{"id":5534,"date":"2023-09-10T01:01:00","date_gmt":"2023-09-09T23:01:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=5534"},"modified":"2023-07-21T17:43:14","modified_gmt":"2023-07-21T15:43:14","slug":"les-beaux-voyages-quatrieme-premiere-1929-1932","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2023\/09\/les-beaux-voyages-quatrieme-premiere-1929-1932\/","title":{"rendered":"Les beaux voyages : quatri\u00e8me premi\u00e8re 1929 \u2013 1932"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/111RueMineurs-1024x645.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5535\" width=\"308\" height=\"194\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/111RueMineurs-1024x645.jpg 1024w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/111RueMineurs-300x189.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/111RueMineurs-768x484.jpg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/111RueMineurs-1536x968.jpg 1536w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/111RueMineurs.jpg 1644w\" sizes=\"(max-width: 308px) 100vw, 308px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Fin des travaux forc\u00e9s. Paul Henri Roussenq n\u2019est ainsi que libre de v\u00e9g\u00e9ter \u00e0 Saint-Laurent o\u00f9 il d\u00e9barque au d\u00e9but du mois d\u2019octobre. Astreint \u00e0 la r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en 1908 \u00e0 plus de huit ans de travaux forc\u00e9, l\u2019honn\u00eate homme qui vient d\u2019expier sa peine doit th\u00e9oriquement se signaler aux services de police de la colonie deux fois par an, ne pas se trouver autre part que dans la commune p\u00e9nitentiaire et subvenir par lui-m\u00eame \u00e0 ses besoins.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le 5 septembre, <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> titre en Une&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le bagnard Roussenq est graci\u00e9&nbsp;! Exigeons son retour imm\u00e9diat en France&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. De son c\u00f4t\u00e9, la Ligue des Droits de l\u2019Homme entreprend une nouvelle d\u00e9marche de demande de recours en gr\u00e2ce pour mettre fin \u00e0 l\u2019obligation de r\u00e9sidence<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. Si la lutte entre les deux organisations se poursuit au risque d\u2019entraver l\u2019efficacit\u00e9 des actions entreprises, elle n\u2019en provoque pas moins la multiplication de rapports administratifs nous permettant d\u2019en savoir un peu plus sur la vie du lib\u00e9r\u00e9. Le 11 janvier 1930, le gouverneur Siadous rend compte \u00e0 Fran\u00e7ois Pi\u00e9tri, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re ministre des Colonies<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>, de la situation du 4<sup>e<\/sup> 1<sup>e<\/sup> afin de statuer sur la possibilit\u00e9 d\u2019une nouvelle mesure gracieuse&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Roussenq a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 Saint-Laurent du Maroni o\u00f9 il se trouve \u00e0 l\u2019heure actuelle encore. On n\u2019a pas eu, certes, le plus souvent, \u00e0 se louer de sa conduite durant l\u2019ex\u00e9cution de la peine. Cependant, au cours des 18 derniers mois, notamment, il a fait un v\u00e9ritable effort&nbsp;; et il \u00e9tait propos\u00e9 pour la premi\u00e8re classe, au moment de sa lib\u00e9ration. D\u2019autre part, on doit reconnaitre que, depuis son arriv\u00e9e au Maroni, il a une attitude des plus convenables. Il a m\u00eame travaill\u00e9, pendant les deux premiers mois, comme homme de peine, au d\u00e9chargement des bateaux. Et \u00e0 quelqu\u2019un qui le voyait, suant, soufflant, pousser un wagonnet de marchandises et qui le complimentait de s\u2019\u00eatre mis si courageusement au travail, Roussenq r\u00e9pondait&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est dur pour moi qui n\u2019ai jamais travaill\u00e9&nbsp;; mais il me faut gagner quelque argent pour vivre, et plut\u00f4t que de commettre une nouvelle sottise, je cr\u00e8verais \u00e0 la t\u00e2che car je ne veux pas faire honte \u00e0 mon comit\u00e9\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis il a re\u00e7u de son comit\u00e9 une somme de six cents francs et une centaine de bouquins&nbsp;; il s\u2019est install\u00e9 tenancier de livres de lecture, qu\u2019il loue aux lib\u00e9r\u00e9s et aux rel\u00e9gu\u00e9s individuels. Il pr\u00e9f\u00e8re, tr\u00e8s certainement, ce genre de vie \u00e0 celui de d\u00e9bardeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019aurais pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 proposer une commutation \u00e0 l\u2019obligation de r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle, en faveur de Roussenq que tout un comit\u00e9 semble press\u00e9 de le voir ramener \u00e0 la libert\u00e9 d\u00e9finitive, si les instructions contenues dans la r\u00e9cente d\u00e9p\u00eache du 13 septembre 1929 ne prescrivait d\u2019exiger du d\u00e9tenu un certain d\u00e9lai d\u2019\u00e9preuve. Quoi qu\u2019il en soit, j\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 au nom de Roussenq la notice ci-jointe portant avis d\u2019ajournement que je soumets \u00e0 votre examen.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La notice, que signe Siadous et qui est \u00e9tablie par le commissaire de police de Saint-Laurent, mentionne encore la fonction d\u2019\u00e9crivain public. Roussenq gagnerait en moyenne sept francs par jour et disposerait de trois cents francs d\u2019\u00e9conomie en esp\u00e8ces<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. Le p\u00e9cule remis \u00e0 sa lib\u00e9ration s\u2019\u00e9tablit \u00e0 141 francs et 93 centimes<a id=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Le t\u00e9moignage du maire de la commune p\u00e9nitentiaire Albert Ubaud<a id=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a> permet d\u2019ajouter \u00e0 ce revenu quotidien quelques bricolages pendant la saison des pluies \u00ab\u00a0par-ci, par-l\u00e0, pour gagner son pain dur\u00a0\u00bb et la chasse aux papillons en \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0aux alentours de la crique Sainte Marguerite\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. R\u00e9guli\u00e8rement il re\u00e7oit des subsides de la part de son comit\u00e9 de soutien. Il r\u00e9side dans le quartier des lib\u00e9r\u00e9s, rue Jean-Jacques Rousseau<a id=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-par-Ubaud-vers-1929.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5536\" width=\"192\" height=\"284\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-par-Ubaud-vers-1929.jpg 485w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-par-Ubaud-vers-1929-203x300.jpg 203w\" sizes=\"(max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le for\u00e7at 4<sup>e<\/sup> 1<sup>e<\/sup>, matricule 16185, sait tr\u00e8s bien qu\u2019il est un privil\u00e9gi\u00e9 parmi les lib\u00e9r\u00e9s et, si Albert Londres a pu \u00e9crire que \u00ab\u00a0le bagne commence \u00e0 la lib\u00e9ration\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, il se montre lui nettement plus terre \u00e0 terre lorsqu\u2019il \u00e9voque cette cat\u00e9gorie de r\u00e9prouv\u00e9s dans <em>Le Visage du Bagne<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0la lib\u00e9ration \u00e9tait une mauvaise farce.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Nous pouvons lire dans cette troisi\u00e8me version de ses souvenirs de L\u2019Inco un long d\u00e9veloppement sur la situation des lib\u00e9r\u00e9s que l\u2019on ne retrouve, avec de notables diff\u00e9rences cependant, que dans la cinqui\u00e8me version, celle parue dans le journal grenoblois <em>Les Allobroges<\/em> en 1948 que nous donnons ci-apr\u00e8s dans son int\u00e9gralit\u00e9. Publi\u00e9e sur deux jours, le vendredi 27 et le week-end du 28-29 f\u00e9vrier 1948, elle permet, outre une comparaison avec le manuscrit conserv\u00e9 au CIAP de Saint-Laurent, de compl\u00e9ter la narration de Roussenq et de saisir cette p\u00e9riode particuli\u00e8re de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les versions de <em>La Bourgogne R\u00e9publicaine<\/em> en 1937, du deuxi\u00e8me cahier \u00e9crit au CSS de Sisteron en juin 1942 et de l\u2019abb\u00e9 Pucheu en 1957 sont nettement moins prolixes. Certaines anecdotes sont r\u00e9currentes comme celle du d\u00e9chargement des navires \u00e0 Saint-Laurent donnant lieu \u00e0 l\u2019affolement du r\u00e9gisseur Lavilla (ou Laville) devant l\u2019afflux de mis\u00e9reux cherchant \u00e0 \u00eatre embauch\u00e9s. \u00ab&nbsp;Le sort des lib\u00e9r\u00e9s n\u2019est pas rose&nbsp;\u00bb \u00e9crit Roussenq dans Ses <em>25 ans de bagne<\/em> o\u00f9 il insiste nettement plus sur les ravages du tafia, ce mauvais rhum vendu \u00e0 vil prix<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. Dans toutes les versions, Roussenq s\u2019attache \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler avec le r\u00e9alisme qui caract\u00e9rise son \u00e9criture le triptyque de la vie des lib\u00e9r\u00e9s, dont tr\u00e8s peu, par faute de moyens, reviennent en m\u00e9tropole&nbsp;et qui v\u00e9g\u00e8tent pour la plupart dans les rues de la commune p\u00e9nitentiaire : mis\u00e8re, hospitalisation, mort.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Au Bagne, si la ration congrue n&rsquo;\u00e9tait pas fameuse, on pouvait tout de m\u00eame l&rsquo;am\u00e9liorer en utilisant le syst\u00e8me D. On \u00e9tait log\u00e9 et habill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La peine accomplie, le lib\u00e9r\u00e9, livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, devait subvenir \u00e0 tous ses besoins.