{"id":6030,"date":"2025-11-04T01:10:00","date_gmt":"2025-11-04T00:10:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=6030"},"modified":"2025-10-16T07:22:05","modified_gmt":"2025-10-16T05:22:05","slug":"lenfer-nimois-du-bagne-10","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2025\/11\/lenfer-nimois-du-bagne-10\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Enfer n\u00eemois du bagne 10"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Le-Republicain-du-Gard-1936-Enfer-du-Bagne.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5985\" width=\"299\" height=\"136\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Le-Republicain-du-Gard-1936-Enfer-du-Bagne.jpg 511w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Le-Republicain-du-Gard-1936-Enfer-du-Bagne-300x136.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 299px) 100vw, 299px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong>Le R\u00e9publicain du Gard<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jeudi 30 janvier 1936<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;Enfer du Bagne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(M\u00c9MOIRES D&rsquo;UN CONDAMN\u00c9 MILITAIRE)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>par Paul ROUSSENQ<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(SUITE)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Certes, \u00e0 premi\u00e8re vue et si l&rsquo;on se fie aux apparences, cette opinion erron\u00e9e peut se d\u00e9fendre. Tous les jours on enregistre en moyenne une douzaine d&rsquo;\u00e9vasions. Les condamn\u00e9s ont la facilit\u00e9 de quitter les chantiers \u00e0 chaque instant&nbsp;; ils peuvent traverser le fleuve Maroni, pour aller en Guyane Hollandaise, ou bien descendre son cours pour prendre la mer et aller aborder en Guyane Anglaise ou au V\u00e9n\u00e9zu\u00e9la. De ce fait, ils sont partis \u00e9vad\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a loin de la coupe aux l\u00e8vres. Les for\u00e7ats en rupture de ban qui vont se r\u00e9fugier dans les pays voisins y sont re\u00e7us en ind\u00e9sirables et trait\u00e9s comme tels.<\/p>\n\n\n\n<p>On les arr\u00eate et on les d\u00e9tient deux ou trois mois, puis on les renvoie en Guyane une fois les formalit\u00e9s de refoulement accomplies.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>N&#8217;emp\u00eache que les journaux les signalent comme \u00e9vad\u00e9s \u00e0 leur d\u00e9part de la Guyane, tout en omettant de les porter rentrants par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a d&rsquo;autres \u00e9vasions moins s\u00e9rieuses, celles qui ont lieu en for\u00eat. On emporte des vivres et du tabac, r\u00e9unis \u00e0 trois ou quatre.<\/p>\n\n\n\n<p>On campe quelque part, on fait des papillons que l&rsquo;on vendra pour se procurer d&rsquo;autres vivres. Puis un beau jour on se lassera de ne plus manger que du riz ou de la cassave, et on ira se rendre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Certes il en est qui r\u00e9ussissent \u00e0 franchir le cordon sanitaire des pays limitrophes et qui ne reviennent plus au Bagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ils sont rares, car dans ces conditions il faut au moins deux ou trois mille francs. Les autorit\u00e9s des pays hant\u00e9s par les \u00e9vad\u00e9s, ne s&rsquo;opposent pas \u00e0 ce que ces derniers s&#8217;embarquent de chez eux pour aller plus loin s&rsquo;ils ont les moyens de payer leur passage.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi dans les \u00e9vasions comme pour tout, du reste, c&rsquo;est l&rsquo;argent qui d\u00e9cide du succ\u00e8s. Les bagnards savent tr\u00e8s bien que l&rsquo;\u00e9vasion est un leurre et qu&rsquo;ils risquent d&rsquo;y laisser leur peau. Mais ils s&rsquo;en vont quand m\u00eame. Cela se porte bien de s&rsquo;\u00e9vader au Bagne ou de faire semblant. Alors on devient \u00ab&nbsp;un homme d&rsquo;\u00e9vasion&nbsp;\u00bb on a du poids. Certains ont tent\u00e9 vingt fois ce petit jeu, toujours repris et ramen\u00e9s. Ils n&rsquo;y ont gagn\u00e9 que des ann\u00e9es de rabiot, des stages \u00e0 la r\u00e9clusion cellulaire et la ruine d&rsquo;une sant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caire.