{"id":3877,"date":"2015-09-19T01:10:16","date_gmt":"2015-09-18T23:10:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3877"},"modified":"2015-07-11T19:45:40","modified_gmt":"2015-07-11T17:45:40","slug":"go-west","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2015\/09\/go-west\/","title":{"rendered":"Go West !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/go-west-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3878\" title=\"Go West\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/go-west-copier-287x300.jpg\" alt=\"\" width=\"170\" height=\"178\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/go-west-copier-287x300.jpg 287w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/go-west-copier.jpg 460w\" sizes=\"(max-width: 170px) 100vw, 170px\" \/><\/a>D\u00e8s lors que les Travailleurs de la Nuit s&rsquo;installent \u00e0 Paris vers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1900, les cambriolages s&rsquo;encha\u00eenent en province \u00e0 un rythme quasiment industriel. Lors de la 5<sup>e<\/sup> audience du proc\u00e8s d&rsquo;Amiens, le 13 mars 1905, le pr\u00e9sident Wehekind fait remarquer au principal accus\u00e9 la fr\u00e9quence de ses d\u00e9placements. La r\u00e9ponse d&rsquo;Alexandre Jacob fuse aussit\u00f4t et d\u00e9clenche l&rsquo;hilarit\u00e9 du public assistant aux d\u00e9bat\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est de la d\u00e9centralisation\u00a0\u00bb\u00a0! En toute logique, parce que le r\u00e9seau de voies ferr\u00e9es y est nettement plus dense du fait notamment de la proximit\u00e9 de la capitale, les vols se font majoritairement dans le Nord de la France. Pour autant, l&rsquo;entreprise de d\u00e9placement de capitaux, Jacob and Co, n&rsquo;oublie pas d&rsquo;aller \u0153uvrer \u00e0 l&rsquo;Ouest.<!--more--><\/p>\n<p>C&rsquo;est m\u00eame dans ces occidentales contr\u00e9es que l&rsquo;on peut parvenir \u00e0 appr\u00e9hender une tourn\u00e9e-type d&rsquo;une brigade de travailleurs comme celle effectu\u00e9e en janvier 1903 et passant par Chartres, Le Mans, Angers, Nantes, Cholet, La Roche sur Yon, La Rochelle, Rochefort. Le retour s&rsquo;effectue par Niort, Angoul\u00eame, Poitiers, Tours et Orl\u00e9ans. A cette \u00e9poque, Jacob est accompagn\u00e9 de F\u00e9lix Bour et de L\u00e9on Ferr\u00e9.<\/p>\n<p>Le parcours est particuli\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9 et, pour chaque ville visit\u00e9e, un compagnon arrive en \u00e9claireur afin de rep\u00e9rer les \u00e9glises, les villas, les manoirs et demeures bourgeoises \u00e0 travailler. Les complices, sur la foi d&rsquo;un t\u00e9l\u00e9gramme sign\u00e9 Georges, viennent pr\u00eater main forte en d\u00e9but de soir\u00e9e puis, une fois le devoir accompli, la troupe d&rsquo;ill\u00e9galiste peut prendre le dernier train vers la prochaine station.<\/p>\n<p>Aussi bien huil\u00e9e soit la m\u00e9canique de l&rsquo;op\u00e9ration, le cambriolage avorte parfois. Ainsi en est-il de l&rsquo;exp\u00e9dition men\u00e9e, un an auparavant, \u00e0 La Roche sur Yon par Baudy, Henry et Ferrand. Le 13 janvier 1902, les trois hommes s&rsquo;enfuient \u00e0 toute vitesse \u00e0 la suite de l&rsquo;alerte lanc\u00e9e par Louis Marceron, gardien de la mai\u00adson de Mme Richoux. Ils abandonnent alors sur place de nombreux outils. La police parvient m\u00eame \u00e0 mettre la main sur leurs sacoches laiss\u00e9es en consigne de gare.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/cholet-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3882\" title=\"Cholet\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/cholet-copier-300x194.jpg\" alt=\"\" width=\"177\" height=\"114\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/cholet-copier-300x194.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/cholet-copier.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 177px) 100vw, 177px\" \/><\/a>La tourn\u00e9e de Jacob parait nettement plus heureuse. La police finit m\u00eame par accuser deux innocents \u00e0 Cholet.