{"id":693,"date":"2009-02-07T06:23:26","date_gmt":"2009-02-07T04:23:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=693"},"modified":"2009-02-07T06:23:26","modified_gmt":"2009-02-07T04:23:26","slug":"l%e2%80%99oncle-et-les-pd","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/02\/l%e2%80%99oncle-et-les-pd\/","title":{"rendered":"L\u2019oncle et les PD"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/homosexualite-21.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-667\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/homosexualite-21-191x300.jpg\" alt=\"bagnards homosexuels, dessin de Georges Jauneau 1928\" width=\"148\" height=\"209\" \/><\/a>La vision qu\u2019a Louis Rousseau de l\u2019homosexualit\u00e9 tranche avec celle de Jacob. Le m\u00e9decin au bagne consacre en effet une grande partie de son chapitre sur les m\u0153urs des condamn\u00e9s \u00e0 d\u00e9crire une inversion sexuelle subie o\u00f9 s\u2019affrontent les passions exacerb\u00e9es des transport\u00e9s. Car l\u2019acte, s\u2019il ne peut \u00eatre que contre nature, est fatalement induit par un milieu d\u00e9l\u00e9t\u00e8re et par l\u2019enfermement. Il en serait autrement dans la vie libre pour un grand nombre de condamn\u00e9s. Les autres ne constitueraient ainsi qu\u2019un groupe minoritaire de malades mentaux.<!--more-->\u00a0Rousseau fait bien \u00e9videmment r\u00e9f\u00e9rence au tr\u00e8s<span style=\"yes;\">\u00a0 <\/span>r\u00e9trograde Lombroso pour appuyer un propos que nous ne partageons \u00e9videmment pas. Une telle vision n\u2019est plus aujourd\u2019hui de mise.<span style=\"yes;\">\u00a0 <\/span>Mais il faut remarquer aussi que Rousseau s\u2019inscrit n\u00e9anmoins dans le cadre d\u2019une \u00e9tude scientifique globale, avec les sources moralistes du moment, du bagne et de ses habitants. Et ce ne sont l\u00e0 que des hommes punis.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"Times New Roman;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-510\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne1-221x300.jpg\" alt=\"Un m\u00e9decin au bagne, \u00e9ditions Fleury, 1930\" width=\"160\" height=\"238\" \/><\/a><\/span>Louis Rousseau<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">Un m\u00e9decin au bagne<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">p.208-220\u00a0:<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"Times New Roman;\">M\u0153urs des condamn\u00e9s<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">(\u2026) On rend toujours le condamn\u00e9 responsable de ses mauvaises moeurs. On pense que sa perversit\u00e9 qui en a fait un criminel et l&rsquo;a conduit au bagne continue de se manifester en captivit\u00e9 par des pratiques immorales. Cela n&rsquo;est pas juste. Que deviendraient des individus a casier judiciaire vierge, pris au hasard et trait\u00e9s comme le sont les condamn\u00e9s, dans un bagne d&rsquo;o\u00f9 serait pourtant exclu tout criminel ? Si l\u2019on recherche en toute impartialit\u00e9 les responsabilit\u00e9s, on s&rsquo;aper\u00e7oit que les moeurs p\u00e9nales sont imputables au r\u00e9gime du bagne bien plus qu&rsquo;aux condamnes eux-m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le m\u00e2le riche en gam\u00e8tes tend \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9barrasser. Dans un groupement humain d\u2019o\u00f9 la femme est exclue, cette tendance conduit a l&rsquo;homo-sexualit\u00e9. S\u2019en indigner ne sert de rien. Il vaut mieux rechercher les causes de l&rsquo;ho\u00admo-sexualit\u00e9 que de la reprocher \u00e0 ses adeptes.