{"id":6293,"date":"2026-07-04T01:10:00","date_gmt":"2026-07-03T23:10:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=6293"},"modified":"2026-07-04T06:34:31","modified_gmt":"2026-07-04T04:34:31","slug":"un-printemps-avec-arsene-lupin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2026\/07\/un-printemps-avec-arsene-lupin\/","title":{"rendered":"Un printemps avec Ars\u00e8ne Lupin"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1000\" height=\"250\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6294\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-2.png 1000w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-2-300x75.png 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-2-768x192.png 768w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le succ\u00e8s de la s\u00e9rie de podcast et de livres <em>Un \u00e9t\u00e9 avec<\/em> ne se d\u00e9ment pas depuis que les auditeurs de <em>France Inter<\/em> ont pass\u00e9 le mois d\u2019ao\u00fbt 2012 en compagnie de Michel de Montaigne. Cette collection, qui \u00ab&nbsp;a pour ambition d\u2019offrir au grand public une lecture estivale, tonique et d\u00e9complex\u00e9e des grands auteurs classiques&nbsp;\u00bb, propose depuis lors une quinzaine de titres. Baudelaire, Proust, Machiavel sur les serviettes de plage. Le 15 avril 2026, la cha\u00eene du service public annonce \u00ab&nbsp;un nouveau format de livre-podcast disponible simultan\u00e9ment en librairie et \u00e0 l\u2019\u00e9coute sur la plateforme Radio France&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s <em>Un \u00e9t\u00e9 avec<\/em> et <em>Un hiver avec<\/em>, le premier num\u00e9ro d\u2019<em>Un printemps avec<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Gr\u00e9goire Bouillier et racont\u00e9 en 52 s\u00e9quences de 4 \u00e0 7 minutes dites par Fran\u00e7ois Morel et Corine Versini.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 vrai dire, nous tournions un peu le dos en ouvrant le livre consacr\u00e9 au \u00ab\u00a0gentleman cambrioleur le plus c\u00e9l\u00e8bre de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise\u00a0\u00bb pour au moins deux raisons. La grosse m\u00e9diatisation, fa\u00e7on bourrage de cr\u00e2ne, avait d\u2019abord de quoi nous rebuter d\u2019autant que nous subodorions ensuite une grosse, une tr\u00e8s grosse lupinose que l\u2019on pourrait croire confirm\u00e9e page 74\u00a0: \u00ab\u00a0Cependant, il n\u2019y a pas de rumeur sans feu. Il y a les dates.\u00a0\u00bb. Les hasards de l\u2019histoire ou du temps ont voulu que nous avons d\u00e9vor\u00e9 ce volume primesautier d\u2019\u00e9rudition lupinienne et jacobienne \u00e0 \u00c9tretat\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Nous reviendrons sur <em>le Clos Lupin<\/em> qui aurait besoin d\u2019un bon coup de ripolin et d\u2019une mus\u00e9ographie rajeunie et attractive. Gr\u00e9goire Bouillier maitrise son sujet et baigne dans les aventures du g\u00e9nial voleur de papier depuis l\u2019enfance. Le Prix de Flore 2002 en fait m\u00eame son \u00ab&nbsp;ami imaginaire&nbsp;\u00bb sur les ondes de <em>France Inter<\/em> le 29 juin 2026 et nous explique en 365 pages le h\u00e9ros invent\u00e9 par Maurice Leblanc avec un style dr\u00f4le, percutant, fin et didactique (si c\u2019est possible). C\u2019est une enqu\u00eate men\u00e9e avec sa fid\u00e8le secr\u00e9taire Penny \u2013 Miss Moneypenny de James Bond&nbsp;? \u2013 o\u00f9 l\u2019on saisit, o\u00f9 l\u2019on comprend que Maurice Leblanc a transcend\u00e9 la commande de Pierre Lafitte pour cr\u00e9er un univers litt\u00e9raire singulier et qui a travers\u00e9 les \u00e9preuves du temps sans prendre une ride comme la Cagliostro.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chapitres 13 et 14, que nous reproduisons ci-dessous, sont consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019anarchisme et \u00e0 Jacob. Si l\u2019auteur retient donc une chronologie qui pourrait amalgamer les deux personnages parce que l\u2019un apparait au moment o\u00f9 l\u2019autre est jug\u00e9, il n\u2019a de cesse de les diff\u00e9rencier et c\u2019est fort heureux. Car l\u2019anarchiste \u00ab n\u2019est pas un criminel de droit commun, encore moins un voleur mondain.