\u00a0 Le 3 octobre 1903, Alexandre Jacob donne les d\u00e9tails d&rsquo;un vol com\u00admis dans cette ville chez le lieutenant Xardel, rue des Bons Enfants, dans la nuit du 22 au 23 janvier de cette ann\u00e9e. Mais, pour ce cambriolage, Marcel Couteau et Gustave Picard ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s par le tribunal de Cholet, le 14 mars 1903. Le premier \u00e0 quatre ans et le second \u00e0 un de plus. \u00abIl me para\u00eet donc \u00e9tabli que ces deux enfants<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s pour un fait qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas commis et que, d\u00e8s lors, il y a lieu \u00e0 r\u00e9vision de leur proc\u00e8s \u00bb, \u00e9crit le juge Hatt\u00e9 le 23 octobre. Ayant commis d&rsquo;autres vols, il n&rsquo;y a pas de changement de peine pour les deux adolescents ; ces derniers restent en maison de correction jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9coulement de leur vingti\u00e8me ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 les vols commis \u00e0 Niort, \u00e0 Tours, au Mans ainsi que celui de la maison de Pierre Loti \u00e0 Rochefort. L&rsquo;instruction en vue du proc\u00e8s d&rsquo;Amiens, ainsi que les comptes rendus de presse du dit proc\u00e8s permettent d&rsquo;\u00e9clairer son d\u00e9roulement. Il est fort probable que, s&rsquo;en retournant sur Paris, Jacob et ses amis se soient arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Tours. Jeanne Humbert, dans la biographie que lui ont consacr\u00e9e Roger Henri Guerrand et Francis Ronsin en 2001, se souvient d&rsquo;y avoir rencontr\u00e9 enfant le voleur et ses comparses lors d&rsquo;une f\u00eate par eux organis\u00e9e apr\u00e8s une \u00ab\u00a0<em>op\u00e9ration de r\u00e9cup\u00e9ration prol\u00e9tarienne<\/em>\u00a0\u00bb sur d&rsquo;autres ch\u00e2teaux de Touraine et du val de Loire\u00a0: <em>Avant de s&rsquo;\u00e9vanouir avec ses fid\u00e8les Travailleurs de la Nuit dans les brumes des bords de Loire, Alexandre prit garde de distribuer quelques louis dont ses h\u00f4tes, souvent au ch\u00f4mage \u00e0 cause de leurs id\u00e9es, le remerci\u00e8rent fraternellement<\/em><a name=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\"><sup><sup>[2]<\/sup><\/sup><\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p>Distribution du butin aux compagnons dans le besoin ou aux \u0153uvres, partage entre cambrioleurs aussi, \u00e9coulements des titres, des bijoux et autres objets m\u00e9talliques, le temps de souffler dans la capitale et le train des travailleurs peut repartir de plus belle en f\u00e9vrier 1903. Direction Alen\u00e7on, Beauvais, Compi\u00e8gne, Evreux, Reims, Vernon.<\/p>\n<p><strong><em><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/angouleme-place-bouillaud-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3879\" title=\"Angoul\u00eame\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/angouleme-place-bouillaud-copier-300x188.jpg\" alt=\"\" width=\"166\" height=\"104\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/angouleme-place-bouillaud-copier-300x188.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/angouleme-place-bouillaud-copier.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 166px) 100vw, 166px\" \/><\/a>La Charente<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>2 mars 1903<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les cambrioleurs<\/strong><\/p>\n<p>Mme Veuve Ripoteau, rue Bouillaud, 3, [\u00e0 Angoul\u00eame] absente de son domicile depuis le 23 janvier, a constat\u00e9 \u00e0 son retour, samedi, que des cambrioleurs avaient op\u00e9r\u00e9 chez elle. Le coffre avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9fonc\u00e9 et les meubles avaient \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9s, leur contenu jet\u00e9 \u00e9pars sur le plancher. Mme Ripoteau a constat\u00e9 la disparition de couverts en argent, de peaux de panth\u00e8re et d&rsquo;une certaine quantit\u00e9 de linge. Une somme de cinquante francs environ laiss\u00e9e dans le coffre a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement vol\u00e9e.