{"id":3884,"date":"2015-10-03T01:10:37","date_gmt":"2015-10-02T23:10:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3884"},"modified":"2015-07-26T10:40:01","modified_gmt":"2015-07-26T08:40:01","slug":"leon-la-discretion","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2015\/10\/leon-la-discretion\/","title":{"rendered":"L\u00e9on la discr\u00e9tion"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/editions-la-pigne-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3334\" title=\"docteur L\u00e9on Collin\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/editions-la-pigne-2-287x300.jpg\" alt=\"\" width=\"143\" height=\"148\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/editions-la-pigne-2-287x300.jpg 287w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/editions-la-pigne-2.jpg 447w\" sizes=\"(max-width: 143px) 100vw, 143px\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/des-hommes-et-des-bagnes-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3833\" title=\"L\u00e9on Collin, Des hommes et des bagnes, Libertalia, avril 2015\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/des-hommes-et-des-bagnes-2.jpg\" alt=\"\" width=\"105\" height=\"148\" \/><\/a>Alors que vont s&rsquo;ouvrir les <em>18<sup>e<\/sup> Rendez-Vous de l&rsquo;Histoire de Blois<\/em> sur le th\u00e8me des empires, le Jacoblog rappelle qu&rsquo;au mois d&rsquo;avril dernier est sorti aux \u00e9ditions Libertalia un document totalement in\u00e9dit sur les colonies p\u00e9nitentiaires fran\u00e7aises. <em>Des hommes et des bagnes<\/em> rassemble les deux carnets de notes et les photographies du docteur L\u00e9on Collin. Direction la Guyane et la Nouvelle Cal\u00e9donie. Rappelons alors que depuis la cr\u00e9ation officielle du bagne en 1854 jusqu&rsquo;au dernier convoi de condamn\u00e9s en 1938, ils furent plus de 100000 \u00e0 venir s&rsquo;\u00e9chouer en terre de grande punition. Il y a plus d&rsquo;un an, les historiens Michel Pierre et Jean-Lucien Sanchez relevaient dans le n\u00b064 des <em>Collections de L&rsquo;Histoire<\/em> (juillet-septembre 2014) l&rsquo;aspect exceptionnel de ce \u00ab\u00a0rare\u00a0\u00bb t\u00e9moignage qui est un des seuls \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;\u00e9chec des camps \u00e0 la fran\u00e7aise sur deux espaces\u00a0particuliers\u00a0: la Guyane et la Nouvelle Cal\u00e9donie.<!--more--><\/p>\n<p>Pourtant, et cela donne encore plus de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat au livre de Libertalia, l&rsquo;institution bagne conna\u00eet une sorte d&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le docteur Collin officie sur le vapeur La Loire (de 1907 \u00e0 1910) puis sur le Caillou (de 1910 \u00e0 1913). Il faut attendre l&rsquo;effet Albert Londres pour r\u00e9ellement voir une critique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e aboutissant \u00e0 la r\u00e9forme de 1925 puis \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat de la transportation en 1938. Le style du docteur Collin est clair, direct. Le m\u00e9decin d\u00e9crit, donne des d\u00e9tails, nous raconte un nombre incroyable de vies perdues. Ses photographies sont hallucinantes. Certaines ont paru dans la presse de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>La presse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a pourtant que tr\u00e8s peu \u00e9voqu\u00e9 un ouvrage qui fait date dans la connaissance historique du traitement des \u00ab\u00a0hommes punis\u00a0\u00bb. Un l\u00e9ger entrefilet dans <em>le Canard Encha\u00een\u00e9<\/em>, une double page \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2015 dans <em>CQFD<\/em>, <em>mensuel de critique et exp\u00e9rimentation sociales<\/em>, \u00a0et trois articles dans les journaux r\u00e9gionaux (<em>Vosges Matin<\/em>, <em>le Journal de Sa\u00f4ne et Loire<\/em>, <em>Le Progr\u00e8s<\/em>). Et c&rsquo;est tout. Et c&rsquo;est bien dommage. Nous peinons \u00e0 saisir ce silence m\u00e9diatique. Il eut pourtant \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant de trouver une note de lecture, une critique, un compte-rendu dans un magazine comme <em>L&rsquo;Histoire<\/em>, qui a re\u00e7u deux ou trois exemplaires en service presse, par exemple. <em>Le Monde<\/em>, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, et beaucoup d&rsquo;autres aussi d&rsquo;ailleurs. Le papier aurait pu ainsi mettre en valeur un beau livre o\u00f9 le propos du m\u00e9decin est accompagn\u00e9 d&rsquo;un riche travail de notes de mani\u00e8re \u00e0 fournir aux lecteurs un maximum de cl\u00e9s de compr\u00e9hension. Revue de presse.