{"id":935,"date":"2009-09-19T04:52:39","date_gmt":"2009-09-19T02:52:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=935"},"modified":"2009-09-19T04:52:39","modified_gmt":"2009-09-19T02:52:39","slug":"roussenq-linco","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/09\/roussenq-linco\/","title":{"rendered":"Roussenq l&rsquo;inco"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/paul-roussenq-apres-sa-liberation.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-436\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/paul-roussenq-apres-sa-liberation.jpg\" alt=\"Paul Roussenq apr\u00e8s sa lib\u00e9ration\" width=\"195\" height=\"175\" \/><\/a>Gare aux faux pas\u00a0! <\/span><span style=\"Times New Roman;\">Effet papillon ou th\u00e9orie des dominos peu importe. Un fatal battement d\u2019ailes ou un malencontreux \u00e9cart qui fait basculer une des pi\u00e8ces du jeu. L\u2019effet papillon \u00e0 la mode Roussenq, c\u2019est un quignon de pain. Oui, un simple bout de pain dur peut vous pourrir la vie\u00a0! Le jeune plouc du Midi aurait du le savoir. Foutu caract\u00e8re\u00a0! L\u2019Inco est n\u00e9 le 18 septembre 1885. La vigne a ses prolos \u00e0 Saint Gilles du Gard. Les Roussenq en font partie.<!--more-->\u00a0Henri, le p\u00e8re, manouvrier de son \u00e9tat, est rarement \u00e0 la maison. C\u2019est Madeleine, la m\u00e8re, qui s\u2019occupe de l\u2019\u00e9ducation du rejeton ch\u00e9ri. Fils unique. Le petit ne peut \u00eatre que ch\u00e9ri. Normal. Logique aussi, le gamin lit et se politise tr\u00e8s t\u00f4t dans une terre de conflits et d\u2019activisme anarchiste. Paul Roussenq, remuant sur les bancs de la toute aussi jeune Ecole r\u00e9publicaine, retient facilement en revanche les le\u00e7ons des journaux libertaires. Il lit la <em>G\u00e9ographie Universelle<\/em><span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>de Reclus. Paul Roussenq n\u2019aime pas, ne supporte pas, refuse l\u2019Injustice. Visc\u00e9ral comportement qui ne le quittera jamais. Rapports houleux, tendus avec le P\u00e8re. Brouille. Claquement de porte. Une seule fois suffit. 1901\u00a0: il quitte le foyer familial et s\u2019en va sur les chemins comme dans les chansons de Gaston Cout\u00e9. Le domino est pr\u00eat \u00e0 tomber. Roussenq sugg\u00e8re le fait en 1923 \u00e0 Albert Londres venu le visiter dans son cachot de l\u2019\u00eele Saint Joseph\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je ne puis pas croire que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 un petit enfant. Il doit se passer des choses extraordinaires qui vous \u00e9chappent. Un bagnard ne peut pas avoir \u00e9t\u00e9 un petit enfant<\/em>\u00a0\u00bb. Bonheur perdu et oubli\u00e9 de la culotte courte. Et pourtant c\u2019est encore un gamin de 16 ans que la justice d\u2019Aix condamne pour la premi\u00e8re fois \u00e0 six mois de prison avec sursis le 6 septembre 1901. Ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but. Le domino vacille. De plus en plus. La fiche du lib\u00e9r\u00e9 Roussenq, astreint \u00e0 la r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle en Guyane, \u00e9tablie en 1930 pour la commission des recours en gr\u00e2ce, met \u00e0 jour l\u2019encha\u00eenement des passages devant les tribunaux\u00a0: \u00ab\u00a0<em>En 1901 et 1903, 3 condamnations civiles pour vol, vagabondage, infraction \u00e0 la police des chemins de fer et violence \u00e0 agent et magistrat \u00e0 l\u2019audience<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient le jet de pain dur \u00e0 la face d\u2019un minist\u00e8re public encore plus dur. La vengeresse r\u00e9plique ne se fait pas attendre. Fatal\u00a0! L\u2019engrenage est enclench\u00e9. Le domino vient de tomber. La face rougeaude de col\u00e8re de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Orsat, du tribunal de Chamb\u00e9ry r\u00e9clame justice. Justice est rendue le 5 mars 1903. Cinq ans de prison ferme. Logique et infernale progression. Prison \u2013 Bat\u2019 d\u2019Af\u2019 \u2013 Bagne. Temps mauvais pour un pauvre h\u00e8re de dix-huit ans. Cinq ann\u00e9es d\u2019enfermement \u00e0 Clairvaux avant d\u2019aller cramer au soleil de Biribi.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">Roussenq est incorpor\u00e9 le 8 octobre 1907 dans le cinqui\u00e8me bataillon d\u2019Afrique. Il est \u00e0 Gab\u00e8s en Tunisie et, pendant cinq mois, il donne la mesure d\u2019un comportement totalement r\u00e9tif \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 militaire. Les coups, les brimades, les ordres, les punitions. Il n\u2019y a que la pluie qui ne tombe pas sur Roussenq qui multiplie les provocations. C\u2019est ce que nous montre encore la fiche de la commission des recours en gr\u00e2ce de 1930\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Expos\u00e9 des faits. Le 20 f\u00e9vrier 1908, \u00e0 Gab\u00e8s, Roussenq refusa de se mettre en tenue pour partir avec un convoi. Il avait d\u00e9truit une partie de ses effets de campement qui lui avaient \u00e9t\u00e9 remis. Le 23 du m\u00eame mois, il outragea un sergent de garde en l\u2019appelant\u00a0: \u00ab\u00a0esp\u00e8ce de c\u2026\u00a0\u00bb. le 13 mars 1908, il tenta de mettre le feu \u00e0 sa cellule et pour ce fait br\u00fbla une partie de ses effets. Le 15 mars, il recommen\u00e7a, br\u00fblant encore ses effets\u00a0; le 19 mars, il arracha la m\u00e9daille militaire d\u2019un sous-officier de ronde, cracha dessus, la pi\u00e9tina en disant \u00ab\u00a0vous n\u2019\u00eates pas honteux de porter \u00e7a\u00a0: c\u2019est l\u2019insigne