<\/p>\n<p><strong><em>Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris, EA\/89, dossier de presse La bande sinistre et ses exploits<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ils ne [<em>furent pas<\/em>] toujours heureux dans leurs exp\u00e9ditions : \u00e0 La Roche-sur-Yon, un jour, ils furent surpris en pleine op\u00e9ration chez un particulier, qui les pourchassa \u00e0 coups de revolver. La plupart avaient laiss\u00e9 \u00e0 la consigne de la gare leur sacoche remplie d&rsquo;outils. Une \u00ab sourici\u00e8re \u00bb fut \u00e9tablie autour des \u00e9tranges colis, mais les \u00ab voyageurs \u00bb se gard\u00e8rent bien d&rsquo;aller s&rsquo;y faire prendre.<\/p>\n<p><strong><em>Audience du 10 mars 1905<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vols \u00e0 Angers<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Dans la nuit du 9 au 10 janvier [1902], des malfaiteurs s&rsquo;introduisaient chez M. de Coutades, \u00e0 Angers ; mais ils ne trouvaient rien \u00e0 emporter.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame nuit, la maison de M. Godard Hippolyte \u00e9tait cambriol\u00e9e. Un \u00e9crin sans valeur avait seul disparu.<\/p>\n<p>Ces deux vols font partie de la tourn\u00e9e faite par Ferrand, accompagn\u00e9, d&rsquo;apr\u00e8s Gabrielle<\/p>\n<p>Damiens, par Baudy et Henry.<\/p>\n<p>M. de Contades croit qu&rsquo;on n&rsquo;enleva rien chez lui.<\/p>\n<p>Ferrand &#8211; Je n&rsquo;ai rien pris.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident &#8211; Mais vous reconnaissez le fait ?<\/p>\n<p>Ferrand &#8211; Oui, monsieur.<\/p>\n<p>Baudy &#8211; Moi, je nie !<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident &#8211; Vous niez ?<\/p>\n<p>Baudy &#8211; Je le crois que je nie !<\/p>\n<p><strong><em><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/la-roche-sur-yon-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3880\" title=\"La Roche sur Yon\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/la-roche-sur-yon-copier-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"191\" height=\"120\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/la-roche-sur-yon-copier-300x189.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/la-roche-sur-yon-copier.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 191px) 100vw, 191px\" \/><\/a>Vol \u00e0 La Roche-sur-Yon<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le 13 janvier 1902, vers 10h30 du soir, M. Marceron Louis, qui couchait \u00e0 titre de gardien dans la maison inhabit\u00e9e de Mme Richoux, \u00e0 La Roche-sur-Yon, fut r\u00e9veill\u00e9 par un bruit de pas dans l&rsquo;escalier. Ayant aper\u00e7u en m\u00eame temps la projection d&rsquo;une lumi\u00e8re, il se leva aussit\u00f4t en criant : \u00abAu voleur ! \u00bb<\/p>\n<p>Les malfaiteurs, \u00e0 ces cris, prirent la fuite, abandonnant sur place leurs outils. Ils avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans l&rsquo;habitation en escaladant le mur et en ouvrant de l&rsquo;int\u00e9rieur, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une pression, la porte du jardin. Les volets prot\u00e9geant la porte donnant acc\u00e8s du jardin dans la cuisine avaient \u00e9t\u00e9 ouverts, en pratiquant une entaille pr\u00e8s de l&rsquo;espagnolette. Les portes de la cuisine et du vestibule avaient \u00e9t\u00e9 enfonc\u00e9es ainsi que celles de la serre et de la biblioth\u00e8que.<\/p>\n<p>Au pied de la porte du jardin se trouvaient deux petits carr\u00e9s de papier qui avaient \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s entre cette porte et le montant afin de s&rsquo;assurer si la maison \u00e9tait habit\u00e9e. Un semblable carr\u00e9 de papier se trouvait dans la porte d&rsquo;entr\u00e9e de la maison.