{"id":818,"date":"2008-11-09T06:29:58","date_gmt":"2008-11-09T04:29:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=818"},"modified":"2012-10-28T09:48:40","modified_gmt":"2012-10-28T07:48:40","slug":"memoire-d%e2%80%99un-vaincu-de-guerre-sociale","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/11\/memoire-d%e2%80%99un-vaincu-de-guerre-sociale\/","title":{"rendered":"M\u00e9moire d\u2019un vaincu"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/michel-ragon.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-819\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/michel-ragon.jpg\" alt=\"Michel Ragon\" width=\"150\" height=\"195\" \/><\/a>Michel Ragon fait partie de ces auteurs r\u00e9currents du mouvement libertaire fran\u00e7ais depuis l\u2019apr\u00e8s-guerre. N\u00e9 en 1924, il publie son premier livre, <em>Les \u00e9crivains du peuple<\/em>, en 1947. Ecrivain prolifique dans le domaine du roman, de l\u2019histoire de l\u2019anarchie ou encore de l\u2019histoire de l\u2019art, on lui doit entre autres <em>La m\u00e9moire des Vaincus<\/em> en 1990, sorte de road movie dans lequel appara\u00eet Alexandre Jacob sous les traits du marchand forain \u00e0 l\u2019enseigne Marius. Dans les rues de Barcelone en R\u00e9volution, le h\u00e9ros Fred Barth\u00e9l\u00e9my retrouve l\u2019ancien bagnard venu pr\u00eater mains fortes aux libertaires en lutte. Il avait d\u00e9j\u00e0 crois\u00e9 sa route vers 1929 dans les locaux du <em>Libertaire<\/em>. Curieusement ces deux \u00e9pisodes, directement inspir\u00e9s du roman \u00e0 caract\u00e8re biographique de Bernard Thomas et des souvenirs de May Picqueray, ne se retrouvent pas dans le <em>Dictionnaire de l\u2019anarchie<\/em>, sorti r\u00e9cemment (octobre 2008) chez <em>Albin Michel<\/em>.<!--more--> L\u2019ouvrage de 666 pages pr\u00e9sente en 366 entr\u00e9es, plus ou moins longues, les hommes, les femmes et les id\u00e9es qui ont construit l\u2019id\u00e9e anarchiste. Le fait que Jacob y ait une place relativement cons\u00e9quente (2 pages) est une bonne chose en soi, r\u00e9v\u00e9lant l\u2019importance du personnage. Malheureusement, la biographie de l\u2019honn\u00eate cambrioleur verse une fois encore dans l\u2019amalgame lupinien. Et Jacob de devenir de mani\u00e8re anachronique un \u00ab\u00a0<em>Gentleman cambrioleur dans l&rsquo;esprit du <span style=\"italic;\">Voleur <\/span>de Darien et de l&rsquo;<span style=\"italic;\">Ars\u00e8ne Lupin <\/span>de Maurice Leblanc<\/em> \u00bb. Si Darien \u00e9crit son Voleur en 1897, rappelons que la naissance officielle de Lupin dans les colonnes de Je Sais Tout en juillet 1905 n\u2019intervient qu\u2019apr\u00e8s le proc\u00e8s d\u2019Amiens o\u00f9 \u00ab\u00a0<em>Marius Jacob domina les d\u00e9bats<\/em> \u00bb. Ce qui, au demeurant, ne l\u00e9gitime en rien le fallacieux rapprochement entre l\u2019ill\u00e9galiste qui \u00ab\u00a0<em>proclama le droit au vol<\/em> \u00bb et le personnage litt\u00e9raire. S\u2019il n\u2019a pas connu Alexandre Marius Jacob, et non Marius Alexandre, Michel Ragon n\u2019en a pas moins fr\u00e9quent\u00e9 deux de ses amis. La notice biographique de Jacob aurait ainsi pu s\u2019inspirer des confidences de Pierre Valentin Berthier et d\u2019Alain Sergent. Ce n\u2019est pas le cas et l\u2019\u00e9crivain finit par se perdre dans la description d\u2019un aventurier politis\u00e9 dont nous relevons au moins deux grossi\u00e8res erreurs. Comment imaginer d\u2019abord un cambrioleur, qui \u0153uvre le plus souvent de nuit (d\u2019o\u00f9 le qualificatif accol\u00e9 \u00e0 l\u2019argotique vocable de Travailleur), puisse s\u2019embarrasser d\u2019un d\u00e9guisement de cur\u00e9 lorsqu\u2019il pille une \u00e9glise, une \u00ab\u00a0priante\u00a0\u00bb dans le jargon utilis\u00e9 par la bande d\u2019Abbeville\u00a0? O\u00f9 sont les sources prouvant enfin un soutien de Jean Grave notamment<span style=\"yes;\"> <\/span>lors du proc\u00e8s d\u2019Amiens alors que ce dernier consid\u00e8re le voleur comme un parasite social au m\u00eame titre que le bourgeois. <em>Les temps Nouveaux<\/em> ne mentionnent d\u2019ailleurs le dit proc\u00e8s d&rsquo;Amiens. A la place de cet \u00e9v\u00e9nement, nous trouvons dans les colonnes du journal du \u00ab\u00a0pape