{"id":3679,"date":"2015-03-28T01:10:49","date_gmt":"2015-03-27T23:10:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3679"},"modified":"2014-11-11T17:43:55","modified_gmt":"2014-11-11T15:43:55","slug":"vols-a-abbeville","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2015\/03\/vols-a-abbeville\/","title":{"rendered":"Vols \u00e0 Abbeville"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-80\" title=\"abbeville\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville-300x177.jpg\" alt=\"Abbeville\" width=\"223\" height=\"131\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville-300x177.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 223px) 100vw, 223px\" \/><\/a>De la vaisselle, des bijoux, des objets du culte et des coffres forts &#8230; dont un n&rsquo;a pu \u00eatre \u00e9ventr\u00e9. Si la fortune ne sourit pas toujours aux malfaiteurs, ce ne sont tout de m\u00eame pas ici des <em>malheureux<\/em> \u00e0 qui Jacob et ses compagnons ont rendu visite. Abbeville doit cependant poss\u00e9der un charme certain pour les accueillir cinq fois en \u00e0 peine un an. A environ 200 km de Paris, la capitale historique du comt\u00e9 de Ponthieu constituerait finalement un espace de travail ordinaire, regorgeant de belle demeures bourgeoises, si elle n&rsquo;\u00e9tait le point de d\u00e9part du <a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2014\/01\/mon-waterloo-a-moi\/\">\u00ab\u00a0Waterloo\u00a0\u00bb<\/a> de l&rsquo;ill\u00e9galiste arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Airaines le 22 avril 1903. Le vol Tilloloy qui pr\u00e9c\u00e8de le \u00ab\u00a0drame de Pont R\u00e9my\u00a0\u00bb, et donc le d\u00e9mant\u00e8lement des Travailleurs de la Nuit, n&rsquo;est pourtant pas le plus int\u00e9ressant des cinq vols commis dans la Porte de la Baie de Somme dont l&rsquo;examen par la cour d&rsquo;assises d&rsquo;Amiens occupe 3 audiences en 1905\u00a0: le 10 mars pour les vols Ferry et Meurdesoif, le 11 mars pour le vol de La Rivi\u00e8re et le cambriolage de l&rsquo;\u00e9glise Saint Jacques, le 14 mars enfin pour le vol Tilloloy.<!--more--><\/p>\n<p>Ainsi pouvons-nous entrevoir le mode op\u00e9ratoire et l&rsquo;organisation des \u00ab\u00a0bandits d&rsquo;Abbeville\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des t\u00e9moins et des questions pos\u00e9es par le tribunal\u00a0; les r\u00e9v\u00e9lations de Gabrielle Damiens, la compagne d\u00e9latrice de Ferrand, paraissent de fait d\u00e9terminantes pour accuser Jacques Sautarel, Sim\u00e9on Charles, ou encore Fran\u00e7ois Chalus. Mais le d\u00e9bat judiciaire, r\u00e9v\u00e8le aussi l&rsquo;aspect technique et politique des forfaits commis. Bour ne peut s&#8217;emp\u00eacher de faire du pros\u00e9lytisme en attendant Jacob et P\u00e9lissard en gare d&rsquo;Abbeville\u00a0; pour le vol de La Rivi\u00e8re, <em>les voleurs s&rsquo;\u00e9taient retir\u00e9s par la porte d&rsquo;entr\u00e9e et avaient ferm\u00e9 cette porte en tirant de l&rsquo;ext\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une ficelle le verrou int\u00e9rieur<\/em>. L&rsquo;auditoire retient son souffle, atterr\u00e9 par l&rsquo;audace et l&rsquo;intr\u00e9pidit\u00e9 des anarchistes mais l&rsquo;on rit n\u00e9anmoins aux bons mots de Jacob ou du pr\u00e9sident Wehekind\u00a0 ou bien lorsque Ferrand affirme n&rsquo;avoir pu sortir de la riche demeure de M. Ferry \u00e0 cause des \u00e9bats d&rsquo;un couple sur un banc public.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2518-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3302\" title=\"l\\'honn\u00eate cambrioleur et la maison bourgeoise, place Saint Pierre \u00e0 Abbeville\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2518-copier-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"112\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2518-copier-225x300.jpg 225w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2518-copier.jpg 432w\" sizes=\"(max-width: 112px) 100vw, 112px\" \/><\/a>Audience du 8 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p>Voici l&rsquo;analyse aussi compl\u00e8te que possible de l&rsquo;acte d&rsquo;accusation, qui d\u00e9bute par la relation du drame de Pont-R\u00e9my.