{"id":5774,"date":"2024-10-20T17:39:23","date_gmt":"2024-10-20T15:39:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=5774"},"modified":"2024-10-20T17:39:23","modified_gmt":"2024-10-20T15:39:23","slug":"albert-et-paul-1e-partie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2024\/10\/albert-et-paul-1e-partie\/","title":{"rendered":"Albert et Paul 1e partie"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/albert-londres.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-321\" width=\"109\" height=\"164\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/albert-londres.jpg 283w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/albert-londres-198x300.jpg 198w\" sizes=\"(max-width: 109px) 100vw, 109px\" \/><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-par-Ubaud-vers-1929.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5536\" width=\"110\" height=\"163\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-par-Ubaud-vers-1929.jpg 485w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-par-Ubaud-vers-1929-203x300.jpg 203w\" sizes=\"(max-width: 110px) 100vw, 110px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>5 juin 1923, le journaliste du <em>Petit Parisien<\/em> qui d\u00e9barque du <em>Biskra<\/em> \u00e0 Cayenne n\u2019est pas un inconnu. Albert Londres a trente-neuf ans et une carri\u00e8re d\u00e9j\u00e0 bien remplie. Apr\u00e8s un \u00e9ph\u00e9m\u00e8re poste de comptable \u00e0 Lyon dans la <em>Compagnie Asturienne des Mines<\/em>, l\u2019Auvergnat qui s\u2019imagine po\u00e8te<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> monte \u00e0 Paris et devient le correspondant du journal lyonnais <em>Le Salut Public<\/em> en 1904. Deux ans plus tard, il arpente les couloirs du Palais Bourbon et suit l\u2019activit\u00e9 parlementaire pour <em>Le Matin<\/em>. C\u2019est encore un anonyme qui ne signe pas ses papiers qui, le 30 juillet 1914, interviewe Jean Jaur\u00e8s quelques heures avant l\u2019assassinat du tribun socialiste. R\u00e9form\u00e9 pour raison de sant\u00e9, il est un des rares journalistes disponibles du <em>Matin<\/em> pour couvrir les op\u00e9rations de guerre. Son nom apparait pour la 1<sup>e<\/sup> fois dans l\u2019\u00e9dition parisienne du quotidien le 21 septembre 1914\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ils ont bombard\u00e9 Reims et nous avons vu cela&nbsp;!&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Dans l\u2019euphorie de la victoire de la Marne, le recul allemand s\u2019accompagne de la destruction de la cath\u00e9drale o\u00f9 les rois de France se faisaient sacrer. Albert Londres est sur place&nbsp;; le joyau de l\u2019art gothique n\u2019est plus que ruine. Sa s\u00e9rie d\u2019articles lui permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une \u00e9vidente notori\u00e9t\u00e9. Il y a un style et une m\u00e9thode Albert Londres pos\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9part&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il est six heures. La nuit descend aussi simplement que pour cacher le spectacle de tous les jours. Les obusiers crachent sur la cit\u00e9. Des ballons de fum\u00e9e s\u2019\u00e9l\u00e8vent de tous les coins. Sur un fond rouge et mouvant comme une tenture que l\u2019on secoue, la cath\u00e9drale \u00e9tirant ses lignes vers le ciel prie ardemment. Elle recommande son \u00e2me \u00e0 Dieu.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre au plus pr\u00e8s de l\u2019\u00e9v\u00e8nement, de la chose d\u00e9crite et y emmener le lecteur. Albert Londres se fait guide, il porte \u00ab&nbsp;la plume dans la plaie&nbsp;\u00bb comme il l\u2019\u00e9crira \u00e0 l\u2019occasion de son reportage en octobre et novembre 1928 o\u00f9 il passe \u00ab&nbsp;Quatre mois parmi nos noirs d\u2019Afrique&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. De l\u00e0 l\u2019utilisation du \u00ab&nbsp;nous&nbsp;\u00bb et, plus souvent mais pas de mani\u00e8re \u00e9gotique, du \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb. Le t\u00e9moin parle directement \u00e0 son lecteur et il y met ses formes. Une sc\u00e9nographie dramaturgique accompagne des descriptions frisant l\u2019anthropomorphisme pour mieux susciter l\u2019empathie et conditionner la narration des faits. Ici, la cath\u00e9drale d\u00e9truite \u00ab&nbsp;prie ardemment&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;recommande son \u00e2me \u00e0 Dieu&nbsp;\u00bb&nbsp;; le 29 septembre, Londres dit ne pas vouloir de photographies de l\u2019\u00e9difice parce que \u00ab&nbsp;les photographies ne vous diront pas son \u00e9tat. Les photographies ne donnent pas le teint du mort.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. &nbsp;Il y a un style Albert Londres et le reportage en Guyane ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle. L\u2019homme a un sens aigu de la formule et sa narration, \u00e0 la limite du voyeurisme et de l\u2019exotisme, transcende la r\u00e9alit\u00e9 du fait observ\u00e9. Il cherche \u00e0 provoquer l\u2019\u00e9motion&nbsp;; la stupeur, l\u2019effroi, la compassion se m\u00e9langent ainsi \u00e0 la description de la r\u00e9alit\u00e9, sans pour autant la d\u00e9former. Londres dit ce qu\u2019il voit et comment il le ressent.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir couvert les combats en France et en Belgique, il quitte <em>Le Matin<\/em> pour <em>Le petit Journal<\/em> qui l\u2019envoie dans les Balkans en 1915. Quatre ans plus tard, Cl\u00e9menceau ne supporte pas que le journaliste dans son reportage sur l\u2019Italie r\u00e9v\u00e8le une population transalpine exasp\u00e9r\u00e9e par les conditions de paix impos\u00e9es par \u00ab&nbsp;Le P\u00e8re La victoire&nbsp;\u00bb notamment sur la question de Fiume. Londres, qui ne cache pas sa sympathie pour Gabrielle d\u2019Annunzio<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a> \u2013 po\u00e8te comme lui, est remerci\u00e9 mais est accueilli \u00e0 bras ouvert par le journal illustr\u00e9 <em>Excelsior<\/em> qui lui demande d\u2019accompagner le g\u00e9n\u00e9ral Gouraud, haut-commissaire de la R\u00e9publique fran\u00e7aise au Levant. Londres visite en d\u00e9cembre 1919 la Syrie et le Liban que les accords secrets de Syke-Picot avaient octroy\u00e9s \u00e0 la France le 16 mai 1916. En 1920, le reporter parvient enfin \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer en Russie sovi\u00e9tique. Ses articles narrant les souffrances du peuple russe font preuve d\u2019un anticommunisme exacerb\u00e9&nbsp;et il n\u2019a de cesse de montrer les d\u00e9g\u00e2ts d\u2019un r\u00e9gime \u2013 la dictature du prol\u00e9tariat impos\u00e9e par L\u00e9nine \u2013 qu\u2019il consid\u00e8re comme une nouvelle monarchie absolue apr\u00e8s le tsarisme.