L’Enfer nîmois du bagne 13
vendredi 7 novembre 2025 par JMD

Le Républicain du Gard
Lundi 3 février 1936
L’Enfer du Bagne
(MÉMOIRES D’UN CONDAMNÉ MILITAIRE)
par Paul ROUSSENQ
(SUITE)
Enfin, le bateau accoste. La foule des libérés se presse sur l’appontement.
Une scène indescriptible, et qui s’avère fantastique, lors de l’arrivée d’un gros cargo, se produit alors.
M. Lavilla, carnet et crayon en mains, est debout sur une caisse, car il est petit de taille. Les libérés l’entourent, le pressent, l’étouffent presque. Il ne reste pas longtemps sur son perchoir. Bousculé et balloté dans tous les sens, cet infortuné ne sait plus où donner de la tête. Tout le monde parle, crie et vocifère à la fois.
Les noms, prénoms ou surnoms des candidats au déchargement fusent de toutes parts :
- François ! M. Lavilla ;
- Bertrand ! M. Lavilla ;
- Dédé ! M. Lavilla !
Ce dernier, inondé de sueur, presque porté en triomphe dans ce remous humain, inscrit des noms sans rien dire. Il doit subir de terribles assauts.
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