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Si on se rapporte de confiance \u00e0 l&rsquo;opinion des .fonc\u00adtionnaires de la chiourme, tous les condamn\u00e9s pratiquent l&rsquo;inversion sexuelle. C&rsquo;est l\u00e0 une exag\u00e9ration. Que ce soit par respect humain, par timidit\u00e9, par crainte de l&rsquo;opi\u00adnion, par d\u00e9go\u00fbt, par temp\u00e9rament ou par effet de l&rsquo;age et de l&rsquo;usure, on peut \u00e9valuer \u00e0 trente pour cent le nom\u00adbre des d\u00e9tenus qui ne pratiquent pas le vice cher \u00e0 C\u00e9sar.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Il est des homo-sexuels de toutes sortes. Les uns se contentent d&rsquo;unions momentan\u00e9es au gr\u00e9 de leurs besoins et \u00e0 la mesure de leur bourse. Les autres observent en quelque sorte la tradition monogame du Code civil et se mettent en m\u00e9nage avec un ami de leur choix. Chez ceux-ci toute question d&rsquo;int\u00e9r\u00eat mat\u00e9riel n&rsquo;est pas exclue dans les motifs qui d\u00e9terminent leur choix. Bien que l&rsquo;on rencontre quelques rares couples \u00e9pris sans calcul, chez lesquels le sentiment et la passion dominent toute autre consid\u00e9ration, la plupart des unions homo-sexuelles sont ciment\u00e9es par toutes sortes d&rsquo;int\u00e9r\u00eats.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Tout comme dans la soci\u00e9t\u00e9 normale, on constate ici l&rsquo;adult\u00e8re, le maquerellage et la prostitution. Les homo\u00ad-sexuels du type actif s&rsquo;appellent les <em>hommes, ceux <\/em>du type passif les <em>m\u00f4mes. <\/em>Si le m\u00f4me quitte son homme ou lui est sournoisement infid\u00e8le, il lui en co\u00fbte d\u2019amers reproches, parfois des coups, quelquefois la mort. Tout d\u00e9pend du temp\u00e9rament de l&rsquo;amant malheureux. Ces moeurs sont la source d&rsquo;une foule d&rsquo;intrigues dans les\u00adquelles la d\u00e9lation cultiv\u00e9e par l&rsquo;administration p\u00e9niten\u00adtiaire joue un grand r\u00f4le, et qui ont parfois leur \u00e9pilogue devant le Tribunal maritime sp\u00e9cial. C\u2019est l\u2019\u00e9ternelle histoire de Paris et de la belle H\u00e9l\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Il arrive que l&rsquo;homme guid\u00e9 par l&rsquo;esprit de lucre plus que par des motifs de coeur, fait de son m\u00f4me un vide-gousset. A cet effet il l&rsquo;\u00e9duque et le dresse. Celui-ci, \u00e0 l&rsquo;instar des personnes \u00e9quivoques qui se pavanent sur le Lido de Venise ou la plage de Nice, se fait des clients qui, au lieu d&rsquo;\u00eatre des rentiers oisifs et pervertis, sont des d\u00e9tenus qu&rsquo;une bonne d\u00e9brouille enrichit.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Parmi les passifs il en est qui font preuve de fid\u00e9lit\u00e9. D&rsquo;autres pratiquent la loi Naquet : on les appelle les <em>planches \u00e0 guillotine, <\/em>en raison des cons\u00e9quences possi\u00adbles de leurs infid\u00e9lit\u00e9s. D&rsquo;autres se livrent \u00e0 1a prosti\u00adtution pour le compte de leurs protecteurs ; d&rsquo;autres, enfin, solitaires, se vendent pour leur propre profit.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Beaucoup d&rsquo;actifs se croiraient d\u00e9shonor\u00e9s de renver\u00adser les r\u00f4les, d&rsquo;autres au contraire par go\u00fbt ou contagion deviennent passifs. Des passifs deviennent tr\u00e8s souvent actifs et cachent avec soin leur ancienne passivit\u00e9. C&rsquo;est le cas de beaucoup de d\u00e9tenus qui ont pass\u00e9 par les mai\u00adsons de correction et les bagnes militaires. Dans beaucoup de ces unions d&rsquo;invertis, il est donc clair que les termes de m\u00f4mes et d&rsquo;hommes n&rsquo;ont plus leur raison d&rsquo;\u00eatre.