<\/p>\n<p>En s&rsquo;enfuyant, les voleurs avaient abandonn\u00e9 cinq pinces-monseigneurs, une rallonge dans laquelle s&#8217;embo\u00eetaient trois de ces pinces, un vilebrequin et une lampe \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res recherches firent reconna\u00eetre que deux individus, l&rsquo;un grand, l&rsquo;autre petit, assez bien mis, porteurs chacun d&rsquo;une grande sacoche noire, \u00e9taient descendus, la veille, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Coq Hardi. Apr\u00e8s leur d\u00eener, vers 7 heures, ils avaient dit se rendre \u00e0 la gare pour y d\u00e9poser leurs sacoches parce qu&rsquo;ils avaient un rendez-vous et qu&rsquo;ils devaient partir par le train de 11 heures. Ces sacoches n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es de la consigne furent saisies ; elles contenaient une rallonge de pince-monseigneur et une pile de rechange pour la lampe \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;elles furent ouvertes \u00e0 Abbeville, dans l&rsquo;une d&rsquo;elles on d\u00e9couvrit des objets dont Ferrand avait donn\u00e9 la nomenclature. Dans la seconde on trouva des boutons identiques \u00e0 ceux du pardessus de Baudy, alors maintenu \u00e0 la maison centrale de Thouars. Il avait des faux cols pareils \u00e0 ceux qui se trouvaient dans ces sacoches.<\/p>\n<p>Baudy, sans nier les constatations, se contente de dire que \u00ab c&rsquo;est possible \u00bb.<\/p>\n<p>M. Merceron raconte comment il intervint pour mettre les voleurs en fuite.<\/p>\n<p>Ferrand avoue et refuse de nommer son complice.<\/p>\n<p>Mme Paillet a vendu deux faux cols, le jour du vol, \u00e0 deux individus \u00e9trangers. Elle ne les reconna\u00eet pas \u00e0 l&rsquo;audience.<\/p>\n<p>Mlle Gireaudeau Madeleine d\u00e9pose. Chez ses parents, deux individus ont mang\u00e9 le jour du vol. Elle ne les reconna\u00eet pas.<\/p>\n<p>M. Gireaudeau, p\u00e8re du t\u00e9moin pr\u00e9c\u00e9dent, croit reconna\u00eetre Ferrand. Du reste Ferrand avoue avoir mang\u00e9 chez Gireaudeau.<\/p>\n<p>Me Dubos, d\u00e9fenseur de Charles Sim\u00e9on, fait poser \u00e0 Ferrand une question.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 O\u00f9 Ferrand avait-il pris les outils trouv\u00e9s \u00e0 La Roche-sur-Yon?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ils venaient de Marseille d&rsquo;o\u00f9 Jacob les avait apport\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous n&rsquo;en avez pas achet\u00e9 \u00e0 Charles ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Si, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 j&rsquo;avais ma voiture de colporteur et pour cette voiture.<\/p>\n<p>Me Dubos prie MM. les jur\u00e9s de retenir cette r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>On ouvre les sacoches saisies \u00e0 La Roche-sur-Yon.<\/p>\n<p>Ferrand reconna\u00eet la premi\u00e8re comme lui appartenant. Celle-ci contient des outils. Ferrand explique \u00e0 quoi servent ces outils. Il manie l&rsquo;un d&rsquo;eux.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C&rsquo;est pour fracturer les portes des armoires et les tiroirs, dit-il. Voici un levier pour forcer les portes. <em>(Hilarit\u00e9 dans l&rsquo;auditoire.)<\/em><\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il est toujours int\u00e9ressant de conna\u00eetre le maniement de ces outils, remarque M. le pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Baudy reconna\u00eet la deuxi\u00e8me sacoche comme \u00e9tant sienne. Mais il d\u00e9clare qu&rsquo;il l&rsquo;a, un jour qu&rsquo;il \u00e9tait au caf\u00e9 des Gobelins \u00e0 Paris, pr\u00eat\u00e9e \u00e0 un ami de Ferrand. C&rsquo;est ainsi que cette sacoche a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e \u00e0 La Roche-sur-Yon. Dans cette sacoche il avait laiss\u00e9 des effets lui appartenant.