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de le l\u00e2cher, la Tentiaire lui faisait cadeau d&rsquo;un complet bleu d&rsquo;une paire de soulier et d&rsquo;un chapeau de feutre \u2013 en tout et pour tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Va comme je te pousse ! Bien s\u00fbr, l&rsquo;homme avait quelques \u00e9conomies, comme de juste. Mais en mettant le pied dans la vie civile, Il fallait bien f\u00eater cet \u00e9v\u00e9nement. Alors, avec les amis, les tourn\u00e9es succ\u00e9daient aux tourn\u00e9es. Et puis, parmi les autochtones, il y avait bien quelques pr\u00eatresses de V\u00e9nus pas trop fonc\u00e9es et pas trop farouches&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain de ce grand jour, s&rsquo;il restait de quoi louer une chambre pour un mois, c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien beau. Et alors ? Alors, on faisait comme les autres, on menait une vie al\u00e9atoire de tous les jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur cent lib\u00e9r\u00e9s, on pouvait \u00e9tablir la situation suivante, indicative de leurs moyens d&rsquo;existence :<\/p>\n\n\n\n<p>1. Exer\u00e7ant leur m\u00e9tier : 10 ; 2 Tenant un commerce : 3 ; 3 Nantis d&rsquo;un emploi fixe : 7; 4 ; Broussiers : 6 ; 5 Recevant de quoi vivre de leur famille : 4 ; 6 Trafiquants louches interm\u00e9diaires : 5 ; 7 S&rsquo;adonnant au vol et en vivant : 5 ; 8 Sans occupations, errants : 60<\/p>\n\n\n\n<p>Les broussiers gagnaient leur vie en explorant la brousse, chassant les papillons de collection, traquant le gibier et parfois allant \u00e0 la p\u00eache dans les \u00ab criques \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi soixante pour cent des lib\u00e9r\u00e9s vivaient au jour le jour, buvant plus qu&rsquo;ils ne mangeaient. Le tafia ! Ils \u00ab tapaient \u00bb leurs coll\u00e8gues et s&rsquo;ing\u00e9niaient \u00e0 subsister en usant d&rsquo;exp\u00e9dients. La plupart d&rsquo;entre eux travaillaient au d\u00e9chargement du courrier et de rares cargos \u2013 cinq ou six par mois. Cela leur permettait de solder les dettes arri\u00e9r\u00e9es, tout au moins une partie. Le reste du temps, ils se baguenaudaient \u00e0 travers les rues de Cayenne ou de Saint-Laurent, s&rsquo;allongeaient sur les bancs ou bien allaient s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 l&rsquo;ombre. V\u00eatus de loques, la barbe hirsute, le ventre creux, plus d&rsquo;un regrettait le Bagne. D&rsquo;ailleurs, le Bagne num\u00e9ro deux, la rel\u00e9gation, les attendait \u2013 l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, ils \u00e9taient presque tous rel\u00e9gables ; un vol de bananes sur pied et il n&rsquo;en fallait part davantage.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment indig\u00e8ne, commer\u00e7ants, notables et autres, ne restait pas insensible \u00e0 tant de mis\u00e8re, laquelle provenait de ce fait essentiel que personne ne s&rsquo;occupait d&rsquo;eux en haut lieu et qu&rsquo;on les laissait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment croupir dans leur d\u00e9tresse. Ces braves gens leur \u00e9taient secourables. dans la mesure de leurs possibilit\u00e9s. Bien souvent, ils les chargeaient d&rsquo;une course, d&rsquo;une petite corv\u00e9e, afin de les aider.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lib\u00e9r\u00e9s recevaient aussi une certaine assistance de leurs camarades en cours de peine, qui leur apportaient un peu de pain, un morceau de viande ou de lard. De leur c\u00f4t\u00e9, les m\u00e9decins faisaient tout ce qui \u00e9tait humainement possible en leur faveur. Une salle leur \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Saint-Laurent (centre de s\u00e9jour de la masse des lib\u00e9r\u00e9s). Cette salle contenait une quinzaine de lits. Par roulement, pour une quinzaine de jours, les lib\u00e9r\u00e9s venaient s&rsquo;y refaire un peu, oublier leur triste sort. \u00c0 leur sortie, s&rsquo;ils le voulaient, ils pouvaient aussi aller s\u00e9journer quelque temps au Nouveau-Camp, sous le r\u00e9gime commun. Bien peu y songeaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dus pourtant m&rsquo;y r\u00e9soudre moi-m\u00eame, momentan\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cimeti\u00e8re des lib\u00e9r\u00e9s se trouvait \u00e0 la lisi\u00e8re de la brousse. Une croix, un nom, vite effac\u00e9 par les pluies. Il \u00e9tait bien garni&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;arriv\u00e9e du courrier \u00e9tait un \u00e9v\u00e8nement consid\u00e9rable, chaque mois. Surveillants et fonctionnaires, transport\u00e9s et lib\u00e9r\u00e9s, \u00e9l\u00e9gantes dames aux couleurs voyantes, gamins \u00e0 demi nus et, noiraudes fillettes envahissaient les abords de l&rsquo;appontement d\u00e8s que le courrier de France \u00e9tait annonc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous la lumi\u00e8re aveuglante d&rsquo;un soleil caniculaire, le spectacle ne manquait pas de pittoresque. Mais ce qui int\u00e9ressait surtout les lib\u00e9r\u00e9s, c&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9chargement des marchandises, l&#8217;embauchage \u00e9ventuel. Le grand maitre de cette op\u00e9ration d\u00e9licate avait nom M. Laville. C&rsquo;\u00e9tait un noir de la plus belle eau, assez malingre de son physique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Saint-Laurent-du-Maroni-douane-et-appontement-commerce-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5537\" width=\"318\" height=\"209\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Saint-Laurent-du-Maroni-douane-et-appontement-commerce-1.jpg 732w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Saint-Laurent-du-Maroni-douane-et-appontement-commerce-1-300x198.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 318px) 100vw, 318px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Il connaissait parfaitement ses hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0, depuis plusieurs jours, Il avait \u00e9tabli sur son carnet la liste de tous ceux qu&rsquo;il savait bons travailleurs et sur lesquels il pouvait compter. Quant au menu fretin, il se r\u00e9servait d&rsquo;y puiser sur place au moment voulu. Ce moment \u00e9tait venu.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Laville, carnet en mains, est perch\u00e9 sur une barrique vide, dress\u00e9e debout. Autour de sa personne, en un vaste cercle grouillant, la foule des lib\u00e9r\u00e9s n&rsquo;a d&rsquo;yeux que pour lui. Il se met en devoir de faire l&rsquo;appel de ceux-l\u00e0 qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 not\u00e9s. Ceux-ci se dirigeant sur l&rsquo;appontement.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, des mains se l\u00e8vent, des noms fusent de toutes parts. Assourdi, d\u00e9sempar\u00e9, M. Laville fait mouvoir son crayon sans rien dire ; il marque au petit bonheur les noms qu&rsquo;il a pu saisir dans le vacarme. Puis i1 s&rsquo;arr\u00eate : le compte y est. Mais les postulants ne l&rsquo;entendent pas comme \u00e7a. Ils veulent \u00eatre embauch\u00e9s \u00e0 toute force : <em>Vous m&rsquo;avez marqu\u00e9, M. Laville ?<\/em> \u2013<em>Dites, M. Laville, et moi&nbsp;?<\/em> M. Laville ne daigne r\u00e9pondre. Il se contente de faire l&rsquo;appel des \u00e9lus. C&rsquo;en est fait, i1 ferme son carnet et range son crayon. De suite, la masse des recal\u00e9s se rue vers lui, toujours juch\u00e9 sur sa barrique. Il en entend de belles <em>Salaud ! Peau de boudin&nbsp;! Mal blanchi ! Gare \u00e0 tes c\u00f4tes !<\/em> etc.., etc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le tonneau bascule, M. Laville fait un saut de c\u00f4t\u00e9, se fait agripper, se d\u00e9bat et finalement se voit d\u00e9livr\u00e9 par deux agents indig\u00e8nes venus \u00e0 son secours.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette sc\u00e8ne se reproduisait \u00e0 chaque d\u00e9chargement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les dockers improvis\u00e9s se mettaient donc \u00e0 l&rsquo;ouvrage faisant durer le plaisir autant qu&rsquo;il se pouvait.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cale, les \u00ab bons travailleurs \u00bb s&rsquo;appliquaient \u00e0 d\u00e9couvrir les bonnes caisses qui contenaient ce qui se mange et ce qui se boit : conserves fines, saucissons, boites de lait, bonnes bouteilles de vin et d&rsquo;alcool. D\u00e9clou\u00e9es, vid\u00e9es en partie, reclou\u00e9es proprement ces caisses \u00e9taient transport\u00e9es dans les hangars de la douane ainsi all\u00e9g\u00e9es. Les commer\u00e7ants l\u00e9s\u00e9s \u00e9levaient d&rsquo;autant le prix de revient, Quelquefois m\u00eame, des colis entiers \u00e9taient d\u00e9tourn\u00e9s, immerg\u00e9s dans le fleuve et rep\u00each\u00e9s le lendemain.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lib\u00e9r\u00e9s qui le pouvaient logeaient dans des maisons en bois cloisonn\u00e9es et divis\u00e9es en chambres. Quelquefois elles \u00e9taient habit\u00e9es par plusieurs locataires qui soldaient en commun le loyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Les restaurants \u00e9taient tenus par des lib\u00e9r\u00e9s ; le plat du jour ne variait gu\u00e8re : mou civet ou tranches de tortue, ou bien, omelette aux \u0153ufs de celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces restaurateurs avaient du m\u00e9rite \u00e0 se mettre au service d&rsquo;une telle client\u00e8le de lib\u00e9r\u00e9s, car ceux-ci ne payaient pas souvent comptant. Et le cr\u00e9dit ne rentrait pas toujours dans le comptoir.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, les \u00e9quipes d&rsquo;\u00e9vasion avaient recours aux lib\u00e9r\u00e9s pour l&rsquo;organisation de leur entreprise. Soit pour l&rsquo;achat de l&#8217;embarcation et des vivres, soit pour des envois d&rsquo;argent de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Les entremetteurs ne m\u00e9ritaient pas toujours la confiance qu&rsquo;on avait en eux. D\u00e9nu\u00e9s de scrupules ils empochaient la galette et puis se disculpaient en racontant des histoires invraisemblables.