{"id":512,"date":"2008-08-10T07:24:19","date_gmt":"2008-08-10T05:24:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=512"},"modified":"2020-04-26T08:47:22","modified_gmt":"2020-04-26T06:47:22","slug":"le-heros-du-jour","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/08\/le-heros-du-jour\/","title":{"rendered":"Le h\u00e9ros du jour"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anquier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-513\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anquier-218x300.jpg\" alt=\"le brigadier Anquier, h\u00e9ros de carte postale\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anquier-218x300.jpg 218w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anquier.jpg 480w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" \/><\/a>Le brigadier Anquier (et non Auquier) n\u2019a crois\u00e9 la route d\u2019Alexandre Jacob qu\u2019une seule fois. Et la rencontre fut br\u00e8ve. Elle fut violente et sanglante. Mortelle aussi. 22 avril 1903. Gare de Pont R\u00e9my. 6 heures du matin. Auquier et l\u2019agent Pruvost descendent du premier train. L\u2019appel t\u00e9l\u00e9phonique du sieur Leleu, la veille au soir, les a mis sur la piste des \u00ab\u00a0<em>voleurs d\u2019Abbeville<\/em>\u00a0\u00bb, ceux-l\u00e0 m\u00eame qui ont tent\u00e9 de cambrioler la demeure de Mme Tilloloy. Mais les trois hommes interpell\u00e9s ne se laissent pas faire.\u00a0Le revolver de F\u00e9lix Bour refroidit irr\u00e9m\u00e9diablement le coll\u00e8gue d\u2019Anquier qui n\u2019est que bless\u00e9 par les balles de Jacob Il est alors le seul survivant de ce que les indig\u00e8nes du cru nomment encore aujourd\u2019hui \u00ab<em>\u00a0l\u2019affaire d\u2019Abbeville<\/em>\u00a0\u00bb. La presse nationale parle elle du \u00ab\u00a0<em>drame de Pont R\u00e9my<\/em>\u00a0\u00bb.<!--more-->\u00a0Dans les deux cas, nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019une illustration probante d\u2019un sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 savamment entretenu \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et il appara\u00eet normal qu\u2019Anquier deviennent deux plus tard une sorte de h\u00e9ros du jour\u00a0 ayant accompli, selon les termes du pr\u00e9sident Wehekind de la cour d\u2019assises d\u2019Amiens le 14 mars 1905, un devoir social. Lui et feu son coll\u00e8gue Pruvost deviennt alors\u00a0des \u00ab\u00a0<em>victimes du devoir noblement tomb\u00e9s au champ d\u2019honneur dans l\u2019accomplissement de leur mission<\/em>\u00a0\u00bb pour <em>l&rsquo;Abbevillois<\/em> en date du 24 avril 1903, soit deux jours apr\u00e8s la fatale rencontre. Vu de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, comme Jacob l\u2019affirme ironiquement \u00e0 propos de l\u2019agent Couillot sur qui il avait tir\u00e9 \u00e0 Orl\u00e9ans en 1901, Anquier a bien m\u00e9rit\u00e9 de la patrie et du capital. Pour l\u2019ill\u00e9galiste, dont la version est corrobor\u00e9e par les deux autres textes qui suivent, le \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb Anquier n\u2019est ainsi qu\u2019un adversaire cette guerre sociale, de cette entreprise de d\u00e9molition publique et anarchiste qu\u2019il a entam\u00e9e avec les Travailleurs de la Nuit. Une guerre qui, le 22 mars 1905, l\u2019envoie au bagne.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\n<p class=\"MsoNormal\"><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-de-pont-remy.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-516\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-de-pont-remy-300x193.jpg\" alt=\"la gare de Pont R\u00e9my\" width=\"300\" height=\"193\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-de-pont-remy-300x193.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-de-pont-remy.