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L’Enfer nîmois du bagne 10


mardi 4 novembre 2025 par JMD

Le Républicain du Gard

Jeudi 30 janvier 1936

L’Enfer du Bagne

(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)

par Paul ROUSSENQ

(SUITE)

Certes, à première vue et si l’on se fie aux apparences, cette opinion erronée peut se défendre. Tous les jours on enregistre en moyenne une douzaine d’évasions. Les condamnés ont la facilité de quitter les chantiers à chaque instant ; ils peuvent traverser le fleuve Maroni, pour aller en Guyane Hollandaise, ou bien descendre son cours pour prendre la mer et aller aborder en Guyane Anglaise ou au Vénézuéla. De ce fait, ils sont partis évadés.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Les forçats en rupture de ban qui vont se réfugier dans les pays voisins y sont reçus en indésirables et traités comme tels.

On les arrête et on les détient deux ou trois mois, puis on les renvoie en Guyane une fois les formalités de refoulement accomplies.

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Le Visage du Bagne : chapitre 17 La poubelle du Bagne


mardi 3 octobre 2023 par JMD

Sur la route qui relie Saint-Laurent au Nouveau-Camp, d’une longueur de quinze kilomètres environ, on rencontre assez souvent un groupe plus ou moins important encadré de porte-clés, et composé de malades et d’impotents. Ce cortège s’achemine lentement, sans cohésion. Les plus ingambes forment l’avant-garde, les autres suivent comme ils le peuvent. De temps à autre, une halte rassemble tout ce monde éparpillé.

Il s’agit d’un convoi qui se dirige vers le Nouveau-Camp. On a continué à lui donner ce nom par habitude, alors que depuis longtemps il ne le méritait plus.

En pleine forêt, sur une éminence déboisée, se trouvent une quinzaine de cases construites avec des poteaux rassemblés, recouvertes de bardeaux et de feuilles sèches. Dans ce paysage de désolation, parmi ces baraques archaïques, végètent et meurent misérablement plusieurs centaines d’êtres pitoyables qui furent peut-être des hommes mais qui sont devenus des déchets d’humanité[1].

De mon temps, deux cases étaient réservées aux tuberculeux ; une trentaine de ces condamnés à la mort lente, représentaient toutes les variétés du bacille de Hock[2]. Toujours en vertu de l’axiome pris à rebours : qui s’assemble se ressemble, diarrhéiques, ulcéreux, fiévreux, faisaient bande à part, selon leur spécialité. La catégorie des éclopés, sympathisait avec celle des malbâtis et des aveugles. Quelques demi-fous trouvaient un refuge ici et là.

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Mes tombeaux 25


mercredi 17 août 2022 par JMD

Les Allobroges

7ème année, n° 1298,

jeudi 26 février 1948, p. 2.

Mes tombeaux

souvenirs du bagne

par Paul Roussenq, L’Inco d’Albert Londres

XXIV

Non loin de Cayenne, le bagne avait aussi, bien avant la guerre, son camp de la mort lente

La poubelle de Bagne

A une vingtaine de kilomètres de la capitale administrative, le Nouveau-Camp se dressait sur une hauteur, dans un isolement complet.

Le Nouveau-Camp, malgré son nom, étaie archaïque et croulant. Les cases, couvertes de bardeaux, menaçaient ruines. Sur le sol battu de ces repaires, les crachats de plusieurs générations de condamnés s’étaient amoncelés.

Là, s’étalait avec un cynisme effrayant, toute la gamme des infirmités humaines. Lire le reste de cet article »

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