de l\u2019ignominie\u00a0\u00bb. Le 20 mars, il tenta de nouveau d\u2019incendier sa cellule<\/em>\u00a0\u00bb. 5 mai 1908. Le conseil de guerre de Tunis condamne le soldat Roussenq \u00e0 vingt ans de travaux forc\u00e9s, \u00e0 la d\u00e9gradation militaire et \u00e0 quinze ans d\u2019interdiction de s\u00e9jour. Le bagne attend son homme. Un de plus parmi les 1000 \u00e0 1200 transport\u00e9s que la m\u00e9tropole lui envoie annuellement. Le bagne est anthropophage. Il y a deux convois par an. Un au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9 et un au d\u00e9but de l\u2019hiver, les condamn\u00e9s partent de Saint Martin de R\u00e9 avant de gagner Alger o\u00f9 sont embarqu\u00e9s les d\u00e9tenus des colonies fran\u00e7aise d\u2019Afrique. Paul Henri Roussenq monte le 30 d\u00e9cembre sur le b\u00e2timent la <em>Loire<\/em> de la <em>Soci\u00e9t\u00e9<\/em><em> nantaise de navigation<\/em>, sp\u00e9cialement affect\u00e9 \u00e0 ce type de transport. Le 13 janvier 1909, il pose le pied aux \u00eeles du Salut. La statistique ne donne que 5 ans \u00e0 vivre au r\u00e9prouv\u00e9 d\u00e9barquant en Guyane. Paul Henri Roussenq y est rest\u00e9 plus de 24\u00a0! Du bagne, Paul Henri Roussenq, for\u00e7at m\u00b037664, ne voit pratiquement que les \u00eeles du Salut. Il est en effet class\u00e9 aux intern\u00e9s A par d\u00e9cision du 31 f\u00e9vrier 1909. D\u00e9sign\u00e9s comme tels, les bagnards anarchistes<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>(tr\u00e8s peu nombreux au demeurant) doivent r\u00e9sider sur cet archipel<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>de 69 ha et situ\u00e9 \u00e0 15 km environ de l\u2019embouchure du Kourou. De temps \u00e0 autre, Roussenq fait le voyage \u00e0 Saint Laurent du Maroni. Il y est jug\u00e9 six fois par le TMS\u00a0(tribunal maritime sp\u00e9cial) : en 1910 pour refus de travail (acquitt\u00e9), en 1911 pour outrage \u00e0 surveillant militaire (non lieu), en 1912 un nouvelle fois pour refus de travail (un an de prison), en 1915 pour tentative d\u2019\u00e9vasion (deux ans de travaux forc\u00e9s), en 1917 pour voie de fait sur la personne d\u2019un m\u00e9decin militaire (cinq ans de r\u00e9clusion), en 1927 pour outrages (un an de prison). Mais c\u2019est la commission disciplinaire des \u00eeles du Salut, charg\u00e9e de statuer sur les infractions aux r\u00e8glements, qui lui permet d\u2019acqu\u00e9rir la notori\u00e9t\u00e9 et d\u2019y gagner son surnom\u00a0: l\u2019Inco. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/rousseng.bmp\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-936\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/rousseng.bmp\" alt=\"Roussenq en Guyane\" width=\"128\" height=\"297\" \/><\/a><\/span>Son cas, rapport\u00e9 par Albert Londres en 1923, devient alors symptomatique d\u2019une guerre men\u00e9e par une infime minorit\u00e9 contre la soci\u00e9t\u00e9 p\u00e9nitentiaire, d\u2019un refus du processus de normalisation qui tend \u00e0 faire du bagnard un maillon interchangeable de l\u2019institution totale et carc\u00e9rale, un mouton soumis et ployant sous les coups souvent mortels et la f\u00e9rule des agents de l\u2019AP (administration p\u00e9nitentiaire). De 1908 \u00e0 1929, date de sa lib\u00e9ration, il cumule 3779 jours de cachots nous dit le journaliste. \u00ab\u00a0<em>Record absolu\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb pour un dossier qui p\u00e8se plusieurs kilogrammes. La demande de remise de r\u00e9sidence, \u00e9tablie le 7 janvier 1930, va encore plus loin. Elle fait un r\u00e9sum\u00e9 rapide des \u00ab\u00a0<em>punitions disciplinaires encourues\u00a0: 15 nuits de prisons, 596 jours de cellules, 3439 jours de cachot<\/em>\u00a0\u00bb. Soit un total de 4050 jours et nuits pass\u00e9s entre quatre murs. Sans compter le temps gracieusement offert par le TMS. Dans un noir presque total. Plus de dix-huit ans\u00a0au trou ! Roussenq aligne les punitions pour \u00ab\u00a0<em>paroles orduri\u00e8res, chants en cellule, r\u00e9clamations non fond\u00e9es, d\u00e9gradation des locaux, non malade<\/em>\u00a0\u00bb. Roussenq multiplie les provocations, du bavardage d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 jusqu\u2019au refus d\u2019enfiler sa manille. Il \u00e9cope par exemple de trente jours de cahot pour avoir forc\u00e9 le guichet de sa cellule, gliss\u00e9 sa t\u00eate et cri\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Une autre punition, s\u2019il vous plait\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb. Pour Alexandre Jacob, l\u2019organisateur des Travailleurs de la Nuit jug\u00e9s \u00e0 Amiens en mars 1905 pour leurs 156 cambriolages avou\u00e9s et commis au nom de l\u2019anarchie, Roussenq fait figure d\u2019exception. C\u2019est ce qu\u2019\u00e9crit l\u2019ancien ill\u00e9galiste, lui aussi revenu du bagne, au d\u00e9put\u00e9 Ernest Laffont le 11 janvier 1932\u00a0: \u00ab\u00a0<em>En 25 ans de bagne, je n\u2019ai connu qu\u2019un seul transport\u00e9 qui se plaisait en cellule. C\u2019\u00e9tait Roussenq, un pauvre fou, un hyst\u00e9rique<\/em>\u00a0\u00bb. Jacob est un pragmatique, un sto\u00efcien amateur de Nietzsche et de Stirner. Il ne comprend pas l\u2019Inco. Pour Eug\u00e8ne Dieudonn\u00e9, ce dernier est le type m\u00eame du prisonnier r\u00e9fractaire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Roussenq protestait toujours car, d\u00e9go\u00fbt\u00e9 des hommes et de lui-m\u00eame, il ne se plaisait que dans la triste solitude des cachots<\/em>\u00a0\u00bb. Au petit jeu des