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Beaucoup de ces homo-sexuels sont cyniques, non pas qu&rsquo;ils pratiquent leurs moeurs au grand jour et qu&rsquo;ils manquent de pudeur dans leurs gestes, mais ils savent qu&rsquo;ils sont connus comme homo-sexuels, s&rsquo;en moquent et n&rsquo;en font pas myst\u00e8re. Beaucoup sont honteux et em\u00adploient mille ruses pour cacher leur commerce. Si d&rsquo;occasion la conversation tombe sur les moeurs, ils n&rsquo;auront pas assez de mots pour fl\u00e9trir de telles pratiques et la morale trouvera en eux de chaleureux d\u00e9fenseurs. Une louable honte s&rsquo;allie \u00e0 une moins louable hypocrisie.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">De vieux condamn\u00e9s us\u00e9s, d\u00e9prim\u00e9s, devenus impuis\u00adsants, se repentent de leur ancien p\u00e9ch\u00e9 de luxure comme le font les filles de joie sur le retour. Ils n&rsquo;ont qu&rsquo;invectives pour ceux de leurs co-d\u00e9tenus, qui se livrent \u00e0 ces moeurs, oublient ou feignent d&rsquo;oublier qu&rsquo;eux-m\u00eames s&rsquo;y \u00e9taient livr\u00e9s avant eux. D&rsquo;autres, plus sinc\u00e8res, sont aussi plus indulgents.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">II y a aussi des condamn\u00e9s timides, des sensitifs, que la vue d&rsquo;un visage eff\u00e9mine s\u00e9duit. Ils se bornent \u00e0 faire des cadeaux, \u00e0 offrir leurs services et ne vont pas plus loin. Si en mani\u00e8re de plaisanterie quelque voisin effleure en causant la question scabreuse en faisant allusion \u00e0 leurs attitudes, ils s&rsquo;indignent, le prennent de haut et protes\u00adtent de la puret\u00e9 de leurs intentions. Parmi ces plato\u00adniques il peut y en avoir qui, tromp\u00e9s sur la nature du sentiment qui les anime, sont sinc\u00e8res. D&rsquo;autres le sont moins. L&rsquo;id\u00e9alisme de ces homo-sexuels sans le savoir peut s&rsquo;\u00e9teindre dans toute sa puret\u00e9, \u00e0 moins qu&rsquo;il ne som\u00adbre un jour dans l&rsquo;homo-sexualit\u00e9 la plus caract\u00e9ris\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">A l&rsquo;arriv\u00e9e au bagne les condamn\u00e9s peuvent se classer ainsi :ceux qui \u00e9taient homo-sexuels dans la vie libre, cat\u00e9gorie infime et n\u00e9gligeable ; ceux qui n&rsquo;ont jamais connu l&rsquo;homo-sexualit\u00e9 : c&rsquo; est le cas de tous ceux pour qui le bagne est la premi\u00e8re prison ; enfin ceux qui ayant v\u00e9cu dans les maisons de correction, aux travaux publics ou dans des p\u00e9nitenciers militaires, ont d\u00e9j\u00e0 pratiqu\u00e9 l&rsquo;homo-sexualit\u00e9 exactement dans les m\u00eames conditions et pour les m\u00eames raisons qu&rsquo;au bagne. Comment ceux qui n&rsquo;\u00e9taient pas des homo-sexuels le deviennent-ils ?<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">L&rsquo;\u00e2ge est un facteur d&rsquo;une telle importance dans la question que nous distinguerons pour fixer les id\u00e9es, les hommes qui arrivent au bagne entre dix-huit et vingt-cinq ans, ceux qui arrivent entre vingt-cinq et trente-cinq, enfin ceux qui approchent ou d\u00e9passent 1a quarantaine. Ces derniers sont peu nombreux, car les cours d&rsquo;assises condamnent beaucoup plus de jeunes que de vieux. Il est rare de voir les quadrag\u00e9naires devenir homo\u00adsexuels. Pour les autres au contraire, c&rsquo;est presque la r\u00e8gle, et c&rsquo;est d&rsquo;autant plus la r\u00e8gle qu&rsquo;ils sont plus jeunes. Les condamn\u00e9s de vingt-cinq et trente-cinq ans versent dans l&rsquo;homo-sexualit\u00e9 active. Quant aux jeunes, ils cons\u00adtituent le bataillon de Cyth\u00e8re. Plus le sujet est jeune, timide et craintif, plus il est sollicit\u00e9. Les