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9diapart<\/strong><\/p>\n<p><strong>18 f\u00e9vrier 2014<\/strong><\/p>\n<p><strong>Parti au bagne avec les for\u00e7ats<\/strong><\/p>\n<p>Photographe : L\u00e9on Collin<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin militaire L\u00e9on Collin a d\u00e9but\u00e9 sa carri\u00e8re en accompagnant un transport de prisonniers vers la Guyane, avant de partir en Nouvelle-Cal\u00e9donie o\u00f9 il a assist\u00e9 aux derni\u00e8res ann\u00e9es du bagne en 1924. Au cours de ces voyages, le docteur Collin va r\u00e9aliser un reportage photographique, compos\u00e9 principalement de 125 plaques n\u00e9gatives. Il va les tirer par contact puis les assembler dans des cahiers tapuscrits, o\u00f9 sont compil\u00e9s les t\u00e9moignages qu&rsquo;il a accumul\u00e9s aupr\u00e8s de chacun des for\u00e7ats (et que nous reproduisons tels quels en l\u00e9gendes). Cet officier va diffuser ces \u00ab\u00a0interviews\u00a0\u00bb en gardant l&rsquo;anonymat dans plusieurs magazines du d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et d\u00e9noncer ce mode de ch\u00e2timent judiciaire. M\u00e9diapart en publie des extraits et ouvre ainsi une collaboration r\u00e9guli\u00e8re avec le mus\u00e9e Nic\u00e9phore Ni\u00e9pce de Chalon-sur-Sa\u00f4ne.<\/p>\n<p>[L&rsquo;article est accompagn\u00e9 de neuf photographies et des extraits des notes du Dr Collin]<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-temps-du-bagne.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3886\" title=\"Le temps du bagne, les Collections de L\\'Histoire juillet-septembre 2015\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-temps-du-bagne-213x300.jpg\" alt=\"\" width=\"110\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-temps-du-bagne-213x300.jpg 213w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-temps-du-bagne.jpg 260w\" sizes=\"(max-width: 110px) 100vw, 110px\" \/><\/a>Les Collections de L&rsquo;Histoire<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00b064, juillet-septembre 2014<\/strong><\/p>\n<p><a name=\"bookmark0\"><strong>Article Vivre et survivre au Maroni<\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong>Michel Pierre<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelles sources pour l&rsquo;historien<\/strong><strong> ?<\/strong><\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas simple de trouver un chemin d&rsquo;Histoire dans les m\u00e9andres des archives et des ouvrages imprim\u00e9s de for\u00e7ats, journalistes, m\u00e9decins, gardiens&#8230; Ainsi, on ne peut pas comprendre l&rsquo;ancien transport\u00e9 Raymond Vaud\u00e9 lorsqu&rsquo;il \u00e9crite <em>dans les centrales m\u00e9tropolitaines<\/em>, <em>l&rsquo;annonce du d\u00e9part en Guyane \u00e9tait salu\u00e9e par des hurlements de joie \u00bb <\/em>sans cette affirmation d&rsquo;un autre for\u00e7at, Charles Spagnol :<\/p>\n<p><em>\u00ab On n&rsquo;\u00e9tait pas au bagne pour expier, mais pour s&rsquo;\u00e9vader. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>De m\u00eame, comment mettre en regard un extrait de la notice annuelle de l&rsquo;Administration p\u00e9nitentiaire de la Guyane fran\u00e7aise pr\u00e9cisant pour 1935, au chapitre \u00ab Vivres \u00bb, que <em>\u00ab les envois de la M\u00e9tropole ont permis d&rsquo;assurer normalement les d\u00e9livrances tant au titre de la ration normale qu&rsquo;au titre de la ration suppl\u00e9mentaire et des<\/em> <em>pratifications<\/em> \u00bb avec les innombrables t\u00e9moignages de la sous-alimentation des transport\u00e9s et rel\u00e9gu\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>La s\u00e9rie H des Archives nationales d&rsquo;Outre-mer (Anom) <\/strong>\u00e0 Aix-en-Provence : c&rsquo;est la source essentielle pour la connaissance du bagne de Guyane. Elle rassemble en effet les dossiers individuels des condamn\u00e9s, les correspondances, rapports, d\u00e9cisions et d\u00e9p\u00eaches, la gestion des personnels et des locaux, etc.<\/p>\n<p><strong>Les t\u00e9moignages manuscrits ou oraux <\/strong>: ceux de for\u00e7ats (Liard-Courtois, Dieudonn\u00e9, Roussenq, Hut, etc.) rencontrent ceux de quelques m\u00e9decins, gardiens, religieux et journalistes.