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Alexandre Jacob<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Souvenirs d\u2019un r\u00e9volt\u00e9<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Dernier chapitre\u00a0: mon arrestation<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Au moment o\u00f9 je m&rsquo;approchai du guichet, deux hommes entr\u00e8rent pr\u00e9cipitamment. Soudain, sans aucune explication pr\u00e9alable, le brigadier Auquier (car c&rsquo;\u00e9tait lui, accom\u00adpagn\u00e9 de l\u2019agent Pruvost), d\u2019une voix glapissante qui, en toute autre circonstance, aurait illustr\u00e9 un acteur, s\u2019\u00e9cria :<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Les voila ! les voleurs de la place Saint-Pierre ! Les voila ! les voleurs de l&rsquo; \u00e9glise Saint -Jacques! Les voila! les voleurs de monsieur de La Rivi\u00e8re !<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Ces trois exclamations furent dites \u00e0 l&rsquo;affil\u00e9e, sans interruption. Je crois m\u00eame pouvoir ajouter sans respiration, car sa figure devint rouge comme un soubassement d\u2019abattoir. Vraiment! ce pauvre homme manquait de tact et de prudence ! Croyait-il nous clouer sur place avec des phrases? P\u00e9ca\u00efre !<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0\u00a0\u00a0 &#8211; A qui parlez-vous ? lui dis-je avec hauteur, en le regardant durement. Serait-ce \u00e0 nous, par hasard?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0\u00a0\u00a0 &#8211; Oui, oui, oui ; \u00e0 vous, oui, me dit-il presque en aboyant, tant il mit d\u2019acharnement dans sa r\u00e9ponse. Avancez par ici, ajouta-t-il en nous pr\u00e9c\u00e9dant dans le bureau du chef de gare. Nous allons nous expliquer.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">La soudainet\u00e9 de l&rsquo;attaque avait \u00e9t\u00e9 telle que nous nous trouv\u00e2mes tous trois dans le bureau sans savoir au juste comment et pourquoi nous y \u00e9tions venus. Mais, pour moi, cette surprise ne fut pas de longue dur\u00e9e. Avec la rapidit\u00e9 avec laquelle la pen\u00ads\u00e9e discerne les choses dans les moments critiques, je compris toute la gravite de notre situation et r\u00e9solus de tenter un grand coup. Deux moyens \u00e9taient \u00e0 ma port\u00e9e : la ruse et la violence. J\u2019essayai du premier avant d\u2019avoir recours \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Ecoutez, mon brave, dis-je \u00e0 Auquier d&rsquo;un air bonasse. Vous faites fausse route ; croyez-moi. Nous ne sommes pas des cambrioleurs, mais des contrebandiers. Or nous n\u2019avons pas de marchandises ; par cons\u00e9quent pas de flagrant d\u00e9lit &#8230; Aussi allez-vous nous faire le plaisir de nous laisser tranquilles, n&rsquo; est-ce pas ?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">II demeura ind\u00e9cis durant quelques secondes, puis :<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Nous allons vous fouiller. Nous verrons ensuite.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Et, voulant joindre le geste aux paroles, il fit mine de porter ses mains sur moi. Les paroles devenaient inutiles. II fallait passer aux actes. Je fis deux pas en arri\u00e8re, et le revolver d&rsquo;une main, le poignard de l\u2019autre, je m&rsquo;\u00e9criai :<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Laissez-nous passer, tonnerre de Dieu ! ou je fais feu.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Quoi ! des armes ! s&rsquo;\u00e9cri\u00e8rent avec terreur Pruvost et Auquier.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Oui, des armes. .. Et apr\u00e8s ?