Archives pour le mois de novembre 2013

Malheur à ceux qui restent sourds


Samedi 30 novembre 2013 par JMD

Acte horrible, froid, haineux et sanguinaire pour les uns, initiative terrible d’un désespéré pour les autres, la bombe qui éclate à 16h10, le 09 décembre 1893 au Palais Bourbon suscite l’incompréhension, la peur, la colère mais aussi pour certains l’enthousiasme et l’admiration. « Qu’importent les victimes si le geste est beau ; qu’importent de vagues humanités si par elles s’affirme l’individu » déclame le poète libertaire Laurent Tailhade au cours d’un banquet littéraire. Sacrilège révélateur. C’est à la République que l’on s’est attaqué ! Et, parmi les vagues humanités, une soixantaine de personnes blessées, se trouvent des élus du peuple  considérés comme autant de bouffes-galette par ceux-là même vers qui se pointe un doigt accusateur ! Lire le reste de cet article »

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Un dernier vol ?


Samedi 23 novembre 2013 par JMD

Le 31 décembre 1927, les portes de la prison de Fresnes s’ouvrent pour Alexandre Jacob. Il a retrouvé la liberté. Il a expié ses atteintes à la propriété privé. C’est un survivant du système  bagne, de cette élimination à la française qu’il n’aura de cesse de dénoncer par la suite. Est-il pour autant un repenti ? Un régénéré ? C’est désormais un homme libre de cinquante-six ans que décrit Alexis Danan en 1935 dans l’article « Jean Valjean » pour le magazine Voilà. La faiblesse des sources autorise alors quiconque déborde d’une imagination galopante à dresser le portrait d’un homme brisé, fatigué, ne cherchant que la tranquillité et la sérénité. De la sorte, Jacob devenu Escande et Escande mué en forçat aurait revêtu les habits de Monsieur Madeleine ! Et pourtant, il aurait commis un dernier larcin avant de se faire totalement honnête. Lire le reste de cet article »

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1925 : libérez mon fils


Samedi 16 novembre 2013 par JMD

1925, retour du bagne. Le rapatriement en métropole du matricule 34777 n’est pas seulement dû à un heureux concours de circonstances à la suite de l’effet Albert Londres et d’une critique généralisé de l’institution pénitentiaire coloniale. Jamais Marie Jacob n’a mis en berne l’espérance de voir son rejeton revenir de l’enfer guyanais. Le portrait qu’elle dresse de lui dans les lettres qu’elle adresse depuis le début au ministre de la justice, au ministre des colonies ou encore au président de la République ne varie pas non plus. C’est celui d’une victime de son entourage et de ses fréquentations. Comme à son habitude Marie Jacob utilise un ton larmoyant et c’est toujours « une pauvre vieille mère éplorée », une mère courage, qui supplie le chef de l’état le 17 janvier. Pourtant, la situation a changé et, contrairement aux autres missives, celle-ci est appelée à  une fin plus heureuse. Lire le reste de cet article »

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Jacoboquizz : “Tiens ? Eung païs !”


Dimanche 10 novembre 2013 par JMD

Lorsque Fernand Joseph Désiré Contandin est né à Marseille le 08 mai 1903, Alexandre Jacob croupit depuis un peu plus d’une semaine à la prison d’Abbeville. Le premier acquiert la notoriété dans l’entre-deux-guerre d’abord comme chansonnier en reprenant le répertoire d’Ouvrard et de Polin, puis comme acteur comique. Jacob, lui, croupit aux îles du Salut. Nous ne savons pas quand les deux enfants de Phocée se sont rencontrés malgré les souvenirs de Pierre Valentin Berthier, interviewé par nos soins en 2001: “Il est venu un jour où j’interviewais Fernandel chez moi. Lors des spectacles qui étaient organisés à Issoudun, l’impresario à Fernandel, dont je ne sais le nom, et Fernandel étaient encore dans le bureau de l’appartement quand Jacob est entré tout d’un coup. En rentrant, il s’est trouvé nez à nez avec Fernandel et a dit “Tiens ! Eung païs!”. Avant guerre ? Après guerre ? Ce qui est sûr, c’est que le vieux Marius pose son barnum le samedi, jour de marché à Issoudun. Cela n’a à vrai dire que peu d’importance. Nous ne savons pas non plus ce que les deux hommes ont bien pu se raconter … certainement des histoires d’une ville dont on peut se vanter d’en être.

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Juillet 1881 à Londres


Samedi 9 novembre 2013 par JMD

explosion45 délégués, représentant 56 fédérations et 46 sections ou groupes non fédérés, se réunissent à Londres du 14 au 20 juillet 1881. Si le but premier du congrès visait à la reconstitution de l’AIT ; les compagnons présents, dont un bon contingent de  français finissent par créditer le principe de la propagande par le fait, l’illégalité étant - selon eux - “la seule voie menant à la Révolution”. Le texte que reproduit Le Révolté, en date du 23 juillet, inaugure pour Jean Maitron  - qui affirme faussement la présence d’Emile Pouget à Londres - l’ère des attentats anarchistes en France. Même s’il ne mentionne pas la jouissance immédiate et individuelle des biens dérobés, il constitue aussi une base théorique pour les adeptes de la pince monseigneur. Nombres de brochures et revues donnent alors les recettes explosives de la marmite à renversement ; des pistolets, des poignards et autres outils de propagande sont offerts dans des tombolas anarchistes ; on chante encore le père Lapurge de Constant Marie ou encore la Dynamite de  Martenot[1]. Mais il faut réellement attendre une dizaine d’années pour que le son de l’explosion se fasse réellement entendre dans l’hexagone. Lire le reste de cet article »

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Jacoboquizz


Samedi 2 novembre 2013 par JMD

Le vieux était venu rendre visite à son jeune ami mais Pierre Valentin était occupé. Le jeune localier de La Marseillaise, ex-Journal du département de l’Indre, travaillait pour un ancien torchon collabo désormais feuille communiste. Ce qui amusait beaucoup le cambrioleur en retraite qui s’était fait marchand forain dans le Berry.  Les deux hommes étaient anarchistes. Le jeune et le vieux, s’estimaient et Marius venait souvent manger chez Pierre valentin lorsqu’il posait son barnum lors de la foire d’Issoudun le samedi. Ce jour-là, Pierre Valentin était occupé et quelle ne fut pas la surprise du vieux Marius de se trouver nez à nez devant un gars du pays devenu un Monsieur. Le Spountz avait fait du chemin. Il était en tournée. Marius se tient derrière lui sur la photographie. On ne sait pas ce qu’ils se sont dit, s’ils ont parlé de ce coin de l’hexagone dont on peut se vanter ni même exactement quand la scène a eu lieu.  Ce que l’on sait c’est que toi, camarade jacoblogueur, tu vas te creuser les méninges pour nous dire qui est cet homme qu’a reçu Pierre Valentin Berthier et que l’honnête marchand forain Jacob a eu l’heureuse surprise de trouver chez son ami ? C’est un jacoboquizz. Il y avait longtemps qu’on n’en avait pas proposé un (on profite en réalité du fait qu’Eleuthera n’a pas répondu hélas à nos 10 questions) et, comme d’habitude, il n’y a strictement rien à gagner … Alors ? A vos claviers et on vous donnera la réponse en image dimanche 10 novembre.

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