Douze mois pour honorer la mémoire des vaincus ? S’ils ne furent qu’à peine 0,15% des 100 000 hommes et femmes punis, condamnés aux travaux forcés, éliminés par la faim, les coups et l’épuisement, les bagnards anarchistes ont imprégné par leur opposition, leurs luttes, leur résistance tout un pan de l’histoire coloniale et pénitentiaire française. Le calendrier 2025 du CIRA de Marseille a été réalisé par Claire Auzias, Jean-Marc Delpech, Marianne Enckell, Véronique Fau-Vincenti et Laurent Gallet ; il n’aurait pu voir le jour sans l’aide et le précieux soutien de toute une équipe de fouilleurs d’archives (Thierry Bertrand, Felip Équy et Maryonne Nicola Équy). Ni dieu ni maître sous le sunlight des tropiques ? Vive les enfants d’Cayenne en tout cas ! Sorti en novembre 2024, le calendrier a vite été épuisé et c’est pourquoi le Jacoblog met en ligne le document. Bonne et anarchiste année 2025.
Douze mois pour honorer la mémoire des vaincus ? « Prisonnier de guerre sociale, je suis au bagne et j’y reste » écrivait Alexandre Jacob à sa mère en septembre 1914. Comme des centaines d’autres anarchistes entre 1880 et 1930, il est passé devant les tribunaux. Leur crime à tous ? Incitation au meurtre, à l’incendie et au pillage, outrages à agents, brigandage, cambriolage, fabrication de fausse monnaie, assassinat, attentats, désertion… Certains ont embrassé la Veuve ; d’autres ont été enchristés ; beaucoup furent envoyés loin de la métropole, avec les îles du Salut en Guyane et la Nouvelle-Calédonie comme seul horizon expiatoire à leurs atteintes à l’État, aux personnes et à la propriété. Force est de constater que, la peur du drapeau noir aidant, ils sont attendus de pied ferme ! Ils sont craints aussi.