&nbsp;\u00bb. Gr\u00e9goire Bouiller a compris l\u2019homme politique qui utilise le vol comme un moyen r\u00e9volutionnaire et fait de son proc\u00e8s une tribune.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, il reprend le cambriolage de Pierre Loti et l\u2019histoire du billet laiss\u00e9 par Jacob pour d\u00e9dommager le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain en oubliant &#8211; ou en ne sachant pas \u2013 que cette anecdote est un pur produit de l\u2019imagination de Bernard Thomas, 2<sup>e<\/sup> biographe du voleur, en 1970. Mais qu\u2019il est plaisant de constater l\u2019\u00e9tonnement constern\u00e9 et amus\u00e9 de l\u2019auteur qui, apr\u00e8s avoir \u00e9voqu\u00e9 le suicide de l\u2019honn\u00eate homme, se moque de la lupinose induite pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 par la plaque pos\u00e9e en 2008 sur la tombe de Jacob \u00e0 l\u2019initiative de Claude Nerrand, alors pr\u00e9sident de l\u2019office du tourisme de Reuilly&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sans d\u00e9conner&nbsp;\u00bb&nbsp;! Un amalgame, une lupinose pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9&nbsp;! La conclusion du chapitre tonne comme un formidable coup de tonnerre annon\u00e7ant une fin de canicule. La mairie de Reuilly a inaugur\u00e9 en 2005 une impasse Marius Jacob&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et pourquoi pas \u201ccul-de-sac de la Libert\u00e9\u201d ?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Amie jacoblogueuse, ami jacoblogueur, tu ne sais pas quoi lire cet \u00e9t\u00e9&nbsp;? Voil\u00e0 pour toi un chouette volume. Aucune page d\u2019ennui. C\u2019est dr\u00f4le, c\u2019est instructif, c\u2019est primesautier \u2026 et c\u2019est sans lupinose.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6296\" width=\"230\" height=\"230\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier.jpg 600w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier-300x300.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong>Chapitre 13<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Voil\u00e0 qu\u2019il reprenait sa lutte sans<\/p>\n\n\n\n<p>merci contre la soci\u00e9t\u00e9 ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>813<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je dis :<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis devenu c\u00e9l\u00e8bre en 1905.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 l\u2019un des plus grands voleurs de la Belle \u00c9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis partisan de la non-violence.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai transform\u00e9 mon proc\u00e8s en farce grandiose.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai stup\u00e9fi\u00e9 la France enti\u00e8re avec mes coups d\u2019\u00e9clat.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui suis-je ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ars\u00e8ne Lupin ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ou Alexandre Jacob ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alexandre Marius Jacob, anarchiste-cambrioleur qui, entre 1899 et 1905, d\u00e9fraya la chronique avec son audace incroyable et ses splendides impertinences ill\u00e9galistes. Si bien qu\u2019une rumeur pr\u00e9tend qu\u2019il inspira la figure d\u2019Ars\u00e8ne Lupin.