punitions, Roussenq devient une des stars du bagne, une des b\u00eates noires de l\u2019Administration P\u00e9nitentiaire. Ses lettres injurieuses o\u00f9 il d\u00e9clare emmerder le gouverneur de la Guyane, le ministre des colonies, finalement la terre enti\u00e8re n\u2019en finissent pas de faire le bonheur des journalistes venus en Guyane chercher le scoop \u00e0 la suite d\u2019Albert Londres. Mais au petit jeu des punitions, Roussenq finit par se lasser et s\u2019user. L\u2019AP<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>qui doute du changement de comportement reste en 1930 dans l\u2019expectative\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Conduite mauvaise \u00e0 la transportation. Cependant Roussenq a fait durant les derniers temps un tr\u00e8s gros effort qui allait lui valoir la premi\u00e8re classe lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb. Roussenq s\u2019est assagi. Cela ne signifie pas qu\u2019il accepte sa situation.<span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/albert-londres.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright size-medium wp-image-321\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/albert-londres-198x300.jpg\" alt=\"Albert Londres\" width=\"198\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/albert-londres-198x300.jpg 198w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/albert-londres.jpg 283w\" sizes=\"(max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">Roussenq observe. Roussenq note ce qu\u2019il voit, ce qu\u2019il entend, ce qu\u2019on lui dit. Quand il n\u2019est pas au cachot, Roussenq travaille comme les autres fagots. Il n\u2019y a pas grand-chose \u00e0 faire aux \u00eeles du salut\u00a0: empierrer, d\u00e9sempierrer les chemins, y enlever les mauvaises herbes (sic) alors qu\u2019arroser \u00e0 l\u2019eau de mer suffirait, charger et d\u00e9charger les navires qui accostent \u00e0 la Royale, dans ce \u00ab\u00a0<em>D\u00e9cor pour femmes \u00e9l\u00e9gantes et leurs ombrelles\u00a0!<\/em><em><span style=\"italic\">\u00a0\u00bb pour reprendre l\u2019expression d\u2019Albert Londres<\/span><\/em>. Et comme les autres fagots, Roussenq dort et vit dans la case. \u00ab\u00a0<em>C\u2019est une chambre \u00e0 coucher, une salle \u00e0 manger, un salon de jeux et m\u00eame une cuisine<\/em>\u00a0\u00bb nous dit-il dans son livre. On trouve de tout dans les cases et les trafics vont d\u2019autant plus bon train que les for\u00e7ats y disposent d\u2019une presque totale libert\u00e9 de man\u0153uvre. C\u2019est dans la case que l\u2019on joue \u00e0 la marseillaise, une variante simplifi\u00e9e du baccarat\u00a0; c\u2019est dans la case que l\u2019on s\u2019accouple\u00a0; c\u2019est dans la case que l\u2019on vend son cul \u00e0 un ca\u00efd pour obtenir sa protection\u00a0; c\u2019est encore \u00e0 la case que l\u2019on tue, que l\u2019on se tue, que l\u2019on se d\u00e9chire, ou que l\u2019on se soutient. Le bagne est une microsoci\u00e9t\u00e9, un monde clos repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, enferm\u00e9 sur lui-m\u00eame. Un monde o\u00f9 l\u2019on vit. Un monde o\u00f9 l\u2019on meurt. La case est son lieu d\u2019expression. C\u2019est dans la case qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0<em>rouge<\/em>\u00a0\u00bb par Ren\u00e9 Belbenoit dans <em>les Compagnons de la Belle<\/em><span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>et \u00ab\u00a0<em>de sinistre r\u00e9putation que les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s et les h\u00e9ros du bagne ont pass\u00e9 le plus clair de leur temps<\/em><span style=\"italic\">\u00a0\u00bb. Roussenq les a fr\u00e9quent\u00e9s. Pourtant son livre n\u2019en cite que quelques-uns : Hespel le bourreau assassin, Dieudonn\u00e9 l\u2019innocent de la bande \u00e0 Bonnot, Soleilland le p\u00e9dophile meurtrier, Ullmo le traitre \u00e0 sa patrie, Seznec le fier Breton. On pourrait alors rajouter \u00e0 la liste de ceux qui ont approch\u00e9 l\u2019ours Roussenq dans la case rouge toutes les vedettes malgr\u00e9 elles qui apparaissent dans les livres de souvenirs\u00a0et autres \u00e9crits de bagnards.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">C\u2019est de cette machine \u00e0 broyer, de ce syst\u00e8me infamant pour une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9tendant au plus haut degr\u00e9 de civilisation, de ce m\u00e9canisme \u00e9liminatoire des vaincus de guerre sociale dont il est question dans <em>L\u2019Enfer du bagne<\/em>. Rarement l\u2019Inco y aborde son cas personnel. Il ne s\u2019octroie gu\u00e8re la premi\u00e8re place que dans les chapitres \u00ab\u00a0<em>Le conseil de guerre<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>En route pour le Guyane<\/em>\u00a0\u00bb, o\u00f9<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>il ne fait d\u2019ailleurs qu\u2019expliquer la th\u00e9orie des dominos qui l\u2019a fait tomber en enfer, et \u00ab\u00a0<em>Pot de terre<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>contre le pot de fer<\/em>\u00a0\u00bb, soit 13 pages sur les 101 que contient l\u2019\u00e9dition de 1957. Roussenq laisse alors parler son \u00e9go, l\u00e9gitime et normale r\u00e9action apr\u00e8s les ann\u00e9es de frustrations subies. Il n\u2019y a gu\u00e8re que chez Alexandre Jacob que l\u2019on ne retrouve pas ce tr\u00e8s humain besoin de reconnaissance, cette envie d\u2019appara\u00eetre comme un h\u00e9ros ou un martyr, seul contre tous face \u00e0 l\u2019AP, ce d\u00e9sir finalement de notori\u00e9t\u00e9. Il est