Arsène Ruffin – François Lupinpin


C’est à l’occasion d’un débat à la Bourse du travail d’Amiens que Vincent Bernardet, journaliste à Fakir, fait l’impromptue rencontre de Julien Coupat dans les toilettes du bâtiment. Bien évidemment la narration de la drolatique entrevue n’est qu’un prétexte pour conter aux lecteurs du n°86 du « journal fâché avec tout le monde ou presque » (septembre-novembre 2018) les hilarantes réparties d’un des principaux accusés dans l’affaire dite de Tarnac et qui venait, en avril 2018, d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Paris après des années d’acharnement politico-judiciaire. L’article, en page 26 de la feuille amiénoise devenue nationale depuis 2009, ne manque pas de faire le parallèle avec un autre inculpé célèbre aux répliques tout aussi cinglantes. Placé dans la rubrique « culture », l’auteur a intitulé son papier : Alexandre Marius Coupat ! Nous aurions pu nous réjouir de la renommée picarde de l’honnête cambrioleur. Mais Fakir a cru bon pour l’occasion de ressortir en page 27 une édifiante chronique de son fondateur publiée en 2006.  Un festival d’amalgames et d’erreurs en tout genre s’annonçait dès les premières lignes de ce long texte sur Le véritable Arsène Lupin. Le futur député de la France Insoumise bâtissait à l’époque sa renommée locale sur le sérieux de ses enquêtes politiques et sociales mais hélas pas sur la qualité de ses recherches historiques. François Ruffin a chopé la lupinose.

Le dessin qui accompagne l’article présente un Alexandre Jacob, accompagné d’un probable gendarme et debout sur le banc des accusés du palais de justice d’Amiens. Il est peu ressemblant, trop âgé ; le jeune anarchiste de 26 ans apparait sous les traits d’un homme dans la quarantaine. Il semble regarder le président de la session d’Assises à moins que ce ne soit le public de la salle d’audience ou les jurés. Mais « cet aventurier au grand cœur, arrêté à Abbeville, et qui fut marin, pirate, gardien de phoques, fondeur d’or » a dû avant faire son entrée sous les hourras d’une foule acquise à sa cause. Elle crie son nom dans une ville « devenue le cœur de la subversion » nous dit-on pour introduire le propos. La foule crie donc le nom d’un aventurier. Le trouble s’installe pour nous. S’agit-il d’un aventurier, d’un anarchiste, ou bien des deux à la fois ?

Mais, si l’on peut excuser l’excès de régionalisme si caractéristique des habitants qui sont nés quelque part, nous ne devons pas oublier que le 8 mars 1905 ce furent plutôt des envies de lynchage et des vociférations hostiles qui furent entendus dans la foule regardant passer les fourgons cellulaires amenant les 23 accusés d’un procès appelé dès le départ à faire sensation. C’est vrai la presse est présente en masse mais elle qualifie les Travailleurs de la Nuit plutôt de « bande d’Abbeville », de « bande sinistre », de « 40 voleurs » ou encore de « bande Jacob » pour mieux mettre en avant le principal acteur. Elle oublie au passage, comme l’auteur du papier, qu’il n’y a pas de chef chez les anarchistes.

Il était donc souhaitable dans l’esprit picard du journaliste, qui ne cite aucune source, de marquer une tension politique plutôt que de constater un procès qui sort tellement de l’ordinaire qu’il alimente grandement le sentiment d’insécurité et justifie les mesures de sécurité prises. Amiens est une ville en état de siège ; pandores et militaires veillent sur la sérénité des débats aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du palais d’injustice. Car le procès d’Amiens est d’abord celui d’un fait divers extraordinaire où l’on minimise les aspects idéologiques des accusés, du principal accusé : « On n’est pas anarchiste quand on s’appelle Marius, qu’on a dans la voix, dans l’allure, dans le geste, la gaité méridionale et un besoin débordant de rigolade », écrit Henri Varennes dans le Figaro en date du 15 mars 1905.