<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">A ces mots, la lutte commen\u00e7a. Elle dura peu, mais elle fut acharn\u00e9e. Brutalement, Pruvost se jeta sur P\u00e9lissard, en le saisissant par-derri\u00e8re, \u00a0\u00e0 bras-le-corps. Ainsi enlac\u00e9, P\u00e9lissard se trouvait dans une bien mauvaise posture; et quoiqu&rsquo;il soit dou\u00e9 d&rsquo;une assez grande force musculaire, il n&rsquo;aurait certainement pas eu le dessus si Bour ne fut venu \u00e0 son secours. Ce dernier, voyant le danger que courait son camarade, n&rsquo;h\u00e9sita pas \u00e0 faire feu sur l&rsquo;agent qui, atteint en plein coeur, l\u00e2cha P\u00e9lissard, et s&rsquo;affaissa \u00e0 terre, sur les genoux, en murmurant :<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Je suis mort !<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Aussit\u00f4t d\u00e9gag\u00e9, P\u00e9lissard montra la sup\u00e9riorit\u00e9 de ses jarrets en prenant la fuite, sans s\u2019occuper de ses compagnons.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Auquier, lui, s&rsquo;avan\u00e7a vers moi, en cherchant \u00e0 m&#8217;empoigner le bras afin de me d\u00e9s\u00adarmer ; mais je le fis l\u00e2cher aussit\u00f4t en le piquant \u00e0 la hanche gauche avec mon poi\u00adgnard. Au m\u00eame instant, Nacavant, Nacavant le garde s\u00e9maphore, le m\u00eame qui quelques minutes avant nous avait serr\u00e9 la main, voulant se montrer ce qu&rsquo;en langage civique on appelle un citoyen d\u00e9vou\u00e9, vint pr\u00eater main-forte aux agents. Entre sur le lieu de la sc\u00e8ne par la porte qui donne acc\u00e8s sur le quai de la voie, il me prit brutale\u00adment par-derri\u00e8re et m\u2019envoya bouler au fond de la pi\u00e8ce. La surprise de l&rsquo;attaque et la brutalit\u00e9 avec laquelle je fus pouss\u00e9 me firent \u00e9taler sur le plancher, de tout mon long. Naturellement je voulus me relever aussit\u00f4t; mais Auquier et Nacavant y mirent obsta\u00adcle. Ils se pr\u00e9cipit\u00e8rent furieusement sur moi : l&rsquo;un me tenant Ie bras gauche \u00e0 hauteur du poignet et m&rsquo;appuyant fortement ses genoux dans le dos afin de me maintenir courb\u00e9 en deux, les genoux \u00e0 terre ; l&rsquo;autre me tenant le bras droit en faisant tous ses efforts pour m&rsquo;arracher le revolver de la main. Ainsi tenu, ma position \u00e9tait des plus cri\u00adtiques. A un moment, le canon de mon arme se trouva braqu\u00e9 sur ma poitrine dans la r\u00e9gion du coeur. Et c&rsquo;est vraiment un miracle que le coup ne soit pas parti sous la pres\u00adsion des mouvements que les contractions nerveuses faisaient subir \u00e0 mes doigts. Pendant quelques secondes, je demeurai ainsi entre la vie et la mort. Heureusement pour moi, Bour vint me tirer d&#8217;embarras. D\u00e8s qu&rsquo;il eut d\u00e9gag\u00e9 P\u00e9lissard, il s&rsquo;avan\u00e7a dans le fond de la pi\u00e8ce, en mettant en joue Nacavant.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Gr\u00e2ce ! Gr\u00e2ce ! s\u2019\u00e9cria le citoyen d\u00e9vou\u00e9 avec terreur.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Puis, me l\u00e2chant aussit\u00f4t, il se r\u00e9fugia dans le cabinet du chef de gare. Un autre employ\u00e9 de la gare, Ruffier, l&rsquo;imita dans sa retraite. Bour, n&rsquo;apercevant plus P\u00e9lissard qu&rsquo;il venait de d\u00e9gager, prit \u00e0 son tour la fuite.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Je demeurai seul aux prises avec Auquier. A l&rsquo;instant pr\u00e9cis o\u00f9 Nacavant me l\u00e2cha, un coup de feu partit de mon revolver; il n&rsquo;atteignit personne. Au bruit de la d\u00e9tonation, soit qu&rsquo;il eut voulu s&rsquo;assurer s&rsquo;il \u00e9tait atteint, soit encore pour tout autre motif, Auquier me l\u00e2cha aussi. Mais avant que j\u2019eusse eu le temps de me lever compl\u00e8tement, il m\u2019em\u00adpoigna de nouveau. Rapidement, je lui fis un croc-en-jambe, et il tomba sur le plancher. Mais il me tenait si fortement qu&rsquo;il m&rsquo;entra\u00eena dans sa chute. Nous ne rest\u00e2mes pas longtemps \u00e0 terre. L\u2019un et l&rsquo;autre fumes lestement debout. Par un heureux