<\/p>\n<p><strong>Des d\u00e9couvertes in\u00e9dites <\/strong>: il y en a encore !<\/p>\n<p>Ainsi les \u00e9crits et photographies du docteur L\u00e9on Collin qui s\u00e9journa en Guyane de 1906 \u00e0 1910 et en Nouvelle-Cal\u00e9donie de 1910 \u00e0 1913, rassembl\u00e9s et class\u00e9s \u00e0 partir de 2011 par son petit-fils.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;arch\u00e9ologie <\/strong>: l&rsquo;ensemble des constructions du camp t\u00e9moigne de l&rsquo;\u00e9poque des for\u00e7ats. Il en est de m\u00eame aux \u00eeles du Salut avec des b\u00e2timents pr\u00e9serv\u00e9s (telle l&rsquo;\u00e9glise de l&rsquo;\u00eele Royale), des ruines \u00e9mouvantes du quartier de la r\u00e9clusion \u00e0 l&rsquo;\u00eele Saint-Joseph, tout comme celles que l&rsquo;on peut d\u00e9couvrir dans d&rsquo;autres sites, ainsi \u00e0 Saint-Jean-du-Maroni ou au camp de la Foresti\u00e8re, plus au sud.<\/p>\n<p><strong>Les archives municipales de Saint-Laurent-du-Maroni <\/strong>: elles sont conserv\u00e9es dans l&rsquo;une des anciennes cases du camp de la transportation.<\/p>\n<p>M. P<\/p>\n<p><strong>Article Statistiques et bosse du crime, le corps du bagnard<\/strong><\/p>\n<p><strong>Marc Renneville et Jean-Lucien San<\/strong><strong>chez<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9decin L\u00e9on Collin t\u00e9moigne<\/strong><\/p>\n<p>Le m\u00e9decin militaire L\u00e9on Collin a laiss\u00e9 un rare t\u00e9moignage photographique du bagne de Guyane au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Cette image a \u00e9t\u00e9 prise lors de l&rsquo;examen m\u00e9dical de for\u00e7ats malades au camp de Charvein.<\/p>\n<p>Ainsi en parlait-il dans ses \u00e9crits : \u00ab On apprend que le m\u00e9decin pr\u00e9c\u00e9dent a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par un d\u00e9tenu. Du coup, le nouveau m\u00e9decin ne veut voir les bagnards que s&rsquo;ils sont nus. Comme ils sont tr\u00e8s faibles, ils s&rsquo;entraident et se d\u00e9shabillent les uns les autres. On apprend aussi que l&rsquo;un des trois hommes par terre est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-quotidien-du-medecin-logo.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3887\" title=\"Le Quotidien du M\u00e9decin, logo\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-quotidien-du-medecin-logo-300x88.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"58\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-quotidien-du-medecin-logo-300x88.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-quotidien-du-medecin-logo.jpg 635w\" sizes=\"(max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a>Le Quotidien du m\u00e9decin<\/strong><\/p>\n<p>Lundi 15 d\u00e9cembre 2014<\/p>\n<p><strong>Au bagne en Guyane<br \/>\nau XXe\u00a0si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n<p>Le Dr Collin a photographi\u00e9 le bagne de Guyane et de Nouvelle-Cal\u00e9donie au d\u00e9but du XXe\u00a0si\u00e8cle, offrant un t\u00e9moignage rare et humaniste sur ces lieux de d\u00e9tention. Les photographies et les \u00e9crits de ce m\u00e9decin font l&rsquo;objet d&rsquo;une publication et d&rsquo;une exposition.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans le grenier familial que Philippe Collin, petit-fils du Dr\u00a0Collin, a retrouv\u00e9 il y a deux ans les documents pr\u00e9sent\u00e9s lors des Rencontres photographiques de Guyane au tout nouveau Centre d&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;architecture et du patrimoine de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. <em>\u00ab\u00a0J&rsquo;avais le souvenir d&rsquo;y avoir vu des photographies \u00e0 caract\u00e8re m\u00e9dical lorsque j&rsquo;\u00e9tais enfant, mais je ne savais pas exactement ce qui se trouvait au grenier\u00a0\u00bb<\/em>, d\u00e9clare Philippe Collin. C&rsquo;est finalement un ensemble exceptionnel qu&rsquo;il sort de la poussi\u00e8re, <em>\u00ab\u00a0un millier de plaques de photographies prises durant sa carri\u00e8re dans les troupes coloniales\u00a0\u00bb<\/em>.