<\/p>\n<p>Baudy se d\u00e9fend de tous les vols qui lui sont aujourd&rsquo;hui reproch\u00e9s. Il se plaint de n&rsquo;avoir jamais \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 avec Gabrielle Damiens, qui l&rsquo;accuse, et avec Ferrand dont on le dit le complice. Ses paroles \u00e0 l&rsquo;instruction, affirme-t-il vigoureusement, ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9es par des magistrats habiles dans la casuistique.<\/p>\n<p>Mme Paillet reconna\u00eet dans la sacoche de Baudy des faux cols qu&rsquo;elle a vendus.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cela se peut, fait vivement Baudy, mais \u00e7a ne prouve pas que ce soit moi qui ai achet\u00e9 les faux cols.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me sacoche est celle d&rsquo;Henry, qui est en fuite.<\/p>\n<p><strong><em>Audience du 11 mars 1905<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vol \u00e0 Angoul\u00eame<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le 28 f\u00e9vrier 1903, Mme Ripoteau demeurant \u00e0 Angoul\u00eame, rue Bailloud, 3, constatait apr\u00e8s une absence, que sa maison d&rsquo;habitation avait re\u00e7u la visite de malfaiteurs et qu&rsquo;on lui avait d\u00e9rob\u00e9 de nombreux bijoux et objets de valeur, des fourrures et des peaux de b\u00eates.<\/p>\n<p>Plusieurs de ces objets ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s rue Leibnitz, au domicile de Jacob.<\/p>\n<p>Bour a d\u00e9clar\u00e9 que ce vol avait \u00e9t\u00e9 commis au cours d&rsquo;une tourn\u00e9e faite par lui, Jacob et Ferr\u00e9.<\/p>\n<p>Mme Ripoteau est \u00e0 la barre des t\u00e9moins.<\/p>\n<p>Jacob &#8211; Les peaux prises chez Mme Ripoteau ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9es aux colonies. On sait comment les officiers font leurs achats aux colonies ! La guerre de Chine en est un exemple.<\/p>\n<p><strong><em><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/poitiers-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3881\" title=\"Poitiers la gare\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/poitiers-copier-300x187.jpg\" alt=\"\" width=\"203\" height=\"126\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/poitiers-copier-300x187.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/poitiers-copier.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 203px) 100vw, 203px\" \/><\/a>Vol \u00e0 Poitiers<\/em><\/strong><\/p>\n<p>M. Boyer, qui habite l&rsquo;Alg\u00e9rie et poss\u00e8de une maison \u00e0 Poitiers, a \u00e9t\u00e9 dans cette ville victime d&rsquo;un vol consistant en bijoux et objets pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p>Jacob s&rsquo;est reconnu l&rsquo;auteur de ce vol. Un foulard, provenant de chez M. Boyer, a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 chez le beau-p\u00e8re de Ferr\u00e9 \u00e0 B\u00e9ziers. Bour a pass\u00e9 des aveux et a d\u00e9clar\u00e9 que ses complices \u00e9taient Jacob et Ferr\u00e9.<\/p>\n<p>M. Renard, commissaire de police \u00e0 Poitiers, \u00e9num\u00e8re les constatations qu&rsquo;il fit \u00e0 l&rsquo;occasion de ce vol. La discussion de ce vol est renvoy\u00e9e \u00e0 lundi, en m\u00eame temps que le vol Boudoux, \u00e0 Cambrai.<\/p>\n<p>L&rsquo;audience est ensuite lev\u00e9e, au milieu d&rsquo;une lassitude g\u00e9n\u00e9rale que les derni\u00e8res gouailleries de Jacob n&rsquo;ont pas dissip\u00e9e. Elle est renvoy\u00e9e \u00e0 lundi, \u00e0 midi.<\/p>\n<p><strong><em>Audience du 13 mars 1905<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>[A propos d&rsquo;un vol commis \u00e0 Cholet]<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 midi, M. le pr\u00e9sident Wehekind ouvre l&rsquo;audience faisant un rapide r\u00e9sum\u00e9 des d\u00e9bats des audiences pr\u00e9c\u00e9dentes. Avant il avait \u00e9t\u00e9 proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;appel des t\u00e9moins au nombre de trente-cinq.<\/p>\n<p>On va examiner aujourd&rsquo;hui une quinzaine de vols commis de janvier jusqu&rsquo;\u00e0 avril 1903.