&nbsp; Sa description d\u2019une soupe populaire \u00e0 Petrograd est apocalyptique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;De 3 \u00e0 4h, le troupeau humain s&rsquo;y tra\u00eene. Chacun porte son \u00e9cuelle, ou une vieille bo\u00eete de conserve, un ex-plat \u00e0 barbe, voire de vraies gamelles. Ils tendent cela au comptoir graisseux. La portion de bouillon immonde, \u00e9claboussant, tombe comme elle peut dans leurs baquets. Avidement, ils l\u2019avalent. C&rsquo;est le dernier degr\u00e9 de la d\u00e9gradation, ce sont des \u00e9tables pour hommes. C&rsquo;est la troisi\u00e8me internationale. A la quatri\u00e8me, on marchera \u00e0 quatre pattes, \u00e0 la cinqui\u00e8me, on aboiera.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Adrien-Barriere-communisme.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5777\" width=\"236\" height=\"337\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Adrien-Barriere-communisme.png 224w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Adrien-Barriere-communisme-210x300.png 210w\" sizes=\"(max-width: 236px) 100vw, 236px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Albert Londres ne se situe pas \u00e0 droite. Plut\u00f4t de centre-gauche, social-d\u00e9mocrate, il n\u2019a pas forc\u00e9ment saisi l\u2019importance \u00e0 long terme de la r\u00e9volution d\u2019octobre 1917. S\u2019il comprend bien en revanche l\u2019autoritarisme du nouveau r\u00e9gime, son propos rejoint l\u2019image v\u00e9hicul\u00e9 par la c\u00e9l\u00e8bre couverture d\u2019Adrien Barri\u00e8re illustrant en 1919 la brochure <em>Comment voter contre le communisme\u00a0? <\/em>o\u00f9 l\u2019on voit le visage empourpr\u00e9 d\u2019un homme, aux cheveux hirsutes et tenant un couteau entre les dents. La population russe subit la violence et les restrictions. Londres ne montre que cela. Il lui faut une cause, il donne un coupable. Les seize articles que l\u2019<em>Excelsior<\/em> publie du 22 avril au 27 mai 1920 offrent une effrayante galerie de portraits. Car l\u2019humain, l\u2019individu ou la masse, est une constante chez le journaliste. Albert Londres ne parle plus de bruits de couloirs politiques et encore moins de petites fleurs. C\u2019est \u00e0 travers l\u2019exemple d\u2019un individu, d\u2019un groupe qu\u2019il d\u00e9crit un syst\u00e8me plus large. \u00c0 Moscou, il rencontre Pascal, Fran\u00e7ais convaincu et engag\u00e9 en Ukraine aupr\u00e8s des Bolcheviks\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Que l\u2019on g\u00e9misse de faim \u00e0 ses pieds, que l\u2019on incarc\u00e8re sous yeux, que l\u2019on fusille sous ses fen\u00eatres, que dans toute l\u2019immensit\u00e9 d\u2019un immense pays le r\u00e2le ait remplac\u00e9 le rire, tout cela est bien puisque tout cela est pour Dieu, c\u2019est-\u00e0-dire pour le communisme&nbsp;; car Pascal, le normalien, Pascal, l\u2019ex-lieutenant d\u2019infanterie de France, Pascal n\u2019est plus un home, n\u2019est plus un civilis\u00e9, n\u2019est plus Fran\u00e7ais (du moins il le cro\u00eet)&nbsp;: c\u2019est un communiste.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La condamnation est sans appel possible. Son \u00e9criture lapidaire fait mouche&nbsp;: le communisme c\u2019est la mort. Apr\u00e8s quelques articles sur l\u2019\u00ab&nbsp;entreprise de Fiume&nbsp;\u00bb mise en place par le proto-fasciste D\u2019Annunzio \u00e0 partir de septembre 1919<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, l\u2019<em>Excelsior<\/em> charge Londres d\u2019une enqu\u00eate en Extr\u00eame Orient. Elle dure six mois. En d\u00e9cembre 1921, il d\u00e9barque au Japon et s\u2019\u00e9tonne des us et coutumes nipponnes. Ses premiers articles sont publi\u00e9s au mois de mars de l\u2019ann\u00e9e suivante. De l\u2019empire du Soleil couchant \u00e0 celui du Milieu, il n\u2019y a qu\u2019un pas&nbsp;; Londres y d\u00e9couvre une \u00ab&nbsp;Chine en folie&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a> soumise \u00e0 une totale d\u00e9sorganisation, \u00e0 tous les trafics et \u00e0 toutes les influences internationales. Le contraste est fort avec le dynamisme constat\u00e9 au Japon. Au mois d\u2019ao\u00fbt 1922 paraissent ses articles sur la perle de l\u2019Empire fran\u00e7ais&nbsp;o\u00f9 les vell\u00e9it\u00e9s ind\u00e9pendantistes se d\u00e9veloppent&nbsp;; mais Londres passionne aussi son lectorat en l\u2019emmenant \u00e0 la chasse au tigre, en lui faisant rencontrer l\u2019empereur d\u2019Annam Khai Dinh et le roi du Cambodge Sisowath, en prenant finalement la d\u00e9fense de l\u2019\u0153uvre coloniale en Indochine. En Inde, il d\u00e9couvre la difficile cohabitation entre hindous, musulmans, sikhs, chr\u00e9tiens et boudhistes. Son nationalisme l\u2019am\u00e8ne \u00e0 repousser l\u2019imp\u00e9rialisme britannique et \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux revendications ind\u00e9pendantistes&nbsp;; il rencontre ainsi Gandhi, Nehru et le po\u00e8te-philosophe Rabindranath Tagore.<\/p>\n\n\n\n<p>De retour en France, Albert Londres est un reporter reconnu, une plume recherch\u00e9e. Il travaille d\u00e9sormais pour <em>Le Petit Parisien<\/em> o\u00f9 il retrouve ses confr\u00e8res Louis Roubaud et Henri B\u00e9raud mais surtout son compatriote vichyssois et ami Elie Joseph Bois, r\u00e9dacteur en chef du quotidien depuis 1914. C\u2019est avec lui qu\u2019il pr\u00e9pare encore un grand reportage mais cette fois-ci plus ax\u00e9 sur l\u2019aspect social du sujet que sur l\u2019exotisme suscit\u00e9 par l\u2019\u00e9loignement. Albert Londres veut aller en Guyane. Seulement, n\u2019entre pas au bagne qui veut.