<\/p>\n\n\n\n<p>Rumeur qui ne tient pas une seconde si on consid\u00e8re qu\u2019Alexandre Jacob n\u2019est pas un criminel de droit commun, encore moins un voleur mondain. Lui ne vole pas pour son propre compte, ni pour le frisson, non plus pour venger sa m\u00e8re humili\u00e9e par ses patrons (quoique&#8230;). Non, Alexandre Jacob \u00e9tait un militant anarchiste qui se livra scrupuleusement \u00e0 la \u00ab reprise individuelle \u00bb. Soit le fait de reprendre aux riches ce qu\u2019ils volent d\u2019abord aux pauvres. Car les riches volent les pauvres. Bah oui. C\u2019est la base. Sans quoi, le ma\u00e7on qui construit des ch\u00e2teaux vivrait lui aussi dans un palais.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans quoi, Alexandre Jacob n\u2019aurait jamais d\u00e9valis\u00e9 personne. Pour lui, \u00ab l\u2019appropriation ill\u00e9gale \u00bb n\u2019\u00e9tait pas un jeu, c\u2019\u00e9tait une \u00e9vidence et une n\u00e9cessit\u00e9. Lors de son proc\u00e8s, il expliqua que la soci\u00e9t\u00e9 ne lui avait laiss\u00e9 que trois choix : travailler pour un salaire de mis\u00e8re, mendier au m\u00e9pris de sa dignit\u00e9 ou voler. Il avait choisi le vol car c\u2019est le coeur du mot r\u00e9VOLte. Ainsi ses cambriolages \u00e9taient-ils des actes politiques. On est aux antipodes d\u2019Ars\u00e8ne Lupin.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il n\u2019y a pas de rumeur sans feu.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a les dates.<\/p>\n\n\n\n<p>Car Ars\u00e8ne Lupin est n\u00e9 dans le sillage d\u2019Alexandre Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est n\u00e9 quatre mois apr\u00e8s le retentissant proc\u00e8s de l\u2019anarchiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Retentissant en raison du nombre d\u2019accus\u00e9s : 29 au total, tous de la bande \u00e0 Jacob, surnomm\u00e9e \u00ab les travailleurs de la nuit \u00bb. Ce qui fait que la presse, jamais en retard d\u2019un bon mot, surtout s\u2019il d\u00e9forme la v\u00e9rit\u00e9, fit ses gros titres avec \u00ab le proc\u00e8s des 40 voleurs \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Retentissant, surtout, de par la personnalit\u00e9 du principal inculp\u00e9. Car c\u2019est peu dire qu\u2019Alexandre Jacob porta haut le verbe de la cause anarchiste. Au pr\u00e9sident du tribunal qui lui demande de se lever, il r\u00e9torque : \u00ab Pourquoi ? Vous restez bien assis. \u00bb Un couple vient t\u00e9moigner qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 la campagne au moment o\u00f9 il se faisait cambrioler ? \u00ab Ah ! Ces messieurs dames ont donc deux ch\u00e2teaux ? Mais de quoi se plaignent-ils ! \u00bb s\u2019exclame Jacob. Un sacristain vient d\u00e9poser. \u00ab Voyons, sacristain, rigole l\u2019anarchiste. Vous ne dites pas tout. Rappelez-vous&#8230; dans le placard&#8230; les gravures d\u2019un genre&#8230; Fragonard. \u00bb C\u2019est ce qui s\u2019appelle arracher les masques.<\/p>\n\n\n\n<p>La presse ne s\u2019y trompa pas, qui parla de \u00ab l\u2019inimaginable Jacob \u00bb. Elle dira la m\u00eame chose d\u2019Ars\u00e8ne Lupin, lui qui fit de son proc\u00e8s un spectacle non moins retentissant. Lui qui dira \u00e0 l\u2019inf\u00e2me Rudolf Kesselbach : \u00ab Moi, je vole en appartement ; toi, tu voles en Bourse. Tout \u00e7a, c\u2019est kif-kif. \u00bb Lui qui est pareillement \u00e0 la t\u00eate d\u2019une bande de malfaiteurs, se d\u00e9guise pareillement, utilise pareillement les m\u00e9dias, pr\u00f4ne pareillement la non-violence, m\u00eame si les choses ne se passent pas toujours comme on l\u2019aimerait : avec deux complices, Jacob fut accus\u00e9 du meurtre d\u2019un policier qui tentait de les arr\u00eater. Pour sa part, Lupin tuera sans le vouloir Dolor\u00e8s Kesselbach, alors qu\u2019elle s\u2019appr\u00eatait \u00e0 l\u2019assassiner.<\/p>\n\n\n\n<p>Lupin a un c\u00f4t\u00e9 Jacob, ind\u00e9niablement, surtout \u00e0 ses d\u00e9buts, mais l\u2019id\u00e9al r\u00e9volutionnaire en moins.