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Le Trésor des méchancetés
LE MONDE LIBERTAIRE n° 1362 - du 3 au 9 juin 2004

Le Monde libertaire du 3 au 9 juin 2004

Trésors de la lettre, des mots et du verbe

QUANT AU TRÉSOR DES MÉCHANCETÉS, c’est la réédition des quatre petits volumes édités à l’ACL par Jean-Manuel Traimond : Réédition revue et augmentée. Boulimique lecteur, J.-M.T. collecte soigneusement sur son ordinateur tout trait qui fait mouche, tout propos original et dérangeant. Car « il faut dire ce qu’il ne faut pas dire ». Marcel. Duchamp. Et le répéter...

Se veut-il vraiment méchant Jean-Manuel avec sa « boîte à outils », sa « poche à venin », son « coffret à poisons » ? Sans doute non, mais il s’attaque à la religion, à l’État, à l’économie capitaliste, au sexisme, à la police et à l’armée, à la prétendue justice, aux médias et à la culture officielle, et j’en oublie...
Si l’humour prédomine (M.-Chr. Enckell : « Mon dieu ! la révolution arrive et je ’suis encore en peignoir ! », certains textes plus longs brillent par leur beauté et leur intelligence comme ceux de Swift, des situationnistes, d’Alexandre Jacob, etc.)
Lisez bien sur l’affiche : « L’avenir’ de l’homme n’est plus ce qu’elle était. »
Un graffiti : « Le pouvoir est au bout du fusil. Le fusil est au bout du pouvoir. » Un auto-collant tout aussi non violent : « Si la guerre est la réponse, c’est que la question est idiote. »
Et Dieu dans tout ça ? Laplace, astronome : « Dieu ? Je n’ai pas besoin de cette hypothèse. » Graffiti : « Dieu est mort. De honte. » Diderot : « Le dieu des chrétiens est un père qui fait grand cas de ses pommes et fort peu de ses enfants. »
Stendhal écrit lui que « le meilleur régime politique est la monarchie absolue tempérée par l’assassinat ».
Une affiche suisse nous avertit : « Dimanche : votation. Lundi : à l’usine. » Et le journal Anarkisttiske Brudstykker déclare que « ceux qui donnent leur voix n’ont plus rien à dire ».
Sur un tract : « Les pauvres ont de la glace en hiver et les riches en été », et A. Rassim pense « qu’un pauvre est comme une aiguille, qui habille les gens, et pourtant reste nue ».
Toujours en Suisse, une affiche prévient poétiquement : « Attention à la fermeture automatique des paupières ! », tandis que A. Bloch nous informe sobrement que « plus le futur est lointain, plus il est beau ».
On savait que « ceux qui savent terminer une révolution se trouvent toujours au premier plan pour l’expliquer à ceux qui l’ont faite » ; mais, quand c’est R. Vaneigem qui l’écrit, on comprend mieux.

Ces deux ouvrages ont l’avantage de pou-voir être lu dans n’importe quel sens, à partir de n’importe quelle page, et chaque passage ne demande que le temps perdu entre deux stations de métro ou d’une montée d’ascenseur. Car « la vie est courte, mais on s’ennuie quand même », affirme un certain J. Renard.

André Bernard