Archives pour le mois de décembre 2025

Aphorisme du bagnard embusqué


mardi 16 décembre 2025 par JMD

Tous les oiseaux ne sont pas des aigles, que diable. Sois supérieure [à toutes] ces mesquineries.

 Lettre à Marie Jacob, 14 janvier 1915

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Aphorisme du bagnard embusqué


lundi 15 décembre 2025 par JMD

N’est-ce pas la plus belle chose, la plus sublime des sensations que de mourir les armes à la main ? Toute question de subjectivisme et de métaphysique à part, ceux-là sont à envier et non à plaindre. Ce qui est triste, ce qui est pitoyable, suprêmement lamentable, c’est ce suicide de tous les instants, c’est cette mort graduelle, goutte à goutte, que l’on nomme vie tranquille, cette vie cénobitique des capucins, des limaces et des forçats.

Lettre à Marie Jacob, 19 novembre 1914

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Aphorisme du bagnard embusqué


dimanche 14 décembre 2025 par JMD

La vie est une guerre. Que l’on combatte pour un mot, pour une idée, pour un drapeau, pour un intérêt prosaïque ou pour un intérêt idéologique, que l’on soit Sancho Pança ou Don Quichotte, il faut toujours donner des coups et en recevoir. Cela est inéluctable, cela ne changera jamais

Lettre à Marie Jacob, 20 octobre 1914

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Aphorisme du bagnard embusqué


samedi 13 décembre 2025 par JMD

Je ne suis pas antimilitariste pour la simple raison qu’il ne peut pas y avoir de société sans défenseurs, un offenseur selon les circonstances ; mais je ne suis pas patriote par cette autre raison que je ne puis l’être, n’ayant pas de patrimoine. Le mot ne me suffit pas ; il me faut encore la chose.

Lettre à Marie Jacob, 20 octobre 1914

NDLR : ici Jacob cherche à éviter la censure de sa lettre par l’AP alors que la 1e guerre mondiale vient de débuter

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Second semestre 1915 : lettres d’un embusqué


samedi 6 décembre 2025 par JMD

La guerre dure depuis un an. Elle affecte la vie du bagnard Jacob ; les conditions de détention deviennent plus dures. Les convois ont cessé et les courriers sont moins nombreux. Seules huit lettres du matricule 34777, toutes codées pour mieux tromper la censure de l’AP, parviennent à sa mère Marie lors du second trimestre 1915. Nous avons mis en ligne dans l’article Nach Berlin ? la missive du 11 septembre adressée au ministre des Colonies. Elle utilise la rumeur d’un envoi de forçats volontaires au front pour mieux condamner la situation faite aux hommes punis.

Le 23 août 1915 parait l’article « Les embusqués des prisons et du bagne » de Jacques Dhur dans Le Journal. Les forçats y deviennent des planqués vivant tranquillement en Guyane alors que les braves et honnêtes poilus crèvent, au fond de leur tranchée, sur les fronts européens : « Et on leur prodigue des douceurs que, dans le peuple, les braves gens ne connaissent plus depuis des mois » ! Mais l’article du journaliste ne fait que reprendre l’idée que l’opinion publique se fait des bagnards.

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