{"id":4046,"date":"2016-05-21T01:10:32","date_gmt":"2016-05-20T23:10:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=4046"},"modified":"2016-03-17T12:05:27","modified_gmt":"2016-03-17T10:05:27","slug":"lupinose-en-bulles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2016\/05\/lupinose-en-bulles\/","title":{"rendered":"Lupinose en bulles"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/alexandre-jacob-nest-pas-arsene-lupin.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4047\" title=\"Alexandre Jacob n\\'est pas Ars\u00e8ne Lupin !\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/alexandre-jacob-nest-pas-arsene-lupin-300x152.jpg\" alt=\"\" width=\"306\" height=\"155\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/alexandre-jacob-nest-pas-arsene-lupin-300x152.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/alexandre-jacob-nest-pas-arsene-lupin.jpg 756w\" sizes=\"(max-width: 306px) 100vw, 306px\" \/><\/a><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]-->La sortie du <em>Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/em> chez Sarbacane en janvier dernier n&rsquo;est de toute \u00e9vidence pas pass\u00e9e inaper\u00e7ue et c&rsquo;est tant mieux. L&rsquo;ouvrage le m\u00e9rite amplement. La couverture m\u00e9diatique, \u00e9manant surtout de la presse sp\u00e9cialis\u00e9e, r\u00e9v\u00e8le la qualit\u00e9 de la bande dessin\u00e9e retra\u00e7ant une partie de la vie de cet honn\u00eate homme que fut Alexandre Jacob. Elle a de quoi attirer, bien \u00e9videmment, l&rsquo;\u0153il averti des amateurs de bulles, elle retient aussi l&rsquo;attention des sectateurs de la muse Clio ou encore celle des lecteurs de feuilles r\u00e9gionales. Ainsi, pourra-t-on apprendre que Ga\u00ebl Henry, le dessinateur, d\u00e9dicace son livre dans une librairie de Lille ou que Vincent Henry, le sc\u00e9nariste, n&rsquo;a pas imagin\u00e9 la fin de la vie de \u00ab\u00a0l&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin de Reuilly\u00a0\u00bb\u00a0! Mais rares sont les papiers ne versant pas dans l&rsquo;amalgame entre le r\u00e9el et l&rsquo;imaginaire.<!--more--><\/p>\n<p>Si certains propos usent du conditionnel, la plupart d&rsquo;entre eux affirment, par facilit\u00e9 et \u00a0quitte \u00e0 r\u00e9\u00e9crire l&rsquo;histoire selon leur a priori tout en pratiquant une esp\u00e8ce d&rsquo;inversion dialectique et anachronique, la filiation entre l&rsquo;ill\u00e9galiste anarchiste et le gentleman de Maurice Leblanc. Le milieu anar peut alors \u00ab\u00a0sortir ses griffes\u00a0\u00bb\u00a0; Alexandre Jacob serait &#8230; est qui vous savez. \u00a0On finit m\u00eame pour quelques articles par se demander si les auteurs ont r\u00e9ellement lu l&rsquo;ouvrage qu&rsquo;ils recensent. Mais oui, on peut \u00eatre voleur et honn\u00eate. Mais oui l&rsquo;homme fut d&rsquo;abord anarchiste avant de devenir un criminel. Le contraire rend d&rsquo;ailleurs l&rsquo;histoire inop\u00e9rante. Elle est plus complexe que celle d&rsquo;un fait divers hors norme. Si multiforme et malais\u00e9e, que la lupinose apparait comme un param\u00e8tre aussi app\u00e9tissant que le hamburger vedette d&rsquo;une grande cha\u00eene de restauration rapide.\u00a0 On lit, on consomme mais la digestion est, elle, nettement plus tendue, \u00e0 la hauteur du simpliste et pr\u00e9m\u00e2ch\u00e9 propos \u00e9crit. Reste quelques t\u00e2ches de gras &#8230;<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"114\" height=\"153\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 114px) 100vw, 114px\" \/><\/a>Livres Hebdo<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00b01061<\/strong><\/p>\n<p><strong>6 novembre 2015<\/strong><\/p>\n<p>Vols de nuit<\/p>\n<p>BD France<\/p>\n<p>Alexandre Jacob a fait l&rsquo;objet de cinq biographies entre 1950 et 2012. Mais la vie de cet anarchiste-cambrioleur (1879- 1954), qui conduisit \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une \u00e9quipe de \u00ab travailleurs de la nuit \u00bb pr\u00e8s de cinq cents cambriolages entre 1899 et 1905, reste mal connue. Vincent Henry (l&rsquo;\u00e9diteur de La Bo\u00eete \u00e0 bulles, au sc\u00e9nario) et Ga\u00ebl Henry resituent avec brio la trajectoire de cet aventurier de la Belle Epoque qui volait pour \u00ab donner aux pauvres \u00bb et au mouvement anarchiste. <strong>Ce Robin des Bois moderne inspira \u00e0 Maurice Leblanc le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin.<\/strong> Mais il ne se r\u00e9duisait pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance morale, \u00e0 l&rsquo;humour et \u00e0 l&rsquo;\u00e9loquence de son double de papier. Alexandre Jacob \u00e9tait d&rsquo;abord caract\u00e9ris\u00e9 par son enracinement social et son ind\u00e9fectible engagement politique anarchiste. Le grand m\u00e9rite du travail appara\u00eetre les d\u00e9bats qui travers\u00e8rent le mouvement ouvrier \u00e9mergeant sur les moyens les plus pertinents de parvenir \u00e0 davantage de justice sociale, et sur les fronti\u00e8res entre engagement militant et crime organis\u00e9. Marseille, o\u00f9 il est n\u00e9, S\u00e8te, Montpellier, Paris, Orl\u00e9ans, Abbeville&#8230; La vie rocambolesque d&rsquo;Alexandre Jacob passe par les cases prison, \u00e9vasion et clandestinit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 son proc\u00e8s, en 1905 \u00e0 Amiens, suivi, via l&rsquo;\u00eele de R\u00e9, par sa d\u00e9portation \u00e0 Cayenne, o\u00f9 il reste vingt-deux ans. Pour rendre au dessin ce parcours fr\u00e9n\u00e9tique, le jeune Ga\u00ebl Henry, 26 ans, a beaucoup puis\u00e9 dans le style de Christophe Blain. On lui pardonne d&rsquo;autant qu&rsquo;il en tire le meilleur &#8211; le souffle, le mouvement -, s&rsquo;inspirant aussi des dessins de presse du d\u00e9but du XXe Si\u00e8cle. Fabrice Piault<\/p>\n<p>VINCENT ET GA\u00cbL HENRY<\/p>\n<p>Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/p>\n<p>SARBACANE<\/p>\n<p>TIRAGE : 6 000 EX.<\/p>\n<p>PRIX : 22,50 EUROS ; 160 P. ; BICHROMIE ISBN : 978-2-84865-838-4<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"110\" height=\"148\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 110px) 100vw, 110px\" \/><\/a>Bandes originales pour bandes dessin\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/bobd.over-blog.com\/2016\/01\/c-est-le-plus-grand-des-voleurs-ah-non-c-est-pas-lui-alexandre-jacobb-vs-arsene-lupin.html<\/p>\n<p><strong>4 janvier 2016<\/strong><\/p>\n<p><strong>C&rsquo;est le plus grand des voleurs&#8230;ah non c&rsquo;est pas lui \/ Alexandre Jacobb Vs. Ars\u00e8ne Lupin<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est quoi : ALEXANDRE JACOB. JOURNAL D&rsquo;UN ANARCHISTE CAMBRIOLEUR.<\/p>\n<p>C&rsquo;est de qui ? Vincent et Ga\u00ebl Henry<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 crois\u00e9s sur B.O BD? Non<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e9dit\u00e9 chez qui ? Sarbacane, un lien vers le site :<\/p>\n<p>http:\/\/editions-sarbacane.com\/alexandre-jacob-journal-dun-anarchiste-cambrioleur-2\/<\/p>\n<p>\u00c7a donne Quoi ? Si j&rsquo;avais de vraies inclinaisons politiques, les lecteurs de B.O BD l&rsquo;ont compris avec le temps, elles seraient probablement tr\u00e8s \u00e0 gauche, sous les drapeaux rouges (des L\u00e9ninistes) voir sous les drapeaux noirs (ceux des anarchistes). Ceci \u00e9tant dit, vous vous doutez que c&rsquo;est avec un certain int\u00e9r\u00eat que j&rsquo;ai lu cette \u00e9vocation de la vie d&rsquo;Alexandre Jacob, personnage peu connu du grand public et pourtant haut en couleur. <strong>Libre penseur, rebelle \u00e0 quasi toute forme d&rsquo;autorit\u00e9 et adepte de la cambriole de haut vol dans l&rsquo;esprit d&rsquo;un Robin des Bois du d\u00e9but du XX\u00b0 si\u00e8cle.<\/strong> Les deux Henry livrent une belle copie, qui \u00e9voque avec humour et \u00e9motion le parcours rocambolesque de notre h\u00e9ros, de ses d\u00e9buts dans les petites combines jusqu&rsquo;aux \u00ab Travailleurs de la Nuit \u00bb, sa petite entreprise de cambrioleurs forcen\u00e9s. Les passages du proc\u00e8s sont aussi truculents que le personnage qui n&rsquo;\u00e9chappera pas au bagne dont il reviendra cependant apr\u00e8s plus de 20 ans. Au rayon des petits b\u00e9mols j&rsquo;aurais aim\u00e9 que le sc\u00e9nario insiste un peu plus sur la redistribution des butins des rapines de Jacob et ses acolytes (qui du coup passent parfois plus pour des as de la cambriole que comme des amis des \u00ab petits et des faibles \u00bb) et je trouve que le style de Ga\u00ebl Henry est parfois tr\u00e8s (trop) influenc\u00e9 par celui de Manu Larcenet (voir de Blain) et gagnerait \u00e0 s&rsquo;en \u00e9manciper (surtout qu&rsquo;on sent un vrai potentiel derri\u00e8re). Rien de terrible cela \u00e9tant, l&rsquo;album reste des plus r\u00e9ussi et est en plus enrichi d&rsquo;un suppl\u00e9ment riche en documents d&rsquo;\u00e9poques sur Jacob et les siens.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"113\" height=\"153\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 113px) 100vw, 113px\" \/><\/a>Historia<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.historia.fr\/web\/nos-critiques\/alexandre-jacob-gentleman-anarchiste-05-01-2016-139216<\/p>\n<p><strong>5 janvier 2016<\/strong><\/p>\n<p>Alexandre Jacob, <strong>gentleman anarchiste<\/strong><\/p>\n<p>Nos critiques &#8211; 05\/01\/2016 par V\u00e9ronique Dumas<\/p>\n<p><strong>Saviez-vous que l&rsquo;anarchiste Alexandre Marius Jacob est l&rsquo;un des personnages qui a inspir\u00e9 \u00e0 Maurice Leblanc Ars\u00e8ne Lupin ? <\/strong>N\u00e9 en 1879 \u00e0 Marseille, d&rsquo;un p\u00e8re boulanger d&rsquo;origine alsacienne qui a fui sa r\u00e9gion devenue allemande, il s&rsquo;engage comme mousse \u00e0 douze ans et voyage jusqu&rsquo;en Australie avant de d\u00e9serter. La fr\u00e9quentation des navires, microcosme de la soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque, de la cale au pont sup\u00e9rieur, a sans doute en partie d\u00e9cid\u00e9 de son engagement dans le militantisme anarchiste et un \u00ab ill\u00e9galisme pacifiste \u00bb revendiqu\u00e9. Se faisant passer avec deux complices, pour des policiers lors d&rsquo;un premier vol au mont-de-pi\u00e9t\u00e9 de Marseille en 1899, il fait rire la France enti\u00e8re. Alexandre Jacob vient d&rsquo;entrer dans la l\u00e9gende des monte-en-l&rsquo;air de grande classe de la Belle \u00c9poque. De ruses en d\u00e9guisements, il trompe ses victimes et signe ses forfaits d&rsquo;une carte au nom d&rsquo;Attila.<\/p>\n<p>Vincent Henry et Ga\u00ebl Henry ont trouv\u00e9 en ce <strong>voleur au grand coeur<\/strong>, r\u00e9put\u00e9 pour son humour et son intelligence qui ne d\u00e9pouille que les puissants, un h\u00e9ros de choix pour une bd de choc. Le cahier historique qui compl\u00e8te l&rsquo;album revient sur le destin de cet homme qui a surv\u00e9cu \u00e0 plus de vingt ans de bagne \u00e0 Cayenne et a lutt\u00e9 pour am\u00e9liorer le sort de ces compagnons d&rsquo;infortune.<\/p>\n<p>Par V\u00e9ronique Dumas<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"114\" height=\"153\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 114px) 100vw, 114px\" \/><\/a>Boulevard de la BD<\/strong><\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"8SsoM4JkX6\"><p><a href=\"http:\/\/boulevarddelabd.com\/alexandre-jacob-journal-dun-anarchiste-cambrioleur\/\">Alexandre Jacob &#8211; Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"http:\/\/boulevarddelabd.com\/alexandre-jacob-journal-dun-anarchiste-cambrioleur\/embed\/#?secret=8SsoM4JkX6\" data-secret=\"8SsoM4JkX6\" width=\"500\" height=\"282\" title=\"\u00ab\u00a0Alexandre Jacob &#8211; Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur\u00a0\u00bb &#8212; DU BOULEVARD DE LA BD AUX ARTS PLURIELS\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p><strong>Mis en ligne 6 janvier 206<\/strong><\/p>\n<p>Alexandre Jacob &#8211; Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/p>\n<p>Texte Vincent Henri, dessin Ga\u00ebl Henry &#8211; Ed. Sarbacane, 160 p., 22,50 \u20ac<\/p>\n<p>On est en mars 1905, pas de suspense possible, celui qui d\u00e9fraie la chronique judiciaire du fait de ses multiples cambriolages, perp\u00e9tr\u00e9s au nom d&rsquo;un id\u00e9al anarchiste, est sur le point d&rsquo;\u00eatre jug\u00e9. \u00c0 vingt-six ans, il risque les travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9. Alexandre Jacob, que l&rsquo;on rep\u00e8re imm\u00e9diatement sur la bd \u00e0 son nez en forme de sucre d&rsquo;orge, n&rsquo;est pas seul dans le box des accus\u00e9s, ses complices, \u00a0\u00bb les Travailleurs de la nuit \u00ab\u00a0, attendent eux aussi de savoir \u00e0 quelle sauce ils vont \u00eatre d\u00e9vor\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce proc\u00e8s retentissant est, pour nous lecteurs, l&rsquo;occasion de d\u00e9couvrir les circonstances qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 l&rsquo;engagement politique de ce tout jeune homme, militant ind\u00e9fectible de la cause anarchiste, strat\u00e8ge hors-pair de la cambriole, et \u00e0 son arrestation.