{"id":4784,"date":"2020-05-30T01:30:33","date_gmt":"2020-05-29T23:30:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=4784"},"modified":"2020-05-30T05:20:05","modified_gmt":"2020-05-30T03:20:05","slug":"pour-la-defense-des-criminels","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2020\/05\/pour-la-defense-des-criminels\/","title":{"rendered":"Pour la d\u00e9fense des criminels"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-4785 alignleft\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/L\u00c9re-Nouvelle-n34-mars-avril-1905-214x300.jpg\" alt=\"\" width=\"112\" height=\"157\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/L\u00c9re-Nouvelle-n34-mars-avril-1905-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/L\u00c9re-Nouvelle-n34-mars-avril-1905.jpg 369w\" sizes=\"(max-width: 112px) 100vw, 112px\" \/>C\u2019est avec le mensuel <em>L&rsquo;\u00c8re Nouvelle<\/em> qu\u2019Ernest \u2013 et pas Emile \u2013 Armand (1872-1962) \u00e9volue vers l\u2019individualisme anarchiste apr\u00e8s un bout de chemin \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e du Salut et du c\u00f4t\u00e9 des anarcho-chr\u00e9tiens. En mai 1901, le premier num\u00e9ro de ce journal, fond\u00e9e avec sa compagne Marie Kugel, affichait d\u2019ailleurs en manchette la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre la \u00ab\u00a0tribune libre du prol\u00e9tariat r\u00e9dig\u00e9e par des disciples du Christ\u00a0\u00bb. Mais, tr\u00e8s vite et \u00e0 force de fr\u00e9quenter les Causeries Populaires de la rue du Chevalier de La Barre \u00e0 Montmartre, il reprend \u00e0 son compte et d\u00e9veloppe les pr\u00e9ceptes de Libertad, l\u2019anarchie se vivant au pr\u00e9sent et dans l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9. En mars-avril 1905, la revue porte d\u00e9sormais en en-t\u00eate\u00a0: \u00ab\u00a0Le salut est en vous\u00a0; chacun selon ses forces, chacun selon ses moyens\u00a0\u00bb. L\u2019exergue peut ainsi aller jusqu\u2019\u00e0 justifier, si ce n\u2019est l\u00e9gitimer, le vol politique d\u2019un Alexandre Jacob jug\u00e9 et condamn\u00e9 au m\u00eame moment \u00e0 Amiens.<!--more--><\/p>\n<p>Les deux hommes se connaissent-ils \u00e0 ce moment\u00a0? La question peut se poser<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Armand est venu \u00e0 Amiens. A-t-il assist\u00e9 au proc\u00e8s des \u00ab\u00a0bandits d\u2019Abbeville\u00a0\u00bb\u00a0? Il y a fort \u00e0 parier que s\u2019il n\u2019a pu entrer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du palais de justice, il s\u2019est tout au moins entretenu avec les animateurs du journal <em>Germinal<\/em> qui, d\u00e8s sa cr\u00e9ation en d\u00e9cembre 1904, entretient une active et intense propagande libertaire en faveur des camarades ill\u00e9galistes emprisonn\u00e9s. Le journal anarchiste picard publie d\u2019ailleurs un long papier de Libertad, <em>Le plus voleur des deux<\/em>, dans son num\u00e9ro 11 en date du 19 au 23 mars. Pour celui de <em>L\u2019\u00c8re Nouvelle<\/em>, dat\u00e9 du m\u00eame mois, Armand dit son indignation vis-\u00e0-vis du sort r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 Jacques Sautarel compromis dans l\u2019affaire des \u00ab\u00a0bandits d\u2019Abbeville\u00a0\u00bb et pour lequel il avoue une sinc\u00e8re et franche amiti\u00e9.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est la d\u00e9claration <em>Pourquoi j\u2019ai cambriol\u00e9\u00a0?