de la rue Mouffetard\u00a0\u00bb quelques critiques litt\u00e9raires ou encore les nouvelles de quelques mouvements sociaux comme cette manifestation de plusieurs milliers d&rsquo;ouvriers en mars 1905 dans la vall\u00e9e vosgienne de la Haute Meurthe, entre Saint L\u00e9onard et Plainfaing, non loin de Saint Di\u00e9. Le d\u00e9fil\u00e9 de prol\u00e9taires, bien que fortement encadr\u00e9 par environ 500 gendarmes, donne lieu \u00e0 de l\u00e9gers affrontements ; trois, quatre coups de feu sont \u00e9chang\u00e9s. Est-ce pour cela que la manifestation lorraine est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 l&rsquo;actualit\u00e9 picarde ? Nous pouvons en douter et mettre en avant les r\u00e9ticences de Grave \u00e0 donner cr\u00e9dit \u00e0 l&rsquo;action d&rsquo;Alexandre Jacob. Mais il est vrai que les lois dites sc\u00e9l\u00e9rates frappent toujours durement les incitations \u00e0 la propagande par le fait et \u00e0 la reprise individuelle. Le soutien, si soutien il y a, ne peut donc qu\u2019\u00eatre plus que discret, de l\u00e0 l\u2019absence de sources. De l\u00e0 encore l\u2019article de Victor M\u00e9ric, <em>l\u2019Erreur de Jacob<\/em>, paru dans le <em>Libertaire<\/em> en mars 1905 et imaginant la col\u00e8re de Jacob face \u00e0 l\u2019absence de soutien justement. Michel Ragon eut pu \u00e9viter ces quelques errements biographiques mais il est vrai que la vie de Jacob ne constitue qu\u2019une petite partie de son ouvrage de vulgarisation destin\u00e9 \u00e0 un public large et pas forc\u00e9ment militant libertaire. Ce qui ne constitue pas forc\u00e9ment une excuse pour verser dans l\u2019\u00e9pique ou l\u2019aventureuse vie d\u2019un voleur hors norme. Ce qui constitue en revanche un argument de vente suppl\u00e9mentaire pour un ouvrage, le dico, au demeurant largement critiquable.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\"> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/memoire-des-vaincus.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-820\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/memoire-des-vaincus-300x300.jpg\" alt=\"La m\u00e9moire des vaincus\" width=\"152\" height=\"154\" \/><\/a><\/span>Michel Ragon<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">La m\u00e9moire des vaincus<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">R\u00e9\u00e9dition <em>Livre de Poche<\/em><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong>p.331-332\u00a0: <\/strong>\u00ab\u00a0C\u2019est ainsi qu\u2019au mois de janvier apparut au Libertaire un revenant. Un vrai revenant. Un Lazare en personne. Un vieillard au teint cireux, aux cheveux blancs comme du pl\u00e2tre. Un revenant de l\u2019anarchie terroriste du temps de la bande \u00e0 Bonnot. Fred n\u2019avait jamais entendu parler de cet homme, mais les militants le recevaient avec affection et pr\u00e9venance. May Picqueray dit \u00e0 Fred qu\u2019il s\u2019agissait de Marius Jacob, condamn\u00e9 au bagne \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 en 1905. Marius Jacob avait pass\u00e9 neuf ann\u00e9es au cachot en Guyane, les fers aux pieds. Il y avait subi quinze ans de r\u00e9gime cellulaire, tent\u00e9 dix-neuf \u00e9vasions. Ce vieillard entrait dans sa cinquanti\u00e8me ann\u00e9e. Depuis plus de vingt-cinq ans, il n\u2019avait pas march\u00e9 dans une rue, seulement dialogu\u00e9 avec des co-d\u00e9tenus. Lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une r\u00e9duction de peine, il d\u00e9couvrait un Paris qui n\u2019\u00e9tait plus le sien. Des tramways rempla\u00e7aient les voitures \u00e0 chevaux. Il ne connaissait plus personne et plus personne ne le connaissait. Seul lien avec son pass\u00e9\u00a0: Le Libertaire. Il y apprenait que tous ses amis \u00e9taient morts, que la CGT marxis\u00e9e laminait les anarcho-syndicalistes, qu\u2019en Russie les bolcheviks d\u00e9cimaient les anarchistes. Il restait assis, an\u00e9anti, ses yeux noirs, encore plus noirs dans la p\u00e2leur de son visage burin\u00e9, fixant avec intensit\u00e9 les hommes et les femmes qui l\u2019entouraient. Personne ne l\u2019avait approch\u00e9 du temps o\u00f9 ses cambriolages rocambolesques lui valurent d\u2019inspirer les aventures d\u2019Ars\u00e8ne Lupin, personnage