jeudi 18 août 2016 par JMD

Cultive ta santé, car sans la santé point de force, et sans la force pas de puissance.
Lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 2 juillet 1914

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Un médecin au bagne chapitre 4


Samedi 23 avril 2016 par JMD

Le taux de mortalité au bagne oscille dès le départ autour de 10%. Il y a bien sûr des périodes de creux comme en 1911 (5%) et d’autres voyant les fagots tomber comme à Gravelotte. La grippe espagnole est ainsi fautive d’une véritable saignée en 1918. Si l’on excepte le petit nombre, relativement parlant, de morts violentes (rixe, suicide, meurtre, violence des surveillants de l’AP, accidents), la maladie occupe donc une part importante du décompte macabre. Et tout concourt, nous dit Louis Rousseau dans le chapitre IV de son livre, à faire de la Guyane un véritable charnier pour les hommes punis. L’espérance de vie à l’arrivée ne dépasse alors pas les cinq ans. La santé constitue un thème récurrent dans les préoccupations du condamné aux travaux forcés et du relégué, tous deux soumis à des maladies proprement tropicales. Elles sont aussi liées au manque d’hygiène, à la claustration, aux déficiences médicales mais encore et surtout aux carences alimentaires. L’Administration a toujours affamé les condamnés et abîmé leur santé par une nourriture insuffisante et malsaine, écrit-il  dans le chapitre 2 consacré au régime des condamnés. Les affections les plus bénignes deviennent fatalement mortelles et le médecin peut alors livrer dans ce quatrième chapitre un véritable inventaire de la pathologie carcérale dans les bagnes guyanais. Force est de constater, que Louis Rousseau, du fait de sa profession, maîtrise son sujet. Aux îles du Salut comme sur la Grande Terre, le bagnard malade est un être faible et les velléités de soins qu’affichent certains médecins se brisent fréquemment face à la mauvaise volonté de l’A.P. qui voit d’un très mauvais œil, et celui qui a prêté le serment d’Hippocrate, et le détenu malade, le plus souvent considéré comme un simulateur. Il y en eut peu en réalité. Lire le reste de cet article »

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Lettres du bagne : 1914


Samedi 22 novembre 2014 par JMD

« Je me sens fondre goutte à goutte. Alors … » Barrabas paraît las, fatigué, épuisé. C’est un véritable mort vivant qui est sorti le 17 juin 1912 des sinistres cachots de l’île Saint Joseph après avoir purgé deux ans et demi de réclusion pour le meurtre du forçat Cappelleti (25 décembre 1908). Depuis, le matricule 34777 accumule les ennuis de santé. Le corps a du mal à suivre et l’esprit alterne d’actives phases d’opposition à l’Administration Pénitentiaire et de longues périodes dépressives. Alexandre Jacob se déclare « complètement schopenhauerisé » le 11 mars 1913 et envisage même mettre fin à ses jours le 19 décembre suivant. Les huit lettres conservées pour l’année 1914 - il en manque au minimum quatre - mettent en avant le même état neurasthénique. Pourtant et lorsqu’il écrit à sa « chère maman », à sa « bien bonne », l’honnête forçat fait preuve d’une double et formidable capacité de résistance. Lire le reste de cet article »

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Louis est mort


Samedi 25 janvier 2014 par JMD

Nous avons en décembre dernier établi une tentative de biographie de Louis Briselance, marchand de laine puis gérant du magasin Polyplastic à Châteauroux et surtout ami de l’honnête cambrioleur Jacob. L’homme décédé en mai1963 est enterré le 24 de ce mois. Pierre Valentin Berthier, dans le n°176 de la revue de Louis Lecoin, Défense de l’Homme, en date du mois de juin suivant, dresse sa nécrologie. Le portrait établi vient confirmer l’anarchisme du forain et les théories abondancistes qu’il affectionnait mais que ne partageait pas Jacob. Mais le texte de Berthier, s’il nous révèle encore l’athéisme de Briselance, nous renseigne surtout sur la fin de vie de l’ancien voleur anarchiste à l’époque « en résidence libre et amicale chez M. Guy Denizeau, Indre-et-Loire »[1]. L’homme de lettre, ancien journaliste et correcteur, nous donne à lire une lettre de Briselance en date du 13 mai 1954. Le papier évoque les velléités de suicide du cambrioleur en retraite qui désirait mourir en bonne santé. A cette époque, le vieux Marius écrit passionnément à Josette Passas et a prévu de se donner la mort après sa venue au mois d’août à Bois Saint Denis. Il n”a pas supporté son séjour chez les Denizeau qui lisaient son courrier et avait voulu rentrer chez lui. Ceux-là mais aussi Berthier et Briselance l’aident à surmonter ses difficultés financières. Mais Briselance signale aussi un bien mystérieux « fait passé » qui affecterait grandement son moral présent. Lire le reste de cet article »

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Aphorisme du Zoo 14


Jeudi 1 août 2013 par JMD

C’est l’hiver qui arrive lentement mais sûrement, l’hiver avec son lugubre cortège de maladies : phtisie, bronchite, catarrhe, asthme, angine, croup, laryngite, coryza… et j’en passe. Est-elle cruelle cette saison ! Combien d’humains, de pauvres bougres surtout, seront victimes de ses néfastes effets ? C’est triste, bien triste, mais qu’y faire ? Rien. Pas même y penser… si l’on peut. Oh ! comme je voudrais être vieux de trois mois de plus afin de me pouvoir baigner dans une atmosphère sublime de soleil !
Saint Martin de Ré, 22 octobre 1905