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que le sujet int\u00e9resse la presse. De nombreux articles traitent le sujet mais aucun ne vient remettre en cause les fondements de l\u2019institution p\u00e9nitentiaire coloniale, m\u00eame quand ils entendent la critiquer. Avant Albert Londres, il y eut Jacques Dhur, n\u00e9 F\u00e9lix le H\u00e9no \u00e0 Vannes le 25 f\u00e9vrier 1865. Ses articles sur Biribi ou sur le bagne de Nouvelle Cal\u00e9donie firent sensation dans les colonnes du <em>Journal<\/em> de juillet 1901 \u00e0 juin 1902. Mais, tout en reconnaissant, la force des campagnes du journaliste pour ramener notamment du Caillou le pharmacien innocent Danval<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, l\u2019hebdomadaire <em>Les Hommes du Jour<\/em> r\u00e9v\u00e8le, dans son num\u00e9ro 132 en date du 30 juillet 1910, un homme \u00e0 la recherche du scoop et de la notori\u00e9t\u00e9, variant au gr\u00e9 de ses ambitions en fonction d\u2019une opinion publique savamment manipul\u00e9e par les m\u00e9dias. L\u2019\u00e9poque, il convient de le rappeler, est particuli\u00e8rement n\u00e9vros\u00e9e par un pr\u00e9sum\u00e9 sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Dhur n\u2019h\u00e9site alors pas \u00e0 renier les horreurs qu\u2019il a pourtant et au pr\u00e9alable d\u00e9crite avec brio<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Assiette au Beurre<\/em>, une feuille illustr\u00e9e pourtant progressiste, consacre le 5 octobre 1907 son num\u00e9ro 340 au bagne. L\u2019affaire Solleilland bat son plein et la gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle qui envoie l\u2019assassin de la petite Marthe Erbelding en Guyane alimente le m\u00e9contentement. Jacques Dhur fournit une courte pr\u00e9face aux dessins de Jean Plumes. Il d\u00e9nonce une institution \u00e0 la d\u00e9rive et pointe du doigt des lieux de d\u00e9pravation o\u00f9 le fagot, comme un coq en p\u00e2te, vivrait une vie paradisiaque au frais du moutonnier contribuable. Pour un peu et sous la plume de Jacques Dhur le camp de travail forc\u00e9 se transformerait en camp de vacances ou, mieux si l\u2019on peut reprendre le st\u00e9r\u00e9otype usit\u00e9, en h\u00f4tel 5 \u00e9toiles<a id=\"_ftnref13\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>\u00a0! Le 22 ao\u00fbt 1915, Dhur propose m\u00eame dans <em>Le Journal<\/em> l\u2019envoi des \u00ab\u00a0embusqu\u00e9s des prisons et du bagne\u00a0\u00bb dans les chantiers navals charg\u00e9s de affr\u00e8tement des navires de guerre o\u00f9 ils seraient affect\u00e9s aux travaux les plus durs et les plus dangereux ou, encore, dans le rang des Joyeux des bataillons d\u2019Afrique\u00a0! Les mots de \u00ab\u00a0douceurs\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0d\u00e9licatesses\u00a0\u00bb pour d\u00e9crire la vie du bagnard sont choisis sciemment, et, m\u00eame s\u2019ils passent mal au crible de la r\u00e9alit\u00e9 des faits, ils appellent le lecteur \u00e0 un insupportable comparaison avec le brave poilu crevant de chaud, de froid, dans sa tranch\u00e9e boueuse et donnant sa vie \u00e0 la Nation pour r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019Alsace et la Moselle<a id=\"_ftnref14\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jean-galmot.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3708\" width=\"196\" height=\"252\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jean-galmot.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jean-galmot-233x300.jpg 233w\" sizes=\"(max-width: 196px) 100vw, 196px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Pour Jean Galmot, le bagne ne peut souffrir de critiques tant son existence va de soi. Parce que la soci\u00e9t\u00e9 a l\u2019imp\u00e9rieux devoir de se prot\u00e9ger, le criminel doit expier \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres la m\u00e9tropole. L\u2019ancien journaliste au <em>Petit Ni\u00e7ois<\/em> est venu tenter sa chance en Guyane en 1906. Il y exploite la propri\u00e9t\u00e9 foresti\u00e8re de son beau-p\u00e8re. La fortune semble m\u00eame lui sourire non pas avec l\u2019or mais avec la gomme de balata. De retour en France, il donne \u00e0 <em>L\u2019Illustration<\/em> un reportage \u00e9difiant en deux parties publi\u00e9es les 4 et 11 janvier 1908<a id=\"_ftnref15\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>. Le lecteur peut ainsi voir ce que sont devenus ceux qui l\u2019ont tenu en haleine dans la chronique judiciaire des grands m\u00e9dias de l\u2019\u00e9poque. Jean Galmot a approch\u00e9 certaines figures du bagne et, \u00e0 travers les vies de p\u00e9nitence de Manda, de Bassot, de Bri\u00e8re, du bourreau Chaumette ou encore des anarchistes Meunier et Jacob, il nous donne une vision qui, si elle ne brille gu\u00e8re par son originalit\u00e9, n\u2019en demeure pas moins r\u00e9v\u00e9latrice elle aussi de la construction d\u2019une image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e du bagne. L\u2019aventurier p\u00e9rigourdin (Galmot est n\u00e9 \u00e0 Monpazier le 2 juin 1879), qui entend trancher le d\u00e9bat sur le bagne<a id=\"_ftnref16\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>, n\u2019a vu outre-Atlantique ni un enfer ni un paradis carc\u00e9ral. Le bagne serait alors un purgatoire que tente d\u2019organiser une administration p\u00e9nitentiaire pour le moins honorable car on se rend difficilement compte de l\u2019\u00e9nergie qu\u2019il faut d\u00e9penser pour tenir en respect cette effroyable population. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce long papier tient alors finalement plus dans les clich\u00e9s photographiques qui l\u2019accompagnent, redonnant un peu de vie \u00e0 ces lieux de mort \u00e9loign\u00e9s et oubli\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019historien Dominique Kalifa parle du bagne comme le bas-fond des bas-fonds<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Ses recherches sur la perception du fait divers r\u00e9v\u00e8lent combien la marge a son utilit\u00e9 en maintenant la coh\u00e9sion sociale par la peur de la r\u00e9pression. C&rsquo;est ce que la presse v\u00e9hicule en allant chercher l&rsquo;\u00e9difiant scoop en Guyane et en offrant \u00e0 ses lecteur des portraits plus singuliers les uns que les autres. Albert Londres n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle en pr\u00e9voyant l\u2019interview de bagnards c\u00e9l\u00e8bres. Il doit alors s\u2019entretenir avec Marcheras<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>, Hespel<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>, Duez<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>, Dieudonn\u00e9, Ullmo<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a>\u2026 mais pas Paul Roussenq. Chaque personnage permet de d\u00e9velopper une th\u00e9matique&nbsp;pr\u00e9cise plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre utilis\u00e9 comme faire-valoir \u00e9clairant&nbsp;: Dieudonn\u00e9 est alors l\u2019innocent, Hespel le bourreau, Marcheras le roi de l\u2019\u00e9vasion, Duez et Ullmo les images de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration. Ces deux-l\u00e0 font figure d\u2019exception&nbsp;; le reporter veut aller voir le bas-fond des bas-fonds de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 7000 km de la m\u00e9tropole, il veut s\u2019approcher au plus pr\u00e8s de la marge mais il lui faut les autorisations n\u00e9cessaires pour p\u00e9n\u00e9trer dans les