formes, d&rsquo;atta\u00adques sont vari\u00e9es : il en est d&rsquo;\u00e9l\u00e9gantes, il en est aussi de brutales. Les unes et les autres sont parfois commises avec la complicit\u00e9 tacite des agents. Voici comment et pourquoi. Dans les chantiers forestiers, les condamn\u00e9s qui n&rsquo;accomplissent pas enti\u00e8rement la tache \u00e0 laquelle ils sont assujettis, sont soumis aux rigueurs de la r\u00e8gle, suppression des bons suppl\u00e9mentaires, mauvaises notes, punitions. Jusqu&rsquo;\u00e0 ces toutes derni\u00e8res ann\u00e9es, ils \u00e9taient au pain sec . Pour un homme robuste, acclimat\u00e9, entra\u00een\u00e9 au travail, l&rsquo;ex\u00e9cution de cette tache peut ne demander qu&rsquo;un effort ordinaire, mais pour un homme ch\u00e9tif, arrivant de la m\u00e9tropole, n&rsquo;ayant mani\u00e9 ni la pelle, ni la pioche, ni la hache, la m\u00eame tache exige une somme d&rsquo;effort qu&rsquo;il ne peut fournir. Le malheur de celui-ci est l&rsquo;aubaine de celui-l\u00e0, homo-sexuel actif, qui en profite pour offrir ses bons offices au jeune arrivant. Touch\u00e9 par tant d&rsquo;am\u00e9nit\u00e9 le jeune condamn\u00e9 accepte de confiance jusqu&rsquo;au jour, jamais lointain d&rsquo;ailleurs, ou l&rsquo;autre d\u00e9masquant ses batteries, lui propose cr\u00fbment la chose. Li\u00e9 par les services qui lui ont \u00e9t\u00e9 rendus, mesurant les cons\u00e9quences auxquelles le m\u00e8nera son refus, pensant \u00e0 la mis\u00e8re noire et \u00e0 la maladie, il n&rsquo;est pas rare que le jeune condamn\u00e9 succombe aux offres du v\u00e9t\u00e9ran. Il est commun qu&rsquo;un condamn\u00e9 demande au chef de camp tel ou tel jeune d\u00e9tenu comme compagnon. Si la demande vient d&rsquo;un for\u00e7at qui fait bien r\u00e9guli\u00e8re\u00adment sa tache ou m\u00eame plus, elle est accord\u00e9e. On peut dire sans la moindre exag\u00e9ration que l&rsquo;administration, loin de lutter contre l&rsquo;homo-sexualit\u00e9, la tol\u00e8re toujours et souvent la favorise. D&rsquo;autres condamn\u00e9s terrass\u00e9s par la fi\u00e8vre, sans un sou, sans un secours, c\u00e8dent pour sauver leur vie. D&rsquo;autres encore apr\u00e8s un long s\u00e9jour en cellule, la sant\u00e9 d\u00e9prim\u00e9e et les sens pervertis, se donnent dans un moment de faiblesse et d&rsquo;oubli. Parmi tous ceux-ci, quelques-uns, plac\u00e9s dans un autre p\u00e9nitencier, aguerris, fortifi\u00e9s, cesseront pour toujours le commerce contre na\u00adture, mais la plupart, enlis\u00e9s dans l&rsquo;orni\u00e8re, passeront par toutes les formes de l&rsquo;homo-sexualit\u00e9. On voit aussi des retours \u00e0 la vie continente chez quelques actifs : c&rsquo;est plus rare. L&rsquo;un aura go\u00fbt\u00e9 au vice par bravade plut\u00f4t que par inclination et n&rsquo;a plus envie de recommencer. L&rsquo;autre, dans un moment de crise \u00e9rotique se sera \u00e9pris d&rsquo;un ami, puis, l\u2019ami parti et la crise pass\u00e9e, en restera l\u00e0, sur ses lauriers. On en a vu d&rsquo;autres qui pendant de longues ann\u00e9es sont rest\u00e9s chastes et qui soudain, sous la pression d&rsquo;un besoin irr\u00e9sistible, se sont amourach\u00e9s d&rsquo;un mome \u00e0 en perdre la raison. Toutes ces pratiques ne sont pas autre chose que la caricature grotesque de la vie amoureuse dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le tableau ne serait pas complet si je passais sous silence ceux qui, violent\u00e9s par ruse ou par force, de\u00advinrent passifs sans y consentir. Il est arriv\u00e9 rarement, mais il est arriv\u00e9, que quelques v\u00e9t\u00e9rans du bagne n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 employer, pour vaincre la r\u00e9sistance