{"id":5523,"date":"2023-09-09T01:01:00","date_gmt":"2023-09-08T23:01:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=5523"},"modified":"2023-07-21T16:58:07","modified_gmt":"2023-07-21T14:58:07","slug":"les-beaux-voyages-liberez-roussenq-1924-1929","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2023\/09\/les-beaux-voyages-liberez-roussenq-1924-1929\/","title":{"rendered":"Les beaux voyages : Lib\u00e9rez Roussenq\u00a0! 1924-1929"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Detective-23-4-avril-1929-4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5525\" width=\"243\" height=\"325\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Detective-23-4-avril-1929-4.jpg 278w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Detective-23-4-avril-1929-4-224x300.jpg 224w\" sizes=\"(max-width: 243px) 100vw, 243px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le 7 janvier 1930, le gouverneur Siadous<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> boucle son rapport sur la demande de remise de r\u00e9sidence du for\u00e7at lib\u00e9r\u00e9 m\u00b016.185. L\u2019expos\u00e9 propose l\u2019ajournement de la requ\u00eate de Paul Roussenq dans l\u2019attente d\u2019une confirmation du r\u00e9el changement de son comportement\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Conduite mauvaise \u00e0 la transportation. Cependant Roussenq a fait durant les derniers temps un tr\u00e8s gros effort qui allait lui valoir la premi\u00e8re classe lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9. Tenue correcte dans la vie libre mais temps d\u2019\u00e9preuve insuffisant.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Roussenq s\u2019est assagi. Cela ne signifie pas qu\u2019il accepte, depuis le 28 septembre 1929, sa situation de lib\u00e9r\u00e9, contraint de v\u00e9g\u00e9ter \u00e0 vie \u00e0 Saint-Laurent-du-Maroni. La premi\u00e8re classe dont le rapport du 7 janvier 1930 fait allusion est celle des for\u00e7ats de quatri\u00e8me cat\u00e9gorie astreints au doublage de leur peine en vertu de l\u2019article 6 de la loi de 1854 avant de pouvoir, \u00e9ventuellement, revenir en France \u00e0 leurs frais. Ils sont alors dans la deuxi\u00e8me classe des for\u00e7ats de quatri\u00e8me cat\u00e9gorie, si et seulement si la condamnation est inf\u00e9rieure \u00e0 huit ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La LDH, le SRI ainsi que d\u2019autres organisations politiques et syndicales ont r\u00e9ussi \u00e0 faire sortir L\u2019Inco du bagne. Il est m\u00eame devenu une ic\u00f4ne de la lutte des classes, un symbole de l\u2019oppression capitaliste pour le parti communiste (PC-SFIC<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>).<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Mais il doit rester loin de France m\u00eame si l\u2019Elys\u00e9e ne suit pas pour autant les prescriptions de l\u2019AP. Le 17 mai 1930, Gaston Doumergue,&nbsp; Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique depuis le 13 juin 1924 et tr\u00e8s au fait du cas Roussenq, signe le d\u00e9cret ordonnant la commutation en quatre ann\u00e9es de \u00ab&nbsp;l\u2019obligation de r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle cons\u00e9cutive \u00e0 la peine de vingt ans de travaux forc\u00e9s.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Le combat entam\u00e9 depuis plus de cinq ans continue\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lib\u00e9rez Roussenq&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1924 \u2013 1929<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le reportage d\u2019Albert Londres en Guyane soul\u00e8ve l\u2019opinion publique en la faveur de Roussenq. Le 13 octobre 1924, Madeleine, la m\u00e8re ch\u00e9rie de 70 ans<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>, profite du premier voyage pr\u00e9sidentiel de Gaston Doumergue \u00e0 Aigues-Vives d\u2019o\u00f9 il est originaire pour aller \u00e0 sa rencontre. Contre toute attente et apr\u00e8s avoir march\u00e9 pendant vingt-huit kilom\u00e8tres depuis Saint-Gilles-du-Gard, elle parvient \u00e0 approcher l\u2019homme qui, le 13 juin, s\u2019est fait \u00e9lire aux plus hautes fonctions de l\u2019\u00c9tat et qui s\u2019engage \u00e0 faire avancer le dossier de son fils. L\u2019anecdote est relat\u00e9e dans la brochure <em>Un crime des conseils de guerre \u2013 Paul Roussenq bagnard<\/em> que le SRI publie en 1931 et qui reprend \u00e0 son compte un article paru dans <em>Le Cri de Saint-Gilles<\/em> le 4 juillet 1925\u00a0:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gaston_Doumergue-1924.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5526\" width=\"149\" height=\"214\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gaston_Doumergue-1924.jpg 407w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Gaston_Doumergue-1924-209x300.jpg 209w\" sizes=\"(max-width: 149px) 100vw, 149px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Et elle vous vit, Monsieur le Pr\u00e9sident. Il faut \u00eatre une m\u00e8re pour arriver ainsi \u00e0 franchir cette barri\u00e8re humaine qui se pressait autour de vous, il faut \u00eatre une m\u00e8re pour ne pas \u00eatre \u00e9touff\u00e9e \u00e9tant si fragile.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019ai vis, l\u2019ai vis, me cria-t-elle d\u00e8s qu\u2019elle m\u2019aper\u00e7ut.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Et que vous a-t-il dit&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>M\u2019a dit que s\u2019en occupari\u00e9 \u00e9 qu\u00e9 viendri\u00e9\u2026 me l\u2019a proum\u00e8s. Oh&nbsp;! lou brav\u00e9 hom\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Elle riait la bonne vieille, de toutes ses rides, croyant d\u00e9j\u00e0 tenir son enfant dans ses bras. Et, sur le chemin du retour, dans la camionnette qui nous ramenait, tandis que les jeunes gens devisaient joyeusement des incidents de la journ\u00e9e, la pauvre vieille, dans son coin, pleurait silencieusement des larmes de joie, pensant que, gr\u00e2ce \u00e0 vous, elle reverrait bient\u00f4t son fils.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Doumergue a-t-il tenu les promesses donn\u00e9es \u00e0 Madeleine Roussenq&nbsp;? Le 18 avril 1929, la police parisienne rend compte d\u2019un meeting organis\u00e9 la veille par le SRI au 33 rue de la Grange aux Belles. Auguste B\u00e9chard, conseiller g\u00e9n\u00e9ral communiste du Gard<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>, s\u2019y serait exprim\u00e9 en ces termes pour \u00e9voquer l\u2019entrevue avec le premier homme de France&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Lors du voyage du chef de l\u2019\u00e9tat dans le Gard, la m\u00e8re de Roussenq a rendu visite \u00e0 ce dernier. M. Doumergue lui a fait un large sourire et beaucoup de promesses. Mais pour la maman Roussenq ce sourire est une odieuse grimace&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Nuan\u00e7ons le propos du conseiller g\u00e9n\u00e9ral B\u00e9chard. La rencontre entre Madeleine Roussenq et Gaston Doumergue produit son effet et la proposition de gr\u00e2ce qui s\u2019ensuit est m\u00eame appuy\u00e9e avec force en Guyane par le gouverneur Chanel&nbsp;le 4 mai 1925&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Quand je suis arriv\u00e9 en Guyane, j\u2019ai trouv\u00e9 ce transport\u00e9 en \u00e9tat de compl\u00e8te abjection. Roussenq avait d\u00e9cid\u00e9 de ne plus quitter le cachot et commettait tous actes obligeant l\u2019Administration \u00e0 l\u2019y maintenir. Roussenq, est cependant intelligent&nbsp;; de plus, il correspond avec une m\u00e8re qu\u2019il aime et qui vit avec le d\u00e9sir de revoir son enfant. Je me suis attach\u00e9 \u00e0 retirer ce mis\u00e9rable de l\u2019orni\u00e8re dans laquelle il s\u2019enlisait de plus en plus&nbsp;; je l\u2019ai fait retirer du cachot, et depuis plus d\u2019une ann\u00e9e Roussenq n\u2019a pas encouru une seule punition. Il y a donc l\u00e0 une \u0153uvre \u00e0 faire et c\u2019est pourquoi Monsieur le Ministre, et bien que ce transport\u00e9 ne soit pas dans les conditions r\u00e9guli\u00e8res, j\u2019ai l\u2019honneur de le proposer pour une r\u00e9duction de peine et encourag\u00e9 je crois que Roussenq se rel\u00e8vera. Il me parait de mon devoir \u00e9troit de l\u2019y aider.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le 10 octobre 1925, un d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel offre une remise de cinq ans sur la peine initiale de vingt ann\u00e9es de travaux forc\u00e9s prononc\u00e9e par le conseil de guerre de Tunis en 1908. Insidieuse largesse qui prend bien s\u00fbr en consid\u00e9ration les condamnations donn\u00e9es par le TMS. L\u2019hypocrite calcul est alors vite fait&nbsp;: la lib\u00e9ration de Roussenq, pr\u00e9vue pour le 20 f\u00e9vrier 1936, devient donc envisageable le 20 f\u00e9vrier 1931<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> mais la mesure gracieuse ne change en revanche rien \u00e0 la p\u00e9riode de doublage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019\u00e0 partir de 1925 une porte vient de s\u2019entrouvrir autorisant un espoir, m\u00eame t\u00e9nu, de faire revenir L\u2019Inco. Il n\u2019en demeure pas moins non plus que ce premier r\u00e9sultat s\u2019inscrit dans le contexte d\u2019un mouvement social, \u00e0 Saint-Gilles-du-Gard, comme partout dans le Midi viticole, dont on a vu la pr\u00e9gnance dans le chapitre <em>Graine de bagne<\/em>. La pression militante peut alors se muer localement pour Paul Roussenq en comit\u00e9 de soutien.