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lib\u00e9r\u00e9s ayant accompli leur temps de doublage pouvaient rentrer en France ; mais n&rsquo;ayant pas l&rsquo;argent n\u00e9cessaire au voyage, ils laissaient leurs os \u00e0 la Guyane. On sait que les transport\u00e9s condamn\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 sept ans devaient doubler leur peine en un temps \u00e9gal de r\u00e9sidence. Quant aux condamn\u00e9s \u00e0 temps ayant subi une peine de huit ans et au-dessus, ils devaient r\u00e9sider \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 \u00e0 la Guyane.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Outre les trois jours pass\u00e9s dans cette \u00ab poubelle du bagne&nbsp;\u00bb qu\u2019est le Nouveau Camp<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>, situ\u00e9 \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres de Saint-Laurent-du-Maroni, la vie du lib\u00e9r\u00e9 Roussenq semble donc bien morne et monotone, rythm\u00e9e par l\u2019attente des courriers qui arrivent de France et surtout d\u2019une nouvelle mesure gracieuse. Nous l\u2019avons vu plus haut \u00e0 la suite du rapport du gouverneur Siadous en janvier 1930, la pression en faveur du retour de Roussenq en France ne retombe pas. Bien au contraire, elle s\u2019amplifie. Le nom de Roussenq qui apparaissait 7 fois en 1928 et 12 fois en 1929 dans les colonnes de <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, est mentionn\u00e9 21 fois en 1930 et 54 fois en 1931. Le parti communiste, et le SRI \u00e0 sa solde, monopolisent l\u2019opinion publique et ne supportent pas la concurrence d\u00e9pr\u00e9ciant au mieux, niant au pire les r\u00e9sultats obtenus par \u00ab&nbsp;les douze d\u00e9marches que fit la Ligue [des Droits de l\u2019Homme] en 1928, 1929 et 1930&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. La gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle du 17 mai 1930 ram\u00e8ne la r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle \u00e0 quatre ans&nbsp;; elle est consid\u00e9r\u00e9 le 11 juin, en Une, comme un v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;scandale&nbsp;\u00bb par le journal communiste qui annonce l\u2019intensification des actions et des manifestations<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>. L\u2019emprisonnement du matricule 16185 \u00e0 la suite de l\u2019affaire Bouzy \u2013 Burkowsky vient acc\u00e9l\u00e9rer le processus d\u2019appropriation politique. \u00ab&nbsp;Notre h\u00e9ros&nbsp;\u00bb \u00e9crit Maurice Lebrun pour la premi\u00e8re fois le 26 mars 1931. \u00c0 cette date, l\u2019h\u00e9ro\u00efque bagnard, dont \u00ab&nbsp;rares sont les travailleurs qui ignorent la dramatique histoire&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>, est soup\u00e7onn\u00e9 de complicit\u00e9 de meurtre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/affaire-Bouzy-\u2013-Burkowsky-croquis-de-police-AT-Guyane-2U340-1024x613.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5538\" width=\"558\" height=\"331\"\/><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Plan-memoire-Bouzy-AT-Guyane-2U340-1024x670.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5539\" width=\"559\" height=\"366\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Plan-memoire-Bouzy-AT-Guyane-2U340-1024x670.jpg 1024w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Plan-memoire-Bouzy-AT-Guyane-2U340-300x196.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Plan-memoire-Bouzy-AT-Guyane-2U340-768x503.jpg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Plan-memoire-Bouzy-AT-Guyane-2U340.jpg 1534w\" sizes=\"(max-width: 559px) 100vw, 559px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le 21 juin 1930, vers six heures du matin, les nomm\u00e9s Louis Pinotti et Auguste Wendel dit Lagouge<a id=\"_ftnref18\" href=\"#_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>, tous deux for\u00e7ats 4<sup>e<\/sup> 1<sup>e<a id=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a><\/sup>, sont en train de p\u00eacher devant Saint-Laurent lorsqu\u2019il rep\u00e8rent un corps flottant sur le Maroni. Apr\u00e8s avoir ramen\u00e9 le cadavre au d\u00e9grad dit de \u00ab\u00a0La Charbonni\u00e8re\u00a0\u00bb, ils courent pr\u00e9venir les services de police. L\u2019homme, de race blanche, pr\u00e9sente des traces de coups \u00e0 la t\u00eate et une large plaie au niveau du cou. Ficel\u00e9 par un corde le reliant \u00e0 une barre de fer, l\u2019examen m\u00e9dical vient confirmer le meurtre de Marcel Burkowsky en le situant autour du 16 juin<a id=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Rapidement, l\u2019enqu\u00eate s\u2019oriente sur une tentative d\u2019\u00e9vasion qui a mal tourn\u00e9 et qui implique Alfred Bouzy, for\u00e7at lib\u00e9r\u00e9 4<sup>e<\/sup> 2<sup>e<\/sup>, m\u00b0 7236<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>, notoirement connu pour \u00eatre un passeur<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>. Il a \u00e9t\u00e9 mis en contact avec la victime, transport\u00e9 et employ\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, par l\u2019entremise de Paul Roussenq \u00e0 qui il s\u2019\u00e9tait adress\u00e9 en premier lieu au d\u00e9but du mois de juin pour organiser une cavale collective. Ce dernier, ne connaissant personne d\u2019averti et refusant de s\u2019impliquer totalement dans une telle affaire a dirig\u00e9 la victime vers \u00c9phra\u00efm Jomini, m\u00b0 11742<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>, pass\u00e9 \u00e0 la rel\u00e9gation individuelle le 22 mars 1928, qui lui fait rencontrer Alfred Bouzy. Burkowsky doit partir avec trois autres transport\u00e9s&nbsp;: son coll\u00e8gue cuisinier de l\u2019h\u00f4pital, Jacques Gumpler (m\u00b049561), Am\u00e9d\u00e9e Faivre (m\u00b049540) et Giordano Bianco m\u00b049546)<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les quatre fugitifs en partance ont r\u00e9uni pour leur cavale une somme de 1400 francs devant servir \u00e0 l\u2019achat d\u2019un canot et de vivres pour passer en Guyane Hollandaise<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>. Roussenq et Jomini ont remis la somme \u00e0 Bouzy qui en retire 125 francs pour ses services. Mais la Belle, pr\u00e9vue pour le 14 juin, est repouss\u00e9e au 16 par Bouzy qui affirme \u00e0 l\u2019instruction avoir pass\u00e9 les mercredi 11 et jeudi 12 juin au poste de police pour une affaire de trafic de papillons<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>. Des diverses confrontations organis\u00e9es lors de l\u2019instruction judiciaire, il ressort que les propos de ce dernier sont largement confus et contradictoires. Et pour cause, Burkowsky se serait entendu avec lui pour fuir seul.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9textant une barque trop petite pour emmener tout le monde sur le canot parqu\u00e9 plus au loin, Bouzy indique \u00e0 Gumpler un lieu de rendez-vous \u2013 l\u2019arbre \u00e0 pain sur la rive du Maroni en face du b\u00e2timent du 2<sup>e<\/sup> service de l\u2019h\u00f4pital, et un autre \u00e0 Faivre et Bianco<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>. Ils doivent attendre que Burkowsky et lui viennent les chercher. Ne voyant personne arriver, les trois \u00e9vad\u00e9s s\u2019en vont frapper \u00e0 la porte de Bouzy absent de son logement, rue du village chinois, puis avertissent Roussenq et Jomini de leur d\u00e9ception avant de rentrer dans leur casernement. Bouzy est donc le dernier \u00e0 avoir vu Burkowsky vivant et ses affirmations pour se trouver un alibi viennent toutes se fracasser face aux d\u00e9n\u00e9gations de ceux qu\u2019il cite comme t\u00e9moins. Le sieur Nausica d\u00e9ment par exemple l\u2019avoir re\u00e7u chez lui le 16 au soir<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>. Le t\u00e9moignage d\u2019Adalbert Lemoine, 4<sup>e<\/sup> 1<sup>e<\/sup> matricule 15669 depuis le 14 novembre 1927<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>, finit d\u2019incriminer Bouzy<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>. Son logement jouxte le sien et il a vu ce dernier arriver en provenance du Maroni le 17 juin \u00e0 quatre heure du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il apparait clairement que Bouzy a tu\u00e9 Burkowsky pour s\u2019emparer des 1400 francs, l\u2019instruction n\u2019en traine pas moins en longueur&nbsp;pour autant. Il faut v\u00e9rifier, recouper les affirmations de tous les t\u00e9moins et de tous les accus\u00e9s, Bouzy pour assassinat, Roussenq et Jomini pour complicit\u00e9. Bouzy, sachant tr\u00e8s bien la fragilit\u00e9 de ses dires, va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 sugg\u00e9rer une relation passionnelle entre Roussenq et Burkowsky dans un m\u00e9moire qu\u2019il r\u00e9dige \u00e0 l\u2019attention du pr\u00e9sident des assises. Burkowsky, m\u00f4me d\u2019un certain Franceskini, aurait connu Roussenq aux \u00eeles du Salut et aurait maintes fois repouss\u00e9 ses avances. Bouzy accuse donc Roussenq de vengeance<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>. Mais cette m\u00e9disance, comme les autres fausses d\u00e9nonciations, ne tient pas la route.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne savons pas le temps pass\u00e9 par Roussenq en pr\u00e9ventive. Le bagnard est signal\u00e9 comme non d\u00e9tenu dans l\u2019ordonnance de non-lieu que d\u00e9livre le tribunal d\u2019instance de Saint-Laurent-du-Maroni \u00e0 Jomini et \u00e0 lui le 30 d\u00e9cembre 1931<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>. Un mois auparavant, le procureur de la R\u00e9publique de la commune p\u00e9nitentiaire indiquait qu\u2019\u00ab&nbsp;il est maintenant en libert\u00e9 provisoire.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a> Roussenq a-t-il pass\u00e9 six mois, un an en prison&nbsp;? Aucun article, en m\u00e9tropole, ne le signale entre quatre murs durant cette p\u00e9riode. Seule la brochure <em>Un crime des conseils de guerre \u2013 Paul Roussenq bagnard<\/em> que publie les <em>\u00e9ditions du Secours Rouge<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\"><sup><strong><sup>[34]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em> au d\u00e9but du mois de mai 1931 rapporte que \u00ab&nbsp;notre camarade apr\u00e8s un mois de cette libert\u00e9 frelat\u00e9e qu\u2019est la r\u00e9sidence forc\u00e9e, est r\u00e9emprisonn\u00e9 \u00e0 nouveau, depuis juin 1930, au secret&nbsp;!