{"id":6303,"date":"2026-08-01T01:10:00","date_gmt":"2026-07-31T23:10:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=6303"},"modified":"2026-07-06T16:15:56","modified_gmt":"2026-07-06T14:15:56","slug":"un-vol-a-marseille","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2026\/08\/un-vol-a-marseille\/","title":{"rendered":"Un vol \u00e0 Marseille"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/alexandre-jacob-17-ans.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-306\" width=\"92\" height=\"127\"\/><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/rue-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1042\" width=\"172\" height=\"129\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/rue-1.jpg 320w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/rue-1-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 172px) 100vw, 172px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Quatre policiers en uniformes dont le commissaire Jules Pons, ceint d\u2019une \u00e9charpe tricolore, une perquisition en bonne et due forme au mont-de-pi\u00e9t\u00e9 de la rue du Petit-Saint-Jean \u00e0 la suite d\u2019un pr\u00e9tendu quadruple assassinat, les objets du commissionnaire Gil r\u00e9quisitionn\u00e9s, le dit Gil et son employ\u00e9 emmen\u00e9s au palais de justice pour y \u00eatre entendus, un butin estim\u00e9 \u00e0 400.000 francs\u2026 Les voleurs sont loin quand on d\u00e9couvre, le lendemain, qu\u2019ils ne furent point de la rousse. Le sieur Gil, qui ne cessait de se lamenter dans les ge\u00f4les du tribunal en attendant de rencontrer un magistrat, passe pour le dindon de la farce.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Le vol du mont-de-pi\u00e9t\u00e9 de Marseille nourrit forc\u00e9ment un imaginaire qui peut rendre son auteur attachant du fait de l\u2019audace et surtout de la truculence de l\u2019acte d\u00e9lictueux. Et pour cause&nbsp;! Commis le 31 mars 1899, il est mis \u00e0 jour le lendemain. Le 1<sup>er<\/sup> avril, l\u2019effroyable atteinte \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fait rire \u00ab&nbsp;Marseille jusqu\u2019aux larmes, et toute la France avec elle&nbsp;\u00bb, nous dit Alexis Danan en 1935 dans le magazine <em>Voil\u00e0<\/em>. Alexandre Jacob, jeune anarchiste marseillais, peut ainsi entrer dans la l\u00e9gende ou encore s\u2019amalgamer \u00e0 quelques h\u00e9ros de romans populaires&nbsp;: \u00ab Ce style est celui qu\u2019adoptera Ars\u00e8ne Lupin \u00bb \u00e9crit le journaliste Bernard Thomas en 1970<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019incroyable histoire pose pour autant un r\u00e9el probl\u00e8me de sources. Quelques notes de police, conserv\u00e9es dans le dossier de l\u2019ill\u00e9galiste que l\u2019on trouve dans le fonds Moscou des Archives Nationales<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, attestent n\u00e9anmoins de la v\u00e9racit\u00e9 des dires de Jacob \u00e0 Alexis Danan en 1935, \u00e0 Jean Maitron en 1948 pour les besoins de sa th\u00e8se sur l\u2019histoire du mouvement libertaire fran\u00e7ais, puis \u00e0 Alain Sergent en 1950. Ce dernier est le premier biographe de l\u2019ancien voleur, ancien bagnard, reconverti en Marius<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> Jacob, marchand forain et chez qui il passe une quinzaine de jours au hameau de Bois-Saint-Denis de la commune de Reuilly dans l\u2019Indre pour pouvoir \u00e9crire son livre<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Dans les trois cas, le vol est con\u00e7u comme un acte politique \u00e0 la suite des pressions polici\u00e8res subies par le jeune anarchiste.