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019anarchie n\u2019a pas disparu, loin de l\u00e0, apr\u00e8s la Premi\u00e8re guerre mondiale mais elle est largement concurrenc\u00e9e par la mont\u00e9e en puissance du parti communiste. Ce dernier obtient vingt-six si\u00e8ges aux \u00e9lections l\u00e9gislatives des 11 et 25 mars 1924 qui voient la victoire du cartel des gauches. Si 9,82% des citoyens fran\u00e7ais se sont exprim\u00e9s pour lui, il d\u00e9passe largement les 10% dans le Gard<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Aimargues, les libertaires du <em>Groupe d\u2019\u00e9tudes sociales<\/em>, relanc\u00e9 en 1921 par les fr\u00e8res Joujou<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>, s\u2019affrontent r\u00e9guli\u00e8rement aux catholiques et aux royalistes dont est sympathisant le maire Augustin Pourreau<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>, et m\u00e8nent une r\u00e9elle activit\u00e9 de propagande<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>. Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1924, ils accueillent m\u00eame Germaine Berton dans la tourn\u00e9e de conf\u00e9rence qu\u2019elle entreprend apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9e le 23 d\u00e9cembre pr\u00e9c\u00e9dent de l\u2019assassinat de Marius Plateau, le secr\u00e9taire de la Ligue d\u2019Action Fran\u00e7aise<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>. En 1926, le groupe affili\u00e9 \u00e0 l\u2019Union Anarchiste (UA), et sa structure r\u00e9gionale l\u2019Alliance Libre des Anarchistes de la R\u00e9gion Midi (ALARM), peut revendiquer une cinquantaine de membres, pour la plupart des ouvriers agricoles, dont une vingtaine seraient \u00e0 surveiller tout particuli\u00e8rement<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. Parmi eux, les compagnons Crosti<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> et Lasgoute<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> ou encore le secr\u00e9taire du groupe anarchiste, Charles Lamaz\u00e8re<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>, et Paul Jourdan<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> qui \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1926 organise une fanfare jouant <em>L\u2019Internationale<\/em> et le <em>Drapeau Rouge <\/em>devant le conseil de r\u00e9vision de Vauvert<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\"><em><sup><strong><sup>[20]<\/sup><\/strong><\/sup><\/em><\/a>&nbsp;! Les compagnons se r\u00e9unissent le plus souvent dans la Salle du Peuple de l\u2019h\u00f4tel de ville ou bien dans le caf\u00e9 en face, pour y discuter gr\u00e8ve et syndicalisme r\u00e9volutionnaire dans cette terre de monoculture viticole accapar\u00e9e par quelques propri\u00e9taires fonciers, pour \u00e9voquer les \u00e9v\u00e8nements locaux ou nationaux, ou encore pour y affirmer son antimilitarisme et son pacifisme<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la commune d\u2019Aimargues demeure activement noire, le Gard se teinte de plus en plus de rouge. Le 6 f\u00e9vrier 1928 la f\u00e9d\u00e9ration Communiste organise un meeting de \u00ab&nbsp;propagande bolch\u00e9vique&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> \u00e0 la Halle d\u2019Aimargues o\u00f9 Andr\u00e9 Colomer, pass\u00e9 de l\u2019individualisme anarchiste \u00e0 l\u2019anarchosyndicalisme et de plus en plus regardant vers le communisme<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>, vient narrer son r\u00e9cent voyage en URSS. Le public est venu nombreux. Deux cents personnes environ sont issues d\u2019Aimargues&nbsp;; trois cents autres arrivent des communes environnantes&nbsp;et m\u00eame de plus loin encore. La tension est palpable entre anarchistes et communistes, les premiers reprochant aux seconds la r\u00e9pression brutale du mouvement libertaire dans la Russie sovi\u00e9tique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ainsi qu\u2019il fallait s\u2019y attendre, l\u2019orateur a \u00e9t\u00e9 conspu\u00e9 par les militants libertaires d\u2019Aimargues, Jourdan Paul, Dumas Robert<a id=\"_ftnref24\" href=\"#_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>, etc\u2026 et aussi par le propagandiste anarchiste ind\u00e9pendant Ghislin<a id=\"_ftnref25\" href=\"#_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>, venu tout expr\u00e8s de Montpellier.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref26\" href=\"#_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, et nonobstant d\u2019irr\u00e9versibles fractures nationales et internationales, les deux actifs mouvements parviennent localement et r\u00e9gionalement \u00e0 s\u2019entendre sur le m\u00eame mot d\u2019ordre lorsqu\u2019il s\u2019agit de mettre en pratique l\u2019id\u00e9ologie de lutte des classes et d\u2019organiser, par exemple, d\u2019actives et \u00e2pres gr\u00e8ves chez les ouvriers agricoles, comme celles de janvier et mai 1926 \u00e0 Aimargues ou de Saint-Laurent-d\u2019Aigouze deux ans plus tard<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Saint-Gilles-du-Gard-3-1024x667.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5495\" width=\"294\" height=\"191\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Saint-Gilles-du-Gard-3-1024x667.jpg 1024w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Saint-Gilles-du-Gard-3-300x196.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Saint-Gilles-du-Gard-3-768x500.jpg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Saint-Gilles-du-Gard-3-1536x1001.jpg 1536w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Roussenq-Saint-Gilles-du-Gard-3.jpg 1625w\" sizes=\"(max-width: 294px) 100vw, 294px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Saint-Gilles-du-Gard se trouve \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019Est\u00a0; le mouvement social y est tout aussi pr\u00e9gnant. L\u2019agitation est men\u00e9e notamment par Joanin Malbos adh\u00e9rent au Comit\u00e9 de la III<sup>e<\/sup> Internationale depuis 1919<a id=\"_ftnref28\" href=\"#_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>. Il milite au sein de la cellule communiste de la commune. Son secr\u00e9taire, Alexandre Renon<a id=\"_ftnref29\" href=\"#_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>, peut compter sur une vingtaine de membres actifs en 1926. Joanin Malbos est un ami d\u2019enfance de Paul Roussenq. Il est, avec le menuisier Louis Perruchon<a id=\"_ftnref30\" href=\"#_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>, un des artisans du comit\u00e9 de soutien qui vient de se former dans la cit\u00e9 d\u2019environ 5.900 habitants et dont le tr\u00e8s droitier quotidien <em>Paris-Soir<\/em> dresse un portrait pour le moins ambigu en 1937\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Mais son cas \u00e9tait tr\u00e8s connu, trop connu. Un comit\u00e9 s\u2019\u00e9tait form\u00e9 \u00e0 Saint-Gilles, en 1926, qui avait bient\u00f4t d\u00e9pass\u00e9 le cadre de la petite localit\u00e9. Sa cause \u00e9tait trop belle, trop d\u00e9fendable pour ne pas \u00e9mouvoir les masses. Un comit\u00e9 politique s\u2019infiltra dans ce qui n\u2019\u00e9tait, au d\u00e9but, qu\u2019un magnifique \u00e9lan de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et fit de Roussenq un objet de propagande. Sa mis\u00e8re pass\u00e9e n\u2019eut plus qu\u2019un int\u00e9r\u00eat lointain.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019allusion d\u00e9pr\u00e9ciative aux man\u0153uvres du Secours Rouge International s\u2019inscrit bien \u00e9videmment dans le contexte de l\u2019opposition au Front Populaire. Pour autant, l\u2019article de Georges Salonic, qui \u00e9vite de mentionner l\u2019implication des anarchistes et de la Ligue des Droits de l\u2019Homme, sugg\u00e8re par \u00ab&nbsp;le magnifique \u00e9lan de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9&nbsp;\u00bb l\u2019actif travail du groupe saint-gillois apportant aide et conseils \u00e0 Madeleine Roussenq peu de temps apr\u00e8s son entrevue avec le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Nous ne savons avec pr\u00e9cision ni les membres ni les conditions de formation de ce comit\u00e9 qui apparait pour la premi\u00e8re fois dans les lettres du bagnard \u00e0 sa m\u00e8re le 5 f\u00e9vrier 1928<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>. \u00c0 cette date, les amis saint-gillois paraissent avoir d\u00e9j\u00e0 activ\u00e9 aux moins deux leviers hexagonaux, l\u2019action de la vieille Ligue des Droits de l\u2019Homme pr\u00e9c\u00e9dant de peu celle du tout jeune Secours Rouge International.<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9\u00e9e \u00e0 la suite de l\u2019affaire Dreyfus le 4 juin 1898 par le s\u00e9nateur girondin Ludovic Trarieux, la LDH entend d\u00e9fendre les droits individuels, politiques, \u00e9conomiques et sociaux.&nbsp; Bien que ralli\u00e9e \u00e0 l\u2019Union Sacr\u00e9e en 1914, cela ne l\u2019emp\u00eache pas de mener d\u2019actives campagnes pour la r\u00e9habilitation des fusill\u00e9s pour l\u2019exemple d\u00e8s 1916 et de prendre la d\u00e9fense des victimes d\u2019un militarisme estim\u00e9 excessif apr\u00e8s le conflit mondial. S\u2019investissant aussi dans la question coloniale et disposant d\u2019un imposant service juridique, la Ligue connait son apog\u00e9e sous la pr\u00e9sidence du socialiste Victor Basch (1926-1944) avec environ 180.000 adh\u00e9rents en 1933<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le 5 mai 1923 que <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> annonce la mise en place \u00e0 l\u2019initiative de la CGTU. et du Parti communiste d\u2019un Comit\u00e9 de Secours Rouge un peu plus de quatre mois apr\u00e8s la cr\u00e9ation \u00e0 Moscou sous l\u2019\u00e9gide du Komintern<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> d\u2019une Soci\u00e9t\u00e9 Internationale d\u2019aide aux travailleurs (ou <em>MOPR<\/em>). Le Secours Rouge International, con\u00e7u comme une version communiste de la Croix Rouge d\u2019Henri Dunan, entend alors apporter son \u00ab&nbsp;aide \u00e0 tous les camarades emprisonn\u00e9s, frapp\u00e9s pour leur action r\u00e9volutionnaire et laissant des familles dans l\u2019embarras par suite de la perte de leur libert\u00e9 et de leurs moyens d\u2019existence.