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L’insoumission incarcérée
Non-violence actualité n° 207, novembre 1996

L’insoumission incarcérée

Cet ouvrage collectif réunit les témoignages de sept insoumis espagnols au service militaire et au service civil de remplacement. Publié en France par les Ateliers de Création Libertaire, il a été mis en forme par Carlos M. Beristain, lui même insoumis espagnol, ayant bénéficié d’une amnistie générale avant 1989 et l’application de la loi sur l’objection de conscience.
Femando Egido, Quique Martinez et les autres nous parlent ici de leurs conditions de détention dans un pays, l’Espagne, qui compte aujourd’hui 3000 insoumis (150 à200 sont incarcérés) et des dizaines de milliers d’objecteurs effectuant un service civil (30% des appelés). Pour mieux comprendre le pourquoi du comment de cette situation un retour en arrière s’impose. Novembre 1975, Franco meurt emportant dans sa tombe la dictature. L’attentisme du nouveau régime, qui hésite à accorder un statut aux objecteurs, créé un terreau favorable à la propagation de l’antimilitarisme au sein d’une partie de la jeunesse. Le Mouvement des Objecteurs de Conscience, fondé en 1977, est très vite partisan de l’insoumission. Peu à peu les insoumis tissent un puissant réseau de relations et de soutiens au sein même de la population, dans les syndicats, les partis politiques, les mouvements nationalistes basques et catalans... En 1984 la loi sur l’objection est votée. Appliquée seulement en 1989, elle permet à l’Etat de « régulariser » la situation de milliers d’objecteurs mais elle ne remet pas en cause le mouvement d’insoumission. La répression à l’égard des insoumis se fait plus dure. En 1995, 150 insoumis étaient derrière les barreaux et des milliers d’autres attendaient un jugement ou une décision des tribunaux.
Dans les prisons le quotidien des insoumis se confond avec celui des droits commun. Lorsqu’un insoumis entre dans l’univers carcéral, un temps d’adaptation est nécessaire. Mais rapidement des liens se tissent avec les autres prisonniers. Comme le montre les témoignages de ce livre, les insoumis incarcérés ne dénoncent plus seulement l’obligation de service mais également l’univers carcéral. Aujourd’hui, bénéficiant toujours d’un courant de sympathie important dans la population, les insoumis, incarcérés ou non, remettent en cause tout espèce d’autoritarisme de la part de l’Etat espagnol.

Jean François Rivière


Non-violence actualité n° 207, novembre 1996