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autre, nombreux ont laiss\u00e9 leurs os dans la brousse ou bien se sont noy\u00e9s dans le Maroni ou en mer. Leurs radeaux ou leurs pirogues chavir\u00e8rent un jour de temp\u00eate. Ils trouv\u00e8rent une mort anonyme au sein des flots, et cependant ils sont port\u00e9s \u00e9vad\u00e9s\u2026 Oui, ils sont \u00e9vad\u00e9s dans la mort&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les bagnards ne s&rsquo;\u00e9vadent pas en dilettante&nbsp;; il en est qui veulent, malgr\u00e9 tout, forcer le sort contraire.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 leur imp\u00e9cuniosit\u00e9, malgr\u00e9 les hommes et les \u00e9l\u00e9ments, ils tentent leur chance d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de toute leur \u00e9nergie et de tout leur courage. Ils veulent, \u00e0 tout prix, fuir le Bagne maudit et ne plus y revenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours r\u00e9solus dans ce dessein ils gardent jusqu&rsquo;\u00e0 la mort leur foi in\u00e9branlable dans la libert\u00e9 reconquise.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un temps d\u00e9j\u00e0 lointain, avant la guerre, les pays voisins \u00e9taient davantage hospitaliers envers les for\u00e7ats \u00e9vad\u00e9s. Beaucoup y trouvaient du travail et certains s&rsquo;y \u00e9tablissaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils se cr\u00e9aient un foyer, devenaient d&rsquo;autres hommes. Mais il y en eut qui commirent des exc\u00e8s, vol\u00e8rent et assassin\u00e8rent. Alors, les bons pay\u00e8rent pour les mauvais.<\/p>\n\n\n\n<p>Par pleins bateaux on les renvoya au Bagne. J&rsquo;en ai connu, de ceux-l\u00e0 qui ont laiss\u00e9 femme et enfants \u00e0 quelques centaines de kilom\u00e8tres de leur lieu de souffrance. Ils n&rsquo;ont d&rsquo;antre consolation que d&rsquo;\u00e9changer avec eux une triste correspondance.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense que je dois d\u00e9truire une opinion assez r\u00e9pandue relativement \u00e0 l&rsquo;\u00e9vasion du docteur Bougrat. Ce dernier \u00e9tait employ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Saint-Laurent comme infirmier. Comme tel, il n&rsquo;\u00e9tait pas renferm\u00e9 la nuit, comme d&rsquo;ailleurs tous les infirmiers.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"178\" height=\"216\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Bougrat.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6031\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Bougrat n&rsquo;avait pas d&rsquo;argent, mais il fit des connaissances et un projet d&rsquo;\u00e9vasion s&rsquo;\u00e9labora entre lui et six autres bagnards \u2013 dont trois infirmiers. Les trois participants qui se trouvaient au p\u00e9nitencier firent le n\u00e9cessaire pour acheter une pirogue et des vivres. Tout l&rsquo;argent mis en commun y passa. La date du d\u00e9part \u00e9tant fix\u00e9e ainsi que l&rsquo;heure, Bougrat et les trois autres infirmiers saut\u00e8rent une nuit le mur peu \u00e9lev\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4pital et all\u00e8rent rejoindre leurs camarades en un lieu d\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils s&#8217;embarqu\u00e8rent et all\u00e8rent atterrir au V\u00e9n\u00e9zu\u00e9la. Il se trouva qu&rsquo;une \u00e9pid\u00e9mie r\u00e9gnait dans te pays au moment o\u00f9 l&rsquo;on mettait la main sur les sept \u00e9vad\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Bougrat \u00e9tant m\u00e9decin fut r\u00e9quisitionn\u00e9 pour donner ses soins aux malades. Il le fit avec d\u00e9vo\u00fbment et conscience. C&rsquo;est pourquoi il ne fut pas renvoy\u00e9 au Bagne ainsi que ses compagnons moins heureux.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le voit dans cette \u00e9vasion la complicit\u00e9 de l&rsquo;Administration p\u00e9nitentiaire ne saurait \u00eatre mise en cause.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le camp des impotents<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Presque tous les jours, on voit d\u00e9boucher du village de Saint-Laurent une minable colonne d&rsquo;\u00e9clop\u00e9s et de malades \u00e0 la face blafarde, conduite par un porte-cl\u00e9s. Ils vont rejoindre le Nouveau-Camp. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est d\u00e9nomm\u00e9 le Camp des impotents, malgr\u00e9 qu&rsquo;il soit bien vieux. Il leur faudra arpenter seize kilom\u00e8tres avant d&rsquo;arriver \u00e0 destination, apr\u00e8s de nombreuses haltes. Enfin, on arrive. Il faut monter une s\u00e9rie de degr\u00e9s taill\u00e9s dans le roc avant de se trouver dans l&rsquo;int\u00e9rieur du camp.