{"id":4191,"date":"2017-04-26T17:22:12","date_gmt":"2017-04-26T15:22:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=4191"},"modified":"2017-04-26T17:22:12","modified_gmt":"2017-04-26T15:22:12","slug":"le-travailleur-de-la-nuit","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2017\/04\/le-travailleur-de-la-nuit\/","title":{"rendered":"Le Travailleur de la Nuit"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4192\" title=\"Matz et Chemineau, Le Travailleur de la Nuit, Rue de S\u00e8vres, 2017\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-2-231x300.jpg\" alt=\"\" width=\"117\" height=\"152\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-2-231x300.jpg 231w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-2.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 117px) 100vw, 117px\" \/><\/a>L&rsquo;honn\u00eate cambrioleur serait-il en passe de devenir un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel\u00a0? En d\u00e9cembre dernier, le magazine \u00e0 vocation \u00e9ponyme, <em>T\u00e9l\u00e9rama<\/em>, dressait des louanges m\u00e9rit\u00e9es au docu-fiction d&rsquo;Olivier Durie, diffus\u00e9e sur la cha\u00eene <em>Histoire<\/em> dirig\u00e9e par le si peu progressiste Patrick Buisson. Le film tenait \u00e0 vrai dire son rang m\u00eame si, pour accrocher le spectateur, les r\u00e9f\u00e9rences au h\u00e9ros litt\u00e9raire de Maurice Leblanc ne manquaient pas et pouvaient finir par appara\u00eetre quelque peu lourdingues et d\u00e9formatrices. Malgr\u00e9 tout, l&rsquo;ambition du r\u00e9alisateur parvenait \u00e0 ses fins et on pouvait \u00eatre honn\u00eatement \u00e9difi\u00e9 sur la geste jacobienne. Nous savions prochaine et attendions avec impatience la sortie chez <em>Rue de S\u00e8vres<\/em> du <em>Travailleur de la Nuit<\/em>, la nouvelle bande-dessin\u00e9e de Matz et Chemineau. Tout vient \u00e0 point \u00e0 qui sait pourtant attendre. Tout vient \u00e0 point m\u00eame les ouvrages &#8230; \u00e0 pr\u00e9tention biographique encens\u00e9s par la critique. On n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u.<!--more--><\/p>\n<p>Nous avons couru le 19 avril &#8211; date de la sortie officielle annonc\u00e9e &#8211; chez notre libraire ind\u00e9pendant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 et c&rsquo;est peu dire que la d\u00e9ception fut \u00e0 la hauteur de notre imp\u00e9rieuse esp\u00e9rance. Nous avons couru tr\u00e8s vite pour avoir le tr\u00e8s attendu ouvrage. Tr\u00e8s vite, nous l&rsquo;avons d\u00e9vor\u00e9. Tr\u00e8s vite nous l&rsquo;avons dig\u00e9r\u00e9. Et les aigreurs sont venues. Tr\u00e8s vite nous l&rsquo;avons referm\u00e9. Enfin, pas si vite que cela car, le droit de savoir ne se mendiant pas, le Jacoblog se devait d&rsquo;offrir \u00e0 ses lecteurs un petite &#8211; sic\u00a0! &#8211; analyse objective.<\/p>\n<p>Le livre de 128 pages, dont deux de postface co\u00fbte 18\u20ac. C&rsquo;est pas donn\u00e9. C&rsquo;est pas excessif non plus. Il doit y avoir des moyens jacobiens pour se le procurer honn\u00eatement. Mais cela ne servirait qu&rsquo;\u00e0 si peu de choses finalement. L\u00e0 o\u00f9 Ga\u00ebl et Vincent Henry avait fait dans <em>Alexandre Jacob journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/em>, sorti l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente chez <em>Sarbacane<\/em>, le choix de la sobri\u00e9t\u00e9 du dessin et opt\u00e9 pour le mouvement dans la narration, les auteurs du <em>Travailleur de la Nuit<\/em> ont, eux, d\u00e9cid\u00e9 de ne pas faire dans la dentelle ou dans la percale d&rsquo;Alsace &#8211; c&rsquo;est selon &#8211; et de sortir d\u00e8s la 1<sup>e<\/sup> de couverture la grosse artillerie.<\/p>\n<p>Jacob y tr\u00f4ne. Il est sur les toits de Paris, portant fi\u00e8rement costume noir et cravate. Le portrait est ressemblant. Vraiment. Mais sa t\u00eate est ras\u00e9e sur les tempes si bien qu&rsquo;on pourrait croire \u00e0 un sosie presque parfait d&rsquo;un des personnages cl\u00e9s de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9 anglaise <em>Peayky Blinders<\/em> dont l&rsquo;histoire se d\u00e9roule dans l&rsquo;Entre-deux-guerres. Celle de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur, ici sugg\u00e9r\u00e9e se situerait plut\u00f4t en 1900 puisque l&rsquo;on aper\u00e7oit au troisi\u00e8me plan une toute jeune Tour Eiffel illumin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;exposition universelle. C&rsquo;est un rep\u00e8re. Cela situe l&rsquo;action. Le Travailleur de la Nuit tient dans sa main gant\u00e9e de cuir noir une jolie pince monseigneur pos\u00e9e aussi sur son \u00e9paule droite. Il nous regarde fixement comme un d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 nos intelligences.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-3.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4193\" title=\"Matz et Chemineau, Le Travailleur de la Nuit, Rue de S\u00e8vres, 2017\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-3-300x204.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"134\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-3-300x204.