{"id":3935,"date":"2015-12-19T01:10:04","date_gmt":"2015-12-18T23:10:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3935"},"modified":"2015-08-15T10:27:57","modified_gmt":"2015-08-15T08:27:57","slug":"vols-a-bourges","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2015\/12\/vols-a-bourges\/","title":{"rendered":"Vols \u00e0 Bourges"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3936\" title=\"Bourges\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-copier-300x231.jpg\" alt=\"\" width=\"159\" height=\"123\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-copier-300x231.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-copier.jpg 621w\" sizes=\"(max-width: 159px) 100vw, 159px\" \/><\/a>Quoi de plus r\u00e9jouissant pour des voleurs anarchistes, dont certains sont dot\u00e9s d&rsquo;une certaine propension \u00e0 l&rsquo;humour, que de d\u00e9trousser le bourgeois \u00e0 Bourges. Un festival de cambriolages ? Pas vraiment. Si les quatre larcins commis dans la pr\u00e9fecture du Cher ne figurent pas parmi les plus sensationnels \u00e0 mettre \u00e0 l&rsquo;actif des Travailleurs de la Nuit, ils n&rsquo;en sont pas moins int\u00e9ressants \u00e0 plusieurs titres. Ils r\u00e9v\u00e8lent d&rsquo;abord l&rsquo;implication de Jacques Sautarel dans le recel et l&rsquo;\u00e9coulement des produits vol\u00e9s\u00a0; ils mettent surtout en lumi\u00e8re pour les r\u00e9appropriations commises au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1903 la chute de Joseph Ferrand.<!--more--><\/p>\n<p><em>Compagnon habituel de Jacob jusque vers la fin de 1902, \u00e9poque o\u00f9 ils se sont brouill\u00e9s<\/em><a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\"><sup><sup>[1]<\/sup><\/sup><\/a>, il entreprend au d\u00e9but du mois de janvier 1903 une tourn\u00e9e sur le Cher et la Ni\u00e8vre en compagnie de Fran\u00e7ois Vaillant. Dans la nuit du 5 au 6 de ce mois, ils cambriolent les appartements de M.M. de Boismarmin et de Beaurepaire, situ\u00e9s au 44 rue Moyenne \u00e0 Bourges. Deux jours plus tard, la maison du capitaine Marty, sise au 22 rue Grasset \u00e0 Nevers, fait les frais de leur visite.<\/p>\n<p>Le 8 Blanche Van Laerenq, que Ferrand a rencontr\u00e9e \u00e0 Nevers et ramen\u00e9e \u00e0 Paris, d\u00e9nonce ce dernier \u00e0 la police qui d\u00e9marre d&rsquo;actives investigations pour retrouver le voleur<a name=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\"><sup><sup>[2]<\/sup><\/sup><\/a>. Le m\u00eame jour, Gabrielle Damiens, se rend chez Sautarel. Elle est porteuse de la part de son amant d&rsquo;un paquet dans lequel se trouve <em>un cachet repr\u00e9sentant un buste de femme et une croix en nacre provenant de chez M. Beaurepaire<\/em><a name=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\"><sup><sup>[3]<\/sup><\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Le 22 janvier, la police parisienne appr\u00e9hende Ferrand et Vaillant dans un garni de la rue Geoffroy Lasnier. La perquisition am\u00e8ne la saisie d&rsquo;objets provenant de la maison du capitaine Marty. Ferrand tente de dissimuler son identit\u00e9. Il affirme se nommer Dunin puis d\u00e9clare \u00eatre F\u00e9lix Bour et finit par r\u00e9v\u00e9ler son v\u00e9ritable patronyme. Le 4 ao\u00fbt 1903, la cour d&rsquo;assises de la  Ni\u00e8vre condamne Ferrand et Vaillant \u00e0 10 ans de travaux forc\u00e9s et \u00e0 la rel\u00e9gation. <em>Le jury a rendu un verdict sans circonstance att\u00e9nuantes<\/em><a name=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\"><sup><sup>[4]<\/sup><\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Trois mois apr\u00e8s l&rsquo;arrestation de Joseph Ferrand, Alexandre Jacob, F\u00e9lix Bour et L\u00e9on P\u00e9lissard tombent \u00e0 leur tour. C&rsquo;est la fin des Travailleurs de la Nuit.<\/p>\n<p><strong><em><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-place-de-la-nation-cafe-saulnier-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3937\" title=\"Bourges, place de la Nation et caf\u00e9 Saulnier\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-place-de-la-nation-cafe-saulnier-copier-300x190.jpg\" alt=\"\" width=\"173\" height=\"109\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-place-de-la-nation-cafe-saulnier-copier-300x190.