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Pierre Ansart & l’anarchisme proudhonien
A CONTRETEMPS n° 21

Pour inaugurer sa nouvelle collection d’entretiens - « Chemins de l’imaginaire politique et social » -, l’Atelier de création libertaire de Lyon a eu l’excellente idée de s’adresser à Pierre Ansart, dont les travaux sur Proudhon sont référence incontournable.

Face à Alain Pessin et Mimmo Pucciarelli, le sociologue se prête au jeu de la mémoire - intime et publique, comme l’établit la règle de cette collection - et nous restitue l’itinéraire qui l’a conduit à s’intéresser à Proudhon et à l’anarchisme.
Histoire d’enfance et de famille, c’est sur un ton chaleureux que P. Ansart, né en 1922, raconte le défilement des jours dans sa maison de Corbeil. Jusqu’à l’irruption de la guerre, cette « expérience incontestable de la domination contre laquelle la résistance s’impose comme une évidence naturelle ». A l’en croire, c’est de là que tout partira pour l’étudiant en philosophie qu’il était, celui-là même qui traçait des « V » sur les murs de Corbeil dans l’espoir de narguer l’occupant.

Pour arriver à Proudhon, il lui faudra passer par Marx. Qui était donc cet « utopiste » ignorant du socialisme scientifique que dénonçait l’auteur du Capital ? Il alla voir et jugea sur pièce. Une révélation. Nommé professeur de philosophie au lycée Albert-Sarrault de Hanoï, en 1950, il restera huit ans au Vietnam, avant de rentrer en France pour s’y consacrer à sa thèse, avec l’idée désormais bien ancrée de « confronter l’œuvre de Marx et l’œuvre de Proudhon, hors de toute polémique partisane, le plus précisément et le plus honnêtement possible ». Cette thèse - Marx et l’anarchisme - sera soutenue dix ans plus tard, en 1969, et précédée, deux ans plus tôt, de la publication d’une Sociologie de Proudhon, qui connaîtra un certain succès de diffusion en 1968.

Maurice Halbwachs, Georges Gurvitch, le soutien aux insurgés algériens, Mai 68... Figures estimées et moments « effervescents » que revisite, dans cette passionnante conversation, un Pierre Ansart très proche de l’ « anarchie positive » de Proudhon et - ce qui ne gâte rien - très modeste sur ses propres mérites.

F. G.