{"id":805,"date":"2008-10-28T10:54:43","date_gmt":"2008-10-28T08:54:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=805"},"modified":"2011-06-10T17:49:17","modified_gmt":"2011-06-10T15:49:17","slug":"wiki-nimportnawak-ou-presque-%e2%80%a6","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/10\/wiki-nimportnawak-ou-presque-%e2%80%a6\/","title":{"rendered":"WIKI nimportnawak ou presque \u2026"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"bold;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/wikipedia.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-807\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/wikipedia-300x200.jpg\" alt=\"logo Wikip\u00e9dia\" width=\"256\" height=\"194\" \/><\/a>Si les encyclop\u00e9dies libres sur le Net permettent d\u2019\u00e9largir ses connaissances sans avoir \u00e0 d\u00e9bourser le moindre brouzouf, la moindre petite p\u00e9p\u00e8te, le moindre petit r\u00e8glement par paypal interpos\u00e9, ils n\u2019en pr\u00e9sentent au moins un inconv\u00e9nient. Et non des moindres. Il tient \u00e0 la fonction m\u00eame de la dite encyclop\u00e9die libre. L\u2019information distill\u00e9e par nimportawik peut aboutir \u00e0 nimportnawak dans la mesure o\u00f9 il n\u2019y a pas v\u00e9rification des<span style=\"yes;\"> <\/span>r\u00e9v\u00e9lations faites. Ne pas g\u00e9n\u00e9raliser bien s\u00fbr. La plupart du temps, l\u2019article sollicit\u00e9 est fiable \u2026 parait fiable. Mais force est de constater que, lorsqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019honn\u00eate cambrioleur pr\u00e9nomm\u00e9 de mani\u00e8re anachronique Marius dans Wikip\u00e9dia, le mythe lupinien a de nouveau et in\u00e9luctablement valeur de loi.<!--more--> Il est alors \u00ab\u00a0<em>l\u2019anarchiste qui inspira Maurice Leblanc<\/em> \u00bb. D\u2019autant plus r\u00e9ducteur que de toute \u00e9vidence l\u2019inspiration du texte qui suit provient d\u2019ouvrages biographiques \u00e0 pr\u00e9tention historique, comme a pu le noter l\u2019avant-propos des <em>Ecrits<\/em> de Jacob parus chez <em>L\u2019Insomniaque<\/em> en 1995. Nous avons mis <\/span><span style=\"12pt;\">en gras<\/span><span style=\"bold;\"> les passages de l\u2019article qui nous semblent<span style=\"yes;\"> <\/span>sujets \u00e0 caution. Passons sur le gentleman cambrioleur et remarquons quelques errements apocryphes sur un soi-disant ill\u00e9galisme \u00ab\u00a0pacifiste\u00a0\u00bb (m\u00eame avec usage des guillemets) ou sur l\u2019usage syst\u00e9matique du pseudonyme Attila. L\u2019ill\u00e9galiste anarchiste Jacob, qui vole certes mais qui ne se m\u00ealerait pas \u00e0 la masse pl\u00e9b\u00e9ienne des criminels maffieux, n\u2019a finalement us\u00e9 que parcimonieusement des billets vengeurs dans les riches demeures visit\u00e9es. L\u2019utilisation de la violence \u00e0 des fins de l\u00e9gitime d\u00e9fense, reprenant la c\u00e9l\u00e8bre formule de Cl\u00e9ment Duval, ne se fait pas que sur les tristes sicaires de l\u2019Ordre Publique et social m\u00eame si c\u2019est l\u2019agent Couillot, \u00e0 Orl\u00e9ans, qui re\u00e7ut les pruneaux du voleur Jacob. Mais les fables ont la vie dure\u00a0: ainsi le cambriolage de la maison de Pierre Loti ou encore celle d\u2019une tr\u00e8s tr\u00e8s hypoth\u00e9tique riche marquise. Dans les deux cas, le voleur se fait g\u00e9n\u00e9reux et repart en remboursant ses d\u00e9g\u00e2ts. La correspondance du vieux marchand forain (et l\u00e0 on peut l\u2019appeler Marius) avec Jean Maitron en 1948 vient de facto nier ces deux inepties transmises par le commandant Michel en 1937 dans le magazine <em>Confessions<\/em> des fr\u00e8res Kessel.