<\/p>\n<p><strong>Le drame de Pont-R\u00e9my<\/strong><\/p>\n<p>Dans la nuit du 21 au 22 avril 1905, vers 1 heure du matin, Mme Leleu, femme de M. Leleu, cafetier, place Saint-Pierre \u00e0 Abbeville, apercevait de la fen\u00eatre de sa chambre trois individus qui s&rsquo;introduisaient \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;escalade et d&rsquo;effraction dans la maison alors inhabit\u00e9e de Mme veuve Tilloloy. Elle pr\u00e9venait son mari, qui alla imm\u00e9diatement avertir la police.<\/p>\n<p>Mais la sortie de M. Leleu avait \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9e des malfaiteurs, qui prirent aussit\u00f4t la fuite.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res constatations permirent d&rsquo;\u00e9tablir qu&rsquo;apr\u00e8s avoir vainement tent\u00e9 d&rsquo;ouvrir, \u00e0 l&rsquo;aide de pes\u00e9es, la porte coch\u00e8re de la maison de Mme Tilloloy les voleurs avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur en fracturant une persienne du rez-de-chauss\u00e9e et en faisant jouer l&rsquo;espagnolette d&rsquo;une fen\u00eatre dont ils avaient cass\u00e9 un carreau. D\u00e9rang\u00e9s dans leurs recherches, ils n&rsquo;avaient eu le temps de s&#8217;emparer que d&rsquo;un service \u00e0 salade en ivoire et argent, d&rsquo;un manche \u00e0 gigot, d&rsquo;une pince \u00e0 sucre et d&rsquo;un parapluie.<\/p>\n<p>Inform\u00e9s que trois individus avaient \u00e9t\u00e9 vus se dirigeant vers Pont-R\u00e9my, le brigadier de police Auquier, en tenue, et l&rsquo;agent L\u00e9onard Pruvost, en tenue bourgeoise, prenaient le premier train du matin pour cette localit\u00e9. Ils pensaient qu&rsquo;ils verraient, \u00e0 la gare de Pont-R\u00e9my, les cambrioleurs monter dans ce train qui se dirigeait sur Paris.<\/p>\n<p><strong>Audience du 10 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vol Ferry \u00e0 Abbeville<\/strong><\/p>\n<p>Le 24 avril 1902, vers 6 heures du soir, la bonne de M.Maquigny, demeurant \u00e0 Abbeville, se rendait au domicile de M. Ferry, beau-p\u00e8re de son patron qui, depuis quelques jours, \u00e9tait absent. Elle constata qu&rsquo;un vol avec effraction avait \u00e9t\u00e9 commis chez ce dernier.<\/p>\n<p>La porte d&rsquo;entr\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 ouverte \u00e0 l&rsquo;aide de pes\u00e9es. Au rez-de-chauss\u00e9e une armoire biblioth\u00e8que, un bureau et une \u00e9tag\u00e8re avaient \u00e9t\u00e9 vid\u00e9s, tous les objets jet\u00e9s sur le sol. Le buffet de la salle \u00e0 manger \u00e9tait ouvert ; sur la chemin\u00e9e se trouvait une bouteille de kirsch. Dans la chambre \u00e0 coucher, un secr\u00e9taire avait \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9 de fond en comble. Dans un cabinet une armoire avait \u00e9t\u00e9 fractur\u00e9e. Des \u00e9pingles de cravate en or, une timbale, une cuiller \u00e0 sirop, un couvert en argent, un fume-cigarette, une montre en or, une vieille broche, un collier, le tout d&rsquo;une valeur de 365 francs, avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9rob\u00e9s.<\/p>\n<p>Ferrand, qui se reconna\u00eet l&rsquo;un des auteurs de ce vol, raconte que sa sortie avait \u00e9t\u00e9 g\u00ean\u00e9e par deux amoureux assis sur un banc en face. Le fait a \u00e9t\u00e9 reconnu exact. Ce vol avait \u00e9t\u00e9 commis par Ferrand et Vambelle au cours d&rsquo;une tourn\u00e9e entreprise par eux. M. Ferry, \u00e0 la barre des t\u00e9moins, d\u00e9clare ne pouvoir donner aucun d\u00e9tail sur le vol. Il peut seulement faire conna\u00eetre les objets qui lui ont \u00e9t\u00e9 soustraits. Il donne l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration de ceux-ci. Il estime \u00e0 400 francs le pr\u00e9judice qui lui a \u00e9t\u00e9 caus\u00e9.