de nou\u00adveaux condamn\u00e9s, des moyens qui rappellent les beaux jours d&rsquo;Alexandre VI. Une pinc\u00e9e de poudre de <em>datura stramonium <\/em>mise dans un verre de caf\u00e9 &#8211; qui pourtant en est l\u2019antidote &#8211; d\u00e9terminent une sorte d&rsquo;hypnose qui permet \u00e0 celui-la d&rsquo;abuser de celui-ci. Il est arriv\u00e9 que ce viol au datura a eu pour mobile non pas l\u2019app\u00e9tit homo-sexuel, mais la vengeance. Il est hors de doute que certains viols n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 que des repr\u00e9sailles et que la ven\u00adgeance s&rsquo;est quelquefois assouvie comme un rut. Le cri\u00adminel apporte au bagne sa conception de la femme. Elle est peu flatteuse pour le beau sexe. La plupart des condamn\u00e9s n&rsquo;ont pas eu le bonheur d&rsquo;avoir une m\u00e8re qui les \u00e9l\u00e8ve et leur donne une id\u00e9e du beau r\u00f4le de la femme dans la famille et dans la soci\u00e9t\u00e9. Pour beaucoup, la femme dans la vie libre ne fut qu&rsquo;un moyen de rapport. D&rsquo;autres, intern\u00e9s tout jeunes dans les maisons de cor\u00adrection, ne l&rsquo;ont jamais connue et la m\u00e9prisent pour ce qu\u2019elle leur a rapport\u00e9 d&rsquo;envies toujours d\u00e9\u00e7ues. Les quelques condamn\u00e9s qui vivaient en m\u00e9nage, selon le Code civil, et tu\u00e8rent un jour leur femme infid\u00e8le n&rsquo;oublieront pas non plus que c&rsquo;est la femme qui les a men\u00e9s o\u00f9 ils sont. Les criminels de toutes sortes qui se trouvent r\u00e9unis au bagne auront fatalement une mentalit\u00e9 moyenne, em\u00adpreinte non pas d&rsquo;aversion physique, mais de m\u00e9pris pour la femme. Le passif h\u00e9ritera de ce m\u00e9pris. Pour un for\u00e7at, l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te de mome est 1a plus grosse injure apr\u00e8s celle de bourricot. Le passif sera m\u00e9pris\u00e9. En violant un d\u00e9tenu on le rend m\u00e9prisable. Ce sont ces id\u00e9es, qui de prime abord paraissent invraisemblables, qui seules peuvent expliquer le viol commis collectivement sous forme de repr\u00e9sailles. Lors de son passage au d\u00e9p\u00f4t de Saint-Mar\u00adtin-de-R\u00e9 un condamn\u00e9 se sentant prot\u00e9g\u00e9 par l&rsquo;autorit\u00e9 commis des s\u00e9vices sur ses co-d\u00e9tenus. Il fut isol\u00e9 pendant 1a travers\u00e9e, mais des son arriv\u00e9e \u00e0 la Guyane, en jan\u00advier 1906, il fut mis dans la case commune. La nuit venue, toutes lumi\u00e8res \u00e9teintes, il fut rou\u00e9 de coups et viol\u00e9. Il subit successivement le contact de quatorze condamn\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Tant d&rsquo;ignoble barbarie ne peut s&rsquo;expliquer que par une d\u00e9mence collective.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Tous les jeunes transport\u00e9s n&rsquo;ont pas \u00e0 redouter l&rsquo;audace des actifs. Chose curieuse, si quelques-uns sont prot\u00e9g\u00e9s, ils le doivent \u00e0 leur pays d&rsquo;origine. Un sujet corse, arabe, ou marseillais, est tr\u00e8s souvent pris en tutelle \u00e0 son arriv\u00e9e au bagne par un ou plusieurs de ses compa\u00adtriotes. Assist\u00e9 et prot\u00e9g\u00e9, il est certain, pour peu qu&rsquo;il y mette du sien, de sortir indemne de l&rsquo;\u00e9preuve. Il pourra peut-\u00eatre devenir actif &#8211; ce qui aux yeux des condamn\u00e9s ne diminue pas, ne fait pas d\u00e9choir &#8211; mais il ne devien\u00addra pas passif. Quel est le sentiment qui anime le protec\u00adteur ? L\u2019esprit de clan, c&rsquo;est-\u00e0-dire une sorte de patriotisme local. Pour les Corses et les Arabes la femme est une esclave ; pour les Marseillais &#8211; il s&rsquo;agit de