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-3.jpg 619w\" sizes=\"(max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a>Justement. Nous avons tent\u00e9 de le relever et observons tout d&rsquo;abord que les cambriolages perp\u00e9tr\u00e9s dans la capitale par Jacob et les Travailleurs de la Nuit furent plut\u00f4t rares. Deux s\u00fbrement. Peut-\u00eatre trois ou quatre. L&rsquo;absence de sources nous interdit d&rsquo;aller au-del\u00e0. C&rsquo;est m\u00eame ce qu&rsquo;avan\u00e7ait le pr\u00e9sident Wehekind au proc\u00e8s d&rsquo;Amiens en 1905 lorsqu&rsquo;il faisait remarquer \u00e0 Jacob qu&rsquo;au regard de la fr\u00e9quence de ses tourn\u00e9es en province, il n&rsquo;avait pas le temps d&rsquo;aller au caf\u00e9 \u00e0 Paris. La r\u00e9ponse de l&rsquo;honn\u00eate voleur tombe comme un couperet. Il faisait de la d\u00e9centralisation\u00a0! Soyons n\u00e9anmoins indulgents et imaginons que la couverture illustre le cambriolage de la rue Quincampoix perp\u00e9tr\u00e9 le 6 octobre 1901, soit un peu moins d&rsquo;un an apr\u00e8s fin la dite exposition universelle qui attira un peu plus de cinquante millions de visiteurs. Mais alors, pourquoi passer \u00e0 quatre &#8211; quatre hommes apparaissent sur la 1<sup>e<\/sup> de couverture &#8211;\u00a0 par ces fameux toits alors que les auteurs n&rsquo;\u00e9taient que trois\u00a0: Bonnefoy, Clarenson et Jacob\u00a0? Pourquoi passer par les fameux toits alors que les TROIS complices ont lou\u00e9 au 76 de la rue Quincampoix l&rsquo;appartement du 5<sup>e<\/sup> \u00e9tage afin d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 celui du quatri\u00e8me dans lequel se trouvait la fortune du sieur Bourdin, bijoutier de son \u00e9tat\u00a0?<\/p>\n<p>Passons sur la premi\u00e8re de couverture et son accroche visuelle, ouvrons le livre &#8230; Le dessin n&rsquo;est pas d\u00e9plaisant\u00a0; de facture classique il s&rsquo;\u00e9loigne largement de celui de Ga\u00ebl Henry nettement plus a\u00e9rien, sobre et enlev\u00e9. Les couleurs sont ici plut\u00f4t vives. Comme pour le <em>Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/em>, <em>le Travailleur de la Nuit<\/em> d\u00e9marre sur le proc\u00e8s de la bande des ill\u00e9galistes \u00e0 Amiens. Cela permet par une s\u00e9rie de flash-backs de revenir sur la p\u00e9riode de l&rsquo;enfance et de l&rsquo;adolescence d&rsquo;Alexandre Jacob. Une fois le couperet tomb\u00e9, une fois la sentence prononc\u00e9e\u00a0 (<strong>page 88<\/strong>), la narration peut reprendre un cours lin\u00e9aire se terminant logiquement par le suicide de l&rsquo;ancien voleur en 1954. La date exacte \u00a0&#8211; le 28 ao\u00fbt &#8211; n&rsquo;est pas signal\u00e9e sur les cinq pages consacr\u00e9es \u00e0 cet \u00e9pisode final. Mais la conclusion ainsi longuement trait\u00e9e nous am\u00e8ne \u00e0 entrevoir une structure de r\u00e9cit quelque peu d\u00e9sorganis\u00e9e mais r\u00e9v\u00e9latrice des choix op\u00e9r\u00e9s\u00a0: 34 pages pour l&rsquo;enfance de Jacob soit 16 ans de son existence \u00e0 peu pr\u00e8s\u00a0; 53 pages pour la p\u00e9riode des vols, entr\u00e9e dans l&rsquo;ill\u00e9galisme et affaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9 comprise, soit environ cinq ans de son existence\u00a0; Le bagne n&rsquo;apparait que sur 17 pages alors que le matricule 34777 va y pourrir dix-neuf ans\u00a0; la vie libre de l&rsquo;ancien fagot est exp\u00e9di\u00e9e en 14 pages si l&rsquo;on ne tient pas compte de son \u00e9vasion d\u00e9finitive alors qu&rsquo;elle concerne 27 ans de son existence. Les auteurs insistent ainsi sur les cambriolages de Jacob mais, en voulant pr\u00e9senter une vie, l&rsquo;impression de brouillon finit par dominer et on pourrait croire que de Jacob il ne faut retenir que les extraordinaires larcins. Comment peut-on de fait traiter une vie de prisonnier de guerre sociale en Guyane en seulement dix-sept pages\u00a0sans tomber dans le facile st\u00e9r\u00e9otype et les approximations non moins commodes quitte \u00e0 travestir une r\u00e9alit\u00e9 autrement plus riche et complexe\u00a0?<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre est-ce pour cela que peu de personnages apparaissent dans le r\u00e9cit et que tous, largement secondaires, ne servent qu&rsquo;\u00e0 mettre en relief la singuli\u00e8re personnalit\u00e9 de l&rsquo;acteur principal d&rsquo;un r\u00e9cit d&rsquo;aventure. Nous devrions dire le seul personnage que l&rsquo;on cherche ici \u00e0 exposer telle une anomalie biographique. C&rsquo;est une BD sur Jacob et uniquement sur lui. Mais, pouvons-nous saisir l&rsquo;originalit\u00e9 de l&rsquo;homme si on ne le replace pas dans son contexte\u00a0? Tel n&rsquo;est pas ici le cas tant le discours anarchiste, la pression \u00e9conomique, politique et sociale de son temps, la famille et l&rsquo;entourage ne sont envisag\u00e9s que comme le d\u00e9cor mal d\u00e9grossi d&rsquo;une pi\u00e8ce de boulevard ou d&rsquo;un film de s\u00e9rie Z. Le web-zine <em>Actua-BD<\/em> signalait ainsi en recensant l&rsquo;ouvrage le 17 avril dernier, un \u00ab\u00a0esprit libre, r\u00e9volt\u00e9 par la mis\u00e8re\u00a0\u00bb agissant \u00ab\u00a0selon une pens\u00e9e anarchiste un peu primaire\u00a0\u00bb et tellement \u00ab\u00a0loin du romantisme et de la noblesse d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin\u00a0\u00bb. Nous y voil\u00e0\u00a0!<\/p>\n<p>Faisons fi de la lupinose. Nous y reviendrons plus loin. Jacob ne pratique pas seul son entreprise de d\u00e9molition publique. Ce n&rsquo;est pas non plus Dreyfus sur son \u00eele du Diable et il ne s&rsquo;enterre pas dans un trou du cul du monde apr\u00e8s 1931. Un peu quand m\u00eame pour qui sait le d\u00e9sert berrichon. Marie et Joseph Jacob, Rose Roux, Malato, Roques et Roy\u00e8re, Brunus, le docteur Rousseau font acte de pr\u00e9sence dans la BD et c&rsquo;est tout. Il y a bien \u00e9videmment d&rsquo;autres personnages mais leur identit\u00e9 n&rsquo;est pas indiqu\u00e9e. Nous ne saurons donc jamais ce qu&rsquo;il faut penser et ce qu&rsquo;il advient de Ferrand, de Bour et P\u00e9lissard, de Ferr\u00e9, d&rsquo;Ader, de Baudy, de Libertad, des compagnons d&rsquo;anarchie et de bagne fr\u00e9quent\u00e9s pourtant assid\u00fbment. Nous ne saurons strictement rien sur Jeanne et Eug\u00e8ne Humbert, sur Louis Briselance, sur Guy Denizeau ou encore Pierre Valentin Berthier, sur le p\u00e8re Malb\u00e8te aussi. Josette et Robert Passas dont on sait l&rsquo;importance dans la fin de vie de l&rsquo;honn\u00eate homme n&rsquo;existent carr\u00e9ment pas\u00a0! Gomm\u00e9 le Robert\u00a0! Ignor\u00e9e la Josette\u00a0!