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident interroge Ferrand.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous reconnaissez le vol ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Oui, monsieur.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous avez \u00e9t\u00e9 d\u00e9rang\u00e9 au moment de votre sortie.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Oui, monsieur le pr\u00e9sident, par deux amoureux qui se trouvaient sur un banc.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/la-bande-dabbeville-lillustration-18-mars-1905.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-368\" title=\"la-bande-dabbeville-lillustration-18-mars-1905\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/la-bande-dabbeville-lillustration-18-mars-1905.jpg\" alt=\"la bande d\\'Abbeville dans l\\'Illustration du 18 mars 1905\" width=\"200\" height=\"63\" \/><\/a>Audience du 10 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vol Meurdesoif \u00e0 Abbeville<\/strong><\/p>\n<p>Profitant de l&rsquo;absence de M. Meurdesoif qui s&rsquo;\u00e9tait rendu \u00e0 Berck et avait laiss\u00e9 sa maison la nuit du 11 au 12 juin 1902, les malfaiteurs p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent chez lui. Ils avaient fractur\u00e9 la porte de la cave. Les portes int\u00e9rieures avaient \u00e9t\u00e9 fractur\u00e9es ainsi que les meubles ferm\u00e9s \u00e0 clef.<\/p>\n<p>Un coffre-fort avait \u00e9t\u00e9 couch\u00e9 \u00e0 terre et on avait tent\u00e9, sans pouvoir y parvenir, de l&rsquo;ouvrir.<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s M. Meurdesoif, les auteurs de ce vol avaient d\u00fb se retirer sans rien emporter, car il n&rsquo;avait laiss\u00e9 aucune valeur ou objet pr\u00e9cieux chez lui. Plus tard, Mme Meurdesoif crut reconna\u00eetre des boucles d&rsquo;oreilles qu&rsquo;on lui repr\u00e9sentait mais elle ne fut pas affirmative. Ferrand s&rsquo;est reconnu l&rsquo;auteur de vol.<\/p>\n<p>Un incident a permis d&rsquo;\u00e9tablir qu&rsquo;il \u00e9tait accompagn\u00e9 de Chalus. Dans la journ\u00e9e, ils s&rsquo;\u00e9taient rendus tous deux dans une maison de tol\u00e9rance d&rsquo;Abbeville o\u00f9 Chalus se fit passer pour un Anglais et o\u00f9 il eut une discussion avec une femme. Le personnel de cette maison se rappelle l&rsquo;incident, et une fille Blond Maria, confront\u00e9e avec Chalus, l&rsquo;a formellement reconnu.<\/p>\n<p>Mme Meurdesoif d\u00e9pose. Elle croit qu&rsquo;on ne lui a rien pris. On veut lui montrer un d\u00e9bris de boucle d&rsquo;oreilles, mais on ne la retrouve pas.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ferrand, vous reconnaissez les faits ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Oui.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous n&rsquo;avez pu ouvrir le coffre-fort ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Non, monsieur, il nous manquait le \u00ab tube \u00bb.<\/p>\n<p>(Le tube est un manche de levier.)<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous \u00e9tiez arm\u00e9 dans vos exp\u00e9ditions ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Quelquefois, pas toujours.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous \u00e9tiez arm\u00e9 pour le vol Meurdesoif ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Je ne me rappelle pas.<\/p>\n<p>M. le pr\u00e9sident interroge Chalus. Il rappelle qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 plusieurs fois condamn\u00e9 pour ivresse et pour violences.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous \u00eates chasseur ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Oui, monsieur.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais comment aviez-vous pu obtenir un permis avec une condamnation \u00e0 6 mois de prison ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C&rsquo;est tr\u00e8s facile.