<\/p>\n<p>Le premier coup d&rsquo;essai de la bande se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un coup de ma\u00eetre: le directeur du tr\u00e8s embl\u00e9matique Mont-de-Pi\u00e9t\u00e9 est d\u00e9lest\u00e9 en moins de temps qu&rsquo;il n&rsquo;en faut pour l&rsquo;\u00e9crire des alliances et autres objets pr\u00e9cieux qui ont appartenu \u00e0 ceux que la mis\u00e8re avait pouss\u00e9s \u00e0 se s\u00e9parer de leurs pr\u00e9cieux souvenirs.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, les fric-frac s&rsquo;encha\u00eenent (150 avou\u00e9s), les parties de cache-cache avec la mar\u00e9chauss\u00e9e aussi, avec parfois retour \u00e0 la case prison pour le monte-en-l&rsquo;air, et \u00e9vasion rocambolesque en bouquet final. Jacob et ses complices ont l&rsquo;art du d\u00e9guisement et de la mystification, ils vont en user \u00e0 de nombreuses reprises. Mais tout cela, ce ne sont que des escarmouches, d\u00e9clare-t-il au bout de quelques temps. Fort de sa conviction de faire oeuvre de salubrit\u00e9 publique en d\u00e9pouillant les riches pour donner aux pauvres, le jeune marseillais d\u00e9sire maintenant mener une bataille d&rsquo;envergure contre le capitalisme et ses privil\u00e8ges.<\/p>\n<p>Alexandre Jacob r\u00e9pond sans jamais louvoyer aux questions que lui pose le pr\u00e9sident du tribunal d&rsquo;Amiens. Non seulement il assume les faits qui lui sont reproch\u00e9s, mais il les revendique haut et fort, avec un humour et un sens de la r\u00e9partie qui forcent l&rsquo;admiration.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que je pr\u00e9f\u00e8rerais \u00eatre libre et que mes compagnons ne risquent pas leur vie dans ce proc\u00e8s inique. Mais force est de reconna\u00eetre que ce tribunal m&rsquo;offre une tribune inestimable, une occasion inesp\u00e9r\u00e9e d&rsquo;ouvrir les yeux du peuple, \u00e9crit-il dans son journal. Cependant, s&rsquo;il se r\u00e9jouit de pouvoir d\u00e9livrer son message devant le plus grand nombre, il ronge son frein car compte bien jouer \u00a0\u00bb les filles de l&rsquo;air \u00a0\u00bb d\u00e8s que l&rsquo;occasion s&rsquo;en pr\u00e9sentera. Ne l&rsquo;a-t-il pas d\u00e9j\u00e0 fait ?<\/p>\n<p><strong>Comment ne pas \u00eatre fascin\u00e9 par cet homme \u00e9minemment romanesque (il a inspir\u00e9 le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin \u00e0 Maurice Leblanc)<\/strong>, rest\u00e9 libre et fid\u00e8le \u00e0 la cause anarchiste jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie, qu&rsquo;il a quitt\u00e9e quand bon lui a sembl\u00e9. On regrette \u00e9videmment que l&rsquo;album ne se concentre que sur les ann\u00e9es &#8211; fondamentales &#8211; qui vont grosso modo de 1890 \u00e0 1905, tant ce que l&rsquo;on y d\u00e9couvre est passionnant, mais les curieux pourront ais\u00e9ment en savoir plus, en consultant le site www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob ou en parcourant la th\u00e8se de doctorat en histoire contemporaine de Jean-Marc Delpech (Universit\u00e9 Nancy 2, 2006).<\/p>\n<p>Anne Calmat<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"148\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 111px) 100vw, 111px\" \/><\/a>Plan\u00e8tebd.com<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.planetebd.com\/bd\/sarbacane\/alexandre-jacob\/-\/28273.html<\/p>\n<p>Fabien Gil<\/p>\n<p><strong>7 janvier 2016<\/strong><\/p>\n<p>Alexandre Jacob<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire vraie d&rsquo;Alexandre Jacob, anarchiste cambrioleur qui, au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, voulu faire trembler la bourgeoisie en place. En r\u00e9ponse, elle l&rsquo;envoya au bagne pour 22 ans. <strong>Le combat d&rsquo;un d&rsquo;Ars\u00e8ne des bois contre le capitalisme naissant.<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire : Les presses du journal Germinal livrent le dernier num\u00e9ro. Le proc\u00e8s Jacob fait les gros titres. La foule se presse autour du fourgon qui le m\u00e8ne au tribunal, et essaie d&rsquo;apercevoir le visage de celui dont tout le monde parle. A l&rsquo;int\u00e9rieur, Alexandre Jacob essaie simplement de n\u00e9gocier une cigarette avec un des gendarmes qui semble l&rsquo;avoir plus en sympathie que son coll\u00e8gue. Alexandre se dit que ce proc\u00e8s est l&rsquo;occasion de d\u00e9crocher une tribune publique o\u00f9 il pourra ouvrir les yeux du peuple. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, les bonnes gens sont aveugl\u00e9es, \u00e0 tel point qu&rsquo;elles se rangent toujours du c\u00f4t\u00e9 des oppresseurs. Comme le jour de son arrestation, il s&rsquo;en rappelle bien, quand maladresses et imprudences le men\u00e8rent, lui et ses 2 complices, directement sur le banc des accus\u00e9s. Tout commence par un d\u00e9but de cambriolage un peu trop bruyant. Un t\u00e9moin se pr\u00e9cipite \u00e0 la gendarmerie pour signaler que des montes en l&rsquo;air sont \u00e0 l&rsquo;ouvrage en ville. Les trois comp\u00e8res, confiants dans l&rsquo;inertie de la mar\u00e9chauss\u00e9e, ne couvrent que partiellement leurs arri\u00e8res et partent tranquillement jusqu&rsquo;au village voisin. Quand les gendarmes leur tombent dessus \u00e0 la gare, ses complices prennent la fuite apr\u00e8s en avoir descendu un. Alexandre doit aussi faire feu pour se d\u00e9barrasser du dernier. Il sera quand m\u00eame rattrap\u00e9 par l&rsquo;estafette, alors qu&rsquo;il reprend son souffle dans les hautes herbes.<\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;on en pense sur la plan\u00e8te BD :\u00a0 A une \u00e9poque o\u00f9 consommation et individualisme sont religion, revenir \u00e0 une p\u00e9riode lointaine o\u00f9 le mal \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre est le choix int\u00e9ressant fait par Vincent Henry et son fr\u00e8re Ga\u00ebl. Ils abordent le sujet par les rocambolesques aventures d&rsquo;Alexandre Jacob, personnage hors norme, proclam\u00e9 anarchiste, qui d\u00e9cida de voler les riches, mais pas n&rsquo;importe lesquels : seulement ceux du c\u00f4t\u00e9 de la loi, de l&rsquo;Eglise, de la politique ou du sang. Narguant les autorit\u00e9s malgr\u00e9 les arrestations qui s&rsquo;encha\u00eenent, il paiera longtemps son engagement au nom des \u00ab pauvres \u00bb. Particuli\u00e8rement bien document\u00e9, le sc\u00e9nario de Vincent Henry retrace les moments cl\u00e9s qui ont contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner sa personne, ses valeurs et son engagement. Les lavis noir et blanc de Ga\u00ebl Henry s&rsquo;accordent bien avec l&rsquo;\u00e9poque et les personnages. L&rsquo;impr\u00e9cision des traits de ces derniers ne g\u00eane pas leur reconnaissance, tant les physiques sont remarquables, tellement moins lices qu&rsquo;un si\u00e8cle plus tard ! L&rsquo;atmosph\u00e8re est \u00e9galement bien rendue (cf. les costumes&#8230;) et le propos carr\u00e9ment philosophique, comme le souligne la quatri\u00e8me de couverture avec la fameuse citation de Joseph Proudhon \u00ab la propri\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est le vol \u00bb. C&rsquo;est en effet un des enjeux de cet album : une r\u00e9flexion sur la libert\u00e9 de penser une soci\u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente, dans un \u00e9tat conservateur o\u00f9 la bourgeoisie ne partagera jamais sa part du g\u00e2teau obtenue \u00e0 la sueur du peuple qu&rsquo;elle m\u00e9prise tant. L&rsquo;histoire de la vie de Jacob jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9part pour le bagne de Cayenne revient sur les morceaux de bravoures d&rsquo;un sans-grade qui, malgr\u00e9 ses d\u00e9m\u00eal\u00e9s judiciaires, traversera les \u00e9preuves, port\u00e9 par son juste combat. Les p\u00e9rip\u00e9ties s&rsquo;enchainent comme dans un film d&rsquo;action, faisant presque oublier qu&rsquo;Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur est un r\u00e9cit biographique \u00e0 cheval entre XIX et XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 111px) 100vw, 111px\" \/><\/a>Bulles picardes<\/strong><\/p>\n<p><strong>Blog du Courrier Picard<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/blog-picard.fr\/bulles-picardes\/les-albums-a-ne-pas-rater\/la-belle-echappee-de-marius-jacob-lhonnete-anarchiste-cambrioleur\/<\/p>\n<p>La belle \u00e9chapp\u00e9e de Marius Jacob, l&rsquo;honn\u00eate anarchiste cambrioleur<\/p>\n<p><strong>Publi\u00e9 le 8 janvier 2016 <\/strong><\/p>\n<p>Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur, Vincent Henry (sc\u00e9nario), Ga\u00ebl Henry (dessin). Editions Sarbacane, 156 pages, 22,50 euros.<\/p>\n<p><strong>Il inspira, selon la l\u00e9gende, le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin \u00e0 Maurice Leblanc.<\/strong> En Picardie, il fut aussi le principal pr\u00e9venu d&rsquo;un proc\u00e8s haut en couleurs et historique, \u00e0 Amiens en mars 1905, suite \u00e0 son arrestation \u00e0 Pont-R\u00e9my (pr\u00e8s d&rsquo;Abbeville), deux ans plus t\u00f4t apr\u00e8s un cambriolage rat\u00e9. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs par ce fait divers que d\u00e9bute cette biographie dessin\u00e9e d&rsquo;Alexandre \u00ab Marius \u00bb Jacob.<\/p>\n<p>Etait-il un cambrioleur anarchiste ou bien un anarchiste cambrioleur, th\u00e8se soutenue dans cet album ? Chantre de \u00ab l&rsquo;individualisme altruiste \u00ab\u00a0 Alexandre Jacob &#8211; plus connu sous son nom de \u00ab Marius Jacob \u00bb eu en tout cas une sacr\u00e9e destin\u00e9e. N\u00e9 \u00e0 Marseille en 1879, ayant sillonn\u00e9 les mers dans sa jeunesse (o\u00f9 il entrevit \u00e9galement toutes les mis\u00e8res sociales) avant de revenir \u00e0 la boulangerie paternelle, il aura \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dit\u00e9 de quelque 500 cambriolages &#8211; toujours chez les bourgeois ou les eccl\u00e9siastiques, jamais chez les artistes ou les \u00e9crivains. Des m\u00e9faits r\u00e9alis\u00e9s en grande partie pour la \u00ab cause \u00bb anarchiste, qu&rsquo;il embrassa tout jeune&#8230;<\/p>\n<p>D\u00e8s 16 ans, il entre dans le comit\u00e9 de r\u00e9daction de l&rsquo;Agitateur ou sa verve et sa gouaille font merveille. Ses premi\u00e8res actions ont encore des airs de bonnes blagues potaches, comme de jeter des boules puantes dans une \u00e9glise ou, plus fort, de se faire passer pour des policiers pour d\u00e9pouiller le directeur du Mont-de-Pi\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;envoyer une nuit en prison. Mais, rapidement, Marius Jacob va aussi faire connaissance avec les forces de l&rsquo;ordre et subit sa premi\u00e8re arrestation en 1897, alors \u00e2g\u00e9 de 18 ans. Devenu sp\u00e9cialiste dans l&rsquo;ouverture des coffres-forts, avec sa bande des \u00ab travailleurs de la nuit \u00bb, il se \u00ab professionnalise \u00bb et \u00e9largit son champ d&rsquo;action, tout en th\u00e9orisant un anarchisme radical. Et si son proc\u00e8s \u00e0 Amiens ne lui permet pas d&rsquo;\u00e9viter le bagne, son \u00e9loquence (avant qu&rsquo;il ne soit expuls\u00e9 par le juge) l&rsquo;aura fait entrer dans l&rsquo;histoire des luttes sociales du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Le nom de Marius Jacob parle encore un peu dans la capitale picarde, ou il fut jug\u00e9 singuli\u00e8rement dans le m\u00eame b\u00e2timent que soixante-dix ans plus tard Pierre Goldman, (autre \u00ab agitateur politique \u00bb \u00e0 la fronti\u00e8re du d\u00e9lit de droit commun). Nul doute que cette belle biographie dessin\u00e9e le fera revivre encore plus.<\/p>\n<p>Oeuvre de l&rsquo;\u00e9diteur Vincent Henry (cr\u00e9ateur de la maison d&rsquo;\u00e9dition la Bo\u00eete \u00e0 bulles), ce \u00ab biopic \u00bb ne cache pas son empathie avec le personnage. Port\u00e9 par le dessin de Ga\u00ebl Henry (par ailleurs neveu talentueux du sc\u00e9nariste) dans le style l\u00e9ger et alerte d&rsquo;un Christophe Blain, c&rsquo;est un Alexandre Jacob sympathique et joyeusement \u00ab anar \u00bb qui \u00e9merge de ces 150 pages (qui se lisent d&rsquo;une traite). Mais c&rsquo;est surtout toute une \u00e9poque qui revit \u00e0 travers lui, une France au tournant du si\u00e8cle, en pleine effervescence politique et sociale. Et, sans avoir l&rsquo;air d&rsquo;y toucher, Vincent Henry d\u00e9crit bien l&rsquo;id\u00e9ologie de cet anarchisme individualiste, repoussant le marxisme tout autant que les syndicats forc\u00e9ment trop \u00ab r\u00e9formistes \u00bb.<\/p>\n<p>En compl\u00e9ment du r\u00e9cit, l&rsquo;historien Jean-Marc Delpech (auteur d&rsquo;une biographie de Jacob) compl\u00e8te la bio par un texte enlev\u00e9 enrichi de nombreuses illustrations (dont plusieurs saisissantes en lien avec le proc\u00e8s d&rsquo;Amiens).