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a>&nbsp; Rassemblant d\u2019abord des organisations et des associations affili\u00e9es au parti communiste, le SRI s\u2019ouvre aux adh\u00e9sions individuelles lors de son congr\u00e8s constitutif en mai 1925 et se dote d\u2019un journal de propagande <em>La D\u00e9fense<\/em> <a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a>dont le premier num\u00e9ro sort le 3 d\u00e9cembre 1927. \u00c0 cette date, le SRI peut revendiquer environ 40.000 membres et d\u2019actives sections dans le Gard dont celles de Beaucaire \u2026 et de Saint-Gilles<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, c\u2019est \u00e0 la LDH que Madeleine Roussenq sollicite l\u2019appui en juillet 1927 avant qu\u2019une p\u00e9tition lanc\u00e9e par Joanin Malbos ne r\u00e9unisse environ 520 signatures dans le bourg o\u00f9 r\u00e9side la m\u00e8re du bagnard<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a>. La protestation adress\u00e9e \u00e0 Paul Painlev\u00e9, Ministre de la guerre et accessoirement membre de la LDH, a-t-elle suscit\u00e9e une r\u00e9action de l\u2019Elys\u00e9e&nbsp;? Gaston Doumergue promet d\u2019examiner le dossier de L\u2019Inco le 21 novembre et, les semaines passant, Jacques Duclos, d\u00e9put\u00e9 communiste de la Seine<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>, interpelle en vain le ministre socialiste ind\u00e9pendant \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e nationale<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\"><sup>[40]<\/sup><\/a> le 14 d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019attente d\u2019une r\u00e9ponse de la LDH a suscit\u00e9 l\u2019ouverture du comit\u00e9 saint-gillois vers le SRI, il apparait d\u00e9sormais que le cas Roussenq d\u00e9borde largement de son cadre local et que son instrumentalisation par les communistes, le transformant en une esp\u00e8ce d\u2019ic\u00f4ne de l\u2019oppression capitaliste, s\u2019accompagne de tensions avec tous ceux qui de pr\u00e8s ou de loin participent \u00e0 l\u2019\u00e9lan de solidarit\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Mais sous l\u2019impulsion du S.R.I., la protestation ouvri\u00e8re montait, des listes de p\u00e9tition que nous lancions se couvraient de plusieurs centaines de milliers de signatures. Des manifestations se d\u00e9roulaient \u00e0 Saint-Gilles et dans diverses villes de France. La bourgeoisie allait devoir reculer. H\u00e9las\u00a0! notre action, si elle trouva de la part des organisateurs r\u00e9volutionnaires, du parti communiste en particulier, et m\u00eame de membres et de sections de la Ligue des Droits de l\u2019Homme, devait se heurter aux man\u0153uvres combin\u00e9es du gouvernement et des chefs ligueurs tels que le fameux Basch qui l\u2019entrav\u00e8rent par tous les plus honteux moyens.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref41\" href=\"#_ftn41\"><sup>[41]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-La-Defense-1933.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5528\" width=\"372\" height=\"108\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-La-Defense-1933.jpg 964w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-La-Defense-1933-300x88.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-La-Defense-1933-768x225.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 372px) 100vw, 372px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>La campagne du SRI d\u00e9bute au mois d\u2019octobre 1928. Elle est pr\u00e9par\u00e9e d\u00e8s le mois de juillet depuis Beaucaire par Gabriel Cartier, tr\u00e9sorier de la cellule communiste de son village<a id=\"_ftnref42\" href=\"#_ftn42\"><sup>[42]<\/sup><\/a>, et depuis Saint-Gilles par Joanin Malbos. Le dossier, mont\u00e9 d\u2019abord avec les t\u00e9moignages des camarades saint-gilois, puis avec les lettres que Madeleine Roussenq re\u00e7oit de son fils, est soutenu par Emmanuel Layre<a id=\"_ftnref43\" href=\"#_ftn43\"><sup>[43]<\/sup><\/a>, actif militant communiste c\u00e9g\u00e9tiste d\u2019Al\u00e8s. \u00c0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt, M<sup>e<\/sup> Eyral, avocat du SRI \u00e0 N\u00eemes, signale au comit\u00e9 national \u00e0 Paris \u00ab\u00a0tout l\u2019int\u00e9r\u00eat que le S.R.I. a \u00e0 s\u2019occuper de l\u2019affaire Paul Roussenq.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref44\" href=\"#_ftn44\"><sup>[44]<\/sup><\/a> C\u2019est alors Robert Foissin, avocat du parti communiste et du SRI depuis 1923<a id=\"_ftnref45\" href=\"#_ftn45\"><sup>[45]<\/sup><\/a> qui, nationalement, prend en charge le cas du matricule 37664 trait\u00e9 avec toute la rigueur du centralisme bureaucratique et l&rsquo;aplomb de la dialectique marxiste-l\u00e9niniste.<\/p>\n\n\n\n<p>La campagne doit s\u2019organiser autour de trois th\u00e8mes&nbsp;: la mis\u00e8re de Madeleine Roussenq<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\"><sup>[46]<\/sup><\/a>&nbsp;; la \u00ab&nbsp;grandeur d\u2019\u00e2me&nbsp;\u00bb et la force \u00e9pistolaire du bagnard injustement frapp\u00e9 par les conseils de guerre<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\"><sup>[47]<\/sup><\/a>&nbsp;; les mensonges d\u2019Albert Londres, qui a popularis\u00e9 L\u2019Inco en donnant l\u2019image d\u2019un demi fou se mutilant ou simulant la tuberculose pour sortir des cachots<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\"><sup>[48]<\/sup><\/a>, et la vil\u00e9nie de cette \u00ab&nbsp;garce&nbsp;\u00bb de Ligue des Droits de l\u2019Homme dont il convient de relever le parti-pris, la lenteur et l\u2019inefficacit\u00e9 des d\u00e9marches<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\"><sup>[49]<\/sup><\/a>. Le SRI peut d\u2019ailleurs s\u2019appuyer sur les lettres que re\u00e7oit Madeleine Roussenq de son fils et en particulier sur celle du 19 ao\u00fbt 1928, toute empreinte de jalousie, dans laquelle le matricule 37664 loue l\u2019action de Joanin Malbos tout en se plaignant de d\u00e9marches qui tra\u00eenent en longueur l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres de ses compagnons d\u2019infortune, comme Jacob et Dieudonn\u00e9, estim\u00e9s plus connus et disposant de solide r\u00e9seaux, sont libres de leurs mouvements en m\u00e9tropole depuis belle lurette&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je ne saurais trop remercier mon ami Johanin Malbos de son d\u00e9vouement ind\u00e9fectible \u00e0 notre cause. Par la plume et par la parole, il a travaill\u00e9 les pouvoirs publics et l\u2019opinion, et s\u2019il n\u2019en r\u00e9sulte rien, c\u2019est qu\u2019alors nous nous trouverons en pr\u00e9sence d\u2019un v\u00e9ritable parti-pris. Quoi qu\u2019il en soit, je n\u2019en resterai pas moins reconnaissant \u00e0 mes amis de leurs louables efforts, qui ont \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re limite des possibilit\u00e9s. Quant \u00e0 moi, ces longs d\u00e9lais ne me disent rien qui vaille.<\/p>\n\n\n\n<p>Si j\u2019avais fait partie de la bande \u00e0 Bonnot, ou bien si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 l\u2019auteur bien connu de cambriolages retentissants, on n\u2019aurait pas tant de difficult\u00e9s<a id=\"_ftnref50\" href=\"#_ftn50\"><sup>[50]<\/sup><\/a>. Seulement, je n\u2019ai eu \u00e0 mon actif qu\u2019une petite flamb\u00e9e de hardes militaires, et alors ce n\u2019est pas int\u00e9ressant. Enfin, on verra bien.\u00a0\u00bb<a id=\"_ftnref51\" href=\"#_ftn51\"><sup>[51]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-LHumanite-28-septembre-1928-1024x211.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5529\" width=\"361\" height=\"74\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-LHumanite-28-septembre-1928-1024x211.jpg 1024w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-LHumanite-28-septembre-1928-300x62.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-LHumanite-28-septembre-1928-768x158.jpg 768w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-LHumanite-28-septembre-1928-1536x316.jpg 1536w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Manchette-LHumanite-28-septembre-1928-2048x422.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 361px) 100vw, 361px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> a pris le relais du <em>Travailleur du Languedoc<\/em> qui parait dans le Gard depuis 1925 et offre de r\u00e9guli\u00e8res tribunes aux sections locales du SRI. Si sept articles mentionnant Roussenq paraissent \u00e0 partir de septembre 1928, l\u2019augmentation du nombre de papiers en sa faveur les ann\u00e9es qui suivent r\u00e9v\u00e8le que la sensibilisation de l\u2019opinion publique sur un cas devenu embl\u00e9matique fonctionne. Le 28 septembre l\u2019article \u00ab\u00a0\u00c0 bas les conseils de guerre \u2013 Pour quarante francs, un soldat souffre au bagne depuis 20 ans !\u00a0\u00bb fait donc conna\u00eetre aux lecteurs communistes l\u2019existence de Paul Roussenq. Son jeune auteur, Raoul Courtois<a id=\"_ftnref52\" href=\"#_ftn52\"><sup>[52]<\/sup><\/a>, entr\u00e9 \u00e0 <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> en 1924 et charg\u00e9 des rubriques militaires l\u2019ann\u00e9e suivante \u00e0 la place de Jacques Doriot<a id=\"_ftnref53\" href=\"#_ftn53\"><sup>[53]<\/sup><\/a>, tire \u00e0 boulet rouge sur Doumergue, Painlev\u00e9 \u2026 et la LDH\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Dans le pays natal de Roussenq, un comit\u00e9 s\u2019est form\u00e9 pour sa lib\u00e9ration. Une p\u00e9tition couverte par 600 signatures fut adress\u00e9e \u00e0 Painlev\u00e9, ministre de l\u2019arm\u00e9e, membre de la Ligue des Droits de l\u2019Homme. L\u2019homme n\u2019a pas r\u00e9pondu. Gastounet, celui qui sourit toujours, a promis par une lettre dat\u00e9e du 21 novembre 1927 d\u2019examiner personnellement le dossier. Ce dernier doit \u00eatre des plus volumineux, car on n\u2019entend plus parler de cette affirmation. Le 14 d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e Painlev\u00e9 a promis \u00e0 notre camarade Jacques Duclos, d\u00e9put\u00e9 de la Seine, d\u2019examiner sans retard le cas Roussenq. Depuis, plus de nouvelles. La Ligue des Droits de l\u2019Homme est m\u00eame intervenue. Elle se fit envoyer tous les renseignements utiles par la m\u00e8re de Roussenq. Celle-ci, au bout de quelques mois, \u00e9crivit pour savoir ce que devenait l\u2019affaire de son fils. Elle re\u00e7ut alors cette lettre, sign\u00e9e par le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Ligue&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Madame Roussenq peut-elle nous dire \u00e0 quelle date approximative le dossier de son fils nous a \u00e9t\u00e9 transmis&nbsp;? Nous ne retrouvons rien \u00e0 ce nom dans nos archives.