flagrant chez Ren\u00e9 Belbenoit, chez Antoine Mesclon ou encore Charles Hut. Il devient excessif chez l\u2019\u00e9corch\u00e9 vif Jacob Law. Il vire \u00e0 la d\u00e9sagr\u00e9able et commerciale mythomanie chez Henri Charri\u00e8re dit papillon. Roussenq dresse ainsi en 21 chapitres et une conclusion (dont nous avons sugg\u00e9r\u00e9 les aspects douteux et apocryphes) le portrait d\u2019un monde o\u00f9 il n\u2019entre en sc\u00e8ne qu\u2019avec parcimonie. Sa dialectique n\u2019en prend que plus de force pour montrer la laideur du monde qu\u2019il a v\u00e9cu. Roussenq raconte son bagne avec m\u00e9thode. Rien n\u2019est laiss\u00e9 au hasard. Tous les sujets, hormis peut-\u00eatre l\u2019\u00e9vasion, sont abord\u00e9s\u00a0: la machine administrative, les gardiens, la nourriture avari\u00e9e et en quantit\u00e9 insuffisante quand elle n\u2019est pas d\u00e9tourn\u00e9e, le travail qui tue et rend libre, l\u2019homosexualit\u00e9 des bagnards priv\u00e9s de femmes, la justice injuste du bagne, les cachots noirs, puants et ali\u00e9nants, etc. Et, m\u00eame sans appel possible, la sentence de Roussenq s\u2019inscrit dans la nuance. Le chaouch est un salaud ordinaire, majoritairement corse ou breton, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 piller les colis envoy\u00e9s aux for\u00e7ats, \u00e0 participer avec ces m\u00eames for\u00e7ats aux magouilles en tout genre, \u00e0 d\u00e9gainer le r\u00e9volver pour un regard de travers mal interpr\u00e9t\u00e9. Brutal. Violent. Alcoolique aussi parce qu\u2019il n\u2019y a gu\u00e8re d\u2019autre chose \u00e0 faire sous le sunlight des tropiques. Mais \u00ab\u00a0<em>parmi eux aussi se trouvaient de bons gar\u00e7ons<\/em>\u00a0\u00bb. Gr\u00e2ce est encore rendue aux m\u00e9decins du bagne, consid\u00e9r\u00e9s comme autant d\u2019ap\u00f4tres dans ces mouroirs outre-Atlantique, mais parfois certains de ces \u00ab\u00a0<em>m\u00e9dicastres<\/em>\u00a0\u00bb, certains de ces \u00ab\u00a0<em>bourreaux<\/em>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<em>manquaient totalement \u00e0 leurs plus \u00e9l\u00e9mentaires devoirs<\/em>\u00a0\u00bb, pr\u00e9f\u00e9rant justement le reniement de leur m\u00e9dical apostolat. Il est vrai que l\u2019action de certains docteurs comme Louis Rousseau, aux \u00eeles du salut de 1920 \u00e0 1922, a plac\u00e9 haut la barre de l\u2019humanitaire. Quoi de plus bassement normal que de se conformer \u00e0 la norme et aux r\u00e8glements pour gagner quelques galons. Les m\u00e9decins du bagne sont des militaires. Et l\u2019hypocrite serment d\u2019Hippocrate s\u2019efface ais\u00e9ment devant le droit de vie et de mort que leur conf\u00e8re la Fonction. L\u2019Inco r\u00e9prouve les cons\u00e9quences des trafics inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019institution totale et p\u00e9nitentiaire mais \u00ab\u00a0<em>celui qui ne se d\u00e9brouille pas est un imb\u00e9cile<\/em>\u00a0\u00bb. On ne vit pas au bagne. On essaie de survivre.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vuesurlilestjosephdepuislaroyale-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-937\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vuesurlilestjosephdepuislaroyale-1-300x225.jpg\" alt=\"L\\'\u00eele Saint Joseph vue de l\\'\u00eele Royale\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vuesurlilestjosephdepuislaroyale-1-300x225.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vuesurlilestjosephdepuislaroyale-1.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/span>Roussenq n\u2019a pourtant pas tout vu, intern\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait aux \u00eeles du Salut. Il n\u2019a pas connu les chantiers forestiers, celui de Charvein en particulier o\u00f9 \u00ab\u00a0<em>les hommes travaillaient enti\u00e8rement nus, \u00e0 part un l\u00e9ger cache sexe<\/em>\u00a0\u00bb. L\u00e0 sont envoy\u00e9s les Incos, c&rsquo;est-\u00e0-dire les fortes t\u00eates et les \u00e9vad\u00e9s repris. Mais Roussenq a recueilli des t\u00e9moignages venant appuyer le sien. Son expos\u00e9 sur le m\u00e9canisme \u00e9liminatoire de la transportation tend \u00e0 l\u2019exhaustivit\u00e9. Ainsi, nous dit le matricule 37664, le bagne ne se limite pas aux seuls camps de la transportation. A l\u2019ext\u00e9rieur de ceux-ci, croupissent les for\u00e7ats lib\u00e9r\u00e9s, ceux de la quatri\u00e8me cat\u00e9gorie. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent l\u2019Inco n\u2019avait<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>n\u2019\u00e9t\u00e9 un transport\u00e9 que de premi\u00e8re (condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s) et deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie (bagnards r\u00e9clusionnaires). La troisi\u00e8me cat\u00e9gorie n\u2019existe plus depuis que l\u2019envoi des femmes en Guyane a \u00e9t\u00e9 interdit en 1906. Pour les bagnards de quatri\u00e8me cat\u00e9gorie commence <em>le bagne n\u00b0<\/em>2 dans un espace o\u00f9 il faut subvenir \u00e0 ses propres besoins. L\u2019article 6 de la loi du 30 mai 1954 institue le doublage. Cette pratique impose un temps de r\u00e9sidence dans la colonie \u00e9gal \u00e0 celui de la condamnation si celle-ci est inf\u00e9rieure \u00e0 huit ans. Au-del\u00e0, la r\u00e9sidence obligatoire devient perp\u00e9tuelle. Il existe deux sous cat\u00e9gorie de for\u00e7at lib\u00e9r\u00e9. Les quatri\u00e8mes premi\u00e8re sont astreint au doublage. Les quatri\u00e8mes seconde l\u2019ont termin\u00e9. Impossible retour dans le paternel hexagone. Le voyage aller est gracieusement