de fiction aujourd\u2019hui plus c\u00e9l\u00e8bre que son mod\u00e8le. Le monde qu\u2019il d\u00e9couvrait \u00e9tait un monde fou, aussi fou que celui des gardes-chiourme de Cayenne. Au bagne, il avait \u00e9tudi\u00e9 le droit. Le droit\u00a0? Comme s\u2019il existait d\u2019autre droit que celui du plus fort, du plus riche, du plus beau\u00a0! On garda Marius Jacob, viss\u00e9 sur sa chaise, jusqu\u2019\u00e0 tard dans la nuit. Il ne voulait plus s\u2019en aller. Il ne voulait plus aller nulle part. en d\u00e9sespoir de cause, on lui fit un lit de camp au milieu des piles de journaux. Et il resta seul \u00e0 dormir dans le local d\u00e9sert.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\"> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoFootnoteText\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong><span style=\"12pt;\">p.433\u00a0:<\/span><\/strong><span style=\"12pt;\"> <span style=\"italic;\">Un soir, Fred rencontra dans les rues de Barcelone le vieux Marius Jacob, tout aussi d\u00e9sempar\u00e9 que ce jour o\u00f9 il arriva au Libertaire apr\u00e8s ses 25 ans de bagne. Accouru assister \u00e0 la r\u00e9volution anarchiste, il ne comprenait gu\u00e8re ce qui se passait. Effar\u00e9 de d\u00e9couvrir que des anarchistes \u00e9taient devenus ministres, il s\u2019en retourna tr\u00e8s vite \u00e0 Issoudun o\u00f9 il tenait un commerce de camelot ambulant<\/span>, avec pour tout \u00e9quipement un \u00e2ne et un parapluie.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\"> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong>p. 518\u00a0:<\/strong> [La mort] de Marius Jacob lui semblait infiniment plus digne d\u2019attention. Il me parla donc de Marius Jacob, de sa surprise lorsqu\u2019il rencontra, voil\u00e0 plus de vingt ans, ce bagnard lib\u00e9r\u00e9, \u00e9chou\u00e9 dans les bureaux du Libertaire\u00a0; ce Marius Jacob, fant\u00f4me des temps r\u00e9volus de l\u2019ill\u00e9galisme et du terrorisme\u00a0; ce Marius Jacob devenu un paisible marchand forain. Septuag\u00e9naire, Marius Jacob consid\u00e9rant que la vie ne pouvait plus que lui apporter les mis\u00e8res de la vieillesse, r\u00e9unit neuf gosses de son village, leur offrit un bon go\u00fbter\u00a0; puit rangea son linge, fit son m\u00e9nage, laissa deux bouteilles de ros\u00e9 pour les copains, alluma un feu dont il v\u00e9rifia qu\u2019il d\u00e9gageait bien du gaz carbonique et se piqua \u00e0 la morphine. <\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Fred rapprochait ces deux morts, celle du bagnard et celle du dictateur [Staline]. La mort volontaire du premier, digne de celle de Socrate et la fin de l\u2019autre, qui n\u2019\u00e9tait pas une fin puisqu\u2019on allait l\u2019embaumer dans un cercueil de verre et l\u2019installer dans le mausol\u00e9e de la Place Rouge, pr\u00e8s de L\u00e9nine qui, aux enfers, se reculait d\u2019effroi. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\"> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dictionnaire-de-lanarchie-mragon.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-821\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dictionnaire-de-lanarchie-mragon-300x300.jpg\" alt=\"Dictionnaire de l\\'anarchie, octobre 2008\" width=\"153\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dictionnaire-de-lanarchie-mragon-300x300.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dictionnaire-de-lanarchie-mragon-150x150.jpg 150w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dictionnaire-de-lanarchie-mragon.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 153px) 100vw, 153px\" \/><\/a><\/span>Michel Ragon<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">Dictionnaire de l\u2019anarchie<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"208.3pt;\"><strong><span style=\"Times New Roman;\">JACOB Marius Alexandre (1879-1954)<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"208.3pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong>p.290-291\u00a0:<\/strong> Adepte de la th\u00e9orie anarchiste de la \u00ab reprise individuelle\u00a0\u00bb, il constitua vers 1900 une association de cambriolage qui comptait une quarantaine de membres remarquablement organis\u00e9s, avec des \u00e9claireurs qui