<br \/>\nUne partie concerne le bagne. Pour Marie Bourdeau, directrice du Service patrimoine de la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, la capitale du bagne de Guyane, <em>\u00ab\u00a0il est assez rare de trouver des photographies de bonne qualit\u00e9 et un fonds aussi cons\u00e9quent, avec les textes. En g\u00e9n\u00e9ral, on a des bouts de fonds, mais des aussi complets\u00a0: je n&rsquo;en connais pas\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Pendant sa formation \u00e0 l&rsquo;Institut Pasteur<\/strong><\/p>\n<p>Le Dr L\u00e9on Collin a 27\u00a0ans lorsqu&rsquo;il d\u00e9barque en Guyane en 1907. Il est m\u00e9decin sur le bateau La Loire qui transporte les bagnards de Saint-Martin-de-R\u00e9 en Guyane, en passant par Alger o\u00f9 d&rsquo;autres condamn\u00e9s viennent grossir les rangs des for\u00e7ats. <em>\u00ab\u00a0Il a fait \u00e7a quatre mois par an pendant quatre ans. Le reste du temps, il se formait \u00e0 l&rsquo;Institut Pasteur\u00a0\u00bb<\/em>, explique son petit-fils. Cette formation l&#8217;emmena ensuite \u00e0 faire une campagne de vaccination en Nouvelle-Cal\u00e9donie de 1910 \u00e0 1912, o\u00f9 il visita \u00e9galement le bagne qui y vivait ses derni\u00e8res ann\u00e9es.<br \/>\nLe Dr\u00a0Collin travailla ensuite \u00e0 Madagascar, dans l&rsquo;Annam \u00e0 Hu\u00e9, avant d&rsquo;ouvrir un cabinet d&rsquo;ophtalmologie \u00e0 M\u00e2con. Au cours de cette carri\u00e8re coloniale, il aurait contract\u00e9 chol\u00e9ra et peste.<br \/>\nLe Dr\u00a0Collin appartenait, comme les autres m\u00e9decins du bagne, au Corps de sant\u00e9 des troupes coloniales. <em>\u00ab\u00a0Ils sont officiers ou sous-officiers, form\u00e9s par l&rsquo;\u00c9cole de sant\u00e9 navale de Bordeaux, fond\u00e9e en 1889\u00a0\u00bb<\/em>, rappelle Michel Pierre, historien, auteur d&rsquo;ouvrages sur le bagne.<br \/>\nEn Guyane, on trouve alors trois h\u00f4pitaux, \u00e0 Cayenne, aux Iles du Salut et \u00e0 Saint-Laurent-du-Maroni. Les m\u00e9decins du bagne sont aussi amen\u00e9s \u00e0 visiter les camps forestiers r\u00e9partis sur le territoire guyanais, o\u00f9 les conditions de vie et de travail sont les plus \u00e9prouvantes. Un des clich\u00e9s du Dr\u00a0Collin montre une visite m\u00e9dicale au Camp de Charvein, dit \u00ab\u00a0Camp de la mort\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Camp des Incorrigibles\u00a0\u00bb, car on y envoyait les for\u00e7ats les plus r\u00e9calcitrants. Les condamn\u00e9s y apparaissent d\u00e9charn\u00e9s et le texte du Dr\u00a0Collin mentionne le d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;un des bagnards \u00e9tendus au premier plan.<\/p>\n<p><strong>Critique du syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tuberculose pulmonaire, acc\u00e8s pernicieux, mis\u00e8re physiologique, dysenterie amibienne\u00a0\u00bb<\/em>&#8230; sont les maux les souvent mentionn\u00e9s dans les documents d&rsquo;\u00e9poque. <em>\u00ab\u00a0Les m\u00e9decins se plaignent parfois de ne pas recevoir les m\u00e9dicaments demand\u00e9s, <\/em>explique Michel Pierre<em>. Et l&rsquo;un des plus gros probl\u00e8mes, c&rsquo;est la mauvaise alimentation et la sous-alimentation.\u00a0\u00bb<\/em> Sans compter les fi\u00e8vres \u00e9quatoriales qui font des ravages notamment dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du bagne.<br \/>\nAu fil de ces \u00e9crits, le Dr\u00a0Collin se montre critique contre ce syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire d\u00e9shumanisant. Une d\u00e9nonciation qu&rsquo;il porte dans la presse de l&rsquo;\u00e9poque en publiant sous pseudonyme. En retrouvant les textes originaux et les n\u00e9gatifs des photos de son grand-p\u00e8re, Philippe Collin a d\u00e9couvert que certains articles publi\u00e9s dans <em>Le Monde illustr\u00e9<\/em> ou <em>D\u00e9tective<\/em> \u00e9taient de son grand-p\u00e8re.<br \/>\nComme le Dr\u00a0Collin, d&rsquo;autres m\u00e9decins ont laiss\u00e9 des t\u00e9moignages de leur passage au bagne. L&rsquo;ouvrage du Dr Louis Rousseau, <em>Un m\u00e9decin au bagne<\/em>, publi\u00e9 en 1930, joua ainsi un r\u00f4le dans l&rsquo;arr\u00eat de la transportation, l&rsquo;envoi de condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s en Guyane, qui fut supprim\u00e9 en 1938.<br \/>\nApr\u00e8s la Guyane, l&rsquo;exposition du Dr\u00a0Collin pourrait \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e au mus\u00e9e Ernest-Cognacq \u00e0 Saint-Martin-de-R\u00e9 en 2015. \u00c9crits et clich\u00e9s photographiques seront r\u00e9unis dans un beau livre, <em>Des hommes et des bagnes<\/em>, qui sortira en mars\u00a02015 aux \u00e9ditions Libertalia.