Articles taggés avec ‘Jacques Derouard’

Honnête Temps


samedi 4 juin 2016 par JMD

Rares, extrêmement rares sont les feuilles qui ne tombent pas dans le panneau. Rares, extrêmement rares sont les papiers ne versant pas dans le fallacieux amalgame et affirmant haut et fort, comme une vérité journalistique absolue, comme un axiome, un dogme, pour le lecteur à édifier que Maurice Leblanc s’est inspiré d’Alexandre Jacob pour créer son gentleman cambrioleur. Faire table rase d’une réalité objective, la nier avec force de mauvaise foi le cas échéant quand elle devient trop évidente, lui opposer comme argument imparable la chronologie, la lupinose participe de la reconstruction historiographique des deux personnages. Elle est devenue si endémique que nous ne pouvions que saluer les lignes signées Eléonore Sulser et parues le 15 août 2009 dans le Temps. L’article évoque la création en 1905 d’un héros de papier dont la renommée fut telle qu’elle finit par irriter son créateur. Vous pouvez chercher ; vous pouvez vous y reprendre à deux, à trois, à dix fois, à aucun moment vous n’y trouverez une quelconque allusion à l’illégaliste anarchiste jugé à Amiens du 8 au 22 mars 1905. L’argument chronologique s’efface devant la modernité de l’écriture d’un dandy assumant une œuvre de commande. Nous savions l’helvète honnêteté malléable en fonction du volume bancaire, nous constatons qu’elle se niche innocemment dans les colonnes du quotidien suisse édité à Lausanne. Lire le reste de cet article »

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Vingt-six questions à … Jacques Derouard


samedi 7 février 2015 par JMD

En 2004 Arsène Lupin devenait centenaire. Pour l’occasion, le magazine L’Express offrait à ses lecteurs une longue interview de Jacques Derouard, grand spécialiste du gentleman cambrioleur et de son créateur. Si ce physicien, né à Laval en 1953, enseignant chercheur à l’université de Grenoble I, connaît son lupinien sujet sur le bout d’une pince-monseigneur, force est de constater qu’en revanche sa maitrise du fait libertaire n’est pas des plus précises. Pour l’auteur de Maurice Leblanc Arsène Lupin malgrè lui (Séguier, 1993) et du Dictionnaire Arsène Lupin (Encrage / Belles Lettres, 2001), considère par exemple le romancier normand comme un sympathisant anarchiste assez violent à ses débuts avant de devenir plutôt cocardier, si ce n’est franchement nationaliste. Par effet de mimétisme, le voleur de papier suivait le même chemin. Lupin anarchiste ? Il ne dépouillerait en effet selon Derouard que d’arrogants nobliaux ou de vils bourgeois. Mais l’argent volé est-il redistribué ? Bien évidemment, nous pouvons penser cette analyse facile, rapide et simpliste. Pour autant le propos du biographe de Leblanc mérite amplement d’être relayé. D’abord parce qu’il nous éclaire sur la naissance d’un héros littéraire et nous explique la geste lupinienne, ensuite parce qu’il nie la lupinose et donc toute ressemblance même fortuite un honnête cambrioleur, bien réel et pratiquant le vol à des fins révolutionnaire. Lire le reste de cet article »

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