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L’enfer nîmois du bagne 6


vendredi 31 octobre 2025 par JMD

Le Républicain du Gard

Samedi 25 Dimanche 26 janvier 1936

L’Enfer du Bagne

(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)

par Paul ROUSSENQ

(SUITE)

J’eus l’occasion de le voir à ma libération ; il me félicita et me dit de bonnes paroles. Passons. Si tant d’années m’ont été octroyées, ce n’est pas que la discipline du bagne soit dure en elle-même normalement. Non pas. Aussi bien au travail qu’au repos, les condamnés peuvent causer et fumer, dans les cases, ils se débrouillent à bricoler pour améliorer leur ration, on peut y chanter, faire de la musique. Il y a loin de là au régime des prisons de France. Seulement de temps à autre, on attrape une bûche : mauvaise volonté au travail, non-malade à la visite, réponse arrogante (ou prétendue telle) à un surveillant, etc., etc… Alors on allait au cachot.

Là, c’était une autre paire de manche : défense de dire un mot et de fumer, il fallait faire le mort. Mais (on verra plus loin) l’on y parlait et l’on y fumait quand-même. Alors c’était de la rallonge qui se renouvelait et qui n’en finissait plus.

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Le Visage du Bagne : chapitre 4 Organisation et Structure du Bagne


mercredi 20 septembre 2023 par JMD

Le Second Empire ayant aboli les bagnes maritimes – qui se trouvaient dans les ports de guerre – institua, par la loi de 1854, le Bagne colonial de la Guyane où devaient être transportés les condamnés aux travaux forcés. En style administratif, l’ensemble des condamnés en cours de peine fut dénommé Transportation, et chacun des condamnés en particulier, reçut l’appellation de transporté.

La loi de 1854 marqua une étape considérable vers l’humanisation des traitements répressifs.

L’abolition de la marque infâmante, imprimée au fer rouge sur l’épaule de chaque forçat, celles du boulet aux pieds et de l’accouplement obligatoire – qui faisait des forçats ainsi que des frères siamois – furent des innovations capitales.

L’appellation de transporté, elle-même remplaçant celle de forçats, indique un souci de respect humain. L’exposé des motifs de cette loi, n’est pas dénué de sentiments élevés.

Il n’envisage pas la répression comme une fin, mais comme un exemple ; il voudrait que le châtiment soit générateur d’amendement et de relèvement. Malheureusement les faits ont démenti ces théoriques aspirations.

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Un médecin au bagne chapitre 5


samedi 28 mai 2016 par JMD

Avec ce chapitre sur la répression qu’il place après celui sur les maladies, le médecin au bagne boucle le cycle des violences et des souffrances endurées institutionnellement par les hommes punis. Louis Rousseau finit ainsi de décrire une organisation systémique totalitaire où le condamné doit forcément s’adapter aux divers processus de normation. Le fagot est un rouage et l’arbitraire administratif permet de corriger – au sens propre comme au figuré – tout récalcitrant. L’arsenal répressif exposé, des chantiers forestiers (dont celui de Charvein) aux sinistres cachots de l’île Saint Joseph en passant par la détention préventive et la mise aux fers révèle en fin de compte que « le régime disciplinaire n’a pas en vue l’amélioration, le redressement du criminel mais tout au contraire son abrutissement. » Lire le reste de cet article »

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