\u00a0 Effac\u00e9 le couple d&rsquo;amis tant aim\u00e9s qu&rsquo;il leur accord\u00e2t un an de sa vie avant d&rsquo;y mettre un terme.<\/p>\n<p>Au fil des pages, le r\u00e9cit propos\u00e9 va donc \u00e0 toute vitesse. Bien heureux celui qui, dans un train, parvient \u00e0 appr\u00e9cier toutes les subtilit\u00e9s du paysage qui d\u00e9file sous ses yeux ahuris. A la fin \u00e7a pique les mirettes et on s&rsquo;endort sans m\u00eame avoir vu passer le marchand de sable. Ici, c&rsquo;est pareil, sauf que nous avons tout lu, tout \u00e9pluch\u00e9, tout regard\u00e9. Et c&rsquo;est m\u00eame un festival qui nous fut offert. Erreurs \u00e0 profusion, oublis certains, inventions parfois &#8230; une l\u00e9gende s&rsquo;envole et la r\u00e9alit\u00e9 y perd quelques plumes.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-4-matz.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4194\" title=\"Matz\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-4-matz-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"157\" height=\"104\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-4-matz-300x199.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-4-matz.jpg 1205w\" sizes=\"(max-width: 157px) 100vw, 157px\" \/><\/a>Page 6\u00a0:<\/strong> Jacob interpelle le pr\u00e9sident W\u00e9h\u00e9kind du tribunal d&rsquo;Amiens\u00a0le premier jour de son proc\u00e8s: \u00ab\u00a0D&rsquo;autre part, je crois descendre du singe et non du chien. On n&rsquo;a jamais vu un singe l\u00e9cher la main qui le frappe\u00a0\u00bb. C&rsquo;est vrai, c&rsquo;est beau, c&rsquo;est dr\u00f4le mais la r\u00e9plique a surtout \u00e9t\u00e9 dite au proc\u00e8s d&rsquo;Orl\u00e9ans le 24 juillet 1905 et non le 8 mars de cette ann\u00e9e. C&rsquo;est ballot et cela ne fait que commencer.<\/p>\n<p><strong>Page 10\u00a0:<\/strong> Marie et Joseph Jacob entrent en sc\u00e8ne. Ils sont attabl\u00e9s dans leur maison et discutent de l&rsquo;avenir maritime du petit qui veut s&rsquo;engager sur les vapeurs de la compagnie Freyssinet. Marie est belle comme le soleil de M\u00e9diterran\u00e9e. Son regard noir trahit l&rsquo;inqui\u00e9tude d&rsquo;une m\u00e8re aimante tandis que Joseph, arborant un t-shirt Marcel pas tr\u00e8s net, chauve, moustachu et mal ras\u00e9\u00a0; les yeux cern\u00e9s, replet et moche, il picole, picole, picole. Un couple id\u00e9al, bien agenc\u00e9. Le d\u00e9terminisme a ses raisons que la n\u00f4tre feint probablement d&rsquo;ignorer. Jacob aime sa m\u00e8re. Jacob n&rsquo;aime que sa tendre et douce m\u00e8re. Le p\u00e8re a sombr\u00e9. Le nez dans le Pernod. L\u00e0 aussi c&rsquo;est vrai mais il y a une autre raison \u00e0 la d\u00e9testation du p\u00e8re, une raison plus pragmatique. Une raison moins oedipienne. On vous le dit un peu plus bas.<\/p>\n<p><strong>Page 13\u00a0:<\/strong> Le petit mousse Jacob fuit devant l&rsquo;appel du sexe d&rsquo;une prostitu\u00e9e \u00e9dent\u00e9e rencontr\u00e9e aux colonies. Il sera un homme mais n&rsquo;entrera pas comme cela dans la carri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Page 15\u00a0:<\/strong> Le petit mousse est de retour \u00e0 Marseille\u00a0; il discute avec sa m\u00e8re dans la boulangerie familiale. Marie Jacob se d\u00e9sole de l&rsquo;alcoolisme de Joseph qui plombe les finances en faisant cramer ses fourn\u00e9es de pains. C&rsquo;est bizarre mais nous avons d\u00e9j\u00e0 lu cette anecdote quelque part. Mais o\u00f9 donc\u00a0? (voir la fin parce qu&rsquo;on aime bien aussi entretenir le suspense)<\/p>\n<p><strong>Page 20\u00a0:<\/strong> Le petit mousse qui trime dur et qui a vu des bagnards \u00e0 fond de cale est victime d&rsquo;une tentative de viol par l&rsquo;un des marins \u00e0 bord du Tibet. L&rsquo;agression justifierait la d\u00e9sertion \u00e0 Sydney. L&rsquo;anecdote est probable tant la sexualit\u00e9 du marin peut \u00eatre contrari\u00e9e en pleine mer. Elle n&rsquo;en demeure pas moins absente de nos sources si ce n&rsquo;est que, comme pour les pains grill\u00e9s ci-dessus mentionn\u00e9s, on l&rsquo;a lu quelque part. Mais, bon sang, o\u00f9\u00a0?<\/p>\n<p>On passe sur la piraterie et l&rsquo;abandon de la navigation pour cause de maladie. Nous sommes \u00e0 Marseille et Marie Jacob, <strong>page 38<\/strong>, pr\u00e9sente Jules \u00e0 son fils. L&rsquo;adolescent vient de perdre son p\u00e8re et Joseph Jacob a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 tuteur. Nous ne savions pas qu&rsquo;il s&rsquo;appelait Jules. <strong>A la page suivante<\/strong>, les deux discutent litt\u00e9rature\u00a0: Kropotkine, Bakounine et Reclus. Nous voil\u00e0 entr\u00e9s en anarchie, celle qui avec Malato, <strong>page 40<\/strong>, un soir de meeting pr\u00e9f\u00e8re confus\u00e9ment la propagande par le fait au syndicalisme. D&rsquo;ailleurs l&rsquo;auteur des <em>Joyeuset\u00e9s de l&rsquo;exil<\/em> reprend \u00e0 son compte l&rsquo;article de Paraf-Javal paru dans <em>Le Libertaire<\/em> le 9 avril 1904 (num\u00e9ro 22) alors que de toute \u00e9vidence la sc\u00e8ne se d\u00e9roule vers 1898, c&rsquo;est-\u00e0-dire au moment o\u00f9 S\u00e9bastien Faure mais aussi Matha et Malato d\u00e9placent ce