Articles taggés avec ‘1e guerre mondiale’

Aphorisme des îles du Salut


dimanche 15 février 2026 par JMD

La vie aussi est une guerre, et une guerre qui, encore que plus hypocrite, est tout autant implacable que l’autre. Comme dit l’autre, vivre c’est assassiner. Il n’y a pas que la mitraille qui tue ; il y a des sourires homicides.

Lettre à Marie Jacob, 13 mai 1916

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Aphorisme des îles du Salut


samedi 14 février 2026 par JMD

C’est quand on souffre la vie qu’il est bon de l’éponger, en oubliant les rancunes et les inimitiés. Le malheur rapproche.

Lettre à Marie Jacob, 13 mai 1916

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Aphorisme des îles du Salut


vendredi 6 février 2026 par JMD

La vie aussi est une guerre où il faut se résigner à être gland quand on ne peut pas être cochon. Et même quand on a le rare avantage de pouvoir être le compagnon de saint Antoine, faut-il constamment se tâter les cuisses et ne pas se dissimuler que, tôt ou tard, cela aussi sera de succulents jambons qui feront les délices d’un ver, d’un poisson ou d’une plante.

Lettre à Marie Jacob, 7 février 1916

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Aphorisme des îles du Salut


jeudi 5 février 2026 par JMD

Nous ne sommes plus au temps merveilleux où l’on renversait les murailles au son des trompettes. Aujourd’hui, on emploie à ce moyen des obus de 1 000 kilos. C’est l’éloquence de l’heure. C’est donc te dire qu’une vulgaire supplique, quels que soient son fondement et sa sincérité, ne saurait avoir raison des préjugés de tout un peuple.

Lettre à Marie Jacob, 7 février 1916

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Aphorisme du bagnard embusqué


vendredi 2 janvier 2026 par JMD

Je lui souhaite de pouvoir tuer beaucoup d’ennemis et d’éviter qu’on lui rende la pareille. C’est tout l’art de la guerre, de toutes les guerres.

Lettre à Marie Jacob, 24 mai 1915

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Aphorisme du bagnard embusqué


lundi 15 décembre 2025 par JMD

N’est-ce pas la plus belle chose, la plus sublime des sensations que de mourir les armes à la main ? Toute question de subjectivisme et de métaphysique à part, ceux-là sont à envier et non à plaindre. Ce qui est triste, ce qui est pitoyable, suprêmement lamentable, c’est ce suicide de tous les instants, c’est cette mort graduelle, goutte à goutte, que l’on nomme vie tranquille, cette vie cénobitique des capucins, des limaces et des forçats.

Lettre à Marie Jacob, 19 novembre 1914

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Aphorisme du bagnard embusqué


dimanche 14 décembre 2025 par JMD

La vie est une guerre. Que l’on combatte pour un mot, pour une idée, pour un drapeau, pour un intérêt prosaïque ou pour un intérêt idéologique, que l’on soit Sancho Pança ou Don Quichotte, il faut toujours donner des coups et en recevoir. Cela est inéluctable, cela ne changera jamais

Lettre à Marie Jacob, 20 octobre 1914

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Aphorisme du bagnard embusqué


samedi 13 décembre 2025 par JMD

Je ne suis pas antimilitariste pour la simple raison qu’il ne peut pas y avoir de société sans défenseurs, un offenseur selon les circonstances ; mais je ne suis pas patriote par cette autre raison que je ne puis l’être, n’ayant pas de patrimoine. Le mot ne me suffit pas ; il me faut encore la chose.

Lettre à Marie Jacob, 20 octobre 1914

NDLR : ici Jacob cherche à éviter la censure de sa lettre par l’AP alors que la 1e guerre mondiale vient de débuter

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Second semestre 1915 : lettres d’un embusqué


samedi 6 décembre 2025 par JMD

La guerre dure depuis un an. Elle affecte la vie du bagnard Jacob ; les conditions de détention deviennent plus dures. Les convois ont cessé et les courriers sont moins nombreux. Seules huit lettres du matricule 34777, toutes codées pour mieux tromper la censure de l’AP, parviennent à sa mère Marie lors du second trimestre 1915. Nous avons mis en ligne dans l’article Nach Berlin ? la missive du 11 septembre adressée au ministre des Colonies. Elle utilise la rumeur d’un envoi de forçats volontaires au front pour mieux condamner la situation faite aux hommes punis.

Le 23 août 1915 parait l’article « Les embusqués des prisons et du bagne » de Jacques Dhur dans Le Journal. Les forçats y deviennent des planqués vivant tranquillement en Guyane alors que les braves et honnêtes poilus crèvent, au fond de leur tranchée, sur les fronts européens : « Et on leur prodigue des douceurs que, dans le peuple, les braves gens ne connaissent plus depuis des mois » ! Mais l’article du journaliste ne fait que reprendre l’idée que l’opinion publique se fait des bagnards.

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Aphorismes du bagnard


mercredi 11 novembre 2020 par JMD

Nos cerveaux peuvent difficilement concevoir ce qu’est comme carnage et dévastation la guerre actuelle. Seuls, les experts en art militaire en ont une idée exacte, et ceux-là se comptent. As-tu songé à cela ? Bien sûr. C’est peu de chose que de mourir en combattant ; mais se laisser tuer comme un pigeon au tir de Monte-Carlo, c’est une autre affaire.

lettre à Marie Jacob, îles du Salut, 20 octobre 1914

(photographie : ossuaire de Douaumont, Meuse, octobre 2020)

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Nach Berlin ?


samedi 10 octobre 2009 par JMD

Un forçat dessiné en 1928 par Georges JauneauIles du Salut, 11 septembre 1915. Barrabas écrit au ministre des Colonies. Dans cette longue missive, il vante l’apport, positif selon lui, que constituerait l’emploi des transportés dans les combats contre le Reich allemand. Prévu rapide, le conflit européen s’enlise dans les tranchées et se mondialise. Le poilu n’ira pas décrocher les lauriers de la victoire à Berlin. Dans la lointaine Guyane, certains bagnards imaginent pouvoir gagner leur régénération et leur liberté en boutant, germanophobie oblige, la sale race tudesque hors de la très française Alsace. Lire le reste de cet article »

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