23 décembre 2025 par JMD
Ce qui est un mal pour les natures faibles est, au contraire, un bien pour les natures fortes. Comme dit l’autre : ce qui ne tue pas rend plus fort. Et, en fait de tonique moral, rien ne vaut l’isolement.
Lettre à Marie Jacob, 19 avril 1915

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Tags: force, Jacob, Nietzsche, pragmatisme
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22 décembre 2025 par JMD
Car, au fond, il n’y a pas de douleur en soi. La douleur est un jugement et non un fait. C’est un phénomène purement cérébral.
Lettre à Marie Jacob, 19 avril 1915

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Tags: douleur, Jacob, mort, supporter
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21 décembre 2025 par JMD
Dans la vie, il faut digérer tous les événements, les bons et les mauvais. C’est le seul moyen de vaincre.
Lettre à Marie Jacob, 12 avril 1915

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Tags: Jacob, pragmatisme, supporter
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20 décembre 2025 par JMD
Il faut avoir le dédain de la mort et, comme Sénèque, se dire : « Si je voyais le monde embrasé d’un incendie universel, je songerais que, dans cette ruine immense, je n’ai rien à perdre. »
Lettre à Marie Jacob, 5 février 1915

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Tags: Jacob, mort, peur, Sénèque
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19 décembre 2025 par JMD
Vas de l’avant, à une bonne allure, en pleine confiance, grand largue, indifférente à tout ce qui n’est pas ton but, ta joie, ton bonheur
Lettre à Marie Jacob, 5 février 1915

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Tags: individualisme, Jacob, Marie Jacob, volontarisme
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18 décembre 2025 par JMD
Hors de nous, rien n’est vrai, rien n’est bien, rien n’est mal. Quand nous donnons aux choses des couleurs, c’est nous qui sommes les coloristes. Les choses ne valent et n’existent que par le cerveau qui les conçoit. C’est pourquoi toutes les métaphysiques ne sont que des billevesées, comme toutes les religions qui calomnient la vie ne sont que des duperies.
Lettre à Marie Jacob, 14 janvier 1915

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Tags: athéisme, croyance, Jacob, perception, pragmatisme, réalisme, religion
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17 décembre 2025 par JMD
N’empoisonne pas ta vie en accordant une valeur à des baves et des venins vomis par de si méprisables bouches. Le blâme aussi bien que la louange doivent nous laisser indifférents.
Lettre à Marie Jacob, 14 janvier 1915

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Tags: Jacob, Marie Jacob, on-dit, rumeur
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16 décembre 2025 par JMD
Tous les oiseaux ne sont pas des aigles, que diable. Sois supérieure [à toutes] ces mesquineries.
Lettre à Marie Jacob, 14 janvier 1915

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Tags: aigle, Jacob, oiseau, rapport de force
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15 décembre 2025 par JMD
N’est-ce pas la plus belle chose, la plus sublime des sensations que de mourir les armes à la main ? Toute question de subjectivisme et de métaphysique à part, ceux-là sont à envier et non à plaindre. Ce qui est triste, ce qui est pitoyable, suprêmement lamentable, c’est ce suicide de tous les instants, c’est cette mort graduelle, goutte à goutte, que l’on nomme vie tranquille, cette vie cénobitique des capucins, des limaces et des forçats.
Lettre à Marie Jacob, 19 novembre 1914

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Tags: 1e guerre mondiale, bagnard, Jacob, mort, soldat
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14 décembre 2025 par JMD
La vie est une guerre. Que l’on combatte pour un mot, pour une idée, pour un drapeau, pour un intérêt prosaïque ou pour un intérêt idéologique, que l’on soit Sancho Pança ou Don Quichotte, il faut toujours donner des coups et en recevoir. Cela est inéluctable, cela ne changera jamais
Lettre à Marie Jacob, 20 octobre 1914

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Tags: 1e guerre mondiale, Cervantes, Don Quichotte, Jacob, Sancho Pança
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13 décembre 2025 par JMD
Je ne suis pas antimilitariste pour la simple raison qu’il ne peut pas y avoir de société sans défenseurs, un offenseur selon les circonstances ; mais je ne suis pas patriote par cette autre raison que je ne puis l’être, n’ayant pas de patrimoine. Le mot ne me suffit pas ; il me faut encore la chose.
Lettre à Marie Jacob, 20 octobre 1914
NDLR : ici Jacob cherche à éviter la censure de sa lettre par l’AP alors que la 1e guerre mondiale vient de débuter