<span style=\"yes;\"> <\/span>Mais Jacob sait aussi se faire p\u00e9dagogue et pros\u00e9lyte. L\u2019auteur de l\u2019article insistera alors sur l\u2019agent de police que l\u2019on tente de convertir \u00e0 la Cause\u00a0!!! Ou encore sur l\u2019ouvrier qui ne pense qu\u2019\u00e0 sa retraite. En guise d\u2019ouvrier, l\u2019anecdote ici retranscrite, reprend le propos Nacavant, chef de la gare de Pont R\u00e9my, transmis par Jacob lui-m\u00eame dans les <em>Souvenirs d\u2019un r\u00e9volt\u00e9<\/em>. Petit \u00e0 petit, nous avan\u00e7ons dans l\u2019histoire du vrai-faux Ars\u00e8ne Lupin. Diff\u00e9rence\u00a0fondamentale avec Raoul d\u2019Andr\u00e9sy : le voleur anarchiste, le th\u00e9oricien de l\u2019ill\u00e9galisme lors du proc\u00e8s d\u2019Amiens finit sa d\u00e9lictueuse carri\u00e8re au bagne. Peu de choses \u00e0 vrai dire l\u00e0-dessus. Seule la lib\u00e9ration du matricule 34777 retient notre attention. Certes, l\u2019ann\u00e9e de la libert\u00e9 retrouv\u00e9e est juste mais l\u2019homme libre se retrouve \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Le fait serait av\u00e9r\u00e9 dans les deux biographies pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9es. Alexandre Jacob sort libre et sur ses deux pieds de la prison de Fresnes le 30 d\u00e9cembre 1927. Et sa nouvelle vie reprend le fil conducteur de l\u2019aventure, m\u00e9langeant des amiti\u00e9s non v\u00e9rifi\u00e9es, avec Louis Lecoin notamment, qu\u2019il n\u2019aurait r\u00e9ellement connu d\u2019apr\u00e8s le propos de Guy Denizeau qu\u2019\u00e0 Lussault sur Loire en 1953\u00a0!!! Ce sont alors quelques \u00e9pisodes suppos\u00e9s croustillant de p\u00e9rip\u00e9ties\u00a0: Jacob lutte pour faire lib\u00e9rer Sacco et Vanzetti. Les deux innocents sont grill\u00e9s par la chaise \u00e9lectrique au mois d\u2019ao\u00fbt 1927 alors que le prisonnier Jacob croupit encore dans les cellules de la R\u00e9publique fran\u00e7aise. Jacob fait le coup de feu en Espagne mais pour y \u00eatre utile aux camarades, Jacob ouvre grand sa maison pour accueillir les r\u00e9sistants berrichons luttant contre l\u2019envahisseur nazis, etc. Bref, la vie de Jacob, ou plut\u00f4t \u00ab\u00a0Les vies d\u2019Alexandre Jacob\u00a0\u00bb, se lit encore ici comme un roman. Ce qui est relativement dommage pour un article \u00e0 caract\u00e8re informatif et synth\u00e9tique, ayant valeur de r\u00e9f\u00e9rence, que l\u2019on retrouve syst\u00e9matiquement en premi\u00e8re position dans les moteurs de recherche du web et qui finit par dire nimportnawak \u2026 ou presque.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"bold;\"><span style=\"Times New Roman;\"> <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"12pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Marius Jacob<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">Un article de Wikip\u00e9dia, l&rsquo;encyclop\u00e9die libre<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"bold;\">Marius Jacob<\/span>, n\u00e9 <span style=\"bold;\">Alexandre Jacob<\/span> le 29\u00a0septembre\u00a01879 \u00e0 Marseille et mort le 28\u00a0ao\u00fbt\u00a01954 \u00e0 Reuilly, est un anarchiste ill\u00e9galiste fran\u00e7ais. Cambrioleur ing\u00e9nieux et dot\u00e9 du sens de l&rsquo;humour, capable de grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ses victimes, il sera (entre autres \u00ab\u00a0ill\u00e9gaux\u00a0\u00bb de la Belle \u00c9poque) <strong>un des mod\u00e8les dont Maurice Leblanc s&rsquo;inspirera pour cr\u00e9er le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin<\/strong>.