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-place-de-la-nation-cafe-saulnier-copier.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 173px) 100vw, 173px\" \/><\/a>Le Journal du Cher<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>7 janvier 1903<\/strong><\/p>\n<p><strong>Trois exploits de cambrioleurs<\/strong><\/p>\n<p>Il y avait longtemps qu&rsquo;on avait entendu parler de cambriolage \u00e0 Bourges. Depuis l&rsquo;arrestation et la condamnation du bijoutier Durin, les artistes de la pince-monseigneur et du vilebrequin nous laissaient quelque r\u00e9pit.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une tr\u00eave. Voici que depuis quelques jours ils recommencent \u00e0 faire parler d&rsquo;eux. Ces jours-ci, ils op\u00e9raient \u00e0 Saint-Amand chez un bijoutier, M. Champault.<\/p>\n<p>Dans la nuit de dimanche \u00e0 lundi, c&rsquo;est sur le salon de Flore, caf\u00e9 Saulnier, place de la Nation, que d&rsquo;audacieux cambrioleurs ont jet\u00e9 leur d\u00e9volu.<\/p>\n<p>En se levant, lundi matin, M. Saulnier constata qu&rsquo;une vitre d&rsquo;un galandage donnant sous le portail du caf\u00e9, par o\u00f9 entrent les locataires de la maison, avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9licatement taill\u00e9e avec un diamant. On avait ainsi enlev\u00e9 le verre puis, par cette ouverture, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la salle de d\u00e9bit.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une tentative d&rsquo;ouverture du tiroir-caisse, les cambrioleurs, qui devaient tr\u00e8s bien conna\u00eetre les aisances de la maison, s&rsquo;introduisirent dans la cave dont l&rsquo;ouverture est \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la salle de bal.<\/p>\n<p>L\u00e0, ils s&#8217;empar\u00e8rent de deux cents bouteilles de vin bouch\u00e9, qu&rsquo;ils sortirent dans des paniers, par la porte donnant sur la rue du Prinal.<\/p>\n<p>Mais cet exploit n&rsquo;\u00e9tait accompli sans doute que pour se faire la main, en vue des deux plus audacieuses exp\u00e9ditions qui ont \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9es la nuit derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Ce sont des maisons bourgeoises qui ont eu la visite des cambrioleurs.<\/p>\n<p>D\u00e9tail \u00e0 noter : les deux victimes de ces cambriolages sont les deux beaux-fr\u00e8res : M. Christian de Boismarmin et M. de Beaurepaire de Louvagny. Le premier habite 44, rue Moyenne, le second \u00e0 une centaine de m\u00e8tres du premier, avenue S\u00e9raucourt, 20. Ils habitent actuellement dans l&rsquo;Indre, dans une maison de campagne de M. Boismarmin p\u00e8re.<\/p>\n<p>Les cambrioleurs n&rsquo;ignoraient peut-\u00eatre pas ce d\u00e9tail. La fa\u00e7on dont ils ont op\u00e9r\u00e9 prouve, en outre, que l&rsquo;on se trouve en pr\u00e9sence de professionnels.<\/p>\n<p>Vers 9 heures, mardi matin, le cordonnier, qui tient \u00e9choppe avenue S\u00e9raucourt, s&rsquo;apercevait que les battants de la double porte d&rsquo;entr\u00e9e \u00e9taient entrouverts. Comme les volets de l&rsquo;habitation \u00e9taient encore ferm\u00e9s, cette d\u00e9couverte le frappa. S&rsquo;\u00e9tant approch\u00e9, il vit des restes de nombre d&rsquo;allumettes-bougies au pied de la porte. Plus de doute, la maison avait \u00e9t\u00e9 cambriol\u00e9e.<\/p>\n<p>La police fut imm\u00e9diatement pr\u00e9venue ainsi que M. Georges de Boismarmin, demeurant rue Coursarlon qui, oblig\u00e9 de partir en voyage, chargea en son absence M. Jouslin d&rsquo;accompagner les agents dans leurs constatations.<\/p>\n<p>L&rsquo;habitation avait \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9e de fond en comble ; tous les appartements visit\u00e9s, les meubles ouverts, boulevers\u00e9s ; tout ce qui pouvait contenir soit des bijoux, soit de l&rsquo;argent avait subi l&rsquo;inspection des voleurs. Avant de s&rsquo;attaquer \u00e0 la porte, ceux-ci ont essay\u00e9 d&rsquo;ouvrir celle de la cave mais elle r\u00e9sista \u00e0 la pression des pinces ; il n&rsquo;en fut pas de m\u00eame de la double porte dont la serrure a d\u00fb c\u00e9der sous les pes\u00e9es faites avec les pinces introduites entre les deux battants.