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Sous votre nom ?<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Oui, sous mon nom.<\/p>\n<p>Chalus dit avoir connu Ferrand au caf\u00e9 Vayssade qui, d&rsquo;apr\u00e8s la proc\u00e9dure, serait le rendez-vous de tire-laine et de souteneurs. Il allait y jouer aux boules. Chalus a \u00e9pous\u00e9 sa ma\u00eetresse, autrefois condamn\u00e9e comme ent\u00f4leuse.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Depuis que je la connais, dit-il, elle n&rsquo;a pas subi de condamnation.<\/p>\n<p>Chalus tenait une maison de tol\u00e9rance \u00e0 Toulon au moment de son arrestation. L&rsquo;accusation lui reproche d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 le jour du vol, en compagnie de Ferrand, dans une maison de tol\u00e9rance \u00e0 Abbeville. Chalus nie le fait. Il dit que les t\u00e9moins ne l&rsquo;ont tout d&rsquo;abord pas reconnu et que ce n&rsquo;est que sur les instances du juge d&rsquo;instruction qu&rsquo;un t\u00e9moin l&rsquo;a reconnu. Il se plaint de la fa\u00e7on dont l&rsquo;instruction a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e contre lui.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident &#8211; Il y a trente-cinq ans que je suis magistrat. Je n&rsquo;ai jamais vu un accus\u00e9 content de son juge d&rsquo;instruction.<\/p>\n<p>Une autre charge contre Chalus consiste en une lettre que Ferrand, d\u00e9tenu \u00e0 Laon, lui a \u00e9crite. Il chargea un de ses cod\u00e9tenus, Collevaert, de la lui porter. Ferrand \u00e9crivit \u00e9galement \u00e0 Sautarel et \u00e0 Chalus. Chalus proteste et dit que les accusations de Collevaert ne peuvent \u00eatre prises en consid\u00e9ration, Collevaert est fou ; il est intern\u00e9 dans une maison d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9s. Sautarel proteste violemment. Son honneur, sa libert\u00e9 sont en jeu, dit-il. On ne l&rsquo;accuse qu&rsquo;avec les d\u00e9clarations d&rsquo;un fou et d&rsquo;un escroc. Ferrand dit que Chalus n&rsquo;est pas son complice dans le vol Meurdesoif. Maria Blond, femme Longchamps, qui \u00e9tait dans la maison de tol\u00e9rance d&rsquo;Abbeville le 11 janvier 1902, amen\u00e9e \u00e0 la barre des t\u00e9moins, croit reconna\u00eetre Ferrand et reconna\u00eet Chalus.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Chalus contrefaisait l&rsquo;Anglais, dit-elle.<\/p>\n<p>Reine Antier, corseti\u00e8re, 11, rue Deberly \u00e0 Amiens, a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e \u00e0 la liste des t\u00e9moins. Elle a servi dans un restaurant deux individus le 11 janvier, jour du vol Meurdesoif. Elle reconna\u00eet<\/p>\n<p>Ferrand, mais dit ne pouvoir reconna\u00eetre Chalus. La tenanci\u00e8re de la maison d&rsquo;Abbeville, nouveau t\u00e9moin \u00e9galement, est amen\u00e9e ensuite \u00e0 la barre. Elle s&rsquo;exprime d&rsquo;une voix tellement faible que personne ne l&rsquo;entend.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous entendez Me Jumel ? demande le pr\u00e9sident. Cela vous regarde.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Je n&rsquo;entends rien.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident, s&rsquo;adressant au t\u00e9moin &#8211; Voyons parlez plus haut. Vous n&rsquo;avez pas peur des hommes, vous ! (Hilarit\u00e9 prolong\u00e9e dans l&rsquo;auditoire.)<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin ne reconna\u00eet personne. Une confrontation g\u00e9n\u00e9rale a lieu mais ne donne aucune lumi\u00e8re. Les d\u00e9bats sont termin\u00e9s sur le vol Meurdesoif.<\/p>\n<p>M. Deuve est appel\u00e9 de nouveau \u00e0 la barre des t\u00e9moins pour examiner une broche qui lui fut vol\u00e9e \u00e0 son domicile \u00e0 Rouen (vol dont on s&rsquo;est occup\u00e9 plus haut). Limonier est appel\u00e9 \u00e0 s&rsquo;expliquer sur le fait que cette broche a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e chez lui. C&rsquo;est un client de la maison Brunus qui la lui a vendue. Mais il ne sait pas son nom. Me Andr\u00e9 Hesse demande \u00e0 M. le pr\u00e9sident pourquoi son client est suspect, comme il vient de le dire.