<\/p>\n\n\n\n<p>Au \u00ab Je n\u2019ai ni feu, ni lieu, ni \u00e2ge, ni profession. Je suis vagabond, n\u00e9 \u00e0 Partout, chef-lieu Nulle-Part, d\u00e9partement de la Terre \u00bb, de l\u2019anarchiste, Ars\u00e8ne Lupin semble faire \u00e9cho lorsqu\u2019il s\u2019exclame : \u00ab Tu es libre ! Pas d\u2019entraves ! Tu n\u2019as plus \u00e0 subir le poids de ton nom ! Tu as effac\u00e9 ce num\u00e9ro matricule que la soci\u00e9t\u00e9 avait imprim\u00e9 sur toi comme un fer rouge sur l\u2019\u00e9paule. Tu es libre ! Dans ce monde d\u2019esclaves o\u00f9 chacun porte son \u00e9tiquette, toi tu peux, ou bien aller et venir inconnu, invisible, comme si tu poss\u00e9dais l\u2019anneau de Gyg\u00e8s&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et ne parlons pas de son g\u00e9nie de la cambriole.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacob, en la mati\u00e8re, n\u2019ayant rien \u00e0 lui envier.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir lou\u00e9 l\u2019appartement se trouvant au-dessus d\u2019une bijouterie, Jacob et ses camarades perc\u00e8rent un petit trou dans le parquet. Suffisant pour y glisser un parapluie. Lequel, une fois grand ouvert, permit d\u2019agrandir le trou sans que la chute des pl\u00e2tras ne donne l\u2019alerte, puisqu\u2019ils tombaient dans le parapluie. Un cambriolage tout en d\u00e9licatesse qui rapportera plus de 100 000 francs (environ 500 000 euros). Un coup du parapluie qui, cinquante ans plus tard, fera l\u2019objet d\u2019une sc\u00e8ne m\u00e9morable (elle dure trente-cinq minutes) dans le film <em>Du rififi chez les hommes<\/em> de Jules Dassin.<\/p>\n\n\n\n<p>Son coup le plus audacieux ? Ne parvenant pas \u00e0 forcer la sacristie de la cath\u00e9drale de Tours, Jacob et sa bande vont chercher sur un chantier tout proche une longue \u00e9chelle de ma\u00e7on qu\u2019ils appuient contre la fa\u00e7ade principale de la cath\u00e9drale. De quoi acc\u00e9der \u00e0 la rosace, dont les vitraux sont soigneusement descell\u00e9s. Ne reste plus qu\u2019\u00e0 descendre dans la nef \u00e0 l\u2019aide d\u2019une \u00e9chelle de corde. Ils ressortiront avec de splendides tapisseries du XVII<sup>e<\/sup> prestement charg\u00e9es sur des charrettes r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, elles aussi, sur le chantier. Les cambrioleurs du Louvre n\u2019ont rien invent\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Son coup le plus honn\u00eate ? S\u2019apercevant qu\u2019il d\u00e9valise la maison de l\u2019\u00e9crivain Pierre Loti, Jacob remet tout en place et laisse un mot : \u00ab Ayant p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 chez vous par erreur, je ne saurais rien prendre \u00e0 qui vit de sa plume. Tout travail m\u00e9rite salaire. \u00bb Et de laisser dix francs pour la vitre bris\u00e9e et le volet endommag\u00e9. La grande classe ! Georges Brassens n\u2019eut pas la chance de tomber sur un Jacob lorsqu\u2019il se fit cambrioler une nuit de 1972. Car les \u00ab travailleurs de la nuit \u00bb se faisaient une r\u00e8gle de ne d\u00e9valiser que les \u00ab parasites sociaux \u00bb. Pas les \u00e9crivains, ni les professeurs, les savants, etc. Car eux sont utiles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame Lupin choisit-il ses victimes, selon des crit\u00e8res assez proches, finalement.<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019en doute, l\u2019anarchiste-cambrioleur paya tr\u00e8s cher ses insolences ill\u00e9galistes : en 1905, il fut condamn\u00e9 \u00e0 vingt ans de bagne (vingt ans \u00e0 Cayenne !). Cela au moment o\u00f9 paraissait <em>L\u2019Arrestation d\u2019Ars\u00e8ne Lupin<\/em>. Pile au moment o\u00f9 Jacob cessait sa carri\u00e8re, Lupin d\u00e9marrait la sienne. N\u2019est-ce pas \u00e9trange ? Comme un passage de t\u00e9moin. Une transmission de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la fiction. Un fil ne devant pas se rompre. Un souffle qui se prolonge. J\u2019aime l\u2019id\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019avantage d\u2019Alexandre Jacob, c\u2019est qu\u2019il exista pour de vrai. L\u2019avantage d\u2019Ars\u00e8ne Lupin, c\u2019est qu\u2019il existe pour de faux. Je ne vois que des avantages \u00e0 l\u2019un et \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, je veux remercier Ars\u00e8ne Lupin de m\u2019avoir fait d\u00e9couvrir Alexandre Marius Jacob. Sans lui, nous n\u2019aurions jamais \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Merci beaucoup, Ars\u00e8ne ! Merci mille fois ! On gagne toujours \u00e0 conna\u00eetre des \u00eatres d\u2019exception.