ceux ou de la plupart de ceux qui vont au bagne &#8211; elle est encore moins qu&rsquo;une esclave : c&rsquo;est la prostitu\u00e9e qui rapporte. Pour des causes diff\u00e9rentes, tous ces condamn\u00e9s m\u00e9sesti\u00adment la femme, et au bagne le mome h\u00e9rite de cette m\u00e9\u00adsestime. Il est donc naturel que, portant int\u00e9r\u00eat \u00e0 ceux de son pays ou de sa race, le clan emp\u00eache les jeunes condamn\u00e9s qu&rsquo;il prot\u00e8ge de tomber dans une passivit\u00e9 m\u00e9prisable. Pour y arriver le clan s&rsquo;occupe de les placer. Il emploie son influence \u00e0 leur faire obtenir une situation et fait office de bureau de placement. A la premi\u00e8re vacance les condamn\u00e9s les plus influents du clan se d\u00e9m\u00e8nent pour faire une place \u00e0 leur compatriote qui tr\u00e8s souvent l&rsquo;obtient. Si la place convoit\u00e9e n&rsquo;est pas vacante, le clan ne recule devant aucun moyen, aucune intrigue, aucune calomnie pour en d\u00e9loger l&rsquo;occupant et le faire remplacer par son candidat. Ces proc\u00e9d\u00e9s sont loin d&rsquo;\u00eatre sp\u00e9ciaux au monde des criminels.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"none;\"><span style=\"Times New Roman;\">Ces consid\u00e9rations qui, \u00e0 premi\u00e8re vue, peuvent para\u00eetre oiseuses ont <span style=\"yes;\">\u00a0<\/span>\u00e0 mes yeux un gros int\u00e9r\u00eat. Puisque cer\u00adtains jeunes condamn\u00e9s sont, d\u00e8s leur arriv\u00e9e dans le milieu p\u00e9nal, pris en protection par des compatriotes, ne peut-on pas en d\u00e9duire que l&rsquo;administration pourrait, si elle le voulait, arriver \u00e0 des r\u00e9sultats plus g\u00e9n\u00e9raux et plus complets encore ? Or, elle fait preuve d&rsquo;une n\u00e9gligence \u00e9vidente. Elle fait pis encore, puisque pour des motifs utilitaires nous la voyons favoriser les pratiques homo-sexuelles. Elle avilit le condamn\u00e9 pour mieux s&rsquo;en rendre ma\u00eetre et se refuse \u00e0 combattre le fl\u00e9au. Dans une d\u00e9p\u00eache adress\u00e9e au Gouverneur de la Guyane, un Ministre des Colonies disait ing\u00e9nument : \u00ab &#8230;Quant aux actes d&rsquo;immoralit\u00e9 qui seraient commis journellement sur les \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires, aucune des inspections pass\u00e9es par le Procureur g\u00e9n\u00e9ral de la colonie, en ex\u00e9cu\u00adtion du d\u00e9cret du 20 mars 1895, n&rsquo;a signal\u00e9 la fr\u00e9quence des actes de cette nature. Il convient de remarquer d&rsquo;ail\u00adleurs, que ces pratiques honteuses sont malheureusement constat\u00e9es dans toutes les agglom\u00e9rations humaines que des circonstances sp\u00e9ciales r\u00e9unissent ou obligent \u00e0 vivre dans des conditions anormales&#8230; \u00bb Et comme rem\u00e8de, le ministre pr\u00e9conise la s\u00e9paration, la concentration dans un camp sp\u00e9cial de tous les condamn\u00e9s convaincus et soup\u00e7onn\u00e9s de se livrer \u00e0 des actes hors nature. Autant ce ministre fait preuve de bon sens en reconnaissant l&rsquo;in\u00e9luctable, autant il me parait na\u00eff dans la prescription de son sp\u00e9cifique qui, du reste, n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 en Guyane. Cette mesure de s\u00e9lection qui a \u00e9t\u00e9 souvent pratiqu\u00e9e dans les \u00e9tablissements p\u00e9nitenciers militaires, ne semble pas y avoir donn\u00e9 les r\u00e9sultats qu&rsquo;on en esp\u00e9rait et ces p\u00e9nitenciers sont toujours rest\u00e9s beaucoup plus pervertis que le bagne guyanais. Cette perversion est d&rsquo;ailleurs beaucoup plus imputable \u00e0 l\u2019\u00e2ge des pension\u00adnaires qu&rsquo;\u00e0 la qualit\u00e9 civile ou