offert par la m\u00e8re patrie mais la bougresse se fait pingre pour celui du retour. L\u2019ancien puni doit revenir au pays natal \u00e0 ses frais. Et, de la tune, il n\u2019en a point. Or le travail se fait rare en Guyane et le plus souvent le bagnard de quatri\u00e8me cat\u00e9gorie en est r\u00e9duit \u00e0 la mendicit\u00e9 et au vol. L\u2019indigence et la faim ont vite fait d\u2019en faire une loque, spectacle saisissant, insupportable pour Albert Londres en 1923. Roussenq \u00e9voque bien s\u00fbr la suppression du doublage (loi Maurice Sibille du 15 d\u00e9cembre 1931) \u00ab\u00a0<em>mais les neuf dixi\u00e8mes des lib\u00e9r\u00e9s ne peuvent rentrer en France<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est son cas depuis le 28 septembre 1929. Le SRI (Secours Rouge International), officine du parti communiste (SFIC), a r\u00e9ussi \u00e0 obtenir la lib\u00e9ration de l\u2019Inco.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">Depuis la visite d\u2019Albert Londres en Guyane, le cas Roussenq soul\u00e8ve l\u2019opinion publique en sa faveur. Le 13 octobre 1924, Madeleine Roussenq, la m\u00e8re ch\u00e9rie, rencontre m\u00eame le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique \u00e0 Aigues Vive. Mais Paul Doumergue ne tient pas les promesses donn\u00e9es \u00e0 la vieille. L\u2019\u00e9dile qui nous parle ment. Evidemment\u00a0! Cela tient de l\u2019axiome. Le 18 avril 1929, la police parisienne rend compte d\u2019un meeting organis\u00e9 la veille par le SRI au 33 rue de la Grange aux Belles. B\u00e9chard, conseiller g\u00e9n\u00e9ral du Gard s\u2019y serait exprim\u00e9 en ces termes pour \u00e9voquer l\u2019entrevue avec le premier homme de France\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Lors du voyage du chef de l\u2019\u00e9tat dans le Gard, la m\u00e8re de Roussenq a rendu visite \u00e0 ce dernier. M. Doumergue lui a fait un large sourire et beaucoup de promesses. Mais pour la maman Roussenq ce sourire est une odieuse grimace<\/em>\u00a0\u00bb. Nuan\u00e7ons le propos du conseiller g\u00e9n\u00e9ral B\u00e9chard. Le 10 octobre 1925, un d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel offre une remise de cinq ans sur la peine initiale de vingt ann\u00e9es de travaux forc\u00e9s prononc\u00e9e par le conseil de guerre de Tunis en 1908. Insidieuse largesse qui prend bien s\u00fbr en consid\u00e9ration les condamnations donn\u00e9es par le TMS de Saint Laurent du Maroni. En 1927, Jacques Duclos interpelle en vain Paul Painlev\u00e9, ministre de la guerre, \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e nationale. Le 23 d\u00e9cembre 1928, le SRI, section du Gard, r\u00e9unit un millier de manifestants \u00e0 Saint Gilles, la ville natale de Roussenq. Le 13 avril de l\u2019ann\u00e9e suivante, le directeur de la commission des recours en gr\u00e2ce promet \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation du SRI d\u2019\u00e9tudier le cas de l\u2019Inco. Conf\u00e9rences, manifestations et comit\u00e9 de soutien se multiplient en France. Depuis le mois de janvier, Madeleine Roussenq b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une allocation de 100 francs mensuelle accord\u00e9e par le SRI. Parall\u00e8lement, le tout nouveau<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>magazine <em>D\u00e9tective<\/em> organise, depuis son n\u00b011 en date du 10 janvier 1929, un <em>Grand R\u00e9f\u00e9rendum \u2013 Concours<\/em>. <em>Le grand hebdomadaire des faits divers<\/em> soumet \u00e0 son lectorat une liste de dix for\u00e7ats. Chaque num\u00e9ro suivant de cette d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre feuille pr\u00e9sente le dossier des bagnards candidats. Aux lecteurs ensuite de r\u00e9pondre \u00e0 la question\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Si vous aviez le droit de gr\u00e2ce, auquel entre ces dix for\u00e7ats l\u2019octroyeriez-vous\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb. Roussenq fait partie des heureux \u00e9lus, pr\u00e9tendant au couronnement du bon bagnard. L\u2019ancien gouverneur de la Guyane, Jean Charles Chanel, prend m\u00eame fait et cause pour l\u2019Inco dans les colonnes de <em>D\u00e9tective<\/em>. Il r\u00e9clame son retour en France. Roussenq arrive dans le trio de t\u00eate. Trois Paul\u00a0: Paul Vial devance Paul Gruault et Paul Roussenq. La man\u0153uvre journalistique touche n\u00e9anmoins l\u2019opinion publique. Les trois Paul sont appel\u00e9s \u00e0 rentrer en France \u00e0 plus ou moins br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance. Pour Roussenq, c\u2019est le 28 septembre 1929. La mesure gracieuse est tomb\u00e9e le 6 ao\u00fbt pr\u00e9c\u00e9dent. D\u00e9cevante. Paul Henri Roussenq n\u2019est que libre. Libre de rester crever de faim en Guyane. Telle est la cons\u00e9quence du doublage. Le 4<sup>e<\/sup> 1<sup>e<\/sup> Roussenq porte d\u00e9sormais le matricule 16185. Astreint \u00e0 la r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en 1908 \u00e0 plus de huit ans de travaux forc\u00e9, l\u2019honn\u00eate homme doit deux fois par an signaler sa pr\u00e9sence aux service de police de la colonie. Il doit aussi trouver les moyens de vivre. Il r\u00e9ussit n\u00e9anmoins<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>\u00e0 s\u2019employer tr\u00e8s vite. C\u2019est ce que signale sa fiche de demande de remise de r\u00e9sidence \u00e9tablie le 7 janvier 1930, et sign\u00e9e le 10 de ce mois par le gouverneur Siadoux\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Lib\u00e9r\u00e9 de la