<\/p>\n<p>Ce Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur rend en tout cas justice \u00e0 la finesse d&rsquo;esprit de Jacob, illustr\u00e9 notamment par cet extrait, \u00e0 m\u00e9diter, d&rsquo;une lettre de l&rsquo;anarchiste \u00e0 Jean Maitron, l&rsquo;historien du mouvement ouvrier, plac\u00e9 en exergue au dossier: \u00ab Le criminel n&rsquo;\u00e9tant, au fond, qu&rsquo;un honn\u00eate homme qui n&rsquo;a pas r\u00e9ussi, il suffit d&rsquo;inverser le postulat pour avoir la d\u00e9finition de l&rsquo;honn\u00eate homme. \u00bb<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"108\" height=\"146\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 108px) 100vw, 108px\" \/><\/a>Gr\u00e9goire de Tours<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vos critiques de livres d&rsquo;histoire<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/revolution-xixe-siecle\/fin-xix-et-belle-epoque\/vincent-henry-et-gael-henry-alexandre-jacob-journal-d-un-anarchiste-cambrioleur\/<\/p>\n<p><strong>14 janvier 2016<\/strong><\/p>\n<p>Avis de Xirong : \u00ab\u00a0Le cambriolage au rythme du travail en usine\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Alexandre Jacob\u00a0 inspira vraisemblablement \u00e0 Maurice Leblanc, le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin.<\/strong> C&rsquo;est par son proc\u00e8s \u00e0 Amiens en mars 1905 que le r\u00e9cit ouvre. Alexandre Jacob avait tent\u00e9 \u00e0 Pont-R\u00e9my (pr\u00e8s d&rsquo;Abbeville, dans la Somme), deux ans plus t\u00f4t un cambriolage qui avait foir\u00e9.<\/p>\n<p>Cette biographie dessin\u00e9e d&rsquo;Alexandre Jacob rappelle qu&rsquo;une des orientations d&rsquo;anarchistes fran\u00e7ais fut la pratique de la reprise individuelle. Le but est d&rsquo;obtenir, par le vol de bourgeois, une redistribution des richesses des riches vers les pauvres. On attribue \u00e0 Alexandre Jacob environ cinq cent cambriolages, entre 1900 et 1903, uniquement chez des rentiers et des eccl\u00e9siastiques. Ce dernier se professionnalise avec sa bande dans l&rsquo;ouverture des coffres-forts, et se sp\u00e9cialise en th\u00e9oricien d&rsquo;un anarchisme radical.<\/p>\n<p>Alexandre Jacob est \u00e0 Marseille en 1879, d&rsquo;un couple de boulangers. Il a sillonn\u00e9 les mers dans sa jeunesse. Heureusement non accus\u00e9 de meurtre, il \u00e9chappe \u00e0 la guillotine et arrive au bagne de Cayenne le 13 janvier 1906 sous le num\u00e9ro 34777. Il tente de s&rsquo;\u00e9vader dix-huit fois ; sur ses 18 ans de bagne, il en passe 11 en cellule. Il rencontre Albert Londres pour son enqu\u00eate sur le bagne. Gr\u00e2ce \u00e0 une campagne de presse, il est autoris\u00e9 \u00e0 rentrer en m\u00e9tropole en 1928 (lib\u00e9r\u00e9 de leur peine, les bagnards n&rsquo;\u00e9taient pas de retour dans l&rsquo;hexagone avant plusieurs ann\u00e9es) et passe une grande partie de sa vie dans un village de l&rsquo;extr\u00eame-sud de l&rsquo;Indre-et-Loire.<\/p>\n<p>Ce Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur rend une image joyeusement anarchiste d&rsquo;Alexandre Jacob. On y rencontre des figures historiques du mouvement anarchiste, comme S\u00e9bastien Faure qui\u00a0 lan\u00e7a le 16 novembre 1895 l&rsquo;hebdomadaire Le Libertaire et Louis Matha qui fut le premier g\u00e9rant de ce m\u00eame journal. Le r\u00e9cit se cl\u00f4t avec le d\u00e9part depuis Saint-Martin-de-R\u00e9 vers la Guyane. Le dessin de Ga\u00ebl Henry est nerveux et caricatural, le graphisme est en noir et blanc ce qui renforce le c\u00f4t\u00e9 Belle \u00c9poque de l&rsquo;atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"112\" height=\"151\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 112px) 100vw, 112px\" \/><\/a>Comixtrip<\/strong><\/p>\n<p><strong>Article post\u00e9 le mardi 19 janvier 2016 par Damien Canteau<\/strong><\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"6E1NqJSTJM\"><p><a href=\"http:\/\/www.comixtrip.fr\/bibliotheque\/alexandre-jacob\/\">Alexandre Jacob<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"http:\/\/www.comixtrip.fr\/bibliotheque\/alexandre-jacob\/embed\/#?secret=6E1NqJSTJM\" data-secret=\"6E1NqJSTJM\" width=\"500\" height=\"282\" title=\"\u00ab\u00a0Alexandre Jacob\u00a0\u00bb &#8212; Comixtrip\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>Alexandre Jacob<\/p>\n<p>Anarchiste et cambrioleur, volant aux riches bourgeois pour donner aux pauvres, Alexandre Jacob voit sa vie d\u00e9clin\u00e9e en bande dessin\u00e9e gr\u00e2ce aux fr\u00e8res Henry, Ga\u00ebl et Vincent, aux \u00e9ditions Sarbacane.<\/p>\n<p><strong>ALEXANDRE JACOB : ARS\u00c8NE LUPIN, ROBIN DES BOIS ET PAPILLON<\/strong><\/p>\n<p>Fin du 19e si\u00e8cle. Tout le monde accourt au proc\u00e8s de Alexandre Jacob, tout le monde veut entr&rsquo;apercevoir celui qui vole aux riches pour donner aux pauvres. La presse en fait ses gros titres et lui n&rsquo;aurait pas r\u00eav\u00e9 mieux que cette tribune publique pour faire passer son message anarchiste.<\/p>\n<p>Ce moment judiciaire est un bon moyen de conna\u00eetre l&rsquo;histoire, le destin hors norme et les motivations de ce bandit de grand chemin.<\/p>\n<p>DES PREMIERS PAS D&rsquo;UN ANARCHISTE&#8230;<\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Marseille en 1879, Alexandre est le fruit de l&rsquo;union d&rsquo;une m\u00e8re c\u00e9libataire et d&rsquo;un p\u00e8re qui quitta la r\u00e9gion alsacienne devenue allemande. Ils sont pauvres et habitent dans un appartement sans eau ni \u00e9lectricit\u00e9 du quartier de La belle de mai. Enfant unique, il obtient son certificat d&rsquo;\u00e9tudes et s&rsquo;engage comme mousse sur un paquebot. Cette envie de grands espaces et de la mer, il la doit \u00e0 son p\u00e8re, ancien cuisinier maritime et ses lectures des romans de Jules Verne.<\/p>\n<p>Ce service militaire, il l&rsquo;arr\u00eate lorsqu&rsquo;il d\u00e9cide de d\u00e9serter. Il devient alors pirate quelques temps mais prend de la distance avec toute cette violence (la mort d&rsquo;un \u00e9quipage) qui le r\u00e9vulse. Il revient alors \u00e0 Marseille en 1897, s&rsquo;essaie \u00e0 l&rsquo;oc\u00e9anographie puis devient apprenti typographe. Il fr\u00e9quente alors les milieux anarchistes et lors d&rsquo;une soir\u00e9e dans un troquet, il croise la route de Rose, qui partagera sa vie.<\/p>\n<p>&#8230; AUX COMBATS POUR LE PEUPLE<\/p>\n<p>Alexandre se forme, lit beaucoup d&rsquo;essais d&rsquo;anarchistes, notamment Elis\u00e9e Reclus, Pierre Kropotkine ou Errico Malatesta. Il se forge ainsi sa propre opinion. Il commence, dans la clandestinit\u00e9, des actions coup de poing et devient alors un militant actif.<\/p>\n<p>Mais, il est condamn\u00e9 \u00e0 six mois de prison apr\u00e8s une affaire d&rsquo;explosifs. Apr\u00e8s sa peine, il a beaucoup de mal \u00e0 se r\u00e9ins\u00e9rer, se faisant renvoyer par ses patrons, contraints par la police. C&rsquo;est \u00e0 cette p\u00e9riode qu&rsquo;il devient cambrioleur.<\/p>\n<p>LES TRAVAILLEURS DE LA NUIT : PROCES ET BAGNE<\/p>\n<p>En 1899, il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Toulon, accus\u00e9 du recel d&rsquo;une montre du Mont de Pi\u00e9t\u00e9. Par une ruse, il s&rsquo;enfuit et est de nouveau arr\u00eat\u00e9. Il simule la folie pour ne pas accomplir ses 5 ann\u00e9es d&#8217;emprisonnement. Il s&rsquo;\u00e9vade, allant de S\u00e8te \u00e0 Montpellier.<\/p>\n<p>Et en 1903, apr\u00e8s le fameux proc\u00e8s, il est envoy\u00e9 au Bagne de Cayenne (il \u00e9chappe \u00e0 la guillotine parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas reconnu coupable de meurtre). Il tentera de s&rsquo;\u00e9vader 18 fois&#8230;<\/p>\n<p>LE JOURNAL D&rsquo;UN ANARCHISTE-CAMBRIOLEUR<\/p>\n<p>Ce bel album sc\u00e9naris\u00e9 par Vincent Henry, revient ainsi sur le destin hors du commun de cet anarchiste-cambrioleur, qui n&rsquo;utilisera jamais la violence, partisan de l&rsquo;ill\u00e9galisme pacifiste. Sa signature semble le panache; il laisse souvent des mots sur le lieu de ses forfaits sign\u00e9s Attila et volera en France, en Espagne ou en Italie. Dot\u00e9 d&rsquo;un grand humour, il s&rsquo;amuse souvent avec la police; ce qui ressort d&rsquo;ailleurs de l&rsquo;album. Solidement document\u00e9, le r\u00e9cit de l&rsquo;auteur de Loulou ne veut pas grandir (avec St\u00e9phanie Bellat, La Bo\u00eete \u00e0 Bulles) est construit comme une belle fable d&rsquo;aventure, parfois sombre mais toujours teint\u00e9e de bonne humeur et de joie. Ses lectures historiques lui permettent de mettre en lumi\u00e8re un personnage fantasque, rocambolesque, r\u00e9volt\u00e9 mais tr\u00e8s attachant. <strong>Les conditions de vie et d&rsquo;enfermement \u00e0 Cayenne et ses tentatives d&rsquo;\u00e9vasion ressemblent aussi \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;Henri Charri\u00e8re dit Papillon (voir notre chronique de Sansevrino est Papillon). D&rsquo;ailleurs Maurice Leblanc &#8211; m\u00eame s&rsquo;il ne l&rsquo;a jamais avou\u00e9 &#8211; a pris mod\u00e8le pour cr\u00e9er Ars\u00e8ne Lupin; cette sorte de Robin des Bois du 20e si\u00e8cle<\/strong>.<\/p>\n<p>L&rsquo;ambiance de r\u00e9voltes, d&rsquo;apr\u00e8s guerre contre la Prusse et de la charni\u00e8re entre les deux si\u00e8cles sont admirablement mis en image par Ga\u00ebl Henry. Comme son fr\u00e8re, il a apport\u00e9 du soin \u00e0 la reconstitution des d\u00e9cors et des costumes. Son trait en noir et blanc, avec de belles teintes de gris, est d&rsquo;une grande \u00e9l\u00e9gance, dans un style proche de celui de Christophe Blain.<\/p>\n<p>Un dossier de 6 pages est adoss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;album. Intitul\u00e9 Que sait-on d&rsquo;Alexandre Marius Jacob ?, il est sign\u00e9 Jean-Michel Delpech et revient sur l&rsquo;existence de l&rsquo;anarchiste.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 111px) 100vw, 111px\" \/><\/a>BDzoom<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/bdzoom.com\/95945\/interviews\/entretien-avec-gael-henry-et-vincent-henry-auteurs-d%E2%80%99%C2%AB-alexandre-jacob-%C2%BB%C2%BB\/<\/p>\n<p>Entretien avec Ga\u00ebl Henry et Vincent Henry, auteurs d&rsquo;\u00ab Alexandre Jacob \u00bb<\/p>\n<p><strong>22 janvier 2016<\/strong><\/p>\n<p>Par Laurent Lessous<\/p>\n<p><strong>Ars\u00e8ne Lupin a vraiment exist\u00e9 ! Ou tout du moins, Maurice Leblanc s&rsquo;est grandement inspir\u00e9, pour cr\u00e9er son personnage de gentleman cambrioleur, d&rsquo;un anarchiste adepte de la reprise individuelle<\/strong> : c&rsquo;est-\u00e0-dire voler aux riches et donner une partie de son butin aux pauvres. Alexandre Jacob (1879 -1954), puisque c&rsquo;est de lui qu&rsquo;il s&rsquo;agit, a connu une vie hors-norme : anarchiste ill\u00e9galiste sinc\u00e8re, il fit de son proc\u00e8s, en 1905, une v\u00e9ritable tribune pour ses id\u00e9es. Son sens de la r\u00e9partie et son humour ne lui \u00e9vit\u00e8rent cependant pas la condamnation au bagne de Cayenne. La bande dessin\u00e9e \u00e9ponyme raconte la premi\u00e8re partie d&rsquo;une vie rocambolesque.<\/p>\n<p>Alexandre Jacob, la reprise individuelle<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, comme il y a un si\u00e8cle, l&rsquo;injustice du monde a de quoi r\u00e9volter, surtout les plus humbles. Au tournant des XIXe et XXe si\u00e8cles, quelques hommes croient en l&rsquo;anarchisme pour obtenir un monde meilleur. Les id\u00e9es anarchistes se r\u00e9pandent alors dans de nombreuses couches de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Si certains choisissent la violence en commettant des attentats terroristes &#8211; assassinat du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ou bombe jet\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale &#8211; d&rsquo;autres optent pour une m\u00e9thode ill\u00e9gale, mais pacifique, comme Alexandre Jacob.<\/p>\n<p>Le Marseillais devient un Robin des Bois des temps modernes : il vole aux riches pour aider les plus pauvres.<\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9reux, intelligent, caustique, cultiv\u00e9, attachant et tr\u00e8s organis\u00e9, Alexandre Jacob commet plus de 500 cambriolages lors d&rsquo;une Belle \u00c9poque qui n&rsquo;est heureuse que pour les plus fortun\u00e9s. La vie et les combats de ce r\u00e9volt\u00e9 sympathique et toujours sinc\u00e8re ont inspir\u00e9 Ga\u00ebl et Vincent Henry, auteurs d&rsquo;une bande dessin\u00e9e captivante, qui se lit d&rsquo;une seule traite.<\/p>\n<p>Ga\u00ebl et Vincent ont bien voulu r\u00e9pondre \u00e0 nos questions, nous les remercions vivement de leur grande disponibilit\u00e9.<\/p>\n<p>BDzoom.com : Bonjour, Vincent et Ga\u00ebl, pouvez-vous vous pr\u00e9senter ?<\/p>\n<p>Vincent Henry : Alors moi, c&rsquo;est Vincent Henry, je suis le sc\u00e9nariste du livre. C&rsquo;est mon troisi\u00e8me sc\u00e9nario&#8230; mais le premier sur un roman graphique. Je suis \u00e9galement l&rsquo;\u00e9diteur de La Bo\u00eete \u00e0 bulles depuis 13 ans.