Lorraine Lupinose Normande


La Manche Libre, hebdomadaire bas normand d’information générale, diffuse sur Cherbourg, Saint Lo, Coutance, Grandville, Avranches, etc. Positionnée clairement à droite, appelant à voter Sarkozy en 2007 puis en 2012, la feuille tire à soixante – soixante-dix mille exemplaires (chiffres de 2017). Il faut donc pouvoir toute les semaines édifier son lectorat amateur de claquos au lait cru et de cidre fermier. Madame Michu vient de nous quitter à Besneville ; Monsieur Michu a fini dans le fossé avec trois gramme dans le sang à Varenguebec; le chien des époux Michu a mordu le facteur à Orglandes… Alexandre Jacob a visité la demeure de l’amiral Aubry de La Noë à Cherbourg en décembre 1902.

Et, quand vient l’été, qui ici ressemble à l’automne, au printemps ou à l’hiver, le ton pluvieux de la journaliste régionale d’investigation peut se faire plus léger et ses écrits passer la frontière de la culture locale pour nous narrer d’extraordinaires histoires, pour faire oublier aux petits-enfants de vikings qu’il ne faut pas mettre son drakkar dehors. Laurène Trillard nous parle donc du gentleman cambrioleur le 16 juillet 2021.

Nous croyions honnêtement en apprendre sur des cambriolages commis par les Travailleurs de La Nuit dans le Cotentin. Et vous savez-quoi ?… Elle aurait dû amplement méditer le propos de de feu le philosophe-journaliste sportif Mabada Diouf, dont elle a fait sa devise dans le blog qu’elle n’entretient plus depuis plus d’un an : « j’ai toujours constaté l’évidence que le talent se travaille ». Et, si Laurène ne remportera pas cette année le prix Albert Londres, le Jacoblog veut bien en revanche lui décerner une palme d’honneur pour cette synthèse de quinze lignes tout en lupinose.

Mais Laurène s’appuie sur de prétendus travaux de « spécialistes » non mentionnés pour affirmer le rigolard et fallacieux amalgame qui serait avéré « en cherchant bien ». Devons-nous conclure qu’au Jacobog, comme chez Jacques Derrouard (spécialiste de Maurice Leblanc) nous cherchons mal ? Passons et retenons comme l’indique la phrase sous l’illustration montrant Lupin signant son forfait sur un tableau noir que : « Le héros Arsène Lupin a quelques traits de ressemblance avec un certain Marius Jacob, figure d’anarchiste du début du XXe siècle. »

Mais la chercheuse localière prénomme Marius le voleur de génie alors que Jacob ne prend ce prénom que quand il se fait marchand-forain en 1931-32 soit une trentaine d’années après son arrestation. Rappelons à Lorraine de Basse Normandie qu’Alexandre Jacob fait graver Marius sur son barnum parce qu’ « Alexandre » revenait plus cher ! La lettre que Jacob écrit aux époux Passas au début des années 1950 et qui est conservée au CIRA Marseille vient le prouver. Il suffisait de bien chercher pour savoir la chose. Passons encore.

Le papier de Lolo du Cotentin est comme un feu d’artifice concentré. Le bouquet final est une apothéose : le cambrioleur anarchiste, donc sans dieu ni maître, « impose ses règles » ! Heûûû là ! Nom di Diou !  Ce n’est plus un papier, c’est un florilège ! Feu Mabada Diouf avait peut-être raison et il y a encore du boulot pour la petite du 50. Avec un bon cidre doux made in Normandie, elle devrait y arriver comme disaient Stone et Charden, deux bons chercheurs, spécialistes de la région en 1973.

 

La Manche Libre

16 juillet 2021

Par Laurène Trillard

Histoire. Arsène Lupin a-t-il vraiment existé ?

Histoire. Même s’il le nie, Maurice Leblanc, créateur du personnage de fiction du gentleman cambrioleur, pourrait s’être inspiré d’un vrai hors-la-loi.

Vous connaissez sûrement Arsène Lupin, gentleman cambrioleur dont certaines des péripéties se déroulent en Normandie, à Etretat. Mais ce personnage de fiction a-t-il vraiment existé ? Les spécialistes sont encore divisés sur la question. Son créateur, Maurice Leblanc, mort en 1941, a toujours gardé secrètes ses inspirations et s’est même défendu d’avoir copié un réel hors-la-loi. Pourtant, en cherchant bien, il semblerait qu’un certain Marius Jacob, né à Marseille en 1879, ait pu avoir une certaine influence. A 20 ans, il commence sa carrière en se faisant passer pour un inspecteur de police et vole plus de 400 000 francs ! En prison, il s’évade. Il crée ensuite son entreprise de cambrioleurs, « les travailleurs de la nuit », dans laquelle il impose des règles, comme éviter de verser du sang pour voler. Ce cambrioleur change régulièrement d’identité et enchaîne des centaines de cambriolages. Après avoir échappé à la guillotine et avoir arrêté son métier, il se suicide finalement en 1954.

 

 

 

 

 

 

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