&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> La publication du SRI omet de dire que Roussenq est \u00e0 Saint-Laurent-du-Maroni depuis octobre 1929. Ce n\u2019est donc plus un mais huit mois de \u00ab&nbsp;libert\u00e9 frelat\u00e9e&nbsp;\u00bb. Pour autant, Roussenq lui-m\u00eame n\u2019\u00e9voque pas cette situation dans ses multiples souvenirs. Toujours est-il que, le 18 mai 1932, c\u2019est un homme libre qui t\u00e9moigne lors de la s\u00e9ance des assises de Cayenne. Alfred Isidore Bouzy y est condamn\u00e9 \u00e0 quinze ans de travaux forc\u00e9s et \u00e0 la rel\u00e9gation<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a>. Le 4 f\u00e9vrier 1932, la gouverneur Bouge analyse l\u2019affaire pour le minist\u00e8re des Colonies comme l\u2019exemple type d\u2019un malencontreux concours de circonstances propre aux relations des for\u00e7ats lib\u00e9r\u00e9s \u00e0 Saint-Laurent&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0En r\u00e9alit\u00e9, les charges qui avaient justifi\u00e9 sa mise en pr\u00e9vention provenaient surtout de sa fr\u00e9quentation. Mais un lib\u00e9r\u00e9, dont les ressources sont minimes, n\u2019a pas le choix de ses compagnons, et il peut \u00eatre facilement compromis dans un d\u00e9lit, dans un crime o\u00f9 il n\u2019a aucune part. Tel fut le cas de Roussenq qui, apr\u00e8s sa longue d\u00e9tention, est devenu inoffensif.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref37\" href=\"#_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-4-septembre-1930.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5540\" width=\"510\" height=\"268\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-4-septembre-1930.jpg 630w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-4-septembre-1930-300x158.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 510px) 100vw, 510px\" \/><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-5-septembre-1930.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5541\" width=\"511\" height=\"173\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-5-septembre-1930.jpg 634w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-5-septembre-1930-300x102.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 511px) 100vw, 511px\" \/><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-6-septembre-1930.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5542\" width=\"508\" height=\"408\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-6-septembre-1930.jpg 380w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-6-septembre-1930-300x241.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 508px) 100vw, 508px\" \/><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-28-mars-1931.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5543\" width=\"509\" height=\"164\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-28-mars-1931.jpg 746w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-28-mars-1931-300x97.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 509px) 100vw, 509px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>En m\u00e9tropole, les communistes se sont bien \u00e9videmment empar\u00e9s de l\u2019affaire Bouzy \u2013 Burkowsky envisag\u00e9e le 4 septembre 1930 comme \u00ab\u00a0une machination pour emp\u00eacher la rentr\u00e9e en France de celui qui est l\u2019incarnation vivante du bagne, le symbole de la r\u00e9pression antimilitariste, la victime type des conseils de guerre.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref38\" href=\"#_ftn38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> \u00ab\u00a0La justice bourgeoise tient sa proie\u00a0\u00bb affirme encore <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> sept mois plus tard<a id=\"_ftnref39\" href=\"#_ftn39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>. La campagne pour le retour du bagnard peut s\u2019intensifier.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle commence \u00e0 vrai dire d\u00e8s le d\u00e9but de sa r\u00e9sidence surveill\u00e9e et proc\u00e8de de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019en 1928, d\u2019abord dans le Gard puis au niveau national. Du 1<sup>e<\/sup> au 6 octobre 1929, le comit\u00e9 d\u00e9partemental du Gard du SRI organise \u00ab&nbsp;une tourn\u00e9e d\u2019agitation pour le retour de Roussenq&nbsp;\u00bb qui culmine le 6 par un meeting \u00e0 N\u00eemes r\u00e9unissant plus de 400 personnes. Joanin Malbos de Saint-Gilles et Valat d\u2019Al\u00e8s font monter Madeleine Roussenq \u00e0 la tribune, \u00ab&nbsp;montrant par l\u00e0 sa foi dans les organisations r\u00e9volutionnaires&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\"><sup>[40]<\/sup><\/a>. Le 6 juillet 1930, une nouvelle manifestation r\u00e9unit encore 1500 personnes \u00e0 Saint-Gilles-du-Gard. La qu\u00eate faite \u00e0 l\u2019occasion rapporte 574 francs dont 200 sont envoy\u00e9s au bagnard<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\"><sup>[41]<\/sup><\/a>. Le dimanche 9 novembre, la police charge et frappe \u00ab&nbsp;violemment&nbsp;\u00bb les militants du SRI venus manifester, \u00e0 Aigues-Vives, devant la maison de Gaston Doumergue<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\"><sup>[42]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La mort de Madeleine Roussenq \u00e0 75 ans le 29 mars 1931 acc\u00e9l\u00e8re la campagne du SRI qui lance une p\u00e9tition nationale en esp\u00e9rant recueillir plus d\u2019un million de signatures. Six mois auparavant, <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> reproduisait la lettre d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0un camarade de Saint-Gilles\u00a0\u00bb annon\u00e7ant son hospitalisation tr\u00e8s certainement \u00e0 la suite de l\u2019incarc\u00e9ration de son fils dans le cadre de l\u2019affaire Bouzy-Burkowsky<a id=\"_ftnref43\" href=\"#_ftn43\"><sup>[43]<\/sup><\/a>. Le bagnard est une victime du Grand Capital et sa malheureuse m\u00e8re, sa m\u00e8re courage qui n\u2019est plus, aussi\u00a0:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-30-mars-1931.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5544\" width=\"268\" height=\"118\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-30-mars-1931.jpg 741w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Titre-darticle-LHumanite-30-mars-1931-300x132.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 268px) 100vw, 268px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Depuis vingt-trois ans, elle consacrait chacune des minutes de sa vie \u00e0 expliquer dans un langage simple et si touchant la scandaleuse injustice du maintien au bagne de son fils. Revoir <em>son Paul<\/em> tel \u00e9tait le but unique de l\u2019existence de cette pauvre paysanne. La bourgeoisie f\u00e9roce a emp\u00each\u00e9 que ce r\u00eave se r\u00e9alis\u00e2t. Elle est morte en plein combat, la pauvre m\u00e8re Roussenq\u00a0! Il y a peu de jours encore, elle participait de toutes ses forces \u00e0 la campagne du S.R.I. pour le retour en France de son fils. Les souffrances morales, les d\u00e9ceptions, les injustices du pouvoir \u00e9tabli, qui ne sont point parvenues \u00e0 entamer sa confiance in\u00e9branlable en l\u2019action du prol\u00e9tariat, ont eu raison de sa vie. Jusqu\u2019\u00e0 son dernier jour, elle fut enti\u00e8rement attach\u00e9e \u00e0 l\u2019action des organisations r\u00e9volutionnaires.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref44\" href=\"#_ftn44\"><sup>[44]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Roussenq est devenu un th\u00e8me majeur de la machine de propagande communiste. Les meetings s\u2019encha\u00eenent \u00e0 un rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 dans la banlieue rouge de Paris. Le 29 novembre 1930, 14 r\u00e9unions du SRI sont annonc\u00e9es dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> \u00ab&nbsp;contre la terreur en Indochine, pour la d\u00e9fense de l\u2019URSS, pour imposer le retour de Roussenq et la lib\u00e9ration de tous les emprisonn\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;au Kremlin-Bic\u00eatre, \u00e0 Saint-Ouen, \u00e0 Bondy, \u00e0 Aubervilliers, etc. ; le 6 d\u00e9cembre le journal annonce encore 9 rendez-vous. Le 25 d\u00e9cembre 1930, Maurice Thorez prononce un discours enflamm\u00e9 lors du \u00ab&nbsp;No\u00ebl des emprisonn\u00e9s&nbsp;\u00bb organis\u00e9 par le SRI dans la salle de la Grange aux Belles. La tribune est d\u00e9cor\u00e9e des portraits d\u2019Andr\u00e9 Marty et de Paul Roussenq<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\"><sup>[45]<\/sup><\/a>. Les 14 janvier 1931 \u00e0 la Grange aux Belles encore et le lendemain \u00e0 Saint-Denis, Valat, le maire d\u2019Al\u00e8s, Coutheillas<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\"><sup>[46]<\/sup><\/a> des Jeunesses Communistes, Benoit Frachon<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\"><sup>[47]<\/sup><\/a> du Parti Communiste, et Gabriel Citerne<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\"><sup>[48]<\/sup><\/a> du SRI appellent encore \u00e0 la lib\u00e9ration du h\u00e9ros de la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nom de Roussenq investit tous les domaines de la vie militante, culturelle et sportive organis\u00e9e par le parti de la masse ouvri\u00e8re. Nombre de goguettes ou de grandes f\u00eates champ\u00eatres sont organis\u00e9es sur les bords de Marne ou encore \u00e0 Bezons le 20 septembre 1931 avec moult sports, jeux, stands et \u00ab&nbsp;ravitaillement assur\u00e9&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\"><sup>[49]<\/sup><\/a>. Donner le nom de Roussenq \u00e0 un tournoi sportif permet de sortir ce nom du cadre politique et de pouvoir esp\u00e9rer le voir relay\u00e9 par une presse non-amie. De fait, les chalenges Roussenq perdurent jusqu\u2019en 1935<a href=\"#_ftn50\" id=\"_ftnref50\"><sup>[50]<\/sup><\/a>. Le 10 avril 1931, une comp\u00e9tition de lutte gr\u00e9co-romaine est organis\u00e9 au nom de Roussenq \u00e0 Villejuif<a href=\"#_ftn51\" id=\"_ftnref51\"><sup>[51]<\/sup><\/a> tandis que le 15 ao\u00fbt 1932 se tient la coupe de football Roussenq \u00e0 Chevilly<a href=\"#_ftn52\" id=\"_ftnref52\"><sup>[52]<\/sup><\/a>. Le 22 janvier 1934, l\u2019UST d\u2019Ivry remporte la coupe Paul Roussenq de polo-v\u00e9lo<a href=\"#_ftn53\" id=\"_ftnref53\"><sup>[53]<\/sup><\/a>&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de ces soir\u00e9es, de ces \u00e9v\u00e8nements sportifs ou culturels, le nom de Roussenq est bien s\u00fbr \u00e9voqu\u00e9\u00a0; des qu\u00eates sont organis\u00e9es\u00a0; un orateur vient narrer la lamentable histoire du \u00ab\u00a0petit paysan de Saint-Gilles\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref54\" href=\"#_ftn54\"><sup>[54]<\/sup><\/a> cass\u00e9 par des conseils de guerre \u00e0 la solde du grand capital et, surtout, on ne manque pas au moins jusqu\u2019en d\u00e9cembre 1932 de faire circuler des tracts exigeant le retour de Paul Roussenq en France. Le SRI peut ainsi s\u2019enorgueillir car \u00ab\u00a0des listes de p\u00e9titions que nous lancions se couvraient de centaines de milliers de signatures.