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 en 1879, le petit Marseillais s\u2019engage comme mousse \u00e0 l\u2019\u00e2ge de onze ans apr\u00e8s obtention du certificat d\u2019\u00e9tudes et navigue sur presque toutes les mers du globe pour le compte des <em>Messageries Maritimes<\/em>. Il abandonne la navigation vers l\u2019\u00e2ge de seize \u2013 dix-sept ans et fr\u00e9quente de plus en plus les cercles libertaires et les milieux interlopes de la cit\u00e9 phoc\u00e9enne. Il \u00e9crit trois articles dans <em>Le Libertaire<\/em> en 1896, participe l\u2019ann\u00e9e suivante \u00e0 l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re troisi\u00e8me s\u00e9rie de la feuille anarchiste marseillaise <em>L\u2019Agitateur<\/em> dans lequel il signe deux articles sous le pseudonyme de Pertuis&nbsp;; il m\u00e8ne une active propagande au sein du groupe <em>La Jeunesse Internationale<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc un militant reconnu et c\u2019est ainsi qu\u2019il est arr\u00eat\u00e9 sur d\u00e9nonciation, condamn\u00e9 et inscrit sur les registres d\u2019anarchistes une premi\u00e8re fois le 3 ao\u00fbt 1897 pour fabrication d\u2019explosifs avec les compagnons Victor Rapallo et \u00c9mile Babault. Six mois de prison. Un pas est franchi. C\u2019est l\u2019\u00e9poque de la chasse aux sorci\u00e8res anarchistes amplifi\u00e9e par les lois dites \u00ab&nbsp;sc\u00e9l\u00e9rates&nbsp;\u00bb depuis les attentats de Ravachol, Henry, Vaillant, Caserio\u2026 La police ne l\u00e2che plus le jeune homme, perquisitionne r\u00e9guli\u00e8rement chez ses parents, fait pression sur ses employeurs pour qu\u2019ils le licencient&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tout cela m\u2019aigrit, me r\u00e9volta&nbsp;\u00bb confie le vieux Marius \u00e0 Jean Maitron dans ses <em>Souvenirs rassis d\u2019un demi-si\u00e8cle<\/em> en 1948.<\/p>\n\n\n\n<p>En racontant le vol du mont-de-pi\u00e9t\u00e9, Alain Sergent rel\u00e8ve, en mentionnant l\u2019article du <em>Petit Parisien<\/em> en date du 2 avril 1899 et pour accentuer l\u2019audace du vol, que l\u2019\u00ab\u00a0on accuse les journalistes d\u2019exag\u00e9rer syst\u00e9matiquement mais, en l\u2019occurrence, ils firent preuve d\u2019une grande sobri\u00e9t\u00e9 de d\u00e9tails. La r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait beaucoup plus savoureuse \u00bb<a id=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>. L\u2019article du <em>Petit Marseillais<\/em>, en date du m\u00eame jour que celui du <em>Petit Parisien<\/em>, donne une version plus d\u00e9taill\u00e9e et qui rejoint pourtant celle du <em>Petit Parisien<\/em>\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"907\" height=\"165\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-Le-Petit-Marseillais.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6304\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-Le-Petit-Marseillais.jpg 907w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-Le-Petit-Marseillais-300x55.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-Le-Petit-Marseillais-768x140.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 907px) 100vw, 907px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Une descente de faux policiers<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi de vendredi, vers 4h.1\/2, M. Manuel Gil, commissionnaire au mont-de-pi\u00e9t\u00e9, rue Petit-Saint-Jean, 11, n&rsquo;\u00e9tait pas peu surpris de recevoir la visite de quatre individus, qui firent irruption chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ahuri de cette arriv\u00e9e insolite de quatre personnes, M. Gil demanda aux nouveaux venus ce qu&rsquo;ils d\u00e9siraient.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Je suis commissaire de police, dit l\u2019un d&rsquo;eux, correctement v\u00eatu d&rsquo;une redingote noire.<\/li>\n\n\n\n<li>Mais qu&rsquo;y a-t-il \u00e0 votre service&nbsp;? demanda le commissionnaire.<\/li>\n\n\n\n<li>Je viens avec mes agents (et il d\u00e9signa les trois autres personnes) faire une perquisition chez vous.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 quel propos&nbsp;? r\u00e9pliqua M. Gil.<\/li>\n\n\n\n<li>Pas tant de questions, interrompit le commissaire de police.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Et sur-le-champ, il sortit une \u00e9charpe tricolore et s&rsquo;en ceignit les reins. Interloqu\u00e9, M. Gil ne savait quoi dire et surtout quoi penser. Pourtant il reprit un peu son calme.