peine des travaux forc\u00e9s, \u00e0 Saint Laurent, le 28 septembre 1929. Habite depuis cette localit\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on stable, y exer\u00e7ant la profession de biblioth\u00e9caire \u2013 \u00e9crivain public qui lui rapporte en moyenne sept francs par jour. Il a trois cent francs d\u2019\u00e9conomie en esp\u00e8ce. D\u00e9sirerait se retirer chez sa m\u00e8re Veuve Roussenq \u00e0 Saint Gilles (Gard), rue du Puy de Paty n\u00b06. Son passage (serait) pay\u00e9 \u00e0 la Compagnie g\u00e9n\u00e9rale transatlantique par son comit\u00e9. Conduite bonne<\/em>\u00a0\u00bb. Bonne\u00a0? Pas tant que \u00e7a aux yeux d\u2019une administration p\u00e9nitentiaire qui ne qui ne l\u2019oublie pas et qui doit ronger son frein en apprenant que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 a obtenu une remise de peine par le d\u00e9cret du 17 mai 1930. Roussenq, qui n\u2019a d\u00e9sormais plus que quatre ann\u00e9es \u00e0 tirer dans l\u2019enfer vert de la Guyane, est inqui\u00e9t\u00e9 en juin 1930 dans le cadre de l\u2019affaire Burkowski. Cet ancien d\u00e9tenu est retrouv\u00e9 mort et d\u00e9lest\u00e9 d\u2019une cagnotte de 1400 francs.<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>Retour en prison<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>pour Roussenq. Bref passage. L\u2019accusation pour complicit\u00e9 d\u2019assassinat et tentative d\u2019\u00e9vasion ne tient pas la route. Roussenq retrouve vite les rues de Saint Laurent du Maroni o\u00f9 sa plume d\u2019\u00e9crivain public officie.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/drapeau_urss.png\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright size-medium wp-image-938\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/drapeau_urss-300x150.png\" alt=\"Drapeau URSS\" width=\"153\" height=\"79\" \/><\/a><\/span>En France, le SRI poursuit son actif soutien. Survient alors la loi d\u2019amnistie du 26 d\u00e9cembre 1931. L\u2019article 6 pr\u00e9cise que\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Amnistie pleine et enti\u00e8re est accord\u00e9e pour toutes les infractions pr\u00e9vues et punies par les conseils de justice militaire pour l\u2019arm\u00e9e de terre et de mer commises m\u00eame par des non militaires ant\u00e9rieurement au 12 novembre 1931, \u00e0 tous ceux qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 ou b\u00e9n\u00e9ficieront dans les 12 mois qui suivront la promulgation de la pr\u00e9sente loi par d\u00e9cret de gr\u00e2ce soit d\u2019une remise totale de la peine, soit de le remise de l\u2019entier restant de la peine<\/em>\u00a0\u00bb. L\u2019horizon s\u2019\u00e9claircit. Le d\u00e9cret minist\u00e9riel du 6 ao\u00fbt 1932 fait \u00ab\u00a0<em>remise du restant de l\u2019obligation de r\u00e9sidence cons\u00e9cutive \u00e0 la peine de 20 ans de travaux forc\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb.<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>Fin du doublage pour l\u2019Inco. Les dominos ont \u00e9t\u00e9 remis en place. Le SRI paie le voyage de retour. Triste voyage en r\u00e9alit\u00e9. L\u2019Inco ne verra pas sa m\u00e8re, si prompte \u00e0 faire lib\u00e9rer son rejeton. Elle est morte le 29 mars 1931 sans pouvoir embrasser une derni\u00e8re fois son fils ch\u00e9ri. A un pas de la victoire finale. Le 16 janvier 1933, l\u2019homme puni vient se recueillir sur sa tombe au cimeti\u00e8re de Saint Gilles du Gard. Roussenq est libre. Roussenq est en France.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">Le 28 juin 1935, le pr\u00e9fet du Gard informe le ministre de l\u2019int\u00e9rieur du devenir de l\u2019ancien fagot r\u00e9calcitrant\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai l\u2019honneur de vous faire conna\u00eetre qu\u2019il ressort de l\u2019enqu\u00eate discr\u00e8te \u00e0 laquelle j\u2019ai fait proc\u00e9der que le nomm\u00e9 Roussenq, lib\u00e9r\u00e9 de la Guyane en 1932, \u00e0 r\u00e9sid\u00e9 successivement \u00e0 Saint Gilles, puis \u00e0 Aymargues, localit\u00e9 qu\u2019il a quitt\u00e9e dans le courant du mois de mai pour une destination inconnue. Lors de sa lib\u00e9ration, Roussenq avait entrepris une tourn\u00e9e de propagande organis\u00e9e par le parti communiste et n\u2019avait d\u2019autres moyens d\u2019existence que les subsides qu\u2019il recevait du Secours Rouge International. A la suite d\u2019un diff\u00e9rent avec les dirigeants du parti moscoutaire, Roussenq, dont l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 laissait fort \u00e0 d\u00e9sirer, se cantonna dans une attitude r\u00e9serv\u00e9e et l\u2019on peut dire que le mouvement de curiosit\u00e9 suscit\u00e9 par son retour au pays natal et habilement exploit\u00e9 par les partis extr\u00e9mistes, eut vite fait place \u00e0 une indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. Depuis mai dernier, il n\u2019a plus reparu ni \u00e0 Saint Gilles, ni \u00e0 Aymargues et, selon les renseignements qui m\u2019ont \u00e9t\u00e9 fournis, il serait actuellement poursuivi par les parquets de Dijon et de Belfort pour infraction \u00e0 la police des chemins de fer<\/em>\u00a0\u00bb. Instructif rapport. L\u2019\u0153il de la police a perdu de vue l\u2019Inco. Elle ne le l\u00e2che pourtant pas. Mais le sort de l\u2019Inco ne l\u2019inqui\u00e8te pas outre mesure. Ce n\u2019est plus une vedette rouge. A son retour de Guyane, le 15 janvier 1933, Paul Roussenq est pris en charge par le parti. Une premi\u00e8re tourn\u00e9e de conf\u00e9rence pour le compte du SRI l\u2019emm\u00e8ne de janvier \u00e0 juin 1933 du Midi jusqu\u2019\u00e0 Nantes. Une seconde tourn\u00e9e, de novembre 1933 \u00e0 janvier 1934, \u00e9cume encore tout le Midi. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019infatigable Inco entend d\u00e9noncer le bagne et ses joyeuset\u00e9s, le Parti esp\u00e8re une remobilisation locale de ses troupes. Le PC utilise Roussenq et Roussenq le sait. Il fait m\u00eame partie, juste avant la seconde tourn\u00e9e, d\u2019ao\u00fbt \u00e0 novembre 1933, du voyage en URSS\u00a0! De l\u00e0 vient peut-\u00eatre le diff\u00e9rent avec les \u00ab\u00a0moscoutaires\u00a0\u00bb. Le mariage rouge a du plomb dans l\u2019aile. Le rouge vire \u00e0 l\u2019aigre. On ne dupe pas un homme qui a vu l\u2019horreur. Le travail forc\u00e9 tue. Bagne ou goulag, finalement, quelles diff\u00e9rences\u00a0? L\u2019individu ne peut s\u2019\u00e9panouir que dans la libert\u00e9. Et Roussenq, au pays des soviets, ne l\u2019a pas vue.<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>Il a entendu en revanche le cri sourd d\u2019un pays que le G\u00e9orgien encha\u00eene, que la dictature du prol\u00e9tariat a mis au pas. C\u2019est ce qu\u2019il \u00e9crit deux ans plus tard dans le journal anarchiste de N\u00eemes <em>Terre Libre<\/em> \u00ab\u00a0<em>C\u2019est un fait que la libert\u00e9 n\u2019existe pas en Russie\u00a0; l\u2019individu est un automate dont tous les gestes sont ordonn\u00e9s d\u2019avance. Le collectif est une religion. La justice de la Gu\u00e9p\u00e9ou se manifeste sous l\u2019\u00e9teignoir, sans aucune garantie de d\u00e9fense. (\u2026) la plupart des condamn\u00e9s politiques sont envoy\u00e9s en Sib\u00e9rie, o\u00f9 se continue \u2026 la tradition tsariste<\/em>\u00a0\u00bb. Roussenq a vu l\u00e0 bas ce qu\u2019il a lui-m\u00eame subi en France. Merde \u00e0 Vauban\u00a0! Merde \u00e0 Staline\u00a0! Et vive les enfants de Cayenne\u00a0! Le divorce est consomm\u00e9. Ses impressions de voyages paraissent pourtant aux \u00e9ditions de la <em>D\u00e9fense<\/em>, le mensuel du Secours Rouge International. Edulcor\u00e9es et pr\u00e9fac\u00e9es par Marcel Cachin, s\u00e9nateur de la seine, membre du bureau politique du parti communiste fran\u00e7ais et directeur de <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>. Roussenq n\u2019est pas mis \u00e0 l\u2019Index rouge. Le parti r\u00e9\u00e9crit Roussenq. Deux ans auparavant, en 1934, les m\u00eames \u00e9ditions de la D\u00e9fense<span style=\"yes\">\u00a0 <\/span>sortaient les <em>25 ans de bagne<\/em>.<a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/enfer-bagne1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright size-medium wp-image-877\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/enfer-bagne1-189x300.jpg\" alt=\"L\\'enfer du bagne\" width=\"189\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/enfer-bagne1-189x300.jpg 189w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/enfer-bagne1.jpg 450w\" sizes=\"(max-width: 189px) 100vw, 189px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">Dans <em>l\u2019Enfer du bagne<\/em>, \u00e9dition Pucheu de 1957, Roussenq rectifie quelque peu le tir et notamment \u00e0 propos d\u2019Albert Londres\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Albert Londres m\u2019a fait l\u2019objet d\u2019un article qui a contribu\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on initiale \u00e0 ma future lib\u00e9ration. Une organisation \u00e0 caract\u00e8re politique s\u2019empara ensuite de mon cas \u00e0 des fins de propagande. Elle me porta certainement un grand pr\u00e9judice<\/em>\u00a0\u00bb. Ces quelques lignes contrastent fortement avec les propos tenus lors du meeting du SRI organis\u00e9 \u00e0 Nantes le 23 mai 1933\u00a0et rapport\u00e9s par la police locale le lendemain\u00a0: \u00ab <em>(Roussenq) a ensuite racont\u00e9 son entevue avec Alebrt Londres qui \u00e9tait venu le voir dans son cachot et la conversion qu\u2019il avait eu avec cet envoy\u00e9 du gouvernement. Roussenq a d\u00e9clar\u00e9 que dans son livre \u00ab\u00a0Le bagne\u00a0\u00bb, Albert Londres avait accumul\u00e9 un tissu de mensonges et avait d\u00e9natur\u00e9 l\u2019entretien qu\u2019il avait eu avec lui<\/em>\u00a0\u00bb.\u00a0Sortie de route \u00e9vidente d\u00e8s 1934. Roussenq le rouge redevient Roussenq le noir. L\u2019anarchisme refait surface. A vrai dire, jamais il ne s\u2019est \u00e9teint. Et l\u2019Inco de participer \u00e0 nombres de r\u00e9unions et d\u00e9bats contradictoires organis\u00e9s par les copains de l\u2019ALARM (Alliance Libre des Anarchistes de la R\u00e9gion du Midi). Il est m\u00eame g\u00e9rant de <em>Terre Libre<\/em> jusqu\u2019en 1936. Mais l\u2019anarchie, pauvre fille, n\u2019a pas les m\u00eames moyens que le mouvement dit de masse affili\u00e9 \u00e0 la IIIe Internationale. La dot rouge de Roussenq a fondu comme neige au soleil de Moscou. Retour aux vaches maigres pour l\u2019Inco et \u00e0 l\u2019errance de son adolescence. Les chansons de Gaston Cout\u00e9 collent encore \u00e0 la peau ou plut\u00f4t \u00e0 ce qu\u2019il reste de la peau du grand gaillard qu\u2019il fut. Roussenq parcourt \u00e0 nouveaux les chemins. Ou plut\u00f4t les voies de chemins de fer. Et c\u2019est le colporteur Roussenq que l\u2019\u0153il de la police recherche en 1935. C\u2019est encore le colporteur Roussenq que la main de la justice condamne \u00e0 Dijon et \u00e0 Belfort en 1935 ou \u00e0 Paris le 9 mars 1938, pour vagabondage, pour infraction \u00e0 l\u2019interdiction de s\u00e9jour ou encore pour n\u2019avoir pas pay\u00e9 son titre de transport. C\u2019est toujours le colporteur Roussenq mais aussi et surtout l\u2019anarchiste non amend\u00e9, que la Troisi\u00e8me R\u00e9publique agonisante interne au camp de Sisteron (Is\u00e8re) en cette fin d\u2019ann\u00e9e 1939. Juin 1942. Paul Henri Roussenq termine la r\u00e9\u00e9criture de ses souvenirs du bagne. Un enfer qui le hante depuis son retour en France. Dix ans d\u00e9j\u00e0\u00a0! Personne ne peut oublier l\u2019enfer. Paul Henri Roussenq. 