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Tags: 1e guerre mondiale, 34777, antimilitarisme, armée, Jacob
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6 décembre 2025 par JMD
La guerre dure depuis un an. Elle affecte la vie du bagnard Jacob ; les conditions de détention deviennent plus dures. Les convois ont cessé et les courriers sont moins nombreux. Seules huit lettres du matricule 34777, toutes codées pour mieux tromper la censure de l’AP, parviennent à sa mère Marie lors du second trimestre 1915. Nous avons mis en ligne dans l’article Nach Berlin ? la missive du 11 septembre adressée au ministre des Colonies. Elle utilise la rumeur d’un envoi de forçats volontaires au front pour mieux condamner la situation faite aux hommes punis.
Le 23 août 1915 parait l’article « Les embusqués des prisons et du bagne » de Jacques Dhur dans Le Journal. Les forçats y deviennent des planqués vivant tranquillement en Guyane alors que les braves et honnêtes poilus crèvent, au fond de leur tranchée, sur les fronts européens : « Et on leur prodigue des douceurs que, dans le peuple, les braves gens ne connaissent plus depuis des mois » ! Mais l’article du journaliste ne fait que reprendre l’idée que l’opinion publique se fait des bagnards.
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Tags: 1e guerre mondiale, 34777, Almereyda, Beccaria, criminologie, embusqué, Ferri, Jacob, Jacques Dhur, lettre, Lombroso, Lucien, Marie Jacob, Marius, Montesquieu, Nietzsche, Roger, Sautarel
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10 novembre 2025 par JMD
Le Républicain du Gard
Jeudi 6 février 1936
L’Enfer du Bagne
(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)
par Paul ROUSSENQ
(SUITE ET FIN)
Conclusions
En regard des données analytiques et documentaires de ces souvenirs, s’imposent des conclusions d’ordre juridique, social et humain.
Le Bagne de la Guyane a été créé uniquement en vue de l’anéantissement des condamnés.
C’est la guillotine sèche.
De l’amendement et du relèvement des coupables on n’en a cure.
La justice frappe sans se soucier de guérir ; elle frappe inconsidérément à tort et à travers. En présence d’un acte répréhensible déterminé, le châtiment n’est pas dépendant d’une sereine appréciation.
Il est conditionné à une foule de facteurs plus ou moins impondérables, qui échappent souvent à l’analyse.
C’est la composition du jury, au hasard du tirage au sort et par le jeu des récusations. Il y a la façon du Président des Assises pour orienter les débats, le talent ou l’insuffisance d’un avocat, l’isolement ou les relations de l’accusé, les réactions de la presse et de l’opinion publique dans un sens ou dans un autre. Les circonstances de temps et de lieu, la bonne humeur ou l’hypocondrie des juges sont autant de facteurs imprévisibles qui inspireront le verdict.il faut mettre en ligne de compte l’élasticité des peines encourue.
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9 novembre 2025 par JMD
Le Républicain du Gard
Mercredi 5 février 1936
L’Enfer du Bagne
(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)
par Paul ROUSSENQ
(SUITE)
À la visite médicale. Un jeune bagnard se présente, le corps squelettique.
- Monsieur le Major, je me sens faible ; soyez assez bon de me donner un fortifiant et un peu de repos
Le chef de camp, qui assiste toujours à la visite :
- Monsieur le docteur, c’est une mauvaise tête ; il vient de sortir du cachot.
Le médecin : « Ah ! oui… eh bien, il a besoin de se retaper un peu à l’hôpital !
Un autre condamné lui succède. Il a une plaie à la jambe.
Le chef de camp, sans préambule :
- Monsieur le Docteur, c’est un maquillage !
Le médecin le toise, se lève de son siège et lui dit :
- Tenez, prenez mon casque et asseyez-vous à ma place !
Tète du chef de camp.
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Tags: agent, Allmeyer, Hespel, île Saint Joseph, Jean Galmot, Prével, révolte des anarchistes, Roussenq, visite médicale
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8 novembre 2025 par JMD
Le Républicain du Gard
Mardi 4 février 1936
L’Enfer du Bagne
(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)
par Paul ROUSSENQ
(SUITE)
Albert Londres a fait connaître le monde du Bagne – les gardiens et les gardés.
Il les a campés, les uns et les autres, sans ménagement. Mais l’on voit bien que sa sympathie va vers le prisonnier – malgré ses tares – et qu’il n’a que du mépris pour le geôlier – à cause de ses excès.
Albert Londres n’a rien exagéré, mais il a déformé parfois et son esprit s’est exercé aux dépens de la véracité.
Il m’a consacré un chapitre : « Roussenq l’Inco », dans lequel son esprit d’imagination s’est donné libre cours.
Afin de frapper l’esprit des foules, il m’a présenté comme un homme abruti par une longue et dure répression, et qui avait perdu la notion de vivre.
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Tags: Albert Londres, boeuf, Bringues, Duez, le Petit Parisien, Roussenq, Ullmo
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