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Lettres du Zoo de Ré 4


Samedi 13 avril 2013 par JMD

Au Zoo de Ré, le temps passe inexorablement. Confiné à l’infirmerie du dépôt pénitentiaire, le numéro d’écrou 4043 s’ennuie et craint les changements météorologiques pour sa santé. La pluie et le gris de l’automne rythment l’attente du départ pour la Guyane. Celui-ci ne s’effectue que deux fois l’an. Faute de pouvoir s’évader, il ne reste donc plus qu’à se soumettre à la discipline carcérale. Le pragmatisme jacobien n’est pas pour autant fait de soumission ; le détenu contourne les règles. Le détenu écrit et les lettres d’octobre 1905, dont en particulier celle inédite en date du 29,  montrent cela. Lire le reste de cet article »

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Lettres du Zoo de Ré 2


Samedi 9 février 2013 par JMD

Aussi courtes soient les deux lettres qui suivent, elles n’en soulèvent pas moins trois points importants. Alexandre Jacob explique d’abord à sa mère le régime de la correspondance carcérale : un courrier par mois, plus si le prisonnier n’a pas été puni. Puis il la rassure sur sa santé. Le thème médical est récurrent dans la relation épistolaire entre le fils et sa mère. Il donne lieu à des formules particulièrement imagées. Le numéro d’écrou 4043 souffrirait ici de la maladie des soupes de prison : Je suis maigre ! Mais la question qui occupe finalement la majeure partie des deux lettres est celle de l’avocat chargé de la défense de Marie Jacob dans le procès de Laon qui doit se tenir le 25 septembre. Parmi les avocats parisiens présents à Amiens, nous pouvons retrouver seulement Mes Justal, Fabiani, Lagasse, Hesse et Silvy. Les autres avocats ont donc été commis par la cour d’assises de la préfecture de l’Aisne. Me Philippe n’assiste donc plus sa cliente d’Amiens : Rose Roux. La date du procès est très certainement la cause de cette absence qui aurait aussi pu être celle de l’avocat de Marie Jacob. Celle-ci s’en est inquiétée auprès de son fils qui conseille le 19 septembre de prendre un avocat commis d’office au cas où Me Justal ferait défection, ce qu’il ne semble pas croire d’ailleurs. Lire le reste de cet article »

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Aphorisme du frelon 29


Lundi 30 juillet 2012 par JMD

Tu ne voudrais pas, je suppose, que je me tâtonne le pouls toutes les heures pour t’adresser mon bulletin de santé chaque semaine ? Non ; ce procédé n’est bon que pour les « gros bonnets » et moi je porte un béret. Ainsi, tu vois…

Prison d’Orléans, 03 juillet 1905

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Dix questions à … Jean-Pierre Levaray


Samedi 18 février 2012 par JMD

Jean-Pierre Levaray fait partie de ces plumes que l’on aime bien au Jacoblog. Non pas parce qu’il a les mains calleuses de l’ouvrier. Non pas parce qu’il est un actif et inlassable militant syndical, associatif et politique. Non pas parce qu’il décrit une réalité vue de la France d’en bas. Mais bien parce qu’enfin, lorsqu’il nous écrit de l’usine ou d’ailleurs, ses mots font mouche systématiquement. C’est peu dire que son Putain d’usine, sorti en 2002 chez L’Insomniaque, a constitué un coup de tonnerre. C’est peu dire que ses autres livres sont de la même facture, de celle qui remue insensiblement vos neurones et votre colère et qui, fatalement, ne suscite pas uniquement de l’indignation. En février 2010, Tue Ton Patron, roman noir aux accents marvéliens, met en scène un ouvrier licencié qui, pour approcher et flinguer le PDG de son entreprise, revêt entre autres les traits d’un personnage connu pour son illégalisme et sa morale anarchiste. L’ouvrage de Jean-Pierre Levaray ne pouvait que susciter l’intérêt du blog de l’honnête cambrioleur et ce d’autant plus que la saison 2 ne va pas tarder à paraître chez Libertalia et qu’il est depuis le 16 février dernier l’objet d’une version bd brillamment mise en images par Efix aux éditions Fetjaine. Jean-Pierre Levaray a bien voulu répondre à nos dix questions sur la condition ouvrière, sur l’illégalisme et sur la lupinose. Et son propos claque comme coup de grisou dans la mine, comme coffre fort que l’on éventre, comme la balle sociale sorti du canon de del Sindicalista. Lire le reste de cet article »

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A-phroismes d’août (17)


Lundi 17 août 2009 par JMD

Je vous quitte sans désespoir, le sourire aux lèvres, la paix dans le cœur. Vous êtes trop jeunes pour pouvoir apprécier le plaisir qu’il y a de partir en bonne santé, en faisant la nique à toutes ces infirmités qui guettent la vieillesse. Elles sont là, réunies ces salopes, prêtes à me dévorer.

Lettre à Guy Denizeau, 17 août 1954

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