<\/p>\n\n\n\n<p>Que je sache, Maurice Leblanc n\u2019a jamais \u00e9voqu\u00e9 la figure de Marius Jacob. L\u2019inverse n\u2019est pas vrai. En 1952, \u00e0 son ami Robert Passas qui lui posait la question, Jacob donna son sentiment sur le gentleman-cambrioleur : \u00ab Comme imagination romanesque, c\u2019est tr\u00e8s bien, juge-t-il. Et c\u2019est cela qui pla\u00eet au public. Mais comme technique, c\u2019est idiot. Trop absurde, invraisemblable. Et dire que c\u2019est un des plus gros succ\u00e8s de librairie ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il savait de quoi il parlait.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut lui faire confiance.<\/p>\n\n\n\n<p>Lui, \u00ab l\u2019honn\u00eate-cambrioleur \u00bb, comme l\u2019appelle Jean-Marc Delpech, son fringant historiographe.<\/p>\n\n\n\n<p>Lui dont Jacques Dutronc aurait pu chanter : \u00ab C\u2019est le plus grand des voleurs, oui mais c\u2019est un anarchiste. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Lui qui, le dimanche 29 ao\u00fbt 1954, se suicida \u00ab pour faire la nique \u00e0 toutes les infirmit\u00e9s qui guettent la vieillesse \u00bb. Il avait 75 ans. Dont plus de vingt ann\u00e9es de bagne et des centaines de cambriolages. Une vie d\u2019anarchiste comme on dit une vie d\u2019artiste. Une vie de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses principes, m\u00eame apr\u00e8s sa lib\u00e9ration en 1928, o\u00f9 il d\u00e9non\u00e7a les innommables conditions carc\u00e9rales de Cayenne et continua de militer tout en gagnant sa vie comme forain. Pour tirer sa r\u00e9v\u00e9rence, il avait tout pr\u00e9vu : des ampoules de morphine et du charbon plein le po\u00eale pour le monoxyde de carbone. Sur un meuble, un mot, le dernier, apr\u00e8s tant d\u2019autres. Mot se terminant ainsi : \u00ab Linge lessiv\u00e9, rinc\u00e9, s\u00e9ch\u00e9, pas repass\u00e9, j\u2019ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de ros\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la paneterie. \u00c0 votre sant\u00e9 ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Respect.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi d\u2019autre ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ah si ! Sur la tombe de l\u2019anarchiste, on peut lire : \u00ab Marius Alexandre Jacob \u2013 peut-\u00eatre Ars\u00e8ne Lupin \u00bb. Sans d\u00e9conner ! <em>Peut-\u00eatre Ars\u00e8ne Lupin<\/em> ?<\/p>\n\n\n\n<p>Sur sa tombe ? Il y a des morts que les vivants ne craignent pas d\u2019offenser.<\/p>\n\n\n\n<p>La petite ville de Reuilly, dans l\u2019Indre, o\u00f9 Jacob est enterr\u00e9 apr\u00e8s y avoir pass\u00e9 la derni\u00e8re partie de sa vie, a m\u00eame pouss\u00e9 le vice de l\u2019appropriation l\u00e9galiste en attribuant une rue \u00e0 son illustre habitant, qui fut bien le seul. Pas n\u2019importe quelle rue puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une&#8230; impasse. \u00ab Impasse Marius-Jacob \u00bb. Et pourquoi pas \u00ab cul-de-sac de la Libert\u00e9 \u00bb ?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6296\" width=\"245\" height=\"245\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier.jpg 600w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier-300x300.