journal sur Marseille. Un bel, un tr\u00e8s bel anachronisme en somme. Malato pr\u00e9sente le facies de l&rsquo;exalt\u00e9 type. On pourrait croire \u00e0 Souvarine dans le <em>Germinal<\/em> de Zola. Il serre les dents, ses yeux sont inject\u00e9s de sang et il tente de convaincre Alexandre Jacob \u00e0 la <strong>page suivante (41)<\/strong> du bienfond\u00e9 de l&rsquo;action violente et des man\u0153uvres r\u00e9volutionnaires en tout genre. Lui opte pour le vol. Moins violent. Moins sanglant. Plus efficace. Ce serait donc un anarchiste pacifiste\u00a0? Humour. La sc\u00e8ne se d\u00e9roule dans un bar marseillais\u00a0; le meeting est houleux et une bagarre \u00e9clate. Le jeune anarchiste manque de se faire ratatiner comme une tielle s\u00e9toise lorsque le hasard le met devant la plus belle des femmes\u00a0: Rose Roux. L&rsquo;id\u00e9e du sc\u00e9nario pomp\u00e9 certainement sur une biographie de Jacob se pr\u00e9cise d&rsquo;autant plus, nom d&rsquo;une pince monseigneur, que la charmante demoiselle avoue quelques pages plus loin qu&rsquo;elle a d\u00fb se prostituer \u00ab\u00a0par n\u00e9cessit\u00e9\u00a0\u00bb et (<strong>page 48<\/strong>) pour ne pas tomber dans la plus abjecte des mis\u00e8res.<\/p>\n<p>Laissons nos deux tourtereaux vaquer \u00e0 leurs pr\u00e9occupations rapproch\u00e9es pour revenir \u00e0 la <strong>page 46<\/strong>. Jacob trouve \u00e0 s&#8217;employer comme ouvrier typographe dans une imprimerie o\u00f9 il remplace son cousin Jules qui a fil\u00e9 pour cause de pression polici\u00e8re suppos\u00e9e. Des sources pour affirmer cela\u00a0? Quoi qu&rsquo;il en soit, Alexandre Jacob y rencontre un homme, la quarantaine bien assise, d\u00e9nomm\u00e9 Roques. Le personnage est central. C&rsquo;est d\u00e9sormais un ami et un complice de premier ordre, un compagnon aussi. Il s&rsquo;occupe d&rsquo;une petite feuille locale et militante, <em>L&rsquo;Agitateur<\/em> (<strong>page49<\/strong>) ! Roques semble de fait omnipr\u00e9sent jusqu&rsquo;\u00e0 la <strong>page 78<\/strong> o\u00f9 l&rsquo;on voit la bande de travailleurs \u0153uvrer \u00e0 percer les combles de la rue Quincampoix pour entrer dans l&rsquo;appartement du sieur Bourdin. L&rsquo;infirmier Roy\u00e8re, qui aide Jacob <strong>\u00e0 la page 64<\/strong> \u00e0 s&rsquo;\u00e9vader de l&rsquo;asile Montperrin d&rsquo;Aix en province (le nom de l&rsquo;HP et la ville ne sont pas pr\u00e9cis\u00e9e dans le livre bien \u00e9videmment), accompagne les deux voleurs chez le bijoutier. Nous revenons un peu plus loin sur cet exploit. Retenons que Roques est dans tous les coups.\u00a0 C&rsquo;est lui qui, avec Marie et Rose accueille le petit Alexandre \u00e0 sa sortie de prison en 1898 (<strong>page 55<\/strong>) apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par la police sur une man\u0153uvre de Leca (<strong>page 53<\/strong>). C&rsquo;est encore lui qui joue le commissaire dans l&rsquo;affaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9 de Marseille (<strong>page 57<\/strong>) parce que Jacob paraissait trop jeune pour ce r\u00f4le. Ils sont trois pour ce coup dans la BD. Quatre dans la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: Roques, l&rsquo;anarchiste Morel, Jacob bien s\u00fbr &#8230; et son p\u00e8re\u00a0!<\/p>\n<p>Mais les auteurs ne disent pas cela. En revanche, ils montrent le jeune anarchiste se coupant furieusement les cheveux (<strong>page 56<\/strong>) apr\u00e8s sa sortie de prison comme un geste de col\u00e8re et de r\u00e9volte contre la soci\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est l\u00e0 que le mim\u00e9tisme avec la fameuse s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9 anglaise parait int\u00e9ressant car il existe des photographies de Jacob prouvant une autre physionomie. Roques aide Jacob \u00e0 s&rsquo;\u00e9vader de l&rsquo;asile Montperrin mais les habitants d&rsquo;Aix en Provence devaient dormir sereinement et lourdement dans la nuit du 18 au 19 avril 1900 pour ne pas entendre la formidable explosion (<strong>page 66<\/strong>) qui permet \u00e0 l&rsquo;anarchiste de prendre la poudre d&rsquo;escampette. Jacob a donc \u00e9t\u00e9 intern\u00e9 en HP apr\u00e8s son arrestation sur d\u00e9nonciation, affirme-t-il <strong>\u00e0 la page 64<\/strong>. C&rsquo;est vrai et cela explique pourquoi Jacob ne voit plus son alcoolique de daron vu que c&rsquo;est ce dernier qui, avec Morel, le d\u00e9noncent au parquet de Marseille le 9 juin 1899. Il \u00e9cope d&rsquo;ailleurs d&rsquo;une condamnation de Jacob par contumace pour l&rsquo;affaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9 \u00e0 5 ans de prison et 3000 francs d&rsquo;amende.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s mon \u00e9vasion, Roy\u00e8re, Roques, Rose et moi, nous avons v\u00e9cu sur les gains du commissionnaire.