<\/em> qui retient son attention parce qu\u2019elle th\u00e9orise brillamment la reprise individuelle pratiqu\u00e9e par les Travailleurs de la Nuit. Et c\u2019est bien pour cela que le premier article de la feuille d\u00e9sormais individualiste prend \u00ab\u00a0la d\u00e9fense des criminels\u00a0\u00bb. Le po\u00e8te et \u00e9crivain socialiste anglais, Edward Carpenter (1844-1929), proche des milieux libertaires, fait alors du voleur une sorte de fer de lance r\u00e9volutionnaire agissant au nom de l\u2019\u00e9galit\u00e9, une esp\u00e8ce de justicier \u0153uvrant pour une meilleure r\u00e9partition sociale. La condamnation morale, politique et judiciaire de l\u2019acte d\u00e9lictueux, par la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente devient inefficiente puisqu\u2019elle est b\u00e2tie, construite et d\u00e9finie par ceux-l\u00e0 m\u00eame, les propri\u00e9taires, ceux qui dominent et exploitent et contre qui l\u2019honn\u00eate cambrioleur Jacob n\u2019a eu de cesse de mener une \u00ab\u00a0guerre sociale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-4787 alignleft\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Edward-Carpenter.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"236\" \/>L\u2019\u00c8re Nouvelle<\/strong><\/p>\n<p>N\u00b034, mars-avril 1905<\/p>\n<p><strong>Pour la d\u00e9fense des Criminels<\/strong> (p.49)<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident qu\u2019en g\u00e9n\u00e9ral nous qualifions un homme de \u00ab\u00a0criminel \u00bb non parce qu&rsquo;il a viol\u00e9 le code de la morale \u00e9ternelle \u2013 cela n&rsquo;existe pas \u2013 mais parce qu&rsquo;il transgresse le code en vigueur de son temps et encore cela d\u00e9pend-il grandement de l\u2019id\u00e9al de l\u2019\u00e9poque. Les Spartiates semblent avoir encourag\u00e9 le vol, par exemple, parce qu&rsquo;ils pensaient que l&rsquo;habitude du vol dans la communaut\u00e9 entretenait l\u2019habilet\u00e9 guerri\u00e8re ct d\u00e9courageait l\u2019accumulation de de richesse priv\u00e9e. Ils consid\u00e9raient cette derni\u00e8re connue un grand mal ; or, actuellement, on consid\u00e8re l\u2019accumulation des richesses priv\u00e9es comme le bien par excellence et c&rsquo;est le voleur qui est devenu le grand mal. Maie si nous concluons, comme les historiens actuels l&rsquo;enseignent, que la soci\u00e9t\u00e9 passe par un \u00e9tat interm\u00e9diaire de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e reliant le communisme du pass\u00e9 au communisme de l&rsquo;avenir, plus d\u00e9velopp\u00e9, plus conscient, le voleur (et naturellement le braconnier) nous appara\u00eet clairement comme le protestataire supr\u00eame contre un id\u00e9al passager dont le r\u00e8gne s\u2019affirme trop tyranniquement. Que serions-nous sans le voleur ? C\u2019est lui qui maintient ouverte la porte donnant acc\u00e8s \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e et, dans ce but, il est plus utile que maint orateur de r\u00e9union publique. C\u2019est lui qui fait s&rsquo;asseoir l&rsquo;inqui\u00e9tude en croupe de la Richesse, si bien que dans la suite des temps, le fardeau et les ennuis de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e deviendront tellement intol\u00e9rables que la soci\u00e9t\u00e9 s&rsquo;en d\u00e9barrassera en la rendant commune. Puissant comme est le m\u00e9canisme des lois, multiples comme sont les moyens par lesquels elle cherche \u00e0 an\u00e9antir le voleur, elle a manifestement \u00e9chou\u00e9 et elle \u00e9chouera de plus en plus. Le voleur triomphera. II obtiendra ce qu\u2019il souhaite mais (comme il en est d&rsquo;ordinaire dans la vie humaine) d&rsquo;une fa\u00e7on ct sous une forme tr\u00e8s diff\u00e9rentes de ce qu\u2019il attendait.