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour escroquerie.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il y a dix-huit ans, et en vertu d&rsquo;une loi que nous connaissons tous, il est r\u00e9habilit\u00e9, remarque Me Andr\u00e9 Hesse.<\/p>\n<p>Me Andr\u00e9 Hesse explique ensuite que Limonier \u00e9tait l&#8217;employ\u00e9 de Brunus, qu&rsquo;un jour un client de la maison apporta une broche pour la faire fondre. Limonier venait de se marier. Il trouva la broche jolie et l&rsquo;acheta 90 francs pour l&rsquo;offrir \u00e0 sa femme. Il faut que l&rsquo;accusation prouve qu&rsquo;il savait que cet objet provenait d&rsquo;un vol.<\/p>\n<p>M. Pennellier donne lecture ensuite des d\u00e9positions faites par Gabrielle Damiens, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, et qui a \u00e9t\u00e9 la ma\u00eetresse de Ferrand, se faisant alors appeler Dunin. Gabrielle Damiens fut un des pivots de l&rsquo;instruction. Elle a fait les d\u00e9clarations les plus graves et a port\u00e9 la plupart des accusations retenues par l&rsquo;instruction. Gabrielle Damiens, dans sa premi\u00e8re d\u00e9position, donne des renseignements sur les habitants de la rue de la Clef, sur le vol de la rue Quincampoix, sur le vol Gu\u00e9nard \u00e0 Amiens, sur un voyage qu&rsquo;elle fit \u00e0 Marseille, en compagnie de Ferrand, \u00e0 la suite de ce dernier vol. Elle parle ensuite de l&rsquo;entreprise de colportage que tenta Ferrand. Elle d\u00e9nonce Vaillant, Jacob, Lazarine Roux, Sautarel, Bonnefoy, Ferr\u00e9, Bour et d&rsquo;autres comme \u00e9tant en relation avec Ferrand. Elle les a reconnus sur les photographies qui lui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es. Gabrielle Damiens relate plusieurs circonstances dans lesquelles elle se trouva avec les uns ou les autres. Dans une deuxi\u00e8me d\u00e9position, Gabrielle Damiens parle des outils que Charles aurait arrang\u00e9s pour son amant. Elle signale que Ferrand connaissait Deschamps. Elle parle de divers cambriolages.<\/p>\n<p>M. Pennellier donne ainsi lecture de nombreuses d\u00e9positions de Gabrielle Damiens, contenant des d\u00e9tails sur les agissements de la bande, sur les vols commis.<\/p>\n<p>Les accus\u00e9s \u00e9coutent cette lecture avec attention, tout au moins ceux qui sont int\u00e9ress\u00e9s par ces d\u00e9clarations. Bonnefoy et Sautarel, notamment, tendent l&rsquo;oreille, se penchent en avant. Certains des accus\u00e9s sourient ironiquement, les autres haussent les \u00e9paules.<\/p>\n<p>M. Pennellier lit le proc\u00e8s-verbal de la confrontation entre Ferrand et Gabrielle Damiens. Ferrand y d\u00e9clare que tout ce qu&rsquo;a dit sa ma\u00eetresse est exact et avoue de nombreux cambriolages. Jacob se l\u00e8ve par instants et \u00e9coute la lecture des d\u00e9positions de Gabrielle Damiens que poursuit M. le substitut Pennellier. Il cherche dans une serviette qu&rsquo;il apporte \u00e0 chaque audience et en sort des pi\u00e8ces qu&rsquo;il lit.<\/p>\n<p>M. Pennellier a presque termin\u00e9 sa lecture lorsque Sautarel brusquement se l\u00e8ve et avec<\/p>\n<p>violence :<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Est-ce que Gabrielle Damiens est une papesse et ses d\u00e9clarations sont-elles donc infaillibles ? Si elle est une papesse, qu&rsquo;on la canonise !<\/p>\n<p>Jacob profite de cette interruption pour intervenir aussit\u00f4t. Il fait remarquer que M. Pennellier n&rsquo;a pas lu une partie d&rsquo;une confrontation entre Gabrielle Damiens et Ferrand, dans laquelle se trouverait ce passage : \u00ab Ici, Ferrand demande la permission d&#8217;emmener Gabrielle Damiens, ce qui lui est accord\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ainsi, dit-il, on a permis \u00e0 Ferrand et \u00e0 Gabrielle Damiens de rester ensemble plus de trois heures, para\u00eet-il ; cela parce qu&rsquo;on voulait obtenir des aveux. Et \u00e0 moi, jamais on ne m&rsquo;a donn\u00e9 la permission d&#8217;embrasser ma m\u00e8re !