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Pourrais-je au moins savoir, dit-il en s&rsquo;adressant au commissaire de police, pour quel motif vous op\u00e9rez cette perquisition.<\/li>\n\n\n\n<li>Je veux bien vous le dire, bien que je n&rsquo;y sois pas tenu. Je viens perquisitionner chez vous \u00e0 la suite de renseignements qui m&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 fournis pour retrouver des objets vol\u00e9s.<\/li>\n\n\n\n<li>Dans ce cas, r\u00e9pondit M. Gil, vous pouvez faire des recherches chez moi, mais je ne crois pas que vous trouviez les objets que vous cherchez.<\/li>\n\n\n\n<li>Agents&nbsp;! dit le commissaire de police, faites votre devoir.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Tout cela \u00e9tait dit sur un ton qui ne pouvait pas faire supposer \u00e0 M. Gil qu&rsquo;il se trouvait en pr\u00e9sence de quatre aigrefins. En effet, le commissaire de police et les trois agents n&rsquo;\u00e9taient que de vulgaires, mais audacieux voleurs. Ne se doutant de rien, le commissionnaire laissa faire la perquisition. Les pseudo-agents s&#8217;empar\u00e8rent d&rsquo;abord des livres de comptabilit\u00e9 qu&rsquo;ils remirent \u00e0 leur chef.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Voyons un peu ces livres, dit le pseudo-commissaire de police. Ils n&rsquo;ont pas l&rsquo;air bien r\u00e9gulier, je crois. Agents, saisissez-les. Je les examinerai \u00e0 mon bureau.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Et les agents continuant leurs fouilles faisaient main-basse sur tout ce qu&rsquo;ils trouvaient&nbsp;: reconnaissances du mont-de-pi\u00e9t\u00e9, obligations, bijoux, le tout \u00e9valu\u00e9 \u00e0 8,000 fr.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Emportez tout cela \u00e0 mon bureau, dit le faux commissaire aux pr\u00e9tendus agents, qui d\u00e9tal\u00e8rent.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Payant d&rsquo;audace, le pseudo-commissaire de police resta encore quelques instants avec M. Gil, le questionnant sur son commerce, lui demandant ses papiers pour \u00e9tablir son identit\u00e9. Puis, enlevant son \u00e9charpe, l&rsquo;habile filou, toujours d&rsquo;une correction parfaite, salua sa \u00ab&nbsp;victime&nbsp;\u00bb en lui disant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Tenez-vous \u00e0 la disposition de la justice qui aura besoin que vous lui fournissiez des renseignements au sujet des vols qui nous sont signal\u00e9s. La plupart des objets soustraits ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s au mont-de-pi\u00e9t\u00e9 et nous aurons besoin de suivre la fili\u00e8re pour connaitre les auteurs des vols.<\/li>\n\n\n\n<li>Monsieur le commissaire de police, r\u00e9pondit M. Gil, je suis aux ordres de la justice pour lui donner tous renseignements dont elle aura besoin.<\/li>\n\n\n\n<li>C&rsquo;est bien. Je vous attends demain apr\u00e8s-midi \u00e0 mon bureau, sans autre avis.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Et le pseudo commissaire de police s&rsquo;en allait majestueusement, comme un magistrat qui vient d&rsquo;accomplir son devoir.<\/p>\n\n\n\n<p>On juge de la surprise de M. Gil, quand, hier, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, il se pr\u00e9sentait chez M. Mathieu, le v\u00e9ritable commissaire de police du 4<sup>e<\/sup> arrondissement, rue des Dominicaines, et qu&rsquo;ayant demand\u00e9 M. le commissaire de police, il se trouva en pr\u00e9sence d&rsquo;une personne qui ne ressemblait pas du tout \u00e0 celle qui avait tout \u00ab&nbsp;chambard\u00e9&nbsp;\u00bb chez lui. Il n&rsquo;y avait plus de doute&nbsp;: M. Gil se rendit vite compte qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 simplement vol\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Mathieu recueillit la plainte du commissionnaire et une note fut transmise \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 pour rechercher les quatre filous qui ont su si bien d\u00e9trousser un commer\u00e7ant.