Mais l’équipe de Germinal, Jules Lemaire en tête, fait monter la pression et défend becs et ongles les illégalistes qui risquent le bagne ou l’échafaud pour les plus compromis. Bien sûr, Jacob fait son show et de fort belle manière. Les réparties, quelque peu arrangées, que l’on peut lire dans l’article, sont là pour le prouver. Ruffin avait le choix des nombreuses piques lancées à la face ahurie d’un jury populaire sanctionnant l’association de malfaiteur, les atteintes perpétrées à la propriété, le recel, l’homicide et la tentative d’homicide. Reste alors l’opinion publique qui, encore une fois, n’est pas forcément acquise aux 23 prévenus d’Amiens quoi qu’en dise l’Insoumis Ruffin inventant même une émeute populaire et une charge de police à l’annonce du verdict prononcé le 22 mars 1905.

Il est pourtant vrai qu’elle se retourne à la faveur d’une active propagande menée par la feuille anarchiste locale dès sa création début décembre 1904. Et pour cause, le journal est financé pour partie par les illégales recettes de l’entreprise de démolition mise au point par l’honnête cambrioleur Jacob ! La foule n’est plus hostile à la fin du procès, elle ne manifeste pas pour autant un indéfectible soutien. De la curiosité plus que de l’intérêt politique à la cause révolutionnaire. La police remarque même la baisse d’affluence à partir du moment où Jacob et quelques autres sont expulsés de la salle d’audience. Les rapports du brigadier Doyen pour le chef de la Sûreté parisienne Hamard, les comptes rendus de la presse locale et nationale abondent tous dans ce sens. Il n’en demeure pas moins que les animateurs de Germinal sont réellement agissants et entreprenants. Tellement audacieux et de gauche, qu’il fait bien de s’y référer. Fakir devenant à côté du Paris-Match nous dit Ruffin ! Au regard des prises de position actuelle de son fondateur et de son parti la comparaison nous parait légère ; elle pourrait être poussée plus à droite. Nous lui rappellerons que Germinal non seulement soutient Jacob et les Travailleurs de la Nuit mais fait aussi profession de foi illégaliste en publiant in extenso la déclaration Pourquoi J’ai cambriolé ? dans son numéro 11 en mars 1905. Le journal publie aussi les appels au meurtre politique de Pélissard dans sa chanson La Diane du Proléaire, les propos enflammés de Libertad, etc. N’a-t-on entendu l’auteur de Merci Patron demander le pillage de l’entreprise et des biens mal acquis de Bernard Arnault ?

Revenons à Germinal qui organiserait conférence sur conférence, meeting sur meeting, faisant donc d’Amiens « le cœur de la subversion ». Pour l’heure, nous ne connaissons que la conférence donnée par Sébastien Faure le 11 février 1905 ; elle donne lieu à une manifestation qui dégénère devant la prison où sont détenus Jacob et ses amis. L’incident fait du bruit dans le landernau picard et est relaté dans le n°8 de Germinal qui intensifie ses actions à l’approche du procès des camarades anarchistes ; l’agit-prop est effectivement à son comble du 8 au 22 mars. Le journal aurait même envoyé des menaces aux jurés qui allaient juger les Travailleurs de la Nuit. Dans la réalité, ce sont deux lettres anonymes signées d’un obscur Comité Anarchiste International qui provoquent la stupeur. Rien ne vient prouver que l’équipe de Germinal en est l’auteur. Toujours est-il que le pouvoir prendrait tellement peur que, sur l’initiative du procureur, le président des assises fait expulser mi-procès Jacob qui « a transformé le tribunal en tribune ». C’est bien, ça montre l’impertinence, la faconde et la puissance rhétorique de l’accusé mais c’est faux. L’expulsion de l’illégaliste et de quelques-uns de ses compagnons intervient au bout de la sixième audience après un incident entre le président Wehekind et les avocats parisiens de la défense qui s’indignaient qu’on ne leur rendent pas les égards dus à leurs fonctions. Rien ne vient prouver le fantasme complotiste décrit par François Ruffin. Il fallait faire taire le principal accusé qui a déclamé son illégalisme « au troisième Jour, durant plus d’une demi-heure (…) d’une voix grave et chaleureuse ». C’est bien, ça montre l’impertinence, la faconde et la puissance rhétorique de l’accusé mais c’est faux. La déclaration Pourquoi j’ai cambriolé ? n’a jamais été dite lors de la troisième audience des assises d’Amiens ; elle n’a jamais été dite puisque Jacob a été expulsé lors de la sixième audience. Elle est en revanche publiée en Une dans Germinal !

