L’enfer nîmois du bagne 5
jeudi 30 octobre 2025 par JMD

Le Républicain du Gard
Vendredi 24 janvier 1936
L’Enfer du Bagne
(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)
par Paul ROUSSENQ
(SUITE)
Le guetteur reçoit son salaire, pris sur la cagnotte, de même que celui qui prête sa couverture.
Sur les lieux du travail, chacun selon ses possibilités, on se débrouille comme l’on peut.
Les boulangers avec la farine et le pain, les cuisiniers avec les vivres collectifs, les bouchers avec la viande fraîche, les infirmiers avec le lait et les médicaments, les comptables avec les fournitures de bureaux et le pistonnage pour avoir des places, les jardiniers avec les fruits et les légumes verts, etc., etc…
Quant à ceux qui font partie des corvées de débroussage, de terrassements ou de nettoyage, ils trouvent le moyen de s’esquiver pour aller à la maraude.
Plus ou moins, tout le monde a de l’argent, chacun est à même d’améliorer sa ration et de se procurer du tabac.
Si les forçats ont conquis de haute lutte ces possibilités, c’est grâce à cela qu’on les tient, et la « Tentiaire » est bien obligée de tolérer ce qu’elle ne saurait empêcher.
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