\u00a0\u00bb (<strong>page 67<\/strong>) C&rsquo;est un beau roman, c&rsquo;est une belle histoire. Il y a de l&rsquo;aventure et des sentiments humains, de la camaraderie et de l&rsquo;amour. Mais l&rsquo;histoire est fausse. Les personnages mentionn\u00e9s ont pourtant tous exist\u00e9 et il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable de consulter d&rsquo;autres sources que celle (unique\u00a0?) utilis\u00e9e pour \u00e9viter un tel embrouillamini. Matz et Chemineau ont, par une malencontreuse \u00e9vidence, confondu Edouard Roch et Arthur Roques. Le premier, tapissier de son \u00e9tat, est \u00e2g\u00e9 de 37 ans lorsqu&rsquo;il d\u00e9clare au parquet de Marseille le 30 janvier 1897 la g\u00e9rance du journal anarchiste <em>L&rsquo;Agitateur<\/em>. Le second est n\u00e9 en 1852\u00a0; c&rsquo;est un voleur, un escroc notoire qui a bourlingu\u00e9 et m\u00eame particip\u00e9 \u00e0 la Commune de Paris. C&rsquo;est lui le commissaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est lui le \u00ab\u00a0professeur de vol\u00a0\u00bb de Jacob (dossier de presse <em>La bande sinistre et ses exploits<\/em>, conserv\u00e9 aux Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris). Mais Arthur Roques, s&rsquo;il accompagne Jacob jusqu&rsquo;en Espagne apr\u00e8s ce fameux larcin reprend la route en solo jusqu&rsquo;\u00e0 Vichy puis La Rochelle o\u00f9 il est arr\u00eat\u00e9 le 16 novembre 1901. Il est condamn\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e suivante aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9. On perd tr\u00e8s vite la trace d&rsquo;Edouard Roch en revanche. Les auteurs de la BD \u00e9taient-ils au courant de ce point de d\u00e9tail\u00a0? Ils en ont visiblement fait fi puisqu&rsquo;ils confondent encore l&rsquo;Italien Fassati avec Roques dans le vol commis au casino de Monte Carlo (<strong>page 69<\/strong>). On ne prend pas soin bien s\u00fbr de pr\u00e9ciser qu&rsquo;il s&rsquo;agit de Monte Carlo. Du vague, du flou, mais l&rsquo;histoire vraie\u00a0d&rsquo;un cambrioleur de g\u00e9nie !<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-5-chemineau.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4195\" title=\"Chemineau\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-5-chemineau-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-5-chemineau-200x300.jpg 200w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-5-chemineau.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 100px) 100vw, 100px\" \/><\/a>Le g\u00e9nie se travaille et l&rsquo;entreprise de d\u00e9molition publique se veut p\u00e9renne. Jacob s&rsquo;en donne les moyens. La quincaillerie achet\u00e9e \u00e0 Montpellier au nom de Rose (<strong>page 68<\/strong>) permet se se perfectionner dans l&rsquo;ouverture des \u00ab\u00a0coffiots\u00a0\u00bb. L&rsquo;usage de l&rsquo;argot est important, Jacob est un p\u00e8gre qui assure ses arri\u00e8res. Sauf que cet arri\u00e8re se trouve plus vraisemblablement \u00e0 Toulouse et non \u00e0 Montpellier et ce fut certainement l&rsquo;anarchiste Narcisse qui ouvrit la boutique pour l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur. Le fait est v\u00e9rifiable dans la correspondance de l&rsquo;anarchiste. La bande finit par se d\u00e9placer \u00e0 Paname (<strong>page 70<\/strong>) par soucis d&rsquo;efficacit\u00e9. Matz et Chemineau peuvent alors expliquer son fonctionnement (<strong>page 73<\/strong>) et son mode op\u00e9ratoire par brigade (<strong>page 74<\/strong>) ainsi que l&rsquo;\u00e9coulement des produits soustraits aux honn\u00eates gens par l&rsquo;entremise du fondeur Brunus qui apparait comme un soulot parfait dont la boutique p\u00e9riclite (<strong>page 70<\/strong>). Bien \u00e9videmment Jacob signe quelques-unes de ses rapines en laissant un petit billet\u00a0: \u00ab\u00a0Aux juges de paix, je d\u00e9clare la guerre. Attila\u00a0\u00bb (<strong>page 74<\/strong>) ou encore \u00ab\u00a0Dieu tout puissant, retrouve donc tes voleurs. Attila\u00a0\u00bb (<strong>page 76<\/strong>). D\u00e9clarations sans date et apocryphes. Le 1<sup>er<\/sup> petit mot est laiss\u00e9 chez le sieur Hulot, juge de paix au Mans, dans la nuit du 9 au 10 juin 1901. L&rsquo;homme de loi a pu alors r\u00e9ellement lire\u00a0: \u00ab\u00a0Au juge de paix, nous d\u00e9clarons la guerre\u00a0\u00bb. Erreur sur le singulier et sur la 1<sup>e<\/sup> personne du pluriel. On ne va pas chipoter dans la rillette\u00a0? Le second billet mentionn\u00e9 a bien \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 dans une \u00e9glise, le 14 f\u00e9vrier 1901, celle de Saint Sever \u00e0 Rouen. Mais l\u00e0 encore les auteurs de la BD se trompent\u00a0; on pourra lire en r\u00e9alit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu des voleurs recherche les voleurs de ceux qui en ont vol\u00e9 d&rsquo;autres\u00a0\u00bb. De la chicanerie normande fort probablement\u00a0!<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr tous les vols des Travailleurs de la Nuit ne pouvaient pas appara\u00eetre dans ce formidable ouvrage. Il a fallu faire des choix. Comme nous pouvions le supputer, celui de la rue Quincampoix (<strong>page 77 et 78<\/strong>) et celui commis chez Pierre Loti (<strong>page 84<\/strong>) mettent ici en relief la formidable op\u00e9ration de d\u00e9placement de capitaux. Logique. Ils sont parlants, \u00e9difiants, spectaculaires. Mais leur narration est particuli\u00e8rement tronqu\u00e9e. Jacob laisse un billet d&rsquo;excuse et de\u00a0 l&rsquo;argent pour r\u00e9paration du carreau cass\u00e9 chez l&rsquo;auteur de <em>Ramuntcho<\/em> et de <em>P\u00eacheur d&rsquo;Islande<\/em>. Le fait est-il prouvable\u00a0? Alain Sergent dans un <em>Anarchiste de la Belle Epoque<\/em> mentionne bien en 1950 ce vol. Il tient son information de Jacob lui-m\u00eame. Mais il n&rsquo;en dit pas plus. Pas de billet d&rsquo;excuse non plus aux Archives de Charente Maritime ni dans celle de a famille Loti. En revanche, le billet apparait dans la biographie de &#8230; mais chut\u00a0!, nous n&rsquo;avons pas fini notre inventaire. Quelque temps auparavant, Jacob cambriole rue Quincampoix \u00e0 Paris. Matz et Chemineau en font deux pages. \u00ab\u00a0Le coup du parapluie\u00a0\u00bb bien\u00a0 entendu mais aussi un formidable passage par les to\u00eets qui sert d&rsquo;illustration en premi\u00e8re de couverture. Nous avons pr\u00e9c\u00e9demment vu Jacob accompagn\u00e9 pour ce cambriolage de Roques et Roy\u00e8re. Quel dommage que l&rsquo;imagination d\u00e9bordante ait d\u00e9bord\u00e9 \u00e0 ce point. Ce n&rsquo;est m\u00eame plus de l&rsquo;imagination c&rsquo;est une crue de fantaisie cr\u00e9atrice ensevelissant la pr\u00e9sence de Clarenson et Bonnefoix sous de flots d&rsquo;incertitude pour r\u00e9v\u00e9ler une usine \u00e0 vols\u00a0!