<\/span><\/span><a name=\"Une_dure_formation_.C3.A0_la_vie\"><\/a><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span class=\"mw-headline\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"yes;\"> <\/span>Une dure formation \u00e0 la vie<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">D\u2019origine alsacienne, Marius Jacob na\u00eet dans un milieu prol\u00e9taire et s&rsquo;engage \u00e0 douze ans comme mousse pour un voyage qui le m\u00e8nera jusqu&rsquo;\u00e0 Sydney o\u00f9 il d\u00e9sertera. Il aura connu dans ce voyage le haut (\u00ab\u00a0jet set\u00a0\u00bb en croisi\u00e8re) et le bas (<strong>marins aux d\u00e9sirs desquels il se refuse<\/strong>, bagnards et esclaves transport\u00e9s) de la soci\u00e9t\u00e9 (\u00ab\u00a0J&rsquo;ai vu le monde\u00a0; il n&rsquo;est pas beau\u00a0\u00bb). Apr\u00e8s un bref \u00e9pisode de piraterie, \u00e0 laquelle il renonce par rejet d&rsquo;une trop grande cruaut\u00e9, il revient \u00e0 Marseille en 1897 et abandonne d\u00e9finitivement la marine, min\u00e9 par des fi\u00e8vres qui l&rsquo;accompagneront toute sa vie. Apprenti typographe, il fr\u00e9quente les milieux anarchistes et y rencontre Rose avec qui il vit.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Les socialistes parlementaires de cette fin de si\u00e8cle s&rsquo;opposent, souvent violemment, aux anarchistes libertaires du monde ouvrier. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les uns se veulent l\u00e9galistes et tentent de parvenir au pouvoir par les \u00e9lections, de l&rsquo;autre les anarchistes pensent que la justice sociale ne se discute pas et qu&rsquo;elle se prend\u00a0! Dans l&rsquo;Europe de la Belle \u00c9poque, suivant la r\u00e9pression de la commune de Paris, des r\u00e9volt\u00e9s tendant vers l&rsquo;acte individuel violent pour rendre justice, font tomber des rois, des politiciens, des militaires, des policiers, des tyrans, des magistrats sous leurs armes qui \u00e9clatent un peu partout dans le monde\u00a0! Des dizaines de militants anarchistes sont emprisonn\u00e9s et certains guillotin\u00e9s, pendus, etc. Les libertaires sont traqu\u00e9s, des hommes comme Ravachol sont condamn\u00e9s \u00e0 avoir la t\u00eate tranch\u00e9e, mais surtout le terrorisme les rend impopulaires, ce qui nuit \u00e0 leur cause.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Fich\u00e9, compromis dans une affaire d&rsquo;explosifs et quelques menus larcins, condamn\u00e9 \u00e0 six mois de prison, Jacob ne peut se r\u00e9ins\u00e9rer. <strong>Il va alors choisir \u00ab\u00a0un ill\u00e9galisme pacifiste\u00a0\u00bb<\/strong> (<strong>\u00ab\u00a0Puisque les bombes font peur au peuple, volons les bourgeois, et redistribuons aux pauvres\u00a0!\u00a0\u00bb<\/strong>).<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le 31\u00a0mars\u00a01899, un commissaire de police et deux inspecteurs se pr\u00e9sentent chez un commissionnaire au Mont de Pi\u00e9t\u00e9 de Marseille. L&rsquo;accusant du recel d&rsquo;une montre, ils l&rsquo;arr\u00eatent, apr\u00e8s avoir dress\u00e9 durant trois heures, sur papier \u00e0 en-t\u00eate de la Pr\u00e9fecture de police, l&rsquo;inventaire de tout le mat\u00e9riel en d\u00e9p\u00f4t, qu&rsquo;ils confisquent comme pi\u00e8ces \u00e0 conviction. L&rsquo;homme est emmen\u00e9 menott\u00e9 au Palais de Justice tandis que les trois individus s&rsquo;esquivent, emportant un butin d&rsquo;environ 400\u00a0000 francs. Les policiers n&rsquo;\u00e9taient autres que Jacob et deux comp\u00e8res. La France enti\u00e8re en rit.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"Times New Roman;\"><strong><span class=\"mw-headline\"><span style=\"12pt;\">L&rsquo;anarchiste qui inspira Maurice Leblanc<\/span><\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong>Arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Toulon le 3\u00a0juillet\u00a01899<\/strong>, Jacob simule la folie (il a des hallucinations dans lesquelles il est agress\u00e9 par des j\u00e9suites\u00a0!) pour \u00e9viter cinq ann\u00e9es de r\u00e9clusion. Le 19\u00a0avril\u00a01900, il s&rsquo;\u00e9vade avec la complicit\u00e9 d&rsquo;un infirmier de l&rsquo;asile d&rsquo;Aix-en-Provence et se r\u00e9fugie \u00e0 S\u00e8te. Il organise alors sa bande, nomm\u00e9e \u00ab\u00a0Les Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb. Les