camps de travaux forc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le reportage est pr\u00e9par\u00e9 minutieusement et \u00c9lie Joseph Bois parvient \u00e0 obtenir le pr\u00e9cieux s\u00e9same tant attendu d\u2019Albert Sarrault, ministre des colonies et radical socialiste comme lui. Depuis les \u00e9lections l\u00e9gislatives de novembre 1919, la chambre bleue horizon<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> organise la vie politique, fait et d\u00e9fait des pr\u00e9sident du conseil se situant plut\u00f4t \u00e0 droite, sinon au centre droit comme c\u2019est le cas pour le deuxi\u00e8me gouvernement de Raymond Poincar\u00e9 du 15 janvier 1922 au 29 mars 1924. Ainsi, dans le contexte d\u2019une pouss\u00e9e des partis de gauche depuis le congr\u00e8s de Tours de 1920, Sarrault et Bois ont-ils imagin\u00e9 le potentiel retentissement du reportage bousculant le Bloc National&nbsp;? Ce serait aller fort en besogne que d\u2019imaginer l\u2019ind\u00e9pendant reporter en mission command\u00e9e. Toujours est-il que, muni de cette pr\u00e9cieuse accr\u00e9ditation, Albert Londres peut embarquer \u00e0 Saint-Nazaire sur le <em>Ha\u00efti<\/em> \u00e0 la destination des Antilles le16 mai 1923. Treize jours plus tard, il est sur <em>le Biskra<\/em> qui fait la liaison entre la Guadeloupe et la Guyane. Le 5 juin, il d\u00e9barque \u00e0 Cayenne, un cahier de route bien \u00e9tabli. S\u2019il sait qui il va voir et ce qu\u2019il veut voir, le journaliste s\u2019est laiss\u00e9 des marges pour l\u2019impr\u00e9vu. Vingt-cinq articles paraissent dans <em>Le Petit Parisien<\/em> du 8 ao\u00fbt au 6 septembre 1923. Le vingt-sixi\u00e8me papier est sign\u00e9 par l\u2019avocat de Dieudonn\u00e9 et fait la synth\u00e8se de l\u2019enqu\u00eate d\u2019Albert Londres le 7 septembre. Nous pouvons alors suivre le cheminement du reporter.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td>&nbsp;<\/td><td>Date<\/td><td>Placement<\/td><td>Titre<\/td><\/tr><tr><td>1<\/td><td>8 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>En voguant vers la Guyane<\/td><\/tr><tr><td>2<\/td><td>9 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>\u00c0 Cayenne<\/td><\/tr><tr><td>3<\/td><td>10 ao\u00fbt 1923&nbsp;<\/td><td>Une<\/td><td>Premiers contacts avec les for\u00e7ats<\/td><\/tr><tr><td>4<\/td><td>11 o\u00fbt 1923&nbsp;<\/td><td>Une<\/td><td>Chez Garnier restaurateur des lib\u00e9r\u00e9s<\/td><\/tr><tr><td>5<\/td><td>12 ao\u00fbt 1923&nbsp;<\/td><td>Une<\/td><td>Hespel le chacal<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>6<\/td><td>14 ao\u00fbt 1923&nbsp;<\/td><td>Une<\/td><td>Expiation d\u2019Ullmo<\/td><\/tr><tr><td>7<\/td><td>15 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>M. Duez\u2026 et madame<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>16 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une bas<\/td><td>La route nationale\u2026 n\u00b0 z\u00e9ro<\/td><\/tr><tr><td>9<\/td><td>17 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Arriv\u00e9e aux \u00celes du Salut<\/td><\/tr><tr><td>10<\/td><td>18 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Une visite aux cachots de l\u2019\u00eele Saint Joseph avec Dieudonn\u00e9 de la bande \u00e0 Bonnot<\/td><\/tr><tr><td>11<\/td><td>19 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une bas<\/td><td>Roussenq l\u2019Inco<\/td><\/tr><tr><td>12<\/td><td>20 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une bas<\/td><td>Les fous du bagne<\/td><\/tr><tr><td>13<\/td><td>21 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une haut gauche<\/td><td>Marcheras l\u2019aventurier<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>14<\/td><td>23 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>La capitale du crime Saint Laurent<\/td><\/tr><tr><td>15<\/td><td>24 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>La cour des miracles<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>16<\/td><td>26 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Chez les for\u00e7ats qui sont nus<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>17<\/td><td>28 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Chez les pieds-de-biche<\/td><\/tr><tr><td>18<\/td><td>29 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Mon gar\u00e7on de famille et quelques autres<\/td><\/tr><tr><td>19<\/td><td>30 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Chez les l\u00e9preux<\/td><\/tr><tr><td>20<\/td><td>31 ao\u00fbt 1923<\/td><td>Une bas<\/td><td>S\u0153ur Florence ou le bagne des femmes<\/td><\/tr><tr><td>21<\/td><td>1 septembre 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Au tribunal maritime<\/td><\/tr><tr><td>22<\/td><td>2 septembre 1923<\/td><td>2<sup>e<\/sup> page<\/td><td>Six \u00e9vad\u00e9s de la brousse<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>23<\/td><td>4 septembre 1923<\/td><td>2<sup>e<\/sup> page<\/td><td>L\u2019arriv\u00e9e d\u2019un convoi de for\u00e7ats \u00e0 Saint Laurent du Maroni<\/td><\/tr><tr><td>24<\/td><td>5 septembre 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Un scandale, la vie des lib\u00e9r\u00e9s<\/td><\/tr><tr><td>25<\/td><td>6 septembre 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Quelques suggestions<\/td><\/tr><tr><td>26<\/td><td>7 septembre 1923<\/td><td>Une<\/td><td>Que conclure de notre enqu\u00eate sur le bagne \u2013 par M<sup>e<\/sup> Moro Giaffierri<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"733\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Charvein-AL-1024x733.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5785\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Charvein-AL-1024x733.jpg 1024w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Charvein-AL-300x215.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Charvein-AL-768x550.jpg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Charvein-AL-1536x1100.jpg 1536w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Charvein-AL.jpg 1711w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le voyage d\u2019Albert Londres l\u2019emm\u00e8ne de Cayenne \u00e0 Saint-Laurent-du-Maroni. Apr\u00e8s quelques jours dans Cayenne o\u00f9 il dresse des portraits typiques de bagnards, il rend visite aux \u00e9poux Duez sur l\u2019\u00eelet La M\u00e8re puis s\u2019attaque une premi\u00e8re fois \u00e0 la th\u00e9matique de l\u2019inutile et mortif\u00e8re travail forc\u00e9 en allant voir le chantier de la route coloniale n\u00b01. Continuant sa route sur Kourou, il arrive aux \u00eeles du Salut pour parler de l\u2019enfermement\u00a0; \u00e0 Saint-Laurent il voit l\u2019organisation du bagne dans la seule commune p\u00e9nitentiaire au monde. De l\u00e0 il d\u00e9peint le triste sort des for\u00e7ats lib\u00e9r\u00e9s et celui non moins accablant des incorrigibles du chantier forestier de Charvein. Accompagn\u00e9 d\u2019un m\u00e9decin et d\u2019un pasteur, il converse avec les l\u00e9preux de l\u2019\u00eelet Saint-Louis. Il ne manque pas de donner une vision globale du bagne en allant encore \u00e0 Saint-Jean-du Maroni o\u00f9 sont les rel\u00e9gu\u00e9s, en conversant avec S\u0153ur Florence de l\u2019ordre de Saint-Joseph de Cluny qui s\u2019occupait des trois derni\u00e8res femmes bagnardes encore en Guyane, en assistant \u00e0 une s\u00e9ance du TMS et en \u00e9voquant l\u2019\u00e9vasion par la for\u00eat amazonienne. Le 4 septembre est publi\u00e9, comme un \u00e9ternel recommencement, un de ses derniers articles. 