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 en lui-m\u00eame, d\u2019ailleurs, le voleur ne saurait nous apparaitre comme moins <em>humain <\/em>que les membres des autres classes de la soci\u00e9t\u00e9. Les bandes de voleurs bien organis\u00e9es sont satur\u00e9es d\u2019un sentiment de communisme fort profond, et s&rsquo;ils repr\u00e9sentent ainsi une survivance des \u00e2ges primitifs, ils peuvent aussi \u00eatre regard\u00e9s comme les pr\u00e9curseurs des \u00e2ges meilleurs de l\u2019Avenir.<\/p>\n<p>Ils ont partout des camarades, des refuges toujours ouverts et ces moyens de fuir toujours mis \u00e0 leur disposition ; ils se montrent g\u00e9n\u00e9reux et m\u00eame prodigues vis \u00e0 vis des leurs. Et s&rsquo;ils consid\u00e8rent les riches comme des ennemis naturels, comme une proie incontestable (point de vue difficile \u00e0 contredire), nombre de voleurs sont anim\u00e9s de l&rsquo;esprit de Robin Hood \u2013 Robin des Bois \u2013 et se montrent r\u00e9ellement secourables pour les pauvres.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas besoin de citer ce fameux passage de Lecky o\u00f9 il d\u00e9montre comment la prostitu\u00e9e a, durant des si\u00e8cles de souffrances et de mauvaise renomm\u00e9e, subi les impr\u00e9cations et le m\u00e9pris de la soci\u00e9t\u00e9, alors que sa s\u0153ur \u00ab honn\u00eate femme\u00a0\u00bb \u2013 plus heureuse \u2013 puisse \u00e9prouver la joie du mariage pur. Dans un sens, si l\u2019union monogame, devint un id\u00e9al c\u2019est \u00e0 cause de la fl\u00e9trissure attach\u00e9e \u00e0 la femme libre ; si, cependant, comme beaucoup de personnes le croient, une certaine latitude dans les relations sexuelles est non seulement admissible mais encore d\u00e9sirable dans la suite des temps, il en ressort clairement que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la prostitu\u00e9e \u2013 la prostitu\u00e9e qui l&rsquo;a pay\u00e9 de la perle de sa r\u00e9putation et de sa d\u00e9gradation personnelle \u2013 qu&rsquo;une tradition, bonne en soi, s&rsquo;est maintenue, alors qu&rsquo;autrement, elle aurait p\u00e9ri, \u00e9touff\u00e9e par notre adoration fanatique du magnifique id\u00e9al du mariage exclusif. Il fut un temps dans l\u2019histoire o\u00f9 les prostitu\u00e9es (si le terme convient bien) ont \u00e9t\u00e9 glorifi\u00e9es, consacr\u00e9es an service des temples, honor\u00e9es par les hommes et par les dieux (les <em>hicrodoulo\u00ef<\/em> des grecs, les <em>kodeshoth<\/em> et <em>kodeshim<\/em> de la Bible etc.) Il fut un temps o\u00f9 elles furent pourchass\u00e9es et outrag\u00e9es. Il vieillira un temps, dans l\u2019avenir, o\u00f9 libres compagnes, lib\u00e9r\u00e9es r\u00e9ellement de la mal\u00e9diction du commercialisme moderne, respect\u00e9es, honor\u00e9es \u00e0 nouveau, la soci\u00e9t\u00e9 les accueillera et leur donnera une place semblable aux autres.<\/p>\n<p>Ainsi en est-il des autres cas. L\u2019\u00e9tude r\u00e9trospective de l&rsquo;histoire nous apprend que presque toutes les impulsions de la nature humaine ont, \u00e0 un moment ou \u00e0 l\u2019autre, \u00e9t\u00e9 tenues en estime et qu\u2019on leur a laiss\u00e9e libre-cours. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;homme en reconnut la valeur et la beaut\u00e9. De crainte qu&rsquo;une impulsion donn\u00e9e n&rsquo;exerce un empire tyrannique (ce qui est immanquable) un moment vient o\u00f9 on la d\u00e9tr\u00f4ne, puis o\u00f9 ou la m\u00e9prise et o\u00f9 ou la rejette compl\u00e8tement. En dernier ressort, l\u2019heure arrive o\u00f9 elle trouve son utilit\u00e9 parfaite parmi les hommes et prend place dans le concert des autres impulsions. Jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e8re de la civilisation (selon les \u00e9crivains qui se sont occup\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 primitive) les pre\u00admi\u00e8res tribus, bien que limit\u00e9es quant aux habitudes, \u00e9taient constitu\u00e9es de fa\u00e7on essentiellement d\u00e9mocratique. Rien ne s&rsquo;\u00e9tait produit qui put les rendre autres. Chacun des membres de ces groupements vivait avec les autres sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 absolue : personne n\u2019exer\u00e7ait sur autrui un pouvoir arbitraire ; la vie tribale dominait partout. Lorsque dans l&rsquo;avenir et sur un plan beaucoup plus \u00e9lev\u00e9, l&rsquo;heure de l\u2019av\u00e8nement de la D\u00e9mo\u00adcratie<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> v\u00e9ritable aura sonn\u00e9, si longtemps tenue en suj\u00e9tion reparaitra non seulement parmi les hommes mais dans un sens parmi toutes les passions et les qualit\u00e9s de l\u2019humanit\u00e9 : nul de ceux-l\u00e0, aucune de celles-ci ne pourra dominer les autres, tous et toutes auront \u00e0 se subordonner \u00e0 la vie supr\u00eame de l&rsquo;humanit\u00e9. Au lieu de deux chevaux, le char de l\u2019Homme en aura mille, mais ils seront sous le contr\u00f4le du charretier. En attendant, il n&rsquo;est pas extravagant de supposer que durant tout le temps que dure la p\u00e9riode civilis\u00e9e, les soi-disant criminels maintiennent la possibilit\u00e9 d\u2019un retour \u00e0 cet \u00e9tat de la soci\u00e9t\u00e9. Ils con\u00adservent, sous une \u00e9corce grossi\u00e8re et repoussante peut-\u00eatre, la semence d\u2019une vie qui se r\u00e9alisera dans l\u2019avenir ; par la suite. ils deviendront aussi n\u00e9cessaires \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, en feront part aussi int\u00e9gralement que ses membres les plus respect\u00e9s et les plus honor\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>La conclusion c&rsquo;est qu\u2019il faut \u00e9carter la \u00ab morale \u00bb comme code d\u2019action. Semblable code n\u2019existe pas, tout au moins, pour un usage permanent. Une \u00e9poque, une race, une classe, une famille peuvent poss\u00e9der un code que ceux qui en usent consid\u00e8rent en vigueur, mais eux seulement l&rsquo;estiment en vigueur et encore pour une certaine p\u00e9riode. Le D\u00e9calogue peut avoir \u00e9t\u00e9 un bar\u00e8me, tr\u00e8s utile dans sa rudesse, aux Isra\u00e9lites. Mais, pour nous, il soul\u00e8ve tant d&rsquo;exceptions, tant d\u2019interpr\u00e9tations qu\u2019il nous est pratiquement inutile. \u00ab Tu ne voleras pas \u00bb dit-il. Mais qui peut d\u00e9cider en quoi le vol consiste ? La question est trop compliqu\u00e9e pour admettre une r\u00e9ponse. \u00c0 peine avons-nous rejoint e chemineau \u00e0 demi-affam\u00e9 qui a filout\u00e9 un pain que Lycurgue appara\u00eet pour le f\u00e9liciter et que le philosophe moderne lui explique que, gr\u00e2ce \u00e0 lui, la voie vers une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e reste libre\u00a0! Si notre vagabond eut \u00e9t\u00e9 une philosophie, il aurait pu accomplir le m\u00eame acte, non plus il son profit, mais pour le bien de la soci\u00e9t\u00e9, \u2013 il aurait pu m\u00eame commettre un crime pour sauver l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Plus rien donc ne demeure sauf l&rsquo;humanit\u00e9. Puisqu\u2019il n\u2019est plus de code moral qui puisse \u00eatre toujours en vigueur, nous voici justement forc\u00e9s d\u2019avouer qu\u2019il ne reste plus de moyens de prouver que nous avons raison