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref55\" href=\"#_ftn55\"><sup>[55]<\/sup><\/a> Le million envisag\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la mort de Madeleine Roussenq \u00ab\u00a0pour imposer le retour en France du courageux bagnard\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref56\" href=\"#_ftn56\"><sup>[56]<\/sup><\/a> n\u2019aurait-il pas \u00e9t\u00e9 atteint\u00a0?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/La-Scene-Ouvriere-N3-mars-1931-1e-de-couverture.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5545\" width=\"131\" height=\"217\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/La-Scene-Ouvriere-N3-mars-1931-1e-de-couverture.jpg 331w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/La-Scene-Ouvriere-N3-mars-1931-1e-de-couverture-181x300.jpg 181w\" sizes=\"(max-width: 131px) 100vw, 131px\" \/><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/La-Scene-Ouvriere-N3-mars-1931-p11.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5546\" width=\"297\" height=\"66\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/La-Scene-Ouvriere-N3-mars-1931-p11.jpg 615w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/La-Scene-Ouvriere-N3-mars-1931-p11-300x67.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le 21 f\u00e9vrier 1931, la manchette de <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> fait la publicit\u00e9 du \u00ab\u00a0Grand Festival Paul Roussenq\u00a0\u00bb de la salle de la Grange aux Belle<a id=\"_ftnref57\" href=\"#_ftn57\"><sup>[57]<\/sup><\/a> o\u00f9, apr\u00e8s l\u2019allocution de Roger Gaillard<a id=\"_ftnref58\" href=\"#_ftn58\"><sup>[58]<\/sup><\/a>, la Phalange artistique du 18<sup>e<\/sup> arrondissement jouera <em>L\u2019affaire Roussenq<\/em>, une pi\u00e8ce en trois actes suivie d\u2019un bal de nuit anim\u00e9 par un orchestre de jazz. La pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, \u00e9crite par Henri Leduc, est publi\u00e9e dans le n\u00b03 de la revue <em>La Sc\u00e8ne Ouvri\u00e8re<\/em> au d\u00e9but du mois de mars. Le premier acte pr\u00e9sente la condamnation de Roussenq par le conseil de guerre de Tunis en 1905, le second s\u2019en prend aux pr\u00e9tendues tergiversations de la Ligue des Droits de l\u2019Homme et aux man\u0153uvres du ministre Painlev\u00e9. La troisi\u00e8me et derni\u00e8re sc\u00e8ne finit de dresser le portrait du courageux h\u00e9ros des masses laborieuses. Roussenq assis derri\u00e8re une table dans sa cellule, alors qu\u2019il n\u2019y en a pas dans les cachots de l\u2019\u00eele Saint-Joseph, \u00e9crit une lettre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Le Parti communiste, le Secours rouge international, la classe ouvri\u00e8re de France, vont-ils laisser se commettre un pareil crime judiciaire. Non, j\u2019ai confiance dans l\u2019effort du S.R.I. gr\u00e2ce auquel la trou\u00e9e lumineuse se fera parmi les t\u00e9n\u00e8bres o\u00f9 se d\u00e9bat la masse. J\u2019en appelle \u00e0 la conscience prol\u00e9tarienne\u2026\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref59\" href=\"#_ftn59\"><sup>[59]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/roussenq-tao-tract-du-SRI.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5547\" width=\"319\" height=\"204\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/roussenq-tao-tract-du-SRI.jpg 745w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/roussenq-tao-tract-du-SRI-300x192.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 319px) 100vw, 319px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>L\u2019instrumentalisation de Roussenq, pour caricaturale qu\u2019elle puisse \u00eatre, tant dans sa dialectique que dans sa forme, ne manque pas de se concr\u00e9tiser par des actes pouvant faire pression sur les autorit\u00e9s. \u00c0 l\u2019approche de l\u2019ouverture de l\u2019exposition coloniale de Paris, \u00e9v\u00e8nement majeur de la puissance d\u2019un empire sur lequel le soleil ne se coucherait jamais<a id=\"_ftnref60\" href=\"#_ftn60\">[60]<\/a>, le SRI appelle ses adh\u00e9rents et ses sympathisants, les samedi 16 et dimanche 17 mai 1931<a id=\"_ftnref61\" href=\"#_ftn61\"><sup>[61]<\/sup><\/a>, \u00e0 souscrire massivement pour payer les d\u00e9marches en faveur du militant indochinois Nguyen Van Tao<a id=\"_ftnref62\" href=\"#_ftn62\"><sup>[62]<\/sup><\/a>, emprisonn\u00e9 en France, et de Paul Roussenq. Il faut r\u00e9unir environ 100.000 francs.\u00a0 Le SRI \u00ab\u00a0r\u00e9ussira-t-il \u00e0 envoyer un avocat de son service juridique \u00e0 Saint-Laurent\u00a0du Maroni\u00a0?\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref63\" href=\"#_ftn63\"><sup>[63]<\/sup><\/a>\u00a0 L\u2019initiative ajoute \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude gouvernementale sur une plausible implantation communiste en Guyane par l\u2019entremise d\u2019un certain nombre de bagnards dont le matricule 16185. La peur de l\u2019homme au couteau entre les dents aurait-elle supplant\u00e9 celle de la marmite \u00e0 renversement anarchiste\u00a0?\u00a0 Le 18 novembre 1931, le directeur de l\u2019Administration p\u00e9nitentiaire avise le gouverneur de la colonie de la situation et du probable \u00e9chec du projet du SRI \u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019arriv\u00e9e d\u2019un avocat pour la d\u00e9fense de Roussenq est improbable ou tout au moins lointaine.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref64\" href=\"#_ftn64\"><sup>[64]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019insucc\u00e8s de la man\u0153uvre n\u2019enraye pas le dynamisme rouge. Bien au contraire, le cas Roussenq r\u00e9v\u00e8le une position quasi-h\u00e9g\u00e9monique de critiques et de revendications sociales ne souffrant pas de concurrence. Les d\u00e9n\u00e9gations contre la Ligue des Droits de l\u2019Homme perdurent avec d\u2019autant plus de vigueur que, face aux sectateurs de la Troisi\u00e8me Internationale, celle-ci m\u00e8nerait \u00ab&nbsp;une singuli\u00e8re campagne&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn65\" id=\"_ftnref65\"><sup>[65]<\/sup><\/a> de front avec les anarchistes et les francs-ma\u00e7ons. Le meeting du 15 avril 1931 tenu dans la salle Wagram donne presque lieu \u00e0 scandale, les communistes poussant des cris d\u2019orfraie parce que deux militants du SRI se s\u2019ont vu refuser la parole en tribune alors qu\u2019il diffusaient des listes de p\u00e9tition dans la salle. \u00ab&nbsp;Les anarchistes ne veulent pas entendre parler de Roussenq&nbsp;\u00bb titre <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> le 17 avril. Le journal communiste \u00ab&nbsp;ment effront\u00e9ment&nbsp;\u00bb, lui r\u00e9pond Pierre Od\u00e9on<a href=\"#_ftn66\" id=\"_ftnref66\"><sup>[66]<\/sup><\/a> sept jour plus tard dans les colonnes du <em>Libertaire<\/em> et, s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019orateur de la LDH ce soir-l\u00e0, il ne manquerait pas d\u2019y en avoir \u00e0 la prochaine manifestation du Comit\u00e9 d\u2019Action contre les Prisons Militaires et pour l\u2019Amnistie<a href=\"#_ftn67\" id=\"_ftnref67\"><sup>[67]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Puteaux, \u00e0 Aulnay, \u00e0 Clichy\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Partout des salles municipales sont refus\u00e9es aux ouvriers r\u00e9volutionnaires&nbsp;\u00bb proteste encore <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> le 24 avril 1931. L\u2019article met en cause bien \u00e9videmment les pressions des maires S.F.I.O. et, bien \u00e9videmment les manipulations de la LDH consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00ab&nbsp;filiale des loges ma\u00e7onniques&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn68\" id=\"_ftnref68\"><sup>[68]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les attaques se font encore plus virulentes contre la LDH lorsque celle-ci, \u00e0 l\u2019occasion de la r\u00e9union de son comit\u00e9 national en juillet 1931, refuse d\u2019entamer de nouvelles d\u00e9marches et \u00ab&nbsp;de demander le retour en France de ce futur d\u00e9put\u00e9 communiste&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn69\" id=\"_ftnref69\"><sup>[69]<\/sup><\/a>. Victor Basch, son pr\u00e9sident, s\u2019interdit de \u00ab&nbsp;c\u00e9der \u00e0 ce chantage des communistes&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn70\" id=\"_ftnref70\"><sup>[70]<\/sup><\/a> et estime \u00ab&nbsp;que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ne pr\u00e9sentait aucune garantie et qu\u2019on ne pouvait esp\u00e9rer son adaptation \u00e0 la vie sociale.