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Roussenq dans L’Histoire !


dimanche 26 avril 2026 par JMD

L’Histoire n°543 mai 2026, p.83

XIXe-XXIe siècle

L’Incorrigible

En 1909, le matri­cule 37664 Paul Roussenq, 24 ans, soldat au cinquième bataillon d’Afrique, condamné à vingt ans de travaux for­cés par le conseil de guerre de Tunis, dé­barque en Guyane. Il est un numéro parmi d’autres, fiché comme anar­chiste et ayant déjà subi une peine de quatre ans de centrale à Clairvaux. Vingt-trois ans plus tard, à son retour en France, il est devenu l’un des ba­gnards les plus connus des Français.

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Paul Roussenq une vie au bagne


mardi 13 janvier 2026 par JMD

Paul Roussenq (1885-1949) n’avait que les os et la peau. Paul Roussenq c’est le loup dans la fable de La Fontaine. Paul Roussenq a payé cher le prix de sa liberté. Paul Roussenq fut une double victime : d’un ordre social d’abord qui préfère l’affliction à l’amendement et à la régénération parce qu’il est écrit que le délinquant – qu’il soit petit ou grand, multirécidiviste ou non, psychologiquement dérangé ou non, peu importe – doit payer, doit souffrir, dût-il en crever, doit réparer au centuple le mal commis. Un quignon de pain peut vous pourrir la vie. La vie enfermée du vagabond Roussenq nous le prouve : Clairvaux, Biribi, Le Grand Séminaire de Guyane, les CSS de Sisteron et de Fort-Barraux, ainsi qu’un grand nombre de prisons métropolitaines. L’homme est aussi une victime politique car il ne fait pas bon être anarchiste sous la IIIe République. Vingt-trois ans de bagne dont onze année de cachot. Victime politique encore sous la forme d’une marionnette rouge que l’on met au rebut parce qu’elle ne veut plus aller dans le sens voulu par le grand parti des prolétaires. Le parti communiste a vite fait d’effacer les traces du passage de Paul Roussenq, mais Paul Roussenq écrit ses souvenir (sur les bagnes de Guyane et sur l’URSS aussi) et les compagnons anarchistes ne l’oublient pas. La vie de Paul Roussenq éclaire tout un pan de notre histoire coloniale et pénitentiaire. Paul Roussenq a enfin sa biographie. Chez tous les bons et indépendants libraires.

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L’enfer nîmois du bagne – 1936


samedi 25 octobre 2025 par JMD

Paul Roussenq réécrit ses souvenirs pour au moins trois raisons. Cette activité vient briser l’oisiveté, l’apathie et le désœuvrement consécutifs à la claustration. Éternel insatisfait, l’homme éprouve ensuite le besoin continuel de corriger ses écrits, de reprendre et de rectifier ses souvenirs, de rajouter et de préciser des faits. L’ensemble de ses récits et poèmes peuvent enfin et à l’occasion constituer une source de revenus d’autant plus appréciable que, depuis sa rupture avec le parti communiste au début de l’année 1934, Roussenq vit dans l’indigence, alternant les périodes d’hospitalisation et d’emprisonnement quand il n’est pas sur les routes de France et de Navarre. L’anarchiste, libre de toute attache, a quitté en mai 1935 Aimargues dans le Gard où il résidait depuis son retour d’URSS. La main de la justice le condamne à deux mois de prison le 25 mai à Belfort pour infraction à l’interdiction de séjour[1] ; le 15 juin, le parquet de Dijon lui inflige par défaut 100 francs d’amende pour n’avoir pas payé son titre de transport le 9 mai précédent[2]. Il est arrêté en 1936 à Montpellier[3]. En janvier et février de cette année parait « l’Enfer du bagne » dans les colonnes du Républicain du Gard. C’est la septième version des souvenirs de bagne que l’on peut lire désormais grâce à la numérisation de la presse régionale par Gallica, le site internet de la Bibliothèque Nationale de France.

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Je vous écris de Saint-Laurent


samedi 4 octobre 2025 par JMD

Le décret présidentiel du 6 août 1929 ordonne la libération du forçat 37664. L’intense campagne menée par le Secours Rouge Internationale et le Parti Communiste a porté ses fruits. Ou presque… Paul Roussenq est libre ; il signe aux îles du Salut le procès-verbal de notification de la mesure de clémence le 30 septembre. Roussenq est désormais forçat de 4e catégorie 1e section ; il porte matricule 16185. Pour autant la fin des travaux forcés ne signifie pas le retour en France. L’article 6 du décret-loi impérial du 30 mai 1854 impose un temps de résidence dans la colonie, égal à celui de la condamnation si celle-ci est inférieure à huit ans. C’est ce que l’on appelle le doublage. Au-delà d’une peine de huit années, la résidence obligatoire devient perpétuelle. Paul Henri Roussenq, condamné à vingt ans en 1908, n’est ainsi que libre de végéter à Saint-Laurent où il débarque au début du mois d’octobre. L’honnête homme, qui a passé plus de onze ans dans les cachots de l’île Saint-Joseph, doit théoriquement se signaler aux services de police de la colonie deux fois par an et ne pas se trouver autre part que dans la commune pénitentiaire. Il doit aussi subvenir par lui-même à ses besoins.