hasard, il r\u00e9ussit \u00e0 me neutraliser les bras. Et ainsi aux prises, moi en me d\u00e9battant, lui en me tenant, nous nous dirige\u00e2mes vers la salle des pas perdus. En arrivant sur le seuil de la porte qui donne acc\u00e8s de cette salle dans celle o\u00f9 nous nous trouvions, Pruvost, qui \u00e9tait affal\u00e9 \u00e0 terre, nous barrant le passage pour ainsi dire, se leva brusquement sur ses genoux, comme mu par un puissant ressort et s&rsquo;accrocha d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 mes jambes. Sur le coup, je perdis l&rsquo;\u00e9quilibre et tombai \u00e0 la renverse, sur Pruvost, entra\u00eenant Auquier dans ma chute. Nous .roul\u00e2mes ainsi, accroch\u00e9 l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, formant une grappe humaine, jusque dans la salle des pas perdus.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Ignorant que Pruvost ne pouvait plus me nuire \u00e0 cause de la gravite de sa blessure, je lui portai plusieurs coups de poignard pour le faire l\u00e2cher. Puis, je tirai un coup de revolver sur Auquier, sans l&rsquo;atteindre ; par ricochet, la balle alla se loger dans l&rsquo;aine de Pruvost. Tout comme pour mon premier coup, le bruit de la d\u00e9tonation fit encore l\u00e2cher prise \u00e0 Auquier. Je me redressai vivement. Mais lui, toujours veinard, eut le temps de me ressaisir les poignets, en prenant soin de se tenir derri\u00e8re moi, comme une croix derri\u00e8re un christ. Sa position \u00e9tait des plus avantageuses ; et s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 plus vigoureux, il n&rsquo;est pas douteux qu&rsquo;il m&rsquo;eut emp\u00each\u00e9 de fuir. A ce moment, j&rsquo;ignorais que P\u00e9lissard et Bour eussent pris la fuite. En voyant le danger de ma position, je les appelai \u00e0 mon aide. Comme l&rsquo;on s&rsquo;en doute, mes appels demeur\u00e8rent vains.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Alors, me sachant seul, et me sentant perdu, pour ainsi dire, je rassemblai toutes mes forces et dans un supr\u00eame effort je me pr\u00e9cipitai en arri\u00e8re, aplatissant ainsi mon anta\u00adgoniste contre la cloison du cabinet du chef de gare. Les vitres, la boiserie et la cloison de briques en trembl\u00e8rent. Cette man\u0153uvre me r\u00e9ussit. II \u00e9tait temps! J&rsquo;\u00e9tais litt\u00e9ralement extenu\u00e9. Apres avoir l\u00e2ch\u00e9 un \u00abouf!\u00bb occasionn\u00e9 par la pression produite sur son ventre, le brigadier de police laissa aller mes bras. Presque aussit\u00f4t, comme s&rsquo;il eut regrett\u00e9 sa faiblesse, il fit mine de revenir sur moi. Sans lui laisser le temps d&rsquo;accomplir son intention, je le mis en joue avec mon revolver. Ce geste l\u2019arr\u00eata net. II se fit un bouclier de son bras, se couvrant ainsi la figure, attendant le coup. Je fis feu. II s&rsquo;affaissa en\u00a0 pirouettant sur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">D\u00e8s lors, je fus libre de mes mouvements. Imm\u00e9diatement j&rsquo;allai sur le seuil de la grande porte de la salle des pas perdus. J&rsquo;eus beau regarder \u00e0 droite, \u00e0 gauche, devant, derri\u00e8re, je n&rsquo;aper\u00e7us ni Bour, ni P\u00e9lissard. Le moment n&rsquo;\u00e9tant pas aux r\u00eaveries ni aux conjectures, je m\u2019empressai de quitter le th\u00e9\u00e2tre de la lutte.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\n<p class=\"MsoNormal\"><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy-3.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-514\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy-3-300x198.jpg\" alt=\"la gare de POnt R\u00e9my\" width=\"300\" height=\"198\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy-3-300x198.