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, rang\u00e9es sur deux files, sont dispos\u00e9es quatorze cases faites de poteaux et de feuillages. Le sol de ces cases est en terre battue. Des hamacs sont dispos\u00e9s \u00e0 droite et \u00e0 gauche.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, toute une humanit\u00e9 pitoyable grouille et se heurte. Infirmes, \u00e9clop\u00e9s, malades en convalescence et aussi des lib\u00e9r\u00e9s venus se r\u00e9fugier l\u00e0 pour avoir le vivre et le couvert.<\/p>\n\n\n\n<p>Une salet\u00e9 repoussante envahit tout. Sur le sol, se dess\u00e8chent les crachats de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de for\u00e7ats qui ont laiss\u00e9 l\u00e0 leurs poumons. On tousse, on crache et l&rsquo;on se plaint. Machinalement, ces pauvres bougres tressent des chapeaux de paille administratifs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de chaque case, dans un trou \u00e0 m\u00eame la terre, sont, les fosses d&rsquo;aisance, dont les relents empuantissent l&rsquo;air ambiant.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces \u00eatres d\u00e9chus se contaminent les uns les autres&nbsp;; tous les jours on en emporte \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital qui n&rsquo;en sortiront que les pieds devants. Et l&rsquo;on envoie les convalescents dans un endroit pareil pour les r\u00e9tablir&nbsp;! C&rsquo;est plut\u00f4t pour s&rsquo;en d\u00e9barrasser. Les m\u00e9decins sont impuissants \u00e0 r\u00e9former cet \u00e9tat de choses. Ils prescrivent du lait, ils hospitalisent dans la limite des places disponibles. C&rsquo;est tout ce qu&rsquo;ils peuvent faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Albert Londres a inflig\u00e9 \u00e0 ce lieu d&rsquo;\u00e9pouvante l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te de \u00ab&nbsp;Cour des Miracles&nbsp;\u00bb. Il l&rsquo;a d\u00e9crit en des termes d\u00e9finitifs.<\/p>\n\n\n\n<p>On envoie au Nouveau-Camp les lib\u00e9r\u00e9s n\u00e9cessiteux (ils le sont tous) qui en font la demande, apr\u00e8s visa du m\u00e9decin. Ils sont soumis au r\u00e9gime des condamn\u00e9s, \u00e0 cette diff\u00e9rence pr\u00e8s qu\u2019ils ne portent pas le costume p\u00e9nal.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il n&rsquo;y en a gu\u00e8re \u2013 relativement \u00e0 leur nombre \u2013 qui se r\u00e9solvent \u00e0 cette alternative.<\/p>\n\n\n\n<p>Une case sp\u00e9ciale leur est affect\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois un infirme, un aveugle ou un manchot parqu\u00e9 dans ce camp de r\u00e9prouv\u00e9s, arrive au terme de sa lib\u00e9ration du Bagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne saurait jouir d&rsquo;une libert\u00e9 bien relative incapable de gagner sa vie. Il demande donc \u00e0 rester au Nouveau-Camp, prend ses affaires et quitte la case des condamn\u00e9s pour aller dans la case des lib\u00e9r\u00e9s, rien ne sera chang\u00e9 dans sa situation. Il ne se diff\u00e9renciera de ses compagnons de la veille que par le port d&rsquo;un complet bleu et la facult\u00e9 de laisser pousser barbe.<\/p>\n\n\n\n<p>Paul ROUSSENQ.<\/p>\n\n\n\n<p>(A suivre) (Tous droits de reproduction r\u00e9serv\u00e9s)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le R\u00e9publicain du Gard Jeudi 30 janvier 1936 L&rsquo;Enfer du Bagne (M\u00c9MOIRES D&rsquo;UN CONDAMN\u00c9 MILITAIRE) par Paul ROUSSENQ (SUITE) Certes, \u00e0 premi\u00e8re vue et si l&rsquo;on se fie aux apparences, cette opinion erron\u00e9e peut se d\u00e9fendre. Tous les jours on enregistre en moyenne une douzaine d&rsquo;\u00e9vasions. Les condamn\u00e9s ont la facilit\u00e9 de quitter les chantiers [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[6022],"tags":[181,5715,2752,287,2167,5102,5721,697,5105,5044,1241,1257,5108],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6030"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6030"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6030\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6032,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6030\/revisions\/6032"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6030"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6030"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6030"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}