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn71\" id=\"_ftnref71\"><sup>[71]<\/sup><\/a> Bien qu\u2019il soit soutenu par Henri Guernut<a href=\"#_ftn72\" id=\"_ftnref72\"><sup>[72]<\/sup><\/a> et Jacques Hadamard<a href=\"#_ftn73\" id=\"_ftnref73\"><sup>[73]<\/sup><\/a>, tous ne partagent pas son avis au sein de la L.D.H.&nbsp;; sur pression de sections locales, dont celle du Gard, et apr\u00e8s interventions d\u2019Ernest Lafont<a href=\"#_ftn74\" id=\"_ftnref74\"><sup>[74]<\/sup><\/a>, de Salomon Grumbach<a href=\"#_ftn75\" id=\"_ftnref75\"><sup>[75]<\/sup><\/a> ainsi que d\u2019Henri Guernut&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le comit\u00e9 d\u00e9cide de demander la gr\u00e2ce de Roussenq s\u2019il n\u2019est pas actuellement l\u2019objet d\u2019autres poursuites ou s\u2019il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un non-lieu, sinon il classera le dossier.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn76\" id=\"_ftnref76\"><sup>[76]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons vu le for\u00e7at disculp\u00e9 de l\u2019accusation de complicit\u00e9 de meurtre le 23 d\u00e9cembre 1931. Les d\u00e9marches de la Ligue reprennent et accompagnent, bien malgr\u00e9 elle, l\u2019active propagande communiste. Pour Roussenq qui, \u00e0 cette date passerait \u00e0 la 4<sup>e<\/sup> 2<sup>e<\/sup> \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1933 en vertu de la gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle du 17 mai 1930, l\u2019horizon s\u2019\u00e9claircit encore un peu plus. La lib\u00e9ration totale doit alors \u00eatre mise dans le conteste d\u2019une vaste campagne hexagonale men\u00e9e \u00e0 gauche depuis un an contre les conseils de guerre et la justice militaire. Si les anarchistes font r\u00e9guli\u00e8rement monter \u00c9mile Rousset<a href=\"#_ftn77\" id=\"_ftnref77\"><sup>[77]<\/sup><\/a> pour \u00e9voquer le scandale de la mort d\u2019Albert Aernoult en 1909<a href=\"#_ftn78\" id=\"_ftnref78\"><sup>[78]<\/sup><\/a>, le parti communiste n\u2019a bien \u00e9videmment pas manqu\u00e9 de faire apparaitre Paul Roussenq comme une \u00ab&nbsp;victime des conseils de guerre&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn79\" id=\"_ftnref79\"><sup>[79]<\/sup><\/a>. L\u2019Assembl\u00e9e nationale vote le 26 d\u00e9cembre 1931 une loi d\u2019amnistie dont l\u2019article 6 pr\u00e9cise&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;Amnistie pleine et enti\u00e8re est accord\u00e9e pour toutes les infractions pr\u00e9vues et punies par les conseils de justice militaire pour l\u2019arm\u00e9e de terre et de mer commises m\u00eame par des non militaires ant\u00e9rieurement au 12 novembre 1931, \u00e0 tous ceux qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 ou b\u00e9n\u00e9ficieront dans les 12 mois qui suivront la promulgation de la pr\u00e9sente loi par d\u00e9cret de gr\u00e2ce soit d\u2019une remise totale de la peine, soit de le remise de l\u2019entier restant de la peine&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn80\" id=\"_ftnref80\"><sup>[80]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout peut donc s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer et le d\u00e9cret minist\u00e9riel du 6 ao\u00fbt 1932 fait \u00ab&nbsp;remise du restant de l\u2019obligation de r\u00e9sidence cons\u00e9cutive \u00e0 la peine de 20 ans de travaux forc\u00e9s&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn81\" id=\"_ftnref81\"><sup>[81]<\/sup><\/a>.&nbsp; Fin du doublage pour l\u2019Inco. Il doit passer \u00e0 la 2<sup>e<\/sup> section de la 4<sup>e<\/sup> cat\u00e9gorie le 28 novembre sous le num\u00e9ro de matricule 7609<a href=\"#_ftn82\" id=\"_ftnref82\"><sup>[82]<\/sup><\/a>. Si le SRI paie le voyage de retour, le parti communiste n\u2019en continue pas moins de s\u2019\u00e9mouvoir du retard pris par celui-ci. \u00ab&nbsp;Un homme erre sur les quais. (\u2026) Voici deux bateaux qui partent et Roussenq est toujours \u00e0 Cayenne.&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Andr\u00e9 Marty dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> le 12 d\u00e9cembre 1932<a href=\"#_ftn83\" id=\"_ftnref83\"><sup>[83]<\/sup><\/a>. Deux mois auparavant, le d\u00e9put\u00e9 communiste de la Seine Lucien Monjauvis<a href=\"#_ftn84\" id=\"_ftnref84\"><sup>[84]<\/sup><\/a> avait \u00e9crit au ministre de la justice pour lui demander les raisons de cette attente depuis le d\u00e9cret du 6 ao\u00fbt<a href=\"#_ftn85\" id=\"_ftnref85\"><sup>[85]<\/sup><\/a>. Ce dernier ayant \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9 au gouverneur de Guyane par courrier ordinaire, sa notification n\u2019a pu en \u00eatre faite qu\u2019\u00e0 la fin du mois d\u2019octobre. Le Garde des Sceaux n\u2019oublie pas de rappeler au d\u00e9put\u00e9 que le billet de retour n\u2019a pu \u00eatre remis \u00e0 Roussenq avant qu\u2019il ait sign\u00e9 la notification du d\u00e9cret du 6 ao\u00fbt et qu\u2019il est toujours passible des quinze ans d\u2019interdiction de s\u00e9jour, peine qui accompagnait celle des vingt ann\u00e9es de travaux forc\u00e9s<a href=\"#_ftn86\" id=\"_ftnref86\"><sup>[86]<\/sup><\/a>. Le 12 d\u00e9cembre 1932, la gendarmerie de Saint-Laurent-du-Maroni signale que Roussenq a quitt\u00e9 la commune p\u00e9nitentiaire trois jours auparavant<a href=\"#_ftn87\" id=\"_ftnref87\"><sup>[87]<\/sup><\/a>. Le 15 d\u00e9cembre, l\u2019homme libre est sur le paquebot <em>Saint Rapha\u00ebl<\/em> en direction des Antilles<a href=\"#_ftn88\" id=\"_ftnref88\"><sup>[88]<\/sup><\/a>. L\u00e0, il s\u2019embarque sur le <em>Pellerin de Latouche<a href=\"#_ftn89\" id=\"_ftnref89\"><sup><strong><sup>[89]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em>. Il est attendu en m\u00e9tropole pour la fin du mois. Un beau voyage pour le h\u00e9ros des classes populaires&nbsp;? Un voyage qui ne se fait pas \u00e0 fond de cale en tout cas. Un triste voyage en r\u00e9alit\u00e9 pour la vedette rouge. L\u2019Inco ne verra pas sa m\u00e8re, si prompte \u00e0 faire lib\u00e9rer son rejeton. Elle est morte, il y a vingt et un mois, sans pouvoir embrasser une derni\u00e8re fois son fils ch\u00e9ri. \u00c0 un pas de la victoire finale.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Article \u00ab&nbsp;Le bagnard Roussenq est graci\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 5 septembre 1929, p.1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> ANOM, H1523.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Du 3 novembre 1929 au 21 f\u00e9vrier 1930.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> ANOM, H5259.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> AN, Fonds Moscou, 19940472\/ article 291\/ dossier 26154 : Roussenq Paul 1933-1940.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> ANOM, H5259, proc\u00e8s-verbal constatant la lib\u00e9ration et le passage \u00e0 la 1<sup>e<\/sup> section du transport\u00e9 de la 1<sup>e<\/sup> cat\u00e9gorie Roussenq Paul, 30 septembre 1929.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Voir chapitre \u00ab&nbsp;Prol\u00e9gom\u00e8nes de la red\u00e9couverte des \u00e9crits d\u2019un homme devenu bagne&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Carnet feuilles dactylographi\u00e9es Choses du bagne, fond Ubaud, mus\u00e9e Ernest Cognacq, Saint-Martin-de-R\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bukowski.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Albert Londres, article \u00ab&nbsp;Chez Garnier, restaurateur des lib\u00e9r\u00e9s&nbsp;\u00bb dans <em>Le Petit Parisien<\/em>, 11 ao\u00fbt 1923, p.1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Il s\u2019agit bien s\u00fbr du manuscrit de Sisteron conserv\u00e9 par le CIAP de Saint-Laurent-du Maroni que nous reproduisons ci-apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Paul Roussenq<em>, 25 ans de bagne<\/em>, d\u00e9cembre 1933, p.51&nbsp;; sur l\u2019alcoolisme des lib\u00e9r\u00e9s, p.53&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a de l\u2019eau-de-vie en Guyane, du tafia fabriqu\u00e9 avec du rebut de m\u00e9lasse, dans des appareils vert-de-gris\u00e9s. C\u2019est le poison local. Indig\u00e8nes, condamn\u00e9s, lib\u00e9r\u00e9s, gardes-chiourmes et autres s\u2019intoxiquent avec ce breuvage. Lorsque le lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 quelques sous en poche, il les transforme en tafia \u2013 pas cher, 8 francs le litre. Il cherche dans la boisson l\u2019oubli de ses mis\u00e8res. Faut-il l\u2019en bl\u00e2mer ? Pour ma part je m\u2019en abstiens, tout en le d\u00e9plorant.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Paul Roussenq, articles \u00ab&nbsp;Mes tombeaux&nbsp;\u00bb dans <em>Les Allobroges<\/em>, n\u00b01299 et 1300, vendredi 27 f\u00e9vrier et samedi 28 \u2013 dimanche 29 f\u00e9vrier 1948, chapitre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les lib\u00e9r\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Le Nouveau-Camp (1899-1946) a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 un chantier d\u2019exploitation foresti\u00e8re (jusqu\u2019en 1912) avant d\u2019\u00eatre un centre agricole jusqu\u2019en 1920, puis un camp d\u2019impotents venu remplacer le camp des Hattes (actuelle commune d\u2019Awala-Yalimapo) ferm\u00e9 en 1910.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> <em>Les cahiers des droits de l\u2019homme<\/em>, 20 mars 1932, p.176.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Article \u00ab&nbsp;Un scandale. Doumergue et Maginot veulent maintenir Roussenq pendant quatre ans au bagne&nbsp;!&nbsp;\u00bb, <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 11 juin 1930.