rep\u00e9raient les lieux \u00e0 visi\u00adter, des cambrioleurs b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un outillage perfectionn\u00e9 et des receleurs pour la mise en vente des objets d\u00e9rob\u00e9s. Gentleman cambrioleur dans l&rsquo;esprit du <em>Voleur <\/em>de Darien et de l&rsquo;<em>Ars\u00e8ne Lupin <\/em>de Maurice Leblanc, <strong>il se d\u00e9guise en eccl\u00e9siastique pour d\u00e9valiser des \u00e9glises, rev\u00eat un smo\u00adking pour piller les salles de jeux<\/strong>. Ma\u00eetre de la technique du cambriolage, il s\u2019\u00e9rige en punis\u00adseur des riches et signe ses messages \u00abAttila\u00bb. Ses op\u00e9rations ne frappent que ceux qu&rsquo;il consid\u00e8re comme des parasites sociaux : pr\u00eatres, militaires, juges, et il exclut de ses cibles ceux dont il pense qu&rsquo;ils remplissent des fonctions utiles : m\u00e9decins, architectes, \u00e9crivains. C\u2019est ainsi qu&rsquo;il renoncera \u00e0 cambrioler une riche maison \u00e0 Rochefort lorsqu&rsquo;il s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il s&rsquo;agit de celle de Pierre Loti.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"small;\">Croyant agir en vertu de la sentence de Proudhon: \u00abLa propri\u00e9t\u00e9 c&rsquo;est le vol\u00bb, il se distinguait des voleurs ordinaires en versant 10 % de ses butins aux \u0153uvres de propagande anarchiste <\/span><span style=\"11pt;\">et notamment au journal <em>Le Libertaire.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong>II fr\u00e9quentait d&rsquo;ailleurs S\u00e9bastien Faure, Emile Pouget, Jean Grave, qui soutiendront son action lors de son proc\u00e8s<\/strong>, le 8 mars 1905.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"small;\">Son arrestation \u00e0 Abbeville avait \u00e9t\u00e9 dramati\u00adque, un agent de la force publique ayant \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Bient\u00f4t toute la bande sera appr\u00e9hend\u00e9e \u00e0 Paris. Le proc\u00e8s dit des \u00abTravailleurs de la nuit\u00bb se tint \u00e0 la cour d&rsquo;assises de la Somme le 8 mars 1905. Vingt-trois cambrioleurs furent jug\u00e9s. Marius Jacob domina les d\u00e9bats par ses r\u00e9pliques, son humour, nargua les magistrats. Il proclama le droit au vol : \u00abCeux qui produisent tout n&rsquo;ont rien, et ceux qui ne produisent rien ont tout. <\/span><span style=\"8pt;\">\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Condamn\u00e9 aux travaux forces \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, Marius Jacob fut d\u00e9port\u00e9 en Guyane en 1906. Il tentera \u00e0 dix-sept reprises de s&rsquo;\u00e9vader. Albert Londres s&rsquo;entretint avec lui aux \u00eeles du Salut et intervint pour le faire lib\u00e9rer. Roubaud, dans <em>Le Quotidien: <\/em>\u00ab On ne plaide pas l\u2019erreur judiciaire, mais l\u2019erreur sociale. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"AR-SA;\">Apres vingt ans de bagne, Jacob revint en France et s\u2019installa comme marchand ambulant de bonneterie. En 1948, il r\u00e9digea ses <em>Souvenirs <\/em><\/span><em><span style=\"AR-SA;\">d&rsquo;un <\/span><span style=\"AR-SA;\">demi-si\u00e8cle <\/span><\/em><span style=\"AR-SA;\">et se suicida en 1954<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Ragon fait partie de ces auteurs r\u00e9currents du mouvement libertaire fran\u00e7ais depuis l\u2019apr\u00e8s-guerre. N\u00e9 en 1924, il publie son premier livre, Les \u00e9crivains du peuple, en 1947. Ecrivain prolifique dans le domaine du roman, de l\u2019histoire de l\u2019anarchie ou encore de l\u2019histoire de l\u2019art, on lui doit entre autres La m\u00e9moire des Vaincus en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[7],"tags":[738,862,95,863,217,888,32,112,1076,195,1077,207,1078,1075,520,1074,40,750,1035,530,1073,326,1072,170,116,123,812],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/818"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=818"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/818\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=818"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=818"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=818"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}