Donc, si nous résumons la chose, Jacob fait son show, Germinal fait monter la pression et le verdict prévisible tombe le 22 mars : « les travaux forcés à perpétuité pour le chef, et des peines moins lourdes pour ses compères. ». C’est bien, ça met en valeur le héros, le chef … mais c’est faux. A l’issue du procès d’Amiens, sept des vingt-trois prévenus sont acquittés mais la cour prononce aussi neuf condamnations aux travaux forcés (dont deux à la perpétuité) et à la relégation. Où sont les peines moins lourdes pour les vingt-deux autres accusés ? Le héros Jacob ne sera donc pas le seul à aller casser des cailloux à Cayenne même si à Fakir on ne sait visiblement pas que les anarchistes et les vedettes des cours d’assises sont envoyés aux îles du Salut. On ne sait visiblement pas non plus compter puisque que l’honnête fagot pose le pied sur l’île Royale en janvier 1906 pour n’en partir que dix-neuf ans plus tard. Et dans ce faux quart de siècle, le matricule 34777 aurait par dix-sept fois tenté d’embrasser la Belle. L’accumulation d’erreurs finalement pose la question de la source utilisée pour pondre un si joli catalogue de vérités arrangées. En 2006, il n’existe que trois biographies de Jacob : celle d’Alain Sergent (1950), celle de William Caruchet (1993) et surtout celle de Bernard Thomas, journaliste au Canard Enchaîné qui écrit son Jacob en 1970 puis ses Vies d’Alexandre Jacob en 1998. Dans les deux cas, c’est peu ou prou le même texte … si ce n’est quelques changements de titres. Ainsi apprend-on dans la deuxième version, celle qu’a dû lire François Ruffin, sur la 1e de couverture que Jacob fut « mousse, pirate, gardien de phoques, fondeur d’or … » (tiens tiens tiens). Le livre contient aussi tout un chapitre sur le « quart de siècle aux îles du Salut » passé par Jacob (tiens tiens tiens) et présente bien évidemment dix-sept tentatives d’évasion (tiens tiens tiens). Nous savons donc d’où viennent les fantastiques informations distillées dans cet article qui pour terminer ne peut s’empêcher d’affirmer sans preuve la présence du romancier et chroniqueur mondain Maurice Leblanc dans le public présent à Amiens. La boucle est bouclée et Alexandre Jacob peut revêtir les habits de lumière du gentleman cambrioleur. Mais alors comment expliquer à François Ruffin que le dit chroniqueur mondain et dandy notoire ne prenne pas la peine de se déplacer dans une bourgade picarde jugée certainement sauvage et trop septentrionale ? Comment lui dire que Leblanc n’est pas chroniqueur judiciaire et que les articles de Gil Blas relatant le procès des Travailleurs de la Nuit sont anonymes. Peut-être en lui conseillant d’aller les consulter sur Gallica, le site internet de la BNF ?

François Ruffin a de l’admiration, ou fait mine d’avoir de l’admiration pour l’honnête cambrioleur mais, diantre, pourquoi le voir comme un héros littéraire quand la réalité politique du fait jacobien dépasse largement toutes ses espérances d’un futur insoumis ? Est-ce pour cette raison qu’il émet l’idée d’une rue Jacob à Amiens, voire d’une impasse ? L’idée sera reprise par Michel Onfray trois ans plus tard, dans les colonnes de Siné Hebdo le 9 septembre 2009. Pour l’impasse, c’était déjà fait depuis un an à Reuilly et le symbolisme de la chose a de quoi nous interpeler sur les finalités d’un tel vœu ? Le 21 septembre 2017, François Ruffin, en meeting au Havre, refuse catégoriquement de soutenir la famille d’Adama Traoré, mort le 19 juillet de l’année précédente à la gendarmerie de Persan. Le journaliste devenu député Insoumis à deux balles invoque son manque de conviction et d’informations face à ce qui est de tout évidence un homicide, un meurtre dont l’appareil politico-judiciaire tente par tous les moyens d’étouffer le scandale. Il déclare même pour tenter de se justifier : « En toute matière je mène l’enquête d’abord ». Le cas d’Alexandre Jacob, élevé au rang d’Arsène Lupin, montre tout à fait le contraire.

