N’oublie jamais qu’en matière de commerce l’honnêteté est chose toute relative. C’est sans doute ce qui a fait dire à un penseur magnifique : « Les hommes ne vivraient pas longtemps en société s’ils n’étaient dupes les uns des autres. »
Seules cinq lettres de Jacob à sa mère couvrent le deuxième semestre 1916 ; la guerre continue son œuvre de mort en Europe et le forçat n’est pas dupe à 7000 km de l’hexagone des nouvelles d’une victoire imminente auquel le bourrage de crâne médiatique aimerait faire croire. Passé à la deuxième classe depuis le 1er avril, le matricule 34777, qui poursuit ses études de droit et de criminologie en autodidacte, voit ses conditions de détention s’améliorer. Cela signifie un comportement conforme aux règlements et un détenu relativement calme aux yeux de l’AP. Cela prouve surtout la circonspection de Jacob et ses efforts pour éviter tout repérage nuisible à ses inavouables entreprises.
Ce sont les indécis, les impuissants, tout ce que l’humanité compte de crapoussins, au propre et au figuré, qui prient, supplient et mendient ; les forts, eux, ne comptent que sur eux-mêmes, ne s’adressent qu’à eux-mêmes.
Deux verbes, dans le langage judiciaire et administratif, dominent toute la législation. Ce sont devoir et pouvoir. Ainsi, quand il s’agit de réprimer une infraction, le texte dit toujours, invariablement : devra. S’agit-il, au contraire, de tempérer la rigueur de la répression ou bien d’accorder une faveur le texte dit alors toujours invariablement : pourra. Conclusion : devra implique un droit, tandis que pourra signifie à peine la possibilité d’une faveur.
Le mot du chancelier anglais : « Le sourire aux lèvres jusqu’au billot, inclusivement » est toute une doctrine. La gaieté, ce qui ne signifie pas l’insouciance, jusque dans les situations les plus pénibles, les plus décevantes, c’est ce qui distingue et caractérise les âmes bien trempées.
La Vérité ? En métaphysique, elle est partout où il nous plaît de la trouver. Il suffit, pour cela, de conduire nos recherches avec foi, pieusement, en surface et non en profondeur ; car, pour si peu que l’on fouille, une question appelle une autre question, et, au bout du rouleau, il y a toujours un point d’interrogation. Un philosophe moderne, voire modernisant, cynique autant que magnifique, a dit : « Il n’y a rien de vrai. Tout est permis. »
Pour émettre une opinion de goût, de sentiment, ce n’est pas difficile. Une niaiserie quelconque suffit à cela. Autre chose est de se prononcer sur une question de fait. En la matière, cela implique des aptitudes qu’à peine vingt hommes dans toute l’Europe peuvent posséder. Pour parler d’une chose avec exactitude, scientifiquement, il est indispensable de la bien connaître, sinon on risque fort d’imiter les « experts » militaires de la presse dont les pronostics sont plutôt inspirés de l’école de Mme de Thèbes que de celle de Bacon. La prescience n’est pas des choses de ce monde (ni d’aucun) et nul ne peut connaître le résultat d’une action avant qu’elle ne soit entièrement consommée.
Le succès de la série de podcast et de livres Un été avec ne se dément pas depuis que les auditeurs de France Inter ont passé le mois d’août 2012 en compagnie de Michel de Montaigne. Cette collection, qui « a pour ambition d’offrir au grand public une lecture estivale, tonique et décomplexée des grands auteurs classiques », propose depuis lors une quinzaine de titres. Baudelaire, Proust, Machiavel sur les serviettes de plage. Le 15 avril 2026, la chaîne du service public annonce « un nouveau format de livre-podcast disponible simultanément en librairie et à l’écoute sur la plateforme Radio France ». Après Un été avec et Un hiver avec, le premier numéro d’Un printemps avec a été écrit par Grégoire Bouillier et raconté en 52 séquences de 4 à 7 minutes dites par François Morel et Corine Versini.
À vrai dire, nous tournions un peu le dos en ouvrant le livre consacré au « gentleman cambrioleur le plus célèbre de la littérature française » pour au moins deux raisons. La grosse médiatisation, façon bourrage de crâne, avait d’abord de quoi nous rebuter d’autant que nous subodorions ensuite une grosse, une très grosse lupinose que l’on pourrait croire confirmée page 74 : « Cependant, il n’y a pas de rumeur sans feu. Il y a les dates. ». Les hasards de l’histoire ou du temps ont voulu que nous avons dévoré ce volume primesautier d’érudition lupinienne et jacobienne à Étretat !