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019en pensez-vous camarades&nbsp;? (\u2026) La bourgeoisie n\u2019ouvre jamais de bon gr\u00e9 les portes de ses ge\u00f4les. Et si, d\u2019aventure, elle l\u00e2che un malheureux, c\u2019est pour en saisir dix nouveaux. La lib\u00e9ration de Roussenq, et de toutes les autres victimes des conseils de guerre, d\u00e9pend seulement de la classe ouvri\u00e8re.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn54\" id=\"_ftnref54\"><sup>[54]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Raoul Courtois souligne une lenteur d\u2019autant plus volontaire des d\u00e9marches de la LDH que celle-ci aurait \u00e9gar\u00e9 le dossier envoy\u00e9 par Madeleine Roussenq. Le Secours Rouge s\u2019institue ainsi comme la seule et l\u00e9gitime organisation pouvant s\u2019occuper du bagnard. La Ligue n\u2019a pourtant de cesse de fournir \u2013 au moins jusqu\u2019en 1933 \u2013 une chronologie des actions entreprises pour infirmer le propos communiste accusateur. La lettre de Madeleine Roussenq aurait donc \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue le 29 juillet 1927. Apr\u00e8s examen de Goudchaux Brunschvicg<a href=\"#_ftn55\" id=\"_ftnref55\"><sup>[55]<\/sup><\/a>, avocat \u00e0 la cour d\u2019appel de Paris et membre du service juridique de la LDH, des renseignements compl\u00e9mentaires sont demand\u00e9s \u00e0 la m\u00e8re du bagnard le 16 ao\u00fbt. Une d\u00e9marche, pr\u00e9par\u00e9e en f\u00e9vrier 1928, est effectu\u00e9e le 10 mars&nbsp;; la Ligue re\u00e7oit une r\u00e9ponse le 22 mars ainsi qu\u2019une lettre de Madeleine Roussenq demandant des nouvelles deux jours plus tard alors que le dossier de son fils avait \u00e9t\u00e9 sorti des archives pour pouvoir l\u2019aviser de la r\u00e9ponse re\u00e7ue. La lettre de la LDH du 29 mars sollicitant \u00e0 Madeleine Roussenq la date d\u2019envoi du dossier r\u00e9sulte donc d\u2019une confusion chronologique des services de la Ligue. \u00ab&nbsp;L\u2019incident du dossier perdu&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn56\" id=\"_ftnref56\"><sup>[56]<\/sup><\/a> semble clos pour elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 8 ao\u00fbt 1928 la demande de recours en gr\u00e2ce porte ses fruits, Gaston Doumergue accordant une remise d\u2019un an sur la peine de vingt ans de travaux forc\u00e9s<a href=\"#_ftn57\" id=\"_ftnref57\"><sup>[57]<\/sup><\/a>. La lib\u00e9ration de Roussenq, initialement pr\u00e9vue le 24 juin 1931, passe donc au 24 juin 1930. Madeleine Roussenq est avis\u00e9e de la mesure gracieuse le 19 septembre 1928<a href=\"#_ftn58\" id=\"_ftnref58\"><sup>[58]<\/sup><\/a>. Le SRI ne manque pas, bien s\u00fbr, de remarquer l\u2019\u00e9cart entre la date du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel et l\u2019annonce faite \u00e0 la m\u00e8re du bagnard, et de souligner qu\u2019une remise d\u2019un an ne change rien au probl\u00e8me puisque, comme le titre <em>L\u2019humanit\u00e9<\/em> le 9 octobre 1928&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le soldat Roussenq malgr\u00e9 les promesses faites \u00e0 sa famille finira ses jours au bagne&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn59\" id=\"_ftnref59\"><sup>[59]<\/sup><\/a> en vertu de l\u2019article 6 de la loi de 1854 instituant le doublage de la peine et la r\u00e9sidence perp\u00e9tuelle quand celle-ci d\u00e9passe huit ann\u00e9es de travaux forc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La campagne du SRI peut ainsi commencer dans le Gard. Appuy\u00e9e par la presse communiste, elle constitue un premier palier permettant de passer \u00e0 l\u2019\u00e9chelon hexagonal si elle est couronn\u00e9e de succ\u00e8s. Les conf\u00e9rences succ\u00e8dent au meetings et aux soir\u00e9es familiales. \u00c0 Saint-Gilles, elles se tiennent le plus souvent au <em>caf\u00e9 des Alli\u00e9s<\/em> ou au <em>cin\u00e9ma Femina<a href=\"#_ftn60\" id=\"_ftnref60\"><sup><strong><sup>[60]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em>. D\u2019autres sont organis\u00e9es \u00e0 N\u00eemes, \u00e0 Beaucaire, \u00e0 Al\u00e8s\u2026 Les \u00e9lections cantonales ont lieu le dimanche 14 octobre 1928 et&nbsp;, \u00e0 Saint-Gilles, le conseiller r\u00e9gional sortant Fran\u00e7ois Griffeuille, socialiste ind\u00e9pendant et maire de la commune depuis 1919, est \u00e9lu d\u00e8s le premier tour devant L\u00e9on Sylvestre de la SFIO et Paul Roussenq qui recueille 101 voix des 1055 suffrages exprim\u00e9s. La candidature dite d\u2019amnistie du parti communiste, \u00e0 laquelle les socialistes locaux ont refus\u00e9 de participer, est donc avec 9,57% des voix un succ\u00e8s appel\u00e9 \u00e0 se r\u00e9p\u00e9ter<a href=\"#_ftn61\" id=\"_ftnref61\"><sup>[61]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 4 novembre, \u00e0 l\u2019initiative des \u00e9lus communistes Valat<a href=\"#_ftn62\" id=\"_ftnref62\"><sup>[62]<\/sup><\/a>, B\u00e9chard et Chapon<a href=\"#_ftn63\" id=\"_ftnref63\"><sup>[63]<\/sup><\/a>, le conseil g\u00e9n\u00e9ral du Gard r\u00e9clame le retour de Roussenq \u00e0 sa grande majorit\u00e9 estimant \u00ab&nbsp;que la peine inflig\u00e9e (\u2026) par la juridiction du conseil de guerre est odieuse pour une pareille peccadille&nbsp;\u00bb et \u00e9mettant \u00ab&nbsp;le v\u0153u que Roussenq soit imm\u00e9diatement remis en libert\u00e9 et remis \u00e0 sa vieille m\u00e8re \u00e0 Saint-Gilles.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn64\" id=\"_ftnref64\"><sup>[64]<\/sup><\/a> Le 20 novembre, <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> affirme encore que \u00ab&nbsp;Le bagnard Paul Roussencq doit rentrer en France&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn65\" id=\"_ftnref65\"><sup>[65]<\/sup><\/a>&nbsp;; l\u2019article de Raoul Courtois s\u2019appuyant paradoxalement sur le t\u00e9moignage si d\u00e9cri\u00e9 d\u2019Albert Londres pour d\u00e9crire l\u2019\u00e9tat cadav\u00e9rique du for\u00e7at qui avalerait des crachats de tuberculeux pour pouvoir \u00eatre hospitalis\u00e9 et sortir des cachots de la r\u00e9clusion. La lettre de soutien que Madeleine Roussenq re\u00e7oit de l\u2019ancien gouverneur Chanel le 22 octobre 1926<a href=\"#_ftn66\" id=\"_ftnref66\"><sup>[66]<\/sup><\/a> finit alors d\u2019appuyer le papier du journal communiste.<\/p>\n\n\n\n<p>La protestation du conseil g\u00e9n\u00e9ral du Gard est-elle remont\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e&nbsp;? Toujours est-il que <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> ne manque pas, au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre, de relever avec effroi \u00ab&nbsp;l\u2019infame com\u00e9die&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn67\" id=\"_ftnref67\"><sup>[67]<\/sup><\/a> de Gaston Doumergue dont le secr\u00e9tariat a envoy\u00e9 \u00e0 Madeleine Roussenq une fin de non-recevoir sur une nouvelle demande de recours en gr\u00e2ce, la derni\u00e8re mesure gracieuse datant de moins de six mois. Le pr\u00e9texte est alors tout trouv\u00e9 pour organiser un \u00e9v\u00e8nement qui doit marquer les esprits le 23 d\u00e9cembre 1928&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;\u00c0 Saint-Gilles-du-Gard 1.500 travailleurs protestent contre la r\u00e9pression<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 Et r\u00e9clament la lib\u00e9ration de Paul Roussencq<\/p>\n\n\n\n<p>Sur appel des organisations r\u00e9volutionnaires, plus de 1.500 travailleurs assistaient, dimanche 23 d\u00e9cembre, \u00e0 la grande d\u00e9monstration organis\u00e9e par le S.R.I. pour protester contre la r\u00e9pression capitaliste, contre le maintien au bagne de Paul Roussenq (\u2026). Le meeting eut lieu au Femina Th\u00e9\u00e2tre, devant une salle comble, sous la pr\u00e9sidence d\u2019honneur de tous les emprisonn\u00e9s et la pr\u00e9sidence effective du tr\u00e9sorier d\u00e9partemental du S.R.I., qu\u2019assistait la m\u00e8re du malheureux bagnard, la vieille maman Roussenq. La foule vibrant d\u2019enthousiasme a longuement acclam\u00e9 nos orateurs&nbsp;: le camarade Bernard, ancien d\u00e9put\u00e9, pour le S.R.I., et Victor Arrighi pour le parti communiste. Apr\u00e8s le meeting, un imposant cort\u00e8ge, \u00e0 la t\u00eate duquel flottaient une quinzaine de drapeaux rouges, d\u00e9fila dans les rues de Saint-Gilles, au chant de L\u2019Internationale, dont le refrain \u00e9tait repris en ch\u0153ur par des centaines d\u2019ouvriers agricoles qui \u00e9taient venus de tous les villages environnants.