{"id":377,"date":"2008-06-03T08:10:40","date_gmt":"2008-06-03T06:10:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=377"},"modified":"2008-06-03T08:10:40","modified_gmt":"2008-06-03T06:10:40","slug":"le-voila-proprietaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/06\/le-voila-proprietaire\/","title":{"rendered":"Le voil\u00e0 propri\u00e9taire !"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/h-et-fe-debout.jpg\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/h-et-fe-debout.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-380\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/h-et-fe-debout.jpg\" alt=\"Marius et Paulette heureux propri\u00e9taires selon C Nerrand\" width=\"153\" height=\"232\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/reuil-11.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-379\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/reuil-11.jpg\" alt=\"la maison du propri\u00e9taire Jacob\" width=\"147\" height=\"235\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-nouvelle-republique-du-centre-ouest.gif\"><\/a>La Nouvelle R\u00e9publique<\/strong><strong> du Centre Ouest<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">25 juin 1993<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">A la d\u00e9couverte de Marius Jacob<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><strong><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\">La fin d\u2019un aventurier<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Marius Jacob sort libre de Fresnes en 1928. Il se suicide en 1954, \u00e0 Bois Saint Denis. R\u00e9cit de la fin de sa vie.<!--more--><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le 30 d\u00e9cembre 1925, les portes de la prison de Fresnes s\u2019ouvrent. Alexandre Jacob est libre. Il a quarante-neuf ans.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Si l\u2019on \u00e9coute les amis qui l\u2019entoure \u00e0 l\u2019\u00e9poque, au si\u00e8ge du Libertaire, c\u2019est un homme trapu, sans \u00e2ge, us\u00e9, au visage burin\u00e9, dont les yeux noirs expressifs plongent dans ceux de ses interlocuteur. Comme s\u2019il cherchait la v\u00e9rit\u00e9 au fond de leur c\u0153ur. Il est l\u00e0, comme un enfant, un peu \u00e9bahi par les changements survenus pendant sa longue absence. Il est libre et a besoin d\u2019espace. Dans la capitale, Jacob partage avec sa m\u00e8re, au 1 passage Etienne Delaunay dans le XIe, la petite pi\u00e8ce exigu\u00eb qu\u2019elle habite.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Revenu du bout de la nuit, il veut retrouver le soleil. Avec le petit p\u00e9cule que Marie a amass\u00e9 sous par sous, il a achet\u00e9 un lot de bonneterie et, sa camelote sur le dos, il parcourt les march\u00e9s. Un petit village de l\u2019Yonne devient son port d\u2019attache et il s\u2019inscrit au tribunal de commerce en 1931, comme marchand ambulant. C\u2019est aux foires de Touraine et du Berry, aux grands march\u00e9s qu\u2019on le rencontre dor\u00e9navant avec son \u00e9tal bleu et rouge.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">A Issoudun, il s\u2019installe g\u00e9n\u00e9ralement en haut du boulevard Baron, devant le b\u00e2timent de la banque de France. Les forains l\u2019appellent Marius, en raison de son accent marseillais. Le nom lui restera jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">A cinquante ans, il s\u2019essaie \u00e0 la vie de couple. Mais sa compagne chaparde dans la caisse et ses filles attirent trop les regards en raison de leur moralit\u00e9 douteuse. Un jour, exc\u00e9d\u00e9, Jacob met tout ce petit monde \u00e0 la porte.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">En juillet 1936, les \u00e9v\u00e8nements d\u2019Espagne l\u2019attirent. Pendant quelques mois, il dispara\u00eet. Il veut se rapprocher de ses compagnons libertaires et ib\u00e9riques. Un plan de transport et d\u2019armement est imagin\u00e9. Contact est pris avec Basile Zakarof, un p\u00e9trolier marchand de canons.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Il faut de l\u2019or. Les \u00e9glises d\u2019Espagne en disposent. Mais ses camarades espagnols ne semblent pas le comprendre ni surtout croire en lui. \u00ab\u00a0Ils sont fadas\u00a0\u00bb dit Marius \u00e0 Pierre Valentin Berthier, journaliste au D\u00e9partement \u00e0 Issoudun.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">La guerre menace. Jacob quitte l\u2019Yonne pour s\u2019installer \u00e0 Bois Saint Denis, pr\u00e8s de Reuilly, pas tr\u00e8s loin de ses vrais amis, Denizeau, Briselance, forains, et Berthier. Le jour de l\u2019acaht de sa maison, chez Me Barge \u00e0 Reuilly, Marius d\u00e9plie lentement des billets de banque et paie comptant sa maison. <strong>Le voil\u00e0 propri\u00e9taire\u00a0!<\/strong> Que pense-t-il\u00a0? Il a seulement vieilli.