<\/p>\n<p>Ga\u00ebl Henry : Je suis dessinateur de BD, dipl\u00f4m\u00e9 en 2010 de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Tournai (Belgique) en section bande dessin\u00e9e. J&rsquo;ai particip\u00e9 \u00e0 des collectifs, livres ind\u00e9, mais \u00ab Alexandre Jacob \u00bb est ma premi\u00e8re BD.<\/p>\n<p>BDzoom.com : D&rsquo;o\u00f9 vient l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9crire et de dessiner la vie d&rsquo;Alexandre Jacob ?<\/p>\n<p>V. H. : J&rsquo;ai d\u00e9couvert l&rsquo;histoire d&rsquo;Alexandre Jacob par une \u00e9mission de radio, dans les ann\u00e9es\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 1990 qui pr\u00e9sentait le personnage et l&rsquo;une de ses biographies. J&rsquo;ai donc achet\u00e9 le livre en question et me suis aussit\u00f4t dit qu&rsquo;il fallait en faire un sc\u00e9nario de BD&#8230; C&rsquo;\u00e9tait il y a 20 ans ! Ce personnage et sa vie sont remarquables : cela donne une existence pleine d&rsquo;aventure, de rebondissements, v\u00e9cue par un mec qui a des convictions chevill\u00e9es au corps et qui ne les perdra jamais. Un r\u00e9volt\u00e9 qui a voulu d\u00e9fier la soci\u00e9t\u00e9 au nom de son anarchisme, pratiquant avec ses acolytes la \u00ab reprise individuelle \u00bb. Il a surv\u00e9cu \u00e0 tout, sans jamais changer de cap id\u00e9ologique.<\/p>\n<p>G. H. : Pour ma part, je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 travailler seul, j&rsquo;ai alors cherch\u00e9 un collaborateur. Je me suis tourn\u00e9 vers Vincent, voire s&rsquo;il ne pouvait pas me mettre en contact avec des sc\u00e9naristes, et il m&rsquo;a sorti ce projet du placard ! Au d\u00e9but, j&rsquo;\u00e9tais (un peu) r\u00e9ticent \u00e0 travailler sur un r\u00e9cit biographique, d&rsquo;une \u00e9poque qui ne m&rsquo;\u00e9tait pas famili\u00e8re. Et puis j&rsquo;ai assez vite chang\u00e9 d&rsquo;avis, plus int\u00e9ress\u00e9 par les p\u00e9rip\u00e9ties de la vie d&rsquo;Alexandre Jacob que par ses convictions politiques (qui restent li\u00e9es).<\/p>\n<p>BDzoom.com : La documentation est-elle abondante sur un tel sujet ? Avez-vous fait vos propres recherches de votre c\u00f4t\u00e9, Ga\u00ebl ?<\/p>\n<p>V. H. : La documentation est assez abondante, car il existe plusieurs biographies d&rsquo;Alexandre\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Jacob. Et un historien, Jean-Marc Delpech, a vou\u00e9 sa vie de recherche \u00e0 Alexandre Jacob. Il a fait sa th\u00e8se d&rsquo;histoire sur lui et il continue inlassablement \u00e0 recouper, clarifier les derni\u00e8res zones d&rsquo;ombre. J&rsquo;ai donc pu travailler sur la base de toute la mati\u00e8re qu&rsquo;il a r\u00e9colt\u00e9e. Notamment les \u00e9crits, assez nombreux, d&rsquo;Alexandre Jacob, le r\u00e9cit de son proc\u00e8s dans la gazette des proc\u00e8s, etc. Apr\u00e8s, il a aussi fallu que je me renseigne bien sur la p\u00e9riode pour pouvoir, de-ci de-l\u00e0 donner des \u00e9l\u00e9ments de contexte politique et historique&#8230; \u00c0 la base, je ne suis pas du tout un sp\u00e9cialiste de l&rsquo;histoire du mouvement anarchiste&#8230;<\/p>\n<p>G. H. : Sur l&rsquo;histoire d&rsquo;Alexandre Jacob, non. Il \u00e9tait convenu avec Vincent que j&rsquo;\u00e9vite de lire les biographies, etc. Pour ne pas interf\u00e9rer sur le d\u00e9roulement de l&rsquo;histoire. Je connaissais les grandes lignes, c&rsquo;est suffisant, \u00e7a me permettait de me concentrer sur la mise en sc\u00e8ne, ce qui demande d\u00e9j\u00e0 pas mal de documentation (lieux, personnages, v\u00e9hicules&#8230;) ! Heureusement, la photo existait d\u00e9j\u00e0 en 1900, et il est facile de trouver des archives d&rsquo;\u00e9poque !<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : Pourquoi l&rsquo;\u00e9diter aux \u00e9ditions Sarbacane alors que tu diriges, Vincent, La Bo\u00eete \u00e0 bulles, et que tu \u00e9dites de nombreuses bandes dessin\u00e9es ?<\/p>\n<p>V. H. : Le livre aurait parfaitement cadr\u00e9 avec notre ligne \u00e9ditoriale. Mais j&rsquo;avais envie de publier des sc\u00e9narios chez d&rsquo;autres \u00e9diteurs pour plusieurs raisons : d&rsquo;abord pour b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;\u0153il d&rsquo;un \u00e9diteur sur notre travail ; ensuite, car, pour me sentir vraiment auteur, j&rsquo;avais besoin que mon projet soit choisi, retenu par un autre \u00e9diteur&#8230; Sinon, cela ressemble peu ou prou \u00e0 de l&rsquo;auto\u00e9dition ; enfin pour traverser le miroir et vivre ce que vivent les auteurs avec qui je bosse.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais donc toujours con\u00e7u ce projet pour ne pas l&rsquo;\u00e9diter moi-m\u00eame. Mais l\u00e0, en plus, je n&rsquo;avais de toute fa\u00e7on pas le choix : Ga\u00ebl aurait refus\u00e9 de faire ses premi\u00e8res armes chez son tonton, cela aurait trop ressembl\u00e9 \u00e0 une affaire de famille, \u00e0 un passe-droit&#8230;<\/p>\n<p>G. H. : Oui et au moins on \u00e9tait log\u00e9 \u00e0 la m\u00eame enseigne !<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : En quoi Alexandre Jacob est-il un anarchiste extraordinaire en cette p\u00e9riode, de la fin du XIXe et au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, d&rsquo;apog\u00e9e de l&rsquo;anarchisme en France ?<\/p>\n<p>V. H. : Encore une fois, je ne me pr\u00e9tends pas un expert de l&rsquo;histoire de l&rsquo;anarchisme. Je m&rsquo;y suis int\u00e9ress\u00e9 par le biais d&rsquo;Alexandre Jacob. Alexandre a ex\u00e9cut\u00e9 ses cambriolages avant 1905, avant la cr\u00e9ation des partis politiques. Les anarchistes \u00e9taient un courant de pens\u00e9e tr\u00e8s important et tr\u00e8s craint. Ils avaient commis nombre d&rsquo;attentats sanglants dans les ann\u00e9es 1880 \u00e0 1894 &#8211; que j&rsquo;\u00e9voque bri\u00e8vement dans le livre &#8211; et se retrouvaient particuli\u00e8rement vis\u00e9s par la police et par les lois dites sc\u00e9l\u00e9rates&#8230;<\/p>\n<p>La destin\u00e9e d&rsquo;Alexandre s&rsquo;inscrit dans ce contexte, avec des anarchistes qui pratiquent donc d\u00e9j\u00e0 couramment \u00ab la propagande par le fait \u00bb, en plus de la propagande par l&rsquo;\u00e9crit. Figure typique de l&rsquo;anarchisme, Alexandre est un lettr\u00e9, se retrouve \u00e0 un moment ouvrier typographe&#8230; Il est pers\u00e9cut\u00e9 par la police et ne peut mener une existence normale&#8230; La singularit\u00e9 de sa d\u00e9marche est qu&rsquo;il proc\u00e8de, parmi les premiers je pense, \u00e0 la reprise individuelle, et ce avec une approche cibl\u00e9e (militaires, religieux, juges et bourgeois, mais pas artistes, m\u00e9decins&#8230;), globalement non violente : on est arm\u00e9s, mais notre arme ne doit servir que si les forces de l&rsquo;ordre cherchent \u00e0 \u00ab attenter \u00e0 ma libert\u00e9 \u00bb. Et ses vols servent en partie \u00e0 financer la cause&#8230;<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : Est-il vraiment \u00e0 l&rsquo;origine du personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin comme vous le sugg\u00e9rez ?<\/p>\n<p>V.H. : Je ne dis pas qu&rsquo;il est \u00e0 l&rsquo;origine du personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin&#8230; Je dis que Maurice Leblanc, qui avait re\u00e7u la commande d&rsquo;un roman policier au moment du proc\u00e8s d&rsquo;Alexandre, a forc\u00e9ment entendu parler du personnage, car son proc\u00e8s a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9 et qu&rsquo;au moins un confr\u00e8re proche de lui a couvert le proc\u00e8s. Ensuite, je laisse le lecteur libre de voir des points de ressemblance entre les deux personnes (citons non-violence, mais \u00e0 des degr\u00e9s diff\u00e9rents, identit\u00e9s multiples, petits mots laiss\u00e9s sur le lieu de vols, mais moins syst\u00e9matiquement chez l&rsquo;un que chez l&rsquo;autre), mais aussi leurs dissemblances (l&rsquo;un est joli c\u0153ur, l&rsquo;autre pas, et surtout l&rsquo;un n&rsquo;agit que pour son propre int\u00e9r\u00eat, l&rsquo;autre esp\u00e8re \u0153uvrer \u00e0 faire tomber la soci\u00e9t\u00e9). On ne peut r\u00e9duire l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, ce serait passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la complexit\u00e9 d&rsquo;Alexandre Jacob et du travail de cr\u00e9ation de Leblanc&#8230; Et j&rsquo;aime bien laisser le lecteur se faire sa propre opinion&#8230;<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : N&rsquo;est-il pas davantage voleur qu&rsquo;anarchiste ?<\/p>\n<p>V.H. : Il est les deux, mais dans sa d\u00e9marche de voleur, il est pleinement et avant tout anarchiste&#8230; J&rsquo;en veux plusieurs preuves : il s\u00e9lectionne ses cibles, refuse de cambrioler les m\u00e9decins, les artistes ; il reverse une partie de ses gains \u00e0 la cause et, durant son proc\u00e8s, en pleine lutte du pouvoir contre le \u00ab danger anarchiste \u00bb, il a clairement revendiqu\u00e9 son id\u00e9ologie, raill\u00e9 les jur\u00e9s&#8230; pas franchement la meilleure fa\u00e7on de s&rsquo;attirer les bonnes gr\u00e2ces de ceux qui devaient le juger&#8230; Et certains de ses cod\u00e9tenus ont \u00e9crit en prison des textes qui sont sans ambigu\u00eft\u00e9 sur leurs convictions.<\/p>\n<p>Pour autant, c&rsquo;est un voleur de g\u00e9nie, qui exploite toutes les possibilit\u00e9s offertes par les technologies modernes de l&rsquo;\u00e9poque : train, t\u00e9l\u00e9grammes, pistolets automatiques&#8230; Il organise une vraie association de malfaiteurs, o\u00f9 chacun \u00e0 son r\u00f4le (r\u00e9ceptionneur colis, fondeurs, receleurs&#8230;). Et il est vrai que son entourage m\u00eale all\u00e8grement anarchistes (pas toujours dou\u00e9s pour les vols) et purs malfrats (pas toujours respectueux de l&rsquo;\u00e9thique).<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : Ga\u00ebl, ta premi\u00e8re bande dessin\u00e9e compte pr\u00e8s de 150 pages, comme l&rsquo;as-tu abord\u00e9e ? T&rsquo;es-tu inspir\u00e9 du graphisme de certains auteurs ?<\/p>\n<p>G. H. : J&rsquo;ai essay\u00e9 de ne pas y r\u00e9fl\u00e9chir. C&rsquo;est beaucoup de pages, surtout pour un premier album (\u00e7a a rebut\u00e9 des \u00e9diteurs). Une fois commenc\u00e9, je savais que je finirais&#8230; Je fonctionne \u00e9tape par \u00e9tape. Je bosse vraiment en pensant une sc\u00e8ne apr\u00e8s l&rsquo;autre, comme si c&rsquo;\u00e9tait la fin de l&rsquo;album. Je ne r\u00e9fl\u00e9chis pas \u00e0 ce qui se passe dans 20 pages (de toute fa\u00e7on, Vincent sera l\u00e0 pour me le rappeler dans les corrections).<\/p>\n<p>Dans le rendu graphique, je cherche \u00e0 me rapprocher de l&rsquo;aspect, grain, vieilles photos. Pour le dessin, on me dit que je suis tr\u00e8s inspir\u00e9 de Blain ou Larcenet. Je ne le renie pas. Mais ce n&rsquo;est pas quelque chose \u00e0 laquelle je pense en travaillant. Apr\u00e8s, \u00e7a reste un premier album, je m&rsquo;\u00e9manciperai naturellement par la suite.<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : Comment avez-vous travaill\u00e9 ensemble ? Cela a-t-il \u00e9t\u00e9 facile ?<\/p>\n<p>V. H. : \u00c7a s&rsquo;est tr\u00e8s bien pass\u00e9. Il a juste fallu que l&rsquo;on se mette bien en phase : initialement, j&rsquo;avais pr\u00e9par\u00e9 ce projet avec un autre dessinateur, mais on n&rsquo;avait pas r\u00e9ussi \u00e0 trouver un \u00e9diteur. Ga\u00ebl, lui, a tout de suite dit qu&rsquo;il d\u00e9testait les voix off et qu&rsquo;il fallait que je lui en mette le minimum. Et il a donn\u00e9 aux personnages une \u00e9nergie du diable, inject\u00e9 des gags visuels, des gags d\u00e9risoires qui ont donn\u00e9 une autre dimension au r\u00e9cit que celle pr\u00e9vue initialement. J&rsquo;ai donc progressivement imagin\u00e9 les sc\u00e8nes de fa\u00e7on \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 son attente, \u00e0 m&rsquo;inscrire dans son registre.<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9cris le sc\u00e9nario comme on le ferait pour un film : en expliquant la situation, l&rsquo;action, les dialogues, la voix off. Mais je donne tr\u00e8s peu de notions de d\u00e9coupage, parfois un rapport texte\/image un peu pr\u00e9cis. C&rsquo;est Ga\u00ebl qui d\u00e9cide donc du d\u00e9coupage initial. Il me l&rsquo;envoie, je le lis et regarde si ce qu&rsquo;il a fait ne trahit pas l&rsquo;histoire. Le plus souvent, ses propositions, ses trouvailles apportent un plus au r\u00e9cit (la sc\u00e8ne sur le bateau avec la \u00ab suceuse \u00bb n&rsquo;\u00e9tait pas du tout pr\u00e9vue ainsi) et je m&rsquo;adapte \u00e0 elle, retaillant le texte, rajoutant une bulle ci et l\u00e0. Il est parfois arriv\u00e9 que sa proposition me semble trahir le personnage et que je lui demande de rester plus pr\u00e8s de mon r\u00e9cit initial.<\/p>\n<p>G. H. : C&rsquo;\u00e9tait pour lui, comme pour moi, une premi\u00e8re exp\u00e9rience de collaboration (de cette ampleur) dans la BD. On n&rsquo;avait pas vraiment de rep\u00e8res, ou d&rsquo;habitudes. Elles se sont construites au fur et \u00e0 mesure. \u00c0 la fin, c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s facile : on tombait vite d&rsquo;accord. Il sait quand me donner plus de d\u00e9tails sur une sc\u00e8ne \u00ab laborieuse \u00bb et me laissait champ libre sur des s\u00e9quences qui vont m&rsquo;amuser.