<\/p>\n\n\n\n<p>MT&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On trouve un compte-rendu \u00e0 peu pr\u00e8s similaire et de m\u00eame taille dans <em>Le Petit Proven\u00e7al<\/em> \u00e0 la m\u00eame date. Sergent a-t-il enjoliv\u00e9 le haut fait narr\u00e9 par Jacob&nbsp;? Ici, le sieur Gil, dont on sait d\u00e9sormais le pr\u00e9nom, n\u2019est m\u00eame pas arr\u00eat\u00e9 ; les quatre voleurs d\u00e9guis\u00e9s se contentent de prendre les objets les plus pr\u00e9cieux de son fonds de commerce et le sieur Gil d\u2019aller, inquiet, au commissariat du IV<sup>e<\/sup> arrondissement de Marseille o\u00f9 on lui affirme qu\u2019il n\u2019existe pas de policiers correspondant aux descriptions qu\u2019il fournissait. M\u00eame si certains ont pu \u00e9valuer le butin de mani\u00e8re exag\u00e9r\u00e9e \u00e0 plus de 400.000 francs, il n\u2019en demeure pas moins cons\u00e9quent. Il est alors estim\u00e9 entre 8 et 10.000 francs. Convertis en euros, le butin se r\u00e9duit ainsi de 203 millions et quelques broutilles \u00e0 pr\u00e8s de 5 millions. Cela permet de relativiser l\u2019exag\u00e9ration et surtout de saisir l\u2019importance du vol du mont-de-pi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous trouvons devant une interrogation : que s\u2019est-il r\u00e9ellement pass\u00e9 le 31 mars ou le 1<sup>er<\/sup> avril 1899 ? Une recherche dans la presse nationale nous met devant une \u00e9vidence ; l\u2019\u00e9v\u00e9nement, comme le signale Sergent, fait peu parler de lui et c\u2019est normal puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un fait divers local. <em>Gil Blas<\/em>, <em>Le Journal<\/em> et <em>Le Petit Parisien<\/em> \u00e9voquent l\u2019histoire dans leur \u00e9dition du 2 avril, <em>La Lanterne <\/em>trois jours plus tard. Rien dans <em>Le Petit Journal<\/em>, rien dans <em>Le Matin<\/em>, rien dans de nombreux autres titres.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi le nom du faux commissaire n\u2019appara\u00eet-il pas alors qu\u2019Arthur Roques s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 avec le pseudonyme de Pons, emprunt\u00e9 \u00e0 un membre de sa belle-famille de l\u2019H\u00e9rault ? Le commissariat du IV<sup>e<\/sup> arrondissement de Marseille, le palais de justice de Marseille se couvrent-ils en donnant aux journalistes une version arrang\u00e9e ? La police dispose, apr\u00e8s investigation, du signalement de quatre individus (Arthur Roques, Alexandre Jacob, son p\u00e8re Joseph et Louis Maurel)&nbsp;; elle peut tr\u00e8s bien vouloir \u00e9viter le ridicule d\u2019une situation qui entacherait sa r\u00e9putation et celle d\u2019une justice viol\u00e9e en son sein m\u00eame. L\u2019autorit\u00e9 peut-elle \u00eatre m\u00e9diatiquement raill\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la presse fait ses choux gras sur le th\u00e8me de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 en pointant du doigt les bandes errantes \u00e0 la campagne ou encore les jeunes apaches de Paris et les nervis de Marseille&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se est d\u2019autant plus plausible que, cinq ans plus tard, la presse d\u00e9couvre l\u2019ampleur des \u00ab\u00a0op\u00e9rations de d\u00e9placement de capitaux\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a> de la bande dite \u00ab\u00a0sinistre\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0bande d\u2019Abbeville\u00a0\u00bb, ou encore \u00ab\u00a0bande Jacob\u00a0\u00bb \u00e0 la suite de l\u2019arrestation de ce dernier \u00e0 Airaines dans la Somme le 22 avril 1903 et du d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019incroyable association de malfaiteurs appel\u00e9e aussi parfois \u00ab\u00a0les quarante voleurs\u00a0\u00bb. Peu d\u2019organes de presse utilisent le titre \u00ab\u00a0Travailleurs de la Nuit\u00a0\u00bb\u00a0et ne mettent en avant des motivations politiques pour justifier les forfaits commis. Mais tous rel\u00e8vent l\u2019extraordinaire personnalit\u00e9 du suppos\u00e9 chef \u2013 anarchiste (sic\u00a0!) et n\u2019oublient pas de mentionner son premier haut fait tel <em>Le Journal<\/em> en date du 24 mai 1904\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-Le-Journal.