Aphorisme d’août 16
vendredi 17 août 2012 par JMD
Jean-Pierre Levaray fait partie de ces plumes que l’on aime bien au Jacoblog. Non pas parce qu’il a les mains calleuses de l’ouvrier. Non pas parce qu’il est un actif et inlassable militant syndical, associatif et politique. Non pas parce qu’il décrit une réalité vue de la France d’en bas. Mais bien parce qu’enfin, lorsqu’il nous écrit de l’usine ou d’ailleurs, ses mots font mouche systématiquement. C’est peu dire que son Putain d’usine, sorti en 2002 chez L’Insomniaque, a constitué un coup de tonnerre. C’est peu dire que ses autres livres sont de la même facture, de celle qui remue insensiblement vos neurones et votre colère et qui, fatalement, ne suscite pas uniquement de l’indignation. En février 2010, Tue Ton Patron, roman noir aux accents marvéliens, met en scène un ouvrier licencié qui, pour approcher et flinguer le PDG de son entreprise, revêt entre autres les traits d’un personnage connu pour son illégalisme et sa morale anarchiste. L’ouvrage de Jean-Pierre Levaray ne pouvait que susciter l’intérêt du blog de l’honnête cambrioleur et ce d’autant plus que la saison 2 ne va pas tarder à paraître chez Libertalia et qu’il est depuis le 16 février dernier l’objet d’une version bd brillamment mise en images par Efix aux éditions Fetjaine. Jean-Pierre Levaray a bien voulu répondre à nos dix questions sur la condition ouvrière, sur l’illégalisme et sur la lupinose. Et son propos claque comme coup de grisou dans la mine, comme coffre fort que l’on éventre, comme la balle sociale sorti du canon de del Sindicalista. Lire le reste de cet article »
Alors ? La rentrée ? La rencontre avec d’autres teints hâlés doit certainement coller un sacré bourdon. Nous sommes même presque sûrs que les retrouvailles avec l’esclavage salarié ne vous remplissent pas vraiment de cette joie si communicative que l’on pourrait croire le grand soir arrivé … et, au réveil du petit matin qui est la première agression de la journée, va falloir aller au turbin. Le Jacoblog est dans le même cas mais pour lui c’est loin d’être assimilable aux souffrances de l’antique tripalium. Pour vous le prouver, nos honnêtes reporters ont ramené quelques clichés de Provence et d’ailleurs. La suite n’est qu’un honnête voyage dans le temps et l’espace. Vive les enfants de l’honnête ! Lire le reste de cet article »
Où il est attesté, par la révolte et le cumul des punitions, que le bagnard anar adopte, face à l’AP et à la vie carcérale une attitude de refus du processus de normalisation à l’institution totale. Vive les enfants de Cayenne ! 9e épisode.
B/ Le comportement et les rapports entretenus avec l’administration pénitentiaire
1/ Face à « une conduite conforme » réglementée
Situant notre travail dans la perspective déjà présentée d’Erving Goffman[1], nous considèrerons le forçat anarchiste comme un réclusionnaire forcé. Face à cette institution pénitentiaire qui est dans une perspective de « conversion » de l’individu, nous dégagerons les oppositions et les résistances qui s’exercent. Nous ferons apparaître ces données grâce aux témoignages des transportés anarchistes. Nous aborderons ici ces techniques de mortification de façon globale, puisque les thèmes dégagés par la suite viendront préciser dans leur spécificité certains aspects de cette question. Lire le reste de cet article »
En un mot, il m’a répugné de me livrer à la prostitution du travail.
Déclaration Pourquoi j’ai cambriolé ?, mars 1905
Figure incontournable de l’anarchisme bordelais, Antoine Antignac fournit deux articles à L’Agitateur en 1897. Celui sur le travail ne dénote guère dans cette feuille libertaire marseillaise. Il s’agit là d’une dialectique classique mais on la retrouve tout au long de la vie d’Alexandre Jacob. Lire le reste de cet article »
La prison … le bagne … l’échafaud ! dira-t-on. Mais que sont ces perspectives en comparaison d’une vie d’abruti, faite de toutes les souffrances.
Alexandre Jacob, Pourquoi j’ai cambriolé ?, mars 1905
Les photographies des îles du Salut que notre ami internaute Eric nous a transmises, nous permettent d’approfondir notre périple sur l’archipel … et de rentrer dans la prison de la prison : le cachot et la réclusion. Les condamnations à la cellule et au cachot peuvent atteindre deux mois ; elles sont prononcées par les commissions disciplinaires de chaque pénitencier. Lire le reste de cet article »
C’est l’action qui consiste à accumuler et qui a pour résultat d’amasser, d’entasser, d’amonceler les richesses. Il y a là un phénomène économique que détermine automatiquement le régime capitaliste. La situation agricole, industrielle, commerciale et financière qui caractérise ce régime a pour conséquence de dépouiller la fraction la plus nombreuse de la population au profit d’une infime minorité. Lire le reste de cet article »
Pierre Aron, n’a strictement rien avoir avec André son homonyme qui a activement participé à la campagne de libération de Jacob en 1925. Eugène Dieudonné nous apprend que le premier fut l’ami d’Albert Londres. Cet entrepreneur dirige la maison Marivaux qui fabrique des articles de décoration intérieure, écoulés entre autre par le magasin Le Printemps. Lire le reste de cet article »