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gregpoire-Bouillier-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 245px) 100vw, 245px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong>Chapitre 14<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab \u00c0 la faveur du d\u00e9sordre&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les Dents du tigre<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains ont pr\u00e9tendu que Maurice Leblanc aurait assist\u00e9, en tant que chroniqueur du Gil Blas, au proc\u00e8s d\u2019Alexandre Jacob \u00e0 Amiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien ne l\u2019atteste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais peu importe.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout le monde \u00e9tait au courant des prouesses de l\u2019anarchiste.<\/p>\n\n\n\n<p>La France avait d\u00e9couvert ses exploits et son incroyable impudence, son immense <em>retentissement<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Suffisant pour donner des id\u00e9es ?<\/p>\n\n\n\n<p>Qui sait si Pierre Lafitte, en bon publiciste et \u00e9diteur qu\u2019il \u00e9tait, ne flaira pas le filon ?<\/p>\n\n\n\n<p>Si, lors de leurs discussions, il ne sugg\u00e9ra pas \u00e0 Maurice Leblanc de s\u2019inspirer aussi de l\u2019anarchiste-cambrioleur ?<\/p>\n\n\n\n<p>Sachant que l\u2019anarchie \u00e9tait dans l\u2019air du temps. Elle \u00e9tait l\u2019air du temps. \u00c0 la faveur des bombes de Ravachol, de l\u2019assassinat de Sadi Carnot et de la vague d\u2019attentats des ann\u00e9es 1892-1894, la cr\u00e9ation litt\u00e9raire avait fait siennes les id\u00e9es anarchistes. De L\u00e9on Daudet \u00e0 Anatole France en passant par Tristan Bernard, F\u00e9lix F\u00e9n\u00e9on ou le Nobel de litt\u00e9rature Maurice Maeterlinck (qui \u00e9tait le beau-fr\u00e8re de Maurice Leblanc), la plupart des \u00e9crivains avouaient des sympathies anarchisantes. S\u2019il y avait un ennemi, c\u2019\u00e9tait l\u2019ordre bourgeois et son \u00ab esth\u00e9tique de la laideur \u00bb (Mallarm\u00e9). L\u2019ordre bourgeois \u00ab qui s\u00e8me la mis\u00e8re et qui r\u00e9colte la terreur \u00bb (Octave Mirbeau). M\u00eame Claudel fut anarchiste dans sa jeunesse. Et Oscar Wilde \u00e0 la fin de sa vie : \u00ab Autrefois, j\u2019\u00e9tais po\u00e8te et tyran. Maintenant je suis artiste et anarchiste. \u00bb Rachilde disait qu\u2019il fallait \u00ab tout d\u00e9molir \u00bb. Etc. Que demande le peuple ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1890, l\u2019anarchisme \u00e9tait \u00ab l\u2019\u00e9pid\u00e9mie \u00e0 la mode \u00bb, dixit le po\u00e8te Ernest Reynaud. Il \u00e9tait du dernier chic. Voire un snobisme. Il n\u2019en \u00e9tait pas moins virulent, sinon socialement, du moins esth\u00e9tiquement. Car dans les milieux litt\u00e9raires, il s\u2019agissait de faire sauter la r\u00e9publique des lettres. D\u2019attenter au symbolisme qui tenait le haut du pav\u00e9 acad\u00e9mique. De briser le vers, la prose, tout revivifier. Il s\u2019agissait m\u00eame de prendre au mot les lois sc\u00e9l\u00e9rates et liberticides de 1894 qui, en muselant la libert\u00e9 d\u2019expression et tout ce qui ressemblait de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 un anarchiste, avaient mis dans le m\u00eame panier \u00e0 salade le terrorisme et la litt\u00e9rature. Mallarm\u00e9 n\u2019a peut-\u00eatre jamais dit qu\u2019\u00ab il n\u2019y a de bombe qu\u2019un livre \u00bb, mais la III<sup>e<\/sup> R\u00e9publique, elle, le proclamait.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice Leblanc \u00e9chappa d\u2019autant moins \u00e0 l\u2019anarchisme ambiant qu\u2019il avait publi\u00e9 en 1901 un livre largement autobiographique dans lequel il racontait son d\u00e9go\u00fbt de la bourgeoisie rouennaise \u00e0 laquelle il appartenait. Bourgeoisie de province \u00ab affreuse \u00bb, \u00ab mesquine \u00bb, qui \u00ab enseigne les usages les plus pu\u00e9rils et ineptes \u00bb, ne se soucie que d\u2019argent et du qu\u2019en-dira- t-on, \u00ab <em>ignore le bonheur<\/em> \u00bb ! \u00ab J\u2019\u00e9tais privil\u00e9gi\u00e9 et j\u2019\u00e9tais en prison \u00bb, \u00e9crit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Son livre s\u2019appelait <em>L\u2019Enthousiasme<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Leblanc y avait mis le meilleur de lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019eut aucun succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait 37 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Et que dire de ce conte publi\u00e9 en 1894, en pleine vague des attentats anarchistes. Intitul\u00e9 <em>Elle<\/em>, il fait l\u2019\u00e9loge de la bicyclette qualifi\u00e9e, je cite, d\u2019\u00ab instrument anarchique \u00bb car donnant \u00e0 chacun les moyens d\u2019aller o\u00f9 il veut par ses propres moyens. \u00ab Ne voit-on pas \u00bb, \u00e9crit-il, que l\u2019apparition de la bicyclette \u00ab co\u00efncide avec la naissance des doctrines anarchistes et son \u00e9panouissement avec l\u2019explosion meurtri\u00e8re de ces doctrines ? \u00bb Et de conclure, lyrique : \u00ab Un jour viendra, le lendemain du Grand Soir, o\u00f9 la propri\u00e9t\u00e9 de chacun sera r\u00e9duite \u00e0 l\u2019unique bicyclette, source de toute joie, de toute sant\u00e9, de toute ardeur, de toute jeunesse. \u00bb En clair, la r\u00e9volution sera v\u00e9locip\u00e9dique ou elle ne sera pas !<\/p>\n\n\n\n<p>On peut sourire, il y a de quoi, mais \u00e0 son niveau bourgeois des choses, il y a de l\u2019utopiste chez Lupin. Il y a un vernis anarchiste tendance individualiste. En t\u00e9moigne cette autre phrase&nbsp;: \u00ab&nbsp;En cette fin de si\u00e8cle, l\u2019\u00e9nergie de chacun remplace l\u2019absolutisme des foules.&nbsp;\u00bb En accord avec le courant stirn\u00e9rien de l\u2019anarchisme, le p\u00e8re du futur gentleman-cambrioleur oppose l\u2019\u00e9mancipation individuelle \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation collective, \u00e0 laquelle il n\u2019adh\u00e8re naturellement pas. Car la soci\u00e9t\u00e9 est la somme des individus qui la composent. Tout commence donc par et avec eux. Tout commence avec Ars\u00e8ne Lupin !<\/p>\n\n\n\n<p>Tout commence avec le d\u00e9sir de la libert\u00e9. Libert\u00e9 sexuelle aussi, libert\u00e9 sexuelle surtout. En t\u00e9moignent, l\u00e0 encore, nombre de contes que Maurice Leblanc publia \u00e0 partir de 1892. Du reste, l\u2019un d\u2019eux sera repris dans le journal <em>l\u2019anarchie<\/em> (sans majuscules). C\u2019est tout dire !<\/p>\n\n\n\n<p>Initialement paru en avril 1896 dans <em>Gil Blas<\/em>, ce conte fut republi\u00e9 en avril 1905 dans le tout nouvel hebdomadaire d\u2019Albert Libertad, ce pur anarchiste individualiste qui fut un fervent soutien d\u2019Alexandre Jacob lors de son proc\u00e8s. Il appelait aussi \u00e0 \u00ab la gr\u00e8ve des gestes inutiles&nbsp;\u00bb, ce qui me r\u00e9jouit. Pr\u00e9cision : nul opportunisme dans cette republication puisque le gentleman-cambrioleur ne deviendra c\u00e9l\u00e8bre que trois mois plus tard, dans <em>Je sais tout<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Intitul\u00e9 Selon la nature, le conte met en sc\u00e8ne un mari, sa femme et un Anglais naufrag\u00e9s sur une \u00eele d\u00e9serte. Que croit-on qu\u2019il se passe ? Tout le contraire d\u2019un vaudeville ! Car le mari r\u00e9alise \u00ab qu\u2019en pleine nature et loin du monde, la jalousie n\u2019est qu\u2019un <em>instinct de propri\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb. Il comprend qu\u2019il lui faut se d\u00e9barrasser de ses \u00ab instincts acquis et autres pr\u00e9jug\u00e9s ineptes \u00bb. Sur leur \u00eele d\u00e9serte, voici que \u00ab l\u2019acte l\u00e9gal du mariage ne constitue plus un droit l\u00e9gal \u00bb. Il le dit \u00e0 sa femme. Lui dit que, si elle le souhaite, elle peut se donner \u00e0 l\u2019Anglais. Qu\u2019elle songe \u00ab&nbsp;\u00e0 la consolation, \u00e0 l\u2019enivrement, \u00e0 l\u2019extase dont il est priv\u00e9&nbsp;\u00bb. Sauf que madame n\u2019avait pas attendu sa permission&#8230; Et le mari de l\u2019en aimer encore davantage.