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Ma chandelle est vive, je n’ai pas de dieu
Union pacifiste n° 468, avril 2009

Ma chandelle est vive, je n’ai pas de dieu

L’atelier de création libertaire a publié un extraordinaire ouvrage d’André Bernard, qui explore les voies pénétrables du bonheur et transcende, de ce fait, la grisaille quotidienne où prétendent nous emprisonner les profiteurs de guerre.
Voilà du beau matériau pour construire chacun sa révolution, en rompant avec sa servitude volontaire.

André Bernard fait partie de ces insoumis à vie, dont la créativité et l’empathie font crever les bulles de la pseudo- réalité : dans ce livre, il touche, avec ses papiers collés, poèmes et petits textes, à la vraie source de la liberté, sans totem ni tabous.
Objecteur à la guerre d’Algérie, il développe depuis toujours les techniques de résistance non violentes : l’art, mais oui, l’armée non !
Animateur historique de la superbe revue libertaire Réfractions, il sait établir des passerelles ludiques entre les préjugés et le savoir-vivre, apporter l’émancipation par le surréalisme et faire souffler la joie dans des bouffées artistiques surprenantes, qui feront rougir de plaisir jusqu’aux plus coincés de nos contemporains.
Il commença ses collages à quarante ans, vers 1978, lors d’un conflit du travail très dur entre le syndicat du Livre et un richissime patron propriétaire d’un journal : une façon un peu particulière d’ouvrir les fenêtres de sa maison inconsciente et de nous faire partager, sans censure ni prétention, des images de rêves.
La générosité, le don, le rire, en un mot le Potlatch : boissons, nourritures, œuvres, anagrammes, tout concourt à faire partager sans façon la concordance totale entre les idées et les actes, à trancher et à rompre avec la vulgarité de notre époque. Belle réaction contre tout ce qui emprisonne l’expression sous des clefs à huit tours dans de tristes huis clos !
L’un dans l’autre, tout est dit, la morale religieuse éclate. L’ordre répressif et militaire n’existe plus que dans les cauchemars des officiers. Les orifices sont débouchés par la concrétisation de nos rêves pacifistes, enfin, nous marchons entre les sources noires.
L’utopie se matérialise grâce au jeu passionnant de ces alchimistes, qui ont enquêté jusqu’à plus soif sur notre morphologie mentale.
Autoportrait magique L’écoute s’il parle (1995) plonge dans la carte du tendre et nous fait remonter sous les jupes de Flora Tristan !
La culture libertaire ouvre la voie et donne de la voix. Si les minutes nous sont comptées (les œufs sont-ils cuits ?), d’étranges papillons viennent troubler les cœurs féminins tournés vers l’avenir.
Le temps des cerises est là. Les querelles ne sont plus de mise, pas plus que le calvaire des filles ! Balancez donc vos cannes blanches et entrez détendus dans le bal antimilitariste, avant d’avoir à moucher votre chandelle.

René Burget