<\/p>\n<p>Bour prend la parole. Il veut, dit-il, donner des d\u00e9tails sur le vol de Cambrai pour disculper Ferr\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous n&rsquo;\u00eates pas en cause. Asseyez-vous, fait le pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>C&rsquo;est au tour de Jacob d&rsquo;intervenir.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 M. le pr\u00e9sident, vous avez oubli\u00e9 dans votre \u00e9num\u00e9ration le vol commis \u00e0 Cholet. C&rsquo;est nous qui l&rsquo;avons commis, et il y a deux accus\u00e9s innocents qui ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s pour ce fait. Voil\u00e0 votre justice.<\/p>\n<p><strong><em>Audience du 13 mars 1905<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>[A propos du vol commis \u00e0 Vernon le 7 avril 1903]<\/strong><\/p>\n<p>Augain explique comment il connut Ferr\u00e9 qui se pr\u00e9senta \u00e0 lui comme maquignon.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 Angers o\u00f9 Ferr\u00e9 s&rsquo;\u00e9tait rendu dans l&rsquo;intention d&rsquo;y habiter.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident, <em>\u00e0 Ferr\u00e9. <\/em>&#8211; Que veniez-vous faire \u00e0 Angers ?<\/p>\n<p>Ferr\u00e9 -Travailler. Ma femme est repasseuse. J&rsquo;avais quelques milliers de francs. Ma femme se serait \u00e9tablie. J&rsquo;aurais cherch\u00e9 du travail de mon c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident, <em>\u00e0 Augain. <\/em>&#8211; Qui a fabriqu\u00e9 les outils de cambriolage ?<\/p>\n<p>Augain &#8211; Ce n&rsquo;est pas moi.<\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p>M. Izoird Eug\u00e8ne, ancien commissaire de police \u00e0 Angers, raconte dans quelles conditions au sujet d&rsquo;un vol qu&rsquo;il venait de d\u00e9couvrir, il proc\u00e9da \u00e0 l&rsquo;arrestation de Ferr\u00e9 et d&rsquo;Augain. Tous deux \u00e9taient porteurs de revolvers charg\u00e9s. On d\u00e9couvrit \u00e0 la consigne de la gare une sacoche contentant des outils de cambriolage et des chaussettes appartenant \u00e0 Ferr\u00e9.<\/p>\n<p>Me Justal remarque qu&rsquo;Augain est sorti de la prison de la Sant\u00e9 le 8 ao\u00fbt et que six personnes ont cependant affirm\u00e9 l&rsquo;avoir vu \u00e0 Angers les 5, 6, 7 ao\u00fbt. Ainsi donc, si Augain n&rsquo;avait eu un alibi indiscutable, devant le t\u00e9moignage pr\u00e9cis et concordant de six personnes, il serait pass\u00e9 aux assises \u00e0 Angers et n&rsquo;aurait pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une condamnation. Me Justal prie les jur\u00e9s de retenir ces faits.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Sources\u00a0:<\/span><\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Archives Nationales<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Journal La Charente<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Marcel Coutaud est n\u00e9 le 15 octobre 1889 \u00e0 Saint Christ de Bois et Gustave Picard le 10 juillet 1888 \u00e0 Cholet.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Guerrand Roger Henri et Ronsin Francis, <em>Jeanne Humbert ou la lutte pour le contr\u00f4le des naissances<\/em>, \u00c9ditions Spartacus, Paris, 2001, p.181.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if !mso]><span class=\"mceItemObject\"   classid=\"clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D\" id=ieooui><\/span>\n\n\n<style>\nst1\\:*{behavior:url(#ieooui) }\n<\/style>\n\n<![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e8s lors que les Travailleurs de la Nuit s&rsquo;installent \u00e0 Paris vers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1900, les cambriolages s&rsquo;encha\u00eenent en province \u00e0 un rythme quasiment industriel. Lors de la 5e audience du proc\u00e8s d&rsquo;Amiens, le 13 mars 1905, le pr\u00e9sident Wehekind fait remarquer au principal accus\u00e9 la fr\u00e9quence de ses d\u00e9placements. 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