<\/p>\n<p>M. Pennellier r\u00e9plique qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas cru devoir lire le passage auquel fait allusion Jacob, mais qu&rsquo;il va le faire. Le passage n&rsquo;est pas tel que le rapporte Jacob. Il est ainsi con\u00e7u : \u00ab Ici Ferrand demande la permission d&#8217;embrasser Gabrielle Damiens, ce qui lui est accord\u00e9. \u00bb Dans la copie signifi\u00e9e aux accus\u00e9s, de cette pi\u00e8ce de la proc\u00e9dure, le mot \u00ab embrasser \u00bb a \u00e9t\u00e9, par erreur, remplac\u00e9 par celui de \u00abemmener\u00bb, explique M. Pennellier. On voit si Jacob a pr\u00e9par\u00e9 sa d\u00e9fense et s&rsquo;il a suivi avec soin toute l&rsquo;instruction.<\/p>\n<p>L&rsquo;audience est lev\u00e9e sur ce vif incident qui rompit, apr\u00e8s plus d&rsquo;une heure, la monotonie de la lecture des d\u00e9positions de Gabrielle Damiens.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 on emm\u00e8ne les accus\u00e9s, une personne se trouvant dans le fond de la salle, parmi le public debout, crie : \u00ab Bonjour Jacob ! \u00bb et agite en l&rsquo;air une casquette. Un ami ou un plaisant ? Jacob l\u00e8ve en l&rsquo;air son chapeau. Et le public, plus nombreux encore qu&rsquo;au d\u00e9but de l&rsquo;audience, s&rsquo;\u00e9coule lentement.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-80\" title=\"abbeville\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville-300x177.jpg\" alt=\"Abbeville\" width=\"156\" height=\"92\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville-300x177.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/abbeville.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 156px) 100vw, 156px\" \/><\/a>Audience du 11 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vol de La Rivi\u00e8re \u00e0 Abbeville<\/strong><\/p>\n<p>Le 27 septembre 1902, M. de La Rivi\u00e8re, qui \u00e9tait \u00e0 la campagne, venait visiter sa maison sise \u00e0 Abbeville, rue Aux-Pareurs, o\u00f9 il \u00e9tait venu pour la derni\u00e8re fois le 13 septembre. Il fut surpris de ne pouvoir ouvrir la porte qui \u00e9tait ferm\u00e9e int\u00e9rieurement \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un verrou.<\/p>\n<p>Ayant fait venir un serrurier, il constata qu&rsquo;on avait fractur\u00e9 la porte d&rsquo;entr\u00e9e et qu&rsquo;on s&rsquo;\u00e9tait introduit chez lui. Les pi\u00e8ces du rez-de-chauss\u00e9e \u00e9taient intactes. Par contre, les pi\u00e8ces du premier \u00e9tage servant de chambres \u00e0 coucher avaient \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9es. Dans la chambre de Mme de La Rivi\u00e8re, l&rsquo;armoire \u00e0 glace qui renfermait de nombreux bijoux de grande valeur avait \u00e9t\u00e9 fractur\u00e9e ; les \u00e9crins vides \u00e9taient \u00e9pars sur le lit. Dans la chambre \u00e0 coucher de M. de La Rivi\u00e8re, le coffre-fort gisait \u00e9ventr\u00e9 sur un matelas. Les autres pi\u00e8ces de la maison avaient \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es.<\/p>\n<p>Leur vol accompli, qui causait \u00e0 M. de La Rivi\u00e8re un pr\u00e9judice de 14 000 francs, les voleurs s&rsquo;\u00e9taient retir\u00e9s par la porte d&rsquo;entr\u00e9e et avaient ferm\u00e9 cette porte en tirant de l&rsquo;ext\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une ficelle le verrou int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Ce vol aurait \u00e9t\u00e9 commis par Jacob, Ferr\u00e9 et Ferrand.