663 hommes d\u00e9barquent du <em>La Martini\u00e8re<\/em>, ex-<em>Douala<\/em>. C\u2019est une nouvelle cargaison pour l\u2019ogre bagne. Le lendemain, il \u00e9voque encore une fois l\u2019indigne lib\u00e9ration qui r\u00e9duit le bagnard \u00e0 l\u2019\u00e9tat de loque humaine. Le 6 septembre, <em>Le Petit Parisien<\/em> publie le vingt-cinqui\u00e8me et dernier article d\u2019Albert Londres qui est depuis rentr\u00e9 en m\u00e9tropole\u00a0; c\u2019est une lettre ouverte au ministre des colonies\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas des r\u00e9formes qu\u2019il faut en Guyane, c\u2019est un chambardement g\u00e9n\u00e9ral.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc bien une condamnation sans appel que les lecteurs du <em>Petit Parisien<\/em> peuvent appr\u00e9cier pendant tout un mois. Ils go\u00fbtent \u00e0 chaque article une formule choc, s\u2019effrayent d\u2019une description d\u2019autant plus horrible qu\u2019on ne peut l\u2019imaginer autrement que r\u00e9elle, s\u2019\u00e9meuvent devant le t\u00e9moignage d\u2019un homme puni. Et c\u2019est encore mieux quand le bagnard est c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;; outre ceux cit\u00e9s plus haut, Joseph Pleigneur, dit Manda, l\u2019amant de Casque d\u2019Or, rencontr\u00e9 \u00e0 Saint-Laurent est une ouverture sur la th\u00e9matique du sort des lib\u00e9r\u00e9s&nbsp;; au Nouveau Camp, l\u2019ancien docteur Brengues t\u00e9moigne de la fin de vie mis\u00e9rable des bagnards impotents. &nbsp;\u00c0 vrai dire, Albert Londres donne le ton d\u00e8s le d\u00e9part. Il fait parler les for\u00e7ats \u00e9vad\u00e9s que l\u2019on ram\u00e8ne en Guyane et qu\u2019il rencontre sur le <em>Biskra<\/em> avant son arriv\u00e9e \u00e0 Cayenne&nbsp;; on comprend imm\u00e9diatement la situation qui les a pouss\u00e9s \u00e0 embrasser la Belle et que le journaliste va d\u00e9couvrir avec ses lecteurs :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Nous n\u2019avions pas peur. Entre la libert\u00e9 et le bagne il peut y avoir la mort, il n\u2019y a pas la peur.&nbsp;\u00bb<sup> <a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00ab&nbsp;Quand on est dans l\u2019enfer c\u2019est pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a><sup><\/sup><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"757\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/1-1-1024x757.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5783\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/1-1-1024x757.jpeg 1024w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/1-1-300x222.jpeg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/1-1-768x567.jpeg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/1-1-1536x1135.jpeg 1536w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/1-1-2048x1513.jpeg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br>Le lendemain, le journaliste d\u00e9couvre Cayenne&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai pu voir bien des ports miteux au cours d\u2019une vie d\u00e9vergond\u00e9e mais Cayenne passa du coup num\u00e9ro un dans ma collection.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>On sait d\u00e9sormais ce qui nous attend et ce ne sera pas beau, sauf la place des Palmistes visiblement appr\u00e9ci\u00e9e<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Tout au long de ses articles, Albert Londres va de surprise en \u00e9tonnement et s\u2019attache \u00e0 d\u00e9crire, \u00e0 d\u00e9noncer par la multiplication de formules \u00e0 l\u2019emporte-pi\u00e8ce l\u2019ensemble de cette \u0153uvre de mort induite par l\u2019organisation du travail forc\u00e9. Car ce travail qui, originellement, offrait la possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, finit par avilir, rabaisser et faire mourir.&nbsp; Le gouverneur Canteau qui l\u2019a accueilli \u00e0 son d\u00e9barquement semble g\u00ean\u00e9 de lui montrer le chantier de la route coloniale qui doit relier Cayenne \u00e0 Kourou et Kourou \u00e0 Saint-Laurent. Les formules de Londres font mouche dans l\u2019article du 16 ao\u00fbt 1923. C\u2019est m\u00eame un v\u00e9ritable festival&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Elle s\u2019appelle en r\u00e9alit\u00e9 route coloniale n\u00b01. Comme elle n\u2019existe pas nous la baptisons n\u00b00.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Quelle magnifique route, elle doit traverser toutes les Guyanes. On n\u2019a pas m\u00e9nag\u00e9 les cadavres. On y travaille depuis plus de cinquante ans\u2026 elle a vingt-quatre kilom\u00e8tres&nbsp;!&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et pour la premi\u00e8re fois je vois le bagne&nbsp;! Ils sont l\u00e0, cent hommes, tous la maladie dans le ventre. Ceux qui sont debout, ceux qui sont couch\u00e9s, ceux qui g\u00e9missent comme des chiens. La brousse est devant eux, semblable \u00e0 un mur. Mais ce n\u2019est pas eux qui abattront le mur, c\u2019est le mur qui les aura. Ce n\u2019est pas un camp de travailleurs, c\u2019est une cuvette bien cach\u00e9e dans les for\u00eats de Guyane, o\u00f9 l\u2019on jette des hommes qui n\u2019en remonterons plus. Vingt-quatre kilom\u00e8tres dans ces conditions-l\u00e0, mais c\u2019est magnifique en soixante ans&nbsp;! Dans quatre si\u00e8cles, nous aurons probablement r\u00e9uni Cayenne \u00e0 Saint-Laurent et ce sera plus magnifique encore&nbsp;!&#8230; Pourtant la question reste de savoir si l\u2019on veut faire une route ou si l\u2019on veut faire crever \u2013 j\u2019insiste sur \u00ab&nbsp;crever&nbsp;\u00bb \u2013 les individus. Si c\u2019est pour faire crever des individus, ne changez rien&nbsp;! Tout va bien&nbsp;! Si c\u2019est pour faire une route\u2026&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Conclusion&nbsp;de l\u2019article :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Quand on veut faire une route, on s\u2019y prend autrement.