 

 

Fakir

N°86, septembre-novembre 2018, p.27

Le véritable Arsène Lupin

« Vive Jacob ! Vive la révolution !

Vive l’anarchie ! »

Devant le palais de justice, des cris saluent l’arrivée des voitures à chevaux. Enchaînés, les prisonniers descendent des carrioles et entonnent une Carmagnole : « Ah ça ira ça ira ça ira, les aristocrates à la lanterne » que le public reprend en chœur.

C’est que ce mercredi 8 mars 1905 s’ouvre, devant la Cour d’assises de la Somme, un procès prodigieux, qui rassemble toute la grande presse – Le Figaro, Le Temps, L’aurore, etc. : celui d’Alexandre Marius Jacob et de ses « travailleurs de la nuit », eux qui comptent plus de cent cinquante cambriolages à leur actif, eux qui volent aux riches tantôt pour redonner aux pauvres tantôt pour financer les feuilles anarchistes.

En cet hiver, Amiens est devenu le cœur de la subversion. Depuis novembre dernier, déjà, un brûlot parait. Germinal – tellement incendiaire qu’à côté Ch Fakir, c’est du Paris Match : « Les innombrables victimes des curés, des traîneurs de sabre, des jugeurs, des policiers, des patrons, annonce l’éditorial du numéro 1, pourront faire entendre leur cri de révolte sans crainte d étre dévoilés. Nous avons assez d’énergie révolutionnaire pour endosser toutes les responsabilités devant les lois que nous méprisons souverainement. » Les conférences d’orateurs libertaires se succèdent, attirent Jusqu’à des milliers de personnes, s’achèvent parfois en des manifestations où L’Internationale résonne rue des Trois Cailloux, avec des échauffourées, des blessés, des heurts devant la prison. Voilà pourquoi, aujourd’hui, trois compagnies de chasseurs à pied et tous les effectifs de gendarmerie quadrillent le centre-ville : côté autorités, on redoute l’émeute.

Travailleur de la nuit

« Levez-vous, ordonne le président à l’accusé.

  • Vous êtes bien assis, vous ! réplique Jacob, du haut de ses vingt-cinq ans.
  • Et puis, enlevez votre chapeau quand vous me parlez !
  • Vous êtes bien couvert !
  • Vous êtes ici pour être jugé. Vous devez vous conformer aux usages et observer plus de tenue !
  • Ceci est une mascarade ! Une parodie de justice ! J’aurais des égards envers vous quand vous en aurez envers les travailleurs ! »

Une étrange épidémie, de toute façon, a ravagé les rangs des jurés : c’est que l’équipe de Germinal leur a adressé des lettres menaçantes. Nombre d’entre eux se font donc porter pâles, certificat de médecin à l’appui.

« Quelle est votre profession ?

  • Entrepreneur de démolition.
  • Où demeurez-vous ?
  • Un peu partout dans le monde.
  • De nombreux indicateurs ont dû vous aider ?
  • Vous parlez comme un magistrat. Si vous étiez cambrioleur, vous sauriez que nous n’avons besoin de personne. Quand j’arrive dans une ville, si je vois des cheminées d’usine, je me dis : il y a là du populo qui travaille. Mais quand je vois des habitations bourgeoises qui sont fermées, je n’ai pas besoin de renseignements supplémentaires.

Tribune au tribunal

Une semaine durant, les audiences retracent les méfaits (ou les exploits, selon le point de vue) de cet aventurier au grand cœur, arrêté à Abbeville, et qui fut marin, pirate, gardien de phoques, fondeur d’or. L’homme ne se défend pas, il attaque. Ainsi lorsqu’on lui reproche – parmi une centaine d’autres – un cambriolage chez M. de La Rivière, à Amiens :

« Monsieur le Présidant peut-il préciser où se trouvaient los plaignants lorsque je me suis introduit cher eux ?

« Pourquoi alliez-vous cambrioler en province ?