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy-3.jpg 848w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Amiens, 23 avril 1903<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Procureur g\u00e9n\u00e9ral R\u00e9gnault \u00e0 Garde des Sceaux<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le brigadier de police Auquier et l\u2019agent Pruvost se rendirent par chemin de fer \u00e0 Pont R\u00e9my o\u00f9 ils arriv\u00e8rent \u00e0 six heures du matin. A la gare, ils trouv\u00e8rent ces trois malfaiteurs se disposant \u00e0 prendre le train pour Boulogne.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les agents de police les firent entrer dans les bureaux du chef de gare pour les interroger. D\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019interrogatoire sur la tentative de vol commise \u00e0 Abbeville, l\u2019un des malfaiteurs prit la fuite, suivi par l\u2019agent Pruvost. Dans la salle des pas perdus, l\u2019agent Pruvost re\u00e7ut du fuyard deux coup de revolver dans l\u2019abdomen puis deux coups de poignard entre les \u00e9paules. La mort fut presque instantan\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les deux autres malfaiteurs, arm\u00e9s d\u2019un revolver et d\u2019un poignard, furent saisis par le brigadier Auquier et un employ\u00e9 de gare.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Dans la lutte, Auquier re\u00e7ut un coup de revolver dans l\u2019abdomen, qui produisit une blessure, puis deux coups de poignard, l\u2019un dans la r\u00e9gion du c\u0153ur et l\u2019autre au bras gauche. Aucune de ces blessures ne mit la victime en danger.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\n<p class=\"MsoNormal\"><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-518\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy1-300x187.jpg\" alt=\"la gare de Pont R\u00e9my\" width=\"300\" height=\"187\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy1-300x187.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy1.jpg 1020w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Dossier de presse \u00ab\u00a0la bande sinistre et leurs exploits\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Proc\u00e8s d\u2019Amiens<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>6<sup>e<\/sup> audience, 14 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Un mouvement se produit dans la salle quand huissier appelle le nom du brigadier \u00adAuquier.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong><em>Le drame de Pont Remy<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>D\u00e9position du brigadier Auquier<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le brigadier Auquier d\u00e9pose. Il va entrer dans tous les d\u00e9tails dont il se souvient, pr\u00e9ciser les circonstances du drame de Pont Remy et assigner \u00e0 chacun des acteurs, victimes et assassins, la place qu&rsquo;il occupa au cours de la courte lutte qui s&rsquo;engagea.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">II fut pr\u00e9venu par M. Leleu que des cambrioleurs avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la maison de Mme Tilloloy. Il t\u00e9l\u00e9phona au poste d\u2019octroi pour avoir des renseignements. On ne lui r\u00e9pondit pas. Il essaya de faire pr\u00e9venir la gendarmerie de Pont Remy mais ne le put.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le commissaire de service songea donc \u00e0 envoyer des agents \u00e0 Pont Remy o\u00f9 l&rsquo;on pensait que devaient s&rsquo;\u00eatre enfuis les trois cambrioleurs. Le brigadier Auquier demanda \u00e0 y aller avec son coll\u00e8gue Pruvost.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">A ce moment de sa d\u00e9position et \u00e0 ce nom prononc\u00e9, le brigadier Auquier, tr\u00e8s \u00e9mu s\u2019arr\u00eate. Des larmes perlent \u00e0 ses yeux.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Je vous demande pardon, dit-il. Un drame devait\u00a0se passer. Rien qu&rsquo;en y pensant<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le brigadier poursuit.