<\/p>\n<p>Mais comme toute bonne histoire ayant une fin, elle ne pouvait ici qu&rsquo;\u00eatre douloureuse. Et elle le fut pour notre entendement. Comme le prol\u00e9gom\u00e8ne d&rsquo;une triste fin\u00a0 annonc\u00e9e, les auteurs mettent en sc\u00e8ne l&rsquo;arrestation de Roy\u00e8re aux <strong>pages 79 et 80<\/strong>. Orl\u00e9ans, l&rsquo;interpellation par la police, la fuite, le tir de Jacob sur l&rsquo;agent Couillot (le nom n&rsquo;est pas donn\u00e9) et Roy\u00e8re qui se fait pincer. Jugement. Les travaux forc\u00e9s \u00e0 perpet., le bagne, la mort nous dit-on <strong>\u00e0 la page suivante <\/strong>! Pour un peu, nous aurions pu croire que l&rsquo;ancien infirmier de l&rsquo;asile Montperrin d&rsquo;Aix en Provence avait tr\u00e9pass\u00e9 \u00e0 la prison de Fontevraud peu de temps avant l&rsquo;ouverture du proc\u00e8s d&rsquo;Orl\u00e9ans en juillet 1905. Il y a d\u00fb avoir un glissement de terrain entre le Loiret et la Guyane. Mais cet \u00e9pisode laisse encore cinq longues pages de vie libre \u00e0 Jacob. Les vols peuvent continuer encore un temps. Jusqu&rsquo;\u00e0 \u00ab\u00a0Abbeville ou ailleurs cela ne changeait rien\u00a0\u00bb nous disent Matz et Chemineau <strong>\u00e0 la page 86<\/strong>. Jacob tire sur un flic\u00a0; il ne l&rsquo;a pas embrass\u00e9 et le pandore avait \u00ab\u00a0seulement \u00e9t\u00e9 touch\u00e9\u00a0\u00bb. Six poulets entourent l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur qui pr\u00e9sente un visage ensanglant\u00e9. Nous apprenons donc que l&rsquo;agent Pruvost n&rsquo;est pas mort puisqu&rsquo;il n&rsquo;existe plus en cette matin\u00e9e du 22 avril 1903. A moins que les auteurs n&rsquo;aient encore m\u00e9lang\u00e9 des personnages et Pruvost deviendrait Anquier\u00a0? Nous apprenons aussi que six policiers sont descendus en gare de Pont R\u00e9my (on pr\u00e9cise pour les auteurs qui \u00e9voquent \u00ab\u00a0une gare voisine\u00a0\u00bb) alors qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient que deux en r\u00e9alit\u00e9. Six c&rsquo;est nettement mieux pour la dramaturgie. Il faut bien cela pour stopper un fauve enrag\u00e9. Un peu comme Ravachol en 1892\u00a0?<\/p>\n<p>Stopper\u00a0? Jacob est condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 \u00e0 la <strong>page 88<\/strong>. Mais les auteurs ont pris soin de revenir sur le proc\u00e8s en incluant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un soutien anarchiste puisque des \u00ab\u00a0camarades\u00a0\u00bb envoient \u00e0 la <strong>page 87<\/strong> une lettre anonyme de menace au jury. Il y en eut deux en fait. Pour la premi\u00e8re fois apparaissent quelques nouveaux noms de complices\u00a0: Ferrand mais aussi Bour, Clarenson, Sautarel et Ferr\u00e9. Et c&rsquo;est tout. La France a peur et nous aussi. La France et le public de la salle d&rsquo;audience rient aux bons mots de Jacob, pas vraiment nous en lisant cette bande-dessin\u00e9e. Nous pourrions ais\u00e9ment arr\u00eater ici notre propos au regard du peu de pages qu&rsquo;il nous rester \u00e0 tourner. La main devient de plus en plus lourde. Courage, il reste encore quelques bonnes perles.<\/p>\n<p>La <strong>page 89<\/strong> est un titre\u00a0: \u00ab\u00a0la guillotine s\u00e8che\u00a0\u00bb\u00a0; elle est courte, elle ne fait que 17 pages. Jacob passe pourtant dix-neuf ans de sa vie aux \u00eeles du Salut. Apr\u00e8s les vols,\u00a0 le survol d&rsquo;une vie d&rsquo;enferm\u00e9 \u00e0 ciel ouvert et nous pouvons donc nous attendre \u00e0 quelques grossi\u00e8res erreurs. Les auteurs commencent fort cette p\u00e9riode et m\u00eame tr\u00e8s fort. <strong>Page 92<\/strong>, Jacob est au d\u00e9p\u00f4t p\u00e9nitentiaire de Saint Martin de R\u00e9, il attend avec les autres d\u00e9tenus son d\u00e9part pour le bagne. C&rsquo;est bien, mais c&rsquo;est faux. Jacob est mis \u00e0 l&rsquo;isolement une fois pass\u00e9e les portes de la sinistre maison. Officiellement, il subit une hospitalisation pour une tr\u00e8s forte bronchite. Un d\u00e9but de tuberculose peut-\u00eatre. Il ne sort de l&rsquo;infirmerie que pour son embarquement sur le Loire. Un pr\u00e9v\u00f4t tatou\u00e9 de son matricule, 32855 (<strong>page 93<\/strong>), ce qui laisse suppos\u00e9 qu&rsquo;il se trouv\u00e9 \u00e0 Saint Martin de R\u00e9 depuis plus de deux ans alors que la France organise deux d\u00e9parts par an vers le bagne, crache dans la soupe servie \u00e0 notre h\u00e9ros qui saura s&rsquo;en souvenir. Certes nombre de bagnards sont tatou\u00e9s mais il n&rsquo;y a gu\u00e8re qu&rsquo;\u00e0 Auschwitz que l&rsquo;inscription du num\u00e9ro se fait sur les d\u00e9port\u00e9s comme sur du vulgaire et mortif\u00e8re b\u00e9tail. Marie Jacob est venue voir son rejeton pour le grand d\u00e9part, elle pleure \u00e0 chaudes larmes (<strong>page 94 et 95<\/strong>) en ce mois de d\u00e9cembre 1905. C&rsquo;est une histoire d&rsquo;autant plus triste que la m\u00e8re du voleur est effectivement pass\u00e9e \u00e0 Saint Martin de R\u00e9 mais ce fut un mois plus t\u00f4t. Elle n&rsquo;a donc pas pu assister au grand d\u00e9m\u00e9nagement des hommes punis. Et Jacob de voguer sur l&rsquo;Atlantique dans ces fameuses cages de la Loire (<strong>page 95<\/strong>) plut\u00f4t que d&rsquo;\u00eatre r\u00e9ellement mis en isolement comme \u00e0 Saint Martin de R\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-7.