<\/p>\n<p>Dans une chambre on a retrouv\u00e9 tout un attirail d&rsquo;outils enti\u00e8rement neufs, un ciseau cass\u00e9, un vilebrequin, des m\u00e8ches, des vrilles, etc.<\/p>\n<p>Le second vol a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert de la fa\u00e7on suivante :<\/p>\n<p>Vers 10 heures, une jeune fille travaillant dans la maison Pichonnat-Salmon, rue Moyenne, remarquait \u00e0 son tour que la porte d&rsquo;habitation de Boismarmin \u00e9tait entrouverte. Salmon, \u00e9tant entr\u00e9 dans la maison, vit que toutes les pi\u00e8ces avaient \u00e9t\u00e9 visit\u00e9es. C&rsquo;\u00e9tait le m\u00eame d\u00e9sordre que chez M. de Beaurepaire.<\/p>\n<p>Les voleurs ont d\u00fb commencer par op\u00e9rer rue Moyenne. Mmes Testaux, buralistes, dont l&rsquo;habitation est contigu\u00eb \u00e0 celle de M. de Boismarmin, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9es, vers 11 heures, par le bruit des effractions ; elles crurent que c&rsquo;\u00e9tait leur voisin qui rentrait bien que ces bruits aient dur\u00e9 pendant un assez long temps.<\/p>\n<p>On se montrera d&rsquo;autant plus surpris de l&rsquo;audace des malfaiteurs que ces vols ont \u00e9t\u00e9 commis dans deux maisons qui ne sont qu&rsquo;\u00e0 une tr\u00e8s petite distance de la caserne Cond\u00e9 et que le factionnaire pouvait apercevoir les cambrioleurs au moment de leur double effraction.<\/p>\n<p>MM. de Boismarmin et de Beaurepaire ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par d\u00e9p\u00eache du cambriolage ; on ne saura qu&rsquo;\u00e0 leur retour ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9rob\u00e9.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-rue-moyenne.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3938\" title=\"Bourges, rue Moyenne\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-rue-moyenne-191x300.jpg\" alt=\"\" width=\"107\" height=\"169\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-rue-moyenne-191x300.jpg 191w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bourges-rue-moyenne.jpg 424w\" sizes=\"(max-width: 107px) 100vw, 107px\" \/><\/a>Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris<\/strong><\/p>\n<p><strong>EA\/89, dossier de presse \u00ab\u00a0<em>La bande sinistre et ses exploits<\/em>\u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>2<sup>e<\/sup> audience, 9 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vol \u00e0 Bourges<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le 21 septembre 1901, M. Vergue, demeurant \u00e0 Bourges, boulevard Gambetta, 9, quittait son domicile et y revenait le 23 pour constater qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9valis\u00e9.<\/p>\n<p>Les voleurs s&rsquo;\u00e9taient introduits par un soupirail dont ils avaient bris\u00e9 la cha\u00eene de s\u00fbret\u00e9.<\/p>\n<p>La porte avait \u00e9t\u00e9 ensuite ouverte pour permettre aux complices de p\u00e9n\u00e9trer.<\/p>\n<p>Tous les meubles avaient \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9s dans la salle \u00e0 manger ; un tableau avait \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 d&rsquo;un coup de couteau. Dans le salon, deux tapisseries avaient \u00e9t\u00e9 lac\u00e9r\u00e9es. Un coffre-fort fut ouvert avec sa clef, qui se trouvait dans un trousseau sur l&rsquo;armoire \u00e0 glace.<\/p>\n<p>Les appartements du second \u00e9tage avaient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 visit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le vol consista en bijoux, \u00e9pingles de cravate, cha\u00eenes de montre, boutons de chemise, une montre de femme, un service d&rsquo;argenterie, etc., un revolver bull-dog. Il est avou\u00e9 par Jacob et Ferrand.<\/p>\n<p>M. Vergue est entendu et n&rsquo;apporte aucun renseignement nouveau.<\/p>\n<p>Jacob et Ferrand avouent le vol, mais nient avoir lac\u00e9r\u00e9 un tableau.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/ferrand.bmp\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-32\" title=\"ferrand\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/ferrand.bmp\" alt=\"L\\'Illustration 18 mars 1905\" width=\"124\" height=\"160\" \/><\/a>4<sup>e<\/sup> audience, 11 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vol \u00e0 Bourges<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Dans la nuit du 5 au 6 janvier, l&rsquo;appartement de M. de Boismarmin, situ\u00e9 \u00e0 Bourges, rue<\/p>\n<p>Moyenne, n\u00b0 44, \u00e9tait cambriol\u00e9. On lui volait un parapluie, une bague en or avec perles fines et diamant, une \u00e9pingle \u00e0 chapeau en or avec un petit rubis, etc.