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn68\" id=\"_ftnref68\"><sup>[68]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La manifestation s\u2019arr\u00eate symboliquement devant la maison de Madeleine Roussenq et se conclut par une collecte rapportant quelques 823 francs dont on ne sait si l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 lui fut remise. Mais d\u00e8s le mois de janvier 1929, le SRI lui alloue une somme de 100 francs par mois. Nous pouvons ainsi consid\u00e9rer qu\u2019un tournant a \u00e9t\u00e9 franchi et que le cas Roussenq devient national pour le parti communiste. Le SRI participe m\u00eame, le 21 novembre 1928 \u00e0 la salle la Bellevilloise dans le XX<sup>e<\/sup> arrondissement de Paris, \u00e0 un \u00ab&nbsp;grand d\u00e9bat sur le bagne&nbsp;sous la pr\u00e9sidence d\u2019\u00c9mile Rousset<a href=\"#_ftn69\" id=\"_ftnref69\"><sup>[69]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;en compagnie des anarchistes Besnard<a href=\"#_ftn70\" id=\"_ftnref70\"><sup>[70]<\/sup><\/a> de la CGT-SR et Lor\u00e9al du journal <em>l\u2019anarchie<a href=\"#_ftn71\" id=\"_ftnref71\"><sup><strong><sup>[71]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em>. Antoine Mesclon<a href=\"#_ftn72\" id=\"_ftnref72\"><sup>[72]<\/sup><\/a>, auteur de <em>Comment j\u2019ai subi quinze ans de bagne<\/em>, vient raconter sa douloureuse exp\u00e9rience tandis que \u00ab&nbsp;M<sup>e<\/sup> Foissin du Secours Rouge exposera l\u2019affaire Roussenq&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn73\" id=\"_ftnref73\"><sup>[73]<\/sup><\/a>. Nous ne savons pas s\u2019il y eut affluence mais l\u2019\u00e9v\u00e8nement montre que la participation conjointe des anarchistes et des communistes du SRI pourrait devenir front commun. Elle n\u2019est qu\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, les premiers monopolisant \u00e0 des fins de propagande l\u2019action en faveur du matricule 37664.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 3 mars 1929, le Comit\u00e9 D\u00e9partemental du Gard du SRI pose le principe d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation men\u00e9e par Layre, Vallat et Borgo aupr\u00e8s de Gaston Doumergue. La d\u00e9marche est annonc\u00e9e dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> le 17 avril mais la rencontre ne peut se faire, le pr\u00e9sident \u00e9tant retenu pour un conseil des ministres \u00e0 Rambouillet. Les trois d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s sont n\u00e9anmoins re\u00e7us par Mouthon, directeur des gr\u00e2ces peu au fait du dossier Roussenq qu\u2019il promet d\u2019\u00e9tudier&nbsp;! Le soir m\u00eame, \u00ab&nbsp;plusieurs centaines de travailleurs affirment leur volont\u00e9 d\u2019arracher Roussenq au bagne&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn74\" id=\"_ftnref74\"><sup>[74]<\/sup><\/a> apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 le camarade Layre faire son compte-rendu lors du meeting tenu \u00e0 la salle de la Grange aux Belles dans le X<sup>e<\/sup> arrondissement parisien. <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> minimise un demi-\u00e9chec. Ils ne sont que trois cents selon un rapport de police \u00e0 avoir entendu aussi Daniel Renoult, membre fondateur du parti communiste au congr\u00e8s de Tours en 1920 et \u00ab qui exprime son regret de ne pas voir la salle comble \u00bb<a href=\"#_ftn75\" id=\"_ftnref75\"><sup>[75]<\/sup><\/a>, Robert Blache<a href=\"#_ftn76\" id=\"_ftnref76\"><sup>[76]<\/sup><\/a> secr\u00e9taire du SRI et le conseiller g\u00e9n\u00e9ral communiste du Gard Auguste B\u00e9chard<a href=\"#_ftn77\" id=\"_ftnref77\"><sup>[77]<\/sup><\/a>. La propagande en faveur de Roussenq ne baisse pas les bras pour autant et s\u2019intensifie m\u00eame en multipliant les r\u00e9unions, les meetings et les conf\u00e9rences dans tout l\u2019hexagone.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, la Ligue des Droits de L\u2019Homme a entrepris \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1928 ou au d\u00e9but de 1929 une nouvelle d\u00e9marche tandis que les anarchistes semblent s\u2019int\u00e9resser de plus en plus \u00e0 \u00ab&nbsp;L\u2019affaire Roussenq&nbsp;\u00bb. C\u2019est le titre de l\u2019article qu\u2019\u00e9crit l\u2019ancien cambrioleur et ancien bagnard Alexandre Jacob pour le num\u00e9ro 4 du journal <em>Le R\u00e9fractaire<a href=\"#_ftn78\" id=\"_ftnref78\"><sup><strong><sup>[78]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em> le 4 avril. La feuille est l\u2019organe de la Ligue internationale des R\u00e9fractaires \u00e0 toutes les guerres dans lequel nous pouvons trouver les signatures de S\u00e9bastien Faure, de Victor M\u00e9ric<a href=\"#_ftn79\" id=\"_ftnref79\"><sup>[79]<\/sup><\/a>, de Georges Pioch<a href=\"#_ftn80\" id=\"_ftnref80\"><sup>[80]<\/sup><\/a> ou encore de Julien Le Pen<a href=\"#_ftn81\" id=\"_ftnref81\"><sup>[81]<\/sup><\/a>. Nanti d\u2019un savoir presque universitaire dans le domaine de la justice criminelle, Jacob n\u2019a de cesse depuis sa lib\u00e9ration le 30 d\u00e9cembre 1927 de r\u00e9v\u00e9ler le monstre bagne et d\u2019apporter son soutien \u00e0 ses anciens camarades d\u2019infortune<a href=\"#_ftn82\" id=\"_ftnref82\"><sup>[82]<\/sup><\/a>. C\u2019est lui qui s\u2019occupe de faire publier le <em>M\u00e9decin au bagne<\/em> de son ami Louis Rousseau en 1930<a href=\"#_ftn83\" id=\"_ftnref83\"><sup>[83]<\/sup><\/a>. C\u2019est encore lui qui participe \u00e0 des conf\u00e9rences en 1929 \u00e0 Paris sur ce qu\u2019il a pu subir en Guyane<a href=\"#_ftn84\" id=\"_ftnref84\"><sup>[84]<\/sup><\/a>. C\u2019est enfin lui qui r\u00e9clame le retour en m\u00e9tropole d\u2019un \u00ab&nbsp;homme-cloporte \u00bb, \u00ab&nbsp;injustement, iniquement condamn\u00e9 \u00bb, \u00ab&nbsp;aupr\u00e8s de sa vieille m\u00e8re qui ne vit que de cet espoir.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn85\" id=\"_ftnref85\"><sup>[85]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire Roussenq, pour militante qu\u2019elle soit, d\u00e9borde vite dans le contexte de critique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du bagne \u00e0 la suite des articles d\u2019Albert Londres, sur l\u2019ensemble des m\u00e9dias hexagonaux. Elle r\u00e9unit, il est vrai, tous les ingr\u00e9dients d\u2019une facile et populaire dramaturgie que l\u2019on lit ordinairement dans les romans feuilletons &nbsp;: un homme frapp\u00e9 du sceau de l\u2019infamie et expiant son crime si l\u00e9ger dans le bas-fond des bas-fonds&nbsp;\u00e0 plus de sept mille kilom\u00e8tres de chez lui ; une femme \u2013 sa m\u00e8re-courage de plus de soixante-dix ans \u2013 qui l\u2019attend&nbsp;; de la souffrance, de l\u2019exotisme, de l\u2019aventure, de la r\u00e9volte mais aussi de la droiture.&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Detective-17-janvier-1929.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5530\" width=\"167\" height=\"247\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Detective-17-janvier-1929.jpg 356w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Detective-17-janvier-1929-203x300.jpg 203w\" sizes=\"(max-width: 167px) 100vw, 167px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Mais l\u2019histoire de Roussenq est vraie et le tout nouveau magazine <em>D\u00e9tective<a id=\"_ftnref86\" href=\"#_ftn86\"><sup><strong><sup>[86]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em> ne manque pas de s\u2019y int\u00e9resser \u00e0 son tour. La revue organise, depuis son num\u00e9ro 7 en date du 13 d\u00e9cembre 1928, un \u00ab\u00a0Grand R\u00e9f\u00e9rendum \u2013 Concours\u00a0\u00bb. <em>Le grand hebdomadaire des faits divers<\/em> soumet \u00e0 son lectorat une liste de dix for\u00e7ats dont la triste destin\u00e9e et le dossier sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s dans les num\u00e9ros suivants. Aux lecteurs ensuite de r\u00e9pondre \u00e0 la question\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Si vous aviez le droit de gr\u00e2ce, auquel entre ces dix for\u00e7ats l\u2019octroyeriez-vous\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb<sup> <a id=\"_ftnref87\" href=\"#_ftn87\"><sup>[87]<\/sup><\/a><\/sup>. Roussenq fait partie des heureux \u00e9lus, pr\u00e9tendant au couronnement du bon bagnard. L\u2019ancien gouverneur de la Guyane, Jean Charles Chanel, prend m\u00eame fait et cause pour L\u2019Inco dans les colonnes du num\u00e9ro 12 de <em>D\u00e9tective<\/em>. Il souhaite son retour en France\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Roussenq peut \u00eatre graci\u00e9. Lourdement, il a pay\u00e9 une erreur de jeunesse, et son treillis br\u00fbl\u00e9, et sa violence et ses fautes contre les r\u00e8glements du bagne. Sa vieille m\u00e8re esp\u00e8re toujours\u00a0: elle l\u2019attend. Roussenq \u00e0 nouveau sera un homme. Il me l\u2019a promis et, malgr\u00e9 mes trois ans de Guyane, je crois encore \u00e0 la parole des mis\u00e9rables qui savaient et qui pouvaient encore me regarder en face lorsque je leur parlais d\u2019honneur.\u00a0\u00bb<sup> <a id=\"_ftnref88\" href=\"#_ftn88\"><sup>[88]<\/sup><\/a><\/sup><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Detective-4-avril-1929.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5531\" width=\"158\" height=\"238\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Detective-4-avril-1929.jpg 357w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Detective-4-avril-1929-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 158px) 100vw, 158px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le 4 avril et seize num\u00e9ros plus tard, l\u2019hebdomadaire annonce Paul Roussenq vainqueur devant Paul Vial<a id=\"_ftnref89\" href=\"#_ftn89\"><sup>[89]<\/sup><\/a> et Guillaume Seznec<a id=\"_ftnref90\" href=\"#_ftn90\"><sup>[90]<\/sup><\/a>. La man\u0153uvre journalistique, bien que largement d\u00e9cri\u00e9 par les moscoutaires du SRI, touche\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tel est l\u2019homme que la majorit\u00e9 de nos lecteurs a jug\u00e9 digne d\u2019obtenir la gr\u00e2ce, de rentrer en France, d\u2019\u00eatre rendu \u00e0 sa vieille m\u00e8re, d\u2019\u00eatre fid\u00e8le au serment qu\u2019il a fait&nbsp;: redevenir un homme. Tel est l\u2019homme dont nos lecteurs nous ont donn\u00e9 l\u2019imp\u00e9rieuse mission de r\u00e9clamer la libert\u00e9.