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6305\" width=\"840\" height=\"143\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-Le-Journal.jpg 767w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-Le-Journal-300x51.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 840px) 100vw, 840px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il y a quelques ann\u00e9es, \u00e0 Marseille, Jacob et trois de ses complices se pr\u00e9sentaient chez un commissionnaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9 et se faisaient passer le premier pour le commissaire de police du quartier, les autres pour le secr\u00e9taire et les inspecteurs.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Je suis porteur d\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat vous concernant, dit Jacob \u00e0 l\u2019infortun\u00e9 commissionnaire, pour \u00e9viter tout scandale nous allons vous conduire en voiture au palais de justice.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La victime se laissa emmener dans l&rsquo;un des coup\u00e9s amen\u00e9s \u00e0 cet effet&nbsp;: arriv\u00e9s devant le palais, tandis que ses hommes pillaient et mettaient litt\u00e9ralement \u00e0 sac la demeure du commissionnaire, Jacob tenait celui-ci en haleine dans le v\u00e9hicule &#8230; puis le quittait brusquement sous pr\u00e9texte d&rsquo;aller rendre compte de sa mission au procureur de la R\u00e9publique. Ce coup d&rsquo;audace rapporta aux bandits la bagatelle de 500000 francs d&rsquo;objets d&rsquo;art et de num\u00e9raire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous retrouvons l\u2019imposante somme d\u00e9rob\u00e9es et le sieur Gil d\u00e9pos\u00e9 au palais de Justice. Mais l\u2019acte se signale aussi par une mise en sc\u00e8ne soign\u00e9e r\u00e9v\u00e9lant des qualit\u00e9s d\u2019organisation, de la pr\u00e9paration et surtout de la discr\u00e9tion. Tel est le sens que l\u2019on peut donner aux propos tenus par le compagnon Broussoloux lors de la soir\u00e9e familiale anarchiste, organis\u00e9e 5 jours avant le coup d\u2019\u00e9clat, au bar Lyrique, 20 Grand Rue \u00e0 Marseille : \u00ab Si quelque camarade veut agir dans un sens quelconque, qu&rsquo;il ne se confie \u00e0 personne ; il ne sera certainement pas trahi. On peut agir isol\u00e9ment quand les efforts tendent \u00e0 un m\u00eame but \u00bb.&nbsp; Rien ne dit bien s\u00fbr que Jacob assistait \u00e0 cette r\u00e9union militante.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/arthur-roques.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-809\" width=\"143\" height=\"176\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/arthur-roques.jpg 260w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/arthur-roques-243x300.jpg 243w\" sizes=\"(max-width: 143px) 100vw, 143px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le voleur n\u2019a pas agi seul. Nous ne savons pas comment l\u2019op\u00e9ration s\u2019est d\u00e9cid\u00e9e et a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e\u00a0; comment les malandrins se sont rencontr\u00e9s (sauf bien s\u00fbr les Jacob p\u00e8re et fils). Notons au passage que l\u2019article du <em>Journal<\/em> signale Alexandre Jacob en commissaire alors que dans la r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est Arthur Roques qui tient ce r\u00f4le parce que nettement plus \u00e2g\u00e9. Il est n\u00e9 \u00e0 Montpellier le 24 juillet 1852. L\u2019anarchiste n\u2019a lui que vingt ans au moment du vol. Il tient le r\u00f4le de secr\u00e9taire du commissaire Pons. Joseph Jacob et Louis Maurel (dont on ne sait pas grand-chose) jouent les policiers gardant le mont-de-pi\u00e9t\u00e9 et embarquant les objets \u00e0 voler.