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le 22 janvier 1940, jour de la Saint Vincent, Marius \u00e9pouse Paulette, plus jeune que lui de quelques ann\u00e9es. Madame Jacob prend vite le surnom de \u00ab\u00a0essuyez vos pieds\u00a0\u00bb. Maniaque du m\u00e9nage, nerveuse, elle partage la vie de Jacob avant de le quitter d\u00e9finitivement des suites d\u2019une longue maladie.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">Dans ce pays de Bois Saint Denis, o\u00f9 il ne se passe jamais rien, Jacob subit deux affronts. Contr\u00f4le par la r\u00e9pression des fraudes\u00a0; son inventaire laisse appara\u00eetre un exc\u00e9dent de trente-deux m\u00e8tres de tissu. Jug\u00e9 par le tribunal d\u2019Issoudun, il est puni de quinze jours de prison. \u00ab\u00a0J\u2019y ai souffert moralement davantage qu\u2019au bagne, confie-t-il \u00e0 Pierre Valentin Berthier, car la cause est injuste\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">De plus en plus Marius parle de sa mort \u00e0 ses vrais amis. Denizeau et Briselance ach\u00e8tent sa maison. Et au mois d\u2019ao\u00fbt 1954, il convie \u00e0 d\u00e9jeuner neuf bambins dont certains habitent Reuilly, et \u00e0 partager le boudin et une pur\u00e9e trop claire. Mais il y a de la limonade. C\u2019est la f\u00eate. Tout est en ordre. Marius \u00e9crit \u00e0 Berthier\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est fini\u00a0\u00bb, et dans un court texte donne ses consignes. Charbon de bois et piq\u00fbre apporte la paix au ma\u00eetre et \u00e0 son chien. Marius Jacob quitte ainsi Bois Saint Denis.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"right;\" align=\"right\"><span style=\"Times New Roman;\">CN<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"AR-SA;\">NB\u00a0:<\/span><\/strong><span style=\"AR-SA;\"> Claude Nerrand se cache derri\u00e8re la signature CN. Il s\u2019agit ici du sixi\u00e8me et dernier article qu\u2019il consacre \u00e0 Alexandre Jacob dans les colonnes de <em>la Nouvelle<\/em><em> R\u00e9publique<\/em><em> du Centre Ouest<\/em>, parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019exposition \u00ab<em>Sur les traces de Marius Jacob<\/em>\u00a0\u00bb qu\u2019il pr\u00e9pare \u00e0 Reuilly cette ann\u00e9e-l\u00e0. Outre les erreurs de dates (Jacob lib\u00e9r\u00e9 de Fresnes en 1925 puis, quelques lignes plus bas, en 1928\u00a0!!!), nous pouvons nous arr\u00eater sur l\u2019anecdote de l\u2019achat de la maison qui permet \u00e0 l\u2019ancien militaire, devenu pr\u00e9sident de l\u2019office du tourisme local de sous-tendre la faiblesse de l\u2019anarchisme de Jacob\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le voil\u00e0 propri\u00e9taire\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb. Nous avons mis en gras l&rsquo;expression utilis\u00e9e par Claude N. Effet de style certainement. Mais aussi m\u00e9connaissance totale d\u2019un mouvement et d\u2019une id\u00e9e politique dont il entend se gausser. De la m\u00eame mani\u00e8re, nous soulignons l\u2019aspect apocryphe des propos de Jacob \u00e0 sa sortie de prison. Le condamn\u00e9 trouverait injuste sa peine<span style=\"yes;\">\u00a0 <\/span>par rapport \u00e0 son v\u00e9cu de bagnard. Ce qui signifierait qu\u2019il estimerait normal qu\u2019on l\u2019ait envoy\u00e9 crever en Guyane ! A moins bien s\u00fbr qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019une d\u00e9formation de la r\u00e9alit\u00e9 somme toute normale de la part d\u2019un retrait\u00e9 de la Grande Muette. Le crime ne payant jamais, la condamnation pour vente illicite de tissu (autrement dit \u00e0 cette \u00e9poque c\u2019est du march\u00e9 noir) devient tout \u00e0 fait anormale. Et le vieil homme au pass\u00e9 indigne (de la norme l\u00e9gale s&rsquo;entend) mais ayant expi\u00e9 ses fautes<span style=\"yes;\">\u00a0 <\/span>devrait pouvoir finir sa vie tranquille, mari\u00e9 puis s\u00e9par\u00e9 puis remari\u00e9, vivant honn\u00eatement du produits des ventes sur les march\u00e9s.<span style=\"yes;\">\u00a0A ce propos, le choix du pr\u00e9nom Marius est tout simplement pragmatique : il revenait moins cher \u00e0 faire imprimer sur le barnum qu&rsquo;Alexandre. <\/span>Il va de soi que nous ne partageons pas du tout une telle vision d\u2019Alexandre Jacob, \u00eatre probe et honn\u00eate aussi bien dans sa vie de cambrioleur que dans celle du soi-disant reclus de Bois Saint Denis. Nous sommes alors bien loin de l\u2019image de l\u2019aventurier. Car c\u2019est bien un anarchiste qui part en Espagne en 1936 et c\u2019est encore un anarchiste qui choisit librement d\u2019en finir avec \u00ab\u00a0<em>une vie faite d\u2019heurs et de malheurs<\/em>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest 25 juin 1993 A la d\u00e9couverte de Marius Jacob La fin d\u2019un aventurier Marius Jacob sort libre de Fresnes en 1928. Il se suicide en 1954, \u00e0 Bois Saint Denis. 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