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4196\" title=\"Matz et Chemineau, Le Travailleur de la Nuit, Rue de S\u00e8vres, 2017\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-7-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-7-300x150.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-7.jpg 940w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>La Guyane, son soleil, sa chaleur \u00e9touffante et ses cailloux \u00e0 casser (<strong>page 97<\/strong>) m\u00eame si aux \u00eeles du Salut o\u00f9 sont imm\u00e9diatement mises les vedettes des cours d&rsquo;assises, il n&rsquo;y a pas de cailloux \u00e0 casser. A peine quelques chemins \u00e0 rempierrer et des herbes \u00e0 arracher et c&rsquo;est tout. Mortelle monotonie. Mais l&rsquo;on voit un Jacob pugnace et \u00e0 l&rsquo;infaillible instinct de survie, m\u00fb par la solidarit\u00e9 avec ses compagnons de fortune qu&rsquo;il d\u00e9fend imm\u00e9diatement de sa connaissance du droit (<strong>page 98<\/strong>) acquise apr\u00e8s sa sortie des cachots de Saint Joseph en 1912\u00a0! Il est au bagne depuis le 13 janvier 1906. Pendant ce temps Marie Jacob fait des m\u00e9nages, elle l&rsquo;\u00e9crit \u00e0 son fils (<strong>page 100<\/strong>). En vrai, la m\u00e8re du d\u00e9tenu est couturi\u00e8re et trouve \u00e0 s&#8217;employer dans les caf\u00e9s-concerts de la capitale d\u00e8s sa sortie de prison le 1<sup>er<\/sup> octobre 1905. A <strong>la page 102<\/strong>, le matricule 34777 retrouve le matricule 32855 et le tue au hasard d&rsquo;une promenade sur les \u00eeles o\u00f9, pour le coup, un caillou est r\u00e9ellement cass\u00e9 et le corps du tr\u00e9pass\u00e9 jet\u00e9 \u00e0 la mer comme nourriture aux requins qui infestent les eaux environnantes. Le temps du bagne approche \u00e0 sa fin et Jacob se fait un nouvel ami\u00a0: le docteur Rousseau (<strong>page 103<\/strong>) avec qui il projette d&rsquo;\u00e9crire un livre et \u00e0 qui il promet de ne pas s&rsquo;\u00e9vader (<strong>page 104<\/strong>). L\u00e0, c&rsquo;est franchement et path\u00e9tiquement dr\u00f4le\u00a0! Le fagot retrouve le moral gr\u00e2ce \u00e0 ce travail propos\u00e9 par Rousseau qui quitte la guyane en m\u00eame temps que Jacob apprend, <strong>page 105<\/strong> et en 1923, la mort de Rose Roux, sa Rose qui officiellement est tr\u00e9pass\u00e9e seize ann\u00e9es plus t\u00f4t\u00a0! Le 30 d\u00e9cembre 1927, Jacob <strong>\u00e0 la page 106<\/strong> est d\u00e9tenu depuis deux ans en France et les portes de la centrale de &#8230; Melun s&rsquo;ouvrent pour lui sur sa nouvelle vie d&rsquo;homme libre. Matz et Chemineau signalent tout de m\u00eame un passage de Rennes \u00e0 Fresnes avant Melun. C&rsquo;est ballot, \u00e7a fait un sacr\u00e9 zig-zag m\u00eame si la date de lib\u00e9ration est exacte. Mais elle n&rsquo;apparait pas dans la biographie d&rsquo;inspiration suppos\u00e9e. Les auteurs ont donc d&rsquo;autres sources mais ils ne les ont utilis\u00e9es qu&rsquo;ici et sont parvenus \u00e0 se planter sur les lieux.<\/p>\n<p>Le dernier chapitre, \u00ab\u00a0Je me suicide un samedi\u00a0\u00bb s&rsquo;ouvre sur un paysage berrichon. Oubli\u00e9 Paris et ses infortunes\u00a0? Sa fortune plut\u00f4t car c&rsquo;est l\u00e0 que Jacob y prosp\u00e8re avant de quitter la capitale pour se faire marchand forain. Le dessin du barnum, <strong>page 110 <\/strong>est d&rsquo;ailleurs directement inspir\u00e9 de l&rsquo;article d&rsquo;Alexis Danan paru dans <em>Voil\u00e0<\/em> en 1937. Mais cet article n&rsquo;est pas mentionn\u00e9 en bibliographie. Dommage. L&rsquo;homme vend des articles de bonneterie sur les march\u00e9s de la r\u00e9gion, il y rencontre Paulette en 1938 (<strong>page 111<\/strong>) et se marie avec elle l&rsquo;ann\u00e9e suivante (<strong>page 112<\/strong>). Il semble heureux mais on ne sait pas qui est Paulette Charron. La guerre gronde \u00e0 l&rsquo;horizon, Marie Jacob meurt (<strong>page 113<\/strong>) et Jacob a bigrement vieilli. Il semble d\u00e9tach\u00e9 de tout, imperm\u00e9able \u00e0 toute \u00e9preuve m\u00eame celle de son dernier proc\u00e8s en 1942 (<strong>page 114 \u00e0 116<\/strong>)\u00a0; du tissu non d\u00e9clar\u00e9, un soup\u00e7on de march\u00e9 noir qui logiquement sous Vichy est puni de la peine de mort, un juge bienveillant qui sourit quand l&rsquo;avocat du marchand forain met en avant un honn\u00eate homme vierge de son casier judiciaire. L&rsquo;anecdote est vraie, l&rsquo;avocat s&rsquo;appelle Boudrand, le juge Clostres et Jacob fut condamn\u00e9 \u00e0 une quinzaine de jours de prison &#8230; \u00e0 la Lib\u00e9ration. 1943, Jacob et Paulette cachent <strong>aux pages 117 et 118<\/strong> une poign\u00e9e de r\u00e9sistants chez eux, dans leur maisonn\u00e9e \u00e0 Bois Saint Denis. Cool, Matz et Chemineau reprennent leur source biographique principale d&rsquo;inspiration. Cool et dr\u00f4le parce que fausse. Un petit tour par le Berry aurait permis aux auteurs de s&rsquo;en apercevoir. 1944, c&rsquo;est la d\u00e9bandade de l&rsquo;arm\u00e9e allemande. Des R\u00e9sistants qui ne doivent pas \u00eatre les m\u00eames que ceux h\u00e9berg\u00e9s l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente &#8211; ou alors ils seraient bien peu reconnaissants &#8211; perquisitionnent chez les Jacob <strong>aux pages 119 et 120<\/strong>. La Bd tire \u00e0 sa fin et il fallait bien une derni\u00e8re et savoureuse r\u00e9plique du vieil homme (\u00ab\u00a0Des voyous j&rsquo;en ai connus, ce n&rsquo;est pas fait comme \u00e7a\u00a0\u00bb dit-il au jeune r\u00e9sistant s&rsquo;excusant) avant le suicide final qui occupe les cinq derni\u00e8re pages (<strong>122 \u00e0 126<\/strong>), du repas donn\u00e9 aux enfants du hameau de Reuilly \u00e0 l&rsquo;injection de morphine et aux gros plan sur les yeux qui se ferment. On en pleurerait.