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les diff\u00e9rents camps et chantiers qu\u2019il visite, Albert Londres constate que l\u2019expiation du bagnard a pris le pas sur l\u2019id\u00e9e d\u2019amendement sugg\u00e9r\u00e9 par le d\u00e9cret-loi imp\u00e9rial du 30 mai 1854. Partout, ce n\u2019est que chagrin, tourment, souffrance&nbsp;; c\u2019est le r\u00e8gne du Vae Victis, du rejet social \u00e0 7000 km de la m\u00e9tropole. Les \u00eeles du Salut sont magnifiques&nbsp;: \u00ab&nbsp;d\u00e9cor pour femmes \u00e9l\u00e9gantes et leurs ombrelles&nbsp;\u00bb mais elles sont d\u2019abord \u00ab&nbsp;la terreur des for\u00e7ats.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a> Le Nouveau Camp des transport\u00e9s et celui des rel\u00e9gu\u00e9s, non loin de Saint-Laurent, si \u00ab&nbsp;le bagne est un d\u00e9chet&nbsp;\u00bb, sont le \u00ab&nbsp;d\u00e9chet du bagne.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a> Londres d\u00e9couvre pire encore. \u00c0 Cayenne d\u2019abord, \u00e0 Saint-Laurent surtout il entrevoit le scandale des bagnards lib\u00e9r\u00e9s et astreints \u00e0 r\u00e9sidence \u00e0 cause du doublage. Le for\u00e7at doit subvenir \u00e0 son existence par ses propres moyens&nbsp;; or, comment peut-il trouver du travail face \u00e0 la concurrence d\u00e9loyale de la main d\u2019\u0153uvre p\u00e9nale&nbsp;? Le for\u00e7at v\u00e9g\u00e8te, mendie, s\u2019alcoolise avec du mauvais tafia, meurt de faim, de mis\u00e8re et de famine quand il ne commet pas un crime pour pouvoir retourner au bagne. Saint-Laurent-du Maroni devient ainsi \u00ab&nbsp;la capitale du crime&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a> tandis que \u00ab&nbsp;le bagne commence \u00e0 la lib\u00e9ration&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a>&nbsp;! Le bagne est alors un \u00e9chec flagrant et, du bas jusqu\u2019\u00e0 sa direction, jusqu\u2019au minist\u00e8re m\u00eame, il n\u2019est pas un agent qui ne porte la responsabilit\u00e9 du fiasco. Surveillant comme chef de camp pr\u00e9f\u00e8reraient ainsi jouir et profiter des avantages et privil\u00e8ges de leur fonction plut\u00f4t que d\u2019am\u00e9liorer le sort des hommes punis. Ce n\u2019est plus une plume que Londres porte dans la plaie le 23 ao\u00fbt 1923, c\u2019est un r\u00e9quisitoire tir\u00e9 \u00e0 boulet rouge contre l\u2019AP&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/IMG_20220221_0003-1024x792.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5780\" width=\"842\" height=\"651\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/IMG_20220221_0003-1024x792.jpg 1024w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/IMG_20220221_0003-300x232.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/IMG_20220221_0003-768x594.jpg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/IMG_20220221_0003-1536x1188.jpg 1536w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/IMG_20220221_0003.jpg 1646w\" sizes=\"(max-width: 842px) 100vw, 842px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Saint Laurent du Maroni est le royaume de l\u2019Administration p\u00e9nitentiaire. C\u2019est une royaut\u00e9 absolue, sans s\u00e9nat, sans chambre, sans m\u00eame un petit bout de conseil municipal. C\u2019est la capitale du crime. Le roi r\u00e8gne et gouverne, c\u2019est M. Herm\u00e9n\u00e9gilde Tell. Son premier ministre est M. Dup\u00e9. MM. Masse, Michel, Nairinec, Vitalier, Cerdonni\u00e9, Toutblanc sont sous-secr\u00e9taires d\u2019\u00e9tat\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref36\" href=\"#_ftn36\">[36]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Ou encore personnifiant l\u2019AP comme il l\u2019avait fait avec la cath\u00e9drale de Reims en 1916&nbsp;et qui devient Madame \u00ab&nbsp;Tentiaire&nbsp;\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je r\u00e8gne, monsieur, je r\u00e8gne sur le paludisme et l\u2019ankylostomiase. Je r\u00e8gne sur la d\u00e9gradation de 9700 hommes transport\u00e9s, rel\u00e9gu\u00e9s, lib\u00e9r\u00e9s. Je r\u00e8gne sur les requins des \u00eeles et les bambous de Cayenne et de Saint-Laurent. (\u2026) Je r\u00e8gnerai longtemps monsieur. La crapule est nombreuse. J\u2019ai encore re\u00e7u six cent soixante-douze sujets hier. Mon royaume est solide et comme l\u2019a dit mon a\u00efeul Louis XV&nbsp;: <em>Cela durera autant bien que moi<\/em>.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le bagne est donc une machine \u00e0 broyer charg\u00e9 de g\u00e9rer les rejets de la soci\u00e9t\u00e9 quand bien m\u00eame il resterait une once d\u2019humanit\u00e9 au criminel ou au multir\u00e9cidiviste de la petite et moyenne d\u00e9linquance condamn\u00e9 par les cours de justice fran\u00e7aises. Le fagot devient une pi\u00e8ce m\u00e9canique pour le fonctionnement autonome de l\u2019AP. De l\u00e0, la multitude de d\u00e9crets, lois et r\u00e8glements charg\u00e9s d\u2019uniformiser, de mettre l\u2019homme puni aux normes. Les pi\u00e8ces d\u00e9fectueuses sont ainsi d\u2019autant plus remarquables pour le journaliste venu en observation et c\u2019est bien cette part d\u2019humanit\u00e9 qui peut gripper le syst\u00e9misme carc\u00e9ral qu\u2019Albert Londres soul\u00e8ve en rencontrant Paul Roussenq. La compassion, bien plus que l\u2019ahurissement face \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne, une sorte de b\u00eate de foire, est l\u2019effet recherch\u00e9. S\u2019il n\u2019entend pas remettre en cause fondamentalement l\u2019id\u00e9e m\u00eame de l\u2019\u00e9loignement et de l\u2019expiation du condamn\u00e9, c\u2019est bel et bien la d\u00e9shumanisation qui est attaqu\u00e9e \u00e0 travers cet \u00e9difiant exemple, imagin\u00e9 comme un maitre \u00e9talon. La vie enferm\u00e9e de Paul Roussenq illustre de fait ce qu\u2019il \u00e9crivait au d\u00e9but de son reportage&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La loi nous permet de couper la t\u00eate des assassins, non de nous la payer.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref38\" href=\"#_ftn38\">[38]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>sources iconographiques :<\/strong> fonds Ubaud, mus\u00e9e Ernest Cognacq, Saint-Martin-de-R\u00e9 \/ fonds Albert Londres, association Les cahiers d&rsquo;Albert Londres \/ L&rsquo;illustration <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Un premier recueil de po\u00e8me est publi\u00e9 en 1904 sous le titre <em>Suivant les heures<\/em> par L\u2019Imprimerie parisienne puis, en 1908, <em>L\u2019\u00c2me qui vibre<\/em> chez l\u2019\u00e9diteur Sansot et, en 1911 <em>Le Po\u00e8me effr\u00e9n\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;Ils bombardent Reims\u2026&nbsp;\u00bb dans <em>Le Matin<\/em>, \u00e9dition parisienne, 21 septembre 1914.