<\/p>\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Ferrarini<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-progres-logo.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3888\" title=\"Le Progr\u00e8s logo\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-progres-logo-300x61.jpg\" alt=\"\" width=\"178\" height=\"36\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-progres-logo-300x61.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-progres-logo.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 178px) 100vw, 178px\" \/><\/a>Le Progr\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9dition Tarare<\/strong><\/p>\n<p><strong>4 avril 2015<\/strong><\/p>\n<p><a name=\"bookmark3\"><strong>Dans le grenier familial, une source documentaire incroyable sur les bagnes<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Histoire. Philippe Collin, enseignant en Segpa \u00e0 la cit\u00e9 scolaire de Tarare, a exhum\u00e9 des photos prises et manuscrits \u00e9crits par son grand-p\u00e8re, m\u00e9decin du navire qui convoyait les condamn\u00e9s au bagne de Guyane, entre 1906 et 1910. De son r\u00e9cit, et de sa multitude de plaques photos en verre, l&rsquo;enseignant et Jean-Marc Delpech, docteur en histoire et professeur de coll\u00e8ge, ont tir\u00e9 un ouvrage \u00e0 para\u00eetre d\u00e9but avril, \u00ab Des hommes et des bagnes \u00bb.<\/p>\n<p>Quand il \u00e9tait enfant, Philippe Collin passait une partie de ses vacances dans la maison familiale, du c\u00f4t\u00e9 de M\u00e2con. \u00ab Comme tous les gosses, j&rsquo;ai eu envie d&rsquo;aller fouiller dans le grenier. J&rsquo;y ai d\u00e9couvert beaucoup de photos sous forme de plaques en verre. Certaines m&rsquo;ont beaucoup marqu\u00e9. Arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, j&rsquo;\u00e9tais devenu un peu photographe amateur. J&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re si je pouvais r\u00e9cup\u00e9rer les caisses de photos et documents \u00bb, se souvient Philippe Collin. Sa m\u00e8re accepte.<\/p>\n<p><strong>Un t\u00e9moignage rare<\/strong><\/p>\n<p>Seulement, les ann\u00e9es passent et ce professeur des \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9 ne prend possession du petit tr\u00e9sor qu&rsquo;il y a deux ans. En tout, pr\u00e8s d&rsquo;un millier de plaques photos et de nombreux \u00e9crits. Il s&rsquo;y plonge avec l&rsquo;ardeur et la candeur de l&rsquo;historien n\u00e9ophyte.<\/p>\n<p>Parmi les p\u00e9pites de ce fonds documentaire, deux manuscrits : \u00ab Mon grand-p\u00e8re, L\u00e9on Collin, m&rsquo;a facilit\u00e9 le travail. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, il a d&rsquo;abord \u00e9crit des articles, qu&rsquo;il vendait aux journaux m\u00e9tropolitains. Puis, sans doute un peu dans l&rsquo;id\u00e9e de se rendre c\u00e9l\u00e8bre, il a \u00e9crit deux manuscrits : <em>Quatre ans chez les for\u00e7ats<\/em>, Guyane 1906-1910, et <em>Fin de bagne en Nouvelle- Cal\u00e9donie<\/em>, Noum\u00e9a 1912. Il \u00e9tait militaire, affect\u00e9 pendant trois ans comme m\u00e9decin des troupes coloniales, et d\u00e9tach\u00e9 aupr\u00e8s de l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire sur le bateau qui convoyait les condamn\u00e9s depuis la m\u00e9tropole vers le bagne de Guyane. En 1910, il est parti avec sa femme en Nouvelle-Cal\u00e9donie, pendant quatre ans, pour une campagne de vaccination sur les \u00eeles Loyaut\u00e9 \u00bb, d\u00e9taille l&rsquo;enseignant.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un t\u00e9moignage rare, alors que les fonds documentaires sur les conditions de vie dans les bagnes fran\u00e7ais ne sont pas nombreux. Dans ces manuscrits, L\u00e9on Collin raconte ce qu&rsquo;il voit, donne la parole aux bagnards, retranscrit m\u00eame certains de leurs po\u00e8mes. Les photos viennent mettre des visages sur certains de ces hommes.