Aphorismes du bagnard


12 juin 2020 par JMD

 

Les jérémiades n’ont pas la vertu de faire activer les affaires.

Lettre à Marie Jacob, 6 juin 1912

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Aphorismes du bagnard


11 juin 2020 par JMD

 

À quoi bon se laisser endormir par des airs de guitare ? Il vaut mieux se pénétrer des réalités, toutes pénibles qu’elles soient, en tâchant de les vaincre, si possible.

Lettre à Marie Jacob, 8 mai 1912

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aphorismes du bagnard


10 juin 2020 par JMD

Il ne faut pas non plus se dessécher de chagrin. Laisse donc le passé en paix et table sur l’avenir.

Lettre à Marie Jacob, 8 mai 1912

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Aphorismes du bagnard


9 juin 2020 par JMD

En prévention, j’étais en cellule, à Saint-Laurent encore en cellule et aux fers par-dessus le marché, à l’infirmerie, toujours en cellule et isolé, bien qu’à l’ordinaire ce local soit occupé par trois condamnés malades. À vrai dire, j’aime mieux ça. La vie en commun, en troupeau pour mieux dire, a ses désagréments quoiqu’elle offre un peu plus de libertés. De libertés ! je me demande ce que ce mot est venu faire sous ma plume.

Lettre à Marie Jacob, 14 mars 1912

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Aphorismes du bagnard


8 juin 2020 par JMD

 

Tu n’ignores pas que j’ai la manie des livres pour les lire, non pour les « emprisonner ».

Lettre à Marie Jacob, 22 février 1912

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Aphorismes du bagnard


7 juin 2020 par JMD

La naissance tout comme la mort ne sont qu’une question de mots, rien de plus. La meilleure des preuves en est que, si l’on pouvait peser la terre après un million de naissances, elle n’en augmenterait pas d’un seul milligramme. De même pour la mort, ou mieux, ce que l’on a coutume d’appeler ainsi. La vie, même dans la misère, vaut la peine qu’on la vive ; mais soit que les circonstances en exigent le sacrifice, soit que l’usure de la machine le veuille, eh bien, ma foi, il n’y a pas à le regretter. À quoi bon se lamenter sur un événement nécessaire et inéluctable ?

Lettre à Marie Jacob, 14 février 1912

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Aphorismes du bagnard


6 juin 2020 par JMD

 

Au fond qu’importe les écoles, les genres. Pour qui a un peu vécu, l’intransigeance et le dogmatisme font un peu sourire.

Lettre à Marie Jacob, 30 janvier 1912

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Pour la défense des criminels


30 mai 2020 par JMD

C’est avec le mensuel L’Ère Nouvelle qu’Ernest – et pas Emile – Armand (1872-1962) évolue vers l’individualisme anarchiste après un bout de chemin à l’Armée du Salut et du côté des anarcho-chrétiens. En mai 1901, le premier numéro de ce journal, fondée avec sa compagne Marie Kugel, affichait d’ailleurs en manchette la volonté d’être la « tribune libre du prolétariat rédigée par des disciples du Christ ». Mais, très vite et à force de fréquenter les Causeries Populaires de la rue du Chevalier de La Barre à Montmartre, il reprend à son compte et développe les préceptes de Libertad, l’anarchie se vivant au présent et dans l’immédiateté. En mars-avril 1905, la revue porte désormais en en-tête : « Le salut est en vous ; chacun selon ses forces, chacun selon ses moyens ». L’exergue peut ainsi aller jusqu’à justifier, si ce n’est légitimer, le vol politique d’un Alexandre Jacob jugé et condamné au même moment à Amiens. Lire le reste de cet article »

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L’enfer du Bagne 3e version ?


23 mai 2020 par JMD

Sisteron, juin 1942. Les écrits de Roussenq (1885-1949) ressemblent à cette vie houleuse et souffrante que le réfractaire a pu endurer. Mais là où on aurait pu le croire, fini, cassé, brisé, il n’en fut rien. Celui qui n’était plus un homme mais un bagne, comme il a pu le dire à Albert Londres en 1923, a su rebondir, retrouver vitalité et énergie ; il a repris une plume que le glorieux parti des travailleurs lui avait confisquée en le faisant revenir de Guyane en décembre 1932. C’est donc à la citadelle de Sisteron que l’Inco, une nouvelle fois prisonnier, donne une autre version de son enfer carcéral et colonial. Lire le reste de cet article »

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Mort d’un dégénéré


16 mai 2020 par JMD

Il est toujours joli, le temps passé

Un’ fois qu’ils ont cassé leur pipe

On pardonne à tous ceux qui nous ont offensés

Les morts sont tous des braves types

Georges Brassens,

Le temps passé, 1961

 

Il n’est pas certain pour Robert Louzon (1882-1976) que les trépassés, fussent-ils anarchistes importe peu, soient tous braves. Presque quatre ans après que son ami Monatte ait déglingué au nom du syndicalisme révolutionnaire et de sa haine de l’illégalisme le livre d’Alain Sergent, cet autre et infatigable rédacteur de La Révolution Prolétarienne reprend le flambeau en novembre 1954. Et c’est peu dire qu’il en met une deuxième couche à l’occasion de l’annonce du suicide d’Alexandre Jacob. Cela avait pourtant bien commencé. Vous savez ? Quand dans un entretien, une recension d’ouvrage, on commence par un semblant de positif et, quand vient le « mais », quand tombe le « mais » ou un synonyme, comme le tranchant de la guillotine, la prose dévie sur une démonstration à charge, un passage au rouleau compresseur, un démontage en règle. Alexandre Jacob s’est donc suicidé comme l’auteur du Droit à la paresse pour éviter une vieillesse dépendante. C’est vrai. C’est beau. C’est presque grandiose. Mais Robert Louzon arrête là sa comparaison pour faire feu de tout bois sur l’anarchisme de l’honnête cambrioleur, lui-même considéré comme un successeur dégénéré de Ravachol ou d’Émile Henry. Dégénéré ? Rien que ça ! Lire le reste de cet article »