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">II part avec Pruvost.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le brigadier Auquier explique qu&rsquo;\u00e0 sa descente du train il vint jeter un coup d&rsquo;\u0153il dans la salle des pas perdus de la gare et ne vit rien d&rsquo;anormal. Retour sur le quai ; nouveau regard inquisiteur dans la cour de la gare et sur la route par-dessus les barri\u00e8res.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les trois cambrioleurs arrivent \u00e0 la gare. Le brigadier Auquier les aper\u00e7oit par la porte d&rsquo;acc\u00e8s de la salle des pas perdus sur le quai. Il vient se dissimuler derri\u00e8re une des colonnes qui soutiennent la marquise de la gare et envoie au-devant d&rsquo;eux l&rsquo;agent qui est en civil, tan\u00addis que lui est en uniforme.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">D\u00e8s que Jacob, Bour et P\u00e9lissard sont pr\u00e8s du guichet des billets, le brigadier Auquier entre pr\u00e9cipitamment dans la salle des pas perdus et brusquement ouvre la porte de cette salle et celle de la distribution des billets.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Pardon, messieurs, fait-il, j&rsquo;ai quelques explications \u00e0 vous demander.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les cambrioleurs, avant qu&rsquo;ils aient eu le temps de se reconna\u00eetre, sont pouss\u00e9s par lui et l&rsquo;agent Pruvost dans la salle des billets. Alors commencent les explications.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les cambrioleurs se d\u00e9fendent d&rsquo;\u00eatre les auteurs du commencement du vol chez Mme Tilloloy. Ils disent qu&rsquo;ils sont de malheureux contrebandiers.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Voici le moment path\u00e9tique. II a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 aux cambrioleurs qu\u2019on va les fouiller. Ceux-ci sont sur une ligne partant de la fen\u00eatre qui donne sur la cour et aboutissant \u00e0 la porte qui donne acc\u00e8s sur le quai. Bour est pr\u00e8s de la fen\u00eatre ; il a en face de lui M. Nacavant. P\u00e9lissard est au milieu, le dos au guichet des billets ; il a en face de lui l&rsquo;agent Pruvost. Jacob est proche de la porte et pr\u00e8s de l&rsquo;autre porte par laquelle on p\u00e9n\u00e8tre dans la salle des pas perdus. M. Ruffier est derri\u00e8re ce dernier groupe, presque adoss\u00e9 \u00e0 un coffre-fort et pr\u00e8s de la porte qui donne acc\u00e8s dans le bureau du chef de gare.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">On va fouiller les cambrioleurs. Ceux-ci se d\u00e9fendent et cherchent \u00e0 se sauver. La lutte s\u2019engage.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">M. Nacavant renverse Bour qui sort un revolver.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">L\u2019agent Pruvost prend les deux bras arm\u00e9s, l&rsquo;un d&rsquo;un poignard, l&rsquo;autre d&rsquo;un revolver, de P\u00e9lissard et s&rsquo;efforce en se baissant, en se mettant presque \u00e0 genoux, \u00e0 courber celui-ci. Il y parvient presque, mais c&rsquo;est sa perte. Comme il lutte presque face \u00e0 face avec son adversaire, celui-ci ayant le bras droit baiss\u00e9, presse sur la g\u00e2chette de son arme, et la balle va atteindre le malheureux agent dans le flanc.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le brigadier Auquier a pris Jacob par derri\u00e8re. Il s&rsquo;efforce, au contraire, \u00e0 lever les bras de son adversaire et tente de le d\u00e9sarmer. Il re\u00e7oit un coup de poignard.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Aux coups de revolver tir\u00e9s, c&rsquo;est la panique. Les employ\u00e9s de la gare s&rsquo;enfuient. L\u00e2ch\u00e9, Bour parvient \u00e0 sortir en m\u00eame temps que P\u00e9lissard, suivi par l\u2019agent Pruvost. Celui-ci, sans l\u00e2cher prise, vient s\u2019abattre devant la bascule, face contre terre, l\u00e9g\u00e8rement sur le c\u00f4t\u00e9 gauche.