Calendrier Jacob : janvier 2021


Tirer la première de couverture à soi

Une lampe torche qui éclaire anachroniquement dans la nuit la main s’emparant d’une liasse de billets ? Assurément c’est un roman policier ! L’homme a la posture de Fantômas, chapeau haut de forme sur la tête, une canne ou un trousseau de clés dans la main ? C’est bien sûr l’autre cambrioleur, celui de papier, que l’on voit. Et quand le couvre-chef devient chapeau melon, nous nous plongeons aussitôt dans cette si « Belle Époque ». Une chaîne ? Celle de l’oppression, celle du forçat dans son cachot ! Une scène de vol, des souris et un parapluie renversé (brochure de l’office du tourisme de Reuilly, 1993). Une incroyable histoire paradoxalement évoquée par le visage paisible de cet honorable vieillard ? Suggérer et donner l’envie de lecture dès le premier regard. Le choix de l’image, celui de son fond sont primordiaux. Consumérisme oblige, l’éditeur pratique le plus souvent un facile stéréotype et joue avec les lieux communs. Le livre doit se vendre et le contenu de l’ouvrage finit par être révélé à la lumière d’une première de couverture que l’on complète par un titre et un sous-titre pour le moins évocateurs. Cela est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit d’Alexandre Jacob.

Bien sûr, on pourra nous objecter que l’auteur n’est pas vraiment responsable de ce qu’ont pu produire les designers graphiques à partir de ses écrits, si tant est, bien sûr, qu’ils aient été pris en considération. Il peut tout de même agréer ou non le résultat  final. L’Atelier de création libertaire fait volontairement, en 2008, un clin d’œil aux romans noirs de la série éponyme avec fond de la même couleur et un dos jaune ; mais le sous-titre Portrait d’un anarchiste vient rappeler qu’il s’agit d’une étude historique. Si nous pouvons remarquer la sobriété des Écrits de Jacob paru à L’Insomniaque en 1995 puis en 2004, c’est une lupinose galopante qui apparaît en revanche chez d’autres maisons d’éditions. C’est le cas avec le livre de Diego Farina (Bevivino, 2005) ou encore avec les dérivés italiens, espagnols et catalans du titre de Bernard Thomas. Là, le lecteur potentiel pourra tirer sur la couverture car le contenu est fréquemment, au fil des pages, à la mesure d’un contenant recomposant pour de si tristes et commerciales raisons l’image de cet anarchiste sincère que fut cet honnête cambrioleur. Il pourra aussi tirer sur le dos du livre commis par Jacques Colombat en 2012 où Jacob apparaît prénommé Alexandre MARIEUS ou encore sur la 1ère de couverture de la bande dessinée de Matz et Chemineau, Le travailleur de la nuit (Rue de Sèvres, 2016) directement inspirée de la série télévisée anglaise Peaky Blinders !!! Une histoire vraie à l’appui de recherches sérieuses ?

On peut alors honnêtement en douter.

CIRA Marseille 2020 : calendrier Jacob

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