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Il voyait avant tout des \u00eatres humains \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab J&rsquo;ai d\u00e9couvert vraiment mon grand-p\u00e8re \u00e0 travers ses \u00e9crits. Et je suis heureux de voir qu&rsquo;il \u00e9tait un homme bien, humain. Quand il soignait ces hommes, il voyait avant tout des \u00eatres humains, et non pas des condamn\u00e9s. Dans son premier manuscrit il parle surtout de la vie sur le bateau \u00e0 vapeur, La Loire \u00bb, explique Philippe Collin. Le quotidien des for\u00e7ats ne fait d\u00e9j\u00e0 pas r\u00eaver pendant le transport. Il est au-del\u00e0 de l&rsquo;entendement par la suite. Les bagnes sont l&rsquo;expression d&rsquo;une vision de la p\u00e9nitence demand\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 des hommes et des femmes condamn\u00e9s pour les plus lourds crimes de l&rsquo;\u00e9poque. Ils paraissent aussi, depuis la m\u00e9tropole, comme une alternative \u00e0 la peine de mort qui fait d\u00e9bat en France. Ils seront pourtant, pour la plupart des for\u00e7ats, synonyme de mort, parfois lente, mais surtout rapide et douloureuse. Pour exemple, au bagne de Guyane, alors que deux fois par an un bateau vient d\u00e9verser 600 \u00e0 1 000 nouveaux prisonniers, les effectifs sont stables. Ce qui signifie qu&rsquo;en l&rsquo;espace de six mois, l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;un bateau meurt de maladie, de violences entre d\u00e9tenus ou des gardiens. Au fil des pages, c&rsquo;est au travers des yeux d&rsquo;un homme de l&rsquo;\u00e9poque que l&rsquo;on d\u00e9couvre cette r\u00e9alit\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment circonscrite entre 1906 et 1910 pour la Guyane et 1910 et 1913 pour la Nouvelle-Cal\u00e9donie.<\/p>\n<p>Philippe Collin a laiss\u00e9 le soin \u00e0 son coll\u00e8gue Jean-Marc Delpech, par ailleurs docteur en histoire, d&rsquo;introduire les deux manuscrits, de remettre dans le contexte ces deux t\u00e9moignages et les photos qui font le corps principal de l&rsquo;ouvrage. Les deux hommes ont ensuite fait un gros travail d&rsquo;explication \u00e0 travers des notes tr\u00e8s fournies. Ils ont aussi pris soin de d\u00e9tailler un glossaire se reportant aux 74 personnes cit\u00e9es par L\u00e9on Collin.<\/p>\n<p>Cette incursion dans un monde carc\u00e9ral, narr\u00e9e par un contemporain, ne laisse pas indiff\u00e9rent. M\u00eame si parfois les mots de L\u00e9on Collin choquent, ils ne sont rien en comparaison de ce que ces hommes, certes condamn\u00e9s, ont endur\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Des hommes et des bagnes \u00bb , sur la base des manuscrits de L\u00e9on Collin, par Philippe Collin et Jean-Marc Delpech, aux \u00e9ditions Libertalia. Disponible \u00e0 partir du 4 avril. Prix : 32 \u20ac.<\/p>\n<p>Emilie Charrel<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vosges-matin-logo.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3889\" title=\"Vosges Matin logo\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vosges-matin-logo.jpg\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"46\" \/><\/a>Vosges Matin<\/strong><\/p>\n<p><strong>7 avril 2015<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pages Saint Di\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Des hommes et des bagnes \u00bb. Un vrai beau livre co\u00e9dit\u00e9 avec Libertalia. Il s&rsquo;agit des souvenirs in\u00e9dits du Docteur L\u00e9on Collin, qui a voyag\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle sur le b\u00e2timent La Loire, notamment en Guyanne, o\u00f9 il soignait les for\u00e7ats en route pour le bagne. Le m\u00e9decin a visit\u00e9 chaque endroit, pris des tonnes de notes, 150 photos sur le bagne de Guyanne et de Nouvelle-Cal\u00e9donie. \u00ab Son petit-fils m&rsquo;a transmis deux \u00e9normes carnets qu&rsquo;il m&rsquo;a fallu retravailler, annoter, expliquer. \u00bb Un \u00a0an et demi de travail acharn\u00e9 pour le prof d&rsquo;histoire, tandis que Philippe Collin se chargeait du volet archives &#8211; cons\u00e9quent \u00e9galement ! \u00ab C&rsquo;est une r\u00e9flexion sur le bagne, l&rsquo;enfermement, le crime et le fait divers. C&rsquo;est une galerie de portraits de criminels, de gens connus incroyables. On sent tr\u00e8s fortement la pr\u00e9sence de Dreyfus, par exemple&#8230; Progressivement, le Docteur Collin va s&rsquo;insurger contre l&rsquo;institution Bagne avant de la condamner totalement. On sent la mort. Les plaques photos sont terribles. C&rsquo;est aussi un expos\u00e9 des bagnes, on y parle d&rsquo;\u00e9limination, on y parle de d\u00e9chets. C&rsquo;est un document d&rsquo;histoire totalement in\u00e9dit qui prend d&rsquo;autant plus de force qu&rsquo;il \u00e9mane d&rsquo;un homme de sciences. \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/philippe-collin.