et que notre voisin a tort. Le fait m\u00eame de nous demander si <em>nous <\/em>avons individuellement raison (ce qui, en pens\u00e9e, nous s\u00e9pare des autres), ce fait seul introduit un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;inexactitude. Si jamais nous avons raison, ce doit \u00eatre \u00e0 un moment o\u00f9 nous n&rsquo;y pensons pas \u2013 alors que nous avons oubli\u00e9 que nous \u00e9tions \u00e0 part des autres et que nous avons franchi la fronti\u00e8re qui nous s\u00e9parait de ta r\u00e9gion immense de l\u2019humaine \u00e9galit\u00e9. L&rsquo;\u00e9galit\u00e9\u00a0! \u2013 tontes les imperfections des hommes sont r\u00e9dim\u00e9es ; toutes y trouvent une place. Aimer ton prochain comme toi-m\u00eame, c\u2019est toute \u00ab la loi et les proph\u00e8tes \u00bb\u00a0; sentir que tu es \u00ab\u00a0\u00e9gal\u00a0\u00bb aux autres, que leur vie est ta vie, m\u00eame dans les choses les plus insignifiantes, c\u2019est passer dans une autre vie ; c\u2019est avoir franchi la sph\u00e8re des distinc\u00adtions morales pour ne plus s&rsquo;en pr\u00e9occuper. Entre amants, devoirs et droits sont inconnus\u00a0; dans la vie de l\u2019humanit\u00e9, il n\u2019existe plus qu\u2019un service instinctivement mutuel qui s&rsquo;exprime de la fa\u00e7on qui peut \u00eatre la meilleure au moment m\u00eame. Rien n\u2019est d\u00e9fendu puisqu\u2019il n\u2019est rien qui puisse servir. La loi de l&rsquo;Egalit\u00e9 est parfaitement flexible, elle s&rsquo;adapte \u00e0 tous les temps et \u00e0 tous les lieux, elle trouve la place convenable pour tous les \u00e9l\u00e9ments du caract\u00e8re\u00a0; elle justifie, elle r\u00e9dime tous les hommes sans exception. Vivre de cette loi c&rsquo;est la libert\u00e9 parfaite. Mais ce n\u2019est pas une loi, c&rsquo;est une vie nouvelle, outrepassant la vie individuelle, \u2013 vie nouvelle qui \u00e9mane du moi intime, se fraye un chemin \u00e0 travers la vie individuelle, et transporte le moi dans une autre sph\u00e8re, au-del\u00e0 de la corruption, loin, bien loin de ce monde de Douleurs.<\/p>\n<p>La base de la \u00ab morale \u00bb c\u2019est l&rsquo;effort accompli pour \u00e9tablir une dis\u00adtinction entre \u00ab agir pour soi\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0agir pour autrui\u00a0\u00bb. Aussi longtemps &lsquo;que l\u2019homme sent encore un antagonisme entre la soci\u00e9t\u00e9 et lui, aussi longtemps qu\u2019il essaye de consid\u00e9rer sa vie comme un fait \u00e0 part de la vie des autres, aussi longtemps, dis-je, la question se pose s&rsquo;il doit agir pour lui-m\u00eame ou pour les autres. De l\u00e0 proviennent une foule de termes\u00a0: mal, bien, droit, devoir, altruisme, \u00e9go\u00efsme, abn\u00e9gation, etc. Mais lorsqu&rsquo;il a d\u00e9couvert qu\u2019il n\u2019y a pas d&rsquo;antagonisme fondamental entre lui-m\u00eame et la soci\u00e9t\u00e9, lorsqu&rsquo;il a compris que la satisfaction de tous les d\u00e9sirs qu\u2019il ressent ou peut ressentir peuvent \u00eatre rendus sociaux ou bienfaisants \u00e0 ses semblables en les r\u00e9alisant en temps et lieux convenables \u2013 lorsqu\u2019il s\u2019est aper\u00e7u que tout ce que peut lui demander la soci\u00e9t\u00e9 aboutira \u00e0 contenter un constituant de sa nature, un d\u00e9sir de son c\u0153ur \u2013 alors toutes les distinctions s\u2019effacent, la cloison \u00e9tanche dispara\u00eet. Il vit d&rsquo;une vie plus vaste \u2013 une vie qui comprend les deux c\u00f4t\u00e9s : soi et autrui \u2013 une vie qui le pousse \u00e0 accomplir des actes d\u2019accord avec une loi qui n\u2019est ni \u00e9crite, ni artificiellement imagin\u00e9e. Les actes en question peuvent passer pour \u00ab\u00a0\u00e9go\u00efstes\u00a0\u00bb aux yeux du monde \u2013 ils peuvent. quelquefois passer pour \u00ab\u00a0altruistes\u00a0\u00bb. Ils ne sont ni l\u2019un ni l\u2019autre, Celui qui les accomplit s&rsquo;inqui\u00e8te peu des qualificatifs. La loi de l\u2019\u00e9galit\u00e9 embrasse tous les codes moraux et c\u2019est elle le but que, tout en le visant, aucun d\u2019eux ne saurait atteindre.