principes en sont simples\u00a0: on ne tue pas, sauf pour prot\u00e9ger sa vie et sa libert\u00e9, <strong>et uniquement des policiers<\/strong> ; on ne vole que les parasites, les patrons, les juges, les militaires, le clerg\u00e9, jamais les professions utiles\u00a0: architectes, m\u00e9decins, artistes\u2026 Un pourcentage de l&rsquo;argent vol\u00e9 est revers\u00e9 \u00e0 la cause anarchiste et aux camarades dans le besoin, ce qui n&rsquo;ira pas sans poser de probl\u00e8mes. <strong>Il \u00e9vite de travailler avec les anarchistes id\u00e9alistes comme avec la p\u00e8gre, tr\u00e8s r\u00e9actionnaire en g\u00e9n\u00e9ral<\/strong>, choisissant comme complices des d\u00e9class\u00e9s, ill\u00e9galistes comme lui.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">L&rsquo;astuce de Jacob est sans limite. Pour voir si ceux qu&rsquo;il projette de cambrioler sont chez eux, il coince des morceaux de papier dans leurs portes et passe le lendemain v\u00e9rifier s&rsquo;ils sont toujours en place\u00a0; c&rsquo;est de plus un as du d\u00e9guisement. Autre astuce\u00a0: il ach\u00e8te une quincaillerie et se fait livrer des m\u00e9canismes de coffres-forts pour s&rsquo;entra\u00eener \u00e0 les crocheter, activit\u00e9 dont il devient un expert (toute sa vie d&rsquo;ailleurs il se lan\u00e7a en autodidacte dans des \u00e9tudes diverses, les approfondissant jusqu&rsquo;\u00e0 devenir chaque fois un sp\u00e9cialiste de la question). Mais sa plus belle invention est \u00ab\u00a0le coup du parapluie\u00a0\u00bb\u00a0: un trou dans le plancher de l&rsquo;appartement du dessus, un parapluie ferm\u00e9 gliss\u00e9 dans le trou, ouvert ensuite par un syst\u00e8me de ficelles, pour r\u00e9cup\u00e9rer les gravats et \u00e9viter le bruit de leur chute. Il lui arriva de refermer les portes par un de ses m\u00e9canismes de ficelles et de morceaux de bois, de mani\u00e8re \u00e0 faire croire qu&rsquo;il \u00e9tait toujours \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0; il assista une fois de la terrasse d&rsquo;un caf\u00e9 \u00e0 un assaut en r\u00e8gle donn\u00e9 \u00e0 une maison pill\u00e9e dans la nuit.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">On voit que son humour se donne libre cours \u00e9galement\u00a0: <strong>il signe ses forfaits d&rsquo;une carte au nom d&rsquo;Attila<\/strong> ; il y laisse parfois des mots, comme \u00ab\u00a0Dieu des voleurs, recherche les voleurs de ceux qui en ont vol\u00e9 d&rsquo;autres.\u00a0\u00bb (Rouen, \u00e9glise Saint-Sever, nuit du 13 au 14\u00a0f\u00e9vrier\u00a01901). Il fait parfois preuve d&rsquo;une classe inattendue dans ce milieu\u00a0: <strong>cambriolant la demeure d&rsquo;un capitaine de fr\u00e9gate, Julien Viaud, il s&rsquo;aper\u00e7oit soudain qu&rsquo;il s&rsquo;agit de Pierre Loti, remet tout en place et laisse un de ses fameux mots\u00a0: \u00ab\u00a0Ayant p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 chez vous par erreur, je ne saurais rien prendre \u00e0 qui vit de sa plume. Tout travail m\u00e9rite salaire. Attila. &#8211; P.S.\u00a0: Ci-joint dix francs pour la vitre bris\u00e9e et le volet endommag\u00e9.\u00a0\u00bb<\/strong> <strong>Un jour, d\u00e9couvrant qu&rsquo;une marquise qu&rsquo;il imaginait richissime \u00e9tait en fait cribl\u00e9e de dettes, il lui laisse 10\u00a0000 francs or.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">Bien qu&rsquo;il l&rsquo;ait toujours ni\u00e9, Maurice Leblanc s&rsquo;inspira de lui (entre autres, il est vrai) pour cr\u00e9er, en 1905 d&rsquo;ailleurs, son personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin.<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">Avec des groupes de deux \u00e0 quatre personnes, il commet entre 1900 et 1903 de 150 \u00e0 500 cambriolages, \u00e0 Paris, en province et m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger (\u00ab\u00a0Je faisais de la d\u00e9centralisation\u00a0\u00bb). Mais Jacob sait d\u00e9j\u00e0 que le combat est perdu\u00a0: <strong>un jour qu&rsquo;il essaie de convertir un ouvrier \u00e0 l&rsquo;anarchisme, il obtient une r\u00e9ponse significative\u00a0: \u00ab\u00a0Et ma retraite\u00a0?\u00a0\u00bb<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le 21\u00a0avril\u00a01903, une op\u00e9ration men\u00e9e \u00e0 Abbeville tourne mal. Apr\u00e8s avoir tu\u00e9 un agent<sup><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Marius_Jacob#cite_note-0#cite_note-0\"><span class=\"citecrochet1\"><span style=\"windowtext;\">[<\/span><\/span><span style=\"windowtext;\">1<span class=\"citecrochet1\">]<\/span><\/span><\/a><\/sup> et s&rsquo;\u00eatre enfuis, Jacob et ses deux complices sont captur\u00e9s. Il fait du proc\u00e8s, qui se tient \u00e0 Amiens deux ans plus tard, dans une ville en \u00e9tat de si\u00e8ge et hant\u00e9e par les anarchistes, une tribune pour ses id\u00e9es, \u00e9tonnant par sa truculence, son sens de la r\u00e9partie, son id\u00e9alisme, et son intelligence\u00a0: \u00ab\u00a0Vous savez maintenant qui je suis\u00a0: un r\u00e9volt\u00e9 vivant du produit de ses cambriolages.\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Il r\u00e9plique au pr\u00e9sident du tribunal qui lui demandait pourquoi, lors d&rsquo;un cambriolage, il avait vol\u00e9 un dipl\u00f4me de droit sans valeur marchande\u00a0: \u00ab\u00a0Je pr\u00e9parais d\u00e9j\u00e0 ma d\u00e9fense.\u00a0\u00bb <strong>On est oblig\u00e9 de changer p\u00e9riodiquement ses gardiens, car il les convertit \u00e0 l&rsquo;anarchisme<\/strong>. Il \u00e9chappe \u00e0 la guillotine, mais est condamn\u00e9 \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 au bagne de Cayenne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"Times New Roman;\"><span class=\"mw-headline\"><span style=\"bold;\">Le bagne et la r\u00e9surrection<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Du bagne, il entretient une \u00e9mouvante correspondance avec sa m\u00e8re Marie, qui ne l&rsquo;abandonna jamais\u00a0; il tente de s&rsquo;\u00e9vader 17 fois avec une remarquable ing\u00e9niosit\u00e9 et, face \u00e0 une administration p\u00e9nitentiaire qui cherche \u00e0 le d\u00e9truire, il doit \u00e0 son intelligence (il \u00e9tudie le droit pour venir en aide \u00e0 ses compagnons\u2026 ainsi qu&rsquo;\u00e0 lui-m\u00eame) et \u00e0 son \u00e9nergie de rester incorruptible et inentam\u00e9 sur le plan moral\u00a0; en revanche ses forces physiques sont gravement atteintes.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Revenu en m\u00e9tropole suite \u00e0 la campagne contre le bagne lanc\u00e9e par Albert Londres, il finit d&rsquo;y purger sa peine jusqu&rsquo;en 1927. <strong>Lib\u00e9r\u00e9, remis sur pied dans un h\u00f4pital<\/strong>, <strong>il travaille au <em>Printemps<\/em><\/strong>, puis se fait marchand ambulant dans le Val de Loire et en Touraine, s&rsquo;installant \u00e0 Reuilly dans l&rsquo;Indre avec sa compagne Paulette (Rose est morte pendant son s\u00e9jour \u00e0 Cayenne) et sa m\u00e8re. Il se sent bien dans le milieu forain car ce dernier est, sinon ouvert \u00e0 l&rsquo;anarchisme th\u00e9orique, du moins proche de sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">En 1929, Jacob se pr\u00e9sente dans les locaux du journal <em>Le Libertaire<\/em> dirig\u00e9 par Louis Lecoin. <strong>Les deux hommes se ressemblent et se lient d&rsquo;amiti\u00e9<\/strong>. Si Jacob (qui a pris le pr\u00e9nom de Marius parce que c&rsquo;est moins long qu&rsquo;Alexandre, et donc moins cher \u00e0 \u00e9crire sur le calicot de son \u00e9tal) ne reprend pas ses activit\u00e9s lucratives, <strong>il s&rsquo;investit dans la propagande. Apr\u00e8s les combats de soutien pour les objecteurs de conscience et ceux pour Sacco et Vanzetti<\/strong>, les libertaires apportent leur soutien pour emp\u00eacher l&rsquo;extradition de Durruti promis \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution capitale en Espagne.