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Ibidem.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Le reportage publi\u00e9 par <em>Le Petit Parisien<\/em> s\u2019intitule une premi\u00e8re fois, le 5 octobre 1928, \u00ab&nbsp;Les myst\u00e8res de l\u2019Afrique&nbsp;\u00bb avant de prendre le titre \u00ab&nbsp;Quatre mois parmi nos Noirs d\u2019Afrique&nbsp;\u00bb le 11 octobre pour le 2<sup>e<\/sup> article.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;L\u2019agonie de la basilique&nbsp;\u00bb dans <em>Le Matin<\/em>, 29 septembre 1914.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Sans pour autant partager les id\u00e9es politiques.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;De la fronti\u00e8re finlandaise \u00e0 Petrograd \/ Notre collaborateur Albert Londres jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ancienne capitale russe dont le spectacle le saisit d\u2019effroi&nbsp;\u00bb dans<em> Excelsior<\/em>,&nbsp; mercredi 12 mai 1920.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;Deux Bolcheviks fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb dans <em>Excelsior<\/em>, 19 mai 1920.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Soit les 22, 23 et 27 septembre 1919 dans <em>Excelsior<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Le reportage est publi\u00e9 sous ce titre en 1925 chez Albin Michel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Dont il obtient la gr\u00e2ce du pr\u00e9sident Emile Loubet en 1902 avant sa r\u00e9habilitation en 1924.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Maurice Harmel, article \u00ab&nbsp;Jacques Dhur&nbsp;\u00bb dans <em>Les Hommes du Jour<\/em>, n\u00b0132, 30 juillet 1910&nbsp;: \u00ab&nbsp;Jacques Dhur, rappelant son enqu\u00eate sur les p\u00e9\u00adnitenciers de la Nouvelle-Cal\u00e9donie, a contredit ses pre\u00admiers t\u00e9moignages pour pr\u00e9senter au grand public le bagne comme un lieu o\u00f9 les assassins jouissent d\u2019une douce exis\u00adtence, et o\u00f9 l\u2019expiation est loin d\u2019\u00eatre s\u00e9v\u00e8re. Ces affirma\u00adtions discutables venaient \u00e0 un moment o\u00f9 la grande presse menait une mis\u00e9rable campagne d\u2019affolement pour r\u00e9cla\u00admer l\u2019application de la peine de mort. Jacques Dhur avait c\u00e9d\u00e9 \u00e0 cet entra\u00eenement malsain, et c\u2019est tant pis pour lui dont on pouvait attendre autre chose.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Jacques Dhur, pr\u00e9face du n\u00b0340 de <em>L\u2019Assiette au Beurre<\/em>, \u00ab&nbsp;Au bagne&nbsp;\u00bb, 5 octobre 1907&nbsp;: \u00ab&nbsp;Non seulement les malfaiteurs condamn\u00e9s y coulent des jours tranquilles, y vivent d\u2019une vie ais\u00e9e, large et facile&nbsp;; non seulement d\u2019aucuns y prosp\u00e8rent, y deviennent propri\u00e9taires \u2013 et millionnaire \u2013&nbsp;; mais encore, sous l\u2019\u0153il attendri d\u2019une chiourme invraisemblablement bienveillante, qui leur fournit, avec trousseau et dot, des houris de maisons centrales, les bagnards y chantent en ch\u0153ur le&nbsp;<em>Gai, gai, marions-nous&nbsp;!<\/em> de la vieille ronde populaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Faux-monnayeurs, voleurs, escrocs, assassins, s\u2019en vont \u00e0 la Nouvelle \u2013 ou m\u00eame \u00e0 la Guyane \u2013 d\u2019un c\u0153ur l\u00e9ger. La p\u00e9nitence que leur impose la soci\u00e9t\u00e9 est si douce que, le plus souvent, ils recommencent.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Jacques Dhur, article \u00ab&nbsp;Les embusqu\u00e9s des prisons et du bagne&nbsp;\u00bb dans Le Journal, 23 ao\u00fbt 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;H\u00e9 quoi ? leur homme, leur p\u00e8re qui, l\u00e0-bas, sur le front, risque la mort, se battrait-il donc pour continuer \u00e0 assurer un traitement de faveur aux criminels ? Car n&rsquo;est-il pas paradoxal que l&rsquo;homme qui a commis une faute anti-sociale \u00e9chappe par cela m\u00eame aux al\u00e9as tragiques qui menacent celui dont le pass\u00e9 est irr\u00e9prochable ?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> Jean Galmot, article \u00ab&nbsp;Quelques semaines chez les for\u00e7ats&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Illustration<\/em> des 4 et 11 janvier 1908.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Ce qui au demeurant prouve que les critiques sur le bagne ne sont pas n\u00e9es \u00e0 la suite des \u00e9crits d\u2019Albert Londres en 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Dominique Kalifa, <em>Les Bas-fonds<\/em>, Seuil, 2013.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Henri Marcheras, ouvrier bijoutier, est n\u00e9 \u00e0 Paris le 29 juillet 1877. Condamn\u00e9 le 5 juin 1895 \u00e0 8 ans de travaux forc\u00e9s par la cour d\u2019assises de la Seine pour \u00ab&nbsp;tentative de vol qualifi\u00e9&nbsp;\u00bb, le matricule 27307 acquiert une certaine renomm\u00e9e carc\u00e9rale du fait de ses nombreuses \u00e9vasions. (ANOM H 1665 et H 3949\/a).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> Isidore Hespel dit le Chacal est n\u00e9 le 3 mars 1867. Apr\u00e8s de nombreux larcins et s\u00e9jours en prison, il s\u2019engage dans la l\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re et bascule rapidement sur Biribi. Condamn\u00e9 \u00e0 mort par le conseil de guerre d\u2019Oran pour \u00e9vasions, violence sur ses sup\u00e9rieurs etc \u2026. sa peine est commu\u00e9e en 20 ans de r\u00e9clusion qu\u2019il va effectuer en 1893 au quartier de d\u00e9tention militaire \u00e0 Clairvaux. L\u00e0, il blesse un cod\u00e9tenu et part en 1895 pour vingt ans de travaux forc\u00e9s pour la Guyane. Il grimpe rapidement les \u00e9chelons en jouant double jeu avec la Tentiaire et obtient le poste d\u2019aide bourreau puis de bourreau. Ainsi Hespel fut ex\u00e9cuteur des hautes \u0153uvres au bagne&#8230; Il finit par tuer un surveillant mais miraculeusement n\u2019\u00e9cope que de cinq ans de r\u00e9clusion. Par la suite, il assassine un cod\u00e9tenu et c\u2019est dans sa cellule de condamn\u00e9 \u00e0 mort qu\u2019il re\u00e7oit Albert Londres. Il est ex\u00e9cut\u00e9 le 22 d\u00e9cembre 1923, peu de temps apr\u00e8s cette rencontre. M\u00e9galomane, imbu de sa personne, d\u00e9lateur et indicateur, cet homme est unanimement d\u00e9test\u00e9 par ses camarades qui ne voient en lui qu\u2019une \u00ab&nbsp;bourrique&nbsp;\u00bb. Il a des pr\u00e9tentions litt\u00e9raires et son dossier contient de tr\u00e8s nombreuses lettres et r\u00e9clamations au ministre, ce dossier est, avec celui de Roussenq, l\u2019un des plus volumineux. Matricules 28040\/13174, ANOM H1373.