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Maurice Lebrun, article \u00ab&nbsp;Des vastes \u00e9tendues de la Camargue aux cachots de la Guyane&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 26 mars 1931, p.1 et 2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> En argot, la gouge est une prostitu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> Respectivement, matricule 85824 et matricule 14007 (ANOM H1557 et H4208\/b).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bouzy \u2013 Burkowsky, acte d\u2019accusation d\u2019Alfred Bouzy.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn21\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> Les dossiers d\u2019Alfred Bouzy n\u2019\u00e9taient pas encore consultables aux ANOM d\u2019Aix-en-Provence \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> \u00ab&nbsp;On sait que Bouzy est un organisateur d\u2019\u00e9vasion. Malheureusement, on n\u2019a pu, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, le surprendre en flagrant d\u00e9lit malgr\u00e9 la surveillance \u00e9troite dont il est l\u2019objet de la part de la Police et de la Gendarmerie. Son commerce de poisson lui permet d\u2019\u00eatre en relation intime avec les indiens, autres auxiliaires d\u2019\u00e9vasion, qui lui procurent des canots pour ses exp\u00e9ditions. Conduite et moralit\u00e9 tr\u00e8s douteuses.&nbsp;\u00bb rapport du commissariat de police de Saint-Laurent-du-Maroni, 3 juillet 1930, AT Guyane, 2U340.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> Condamn\u00e9 le 23 f\u00e9vrier 1909 par la cour d\u2019assises du Rh\u00f4ne pour vol qualifi\u00e9 \u00e0 cinq ans de travaux forc\u00e9s et \u00e0 la rel\u00e9gation, \u00c9phra\u00efm Jomini, n\u00e9 le 11 ao\u00fbt 1880, est un r\u00e9cidiviste de l\u2019\u00e9vasion jusqu\u2019en 1919. Le matricule 37892 passe \u00e0 la rel\u00e9gation individuelle le 22 mars 1928 sous le num\u00e9ro de matricule 11742. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Saint-Laurent-du-Maroni le 28 octobre 1933. ANOM H1739, H3701, H4160\/b.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Les dossiers de Gumpler, Faivre et Bianco n\u2019\u00e9taient pas encore consultables aux ANOM d\u2019Aix-en-Provence \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bouzy \u2013 Burkowsky, <em>M\u00e9moire du pr\u00e9venu Bouzy pour Monsieur le Pr\u00e9sident de la Cour d\u2019Assises de Cayenne<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> Ibid&nbsp;; le dossier Bouzy \u2013 Burkowsky des AT de la Guyane contient deux plans de Saint-Laurent du Maroni dont l\u2019un dessin\u00e9 par Bouzy permettant de situer et de localiser la sc\u00e8ne et le d\u00e9roulement du crime.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bouzy \u2013 Burkowsky, acte d\u2019accusation d\u2019Alfred Bouzy.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> ANOM, H1457 et H4250\/a. Adalbert Lucien Lemoine, sabotier, n\u00e9 le 23 octobre 1884 \u00e0 Valen\u00e7ay, est condamn\u00e9 le 16 mars 1920 par la cour d\u2019assises de l\u2019Indre \u00e0 dix ans de travaux forc\u00e9s pour tentative d\u2019homicide volontaire avec pr\u00e9m\u00e9ditation.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bouzy \u2013 Burkowsky, confrontation Bouzy, Jomini, Lemoine, Bianco, Roussenq, 21 d\u00e9cembre 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bouzy \u2013 Burkowsky, <em>M\u00e9moire du pr\u00e9venu Bouzy pour Monsieur le Pr\u00e9sident de la Cour d\u2019Assises de Cayenne&nbsp;<\/em>: \u00ab&nbsp;D\u2019autre part M. Nazica aurait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 M. Bauer qu\u2019ayant connu comme surveillant militaire les querelles qui auraient eu lieu entre les transport\u00e9s Bianco, Franceskini et Roussenq, aux \u00eeles du Salut et cela pour les beaux yeux de Marcel , se seraient continu\u00e9es \u00e0 St Laurent et qu\u2019en cons\u00e9quence il n\u2019y aurait rien de dr\u00f4le que Roussenq, le plus souvent \u00e9vinc\u00e9 des trois par Marcel, pour se venger, l\u2019aurait tu\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bouzy \u2013 Burkowsky.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> <em>Les \u00e9ditions du Secours Rouge<\/em> deviennent peu apr\u00e8s <em>Les \u00e9ditions de la D\u00e9fense<\/em> en r\u00e9f\u00e9rence au journal <em>La D\u00e9fense<\/em> du SRI.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> <em>Un crime des conseils de guerre \u2013 Paul Roussenq bagnard<\/em>, \u00c9ditions du Secours Rouge, Les cahiers de la r\u00e9pression, n1, mai 1931, p.6.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> AT Guyane, 2U340, affaire Bouzy \u2013 Burkowsky.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> ANOM, H5259.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> M. Champeil, article \u00ab&nbsp;\u00c0 la veille d\u2019un nouveau crime \u00e0 Saint-Laurent-du-Maroni&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 4 septembre 1930, p.1-2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a> Maurice Lebrun, article \u00ab&nbsp;Quand la justice bourgeoise tient sa proie\u2026&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 28 mars 1931, p.1-2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a> <em>La D\u00e9fense<\/em>, 19 octobre 1929.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a> Daniel Vidal, <em>op.cit.<\/em>, p.21.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 11 novembre 1930.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a> Article \u00ab&nbsp;La m\u00e8re de Roussenq est tr\u00e8s malade&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 19 septembre 1930&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les nouvelles de maman Roussenq sont tr\u00e8s inqui\u00e9tantes. Elle est au plus mal. Nous avons d\u00fb la faire transporter \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Je viens d\u2019y faire une nouvelle visite, \u00e0 peine si elle me reconnait et n\u2019a pas la force de parler. Une issue fatale est \u00e0 redouter car le c\u0153ur est tr\u00e8s faible.&nbsp;\u00bb Il est probable que l\u2019auteur de cette lettre soit Joanin Malbos.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 30 mars 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 26 d\u00e9cembre 1930, p.2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref46\" id=\"_ftn46\">[46]<\/a> Louis Coutheillas, 1907-1972, milite aux Jeunesses Communistes depuis 1924&nbsp;et au Parti communiste depuis 1926. Il est encore membre du comit\u00e9 central du Secours rouge international en 1928. Il aurait quitt\u00e9 le parti en 1935 m\u00eame si, apr\u00e8s-guerre, il est directeur du quotidien communiste, <em>les Allobroges<\/em>, publi\u00e9 \u00e0 Grenoble. (DBMO, notice Coutheillas Louis). Est-ce par son entremise, que Christian Gali parvient \u00e0 faire publier au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1948 \u00ab&nbsp;Mes tombeaux&nbsp;\u00bb, les souvenirs de bagne de Roussenq&nbsp;? (voir chapitre \u00ab&nbsp;Prol\u00e9gom\u00e8nes de la red\u00e9couverte des \u00e9crits d\u2019un homme devenu bagne&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn47\" href=\"#_ftnref47\">[47]<\/a> Benoit Frachon, 1893-1975, est membre du comit\u00e9 central du Parti communiste depuis 1926 et un des dirigeants actifs de la CGTU.\u00a0; DBMO, notice<a> <\/a>Frachon Benoit.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a> Gabriel Citerne, 1901-1981, passe en 1920 des Jeunesses Socialistes aux Jeunesses Communistes&nbsp;; il adh\u00e8re au S.R.I. en 1927 et DBMO Biographique du Mouvement Ouvrier, notice Citerne Gabriel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref49\" id=\"_ftn49\">[49]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 19 septembre 1931, p.2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref50\" id=\"_ftn50\">[50]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, du 26 d\u00e9cembre 1935, donne en page 6 les r\u00e9sultats de la coupe Paul Roussenq de Polo-v\u00e9lo au stade L\u00e9nine d\u2019Ivry&nbsp;; l\u2019UST Ivry bat le CSO Vitry par cinq buts \u00e0 un&nbsp;\u00ab&nbsp;au cours d\u2019une partie particuli\u00e8rement p\u00e9nible en raison du terrain rendu impraticable par les intemp\u00e9ries et le d\u00e9gel.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref51\" id=\"_ftn51\">[51]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 10 avril 1931, p.6.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref52\" id=\"_ftn52\">[52]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 13 ao\u00fbt 1932, p.6.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref53\" id=\"_ftn53\">[53]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 22 janvier 1934, p.4.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref54\" id=\"_ftn54\">[54]<\/a> Le terme revient fr\u00e9quemment dans les colonnes de <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> et de <em>La D\u00e9fense<\/em>&nbsp;; il permet bien \u00e9videmment de mettre en valeur l\u2019origine prol\u00e9tarienne de Paul Roussenq de mani\u00e8re \u00e0 ce que le camarade \u2013 lecteur puisse s\u2019identifier \u00e0 lui et \u00e0 sa cause.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref55\" id=\"_ftn55\">[55]<\/a> Article \u00ab&nbsp;Notre action contre un crime des conseils de guerre&nbsp;\u00bb dans <em>La D\u00e9fense<\/em>, 6 janvier 1933, p.1-2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref56\" id=\"_ftn56\">[56]<\/a> Article \u00ab&nbsp;La m\u00e8re de Roussenq est morte hier \u00e0 Saint-Gilles&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 30 mars 1931. L\u2019appel \u00e0 p\u00e9tition du SRI est en sous-titre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref57\" id=\"_ftn57\">[57]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 21 f\u00e9vrier 1931, p.1.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn58\" href=\"#_ftnref58\">[58]<\/a> Roger Gaillard, 1904-1947, adh\u00e8re aux JC d\u00e8s leur cr\u00e9ation\u00a0; il est membre du comit\u00e9 central du Parti communiste depuis 1926. Proche de Doriot, il organise en ao\u00fbt 1931 avec Aragon une exposition antiimp\u00e9rialiste pour contrer l\u2019exposition coloniale de Paris. Il est exclu de Parti communiste en 1933 apr\u00e8s des soup\u00e7ons d\u2019accointances avec la police. DBMO, notice Gaillard Roger.