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame nuit, son beau-fr\u00e8re, M. de Beaurepaire, \u00e9tait victime d&rsquo;un vol. De l&rsquo;argenterie et des bijoux lui avaient \u00e9t\u00e9 soustraits.<\/p>\n<p>Ces deux vols, commis \u00e0 Bourges, la nuit qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le vol de Nevers pour lequel ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s Ferrand et Vaillant, l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 par les m\u00eames individus.<\/p>\n<p>On a trouv\u00e9 en la possession de Vaillant un grand nombre d&rsquo;objets provenant de ces vols.<\/p>\n<p>Sur une enveloppe saisie en sa possession, on a relev\u00e9 \u00e9galement \u00e9crit de sa main une note au crayon rouge : \u00ab 44, rue Moyenne \u00bb. Or cette adresse est celle d&rsquo;une des victimes, M. de<\/p>\n<p>Boismarmin.<\/p>\n<p>Le lendemain du vol de Nevers, Gabrielle Damiens alla chez Sautarel porter de la part de son amant un paquet dans lequel se trouvaient notamment un cachet repr\u00e9sentant un buste de femme et une croix en nacre provenant de chez M. de Beaurepaire.<\/p>\n<p>Ferrand a toujours soutenu qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas commis le vol de Nevers pour lequel il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9. Il ne pouvait se reconna\u00eetre l&rsquo;auteur des vols de Bourges qui avaient \u00e9t\u00e9 commis la veille. Mais sa culpabilit\u00e9, dit l&rsquo;accusation, ainsi que celle de Vaillant r\u00e9sulte des pi\u00e8ces saisies sur Vaillant et de celles qu&rsquo;il fit porter par sa ma\u00eetresse chez Sautarel, son receleur.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;audience, Ferrand et Vaillant, apr\u00e8s l&rsquo;audition des t\u00e9moins se d\u00e9fendent vivement d&rsquo;\u00eatre les auteurs des vols de Bourges.<\/p>\n<p>Sautarel proteste vivement de son innocence.<\/p>\n<p>Ferrand explique qu&rsquo;il \u00e9tait all\u00e9 \u00e0 Nevers pour cambrioler. Il y avait rendez-vous avec des individus qui lui remirent un paquet contenant les objets vol\u00e9s \u00e0 Bourges.<\/p>\n<p>Vaillant se lance dans de longues explications, assez embrouill\u00e9es, sur ces vols et celui de Nevers pour lequel il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat maintenant languit. Jacob se repose et l&rsquo;on ne comprend rien \u00e0 ce que dit Vaillant. Sautarel dit ensuite que toutes les d\u00e9clarations de Gabrielle Damiens sont mensong\u00e8res.<\/p>\n<p>Confront\u00e9 avec elle, il a \u00e9t\u00e9 reconnu par elle. Cela n&rsquo;a rien d&rsquo;\u00e9tonnant. Il est boutiquier boulevard Beaumarchais. Elle a pu le voir dans sa boutique. Sautarel dit qu&rsquo;il est \u00e9galement connu comme \u00e9crivain. Il est une victime de la police. Depuis dix ans qu&rsquo;il a fait para\u00eetre <em>\u00c9tats d&rsquo;\u00e2me<\/em>, la police l&rsquo;a marqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encre rouge.<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a>Archives D\u00e9partementales de la Somme, 99M13\/2 : suspects anarchistes (affaire Jacob).<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> <em>Journal de la Ni\u00e8vre<\/em>, 5 ao\u00fbt 1903.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris, EA\/89, dossier de presse \u00ab\u00a0<em>La bande sinistre et ses exploits<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> <em>Journal de la Ni\u00e8vre<\/em>, 6 ao\u00fbt 1903.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if !mso]><span class=\"mceItemObject\"   classid=\"clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D\" id=ieooui><\/span>\n\n\n<style>\nst1\\:*{behavior:url(#ieooui) }\n<\/style>\n\n<![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quoi de plus r\u00e9jouissant pour des voleurs anarchistes, dont certains sont dot\u00e9s d&rsquo;une certaine propension \u00e0 l&rsquo;humour, que de d\u00e9trousser le bourgeois \u00e0 Bourges. 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