&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn91\" id=\"_ftnref91\"><sup>[91]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La man\u0153uvre journalistique amplifie aussi l\u2019action politique de l\u2019association communiste en sa faveur. La man\u0153uvre journalistique impacte enfin la demande de gr\u00e2ce faite par la Ligue des Droits de l\u2019Homme. Le 9 janvier 1929, le ministre de la guerre demande son avis \u00e0 son coll\u00e8gue des colonies sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019une cl\u00e9mence pour Roussenq qui fait l\u2019objet d\u2019un recours en gr\u00e2ce<a href=\"#_ftn92\" id=\"_ftnref92\"><sup>[92]<\/sup><\/a>. Le 12 janvier, le gouverneur Siadous re\u00e7oit une demande de renseignement du minist\u00e8re des colonies et r\u00e9pond le 19 mars que Roussenq&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;n\u2019est encore que 3<sup>e<\/sup> classe, il ne se trouve donc pas dans les conditions r\u00e9glementaires fix\u00e9es \u00e0 l\u2019article 4 du d\u00e9cret du 18 septembre 1925 pour \u00eatre l\u2019objet d\u2019une proposition de mesure gracieuse de la part de l\u2019administration p\u00e9nitentiaire&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn93\" id=\"_ftnref93\"><sup>[93]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019avis du gouverneur n\u2019est pas pris en compte. Le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel du 6 ao\u00fbt 1929 confirme l\u2019hypoth\u00e8se que la campagne men\u00e9e par le SRI est, bien malgr\u00e9 elle, venue appuyer la requ\u00eate de la LDH&nbsp;: Roussenq est libre. Le 27 ao\u00fbt le ministre des colonies accuse r\u00e9ception de la lettre du ministre de la guerre lui annon\u00e7ant la gr\u00e2ce de Roussenq et signale la notifier pas voie a\u00e9ropostale au gouverneur de la Guyane<a href=\"#_ftn94\" id=\"_ftnref94\"><sup>[94]<\/sup><\/a> qui la re\u00e7oit le 24 septembre. La missive est transmise au directeur de l\u2019AP qui, de Saint-Laurent-du-Maroni, exp\u00e9die aux \u00eeles du Salut l\u2019ordre de lib\u00e9ration par t\u00e9l\u00e9gramme. Le 30 septembre \u00e0 seize heures, le surveillant militaire de 3<sup>e<\/sup> classe Nicola\u00ef \u00e9tablit le proc\u00e8s-verbal de notification de la mesure de cl\u00e9mence. Le papier est contresign\u00e9 par Paul Roussenq, d\u00e9sormais for\u00e7at de 4<sup>e<\/sup> cat\u00e9gorie , 1<sup>e<\/sup> section, matricule 16185<a href=\"#_ftn95\" id=\"_ftnref95\"><sup>[95]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Bernard Jacques Victorin Siadous (1879-1967) est gouverneur de la Guyane de 1929 \u00e0 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> AN, Fonds Moscou, 19940472\/ article 291\/ dossier 26154 : Roussenq Paul 1933-1940.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Le Parti communiste est issu de la scission op\u00e9r\u00e9e au congr\u00e8s de Tours (25-30 d\u00e9cembre 1920) \u00e0 la suite de l\u2019\u00e9pineuse question de l\u2019affiliation ou non \u00e0 la III<sup>e<\/sup> internationale. La Section Fran\u00e7aise de l\u2019Internationale Communiste ainsi cr\u00e9\u00e9e devient Parti Communiste l\u2019ann\u00e9e suivante, abr\u00e9g\u00e9 en PC-SFIC jusqu\u2019en 1943.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> ANOM, H1523.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Magdelaine P\u00e9louzet, Veuve Roussenq, est n\u00e9e en 1854. Le pr\u00e9nom apparait aussi sous la forme de \u00ab&nbsp;Madeleine&nbsp;\u00bb dans les divers articles et pi\u00e8ces administratives que nous avons pu consulter.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Ouvrier agricole, n\u00e9 \u00e0 Anduze en 1883, il adh\u00e8re \u00e0 la SFIO en 1905 puis au parti communiste en 1924. Elu maire de L\u00e9dignan en 1925, il est conseiller g\u00e9n\u00e9ral du Gard depuis 1913. DMA, notice B\u00e9chard Auguste.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> AN, Fonds Moscou, 19940472\/ article 291\/ dossier 26154 : Roussenq Paul 1933-1940.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> ANOM, H1523. Rapport du gouverneur de la Guyane au ministre des Colonies, 4 mai 1925.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> ANOM, H1523. Rapport du gouverneur de la Guyane au ministre des Colonies, 26 janvier 1926.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Il faut attendre 1936 pour que le PCF obtienne deux si\u00e8ges dans le d\u00e9partement&nbsp;; Auguste B\u00e9chard et Fernand Valat deviennent alors d\u00e9put\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Jean et \u00c9tienne Joujou ont \u00e9t\u00e9 surtout actifs avant la premi\u00e8re guerre mondiale. Ils sont condamn\u00e9s avec \u00c9mile Jourdan le 6 novembre 1900, \u00e0 vingt jours de prison apr\u00e8s avoir d\u00e9fenestr\u00e9 les urnes lors des \u00e9lections municipales d\u2019Aimargues, le 6 mai de cette ann\u00e9e. \u00c9lu maire d\u2019Aimargues en 1908, Jean Joujou est suspendu par arr\u00eat\u00e9 pr\u00e9fectoral deux ans plus tard pour avoir refus\u00e9 de loger un escadron de gendarmerie venu s\u00e9curiser les lieux pendant une gr\u00e8ve des ouvriers viticoles. Si \u00c9tienne Joujou est qualifi\u00e9 d\u2019anarchiste \u00ab&nbsp;\u00e0 surveiller&nbsp;\u00bb par la police en 1923, son fr\u00e8re Jean quitte le groupe local trois ans plus tard. Il est m\u00eame ray\u00e9 en 1922 du carnet B du Gard le signalant depuis 1914 comme \u00ab&nbsp;antimilitariste dangereux&nbsp;\u00bb. <a>DMA, notice<\/a>s Joujou Jean et \u00c9tienne.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Maire de 1919 \u00e0 1926 et de 1933 \u00e0 1944.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> \u00ab&nbsp;En 1929, la famille Makhno descendit \u00e0 Aimargues (Gard), o\u00f9 le groupe anarchiste l\u2019avait invit\u00e9. Sa femme et sa fille rest\u00e8rent un an dans la ville, o\u00f9 Lucie fut scolaris\u00e9e. Puis Galina, exc\u00e9d\u00e9e par les contr\u00f4les quotidiens de la gendarmerie, pr\u00e9f\u00e9ra regagner la capitale.&nbsp;\u00bb DMA, notice MAKHNO Nestor&nbsp;; le r\u00e9volutionnaire anarchiste ukrainien dont l\u2019arm\u00e9e, la fameuse Makhnovtchina, mit en pi\u00e8ce l\u2019envahisseur allemand en 1917 avant d\u2019\u00eatre d\u00e9cim\u00e9e par l\u2019Arm\u00e9e Rouge de Trotsky, est en France depuis 1925.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> 22 janvier 1923 dans les locaux de l\u2019Action Fran\u00e7aise \u00e0 Paris. Sur le sujet voir, Fr\u00e9d\u00e9ric Lavignette, <em>Germaine Berton, une anarchiste passe \u00e0 l\u2019action<\/em>, L\u2019\u00c9chapp\u00e9e, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn15\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Pauline Cazalis, <em>L\u2019anarchisme entre lutte sociale et prise de pouvoir : Aimargues 1900-1951<\/em>, m\u00e9moire de ma\u00eetrise en histoire contemporaine, Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry \u2013 Montpellier III, septembre 2001, p.36.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> N\u00e9 le 11 juin 1877 \u00e0 Aimargues, Urban Ravel, dit Crosti, est responsable de la fanfare libertaire <em>L\u2019id\u00e9al<\/em> qui compte une cinquantaine de membres et qui anime bals et f\u00eates de la r\u00e9gion. DMA, notice Ravel Urban.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Laurent Lasgoute, 1893-1960, accueille chez lui Germaine Berton et l\u2019orateur anarchiste Jules Chazoff en 1924. Il est secr\u00e9taire du groupe local deux ans plus tard. <em>DMA<\/em>, notice Lasgoute Laurent.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> N\u00e9 en 1877, Charles Lamaz\u00e8res, ouvrier agricole, est aussi aide-comptable de la coop\u00e9rative locale de consommation <em>La Fourmi<\/em> mais il quitte le groupe anarchiste vers 1927. <em>DMA<\/em>, notice Lamaz\u00e8res Charles.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> Paul Jourdan, 1901-1979, est le fr\u00e8re de Jean Jourdan qui participe \u00e0 l\u2019accueil de Paul Roussenq en 1934 (voir chapitres \u00ab&nbsp;A working class hero is something to be&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;L\u2019ind\u00e9sirable Chemineau&nbsp;\u00bb). S\u2019il cesse de militer avant la 2<sup>e<\/sup> guerre mondiale, Il fut n\u00e9anmoins secr\u00e9taire du Comit\u00e9 de lib\u00e9ration d\u2019Aimargues en 1944, aux c\u00f4t\u00e9s de son fr\u00e8re . DMA, notice Jourdan Paul.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> AD Gard, 1M734, lettre du commissaire sp\u00e9cial au pr\u00e9fet du Gard, 11 janvier 1927. Cit\u00e9 dans Pauline Cazalis, <em>op. cit.<\/em>, p.41.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> Pauline Cazalis, op. cit., p.43.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> Pauline Cazalis, op. cit., p.44.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn23\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> Andr\u00e9 Colomer, 1886-1931, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9dacteur \u00e0 <em>l\u2019anarchie<\/em> puis, apr\u00e8s-guerre au <em>Libertaire<\/em> et \u00e0 la <em>Revue anarchiste<\/em>, animateur de l\u2019Union Anarchiste, donne son adh\u00e9sion au Parti communiste en 1927. Il est alors r\u00e9dacteur \u00e0 <em>L\u2019Appel des soviets<\/em> et secr\u00e9taire de l\u2019association Les Amis de l\u2019U.R.S.S. o\u00f9 il part vivre apr\u00e8s 1928. DMA, notice Colomer Andr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Robert Dumas, 1898-1985, et le beau-fr\u00e8re de Laurent Lasgoute. DMA, notice Dumas Robert.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> De son vrai nom Jean Jisla, Ren\u00e9 Ghislain, 1891-1934, adh\u00e8re en 1919 au mouvement anarchiste&nbsp;; il est un des principaux militants de l\u2019H\u00e9rault et est, en 1926, l\u2019un des organisateur \u00e0 N\u00eemes, du meeting de soutien \u00e0 Sacco et Vanzetti. Influenc\u00e9 par Andr\u00e9 Colomer, qu\u2019il conspue pourtant en 1928, il adh\u00e8re au parti communiste en 1932. <a>DMA, notice <\/a>Ghislain Ren\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> AD Gard, rapport du commissaire sp\u00e9cial de N\u00eemes au pr\u00e9fet du Gard, le 6 f\u00e9vrier 1928, cit\u00e9 dans Pauline Cazalis, <em>op. cit.