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours est-il que les coupables sont vite (le mot est relatif mais montre l\u2019importance de l\u2019affaire) connus et que Jacob et Roques sont condamn\u00e9s \u00e0 cinq ans de prison et 50 francs d\u2019amende par contumace deux mois apr\u00e8s le forfait. Jacob et Roques sont \u00e0 Barcelone. Il est probable qu\u2019une part du butin ait permis le financement de l\u2019achat des locaux du journal <em>Le Libertaire<\/em>, au 15 de la rue d\u2019Orsel \u00e0 Paris comme l\u2019affirme Sergent dans la biographie de l\u2019ill\u00e9galiste<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que Roques et Jacob fils \u00e9coulent le butin en Espagne, Louis Maurel et Jacob p\u00e8re sont rest\u00e9s \u00e0 Marseille. Arr\u00eat\u00e9s et jug\u00e9s le 9 juin 1899, ils ont tr\u00e8s probablement \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9s par la police. Les deux hommes sortent libres aussi du tribunal. Jacob ne reverra plus jamais son p\u00e8re et l\u2019annonce de sa mort en 1905, lors de son proc\u00e8s \u00e0 Amiens, ne semble \u00e9veiller en lui aucune \u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 4 juillet, un rapport du commissariat sp\u00e9cial de Marseille signale l\u2019arrestation de l\u2019anarchiste, ancien \u00ab membre de la bande qu\u2019avait form\u00e9 Lecca et qui d\u00e9solait les diff\u00e9rents quartiers de la ville \u00bb, \u00e0 Toulon en compagnie d\u2019un deuxi\u00e8me associ\u00e9. Signalons que Lecca est celui-l\u00e0 m\u00eame qui, en 1897 avait donn\u00e9 Jacob \u00e0 la police marseillaise apr\u00e8s lui avoir fourni <em>l\u2019Indicateur Anarchiste<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><strong>[9]<\/strong><\/a><\/em>, ce qui occasionna son arrestation pour fabrication d\u2019explosif. Les deux comp\u00e8res arr\u00eat\u00e9s reviendraient d\u2019Italie. Le compagnon de Jacob n\u2019est pas Arthur Roques avec qui il s\u2019est brouill\u00e9 sur Barcelone. Les deux hommes se seraient s\u00e9par\u00e9s \u00e0 leur retour d\u2019Espagne. \u00c0 ce moment, et d\u2019apr\u00e8s son biographe, Arthur Roques se trouverait sur Vichy<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Jacob indique \u00e0 Maitron que cette arrestation serait encore le fruit d\u2019une d\u00e9nonciation du dit camarade qu\u2019il avait aid\u00e9 \u00e0 revenir d\u2019Italie. Toujours est-il que Jacob simule la folie pour \u00e9viter les cinq ann\u00e9es de prison. Intern\u00e9 \u00e0 l\u2019asile Montperrin d\u2019Aix-en-Provence, il s\u2019en \u00e9vade le 19 avril 1900 et forme \u00e0 S\u00e8te, chez Ernest Saurel qui fut l\u2019ami de Caserio, la premi\u00e8re brigade des Travailleurs de la Nuit. Le vol devient une pratique presque industrielle. On connait la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9, au-del\u00e0 de sa dimension comique, marque donc bien un tournant ; elle confirme l\u2019appartenance du jeune Marseillais \u00e0 la famille des ill\u00e9galistes anarchistes et r\u00e9v\u00e8le l\u2019ampleur d\u2019un r\u00e9seau de relation autorisant le vol politique. Mais cette toute relative c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 suscite \u00e9galement une pression polici\u00e8re en cons\u00e9quence. Il est alors s\u00fbr qu\u2019apr\u00e8s le 1<sup>er<\/sup> avril 1899 un engrenage est enclench\u00e9 au nom du droit naturel \u00e0 l\u2019existence. C\u2019est bien le sens qu\u2019il faut donner \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9claration \u00ab&nbsp;Pourquoi j\u2019ai cambriol\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb publi\u00e9e dans le n\u00b011 du journal libertaire ami\u00e9nois <em>Germinal<\/em>, en date du 19 au 25 mars 1905&nbsp;\u00e0 l\u2019occasion du proc\u00e8s des Travailleurs de la Nuit \u00e0 Amiens&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Archives Nationales, 19940455, article 6, dossier 512 : Jacob Alexandre Marius 1897 \u2013 1908<\/li>\n\n\n\n<li>Archives