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Jacob parvient \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;\u00e9treinte du brigadier Auquier et prend \u00e9galement la fuite. Il vient butter contre le corps de Pruvost, se retourne et d\u00e9charge son arme sur le brigadier qui l&rsquo;a rejoint. Le brigadier Auquier, atteint au ventre, rentre tout courb\u00e9, les jambes ayant fl\u00e9chi, dans la salle des billets.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">L\u2019agent Pruvost se tra\u00eene jusque sous le guichet des billets, o\u00f9 on ramasse son cadavre.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Les cambrioleurs ont fui, Bour et P\u00e9lissard ensemble, Jacob seul, dans des directions oppos\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le brigadier Auquier n&rsquo;a pu se rendre compte de qui L\u00e9onard Pruvost a re\u00e7u un coup de revolver. Il termine en pleurant sa d\u00e9position.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le pr\u00e9sident le f\u00e9licite chaleureusement des preuves de d\u00e9cision et de courage qu&rsquo;il a donn\u00e9es en cette circonstance. \u00ab Vous avez rempli, dit-il, un devoir social, et de vous et de votre camarade Pruvost, malheureuse victime, la ville d&rsquo;Abbeville peut \u00eatre fi\u00e8re.\u00bb On applaudit dans la salle. MM. Ruffier et Nacavant sont entendus sur la sc\u00e8ne meurtri\u00e8re de Pont Remy. M. Mas, cantonnier, a vu un des individus qui s&rsquo;enfuyait et qui lui dit: \u00abNe donnez pas mon signalement. Je suis poursuivi par la r\u00e9gie. \u00bb<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Arrive \u00e0 la gare de Pont R\u00e9my, il apprit que l&rsquo;individu qu&rsquo;il venait de voir avait particip\u00e9 \u00e0 un meurtre. M. le procureur le prit dans son automobile et ils partirent ensemble avec un brigadier de gendarmerie. Ils arr\u00eat\u00e8rent Jacob dans la journ\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">M. le docteur Douriez Henri, m\u00e9decin \u00e0 Abbeville, a \u00e9t\u00e9 commis par le parquet pour examiner le brigadier Auquier. II fait part aux jur\u00e9s des constatations qu&rsquo;il a faites. Il indique que la balle d\u00e9viant, la blessure ne fut heureusement pas grave.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\u00a0<a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-515\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gare-pont-remy-2-300x203.jpg\" alt=\"la gare de Pont R\u00e9my\" width=\"80\" height=\"58\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pont-remy-4.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-521\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pont-remy-4-300x244.jpg\" alt=\"gare de Pont R\u00e9my, les quais\" width=\"75\" height=\"58\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pont-remy-5.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-520\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pont-remy-5-300x197.jpg\" alt=\"en face de la gare de Pont R\u00e9my, l\\'auberge o\u00f9 se restaur\u00e8rent Bour, P\u00e9lissard et Jacob\" width=\"78\" height=\"56\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/labbevillois.