<\/p>\n<p><em>La v\u00e9ritable D\u00e9mocratie<\/em>, \u2013 \u00e9tat de choses o\u00f9 celle vie plus vaste r\u00e9glementera <em>du dedans<\/em> la soci\u00e9t\u00e9, supprimant. <em>L\u2019autorit\u00e9 <\/em>ext\u00e9rieure, \u2013 cette vie o\u00f9 tous les temp\u00e9raments, toutes les qualit\u00e9s seront accueillis et pourront se d\u00e9velopper \u00e0 leur aise, git latente dans la constitution m\u00eame de la nature humaine (r\u00e9sultat cach\u00e9 mais n\u00e9cessaire de l&rsquo;\u00e9volution). Dans la p\u00e9riode d\u2019avant-Civilisation ces malencontreuses questions de \u00ab\u00a0morale \u00bb, ne se pr\u00e9sentaient m\u00eame pas, prati\u00adquement parlant\u00a0; l&rsquo;individu \u00e9tait un avec son campement et m\u00fb incons\u00adciemment par la vie plus vaste de sa tribu. Dans la p\u00e9riode d&rsquo;apr\u00e8s-Civilisation, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 la v\u00e9ritable D\u00e9mocratie sera r\u00e9alis\u00e9e, elles ne se poseront plus, car l&rsquo;homme saura qu\u2019il est une partie de l&rsquo;humanit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et il sera m\u00fb consciemment par les forces \u00e9manant des aspirations les plus vastes de son \u00eatre. Les codes et les probl\u00e8mes moraux rel\u00e8vent de la civilisation, ils font partie de la pouss\u00e9e en avant, des luttes, des souffrances, enfin de cette privation temporaire de la Vie v\u00e9ritable, qu&rsquo;implique le mot civilisation lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Edward Carpenter.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4788 alignleft\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Ernest-Armand-119x300.jpg\" alt=\"\" width=\"119\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Ernest-Armand-119x300.jpg 119w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/Ernest-Armand.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 119px) 100vw, 119px\" \/>Epilogues sur la \u00ab Justice\u00a0\u00bb<\/strong> (p.61)<\/p>\n<p><strong><em>Sur le<\/em><\/strong><strong> proc\u00e8s d\u2019Amiens<\/strong><\/p>\n<p>Dans sa d\u00e9claration pourquoi j\u2019ai cambriol\u00e9, Jacob a \u00e9tabli que dans la \u00ab\u00a0justice\u00a0\u00bb actuelle\u00a0:<\/p>\n<p>Plus un homme travaille, moins il gagne\u00a0; moins il produit, plus il b\u00e9n\u00e9ficie\u00a0;<\/p>\n<p>Ceux qui produisent tout n\u2019ont rien et ceux qui ne produisent rien ont tout\u00a0;<\/p>\n<p>Du haut en bas de l\u2019\u00e9chelle sociale, tout n\u2019est que friponnerie d\u2019une part et idiotie de l\u2019autre\u00a0;<\/p>\n<p>Il n\u2019y a de pires voleurs que les propri\u00e9taires.<\/p>\n<p>Le tribunal qui s\u2019est r\u00e9uni pour juger et condamner Jacob a sanctionn\u00e9 ceci que\u00a0: l\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme est bas\u00e9e sur la ruse et la force. Mais, comme l\u2019a dit Jacob, cette m\u00eame ruse et cette m\u00eame force peuvent d\u00e9molir ce qui est \u00e9difi\u00e9 sur elles.