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref59\" id=\"_ftn59\">[59]<\/a> \u00ab&nbsp;L\u2019affaire Roussenq&nbsp;\u2013 pi\u00e8ce en trois tableaux par Henri Leduc&nbsp;\u00bb dans <em>La sc\u00e8ne ouvri\u00e8re<\/em>, num\u00e9ro 3, mai 1931, p.9-14.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref60\" id=\"_ftn60\">[60]<\/a> Elle se tient \u00e0 Paris du 6 mai au 15 novembre 1931, \u00e0 la porte Dor\u00e9e et sur le site du bois de Vincennes. Sur le sujet voir Catherine Hodeir et Michel Pierre, <em>L\u2019Exposition coloniale, Paris 1931<\/em>, \u00c9ditions Complexe, 1991.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref61\" id=\"_ftn61\">[61]<\/a> Article \u00ab&nbsp;Un appel du Secours Rouge International&nbsp;!&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 13 mai 1931, p.1.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn62\" href=\"#_ftnref62\">[62]<\/a> Nguyen Van Tao, 1908-1970, entre clandestinement en France pour poursuivre ses \u00e9tudes \u00e0 Aix-en-Provence\u00a0; militant ind\u00e9pendantiste, il adh\u00e8re au Parti communiste en 1928 et organise le groupe indochinois du PCF\u00a0; incarc\u00e9r\u00e9 en 1930 \u00e0 la prison de la Sant\u00e9 \u00e0 la suite de l\u2019organisation de manifestations \u00e9tudiante, il est expuls\u00e9 de France le 27 avril 1931 peu de temps avant l\u2019ouverture de l\u2019exposition coloniale qui accueillit pr\u00e8s de huit millions de visiteurs. DBMO, notice Nguyen Van Tao.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref63\" id=\"_ftn63\"><em><strong>[63]<\/strong><\/em><\/a><em> Un crime des conseils de guerre \u2013 Paul Roussenq bagnard<\/em>, \u00e9ditions du Secours Rouge, mai 1931, p.7.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref64\" id=\"_ftn64\">[64]<\/a> AT Guyane, 1M, dossiers sur le communisme en Guyane 1931-1933.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref65\" id=\"_ftn65\">[65]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 8 d\u00e9cembre 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref66\" id=\"_ftn66\">[66]<\/a> Pierre Od\u00e9on, 1903-1977, militant \u00e0 la JCA en 1922-1923, il est partisan d\u2019une organisation structur\u00e9e du mouvement libertaire&nbsp;; proche de Louis Lecoin, il se d\u00e9clare objecteur de conscience en 1929 \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une convocation pour accomplir une p\u00e9riode militaire de r\u00e9serve&nbsp;; emprisonn\u00e9 de multiple fois pour insoumission, il est r\u00e9dacteur au <em>Libertaire<\/em> en 1931 et milite aussi au sein de l\u2019UACR&nbsp;; il participe activement \u00e0 la guerre d\u2019Espagne puis s\u2019engage dans la R\u00e9sistance et est d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Buchenwald. DMA, notice Od\u00e9on Pierre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref67\" id=\"_ftn67\">[67]<\/a> Pierre Od\u00e9on, article \u00ab&nbsp;Pour Roussenq&nbsp;\u00bb dans <em>Le Libertaire<\/em>, 24 avril 1931, p.1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref68\" id=\"_ftn68\">[68]<\/a> Article \u00ab&nbsp;La Ligue des droits de l\u2019homme veut renforcer la r\u00e9pression&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 24 avril 1931, p.2.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn69\" href=\"#_ftnref69\">[69]<\/a> La Contemporaine, archives de la Ligue des Droits de l\u2019Homme, F delta res 798\/507, note non dat\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref70\" id=\"_ftn70\">[70]<\/a> Ibid., note non dat\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref71\" id=\"_ftn71\">[71]<\/a> Ibid., note non dat\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref72\" id=\"_ftn72\">[72]<\/a> Henri Guernut, 1876-1943, avocat et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de la LDH de 1912 \u00e0 1932, d\u00e9put\u00e9 ind\u00e9pendant de gauche en 1928 puis radical-socialiste en 1932.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref73\" id=\"_ftn73\">[73]<\/a> Jacques Hadamard, 1865-1963, math\u00e9maticien connu pour ses travaux en th\u00e9orie des nombres, est membre par alliance de la famille Dreyfus&nbsp;; il participe en 1898 \u00e0 la cr\u00e9ation de la LDH et la mort au front de ses deux fils en 1916 accentue son engagement pacifiste notamment aupr\u00e8s de la SDN.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref74\" id=\"_ftn74\">[74]<\/a> Ernest Lafont, 1879-1946, avocat, prend la d\u00e9fense d\u2019Alcide Ader lors du proc\u00e8s d\u2019Amiens des cambrioleurs anarchistes dit des Travailleurs de la nuit ou bande Jacob en mars 1905&nbsp;; d\u00e9put\u00e9 depuis 1914, il est exclu du Parti communiste en 1923 pour s\u2019\u00eatre oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9viction des francs-ma\u00e7ons et des dirigeants de la LDH Membre de l\u2019USC avant de rejoindre la SFIO en 1928, il est aussi dans le comit\u00e9 central de la Ligue des droits de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref75\" id=\"_ftn75\">[75]<\/a> Salomon Grumbach, 1884-1952, journaliste alsacien membre de la SFIO et du comit\u00e9 central de la LDH depuis 1925.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref76\" id=\"_ftn76\">[76]<\/a> \u00ab&nbsp;Affaire Roussenq&nbsp;\u00bb dans <em>Les Cahiers des Droits de l\u2019Homme<\/em>, 20 mars 1932, p.176-177.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref77\" id=\"_ftn77\">[77]<\/a> \u00c9mile Rousset, 1883-1961, s\u2019engage aupr\u00e8s des anarchistes apr\u00e8s son retour en France en 1912&nbsp;; il prend alors r\u00e9guli\u00e8rement la parole dans les meetings pour \u00e9voquer le scandale des bagnes militaire et l\u2019affaire Aernoult-Rousset dont il fut l\u2019un des protagonistes. DMA, notice Rousset \u00c9mile.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref78\" id=\"_ftn78\">[78]<\/a> Voir chapitre \u00ab&nbsp;Graine de bagne&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref79\" id=\"_ftn79\">[79]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> et <em>La D\u00e9fense<\/em> utilisent aussi l\u2019expression de \u00ab&nbsp;crime des conseils de guerre&nbsp;\u00bb. C\u2019est d\u2019ailleurs le titre de la brochure sur Roussenq que l\u2019organe de presse du SRI fait paraitre en 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref80\" id=\"_ftn80\">[80]<\/a> <em>Journal Officiel de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise<\/em>, 27 d\u00e9cembre 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref81\" id=\"_ftn81\">[81]<\/a> ANOM H1523.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref82\" id=\"_ftn82\">[82]<\/a> ANOM, H5259, note du Directeur de l\u2019Administration p\u00e9nitentiaire, 26 novembre 1932.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref83\" id=\"_ftn83\">[83]<\/a> Andr\u00e9 Marty, article \u00ab&nbsp;Nous les voulons tout de suite&nbsp;!&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 12 d\u00e9cembre 1932, p.1-2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref84\" id=\"_ftn84\">[84]<\/a> Lucien Monjauvis, 1904-1986, adh\u00e8re \u00e0 la CGT en 1919 puis au Parti communiste en 1924&nbsp;; il est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de Paris en 1932 avant de c\u00e9der sa place quatre ans plus tard \u00e0 Andr\u00e9 Marty. DBMO, notice Monjauvis Lucien.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref85\" id=\"_ftn85\">[85]<\/a> ANOM, H1523, note minist\u00e8re de la justice, 25 octobre 1932.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref86\" id=\"_ftn86\">[86]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref87\" id=\"_ftn87\">[87]<\/a> AT Guyane, 1M, dossiers sur le communisme en Guyane 1931-1933, rapport du lieutenant Limouzin, Cayenne, 12 d\u00e9cembre 1932.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref88\" id=\"_ftn88\">[88]<\/a> AT Guyane, 1M, dossiers sur le communisme en Guyane 1931-1933, rapport du Directeur de l\u2019AP, 15 d\u00e9cembre 1932.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref89\" id=\"_ftn89\">[89]<\/a> Maurice Lebrun, article \u00ab&nbsp;Paul Roussenq arrivera demain \u00e0 Paris&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 29 d\u00e9cembre 1932, p.1&nbsp;: \u00ab&nbsp;Paul Roussenq est rentr\u00e9 en France&nbsp;! Embarqu\u00e9 \u00e0 bord du courrier Pellerin de Latouche, il est arriv\u00e9 hier matin \u00e0 Saint-Nazaire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cr\u00e9dits iconographiques :<\/strong> Archives Arnaud Heuret \/ AT Guyane \/ L&rsquo;Humanit\u00e9 \/ mus\u00e9e Cognacq fonds Ubaud \/ La Contemporaine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fin des travaux forc\u00e9s. Paul Henri Roussenq n\u2019est ainsi que libre de v\u00e9g\u00e9ter \u00e0 Saint-Laurent o\u00f9 il d\u00e9barque au d\u00e9but du mois d\u2019octobre. Astreint \u00e0 la r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en 1908 \u00e0 plus de huit ans de travaux forc\u00e9, l\u2019honn\u00eate homme qui vient d\u2019expier sa peine doit th\u00e9oriquement se signaler aux services [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[5776],"tags":[5841,5831,5842,5843,5848,5847,5845,5844,5846,1504,3141,5729,5822,4941,1253,5828,5851,5044,3998,3316,5854,5853,5840,5850,1241,5852,1257,5435,5821,1250,5849,5789,5838],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5534"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5534"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5534\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5554,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5534\/revisions\/5554"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5534"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5534"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5534"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}