<\/p>\n\n\n\n<p>Si ce n\u2019est pas d\u00e9clarer la guerre \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale et bourgeoise en l\u2019attaquant sur l\u2019institution sacr\u00e9e du mariage et en pr\u00f4nant la libert\u00e9 sexuelle, y compris pour la femme, je ne sais pas ce qu\u2019il faut.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son <em>Dictionnaire des id\u00e9es re\u00e7ues<\/em>, Flaubert n\u2019avait pas tort de noter que le catholicisme a \u00ab produit de tr\u00e8s belles \u0153uvres d\u2019art \u00bb. Apr\u00e8s lui, on a envie de dire que la bourgeoisie a produit de tr\u00e8s bons auteurs. Quoi qu\u2019on pense de la bourgeoisie.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Lafitte n\u2019eut donc pas \u00e0 pousser Maurice Leblanc pour qu\u2019il insuffle \u00e0 son gentleman-cambrioleur une \u00e2me libertaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Son lectorat bourgeois adorerait ses mani\u00e8res de dandy et le public<\/p>\n\n\n\n<p>populaire son esprit anarchiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s\u2019agissait pas de se battre sur le plan politique mais sur le plan culturel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le contexte d\u2019\u00ab \u00e9pid\u00e9mie anarchiste \u00bb, c\u2019\u00e9tait la bonne strat\u00e9gie.<\/p>\n\n\n\n<p>Lupin allait casser la baraque.<\/p>\n\n\n\n<p>Il allait dynamiter le roman policier.<\/p>\n\n\n\n<p>Faire exploser toute la maison Conan Doyle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ravachol ne serait pas son cousin.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est bien ce que fut Ars\u00e8ne Lupin.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fut de la bombe !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un printemps avec Ars\u00e8ne Lupin, \u00e9pisode 14, France Inter, mardi 14 avril 2026 :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-anarchiste-.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-662x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6298\" width=\"183\" height=\"283\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-662x1024.jpg 662w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-194x300.jpg 194w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-768x1188.jpg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin-993x1536.jpg 993w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Un-printemps-avec-Lupin.jpg 1298w\" sizes=\"(max-width: 183px) 100vw, 183px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>Un printemps avec Ars\u00e8ne Lupin<\/em><\/mark><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gr\u00e9goire Bouillier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00e9ditions \u00c9quateurs Parall\u00e8les<\/p>\n\n\n\n<p>Paris, mars 2026, 365 pages<\/p>\n\n\n\n<p>ISBN : 978-2-3828-4956-9<\/p>\n\n\n\n<p>15\u20ac<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le succ\u00e8s de la s\u00e9rie de podcast et de livres Un \u00e9t\u00e9 avec ne se d\u00e9ment pas depuis que les auditeurs de France Inter ont pass\u00e9 le mois d\u2019ao\u00fbt 2012 en compagnie de Michel de Montaigne. Cette collection, qui \u00ab&nbsp;a pour ambition d\u2019offrir au grand public une lecture estivale, tonique et d\u00e9complex\u00e9e des grands auteurs [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[4482,1452],"tags":[861,863,6124,1925,1450,6125,1036,6120,1368,25,5407,1035,6119,126,116,212,6122,6123,6121,812],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6293"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6293"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6293\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6301,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6293\/revisions\/6301"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6293"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6293"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6293"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}