<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : Les diff\u00e9rentes \u00e9tapes du proc\u00e8s rythment l&rsquo;album, vous \u00eates-vous d\u00e9tach\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9 ou, au contraire, avez-vous respect\u00e9 vos sources ?<\/p>\n<p>V. H. : Dans cette BD, j&rsquo;ai essay\u00e9 de concilier 3 objectifs : construire un r\u00e9cit historiquement solide, mon premier objectif, faire un livre d&rsquo;aventure tr\u00e9pidante, pour satisfaire mon \u00e9diteur et mon dessinateur, et ne pas trahir la personnalit\u00e9 d&rsquo;Alexandre Jacob pour satisfaire Jean-Marc Delpech. Sourire. Donc le traitement du proc\u00e8s r\u00e9pond \u00e0 cet objectif. Son d\u00e9roulement global est rigoureusement exact : la police qui quadrille la ville, les passes d&rsquo;armes entre le juge et Alexandre, les lettres de menace aux jur\u00e9s, l&rsquo;incident avec les avocats parisiens et l&rsquo;expulsion d&rsquo;une partie des pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>En revanche, les paroles que je mets dans la bouche des protagonistes sont un m\u00e9lange de vraies d\u00e9clarations et de pures cr\u00e9ations. C&rsquo;est assez jouissif \u00e0 faire. Par ailleurs, le d\u00e9roulement d\u00e9taill\u00e9, lui, ne r\u00e9pond qu&rsquo;\u00e0 une logique de rythme du r\u00e9cit et de logique de lecture. Je doute fort que l&rsquo;histoire du furoncle (rigoureusement exacte) ait \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e dans le tribunal ! Enfin, le projet d&rsquo;\u00e9vasion d&rsquo;Alexandre, je l&rsquo;ai trouv\u00e9 dans le livre de Bernard Thomas. Aucune preuve mat\u00e9rielle ne vient actuellement l&rsquo;\u00e9tayer, mais je trouvais que \u00e7a donnait un ressort int\u00e9ressant \u00e0 l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>BDzoom.com : Qu&rsquo;est-ce qui a \u00e9t\u00e9 le plus difficile \u00e0 dessiner, les sc\u00e8nes dans le palais de justice ou d&rsquo;autres s\u00e9quences ?<\/p>\n<p>G. H. : Les sc\u00e8nes du palais \u00e9taient particuli\u00e8rement difficiles \u00e0 dessiner au d\u00e9but. Mais une fois le lieu \u00ab ma\u00eetris\u00e9 \u00bb, \u00e7a devenait beaucoup plus facile. C&rsquo;est un des rares lieux qui revient r\u00e9guli\u00e8rement. J&rsquo;ai eu plus de mal sur des s\u00e9quences courtes, avec peu de mouvements et beaucoup de dialogues, o\u00f9 un nouveau lieu appara\u00eet pour dispara\u00eetre trois pages apr\u00e8s. Tu n&rsquo;as pas le temps de t&rsquo;approprier l&rsquo;endroit, et je ne peux pas compenser avec de l&rsquo;action. Par exemple, la premi\u00e8re s\u00e9quence qui me vienne \u00e0 l&rsquo;esprit est celle de Montpellier&#8230; Pas difficile techniquement, mais bien \u00ab chiante \u00bb \u00e0 faire !<\/p>\n<p>BDzoom.com\u00a0 : Quels sont vos projets maintenant ?<\/p>\n<p>V. H. : Nous travaillons d\u00e9j\u00e0 sur notre second album : le sc\u00e9nario en est boucl\u00e9, le d\u00e9coupage fait \u00e0 moiti\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;adaptation d&rsquo;une nouvelle d&rsquo;\u00c9mile Zola, \u00ab Jacques Damour \u00bb, un r\u00e9cit qui se situe juste en amont d&rsquo;Alexandre Jacob (la Commune et le retour des communards d&rsquo;exil). Et pour revenir \u00e0 ta question pr\u00e9c\u00e9dente sur notre mode de collaboration, je peux dire que, cette fois, je construis toute la narration sp\u00e9cifiquement pour stimuler la cr\u00e9ativit\u00e9 de Ga\u00ebl&#8230; Et je m&rsquo;amuse \u00e0 le mettre parfois devant de nouveaux d\u00e9fis comme de dessiner des d\u00e9cors de fou (op\u00e9ra de Paris&#8230;).<\/p>\n<p>Ensuite, nous nous mettrons \u00e0 \u00e9crire la seconde partie de la vie d&rsquo;Alexandre Jacob, son s\u00e9jour au bagne et son retour en France. Mais vu la documentation \u00e0 dig\u00e9rer (il a \u00e9crit des centaines de lettres au bagne&#8230;), cela me prendra pas mal de temps.<\/p>\n<p>Et avec cette fois Bruno Loth au dessin (\u00ab Ermo \u00bb, \u00ab Apprenti \u00bb), je pr\u00e9pare la biographie de John Bost : un pasteur qui a cr\u00e9\u00e9 au XIXe si\u00e8cle, en Dordogne (chez moi !), un asile r\u00e9volutionnaire pour l&rsquo;\u00e9poque&#8230; Apr\u00e8s l&rsquo;anarchie, je vais m&rsquo;immerger dans les conflits entre chapelles protestantes !<\/p>\n<p>G. H. : L\u00e0, je me concentre sur Jacques Damour. \u00c7a va m&rsquo;occuper une bonne partie de l&rsquo;ann\u00e9e 2016. En parall\u00e8le, j&rsquo;ai des projets collectifs, plus \u00e9loign\u00e9s de la BD. Mais, pour le moment, c&rsquo;est compliqu\u00e9 de me projeter plus loin !<\/p>\n<p>Laurent LESSOUS \u00ab Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur \u00bb par Ga\u00ebl Henry et Vincent Henry<\/p>\n<p>\u00c9ditions Sarbacane (22,50 \u20ac) &#8211; ISBN : 978-2-84865-838-4<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"113\" height=\"151\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 113px) 100vw, 113px\" \/><\/a>Cases d&rsquo;Histoire<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/casesdhistoire.com\/alexandre-jacob-de-lanarchiste-au-gentleman-cambrioleur\/<\/p>\n<p><strong>25 janvier 2016<\/strong><\/p>\n<p>Albums XIXe si\u00e8cle XXe si\u00e8cle<\/p>\n<p>Alexandre Jacob : de l&rsquo;anarchiste au gentleman cambrioleur<\/p>\n<p>Pauline Ducret<\/p>\n<p>Le genre biographique est d\u00e9cid\u00e9ment en vogue chez les auteurs de bande dessin\u00e9e historique. Vincent et Ga\u00ebl Henry nous prouvent \u00e0 nouveau, si besoin est, l&rsquo;efficacit\u00e9 du genre, en brossant le portrait d&rsquo;un anarchiste au tournant du si\u00e8cle dernier, Alexandre Jacob.<\/p>\n<p>\u00ab La Belle Epoque \u00bb : c&rsquo;est sous ce nom que sont pass\u00e9es \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 les quelques ann\u00e9es qui marquent la fin du XIXe si\u00e8cle et le d\u00e9but du XXe, avant que la Premi\u00e8re Guerre mondiale ne vienne brusquement mettre fin \u00e0 cette p\u00e9riode que l&rsquo;on dit dor\u00e9e. L&rsquo;image que l&rsquo;on en retient est de fait celle d&rsquo;un moment de paix politique permise par le consensus r\u00e9publicain, et d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui se modernise, profitant d&rsquo;une \u00e9conomie fleurissante qui tranche avec les ann\u00e9es difficiles de la Grande D\u00e9pression (1873-1896). Mais c&rsquo;est aussi la grande p\u00e9riode de l&rsquo;anarchisme, avec des \u00e9pisodes particuli\u00e8rement marquants, comme l&rsquo;assassinat de Sadi Carnot, alors pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, par l&rsquo;Italien Santo Caserio le 24 juin 1894.<\/p>\n<p>La vie d&rsquo;Alexandre Jacob, un \u00ab anarchiste cambrioleur \u00bb n\u00e9 en 1879 et condamn\u00e9 au bagne en 1905, embrasse presque parfaitement cette p\u00e9riode. La chronologie propos\u00e9e en fin d&rsquo;ouvrage nous le rappelle, en m\u00ealant les dates de son histoire priv\u00e9e avec celles de la vie politique fran\u00e7aise. Cependant, le r\u00e9cit propos\u00e9 par Vincent Henry n&rsquo;est, lui, absolument pas lin\u00e9aire. Les folles aventures d&rsquo;Alexandre, ponctu\u00e9es de courses poursuites avec la police et d&rsquo;\u00e9vasions \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, sont racont\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aide de diff\u00e9rents r\u00e9cits ench\u00e2ss\u00e9s produits par l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 lui-m\u00eame lors du proc\u00e8s qui aboutit \u00e0 son exil en Guyane. Ce choix d&rsquo;un r\u00e9cit r\u00e9trospectif \u00e0 la premi\u00e8re personne permet au sc\u00e9nariste de donner un sens et une unit\u00e9 \u00e0 cette vie qui semble pourtant avoir \u00e9t\u00e9 assez d\u00e9cousue, et d&rsquo;expliquer comment ce gar\u00e7on de marine de Marseille est devenu une figure majeure de l&rsquo;anarchisme fran\u00e7ais. Bien souvent, on retrouve dans les moments o\u00f9 son engagement se fait plus important la figure de policiers et gendarmes, qui incarnent une autorit\u00e9 souvent rapidement tourn\u00e9e en ridicule.<\/p>\n<p>L&rsquo;humour semble de fait avoir \u00e9t\u00e9 un des points forts d&rsquo;Alexandre Jacob, et l&rsquo;album lui rend parfaitement hommage sur ce point ; certains passages, comme le \u00ab poisson d&rsquo;avril \u00bb que Jacob et ses acolytes concoctent au directeur du mont de Pi\u00e9t\u00e9, sont l&rsquo;occasion de r\u00e9cits truculents. Cette \u00e9criture vivante et pleine de bons mots est, de plus, servie par un dessin dynamique, centr\u00e9 sur les personnages, leurs expressions et leurs mouvements, frisant souvent avec la caricature (le trait de Ga\u00ebl Henry rappelle beaucoup celui de Christophe Blain).<\/p>\n<p>Donner directement la parole \u00e0 l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9, qui utilise le tribunal moins pour se d\u00e9fendre que pour exposer ses id\u00e9es \u00e0 un large public, offre au sc\u00e9nariste une grande libert\u00e9. L&rsquo;album est en lui-m\u00eame un parti-pris en faveur du personnage, rendu imm\u00e9diatement sympathique au lecteur. M\u00eame si Vincent Henry met aussi en sc\u00e8ne des moments moins glorieux, notamment le meurtre de policiers, <strong>on sent combien le sc\u00e9nariste est tributaire du personnage l\u00e9gendaire cr\u00e9\u00e9 par Maurice Leblanc, dont Jacob est probablement le mod\u00e8le. Le dossier documentaire de J.-M. Delpech, \u00e0 la fin de l&rsquo;album, semble vouloir rectifier le tir en insistant sur la construction d&rsquo;une l\u00e9gende qui s&rsquo;\u00e9loigne du personnage historique.<\/strong><\/p>\n<p>Sur le plan historique, la valeur de l&rsquo;album est donc moins \u00e0 chercher dans la biographie en elle-m\u00eame que dans l&rsquo;image de la soci\u00e9t\u00e9 que cette vie nous renvoie. Vincent Henry propose \u00e0 travers le regard de Jacob, certes dur mais souvent tr\u00e8s juste sur cette vie \u00ab bourgeoise \u00bb dont il s&rsquo;extirpe non sans difficult\u00e9s, une v\u00e9ritable histoire des mentalit\u00e9s. C&rsquo;est bien l\u00e0 le propre de toute com\u00e9die &#8211; et cet album peut se lire comme une tragi-com\u00e9die en quatre actes &#8211; que de tourner en d\u00e9rision une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e pour mieux en montrer toutes les ambigu\u00eft\u00e9s.<\/p>\n<p>Bref, un ouvrage dont la lecture est des plus agr\u00e9ables, et qui r\u00e9ussit \u00e0 travers la vie d&rsquo;un homme \u00e0 faire revivre un moment d&rsquo;histoire fort en contrastes.<\/p>\n<p>Alexandre Jacob. Vincent Henry (sc\u00e9nario) et Ga\u00ebl Henry (dessin). Sarbacane. 160 pages. 22,50 \u20ac<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 111px) 100vw, 111px\" \/><\/a>La Bulloth\u00e8que, le blog BD de France 3 Picardie<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mis en ligne le 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 2016<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/france3-regions.blog.francetvinfo.fr\/bd-amiens\/2016\/02\/01\/alexandre-jacob-journal-dun-anarchiste-cambrioleur.html<\/p>\n<p>Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/p>\n<p>de Vincent Henry et Ga\u00ebl Henry<\/p>\n<p>D\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle. Le proc\u00e8s d&rsquo;Alexandre Jacob et de ses camarades se tient au Palais de Justice d&rsquo;Amiens. Ils sont accus\u00e9s de plus de trois-cent vols par effraction. Alexandre Jacob qui se d\u00e9finit comme anarchiste-cambrioleur en profite pour transformer les d\u00e9bats en tribune politique.<\/p>\n<p>\u00ab En un mot il m&rsquo;a r\u00e9pugn\u00e9 de me livrer \u00e0 la prostitution du travail. La mendicit\u00e9 c&rsquo;est l&rsquo;avilissement, la n\u00e9gation de toute dignit\u00e9. Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend. \u00bb<\/p>\n<p>Alexandre Jacob, n\u00e9 \u00e0 Marseille, embarque tr\u00e8s jeune sur des bateaux de commerce. Il fait le tour du monde et d\u00e9couvre les in\u00e9galit\u00e9s et l&rsquo;exploitation. Revenu en France, il \u00e9pouse la cause anarchiste \u00e0 laquelle il reste fid\u00e8le jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1954. Si Jacob est un voleur, ils ne volent que les riches qui sont du c\u00f4t\u00e9 de la loi, de l&rsquo;Eglise, de la politique et du sang. Et c&rsquo;est pour \u00ab donner aux pauvres \u00bb et au mouvement anarchiste. L&rsquo;argent va ainsi servir \u00e0 financer journaux militants, campagnes politiques&#8230;<\/p>\n<p>La trajectoire de cet aventurier, qui inspira le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin \u00e0 Maurice Leblanc, est ici restitu\u00e9 avec \u00e9clat par Vincent Henry au sc\u00e9nario et Ga\u00ebl Henry aux pinceaux. <strong>Mais contrairement au \u00ab Gentleman-cambrioleur \u00bb, Jacob revendique son enracinement social et son engagement<\/strong>. Le sc\u00e9nario est chronologique. Il est jalonn\u00e9 par les moments importants de la vie d&rsquo;Alexandre Jacob&#8230; Le proc\u00e8s qui l&rsquo;enverra au bagne de Cayenne, constituant un temps fort de l&rsquo;ouvrage. A chaque p\u00e9rip\u00e9tie, chaque \u00e9preuve, le personnage est ainsi port\u00e9 par son combat politique.