<\/em>, p.44.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> Pauline Cazalis, op. cit., p.59.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> Ouvrier agricole, Joanin Malbos, 1887-1959, quitte le PCF en octobre 1936&nbsp;; il tente l\u2019ann\u00e9e suivante de monter \u00e0 Saint-Gilles-du-Gard un groupe anarcho-communiste. Son fr\u00e8re, C\u00e9sar Malbos (1893-1968), est en 1923 secr\u00e9taire de la F\u00e9d\u00e9ration Communiste du Gard. (DMA, notices Malbos Joanin et Malbos C\u00e9sar)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> DMA, notice RENON Alexandre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> Inscrit comme menuisier dans l\u2019annuaire de Saint-Gilles-du-Gard de 1925, Louis Perruchon ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 inscrit comme militant communiste. Il fait partie des amis d\u2019enfance de Paul Roussenq qui le qualifie de \u00ab&nbsp;camarade&nbsp;\u00bb dans ses courriers en date du 10 octobre et du 14 novembre 1927 et du 23 juin 1928. Le 5 mars 1928, Roussenq signale que Malbos et Perruchon \u00ab&nbsp;s\u2019occupent infatigablement en notre faveur.&nbsp;\u00bb (AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> Georges Salonic, article \u00ab&nbsp;Roussenq l\u2019Inco&nbsp;\u00bb dans <em>Paris-Soir<\/em>, 28 mars 1937.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Dans cette lettre et dans les sept autres que contient le dossier 309J1 du fonds Boiteau des AD de la Seine-Saint-Denis et qu\u2019il envoie \u00e0 sa m\u00e8re entre le 10 octobre 1927 et le 19 ao\u00fbt 1928, Paul Roussenq cite encore Louis Almayrac ainsi que les nomm\u00e9s Drivoux, Siboul, Clauzel, Durand-Richard,&nbsp; Chaumette et ses \u00ab&nbsp;camarades d\u2019enfance qu\u2019il serait trop long d\u2019\u00e9num\u00e9rer.&nbsp;\u00bb (lettre du 5 f\u00e9vrier 1928) Il dresse pourtant de m\u00e9moire le 19 ao\u00fbt 1928 une liste d\u2019une centaine de saint-gillois potentiellement susceptibles de rallier sa cause et qu\u2019il conclut en \u00e9crivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vive la libert\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> Soit la III<sup>e<\/sup> Internationale, structure institutionnelle du mouvement communiste cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Moscou le 2 mars 1919.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> Article \u00ab&nbsp;Le Secours rouge&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 5 mars 1923, p.5.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> D\u2019abord bimensuelle, la feuille devient hebdomadaire \u00e0 partir de 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> Lors du congr\u00e8s d\u2019Al\u00e8s du 3 mars 1929, le SRI pouvait s\u2019enorgueillir de 25 sections dans le Gard regroupant pr\u00e8s de 500 adh\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> Lettre de Gabriel Cartier du SRI Beaucaire, 31 ao\u00fbt 1928. Il est caustique de remarquer que le nombre de signatures passe \u00e0 600 dans les colonnes de L\u2019Humanit\u00e9 quand le quotidien communiste s\u2019empare de l\u2019affaire Roussenq. AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a> Militant \u00e0 l\u2019Association R\u00e9publicaine des Anciens Combattants (ARAC) et syndiqu\u00e9 \u00e0 la CGT, Jacques Duclos (1896-1975), adh\u00e8re au parti communiste d\u00e8s sa fondation en d\u00e9cembre 1920. Il est membre du Comit\u00e9 Central du parti depuis 1926 et d\u00e9put\u00e9 de la Seine depuis le 28 mars de cette ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 28 septembre 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a> Article \u00ab&nbsp;Notre action contre un crime des conseils de guerre&nbsp;\u00bb dans <em>La D\u00e9fense<\/em>, p.1, vendredi 6 janvier 1933.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a> DBMO, notice Cartier Gabriel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a> N\u00e9 en 1889, Emmanuel Layre, mineur, est en 1922 \u00e0 l\u2019origine de la fondation du syndicat des mineurs unitaires de Saint-Jean-de-Val\u00e9riscle et du syndicat des m\u00e9tallurgistes unitaires d\u2019Al\u00e8s. Militant communiste, il est \u00e9galement actif au sein du S.R.I. du Gard. DBMO, notice Emmanuel Layre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a> AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1, lettre du Service Juridique du SRI, 22 ao\u00fbt 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a> Robert Foissin (1896-1955) est m\u00eame depuis 1928 membre de la commission ex\u00e9cutive de la section fran\u00e7aise du SRI et du Comit\u00e9 national des Amis de l\u2019Union sovi\u00e9tique. Conseiller juridique de ce pays de 1930 \u00e0 1941, il tente aussi de n\u00e9gocier aupr\u00e8s des Allemands entr\u00e9s dans Paris la parution l\u00e9gale de <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1940, ce qui lui vaut son exclusion du Parti communiste. DBMO, notice Foissin Robert.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn46\" href=\"#_ftnref46\">[46]<\/a> AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1, lettre de Gabriel Cartier, 31 ao\u00fbt 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn47\" href=\"#_ftnref47\">[47]<\/a> AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1, lettre de Gabriel Cartier \u00e0 Robert Foissin, 26 novembre 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref49\" id=\"_ftn49\">[49]<\/a> AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1, lettre de Gabriel Cartier, 26 septembre 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref50\" id=\"_ftn50\">[50]<\/a> Roussenq exag\u00e8re en se laissant aller \u00e0 une \u00e9vidente jalousie. Anarchistes comme lui, Dieudonn\u00e9 et Jacob sont en revanche des vedettes \u00e0 leur arriv\u00e9e aux \u00eeles du Salut apr\u00e8s avoir d\u00e9fray\u00e9 la chronique judiciaire en m\u00e9tropole. De l\u00e0, l\u2019allusion \u00e0 la \u00ab&nbsp;petite flamb\u00e9e de hardes militaires&nbsp;\u00bb. Mais Alexandre Jacob est en France depuis 1925, il sort libre de la centrale de Fresnes le 31 d\u00e9cembre 1927 apr\u00e8s avoir pass\u00e9 plus de vingt-quatre ann\u00e9es de prison et de bagne d\u2019o\u00f9 il tente de s\u2019\u00e9vader plus d\u2019une dizaine de fois. C\u2019est par l\u2019entremise de sa m\u00e8re Marie Jacob que se cr\u00e9e un puissant r\u00e9seau de soutien allant d\u2019Albert Londres au s\u00e9nateur-maire de Cahors Anatole de Monzie en passant par le docteur Louis Rousseau et l\u2019avocat Andr\u00e9 Aron ou encore le journaliste Louis Roubaud. Rappelons encore que c\u2019est au Br\u00e9sil qu\u2019Albert Londres est all\u00e9 chercher l\u2019\u00e9vad\u00e9 Eug\u00e8ne Dieudonn\u00e9 apr\u00e8s avoir obtenu sa gr\u00e2ce en 1927.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref51\" id=\"_ftn51\">[51]<\/a> AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn52\" href=\"#_ftnref52\">[52]<\/a> Raoul Courtois est n\u00e9 en 1901. DBMO, notice Courtois Raoul.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref53\" id=\"_ftn53\">[53]<\/a> Jacques Doriot, 1898-1945, est un des membres imminent du parti communiste fran\u00e7ais avant son exclusion en 1934 et son \u00e9volution vers le fascisme (le Parti Populaire Fran\u00e7ais est cr\u00e9\u00e9 en 1936) et la collaboration. C\u2019est lui qui organise les Jeunesses Communistes en 1923 et fait de Saint-Denis un bastion rouge en 1931.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref54\" id=\"_ftn54\">[54]<\/a> Raoul Courtois, article \u00ab \u00c0 bas les conseils de guerre \u2013 Pour quarante francs, un soldat souffre au bagne depuis 20 ans ! \u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 28 septembre 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref55\" id=\"_ftn55\">[55]<\/a> N\u00e9 en 1874, il forme avec sa femme Betty Brunschvicg, de vingt ans sa cadette, un couple d\u2019avocats renomm\u00e9s du barreau de Paris. Militant socialiste et \u00e0 la LDH, Goudchaux Brunschvicg est aussi le fr\u00e8re du philosophe L\u00e9on Brunschvicg (1869-1944).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref56\" id=\"_ftn56\">[56]<\/a> La Contemporaine, F Delta Res 798-507, note sans date, \u00e9crite tr\u00e8s certainement en 1929 puisqu\u2019on trouve une allusion \u00e0 la lettre de Madeleine Roussenq dans <em>Les Cahiers des Droits de L\u2019Homme<\/em> en date du 30 novembre 1929 (p.700).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref57\" id=\"_ftn57\">[57]<\/a> ANOM, H1523.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref58\" id=\"_ftn58\">[58]<\/a> Article \u00ab Le soldat Roussenq malgr\u00e9 les promesses faites \u00e0 sa famille finira ses jours au bagne \u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 9 octobre 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref59\" id=\"_ftn59\">[59]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref60\" id=\"_ftn60\">[60]<\/a> Daniel Vidal, op. cit., p.20.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref61\" id=\"_ftn61\">[61]<\/a> <em>Le Petit Proven\u00e7al<\/em>, 15 octobre 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref62\" id=\"_ftn62\">[62]<\/a> Fernand Valat, 1886-1944, maire communiste d\u2019Ales depuis 1925, il est \u00e9lu conseiller g\u00e9n\u00e9ral du Gard en 1928. \u00c9lu d\u00e9put\u00e9 en 1936, il vote les pleins pouvoirs \u00e0 P\u00e9tain quatre ans plus tard apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le Parti communiste \u00e0 la suite de l\u2019accord germano-sovi\u00e9tique. Tr\u00e9sorier du Parti Ouvrier et Paysan Fran\u00e7ais il est fusill\u00e9 en 1944 pour collaboration. DBMO, notice Fernand Valat.