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Bagnards et anarchistes : août 2025


mercredi 22 janvier 2025 par JMD

Roussenq L’Inco

C’est la commission disciplinaire des îles du Salut, chargée de statuer sur les infractions aux règlements, qui permet à Paul Roussenq (1885-1949) d’acquérir la notoriété. Son dossier pèse 5,3 kilogrammes ! Plus de 4 000 jours passés entre quatre murs dans le quartier cellulaire de l’île Royale ou dans les sinistres cachots de l’île Saint-Joseph. À cela vient s’ajouter le temps gracieusement offert à la suite de six passages devant le TMS ; soit deux ans de prison pour refus de travail (1912) et outrage (1927), deux ans de travaux forcés pour tentative d’évasion (1915), et cinq ans de réclusion pour voie de fait sur la personne d’un médecin militaire (1917).

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Albert et Paul 2e partie


lundi 21 octobre 2024 par JMD

Le matricule 37664 n’était pas au programme de la visite des îles du Salut. Le commandant Masse a dû recevoir l’honorable reporter avec d’autant plus d’égards qu’il arrivait nanti d’une accréditation ministérielle. Il faut donc lui ouvrir toutes les portes. Londres vient voir Dieudonné et Marcheras ; il veut entrer dans une cellule de Saint-Joseph, il visite à l’occasion l’asile des fous mais, l’entretien qu’il a avec le commandant l’oriente vers la route de Roussenq dont il a pu compulser le dossier confirmant l’originalité du forçat. Il est certain qu’il a eu entre les mains une des trois lettres que Roussenq avait signées de son doigt maculé d’excrément[1]. Il n’en faut pas plus pour le convaincre d’un entretien avec l’homme enfermé. L’article parait dans Le Petit Parisien le 19 août 1923 :

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Mes tombeaux 33


mercredi 14 septembre 2022 par JMD

Les Allobroges

7ème année, n° 1307,

lundi 8 mars 1948, p. 2

Mes tombeaux

souvenirs du bagne

par Paul Roussenq, L’Inco d’Albert Londres

XXXII

Quand le poids d’un passé qu’on croyait révolu s’attache à nos pas les prisons s’ouvrent seules

Chacun de nous s’était assis à l’une d’elles, dans les deux vastes salles où se prenaient les repas. Les assiettes blanches à fleurs, les couverts récurés à neuf, le menu bien ordonné, tout cela nous fit la meilleure impression. De jeunes éducateurs choyaient ce petit monde.

Les dortoirs aux petits lits blancs, recevaient le soleil par de larges fenêtres, lorsque nous les visitâmes, de même que l’infirmerie où se trouvaient quelques petits malades – qui eurent leur part de nos largesses… Là aussi, il y avait cinéma, terrain de jeux, etc… Lire le reste de cet article »

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Roussenq – MES TOMBEAUX souvenirs du bagne


samedi 21 mai 2022 par JMD

S’il arrive parfois que des archives privées refassent surface[1] tels les cahiers et les photographies du Docteur Léon Colin en 2015[2] ou encore la correspondance du bagnard Arthur Roques en 2021[3], il est nettement plus rare d’exhumer et de redécouvrir de précieux documents dans les fonds d’archives publics. Cela n’est pourtant pas impossible et c’est une ultime version des souvenirs de l’ancien bagnard Paul Roussenq que l’archiviste guyanaise Vanessa Van de Walle[4] et les historiens Philippe Collin[5] et Jean-Marc Delpech[6] ont retrouvé en croisant les informations données par le dossier que les époux Beaumier avaient constitué dans les années 1980. Un peu moins d’un an et demi avant le suicide de Paul Roussenq à Bayonne, parait le dernier des trente-six articles de « Mes tombeaux – souvenirs du bagne » dans le quotidien grenoblois Les Allobroges le 11 mars 1948 : Lire le reste de cet article »

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Bernard et la Liberté


vendredi 22 août 2008 par JMD

manchette du journal Liberté S’il ne peut que reconnaître les erreurs et les coquilles commises, force est de constater que, deux ans avant son premier Jacob, Bernard Thomas évite d’aborder les critiques de fond à l’occasion de la sortie chez Tchou de son livre, La bande à Bonnot en 1968. Force est aussi de constater que l’ouvrage n’est pas unanimement encensé dans la presse anarchiste. Le ton est même relativement acide dans le numéro 152 du mensuel Liberté de Louis Lecoin. Lire le reste de cet article »

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