  • Je faisais de la décentralisation. »
  • Ils étalent à la campagne.
  • Ah ? Ils ont deux châteaux ? Ce ne sont donc pas dos malheureux ! De quoi viennent-ils se plaindre ?

Ou encore :

« Pourquoi avoir volé ce diplôme de docteur en droit ?

  • C’est que je préparais ma défense ! »

Pas un interrogatoire sans un pique :

« Pourquoi alliez-vous cambrioler en province ?

  • Je faisais de la décentralisation. »

Même la presse bourgeoise tombe quasiment sous le charme : « il ironise, plaisante, parfois pas sottement, concède L’Illustration, jamais à court de réparties, parfaitement indifférent, semble-t-il, aux conséquences de ses actes. » Et chaque matin, à l’arrivée des inculpés, une foule toujours plus dense et plus amicale se presse. Tant qu’il bravait la police, il faisait peur à l’opinion. Menotté, voilà qu’on l’applaudit. Et le public commence à entrevoir le sens de son action. Car Alexandre Jacob a transformé le tribunal en tribune, d’où il promeut son idée : l’anarchie.

Au troisième Jour, durant plus d’une demi-heure, il lit d’une voix grave et chaleureuse sa profession de foi, voleur et fier de l’être, et les spectateurs sont ahuris. La presse n’en revient pas : « Ce n’est pas la société, représentée par les magistrats et les jurés, qui juge Jacob, remarque L’Aurore, c’est le chef des voleurs Jacob qui fait le procès de la société. En vérité, il conduit l’affaire. »

« Vive l’anarchie ! »

Sa popularité grandit tant qu’elle trouble l’ordre public amiénois – et au-delà. L’Etat s’en inquiète, mais comment agir ? Rien de plus simple : à mi- procès, le procureur réclame « l’expulsions des accusés », une faveur que le président lui accorde volontiers. Voilà qui, pour condamner, facilite la tâche. Et même le verdict sera rendu en l’absence de Jacob : les travaux forcés à perpétuité pour le chef, et des peines moins lourdes pour ses compères.

A l’annonce du délibéré, une foule immense se tient devant le palais. Soudain, les chasseurs à cheval sortent de leur caserne. Trois pelotons d’infanterie, des gendarmes et une nuée d’agents de police se joignent à eux et chargent. Des cris jaillissent de partout, « Vive Jacob ! Vive l’anarchie ! » Une manifestation s’organise, compacte, un millier de personnes qui descendent la rue des Trois Cailloux, jusqu’à la Hôtois, jusqu’à Saint Roch – où un meeting spontané se tient devant le siège de Germinal. A l’intérieur de sa boutique, le cordonnier Jules Lemaire et ses camarades achèvent une édition spéciale :

« Les grains que vous avez semés,

O bourgeois, vont sortir de terre,

La haine, cette fleur du mal,

Germe vivace en nos entrailles.

Il en jaillira ce qu’il pourra !

Hardi les gâs ! C’est Germinal

Qui fera pousser les semailles ! »

En cet instant, Alexandre Marius Jacob

Roule déjà vers ses nouvelles prisons, Orléans, puis La Rochelle et enfin Cayenne. Il ne sait pas encore qu’il restera un quart de siècle en Guyane, qu’il tentera de s’évader dix-sept fois, qu’il en sortira finalement vivant et libre, et grand. Il ne sait pas non plus que, trois mois plus tard, Maurice Leblanc – qui était l’envoyé spécial du quotidien Gil Blas au procès – fera apparaître le premier épisode d’Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur.

Alors, comment expliquer que ce « roman vrai » à lui tout seul ne possède même pas un nom de roue, ou d’impasse à Amiens ? Qu’une pétition circule et qu’on débaptise, d’urgence, le square Jules Bocquet… celui devant le tribunal !

F.R.

 

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2 commentaires pour “Arsène Ruffin – François Lupinpin”

  1. Clement Duval dit :

    Excellente mise au point sur la fumeuse lupinose dont fait preuve ce politicien.

  2. JMD dit :

    Le plus aberrant c’est quand il balance à la famille Traoré vouloir enquêter sur la mort d’Adama avant de se prononcer alors que pour l’honnête Jacob, il verse dans la lupinose sans aller chercher de sources !

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