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3885\" title=\"Philippe Collin dans le JSL\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/philippe-collin-208x300.jpg\" alt=\"\" width=\"104\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/philippe-collin-208x300.jpg 208w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/philippe-collin.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 104px) 100vw, 104px\" \/><\/a><strong>J<\/strong><strong>SL<\/strong><\/p>\n<p><strong>29 mai 2015<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pages Chauffailles<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un m\u00e9decin de bagne t\u00e9moigne<\/strong><\/p>\n<p><strong>Philippe Collin, petit-fils de L\u00e9on Collin, m\u00e9decin aux bagnes de Guyane et de Nouvelle-Cal\u00e9donie de 1907 et 1911, relate dans un livre, et \u00e0 partir des carnets de son grand-p\u00e8re, l&rsquo;enfer carc\u00e9ral.<\/strong><\/p>\n<p>Entre 1907 et 1911, le docteur L\u00e9on Collin, natif de Cr\u00eaches-sur-Sa\u00f4ne, a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 m\u00e9decin aux bagnes de Guyane et de Nouvelle-Cal\u00e9donie. Il a v\u00e9cu au c\u0153ur de ces soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 les hommes ont rel\u00e9gu\u00e9 les parias, les fautifs, les criminels.<\/p>\n<p>Dans des conditions de vie (de survie) terribles, les condamn\u00e9s au bagne ont v\u00e9cu des moments terribles. L\u00e9on Collin, t\u00e9moin de tout cela, \u00e0 toucher du doigt la d\u00e9tresse humaine et l&rsquo;\u00e9chouage de ces vies fracass\u00e9es. Il a consign\u00e9 dans des carnets ce qu&rsquo;il a vu, ceux qu&rsquo;il a connus, pour en faire un \u00e9tonnant et in\u00e9dit r\u00e9cit o\u00f9 se croisent des destins, peu ordinaires, d&rsquo;hommes dont chaque vie serait mati\u00e8re \u00e0 roman.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Des hommes et des bagnes\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ces carnets sont accompagn\u00e9s de photographies qui donnent une r\u00e9alit\u00e9 palpable \u00e0 ce t\u00e9moignage de premi\u00e8re valeur. Ils sont rest\u00e9s de nombreuses ann\u00e9es dans les affaires de la famille, endormis dans la poussi\u00e8re d&rsquo;un grenier, comme pour mieux surgir et r\u00e9v\u00e9ler de fa\u00e7on \u00e9clatante ce que fut le v\u00e9ritable enfer carc\u00e9ral. Et il a fallu que son petit-fils, Philippe Collin, arrive \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 50 ans pour que lui f\u00fbt enfin confi\u00e9 ce tr\u00e9sor familial. Ainsi est n\u00e9 un livre \u00e9tonnant Des hommes et des bagnes , publi\u00e9 par les \u00e9ditions Libertalia.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la v\u00e9ritable qualit\u00e9 d&rsquo;\u00e9criture du docteur Collin, ce livre se lit comme un documentaire sur l&rsquo;univers carc\u00e9ral extr\u00eame.<\/p>\n<p>Conf\u00e9rence Philippe Collin pr\u00e9sentera une conf\u00e9rence sur le livre Des hommes et des bagnes vendredi 29 mai, \u00e0 l&rsquo;Al\u00e9atoire, 14 rue du 8-Mai, \u00e0 20 heures.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-canard-enchaine-logo.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-457\" title=\"le-canard-enchaine-logo\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/le-canard-enchaine-logo.jpg\" alt=\"logo du Canard Encha\u00een\u00e9\" width=\"90\" height=\"85\" \/><\/a>Le Canard Encha\u00een\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mercredi 26 juin 2015<\/strong><\/p>\n<p><strong>Feuillet\u00e9 de canard<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab UN JURY qui condamne un homme aux travaux forc\u00e9s ne saura jamais assez o\u00f9 il l&rsquo;en\u00advoie \u00bb,<\/em> \u00e9crivait L\u00e9on Collin, m\u00e9\u00addecin militaire en Guyane et en Nouvelle-Cal\u00e9donie de 1907 \u00e0 1912. Dans l&rsquo;enfer du bagne, il\u00adlustr\u00e9 d&rsquo;impressionnantes pho\u00adtographies, un t\u00e9moignage pr\u00e9\u00adcieux sur ces territoires \u00ab <em>man\u00adgeurs d&rsquo;hommes \u00bb.<\/em> (\u00ab Des hom\u00admes et des bagnes \u00bb, Libertalia, 32 \u20ac) &#8211; E. B.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/cqfd-134-juillet-aout-2015.