<\/p>\n<p>Les gouvernements comptent sur la crainte de la r\u00e9pression pour \u00e9touffer les cris et les actes de r\u00e9volte. \u00ab\u00a0Mauvais calcul\u00a0\u00bb dit Jacob, \u00ab\u00a0la r\u00e9pression, bien loin d\u2019\u00eatre un rem\u00e8de, voire m\u00eame un palliatif, n\u2019est qu\u2019une aggravation du mal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les mesures coercitives ne peuvent semer que la haine et la vengeance. Et Jacob explique ainsi les raisons pour lesquelles \u00ab\u00a0il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00eatre voleur que vol\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0certes, moi aussi, je r\u00e9prouve le fait par lequel un homme s\u2019empare violemment et avec ruse du fruit du labeur d\u2019autrui. Mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cela que j\u2019ai fait la guerre aux riches, voleurs du bien des pauvres. Moi aussi, je voudrais vivre dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le vol serait banni. Je n\u2019approuve et ai us\u00e9 du vol que comme un moyen de r\u00e9volte propre \u00e0 combattre le plus iniques de tous les vols\u00a0: la propri\u00e9t\u00e9 individuelle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sa conclusion, toute libertaire, toute humaine, que seule une mentalit\u00e9 d\u2019exploiteur, dde magistrat et de garde-chiourme pourrait ne pas comprendre, ou plut\u00f4t refuser, est celle-ci\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0S\u2019il y a vol, ce n\u2019est que parce qu\u2019il y a abondance d\u2019une part et disette de l\u2019autre\u00a0; que parce que tout n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 quelques-uns. La lutte ne disparaitra que lorsque les hommes mettront en commun leurs joies et leurs peines, leurs travaux et leurs richesses\u00a0; que lorsque tout appartiendra \u00e0 tous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce que Jacob a d\u00e9clar\u00e9 devant ses juges, non pas en implorant leur indulgence, mais en proclamant hautement son droit d\u2019agir comme il l\u2019avait fait et en soumettant \u00ab\u00a0comme un probl\u00e8me \u00e0 leurs intelligences\u00a0\u00bb son existence de lutte.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette d\u00e9claration, on comprend qu\u2019il \u00e9tait impossible \u00e0 Jacob de ne pas agir comme il a agi et si, apr\u00e8s avoir entendu ces paroles, les d\u00e9fenseurs de la soci\u00e9t\u00e9 l\u2019ont quand m\u00eame condamn\u00e9, ce n\u2019est pas tant pis pour Jacob et ses camarades frapp\u00e9s avec lui<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, c\u2019est tant pis pour la soci\u00e9t\u00e9\u00a0; elle s\u2019est condamn\u00e9e elle-m\u00eame par son propre jugement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Chronique<\/strong> (p.92)<\/p>\n<p>Le proc\u00e8s Jacob a fait une victime \u2013 je parle bien entendu au point de vue de la mentalit\u00e9 courante \u2013 c\u2019est Jacques Sautarel condamn\u00e9 \u00e0 cinq ans de travaux forc\u00e9s pour litt\u00e9rature \u00ab\u00a0agressive\u00a0\u00bb\u00a0! pas pour autre chose. Il n\u2019est pas une preuve qui accuse Sautarel d\u2019avoir dans les d\u00e9lits Jacob. Depuis l\u2019affaire Dreyfus o\u00f9 je fis sa connaissance, j\u2019ai revu Sautarel de temps \u00e0 autre\u00a0; je l\u2019ai toujours trouv\u00e9 bon camarade, point sectaire quant aux id\u00e9es, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 stup\u00e9fi\u00e9 d\u2019apprendre qu\u2019on l\u2019accusait de recel. J\u2019admets bien que ses ouvrages ne plaisent pas \u00e0 tout le monde, mais alors, qu\u2019on le poursuive pour ce qu\u2019il a \u00e9crit au lieu de lui tendre parei traquenard. La Ligue des Droits de l\u2019Homme d\u2019Amiens s\u2019occupe de Sautarel, et bon nombre de libertaires de Paris ont d\u00e9cid\u00e9 de susciter un mouvement d\u2019opinion pour obtenir sa mise en libert\u00e9. Nous nous y associions de grand c\u0153ur.