<\/p>\n<p>Vint la postface. Deux pages o\u00f9 Matz, le sc\u00e9nariste, tente maladroitement de rajouter quelques informations sur le contexte social de cette \u00e9poque qui ne fut pas Belle et avoue la dr\u00f4lerie dialectique de l&rsquo;homme, son admiration face \u00e0 son courage et son endurance au bagne. Il dit encore avoir pioch\u00e9 chez des \u00ab\u00a0tribuns\u00a0\u00bb anarchistes pour quelques-uns de ces dialogues. On a vu comment et pourtant on n&rsquo;a si peu vu l&rsquo;id\u00e9al libertaire. C&rsquo;est peut-\u00eatre pour cela que l&rsquo;auteur termine son propos en affirmant qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0difficile de savoir\u00a0\u00bb si Ars\u00e8ne Lupin et patati et patata. Mais non mon petit Matz, faut assumer, la lupinose tu as chop\u00e9e\u00a0! La preuve, cette BD et cette pr\u00e9face o\u00f9 sont \u00e9voqu\u00e9s <em>Gil Blas<\/em>, le journal o\u00f9 Maurice Leblanc travaillait comme chroniqueur mondain et litt\u00e9raire, \u00a0mais aussi le voleur qui \u00ab\u00a0ne volait qu&rsquo;aux riches\u00a0\u00bb. On ne dit pas pourtant que Lupin ne donnait pas le fruit de ses larcins aux plus n\u00e9cessiteux. La preuve encore, tout \u00e7a \u00ab\u00a0rappelle quand m\u00eame un peu le c\u00e9l\u00e8bre Ars\u00e8ne &#8230;\u00a0\u00bb Important quand m\u00eame les trois petits points. P\u00e9p\u00e9 Matz, communiste et grand-p\u00e8re de l&rsquo;auteur n&rsquo;aurait pas compris autrement l&#8217;empathie pour \u00ab\u00a0un gauchiste, un fouteur de merde. M\u00e9rite pas un bouquin\u00a0\u00bb. Si si Alexandre Jacob m\u00e9rite un, deux, trois livres et m\u00eame plus mais pas celui-ci qui puise comme l&rsquo;indique la courte bibliographie chez Bernard Thomas entre autres.<\/p>\n<p>Voil\u00e0\u00a0! Nous y sommes. C&rsquo;est de l\u00e0 que viennent les informations croustillantes. C&rsquo;est de l\u00e0 que surgissent certains dialogues surprenants. C&rsquo;est de l\u00e0 que les auteurs ont plong\u00e9 dans l&rsquo;erreur. Faut-il rappeler ce qu&rsquo;\u00e9crivait feu le journaliste au <em>Canard Encha\u00een\u00e9<\/em> en 1998 \u00e0 la sortie de la deuxi\u00e8me version de sa biographie de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur alors que notre ami Jean-Fran\u00e7ois Amary lui reprochait un joli roman\u00a0? Nous croyons que cela pourrait servir \u00e0 mettre un point final dans la compr\u00e9hension des nombreuses erreurs et errements biographiques commis dans cette bande dessin\u00e9e. Bernard Thomas, donc, r\u00e9pond de mani\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement courrouc\u00e9e et affirme que son livre a \u00ab\u00a0le s\u00e9rieux d&rsquo;une th\u00e8se universitaire sans en avoir l&rsquo;ennui\u00a0\u00bb. Et il rajoute que quand les sources viennent \u00e0 manquer, il les comble\u00a0! No comment.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-6.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4197\" title=\"Matz et Chemineau, Le Travailleur de la Nuit, Rue de S\u00e8vres, 2017\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-6-228x300.jpg\" alt=\"\" width=\"117\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-6-228x300.jpg 228w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/matz-chemineau-6.jpg 650w\" sizes=\"(max-width: 117px) 100vw, 117px\" \/><\/a>Alors Matz et Chemineau ont compl\u00e9t\u00e9 leur recherche par d&rsquo;autres lectures. Bien s\u00fbr apparaissent les <em>Ecrits<\/em> parus chez l&rsquo;Insomniaque mais ont-ils vraiment \u00e9t\u00e9 lus pour pondre une telle chose\u00a0? Bien s\u00fbr le <em>M\u00e9decin au bagne<\/em> du Docteur Rousseau apparait \u00e9galement mais a-t-il vraiment \u00e9t\u00e9 ouvert pour montrer Jacob cassant des Cailloux \u00e0 Cayenne comme dans la chanson de Jacques Higelin\u00a0? Voil\u00e0, l&rsquo;ouvrage est referm\u00e9, et c&rsquo;est tant mieux. Nous l&rsquo;avons remis\u00e9 au rayon historiographie jacobienne\u00a0 car il r\u00e9v\u00e8le une certaine image de l&rsquo;honn\u00eate homme. Certes nous avons bien compris la n\u00e9cessit\u00e9 sc\u00e9naristique pour les auteurs de fusionner des personnages, de donner du rythme au r\u00e9cit, etc. Mais toutes ces ficelles d&rsquo;auteur finissent par appara\u00eetre aussi \u00e9paisses que les cordages des navires sur lesquels Jacob a pu bourlinguer. Elles se font aussi au d\u00e9triment d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 historique qui n&rsquo;est pas forc\u00e9ment celle ici narr\u00e9e malgr\u00e9 la sinc\u00e9rit\u00e9 avou\u00e9e du propos dans la postface. Nous avons donc referm\u00e9 l&rsquo;ouvrage et vous n&rsquo;aurez donc pas \u00e0 l&rsquo;ouvrir. On l&rsquo;a subi pour vous.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   false      21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\n\tmso-bidi-theme-font:minor-bidi;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;honn\u00eate cambrioleur serait-il en passe de devenir un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel\u00a0? En d\u00e9cembre dernier, le magazine \u00e0 vocation \u00e9ponyme, T\u00e9l\u00e9rama, dressait des louanges m\u00e9rit\u00e9es au docu-fiction d&rsquo;Olivier Durie, diffus\u00e9e sur la cha\u00eene Histoire dirig\u00e9e par le si peu progressiste Patrick Buisson. 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