<\/p>\n<p>Le graphisme en noir et blanc, qui s&rsquo;inspire des dessins de presse de la fin du XIX\u00e8me, donne au r\u00e9cit tout son relief. Les visages proches de la caricature et les d\u00e9cors vite bross\u00e9s s&rsquo;accordent \u00e0 l&rsquo;ambiance de l\u2018\u00e9poque et \u00e0 ce personnage haut en couleur. L&rsquo;humour n&rsquo;est pas en reste. Et on sourit plus d&rsquo;une fois aux grimaces du juge qui s&rsquo;\u00e9trangle devant le discours tenu par Jacob quand il compara\u00eet \u00e0 la barre.<\/p>\n<p>Le propos tr\u00e8s politique, comme le souligne la citation inscrite sur la quatri\u00e8me de couverture \u00ab La propri\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est le vol ! \u00bb, r\u00e9sonne encore aujourd&rsquo;hui. Et l&rsquo;histoire de \u00ab ces travailleurs de la nuit \u00bb d\u00e9passe la simple biographie ou le roman d&rsquo;aventure pour nous immerger dans une certaine lutte des classes telle qu&rsquo;elle a pu exister au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p>Mathieu Krim<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"114\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 114px) 100vw, 114px\" \/><\/a>La Voix du Nord<\/strong><\/p>\n<p><strong>8 f\u00e9vrier 2016<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.lavoixdunord.fr\/region\/alexandre-jacob-l-histoire-d-un-anarchiste-ia19b0n3319604<\/p>\n<p>\u00abAlexandre Jacob\u00bb, l&rsquo;histoire d&rsquo;un anarchiste racont\u00e9e par un Lillois<\/p>\n<p><strong>Ars\u00e8ne Lupin a exist\u00e9, et il s&rsquo;appelait Alexandre Jacob !<\/strong> Voler aux riches pour donner aux pauvres, c&rsquo;est le leitmotiv de cet anarchiste condamn\u00e9 \u00e0 22 ans de bagne apr\u00e8s son proc\u00e8s en 1905. Son histoire, c&rsquo;est Ga\u00ebl Henry qui la raconte, illustrateur lillois de 26 ans.<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e vient de son oncle et sc\u00e9nariste Vincent Henry. Bien que r\u00e9ticent \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;illustrer un r\u00e9cit historique, Ga\u00ebl se laisse finalement charmer par \u00ab l&rsquo;histoire de dingue \u00bb de ce robin des bois moderne. C&rsquo;est donc avec une grande libert\u00e9 de mise en sc\u00e8ne, des lavis noir et blanc et un trait d&rsquo;humour qu&rsquo;il nous entra\u00eene dans les d\u00e9tails rocambolesques de la vie de cet anarchiste du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle. Pousse en l&rsquo;air pour la premi\u00e8re BD captivante de ce jeune illustrateur, install\u00e9 \u00e0 la Malterie \u00e0 Lille depuis peu.<\/p>\n<p>\u00ab Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur \u00bb 22.50\u20ac aux \u00e9ditions Sarbacane, de Ga\u00ebl et Vincent Henry.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"108\" height=\"146\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 108px) 100vw, 108px\" \/><\/a>Tout Ars\u00e8ne Lupin<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/arsenelupingc.free.fr\/actu.php?id=176<\/p>\n<p>Une BD biographique sur Alexandre Jacob<\/p>\n<p><strong>Le 11\/02\/2016<\/strong><\/p>\n<p><strong>Une fois n&rsquo;est pas coutume, parlons un peu de celui qui a (tr\u00e9s probablement) inspir\u00e9 \u00e0 Maurice Leblanc le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin, j&rsquo;ai nomm\u00e9 Alexandre Jacob.<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9ditions Sarbacane ont \u00e9dit\u00e9 d\u00e9but janvier Alexandre Jacob : Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur. Cette bande dessin\u00e9e retrace la vie et les aventures de ce monte en l&rsquo;air de g\u00e9nie aux fortes convictions anarchistes. Apr\u00e8s la description de sa jeunesse et de ses d\u00e9buts dans la cambriole, nous suivons ses plus grands exploits \u00e0 travers son proc\u00e8s et celui de sa bande les biens-nomm\u00e9s travailleurs de la nuit. <strong>Notons que Maurice Leblanc est \u00e9voqu\u00e9 dans cet ouvrage.<\/strong><\/p>\n<p>Aux maneettes, on retrouve un p\u00e8re et son fils : Vincent Henry au scenario et Ga\u00ebl Henry pour les illustrations. Cot\u00e9 scenario, le r\u00e9cit est clair et tr\u00e8s lisible. Cot\u00e9 dessin, je n&rsquo;ai pas r\u00e9ussi \u00e0 me faire au style de Vincent Henry Les personnages sont peu expressifs, sur certaines cases, leurs membres sont d\u00e9mesur\u00e9s, les dessins manquent globalement de d\u00e9tail. Par contre la mise en sc\u00e8ne est tr\u00e9s claire et fluide.<\/p>\n<p>Un livre fait pour tous ceux qui veulent d\u00e9couvrir ce gentleman cambrioleur anarchiste.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"118\" height=\"158\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 118px) 100vw, 118px\" \/><\/a>La Nouvelle R\u00e9publique<\/strong><\/p>\n<p><strong>12 f\u00e9vrier 2016<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.lanouvellerepublique.fr\/Indre\/Loisirs\/Livres-cd-dvd\/n\/Contenus\/Articles\/2016\/02\/13\/L-Arsene-Lupin-de-Reuilly-en-bande-dessinee-2622331<\/p>\n<p>Indre &#8211; Livres<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin de Reuilly en bande dessin\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;anarchiste et cambrioleur Alexandre Marius Jacob v\u00e9cut \u00e0 Reuilly de 1939 \u00e0 1954, apr\u00e8s plus de vingt ann\u00e9es de bagne \u00e0 Cayenne. Un sacr\u00e9 num\u00e9ro.<\/p>\n<p>Sous le titre Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un personnage r\u00e9volt\u00e9 et plein d&rsquo;humour que mettent en sc\u00e8ne, en bande dessin\u00e9e, le Tourangeau Vincent Hardy &#8211; cr\u00e9ateur de la maison d&rsquo;\u00e9dition La Bo\u00eete \u00e0 bulles &#8211; et son neveu, Ga\u00ebl, dessinateur disciple de Christophe Blain. <strong>Un personnage incroyable, tout \u00e0 la fois Ars\u00e8ne Lupin, Robin des bois, Rocambole et Papillon, pour lequel Reuilly (\u00ab Le pays o\u00f9 il ne se passe jamais rien \u00bb, \u00e9crivait-il) fut, de 1939 \u00e0 1954, la derni\u00e8re \u00e9tape d&rsquo;une vie hors norme.<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Marseille le 29 septembre 1879, Alexandre Marius Jacob s&rsquo;engage \u00e0 12 ans dans la Marine, comme mousse, pour un voyage \u00e0 destination de l&rsquo;Australie&#8230; o\u00f9 il d\u00e9serte. Apprenti typographe, il devient anarchiste militant actif. Compromis dans une affaire d&rsquo;explosifs et quelques vols, Jacob est condamn\u00e9 \u00e0 six mois de prison. Adepte de la \u00ab reprise individuelle \u00bb, il d\u00e9cide de devenir cambrioleur, une fois lib\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Attila \u00e0 principes<\/p>\n<p>Arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Toulon en juillet 1899, il simule la folie, s&rsquo;\u00e9chappe de l&rsquo;asile d&rsquo;Aix-en-Provence et s&rsquo;installe \u00e0 Montpellier, o\u00f9 il prend en g\u00e9rance une quincaillerie&#8230; dans laquelle il s&rsquo;initie au crochetage des coffres forts\u2009! C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il monte sa bande, \u00ab les Travailleurs de la nuit \u00bb. Mais avec les principes d&rsquo;\u00e9viter de verser le sang et de \u00ab ne voler que les m\u00e9tiers de l&rsquo;ordre social injuste \u00bb\u2009: patrons, juges, militaires, clerg\u00e9. Un pourcentage des butins est revers\u00e9 \u00e0 la cause anarchiste et aux camarades n\u00e9cessiteux. As du d\u00e9guisement, Jacob op\u00e8re sous une kyrielle de pseudonymes, notamment celui d&rsquo;Attila, laissant des messages plein d&rsquo;humour apr\u00e8s ses forfaits<strong>. Pas \u00e9tonnant que Maurice Leblanc se soit inspir\u00e9 en partie de lui pour cr\u00e9er son personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin, en 1905&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Le 21 avril 1903, un vol \u00e0 Abbeville tourne mal. Jacob est jug\u00e9 deux ans plus tard \u00e0 Amiens pour&#8230; cent cinquante-six affaires. Il \u00e9chappe \u00e0 la guillotine mais est condamn\u00e9 \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 au bagne de Cayenne qui se referme sur lui le 13 janvier 1906 et d&rsquo;o\u00f9 il tentera de s&rsquo;\u00e9vader dix-sept fois en plus de vingt ans.<\/p>\n<p>Revenu en m\u00e9tropole \u00e0 la suite de la campagne contre le bagne lanc\u00e9e par Albert Londres, il travaille au Printemps parisien, puis se fait marchand forain dans le Val de Loire. Il s&rsquo;installe \u00e0 Reuilly, avec sa compagne et sa m\u00e8re, y ach\u00e8te une petite maison et s&rsquo;y marie en 1939. Si l&rsquo;album tr\u00e8s r\u00e9ussi de Vincent et Ga\u00ebl Henry n&rsquo;\u00e9voque ni la p\u00e9riode du bagne, ni la fin de la vie de Jacob \u00e0 Reuilly &#8211; il se suicida le 28 ao\u00fbt 1954, un mois avant son soixante-quinzi\u00e8me anniversaire -, il met en lumi\u00e8re un \u00e9tonnant personnage. Et Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur se lit d&rsquo;une traite, comme un roman d&rsquo;aventure.<\/p>\n<p>\u00ab Alexandre Jacob, journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur \u00bb, par Vincent Henry et Ga\u00ebl Henry, \u00c9ditions Sarbacane. 160 pages ; 22,50\u2009\u20ac<\/p>\n<p>Pascal Vigneron<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"108\" height=\"146\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 108px) 100vw, 108px\" \/><\/a>ActuaBD<\/strong><\/p>\n<p><strong>23 f\u00e9vrier 2016<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.actuabd.com\/Alexandre-Jacob-Journal-d-un<\/p>\n<p><strong>Alexandre Jacob. Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur<\/strong> &#8211; Par Ga\u00ebl et Vincent Henry &#8211; \u00c9d. Sarbacane<\/p>\n<p>Le \u00ab sous-sous-titre \u00bb de cette pure merveille aurait pu \u00eatre <strong>Ceci n&rsquo;est pas une biographie imaginaire d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin, mais au contraire belle et bien celle &#8211; dessin\u00e9e et sc\u00e9naris\u00e9e par Ga\u00ebl et Vincent Henry &#8211; du militant anarchiste ill\u00e9galiste, individualiste et altruiste, ayant r\u00e9ellement exist\u00e9 dont Maurice Leblanc se serait peu ou prou inspir\u00e9 dans ses romans !<\/strong><\/p>\n<p>Marius Alexandre Jacob est n\u00e9 en 1879, \u00e0 Marseille d&rsquo;un p\u00e8re alsacien &#8211; \u00ab r\u00e9fugi\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9rieur \u00bb vraisemblablement peu apr\u00e8s la d\u00e9faite de Sedan et l&rsquo;annexion de l&rsquo;Alsace et de la Lorraine par l&rsquo;Allemagne &#8211; et boulanger, et d&rsquo;une m\u00e8re&#8230; femme du boulanger, toute \u00ab pagnolade \u00bb mise \u00e0 part ! Enfant de ch\u0153ur ath\u00e9e, il r\u00eave de voyages et d&rsquo;aventures autour du monde.<\/p>\n<p>Pitchoun de Marseille<\/p>\n<p>\u00c0 onze ans, le certificat d&rsquo;\u00e9tudes primaires en poche, il devient mousse sur les paquebots des Messageries maritimes puis d\u00e9serte et rejoint un \u00e9quipage de forbans op\u00e9rant sur un baleinier. Il voulait d\u00e9couvrir le monde et sa beaut\u00e9. Il n&rsquo;en vit que la face la plus abjecte : des riches d\u00e9prav\u00e9s et bigots, l&rsquo;opulence arrogante des uns et la d\u00e9tresse des plus mis\u00e9rables : esclaves du sultan de Zanzibar embarqu\u00e9s \u00e0 fond de cale, bagnards enfuis de Noum\u00e9a et repris en Australie, ou \u00e9quipages ex\u00e9cut\u00e9s sans faire de quartier par ses compagnons pirates ; la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Laide Belle \u00c9poque<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Marseille, il commence \u00e0 militer. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;\u00e0 seize ans seulement, de simple spectateur de la cause anarchiste, il en devint acteur tant par ses articles dans la presse libertaire que par la \u00ab propagande par le fait \u00bb : d&rsquo;abord avec l&rsquo;humour d&rsquo;un potache qui balance des boules puantes en pleine messe puis en devenant un esth\u00e8te de l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 et de la \u00ab reprise individuelle \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire en d\u00e9troussant les riches pour redistribuer tout ou partie du butin aux pauvres. Il s&rsquo;agit donc de voler ceux (capitalistes, politiciens, clerg\u00e9&#8230;) qui tirent profit de l&rsquo;exploitation des travailleurs, puisque selon le pr\u00e9cepte proudhonien : \u00ab La Propri\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est le vol. \u00bb<\/p>\n<p>Adepte de l&rsquo;\u00ab ill\u00e9galisme \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire du recours \u00e0 des actions interdites qui doivent mener \u00e0 la r\u00e9volution, il passe successivement du vol avec ruse au vol en bande organis\u00e9e, avec ses fameux \u00ab Travailleurs de la nuit \u00bb, des monte-en-l&rsquo;air qui maniaient la pince-monseigneur, le pied-de-biche et les passe-partout avec dext\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Et si le produit de leurs cambriolages est partag\u00e9 avec \u00e9quit\u00e9 entre les membres de la bande, une partie est syst\u00e9matiquement r\u00e9serv\u00e9e au financement de la presse militante. Cambrioleur ? Assur\u00e9ment ! Les coffres-forts n&rsquo;avaient plus de secret pour lui. Gentleman ? Itou ! Il signait chacun de ses forfaits d&rsquo;une carte de visite \u00e9tablie au nom \u00ab d&rsquo;Attila \u00bb et s&rsquo;interdisait de cambrioler po\u00e8tes et artistes. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il pria l&rsquo;\u00e9crivain Pierre Loti de bien vouloir l&rsquo;excuser d&rsquo;avoir bris\u00e9 sa fen\u00eatre en tentant le cambrioler, avant de lui laisser un billet de dix francs (une somme pour l&rsquo;\u00e9poque !) en d\u00e9dommagement, juste apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre aper\u00e7u de sa m\u00e9prise.<\/p>\n<p>Espi\u00e8gle et rigolard<\/p>\n<p>Cet album aurait pu tomber dans le travers de l&rsquo;ouvrage militant plan-plan \u00ab tristounet mais sinc\u00e8re \u00bb, et il n&rsquo;en est absolument rien ! Bravo \u00e0 Ga\u00ebl et Vincent Henry qui ont su nous tenir en haleine en nous projetant dans la vie de cet anarchiste cambrioleur, espi\u00e8gle et rigolard mais s\u00e9rieux en ce qui concerne son id\u00e9al, qui surv\u00e9cut au bagne de Cayenne et donc \u00e0 tout.<\/p>\n<p>Signalons qu&rsquo;un dossier complet, r\u00e9alis\u00e9 par Jean-Marc Delpech, historien et biographe d&rsquo;Alexandre Jacob, est disponible en fin d&rsquo;ouvrage.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"112\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 112px) 100vw, 112px\" \/><\/a>M blogs<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les petits miquets, le blog BD du Monde<\/strong><\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"Ijpu61viBp\"><p><a href=\"http:\/\/bandedessinee.blog.lemonde.fr\/2016\/02\/25\/alexandre-jacob-anarchiste-cambrioleur\/\">Alexandre Jacob, anarchiste cambrioleur<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"http:\/\/bandedessinee.blog.lemonde.fr\/2016\/02\/25\/alexandre-jacob-anarchiste-cambrioleur\/embed\/#?secret=Ijpu61viBp\" data-secret=\"Ijpu61viBp\" width=\"500\" height=\"282\" title=\"\u00ab\u00a0Alexandre Jacob, anarchiste cambrioleur\u00a0\u00bb &#8212; Les Petits Miquets\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p><strong>25 f\u00e9vrier 2016 <\/strong><\/p>\n<p><strong>Alexandre Jacob, anarchiste cambrioleur<\/strong><\/p>\n<p>En 1840, l&rsquo;anarchiste fran\u00e7ais Pierre-Joseph Proudhon \u00e9crivait \u00ab\u00a0la propri\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est le vol\u00a0\u00bb (dans Qu&rsquo;est-ce que la propri\u00e9t\u00e9 ?). Si cette formule est reprise au dos d&rsquo;Alexandre Jacob, la vie de cet \u00ab\u00a0anarchiste cambrioleur\u00a0\u00bb ne saurait se r\u00e9sumer \u00e0 cet aphorisme. Et si Vincent Henry, au sc\u00e9nario, et Ga\u00ebl Henry, au dessin pour son premier album, ne se consacrent qu&rsquo;\u00e0 la premi\u00e8re partie de l&rsquo;existence d&rsquo;Alexandre Jacob, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, c&rsquo;est pour mieux illustrer ce qui fait que la destin\u00e9e d&rsquo;une personne est le fruit des circonstances mais aussi de ses choix. Et cerner ainsi la gen\u00e8se d&rsquo;une volont\u00e9.<\/p>\n<p>A savoir, comment \u00e0 peine devenu adulte, on se retrouve \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un gang de cambrioleurs, \u00ab\u00a0Les Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb, et accus\u00e9 d&rsquo;avoir commis plus de 150 cambriolages en quatre ans. \u00ab\u00a0Cela fait presque un par semaine. On ne pourra pas vous reprocher votre oisivet\u00e9, vous ne deviez pas tra\u00eener au caf\u00e9\u00a0\u00bb, remarque le pr\u00e9sident du tribunal qui le juge en juillet 1905. Ce \u00e0 quoi Alexandre Jacob r\u00e9pond par un de ses traits d&rsquo;humour caract\u00e9ristique : \u00ab\u00a0En effet, nous avions une bonne hygi\u00e8ne de vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si le dessin est de Ga\u00ebl Henry s&rsquo;av\u00e8re furieusement proche de celui de Christophe Blain, ce r\u00e9cit en deux partie (une pour la jeunesse du h\u00e9ros, une pour son proc\u00e8s) conte le destin d&rsquo;une <strong>figure m\u00e9connue du mouvement anarchiste, trop souvent r\u00e9duite \u00e0 la silhouette d&rsquo;un gentleman cambrioleur \u00e0 l&rsquo;humour tranchant ou d&rsquo;un Robin des bois aux astuces sans limites<\/strong>.<\/p>\n<p>Comme ne manque pas de le rappeler Vincent Henry, Alexandre Jacob avait pour deuxi\u00e8me pr\u00e9nom Marius. Il \u00e9tait le fils d&rsquo;un boulanger marseillais. N\u00e9 en 1879, parti sur les mers d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de onze ans, il dut rester \u00e0 terre lorsqu&rsquo;il en eut seize. Fin de l&rsquo;analogie avec une la trilogie marseillaise de Pagnol. Car notre Marius ne va pas se contenter de partie de cartes en revenant au port.<\/p>\n<p>Nourri de ses lectures (Lamartine, Zola, Hugo et, on l&rsquo;imagine, d&rsquo;autres auteurs r\u00e9volutionnaires ou libertaires) et du d\u00e9go\u00fbt des injustices vues ou subies, Alexandre Jacob va plonger corps et \u00e2me dans ce milieu anarchiste en plein boum &#8211; au propre comme au figur\u00e9 : l&rsquo;attentat d&rsquo;Emile Henry contre un caf\u00e9 de la gare Saint-Lazare ou l&rsquo;assassinat du pr\u00e9sident Sadi Carnot par Santo Geronimo Caserio ont lieu \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>De fil en aiguille, il va aussi pr\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la propagande par le fait (qui approuve notamment les actes de terrorisme) un autre \u00ab\u00a0courant\u00a0\u00bb : la reprise individuelle par le vol. Comme Alexandre Jacob l&rsquo;explique lors de son proc\u00e8s : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 combattre pied \u00e0 pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens. (&#8230;) Tout homme a droit au banquet de sa vie. Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Maurice Leblanc se serait inspir\u00e9 de lui pour cr\u00e9er son personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin dont la premi\u00e8re aventure para\u00eet dans le magazine Je sais tout en&#8230; juillet 1905, en plein proc\u00e8s.<\/strong> Amusant jeu de miroir quand on sait que notre anarchiste cambrioleur a beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 de la presse : il reversait en effet une part de ses gains &#8211; on parle de 10% &#8211; \u00e0 certains journaux proche de la cause.<\/p>\n<p>Arr\u00eat\u00e9 le 2 avril 1903, condamn\u00e9 le 24 juillet 1905 \u00e0 vingt ans de travaux forc\u00e9s, il embarque le 22 d\u00e9cembre pour Cayenne. L\u00e0 s&rsquo;arr\u00eate notre ouvrage. Il aurait pu se poursuivre par le r\u00e9cit des ann\u00e9es de captivit\u00e9, la d\u00e9nonciation du bagne (o\u00f9 il a pass\u00e9 dix-huit ann\u00e9es), le retour \u00e0 la vie normale (enfin, si l&rsquo;on veut, pour quelqu&rsquo;un n&rsquo;ayant jamais reni\u00e9 ses id\u00e9aux libertaires) jusqu&rsquo;\u00e0 son suicide par injection, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 75 ans.<\/p>\n<p>Il laisse derri\u00e8re lui cinq biographies, dont une de Jean-Marc Delpech sur laquelle est bas\u00e9e l&rsquo;ouvrage, et une rue \u00e0 son nom, inaugur\u00e9e en 2005, \u00e0 Reuilly (Indre), village o\u00f9 il donna un dernier banquet pour les enfants pauvres de la commune, le 27 ao\u00fbt 1954, \u00e0 la veille de sa mort.<\/p>\n<p>Au dessin, Ga\u00ebl Henry, n\u00e9 en 1989 et dipl\u00f4m\u00e9 en 2010 de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Tournai, fait preuve d&rsquo;une belle maturit\u00e9 notamment par sa ma\u00eetrise du mouvement. Le d\u00e9coupage des planches est assez classique sans \u00eatre totalement conventionnel avec parfois des vignettes qui occupent une page enti\u00e8re. Si le sc\u00e9nario de Vincent Henry &#8211; oncle du dessinateur, et par ailleurs patron de la maison d&rsquo;\u00e9dition le Bo\u00eete \u00e0 bulles -colle \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, le trait est lui beaucoup plus figuratif et garde une grande libert\u00e9, brossant chaque personnage en deux ou trois caract\u00e9ristiques. Il colle en ce sens tr\u00e8s bien \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;exp\u00e9rimentation picturale allait bient\u00f4t prendre le dessus. Ce qui ne fut pas le cas de l&rsquo;anarchie.<\/p>\n<p>Cyril Ouzoulias<\/p>\n<p>Alexandre Jacob, Vincent Henry (sc\u00e9nario) et Ga\u00ebl Henry (dession), Sarbacane, 160 p., 22,5 euros<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3989\" title=\"Alexandre Jacob journal d\\'un cambrioleur anarchiste, Ga\u00ebl et Vincent Henry, Sarbacane, 2016\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"110\" height=\"148\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1-223x300.jpg 223w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bd-jacob-1.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 110px) 100vw, 110px\" \/><\/a>BDgest<\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.bdgest.com\/news-1067-BD-C-est-l-editeur-qui-fait-l-auteur.html<\/p>\n<p><strong>\u00ab C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9diteur qui fait l&rsquo;auteur \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Entretien avec Ga\u00ebl et Vincent Henry<\/strong><\/p>\n<p>Propos recueillis par L. Cirade, L. Gianati et A. Perroud<\/p>\n<p>Interview 16\/03\/2016<\/p>\n<p><strong>Quand Alexandre Jacob est pr\u00e9sent\u00e9 uniquement comme celui qui a inspir\u00e9 Maurice Leblanc pour Ars\u00e8ne Lupin, le milieu anarchiste a tendance \u00e0 sortir ses griffes.<\/strong> Car le natif de Marseille n&rsquo;\u00e9tait pas seulement un cambrioleur ing\u00e9nieux qui redistribuait aux pauvres ce qu&rsquo;il prenait aux riches, il \u00e9tait aussi un vrai libertaire dans l&rsquo;\u00e2me. Vincent Henry est sorti de sa Bo\u00eete &#8211; \u00e0 Bulles &#8211; pour brosser un portrait fid\u00e8le et complet de ce personnage haut en couleurs en compagnie de son neveu, Ga\u00ebl, qui signe ici sa premi\u00e8re bande dessin\u00e9e.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Pourquoi ne pas avoir sorti cet album chez La Bo\u00eete \u00e0 Bulles ?<\/span><\/p>\n<p>Vincent Henry : J&rsquo;avais \u00e9crit le sc\u00e9nario pour Domas, un auteur de La Bo\u00eete \u00e0 Bulles mais avec l&rsquo;objectif de signer chez un gros \u00e9diteur. Le projet a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 de partout, on nous disait notamment que le texte n&rsquo;allait pas avec le dessin. C&rsquo;est un argument que je n&rsquo;ai pas forc\u00e9ment compris, du coup Domas s&rsquo;est r\u00e9tract\u00e9. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 le seul moment o\u00f9 je me suis pos\u00e9 la question de l&rsquo;\u00e9diter chez La Bo\u00eete \u00e0 Bulles. Quand Ga\u00ebl (Henry, NDLR) a commenc\u00e9 \u00e0 chercher un sc\u00e9nario, je lui ai propos\u00e9 celui-ci. Au d\u00e9part, il n&rsquo;\u00e9tait pas trop emball\u00e9. Puis, au bout de trois semaines, il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il y avait peut-\u00eatre quelque chose \u00e0 faire. Il m&rsquo;a envoy\u00e9 alors quelques pages et on a constitu\u00e9 un dossier qu&rsquo;on a renvoy\u00e9 aux \u00e9diteurs. On s&rsquo;est refait jeter de partout, sauf chez Sarbacane. Cette fois, on nous disait surtout que le dessin de Ga\u00ebl ressemblait trop \u00e0 celui de Christophe Blain. On a pr\u00e9sent\u00e9 ce projet sous forme de diptyque et Fr\u00e9d\u00e9ric Lavabre (\u00e9diteur chez Sarbacane, NDLR) a dit d&rsquo;accord, pour l&rsquo;instant, pour un livre. J&rsquo;ai trouv\u00e9 sa demande l\u00e9gitime. Quand un premier livre n&rsquo;arrive pas \u00e0 s&rsquo;imposer, le deuxi\u00e8me n&rsquo;y arrive pas non plus. On a donc sign\u00e9 pour un seul album, sachant qu&rsquo;\u00e0 la fin, il y a une v\u00e9ritable coupure dans la vie d&rsquo;Alexandre Jacob. \u00c7a ne posait donc pas vraiment de probl\u00e8me d&rsquo;arr\u00eater apr\u00e8s ce premier tome.<\/p>\n<p>Ga\u00ebl Henry : Et pour moi, il aurait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s inconfortable que l&rsquo;album sorte chez La Bo\u00eete \u00e0 Bulles. Mon p\u00e8re est actionnaire&#8230; (sourire) \u00c7a me g\u00eanait vraiment d&rsquo;autant que je n&rsquo;avais rien publi\u00e9 avant.