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de Ferrand \u00e0 Abbeville dans la journ\u00e9e du 14 est \u00e9tablie par M. Maison qui le reconna\u00eet et dit qu&rsquo;il a touch\u00e9 pour lui un mandat t\u00e9l\u00e9graphique de 50 francs. Un t\u00e9l\u00e9gramme exp\u00e9di\u00e9 \u00e0 Escande, boulevard Ornano et sign\u00e9 Escande a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Jacob, mais une correction que porte ce t\u00e9l\u00e9gramme est d&rsquo;une autre main, ce qui laisse croire que ce t\u00e9l\u00e9gramme pr\u00e9par\u00e9 par Jacob n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 exp\u00e9di\u00e9 par lui. Un grand nombre des objets vol\u00e9s chez M. de La Rivi\u00e8re furent saisis rue Leibnitz ; d&rsquo;autres furent trouv\u00e9s \u00e0 Marseille chez les parents de la femme Ferr\u00e9 qui les tenaient de leur fille. Le revolver saisi sur P\u00e9lissard au moment de son arrestation apr\u00e8s le crime de Pont-R\u00e9my provenait de chez M. de La Rivi\u00e8re.<\/p>\n<p>Jacob conteste le pr\u00e9judice que M. de la Rivi\u00e8re dit lui avoir \u00e9t\u00e9 caus\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Une rivi\u00e8re en brillants ? Ce n&rsquo;\u00e9taient que des roses. Je l&rsquo;ai revendue 200 francs, et elle valait au maximum 1500 francs.<\/p>\n<p>Mme de La Rivi\u00e8re d\u00e9pose. Jacob demande :<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 O\u00f9 \u00e9taient les plaignants quand je me suis introduit chez eux ?<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident &#8211; \u00c0 la campagne.<\/p>\n<p>Jacob &#8211; Ah! ils ont un ch\u00e2teau !&#8230; Ce ne sont pas des malheureux.<\/p>\n<p>On rit. Ces premi\u00e8res escarmouches ont mis en go\u00fbt le public. Ferr\u00e9 et sa femme pr\u00e9tendent avoir achet\u00e9 les objets trouv\u00e9s chez leurs parents \u00e0 Marseille, mais ne pas savoir qu&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 vol\u00e9s. C&rsquo;est Bour qui les leur a vendus. Me Philippe demande \u00e0 Mme de La Rivi\u00e8re si elle peut affirmer reconna\u00eetre les jumelles saisies chez la m\u00e8re de la femme Ferr\u00e9 ; et comme il le fait avec insistance, on murmure dans le public.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2520-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3680\" title=\"L\\'honn\u00eate cambrioleur \u00e0 ... \" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2520-copier-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"186\" height=\"139\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2520-copier-300x225.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/imgp2520-copier.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 186px) 100vw, 186px\" \/><\/a>Audience du 11 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vol \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint-Jacques \u00e0 Abbeville<\/strong><\/p>\n<p>Dans la nuit du 23 au 24 d\u00e9cembre 1902, des malfaiteurs s&rsquo;introduisaient dans l&rsquo;\u00e9glise Saint-Jacques \u00e0 Abbeville, en fracturant la porte donnant sur la place Saint-Jacques, en face l&rsquo;\u00e9cole.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9glise ils forc\u00e8rent les troncs ; dans la sacristie, les armoires. Ils emport\u00e8rent un grand ostensoir, un petit ostensoir, deux calices en vermeil, un calice en argent cisel\u00e9, un petit calice gothique, un ciboire en vermeil, un ciboire portatif et divers autres objets.<\/p>\n<p>Ce vol avait d\u00fb \u00eatre commis par quatre individus qui \u00e9taient repartis pour Paris par l&rsquo;express de 3 h 31 du matin. L&#8217;employ\u00e9 de service crut, plus tard, reconna\u00eetre Bour, Jacob et P\u00e9lissard comme \u00e9tant trois des individus qui s&rsquo;\u00e9taient fait d\u00e9classer leurs billets ; mais il ne peut rien affirmer.<\/p>\n<p>La participation de Ferr\u00e9 et de Jacob dans ce vol est \u00e9tablie par les aveux de Jacob en ce qui le concerne et par une d\u00e9p\u00eache exp\u00e9di\u00e9e d&rsquo;Abbeville \u00e0 Mme Lemercier, rue Labrousse, n\u00b0 51 et sign\u00e9e \u00abGeorges \u00bb. Cette d\u00e9p\u00eache a \u00e9t\u00e9 reconnue comme ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par la femme Ferr\u00e9. Or, dit l&rsquo;accusation, c&rsquo;est elle qui avait l&rsquo;habitude de pr\u00e9parer pour son mari, qui ne sait pas \u00e9crire, les d\u00e9p\u00eaches qui lui \u00e9taient n\u00e9cessaires lorsqu&rsquo;il partait en \u00e9claireur.