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">En 1936, il va \u00e0 Barcelone dans l&rsquo;espoir de s&rsquo;y rendre utile \u00e0 la CNT, mais comprenant que, pour lui comme pour l&rsquo;Espagne, c&rsquo;est sans espoir, il revient sur les march\u00e9s du centre de la France, en parcourant ces march\u00e9s et les foires du centre, il ach\u00e8te en 1939, une maison \u00e0 Reuilly\u00a0: \u00ab\u00a0Le pays o\u00f9 il ne se passe jamais rien\u00a0\u00bb, et s&rsquo;y marie en 1939. Il semble qu&rsquo;il ait laiss\u00e9 un bon souvenir aux habitants de la commune\u00a0: sa maison et sa tombe y font aujourd&rsquo;hui partie des sites \u00e0 visiter. En octobre 2004, une impasse est baptis\u00e9e \u00e0 son nom et une exposition lui est consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Office du tourisme en novembre.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">S&rsquo;il ne s&rsquo;engage pas dans la R\u00e9sistance (il y eut tr\u00e8s peu de r\u00e9seaux anarchistes, m\u00eame si certains libertaires, essentiellement espagnols, particip\u00e8rent au mouvement de lib\u00e9ration), <strong>les partisans savent pouvoir trouver refuge chez lui<\/strong>. Apr\u00e8s la mort de sa m\u00e8re (1941) et de sa femme (<strong>1947<\/strong>), il vieillit entour\u00e9 d&rsquo;amis et de camarades de discussion (Pierre-Valentin Berthier, \u00e9crivain anarchiste et sa femme, <strong>Jean Maitron<\/strong>, auteur du <em>Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier<\/em>, <strong>R. Treno, le directeur du <em>Canard encha\u00een\u00e9<\/em><\/strong>, et bien d&rsquo;autres), ne renon\u00e7ant jamais ni \u00e0 sa verve, ni \u00e0 ses opinions, ni \u00e0 ses provocations d&rsquo;homme libre (devant payer un imp\u00f4t pour son chien, il r\u00e9clame une carte d&rsquo;\u00e9lecteur pour ce dernier, qui \u00ab\u00a0n&rsquo;a jamais menti, jamais \u00e9t\u00e9 ivre. Aucun de vos \u00e9lecteurs ne peut en dire autant\u00a0\u00bb).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"Times New Roman;\"><span class=\"mw-headline\"><span style=\"12pt;\">Une fin de vie digne<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">En 1953, il rencontre un couple de jeunes enseignants, Robert et Josette. Profonde amiti\u00e9 entre les deux hommes. Et passion partag\u00e9e avec la jeune femme, \u00e0 qui il accorde, malgr\u00e9 sa d\u00e9cision d&rsquo;en finir avec la vie maintenant que son corps le l\u00e2che, une ann\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le 28\u00a0ao\u00fbt\u00a01954, il s&#8217;empoisonne, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une injection de morphine et d&rsquo;un po\u00eale \u00e0 charbon d\u00e9traqu\u00e9, avec son vieux chien, N\u00e9gro, laissant le dernier de ses fameux mots\u00a0: \u00ab\u00a0(&#8230;) Linge lessiv\u00e9, rinc\u00e9, s\u00e9ch\u00e9, mais pas repass\u00e9. J&rsquo;ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de ros\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la paneterie. \u00c0 votre sant\u00e9.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\"> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si les encyclop\u00e9dies libres sur le Net permettent d\u2019\u00e9largir ses connaissances sans avoir \u00e0 d\u00e9bourser le moindre brouzouf, la moindre petite p\u00e9p\u00e8te, le moindre petit r\u00e8glement par paypal interpos\u00e9, ils n\u2019en pr\u00e9sentent au moins un inconv\u00e9nient. Et non des moindres. Il tient \u00e0 la fonction m\u00eame de la dite encyclop\u00e9die libre. 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