militaire des institutions. Ce n&rsquo;est .pas non plus uniquement \u00e0 cause du jeune \u00e2ge que la s\u00e9paration des purs et des impurs est rest\u00e9e inop\u00e9rante dans les p\u00e9nitenciers o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e. Il faut bien se convaincre que 1es purs d&rsquo;aujourd\u2019hui devien\u00addront les impurs de demain tant que la vie p\u00e9nale sera ce qu&rsquo;elle est. En morale tout se lie et s&rsquo;encha\u00eene ; une d\u00e9ch\u00e9ance en entra\u00eene une autre. S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de passifs, les actifs seraient contraints \u00e0 la continence (ou a d&rsquo;autres proc\u00e9d\u00e9s). Or c&rsquo;est la mis\u00e8re, la plus p\u00e9nible des mis\u00e8res, qui est la source de toutes les chutes. C&rsquo;est la faim qui am\u00e8ne les plus faibles \u00e0 subir le caprice des plus forts. Une administration r\u00e9ellement soucieuse de lutter contre l&rsquo;homo-sexualit\u00e9 pourrait au moins, en &lsquo;attendant de supprimer la vie en commun dans les cases, nourrir ses administr\u00e9s et les occuper \u00e0 des travaux pro\u00adportionn\u00e9s \u00e0 leur force.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"AR-SA;\">Depuis la loi de 1906 sur la minorit\u00e9 qui a modifi\u00e9 l\u2019article 66 du Code p\u00e9nal, les jeunes d\u00e9linquants peuvent avoir de treize \u00e0 dix-huit ans quand ils sont enferm\u00e9s dans les maisons de correction et la plupart, quand ils y entrent, n&rsquo;ont jamais eu de relations sexuelles avec une femme. Ils sont rassembl\u00e9s \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 le besoin sexuel s&rsquo;\u00e9veille et devient imp\u00e9rieux. A dix-huit ans, s\u2019ils consentent \u00e0 contracter un engagement, \u00e0 vingt-et-un ans s&rsquo;ils attendent l&rsquo;appel de la conscription, on les incorpore \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. Les uns se conduisent bien et sortent lav\u00e9s de toute souillure. Leur casier judiciaire \u00e9tant d\u00e8s lors immacul\u00e9, ils peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 tous les emplois ; j&rsquo;en sais qui sont devenus surveillants militaires. Les autres se conduisent mal. Ils sont traduits devant le conseil de guerre qui les envoie aux Travaux publics o\u00f9 l&rsquo;homo-\u00adsexualit\u00e9 est d&rsquo;usage. Accoutum\u00e9s \u00e0 ces pratiques depuis leur jeune \u00e2ge, on ne con\u00e7oit plus que ces hommes en pleine s\u00e8ve puissent faire voeu de chastet\u00e9. On le con\u00e7oit d&rsquo;autant moins que l&rsquo;exemple du milieu, loin d&rsquo;\u00eatre un frein, est au contraire un stimulant. Aussi, lorsque des Travaux publics ou des p\u00e9nitenciers militaires o\u00f9 ils ont pu parfois ricocher, ils rebondissent au bagne guyanais, il est fatal qu&rsquo;ils continuent de se livrer \u00e0 des moeurs qui, pour eux, n&rsquo;ont rien d&rsquo;anormal. Je le r\u00e9p\u00e8te, il s&rsquo;agit dans ces cas, d&rsquo;hommes qui n&rsquo;ont jamais eu aucun rapport sexuel avec une femme. On pourrait s&rsquo;attendre \u00e0 cons\u00adtater chez eux des cas de misogynie. Or, je dois avouer n&rsquo;avoir jamais observ\u00e9 de cas semblables, pas plus chez les passifs que chez les autres. Bien au contraire. Non seu\u00adlement la femme n&rsquo;est pas pour eux un objet de d\u00e9go\u00fbt physique, mais il suffit d&rsquo;observer leurs jeux de physionomie au passage d&rsquo;une femme pour voir se trahir leur \u00e9moi. Plusieurs auteurs, et non des moindres, disent que les passifs ont horreur du sexe qui leur a .donn\u00e9 le jour. Je ne demande d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;\u00e0 les croire, mais