d\u00e9partementales des Bouches du Rh\u00f4ne, 1M1370 : dossier de surveillance d&rsquo;Alexandre Jacob 1897-1899, M6\/3350<\/li>\n\n\n\n<li>Archives de la pr\u00e9fecture de police de Paris, EA\/89 : dossier de presse \u00ab\u00a0La bande sinistre et ses exploits\u00a0\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>Fonds Jacob, CIRA Marseille<\/li>\n\n\n\n<li>Jean-Marc Delpech, Alexandre Jacob l\u2019honn\u00eate cambrioleur, Atelier de Cr\u00e9ation Libertaire, 2008<\/li>\n\n\n\n<li>Jacoblog&nbsp;: http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Bernard Thomas, <em>Jacob<\/em>, Tchou, 1970, p.105.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Soit les archives du Minist\u00e8re de l\u2019int\u00e9rieur prises par les Allemands en 1940, puis par les sovi\u00e9tiques \u00e0 Berlin en 1945 et restitu\u00e9es \u00e0 la France \u00e0 partir de 1994.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Le choix du second pr\u00e9nom de Jacob est volontaire lorsqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 l\u2019ancien bagnard devient marchand forain, le pr\u00e9nom Alexandre revenant nettement plus cher \u00e0 faire graver sur son barnum.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Alain Sergent, <em>Un anarchiste de la Belle \u00c9poque<\/em>, Le Seuil, 1950.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Au sein duquel on trouve aussi Marius Escartefigue (1872-1957), futur maire socialiste de Toulon de 1904 \u00e0 1909 puis de 1929 \u00e0 1941.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Alain Sergent, <em>op. cit.<\/em>, p.41.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> L\u2019expression est de Jacob lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Alain Sergent, <em>op. cit.<\/em>, p.64. Sergent affirme que ce sont les vols des Travailleurs de la Nuit qui ont permis le financement des locaux du <em>Libertaire<\/em>. Mais le premier num\u00e9ro du journal avec comme adresse (administration et r\u00e9daction) rue d&rsquo;Orsel est le num\u00e9ro 9, cinqui\u00e8me ann\u00e9e, 3\u00e8me s\u00e9rie et dat\u00e9 du 31 d\u00e9cembre 1899 au 6 janvier 1900. Ce sont donc bien les premiers vols de Jacob commis sur Marseille et en particulier celui du Mont-de-pi\u00e9t\u00e9, qui ont financ\u00e9 la feuille cr\u00e9\u00e9e par S\u00e9bastien Faure et Louise Michel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Imprim\u00e9e \u00e0 Londres en 1891, la brochure de recettes explosives permettant entre autres de fabriquer de la dynamite, du rack-\u00e0-rock ou encore de la nitroglyc\u00e9rine, est diffus\u00e9e clandestinement en France.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Claude Barousse, <em>Parole de for\u00e7at, le dossier Arthur Roques<\/em>, Actes Sud, 1989. Roques est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 La Rochelle o\u00f9 il essayait d\u2019\u00e9couler de la fausse monnaie le 16 novembre 1901. Condamn\u00e9 \u00e0 dix ans de travaux forc\u00e9s le 16 octobre 1902, il meurt \u00e0 Cayenne le 28 septembre 1920.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quatre policiers en uniformes dont le commissaire Jules Pons, ceint d\u2019une \u00e9charpe tricolore, une perquisition en bonne et due forme au mont-de-pi\u00e9t\u00e9 de la rue du Petit-Saint-Jean \u00e0 la suite d\u2019un pr\u00e9tendu quadruple assassinat, les objets du commissionnaire Gil r\u00e9quisitionn\u00e9s, le dit Gil et son employ\u00e9 emmen\u00e9s au palais de justice pour y \u00eatre entendus, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[12],"tags":[5452,298,29,738,501,1777,356,1124,176,4394,6126,827,822,148,719,555,355],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6303"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6303"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6303\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6308,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6303\/revisions\/6308"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}