<\/p>\n<p>M. Dorial, l&#8217;employ\u00e9 de la gare, d\u00e9pose. Il croit reconna\u00eetre Ferr\u00e9, mais n&rsquo;en est pas s\u00fbr.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Puisque c&rsquo;\u00e9tait Mercier ! dit ironiquement Jacob.<\/p>\n<p><strong>Interrogatoire de P\u00e9lissard<\/strong><\/p>\n<p>On arrive \u00e0 un vol, le premier dans lequel est compromis P\u00e9lissard. M. le pr\u00e9sident l&rsquo;interroge rapidement. P\u00e9lissard est n\u00e9 \u00e0 Lyon le 15 juin 1867. Il \u00e9t\u00e9 six fois condamn\u00e9, notamment le 20 mai 1895 par la cour d&rsquo;assises du Rh\u00f4ne, pour vol qualifi\u00e9, \u00e0 cinq ans de r\u00e9clusion et cinq ans d&rsquo;interdiction de s\u00e9jour. P\u00e9lissard reconna\u00eet les faits.<\/p>\n<p><strong>Audience du 14 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le vol Tilloloy \u00e0 Abbeville<\/strong><\/p>\n<p>On passe au vol chez Mme Tilloloy \u00e0 Abbeville, pr\u00e9liminaire du drame de Pont-R\u00e9my. Rappelons bri\u00e8vement ce drame dont nous relatons au d\u00e9but de ce proc\u00e8s toutes les circonstances. Dans la nuit du 21 au 22 avril 1903, Mme Leleu, femme d&rsquo;un cafetier de la place Saint-Pierre, apercevait trois individus s&rsquo;introduisant par une fen\u00eatre dans la maison inhabit\u00e9e alors de Mme Tilloloy. Son mari allait pr\u00e9venir la police.<\/p>\n<p>Les trois cambrioleurs, Bour, Jacob et P\u00e9lissard, s&rsquo;enfuyaient et gagnaient Pont-R\u00e9my o\u00f9, \u00e0 6 heures du matin, les rejoignirent le brigadier Auquier en tenue et L\u00e9onard Pruvost en civil. Au cours d&rsquo;une courte lutte, l&rsquo;agent Pruvost trouvait la mort, le brigadier Auquier \u00e9tait bless\u00e9 d&rsquo;un coup de poignard et d&rsquo;un coup de revolver.<\/p>\n<p>M. Mathon d\u00e9pose. Gar\u00e7on de l&rsquo;h\u00f4tel de France \u00e0 Abbeville, il a servi Bour, le 20 avril, veille du jour du vol chez Mme Tilloloy. Bour lui a donn\u00e9 un pourboire et lui a dit, le tutoyant : \u00abTu gagnes bien ta vie ici ? &#8211; Si je ne la gagnais pas, je ne serais pas ici. &#8211; Vois-tu, les patrons, il faut tous les fusiller. \u00bb<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C&rsquo;est tout, termine le t\u00e9moin.<\/p>\n<p>M. Machin Albert, employ\u00e9 \u00e0 la gare d&rsquo;Abbeville, a reconnu Bour comme \u00e9tant l&rsquo;individu ayant laiss\u00e9 une sacoche \u00e0 la consigne de la gare et l&rsquo;en ayant retir\u00e9e. M. Marcassin, employ\u00e9 des postes, a reconnu Bour comme l&rsquo;individu qui lui a remis une d\u00e9p\u00eache, le 21 avril, sign\u00e9 \u00abGeorges \u00bb. Mme Tilloloy ne peut que fournir l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration des objets qui ont \u00e9t\u00e9 soustraits \u00e0 son domicile. M. Leleu, dans la nuit du 21 au 22 avril, a remarqu\u00e9 des individus p\u00e9n\u00e9trant chez Mme Tilloloy par une fen\u00eatre. Il avait entendu un bruit de vitre bris\u00e9e. Il pr\u00e9vint sa femme, sortit et s&rsquo;en fut avertir la police. M. le procureur g\u00e9n\u00e9ral le f\u00e9licite. Mme Leleu fait une d\u00e9position analogue \u00e0 celle de son mari. Quand son mari fut parti, elle entendit un coup de sifflet venant de la direction du Pilori. Ensuite elle vit trois hommes prenant la fuite.<\/p>\n<p>Un mouvement se produit dans la salle quand l&rsquo;huissier appelle le nom du brigadier Anquier.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la vaisselle, des bijoux, des objets du culte et des coffres forts &#8230; dont un n&rsquo;a pu \u00eatre \u00e9ventr\u00e9. 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