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L’enfer nîmois du bagne 2


lundi 27 octobre 2025 par JMD

Le Républicain du Gard

Mardi 21 janvier 1936

L’ENFER DU BAGNE

(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)

par Paul ROUSSENQ

(SUITE)

La nourriture des forçats

Sur le papier – si les règlements en la matière avaient été strictement observés – la nourriture aurait pu paraître plus que suffisante, autant que variée.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

En principe, donc, nous avions droit à ceci :

750 grammes de pain de bonne qualité ;

250 grammes de viande fraiche quatre jours par semaine. Les autres jours :

  • 200 grammes de viande de conserve ou bien :
  • 180 grammes de lard ; avec 50 centilitres de bouillon.

Pour le repas du soir et cinq fois par semaine :

100 grammes de légumes secs (haricots blancs ou rouges, lentilles ou pois cassés), et les deux autres jours de la semaine :

  • 60 grammes de riz.

Nous avons droit en outre à :

8 grammes de graisse ;

12 grammes de sel ;

15 grammes de sucre, et…

12 grammes de café.

Dans la réalité, il en était tout autrement.

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L’enfer nîmois du bagne – 1936


samedi 25 octobre 2025 par JMD

Paul Roussenq réécrit ses souvenirs pour au moins trois raisons. Cette activité vient briser l’oisiveté, l’apathie et le désœuvrement consécutifs à la claustration. Éternel insatisfait, l’homme éprouve ensuite le besoin continuel de corriger ses écrits, de reprendre et de rectifier ses souvenirs, de rajouter et de préciser des faits. L’ensemble de ses récits et poèmes peuvent enfin et à l’occasion constituer une source de revenus d’autant plus appréciable que, depuis sa rupture avec le parti communiste au début de l’année 1934, Roussenq vit dans l’indigence, alternant les périodes d’hospitalisation et d’emprisonnement quand il n’est pas sur les routes de France et de Navarre. L’anarchiste, libre de toute attache, a quitté en mai 1935 Aimargues dans le Gard où il résidait depuis son retour d’URSS. La main de la justice le condamne à deux mois de prison le 25 mai à Belfort pour infraction à l’interdiction de séjour[1] ; le 15 juin, le parquet de Dijon lui inflige par défaut 100 francs d’amende pour n’avoir pas payé son titre de transport le 9 mai précédent[2]. Il est arrêté en 1936 à Montpellier[3]. En janvier et février de cette année parait « l’Enfer du bagne » dans les colonnes du Républicain du Gard. C’est la septième version des souvenirs de bagne que l’on peut lire désormais grâce à la numérisation de la presse régionale par Gallica, le site internet de la Bibliothèque Nationale de France.

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