<\/p>\n<p>V.H. : Et puis je voulais aussi voir si les autres \u00e9diteurs \u00e9taient aussi chiants que moi. (sourire) Plus s\u00e9rieusement, celui qui fait l&rsquo;auteur, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9diteur. On devient vraiment auteur, quand on fait un livre \u00e0 compte d&rsquo;auteur. Quand je me suis \u00e9dit\u00e9 pour deux autres livres, j&rsquo;ai fait pratiquement de l&rsquo;auto-\u00e9dition. Ne serait-ce que pour me sentir moi-m\u00eame auteur, j&rsquo;avais besoin qu&rsquo;un \u00e9diteur me dise : \u00ab Ce bouquin, je le fais \u00bb. Et puis en termes de promotion, c&rsquo;est de tout repos pour moi. Je me verrais mal demander \u00e0 mon attach\u00e9e de presse si elle a bien promu mon album.<\/p>\n<p>G.H. : Pour moi, il aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9trange d&rsquo;avoir une seule et m\u00eame personne pour \u00e9diteur et pour sc\u00e9nariste.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Quels sont les rapports avec son \u00e9diteur quand on est soi-m\u00eame \u00e9diteur ?<\/span><\/p>\n<p>V.H. : Il y a certainement un peu plus de complicit\u00e9, d&rsquo;autant qu&rsquo;on est du m\u00eame \u00e2ge et de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration avec Fr\u00e9d\u00e9ric. Quand il me fait des remarques, et inversement, on sait tr\u00e8s bien tous les deux de quoi on parle.<\/p>\n<p>L&rsquo;avantage est d&rsquo;avoir une fin \u00ab propre \u00bb \u00e0 la fin de ce premier tome&#8230;<\/p>\n<p>V.H. : Oui. Et beaucoup de personnes pensent qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas de suite. D&rsquo;ailleurs, je n&rsquo;ai pour l&rsquo;instant travaill\u00e9 que sur cette premi\u00e8re partie, ne sachant pas s&rsquo;il y aurait un jour une deuxi\u00e8me partie. Les souvenirs que j&rsquo;en ai commencent un peu \u00e0 dater&#8230; Alexandre Jacob aimait beaucoup \u00e9crire. On a donc retrouv\u00e9 beaucoup de lettres qu&rsquo;il envoyait \u00e0 sa m\u00e8re alors qu&rsquo;il \u00e9tait au bagne. Dans l&rsquo;album, il y a beaucoup de mots qui sont les siens. Lors du proc\u00e8s, par exemple, quand les phrases s&rsquo;encha\u00eenent, j&rsquo;ai altern\u00e9 ses propres mots avec des mots compl\u00e8tement invent\u00e9s. De m\u00eame, la lettre pr\u00e9sente \u00e0 la fin reprend en partie ses propres termes. Il en sera de m\u00eame pour la deuxi\u00e8me partie. C&rsquo;est donc un investissement \u00e9norme en temps.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">La deuxi\u00e8me partie se passant au bagne, n&rsquo;y a-t-il pas un risque qu&rsquo;elle soit moins tr\u00e9pidante que la premi\u00e8re ?<\/span><\/p>\n<p>V.H. : La deuxi\u00e8me partie est tout aussi tr\u00e9pidante mais totalement diff\u00e9rente. Il a essay\u00e9 une quinzaine de fois de s&rsquo;\u00e9vader dont une partie de ces \u00e9vasions a \u00e9t\u00e9 reprise par Henri Charri\u00e8re, dit \u00ab Papillon \u00bb. Il \u00e9crivait souvent \u00e0 sa m\u00e8re pour demander sa gr\u00e2ce. Quand il \u00e9tait en isolement, les pieds dans la boue, il lisait des bouquins de Droit et passait m\u00eame en proc\u00e8s l&rsquo;\u00e9tablissement p\u00e9nitentiaire. Il y a toujours des choses \u00e0 raconter sur Alexandre Jacob&#8230; Apr\u00e8s, effectivement, quand il sort du bagne c&rsquo;est plus calme. Il y a une tr\u00e8s belle histoire d&rsquo;amour \u00e0 la fin dont on parlera. J&rsquo;ai la chance d&rsquo;avoir la confiance de Jean-Marc Delpech, l&rsquo;historiographe le plus pointu d&rsquo;Alexandre Jacob. Je peux jouer au sparring partner avec lui pour lui demander conseil sur le d\u00e9roulement de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Comment avez-vous eu vent du travail de Jean-Marc Delpech ?<\/span><\/p>\n<p>V.H. : Il anime le site \u00ab Atelier de Cr\u00e9ation Libertaire \u00bb dans lequel il d\u00e9pose toutes les informations qu&rsquo;il poss\u00e8de sur Alexandre Jacob. Quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler sur ce projet, je lui ai envoy\u00e9 un mail en lui demandant s&rsquo;il pouvait m&rsquo;aider et me donner quelques conseils. Il m&rsquo;a r\u00e9pondu oui imm\u00e9diatement. Toute \u0153uvre qui permet de parler d&rsquo;Alexandre Jacob en tant qu&rsquo;anarchiste l&rsquo;int\u00e9resse. <strong>Par contre, il n&rsquo;aime pas que l&rsquo;on parle de lui uniquement comme un aventurier qui aurait inspir\u00e9 Ars\u00e8ne Lupin.<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Ou les Pieds Nickel\u00e9s&#8230;<\/span><\/p>\n<p>V.H. : Oui. On aime toutes les facettes de ce personnage. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s bien racont\u00e9 sur la tr\u00e8s belle page de Ga\u00ebl pendant son proc\u00e8s sur laquelle il explique pourquoi il vole. S&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas un vrai anarchiste, il ne prendrait pas le risque devant le juge de se d\u00e9clarer en tant que tel, alors qu&rsquo;ils \u00e9taient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque tr\u00e8s peu appr\u00e9ci\u00e9s.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Il y a n\u00e9anmoins une forme de complicit\u00e9 entre Alexandre Jacob et le juge&#8230;<\/span><\/p>\n<p>V.H. : Il y a un vrai jeu de ping-pong entre les deux hommes, c&rsquo;est vrai&#8230; Mais le jeu vient beaucoup plus d&rsquo;Alexandre Jacob que du juge. Jacob coupait le juge en permanence&#8230; Le proc\u00e8s a \u00e9t\u00e9 bien plus rapide quand il a \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 du tribunal.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Les avocats semblent tous sortis du m\u00eame moule&#8230;<\/span><\/p>\n<p>G.H. : Tout ce qui repr\u00e9sente l&rsquo;ordre est trait\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on, que ce soit les avocats, les policiers ou les jur\u00e9s. C&rsquo;est quelque chose qui marche bien narrativement, \u00e7a permet \u00e9galement de ne pas \u00eatre trop perdu graphiquement, car il y a beaucoup de personnages.<\/p>\n<p>V.H. : C&rsquo;est une demande que j&rsquo;ai eu de la part de l&rsquo;\u00e9diteur et du dessinateur, celle de r\u00e9duire le nombre de personnages. (sourire) J&rsquo;ai pu le faire sauf pour la bande d&rsquo;anarchistes.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Ga\u00ebl, pourquoi avoir h\u00e9sit\u00e9 au d\u00e9but sur ce projet ?<\/span><\/p>\n<p>G.H. : Au tout d\u00e9but, j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 en contact avec un sc\u00e9nariste, Wazem, avec lequel je devais peut-\u00eatre travailler. Finalement, \u00e7a ne s&rsquo;est pas fait. Quand Vincent m&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9 le projet pour la premi\u00e8re fois, j&rsquo;ai surtout vu son c\u00f4t\u00e9 historique. Je ne connaissais pas cette \u00e9poque, je ne connaissais pas Alexandre Jacob,\u00a0 je savais qu&rsquo;il fallait que tout soit cr\u00e9dible&#8230; Tout \u00e7a me faisait un peu peur. Pendant cette p\u00e9riode de flottement, j&rsquo;ai lu de fa\u00e7on plus approfondie le sc\u00e9nario. J&rsquo;ai commenc\u00e9 vraiment \u00e0 m&rsquo;y int\u00e9resser et je me suis lanc\u00e9.<\/p>\n<p>V.H. : Le storyboard a jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental. Le sc\u00e9nario que j&rsquo;\u00e9cris n&rsquo;est pas d\u00e9coup\u00e9 et Ga\u00ebl propose sa propre vision de l&rsquo;histoire. Ainsi, l&rsquo;album est vraiment devenu un livre non pas au moment de l&rsquo;\u00e9criture du sc\u00e9nario mais au moment du storyboard. Ga\u00ebl a un v\u00e9ritable r\u00f4le de co-sc\u00e9nariste.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Ce n&rsquo;\u00e9tait pas un \u00e9cueil de vouloir explorer plusieurs \u00ab exploits \u00bb d&rsquo;Alexandre Jacob et de les encha\u00eener les uns apr\u00e8s les autres ?<\/span><\/p>\n<p>V.H. : Si et c&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;on ne l&rsquo;a pas fait dans l&rsquo;album. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a le plus amus\u00e9 en faisant ce bouquin. Je l&rsquo;ai imagin\u00e9 comme un jeu de Lego dont toutes les pi\u00e8ces \u00e9taient d\u00e9pos\u00e9es sur une table. J&rsquo;ai cherch\u00e9 \u00e0 les assembler pour en faire une belle maison. La recherche du bon rythme a \u00e9t\u00e9 permanente avec Ga\u00ebl qui a rajout\u00e9 de temps en temps quelques gags.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Le personnage d&rsquo;Alexandre Jacob est tr\u00e8s attachant, sans trop d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9. C&rsquo;est un peu le contraire du parti pris de Fabien Nury dans Il \u00e9tait une fois en France&#8230;<\/span><\/p>\n<p>V.H. : Je connais au moins une personne qui n&rsquo;aime pas Alexandre Jacob apr\u00e8s avoir lu l&rsquo;album. Je n&rsquo;avais pas la volont\u00e9 que tout le monde l&rsquo;aime. M\u00eame ses ennemis le trouvaient brillant et attachant. Pour autant, je n&rsquo;ai jamais voulu occult\u00e9 un point n\u00e9gatif du personnage. Je parle d&rsquo;une jeune femme qui se fait tuer avant le proc\u00e8s, des jur\u00e9s qui se r\u00e9cusent tous par peur de se faire assassiner suite \u00e0 des menaces&#8230; M\u00eame si sa philosophie est \u00ab je ne tire que si on attente \u00e0 ma libert\u00e9 \u00bb, on peut se demander si en tant que prisonnier, ce n&rsquo;est pas lui qui a menac\u00e9 indirectement les jur\u00e9s. Je ne l&rsquo;occulte absolument pas.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Il a aussi une certaine forme d&rsquo;arrogance en se pr\u00e9sentant au-dessus de la masse&#8230;<\/span><\/p>\n<p>V.H. : Oui. Il a l&rsquo;impression de se battre pour un peuple alors que le peuple n&rsquo;en a rien \u00e0 faire. Alexandre Jacob a \u00e9voqu\u00e9 cette frustration dans ses \u00e9crits. Si tout le monde trouve Alexandre Jacob tr\u00e8s sympathique, c&rsquo;est presque une d\u00e9ception pour moi.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Ga\u00ebl, on parle beaucoup de votre trait qui ressemble \u00e0 celui de Christophe Blain. Est-ce quelque chose que vous assumez ?<\/span><\/p>\n<p>G.H. : J&rsquo;en suis conscient, surtout apr\u00e8s coup. (sourire) Pour moi, ce que fait Christophe Blain est ce qui se fait de mieux en termes d&rsquo;expressions dans la bande dessin\u00e9e. Mais concr\u00e8tement, je ne me suis jamais dit que je faisais du Blain. \u00c7a reste un premier album. Je pense que naturellement, je vais me d\u00e9faire de certains tics pour le deuxi\u00e8me.<\/p>\n<p>V.H. : On a donn\u00e9 aux personnages un c\u00f4t\u00e9 \u00ab Pieds Nickel\u00e9s \u00bb qu&rsquo;ils ont un peu. Du coup, Pieds Nickel\u00e9s = Vitalit\u00e9 = Pellos ou Blain.<\/p>\n<p>G.H. : D&rsquo;o\u00f9 aussi les grands nez. Cela a \u00e9t\u00e9 une astuce pour imm\u00e9diatement le reconna\u00eetre quand il est pass\u00e9 d&rsquo;enfant \u00e0 adulte.<\/p>\n<p>V.H. : L&rsquo;histoire d&rsquo;Alexandre Jacob et le traitement de Ga\u00ebl \u00e9voque clairement le dynamisme. Sur le prochain album sur lequel on travaille, une adaptation de Zola, il y a beaucoup de moments de discussions, des personnages absolument pas humoristiques&#8230; Son dessin sera sans doute diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>G.H. : J&rsquo;ai encore un peu de mal \u00e0 me projeter, puisqu&rsquo;on en est encore au storyboard. Je sais que graphiquement, ce sera tr\u00e8s diff\u00e9rent, du noir avec de la couleur, donc plus classique. Au niveau de l&rsquo;ambiance, ce sera \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, autour de 1870, mais ce sera beaucoup plus parisien.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Quels sont les retours des lecteurs ?<\/span><\/p>\n<p>V.H. : En s\u00e9ance de d\u00e9dicaces, nous n&rsquo;avons que deux personnes qui l&rsquo;ont lu (\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque du festival d&rsquo;Angoul\u00eame, fin janvier 2016, NDLR). Les retours sont plut\u00f4t bons en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>G.H. : On sent quand m\u00eame que ce sujet est plut\u00f4t bien connu dans le milieu \u00ab\u00a0anar\u00a0\u00bb. Certains sont venus directement acheter l&rsquo;album juste en ayant eu connaissance du th\u00e8me.<\/p>\n<p>V.H. : Pour la petite histoire, Alexandre Jacob a eu une derni\u00e8re histoire d&rsquo;amour avec une dame \u00e0 la fin de sa vie qui est toujours vivante. Elle nous a dit avoir d\u00e9vor\u00e9 le bouquin en deux nuits et qu&rsquo;elle a tourn\u00e9 les pages avec l&rsquo;envie de savoir ce qui allait se passer, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;aime pas la bande dessin\u00e9e. Elle dit avoir red\u00e9couvert Alexandre Jacob avec nous alors qu&rsquo;elle a pass\u00e9 un an avec lui. On va d&rsquo;ailleurs la rencontrer et elle sera l&rsquo;un des personnages principaux du deuxi\u00e8me tome.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sortie du Journal d&rsquo;un anarchiste cambrioleur chez Sarbacane en janvier dernier n&rsquo;est de toute \u00e9vidence pas pass\u00e9e inaper\u00e7ue et c&rsquo;est tant mieux. L&rsquo;ouvrage le m\u00e9rite amplement. 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