je ferai re\u00admarquer que leurs sujets ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s dans le monde libre. Au bagne, j\u2019avoue n&rsquo;avoir jamais rien vu de semblable. Cela n&#8217;emp\u00eache que leur opinion s&rsquo;est r\u00e9pandue dans le petit public p\u00e9nitentiaire, au point que les agents, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;eunuques et de ceintures de chastet\u00e9, ont choisi de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 d&rsquo;autres, des condamn\u00e9s passifs pour leur service domestique. Or, chaque fois que la femme a \u00e9t\u00e9 s\u00e9duite, ce fut presque toujours par un in\u00adverti du type passif. Ce sentiment de d\u00e9go\u00fbt de la femme, que Lombroso et Krafft-Ebing attribuent \u00e0 juste titre aux homo-sexuels a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 chez des individus qui, plac\u00e9s dans un milieu social normal, ne sont attir\u00e9s que par leur propre sexe. Il ne saurait en \u00eatre de m\u00eame de la majorit\u00e9 des types qui nous occupent. Les transpor\u00adt\u00e9s qui, \u00e0 leur arriv\u00e9e au bagne, \u00e9taient dans la vie libre des invertis par m\u00e9tier ou par go\u00fbt, sont en nombre infi\u00adme. Pour la plupart des types que j&rsquo;ai expos\u00e9s, l&rsquo;homo-sexualit\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;un moyen, un pis aller : faute de grives on se contente de merles. Pour l&rsquo;actif notamment, l\u2019ami est encore quelque chose qui ressemble \u00e0 la femme. Je sais que beaucoup prennent go\u00fbt \u00e0 ces pratiques et deviennent des maniaques. J&rsquo;ai quelquefois dit de ceux-l\u00e0 qu&rsquo;ils \u00e9taient des malades, mais je n&rsquo;en ai jamais \u00e9t\u00e9 bien s\u00fbr. Ce serait une grosse erreur que de dire : les for\u00e7ats sont des homo-sexuels, c\u2019est l\u00e0 un stigmate de criminalit\u00e9 et les juges les ont envoy\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 ils doivent \u00eatre. Ils sont criminels, c&rsquo;est possible, et les juges ne se sont pas tromp\u00e9s, je le veux bien, mais leur homo-sexualit\u00e9 ne prouve que leur mis\u00e8re. On rencontre bien parmi eux quelques individus qui, par habitude, enlis\u00e9s dans la pratique de ces moeurs ne feraient aucun effort pour rechercher le commerce de la femme, mais ce n&rsquo;est chez eux qu&rsquo;une sorte d&rsquo;indiff\u00e9rence \u00e0 laquelle ils se sont r\u00e9sign\u00e9s par adaptation, et qui du reste ne r\u00e9sisterait certainement pas au fr\u00f4lement d&rsquo;un jupon. Sauf des cas nettement pathologiques, tr\u00e8s rares au bagne, l&rsquo;homo-\u00adsexualit\u00e9 est ici la cons\u00e9quence des conditions de la vie p\u00e9nale beaucoup plus qu&rsquo;un vice inh\u00e9rent, comme dit l&rsquo;administration, aux mauvais instincts du for\u00e7at. L&rsquo;homo\u00ad-sexualit\u00e9 est immorale mais ce qui est encore plus immo\u00adral c&rsquo;est d&rsquo;entasser p\u00eale-m\u00eale des condamn\u00e9s au c\u00e9libat. Il serait grand temps de modifier les conditions de tra\u00advail, de nourriture et de logement des d\u00e9tenus. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 cette condition qu&rsquo;il pourrait \u00eatre question de rel\u00e8\u00advement moral.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vision qu\u2019a Louis Rousseau de l\u2019homosexualit\u00e9 tranche avec celle de Jacob. Le m\u00e9decin au bagne consacre en effet une grande partie de son chapitre sur les m\u0153urs des condamn\u00e9s \u00e0 d\u00e9crire une inversion sexuelle subie o\u00f9 s\u2019affrontent les passions exacerb\u00e9es des transport\u00e9s. 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