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3913\" title=\"CQFD 134 juillet-ao\u00fbt 2015\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/cqfd-134-juillet-aout-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"138\" height=\"200\" \/><\/a>CQFD<\/strong><\/p>\n<p>N\u00b0134, juillet-ao\u00fbt 2015<\/p>\n<p><strong>Suppl\u00e9ment \u00e9t\u00e9 2015<\/strong><\/p>\n<p><strong>Des hommes et des bagnes<\/strong><\/p>\n<p>Le livre Des hommes et des bagnes (\u00e9ditions Libertalia, 2015) est la reproduction des carnets de voyage de L\u00e9on Collin (1880-1970), m\u00e9decin militaire, qui fit de v\u00e9ritables reportages au bagne de Guyane, entre 1906 et 1910, et de Nouvelle Cal\u00e9donie de 1910 \u00e0 1913. Appareil photo autour du cou et carnet sous le bras, il a consign\u00e9 toutes ses r\u00e9flexions et recherches. Il s&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 aux gens qu&rsquo;il a pu rencontrer, a fait leur portrait et racont\u00e9 leur histoire. Des bigarr\u00e9s, des caboss\u00e9s, des mauvais gar\u00e7ons, des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, des po\u00e8tes, des anarchistes et des fous parfois.<\/p>\n<p>Les 130 clich\u00e9s de l&rsquo;ouvrage, pris en Guyane et en Nouvelle Cal\u00e9donie, lui conf\u00e8re une v\u00e9ritable valeur patrimoniale. L\u00e9on Collin a pris bien soin de l\u00e9gender pratiquement toutes ses photos. Les portraits ont donc tous un nom.<\/p>\n<p>Ces carnets ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts par Philippe, son petit-fils, qui jouait pendant les vacance\u00a0\u00bbs dans le grenier de la maison familiale. Trente ans plus tard, sa m\u00e8re lui a donn\u00e9 ses documents et il s&rsquo;est empar\u00e9 de l&rsquo;histoire de son grand-p\u00e8re. Il a fait de nombreuses recherches puis a d\u00e9cid\u00e9 de faire publier ce fonds exceptionnel.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon grand-p\u00e8re au d\u00e9part joue un peu au reporter. Il est issu d&rsquo;un milieu bourgeois et conservateur pour lequel la peine de mort s&rsquo;inscrit naturellement dans la liste des sanctions possibles. Pourtant, il ressort boulevers\u00e9 de la double ex\u00e9cution \u00e0 laquelle il assiste sur l&rsquo;\u00eele Royale et juge inhumaine la peine de r\u00e9clusion qui, pour lui, semble \u00eatre pire que la mort\u00a0! Rapidement, il ne supporte plus la violence et la disproportion du ch\u00e2timent, la monstruosit\u00e9 de ce syst\u00e8me qui broie tout et niv\u00e8le l&rsquo;homme \u00e0 son plus bas niveau. Le style de son r\u00e9cit passe progressivement du reportage pour feuille \u00e0 cinq sous de l&rsquo;\u00e9poque \u00e0 la critique du syst\u00e8me et m\u00eame \u00e0 la r\u00e9volte\u00a0: son t\u00e9moignage et ses commentaires sur les surveillants militaires vont quand m\u00eame bien au-del\u00e0 de ce que l&rsquo;on peut attendre d&rsquo;un m\u00e9decin militaire de l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire.<\/p>\n<p>L\u00e9on Collin parle \u00e0 des hommes, photographie des hommes, plus que des condamn\u00e9s (et l&rsquo;absence de surveillants se remarque sur la majorit\u00e9 des clich\u00e9s), il n&rsquo;excuse pas leur faute, mais dans de nombreux passages en cherche l&rsquo;origine dans la mis\u00e8re sociale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>[suivent 4 extraits des carnets de L\u00e9on Collin sur les photographies d&rsquo;un <em>Groupe de rel\u00e9gu\u00e9s sur le pont de La Loire<\/em>, de <em>Josepho<\/em>, de <em>Sp\u00e9cimens de tatouages<\/em>, des <em>l\u00e9preux sur l&rsquo;\u00eele de Nou<\/em>]<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que vont s&rsquo;ouvrir les 18e Rendez-Vous de l&rsquo;Histoire de Blois sur le th\u00e8me des empires, le Jacoblog rappelle qu&rsquo;au mois d&rsquo;avril dernier est sorti aux \u00e9ditions Libertalia un document totalement in\u00e9dit sur les colonies p\u00e9nitentiaires fran\u00e7aises. Des hommes et des bagnes rassemble les deux carnets de notes et les photographies du docteur L\u00e9on Collin. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[4482,6,1513],"tags":[32,4608,531,1507,4373,411,3970,1351,4833,1146,1523,4832,4831,3813,122,178,4169,1590,472,4374,1561],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3884"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3884"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3884\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}