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> Edmond Duez, liquidateur judiciaire est n\u00e9 le 4 octobre 1858 \u00e0 Paris. Le 21 juin 1911, la cour d\u2019assises de la Seine le condamne \u00e0 12 ans de travaux forc\u00e9s pour d\u00e9tournement de fonds, somme consid\u00e9rable estim\u00e9e entre 5 et 10 millions de francs&nbsp;! Financier r\u00e9put\u00e9, il avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 dans le cadre de la s\u00e9paration de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat de la liquidation des biens de certaines congr\u00e9gations religieuses non autoris\u00e9es. L\u2019instruction n\u2019a pas permis d\u2019identifier de potentiels et haut plac\u00e9s complices. Duez a 54 ans lorsqu\u2019il arrive au bagne, il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un r\u00e9gime de faveur, n\u2019occupant que des postes d\u2019\u00ab&nbsp;embusqu\u00e9&nbsp;\u00bb, y compris celui de comptable (sur sa fiche matricule, \u00e0 la rubrique \u00ab&nbsp;m\u00e9tier appris au bagne&nbsp;\u00bb on peut lire \u00ab&nbsp;comptable de cantine&nbsp;\u00bb\u2026&nbsp;!). A l\u2019issue de sa peine, son ex-femme le rejoint en possession de 250000 francs ce qui leur permet de s\u2019installer sur l\u2019Ilet La M\u00e8re. Le couple exploite l\u2019\u00eele en utilisant des for\u00e7ats assign\u00e9s et deviennent les fournisseurs, incontournables et florissants, de fruits, l\u00e9gumes et viandes sur la place de Cayenne. A sa mort en 1932 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 74 ans, sa femme regagne la France.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> <a>Charles Benjamin Ullmo est n\u00e9 \u00e0 Lyon le 17 f\u00e9vrier 1882. Officier de marine, il est Condamn\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 1908 \u00e0 la d\u00e9portation dans une enceinte fortifi\u00e9e pour trahison. Afin d\u2019entretenir sa compagne (la \u00ab&nbsp;belle Lison&nbsp;\u00bb) et d\u2019assouvir ses besoins en opium, Ullmo tenta de vendre des secrets militaires \u00e0 l\u2019Allemagne. Il purgea sa peine sur l\u2019\u00eele du Diable, o\u00f9 il occupa l\u2019ancienne case d\u2019Alfred Dreyfus. L\u2019affaire Ullmo est l\u2019une des grandes affaires m\u00e9diatiques de l\u2019ann\u00e9e 1907. Il obtint une remise totale de sa peine le 4 mai 1933 et mourut \u00e0 Cayenne le 21&nbsp;septembre 1957 (ANOM H 2065 et H 3284)<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> En r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couleur&nbsp;des uniformes fran\u00e7ais de la Premi\u00e8re Guerre Mondiale. La Chambre des d\u00e9put\u00e9s est compos\u00e9e d\u2019un grand nombre d\u2019anciens combattants. Elections l\u00e9gislatives des 16 et 30 novembre 1919, sur 613 si\u00e8ges&nbsp;: 68 SFIO, 112 Parti R\u00e9publicain Socialiste et 412 pour le Bloc national (+21 divers droite).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;Quelques suggestions&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 6 septembre 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;En voguant vers la Guyane&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 8 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Ibidem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;\u00c0 Cayenne&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 9 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;\u00c0 Cayenne&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 9 ao\u00fbt 1923&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cela est la place des Palmistes. Ce n\u2019est pas \u00e9crit sur une plaque, mais c\u2019est une place et il y a des palmiers. C\u2019est certainement ce qu\u2019il y a de mieux en Guyane, on l\u2019a reproduite sur les timbres de un, de deux et de cinq francs seulement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;La route coloniale \u2026 n\u00b0 z\u00e9ro &nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 16 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> <a>Ibidem.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> Ibidem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> Ibidem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;Une visite aux cachots de l\u2019\u00eele Saint-Joseph&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 18 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;La cour des miracles&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 24 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> Albert Londres, titre de l\u2019article du <em>Petit Parisien<\/em> du 23 ao\u00fbt 1924.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;chez Garnier, restaurateur des lib\u00e9r\u00e9s&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 11 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;La capitale du crime&nbsp;: Saint-Laurent&nbsp;\u00bb dans Le Petit Parisien, 23 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> Ibidem.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;Premier contact avec les for\u00e7ats&nbsp;\u00bb dans Le Petit Parisien, 10 ao\u00fbt 1923.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>5 juin 1923, le journaliste du Petit Parisien qui d\u00e9barque du Biskra \u00e0 Cayenne n\u2019est pas un inconnu. Albert Londres a trente-neuf ans et une carri\u00e8re d\u00e9j\u00e0 bien remplie. Apr\u00e8s un \u00e9ph\u00e9m\u00e8re poste de comptable \u00e0 Lyon dans la Compagnie Asturienne des Mines, l\u2019Auvergnat qui s\u2019imagine po\u00e8te[1] monte \u00e0 Paris et devient le correspondant du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[6,5776],"tags":[180,5953,50,5954,5927,5955,473,3951,2340,5732,73,503,5951,5949,5950,5956,506,1726,4636,4394,3934,133,5952,1241,1257,4863],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5774"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5774"}],"version-history":[{"count":8,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5774\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5788,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5774\/revisions\/5788"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5774"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5774"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5774"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}