57 ans. Le bagnard de Saint Gilles en parait nettement plus. Face rid\u00e9e par la Souffrance.<em> L<\/em><em>\u2019Enfer du bagne<\/em> ne para\u00eet que douze ans plus tard, chez F.Pucheu. L\u2019\u00e9diteur, catholique et abb\u00e9 de surcro\u00eet, n\u2019a pas manqu\u00e9 de remanier le texte de l\u2019ancien fagot. Nulle trace d\u00e9sormais, dans cette \u00e9dition de 1957, du camarade Roussenq. Oubli\u00e9 \u00e9galement l\u2019anarchiste sans dieu ni ma\u00eetre. De toute \u00e9vidence le bagnard de Saint Gilles aurait expi\u00e9 ses fautes. Et l\u2019abb\u00e9 Pucheu r\u00e9\u00e9crit l\u2019histoire d\u2019une vie\u00a0! Roussenq aurait-il retrouv\u00e9 la force dans la foi qui sauve\u00a0? Aide-toi et le ciel t\u2019aidera \u2026 m\u00eame en Guyane. Tel est le sens du dernier chapitre de ce livre. Quelques lignes suffisent pour r\u00e9v\u00e9ler \u2013 le mot n\u2019est pas trop fort \u2013 le merveilleux spectacle d\u2019un \u00ab\u00a0<em>bagnard repenti<\/em>\u00a0\u00bb communiant aux c\u00f4t\u00e9s de la m\u00e8re de sa victime. Pucheu signe les derni\u00e8res lignes d\u2019une \u00e9tonnante mais logique conclusion. Dieu ne serait finalement que bont\u00e9\u00a0m\u00eame pour des incroyants n\u00e9gateurs de l\u2019Autorit\u00e9, avec un A si grand qu\u2019elle ne peut \u00eatre que divine et que l\u2019on ne peut que s\u2019y soumettre : \u00ab\u00a0<em>Ainsi, au long des si\u00e8cles, s\u2019inscrit dans l\u2019humanit\u00e9 le pardon de Dieu<\/em>\u00a0\u00bb. Et Roussenq l\u2019Inco, Roussenq l\u2019Anar gagne par son livre les habits r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s de la sanctification. D\u2019o\u00f9, probablement, le titre donn\u00e9 \u00e0 l\u2019ouvrage. <em>L\u2019Enfer du bagne<\/em>. On ne peut que subir le bagne. L\u2019homme est naturellement bon, le bagne le pervertit. On pourrait croire \u00e0 du Rousseau vaticanis\u00e9\u00a0!!!!<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">A vrai dire, en 1957, Roussenq se fout bien de la r\u00e9\u00e9criture de son livre. Il est mort. Une mort r\u00e9sumant toute une vie d\u2019anarchiste. M\u00eame pas d\u00e9froqu\u00e9, en plus. Une mort choisie, voulue et non subie. Une mort pour effacer les souffrances du corps et de la t\u00eate. L\u2019homme est fatigu\u00e9. Lib\u00e9r\u00e9 en 1945, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 du camp de Sisteron \u00e0 celui de Fort Barreaux, il a repris son activit\u00e9 de colporteur. Elis\u00e9e Perrier, dans la n\u00e9cro du <em>Libertaire<\/em> en date du 19 ao\u00fbt 1949, signale \u00e0 propos\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Mais us\u00e9 par 25 ans de bagne et, depuis sa lib\u00e9ration, traqu\u00e9 et jet\u00e9 en prison par tous les Javert de France, ce \u00ab\u00a0doux pays de libert\u00e9\u00a0\u00bb, malade, accul\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 rouler d\u2019un h\u00f4pital \u00e0 l\u2019autre sans espoir de gu\u00e9rison, Roussenq tente par deux fois, \u00e0 Cannes le 7 juillet dernier, de se donner la mort, sans y parvenir. (\u2026) Il s\u00e9journe encore bri\u00e8vement dans diff\u00e9rents h\u00f4pitaux, aussi moches les uns que les autres, et le voici, le 30 juillet, \u00e0 Bayonne. Il souffre terriblement. La douleur ricane, croyant d\u00e9j\u00e0 tenir sa proie. Roussenq se passera de ses services. Elle veut le tuer. Il la devancera dans ses pr\u00e9tentions. C\u2019est la derni\u00e8re victoire qu\u2019il remportera sur elle<\/em>\u00a0\u00bb. 3 ao\u00fbt 1949, un corps flotte dans l\u2019Adour. Trois jours plus tard Roussenq est enterr\u00e9. Le registre du cimeti\u00e8re de Saint Jean de Bayonne porte la mention \u00ab\u00a0indigent\u00a0\u00bb \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du nom du suicid\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong>\u00a0Sources :<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">&#8211; Archives Contemporaines de Fontainbleau<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">&#8211; Archives de l&rsquo;Outre-Mer<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\">&#8211; <span style=\"AR-SA;\">Vidal Daniel, <em>Paul Roussenq, le bagnard de Saint Gilles<\/em>, collection Graines d\u2019ananars, Paris, Editions du Monde Libertaire, 2001<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"35.4pt\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"AR-SA;\">&#8211; Delpech Jean-Marc,\u00a0<span style=\"AR-SA;\"><em>Alexandre Jacob l\u2019honn\u00eate cambrioleur<\/em>, Atelier de Cr\u00e9ation Libertaire, 2008<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt\"><span style=\"Times New Roman;\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gare aux faux pas\u00a0! Effet papillon ou th\u00e9orie des dominos peu importe. Un fatal battement d\u2019ailes ou un malencontreux \u00e9cart qui fait basculer une des pi\u00e8ces du jeu. L\u2019effet papillon \u00e0 la mode Roussenq, c\u2019est un quignon de pain. Oui, un simple bout de pain dur peut vous pourrir la vie\u00a0! 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