<\/p>\n<p>Ernest Armand<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Dans la brochure <span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/01\/l%e2%80%99illegaliste-est-il-notre-camarade\/#.XqUcKZk6_IU\"><em>L\u2019ill\u00e9galiste anarchiste est-il notre camarade\u00a0?<\/em><\/a><\/span> parue aux \u00e9ditions de l\u2019En-Dehors en 1927, Armand prenait encore en exemple le proc\u00e8s d\u2019Alexandre Jacob pour montrer le courant de sympathie prol\u00e9tarienne que peut susciter le vol\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019anarchiste dont l\u2019ill\u00e9galisme s\u2019attaque \u00e0 l\u2019\u00c9tat ou \u00e0 des exploiteurs reconnus n\u2019a jamais indispos\u00e9 \u00ab l\u2019ouvrier\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019anarchisme. Je me trouvais \u00e0 Amiens lors du proc\u00e8s Jacob, qui s\u2019en prit souvent \u00e0 des officiers coloniaux ; gr\u00e2ce aux explications de Germinal, les ouvriers ami\u00e9nois \u00e9taient tr\u00e8s sympathiques \u00e0 Jacob et aux id\u00e9es de reprise individuelle. M\u00eame non anarchiste, l\u2019ill\u00e9gal qui s\u2019en prend \u00e0 un banquier, \u00e0 un usinier, \u00e0 un manufacturier, \u00e0 une tr\u00e9sorerie, \u00e0 un fourgon postal, etc., est sympathique aux exploit\u00e9s qui consid\u00e8rent comme des valets ou des mouchards les salari\u00e9s qui d\u00e9fendent les \u00e9cus ou le papier-monnaie de leur patron, particulier ou \u00c9tat. Des centaines de fois, il m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de le constater.\u00a0\u00bb\u00a0; <strong>les deux autres notes de bas de page sont tir\u00e9es du num\u00e9ro de <em>l\u2019\u00c8re Nouvelle<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Sous la plume de Carpenter, \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb prend le sens de soci\u00e9t\u00e9 harmonique.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Ils ne seront pas plus malheureux au bagne o\u00f9 la sollicitude gouvernementale leur assurera tout au moins le g\u00eete et la pitance que dans la vie ordinaire o\u00f9, pour rester ce que l\u2019on appelle d\u2019honn\u00eates gens, ils auraient peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 mourir de faim.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est avec le mensuel L&rsquo;\u00c8re Nouvelle qu\u2019Ernest \u2013 et pas Emile \u2013 Armand (1872-1962) \u00e9volue vers l\u2019individualisme anarchiste apr\u00e8s un bout de chemin \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e du Salut et du c\u00f4t\u00e9 des anarcho-chr\u00e9tiens. En mai 1901, le premier num\u00e9ro de ce journal, fond\u00e9e avec sa compagne Marie Kugel, affichait d\u2019ailleurs en manchette la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[5573,4,1513],"tags":[106,1320,872,5578,2480,5574,5399,410,121,375,25,5577,5575,899,5576,998,708,228,24,812],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4784"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4784"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4784\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4919,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4784\/revisions\/4919"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4784"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4784"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4784"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}