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Calendrier Jacob : janvier 2021


8 mai 2020 par JMD

Tirer la première de couverture à soi

Une lampe torche qui éclaire anachroniquement dans la nuit la main s’emparant d’une liasse de billets ? Assurément c’est un roman policier ! L’homme a la posture de Fantômas, chapeau haut de forme sur la tête, une canne ou un trousseau de clés dans la main ? C’est bien sûr l’autre cambrioleur, celui de papier, que l’on voit. Et quand le couvre-chef devient chapeau melon, nous nous plongeons aussitôt dans cette si « Belle Époque ». Une chaîne ? Celle de l’oppression, celle du forçat dans son cachot ! Une scène de vol, des souris et un parapluie renversé (brochure de l’office du tourisme de Reuilly, 1993). Une incroyable histoire paradoxalement évoquée par le visage paisible de cet honorable vieillard ? Suggérer et donner l’envie de lecture dès le premier regard. Le choix de l’image, celui de son fond sont primordiaux. Consumérisme oblige, l’éditeur pratique le plus souvent un facile stéréotype et joue avec les lieux communs. Le livre doit se vendre et le contenu de l’ouvrage finit par être révélé à la lumière d’une première de couverture que l’on complète par un titre et un sous-titre pour le moins évocateurs. Cela est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit d’Alexandre Jacob. Lire le reste de cet article »

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Calendrier Jacob : décembre 2020


7 mai 2020 par JMD

Excès de lupinose

Une grande majorité persiste à croire – pour le besoin de la cause publicitaire, ou parce qu’il est intellectuellement plus facile d’intégrer le fait divers extraordinaire qu’une démarche politisée – à l’image du formidable aventurier, héros mythique des temps modernes doté d’un sens aigu de l’humour, volant le riche pour donner au pauvre et sans verser aucune gougoutte de sang.

Blablabla que tout cela. Mais intéressante et saisissante dialectique. Involontairement drôle et caustique aussi, ce qui ne gâche en rien l’intérêt de démonter les mécanismes de la perception déformée du réel et de la recomposition étroite de l’image d’un personnage historique. Telle est cette maladie virale, particulièrement aiguë chez ceux et celles qui s’essaient à discourir sur l’honnête cambrioleur, et que l’on peut nommer lupinose. Lire le reste de cet article »

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Calendrier Jacob : novembre 2020


6 mai 2020 par JMD

Salut Josette

Église de Châtillon-Saint-Jean, Drôme, lundi 21 janvier 2019. Il est 16 heures. René se lève, caresse tendrement le cercueil. Il s’approche du micro que lui tend le curé de la paroisse. Les yeux gonflés de son amour brisé, René parle et c’est juste beau. Il lit lentement, sa voix se casse par endroit. Il s’arrête, souffle un peu, puis reprend. Ce n’est pas un panégyrique, ce n’est pas une oraison funèbre. C’est un dernier salut, un si beau salut. Onze ans se sont écoulés depuis leur première rencontre. Onze années d’un bonheur parfait bouffées, laminées par ce méchant crabe qui ne lui a laissé que si peu d’alternative. Josette Duc est morte et son René, son beau René, « son prince charmant en or massif » l’a accompagnée jusqu’au bout de la vie. Lire le reste de cet article »

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Calendrier Jacob : octobre 2020


5 mai 2020 par JMD

L’homme brisé ?

« Assagi » ? Rien n’est moins faux. Le bagne ne l’a pas cassé et, même s’il semble avoir abandonné ses prétentions illégalistes, nous pouvons retrouver Alexandre Jacob à Paris aux côtés de Léo Malet dans une organisation pacifiste, ou encore chez Jeanne et Eugène Humbert contractant un mariage blanc avec une antifasciste italienne réfugiée en France. La participation active au livre du docteur Rousseau en 1930, la tenue d’une conférence avec Antoine Mesclon un an plus tôt, des articles et des témoignages pour faire libérer Paul Roussenq et Paul Vial de l’enfer guyanais, montrent qu’il n’a de cesse de dénoncer l’horreur carcérale. « À bas les prisons, toutes les prisons ! » lance-t-il encore en conclusion de sa « Lettre ouverte à Georges Arnaud » en avril 1954 dans Défense de l’homme, le mensuel de Louis Lecoin. Lire le reste de cet article »

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Calendrier Jacob : septembre 2020


4 mai 2020 par JMD

Libérez mon fils !

1925. Depuis le reportage d’Albert Londres, deux ans plus tôt, l’époque est à une critique généralisée du bagne. Plus de dix-neuf ans que Jacob moisit en Guyane. Plus de dix-neuf ans que Marie Jacob remue ciel et terre pour revoir un jour son fils. Par tous les moyens. Même les plus illégaux.

Marie continue le combat entamé dès son acquittement au procès de Laon le 1er octobre 1905. Elle envoie des livres, du papier, des plumes, des médicaments, du linge et de la nourriture… Des boîtes de sardines avec un revolver en pièces détachées à l’intérieur aussi, comme en 1910 ! Elle écrit, beaucoup. Au ministre des Colonies, au gouverneur de la Guyane, au président. Pas une, mais des dizaines de lettres. Lire le reste de cet article »

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