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-548\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/labbevillois-300x78.jpg\" alt=\"manchette de L\\'Abbevillois\" width=\"271\" height=\"66\" \/><\/a>L\u2019Abbevillois<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>24 avril 1903<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Cambriolage et meurtre<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Une nuit tragique<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Les victimes<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Tout le monde appr\u00e9cie et estime \u00e0 Abbeville le brigadier Anquier qui fait partie de notre police municipale depuis 25 ans et s\u2019est toujours acquitt\u00e9 de sa mission avec le z\u00e8le le plus louable. Entrevoyant la possibilit\u00e9 de capturer enfin quelques-uns des bandits qui terrorisent en ce moment la r\u00e9gion, le brigadier estima qu\u2019il \u00e9tait de son devoir\u00a0 de se lancer imm\u00e9diatement \u00e0 leur poursuite et risqua ainsi sa vie.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Il re\u00e7ut un coup de couteau dans la cuisse et une balle dans le ventre qui ricocha heureusement sur une c\u00f4te ce qui l\u2019emp\u00eacha d\u2019\u00eatre mortelle. La premi\u00e8re blessure ne pr\u00e9sente pas de gravit\u00e9\u00a0; quant \u00e0 la balle, elle a pu \u00eatre extraite assez facilement par le docteur Delamotte.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">L\u2019\u00e9tat du brigadier Anquier, soign\u00e9 \u00e0 Pont R\u00e9my, en face de la gare, chez Monsieur Blondin, h\u00f4tel du chemin de fer, est aussi satisfaisant que possible.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Voici ses \u00e9tats de service\u00a0:<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Anquier Joseph Ir\u00e9n\u00e9e est n\u00e9 le 5 avril 1851 \u00e0 Ochancourt. Il fut nomm\u00e9 agent en 1877 et re\u00e7ut les galons de brigadier en 1895.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Monsieur Anquier est mari\u00e9 et p\u00e8re de deux enfants. On sait que Madame Anquier est concierge du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Le brigadier s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 distingu\u00e9 dans l\u2019arrestation difficile d\u2019un malfaiteur et avait obtenu pour ce fait une m\u00e9daille d\u2019honneur le 19 novembre 1889.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">L\u2019agent Pruvost L\u00e9onard Antoine D\u00e9sir\u00e9, n\u00e9 \u00e0 1859 \u00e0 Ramburelles, \u00e9tait agent depuis 1893. Courageux et z\u00e9l\u00e9, il avait su en ces dix ann\u00e9es se concilier la sympathie de la population et l\u2019estime de ses chefs. La mort du malheureux Pruvost inspire de vifs regrets \u00e0 ceux qui l\u2019ont connu.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Pruvost L\u00e9onard \u00e9tait mari\u00e9 mais n\u2019avait pas d\u2019enfant. Son corps a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 \u00e0 l\u2019H\u00f4tel Dieu o\u00f9 l\u2019autopsie a \u00e9t\u00e9 faite par le docteur Douriez.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Nous saluons avec un respect \u00e9mu ces victimes du devoir noblement tomb\u00e9s au champ d\u2019honneur dans l\u2019accomplissement de leur mission et nous pr\u00e9sentons aux familles l\u2019expression publique de la sympathie unanime.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">\n<p class=\"MsoNormal\">\n<p class=\"MsoNormal\">\n<p class=\"MsoNormal\">\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>Sources\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Archives de la Pr\u00e9fecture de police de Paris, EA\/89 : dossier de presse \u00ab\u00a0La bande sinistre et ses exploits\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Alexandre Jacob, Souvenirs d\u2019un r\u00e9volt\u00e9, fonds Jacoob, CIRA Marseille<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Archives Nationales, BB 18 2261A dossier 2069 A 03 : rapports quotidiens de l&rsquo;instruction de l&rsquo;affaire de la bande d&rsquo;Abbeville 1903-1905<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le brigadier Anquier (et non Auquier) n\u2019a crois\u00e9 la route d\u2019Alexandre Jacob qu\u2019une seule fois. 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