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref63\" id=\"_ftn63\">[63]<\/a> Louis Chapon, 1879-1943, est communiste depuis la cr\u00e9ation du parti au congr\u00e8s de Tours. Conseiller g\u00e9n\u00e9ral du Gard depuis 1925 et conseiller municipal d\u2019Ales depuis 1929, il est maire de cette commune en 1936. DBMO, notice Chapon Louis.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref64\" id=\"_ftn64\">[64]<\/a> Article \u00abSur proposition communiste le conseil g\u00e9n\u00e9ral du Gard vote plusieurs v\u0153ux en faveur de l\u2019amnistie&nbsp;\u00bb dans&nbsp;<em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 5 novembre 1928, p.4.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref65\" id=\"_ftn65\">[65]<\/a> Article de Raoul Courtois dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 20 novembre 1928.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn66\" href=\"#_ftnref66\">[66]<\/a> \u00ab\u00a0Madame, Je viens de trouver, \u00e0 mon retour \u00e0 Paris, votre lettre du 9 octobre\u00a0: je m\u2019excuse donc d\u2019avoir autant tard\u00e9 \u00e0 vous r\u00e9pondre. Je vous remercie tout d\u2019abord des sentiments que vous voulez bien m\u2019exprimer\u00a0; je n\u2019ai fait que mon devoir en m\u2019adressant \u00e0 votre malheureux enfant\u00a0; et je continuerai \u00e0 m\u2019en occuper car je crois qu\u2019il peut reprendre sa place aupr\u00e8s de sa vieille maman. Je vous \u00e9crirai d\u00e8s que je saurai o\u00f9 en est son affaire. Veuillez agr\u00e9er Madame mes hommages respectueux.\u00a0\u00bb AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1, lettre de l\u2019ancien gouverneur Chanel, 22 octobre 1926.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref67\" id=\"_ftn67\">[67]<\/a> Raoul Courtois, article \u00ab&nbsp;Doumergue \u00e9crit \u00e0 la m\u00e8re du bagnard Paul Roussenq que son fils restera en Guyane&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 2 d\u00e9cembre 1928, p.2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref68\" id=\"_ftn68\">[68]<\/a> Article \u00ab&nbsp;\u00c0 Saint-Gilles-du-Gard 1500 travailleurs protestent contre la r\u00e9pression&nbsp;\u00bb dans <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 26 d\u00e9cembre 1928, p.3.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref69\" id=\"_ftn69\">[69]<\/a> \u00c9mile Rousset, 1883-1961, se rapproche de la mouvance anarchiste \u00e0 son retour des Bataillons d\u2019Afrique en 1912 apr\u00e8s l\u2019affaire Aernoult-Rousset (voir chapitre \u00ab&nbsp;Graine de bagne&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref70\" id=\"_ftn70\">[70]<\/a> Pierre Besnard, 1886-1947, fondateur en 1926 de la CGT-SR (syndicaliste r\u00e9volutionnaire) \u00e0 la suite d\u2019une scission avec la CGT-U contr\u00f4l\u00e9e par le parti communiste. DMA, notice Besnard Pierre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref71\" id=\"_ftn71\">[71]<\/a> Louis Raffin, dit Lor\u00e9al, 1894-1956, typographe, correcteur et chansonnier, animateur apr\u00e8s-guerre du journal cr\u00e9\u00e9 par Libertad en 1905 et repris en avril 1926 par Louis Louvet et Simonne Larchet, il \u00e9crit aussi dans Le Libertaire o\u00f9 il d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e d\u2019un pacifisme int\u00e9gral. DMA, notice Raffin Louis.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref72\" id=\"_ftn72\">[72]<\/a> Le 24 juillet 1904, Antoine Mesclon est condamn\u00e9 \u00e0 6 ans de travaux forc\u00e9s par la cour d\u2019assises de la Dr\u00f4me pour vol qualifi\u00e9 et tentative de meurtre&nbsp;; embarqu\u00e9 le 30 juin 1905, le matricule 34399 est lib\u00e9r\u00e9 le 12 mars 1910&nbsp;; il peut alors rentrer en France en 1920 apr\u00e8s avoir purg\u00e9 ses six ann\u00e9es de doublage (ANOM H1555 H4090\/b). Son livre publi\u00e9 \u00e0 compte d\u2019auteur une 1<sup>e<\/sup> fois en 1924 connait deux r\u00e9\u00e9ditions augment\u00e9es en 1926 et 1931. Il semble vivre de la vente de ses souvenirs et participe \u00e0 des causeries sur le bagne comme celle organis\u00e9e en 1929 salle Wagram \u00e0 Paris par Alexandre Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref73\" id=\"_ftn73\">[73]<\/a> AD Seine-Saint-Denis, Fonds Boiteau, 309J1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref74\" id=\"_ftn74\">[74]<\/a> <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 19 avril 1929, p.2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref75\" id=\"_ftn75\">[75]<\/a> AN, fonds Moscou, 19940472, article 291, dossier 26154, Roussenq, compte-rendu de la r\u00e9union du 17 avril 1929 \u00e0 La Grange aux Belles.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref76\" id=\"_ftn76\">[76]<\/a> Robert Blache, 1898-1944, adh\u00e8re au parti communiste en 1923. DBMO, notice Blache Robert.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn77\" href=\"#_ftnref77\">[77]<\/a> AN, fonds Moscou, 19940472, article 291, dossier 26154, Roussenq, compte-rendu de la r\u00e9union du 17 avril 1929 \u00e0 La Grange aux Belles.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref78\" id=\"_ftn78\">[78]<\/a> Le bulletin de la Ligue des r\u00e9fractaires \u00e0 toutes les guerres connait treize num\u00e9ros d\u2019octobre 1927 \u00e0 d\u00e9cembre 1932. Le titre est repris en 1974 par May Picqueray. D\u2019apr\u00e8s Ren\u00e9 Bianco, <em>R\u00e9pertoire des p\u00e9riodiques anarchistes de langue fran\u00e7aise : un si\u00e8cle de presse anarchiste d\u2019expression fran\u00e7aise, 1880-1983<\/em>, Aix-Marseille, 1987<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref79\" id=\"_ftn79\">[79]<\/a> Victor M\u00e9ric, 1873-1933, militant communiste de 1920 \u00e0 1923 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 proche des anarchistes individualistes avant-guerre, le journaliste et \u00e9crivain, pacifiste et antimilitariste, n\u2019en garde pas moins des amiti\u00e9s libertaires solides.&nbsp; DMA, notice M\u00e9ric Victor.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref80\" id=\"_ftn80\">[80]<\/a> Georges Pioch, 1873-1953, journaliste et homme de lettres, il fr\u00e9quente les anarchistes avant-guerre et collabore aussi bien au Libertaire qu\u2019\u00e0 Gil Blas&nbsp;; ralli\u00e9 \u00e0 l\u2019Union Sacr\u00e9e pendant la guerre, il retrouve assez vite ses opinions antimilitaristes et adh\u00e8re au parti communiste d\u00e8s sa cr\u00e9ation avant d\u2019en \u00eatre exclu en 1923. Pioch se consacre alors au journalisme et \u00e0 la propagande pacifiste. <a>DBMO, notice<\/a> Pioch Georges.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref81\" id=\"_ftn81\">[81]<\/a> Julien Le Pen, 1878-1945, participe en 1920 \u00e0 la fondation des Comit\u00e9s Syndicalistes R\u00e9volutionnaires qui sont exclus de la CGT l\u2019ann\u00e9e suivante. Apr\u00e8s avoir repr\u00e9sent\u00e9 la tendance anarcho-syndicaliste de la CGTU, il participe \u00e0 la fondation de la CGT-SR en 1926. Sur Pierre Besnard, voir Sylvain Boulouque, <em>&nbsp;Julien Le Pen, un lutteur syndicaliste et libertaire<\/em>, Atelier de Cr\u00e9ation Libertaire, 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref82\" id=\"_ftn82\">[82]<\/a> Alexandre Jacob, <em>L\u2019homme libre<\/em>, \u00c9ditions de La Pigne, 2022, pr\u00e9face Jean-Marc Delpech.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref83\" id=\"_ftn83\">[83]<\/a> Docteur Louis Rousseau, <em>op.cit.<\/em>, r\u00e9\u00e9dition Nada 2020, pr\u00e9face Jean-Marc Delpech et Philippe Collin.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref84\" id=\"_ftn84\">[84]<\/a> Alexandre Jacob, <em>op.cit.<\/em>, \u00c9ditions de La Pigne, 2022, pr\u00e9face Jean-Marc Delpech.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref85\" id=\"_ftn85\">[85]<\/a> Alexandre Jacob, article \u00ab&nbsp;Affaire Roussenq&nbsp;\u00bb dans <em>Le R\u00e9fractaire<\/em>, n\u00b04, avril 1929.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref86\" id=\"_ftn86\">[86]<\/a> 582 num\u00e9ros du magazine, de 1928 \u00e0 1940, sont consultables sur la biblioth\u00e8que du site internet de <em>Criminocorpus<\/em>&nbsp;: https:\/\/criminocorpus.org\/fr\/bibliotheque\/collections\/detective\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref87\" id=\"_ftn87\">[87]<\/a> <em>D\u00e9tective<\/em>, n\u00b07, 13 d\u00e9cembre 1928&nbsp;: \u00ab&nbsp;Voici les r\u00e9sultats de notre r\u00e9f\u00e9rendum \u2013 concours&nbsp;: 1<sup>er<\/sup> Roussenq, 2<sup>e<\/sup> Vial, 3<sup>e<\/sup> Seznec, 4<sup>e<\/sup> Le Guellec, 5<sup>e<\/sup> Blengino, 6<sup>e<\/sup> Ullmo, 7<sup>e<\/sup> Bougrat, 8<sup>e<\/sup> Amour Lakdar, 9<sup>e<\/sup> Duez, 10<sup>e<\/sup> Gruault&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref88\" id=\"_ftn88\">[88]<\/a> <em>D\u00e9tective<\/em>, n\u00b0 12, 17 janvier 1929<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref89\" id=\"_ftn89\">[89]<\/a> Voir chapitre \u00ab&nbsp;L\u2019archipel panoptique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref90\" id=\"_ftn90\">[90]<\/a> Les travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 le 4 novembre 1924 pour l\u2019assassin pr\u00e9sum\u00e9 du conseiller g\u00e9n\u00e9ral Qu\u00e9meneur. Guillaume Seznec, qui a toujours clam\u00e9 son innocence, est au bagne jusqu\u2019en 1947.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref91\" id=\"_ftn91\">[91]<\/a> <em>D\u00e9tective<\/em>, n\u00b023, 4 avril 1929.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref92\" id=\"_ftn92\">[92]<\/a> ANOM, H5259.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn93\" href=\"#_ftnref93\">[93]<\/a> ANOM, H1523.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref94\" id=\"_ftn94\">[94]<\/a> Ibid, accus\u00e9 de r\u00e9ception d\u2019avis de gr\u00e2ce, 27 ao\u00fbt 1929.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref95\" id=\"_ftn95\">[95]<\/a> ANOM, H5259.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 7 janvier 1930, le gouverneur Siadous[1] boucle son rapport sur la demande de remise de r\u00e9sidence du for\u00e7at lib\u00e9r\u00e9 m\u00b016.185. 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