{"id":3572,"date":"2014-10-18T01:10:55","date_gmt":"2014-10-17T23:10:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3572"},"modified":"2014-07-24T16:31:54","modified_gmt":"2014-07-24T14:31:54","slug":"marius-jacob-le-revolte-a-vie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2014\/10\/marius-jacob-le-revolte-a-vie\/","title":{"rendered":"Marius Jacob: le r\u00e9volt\u00e9 \u00e0 vie"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3573\" title=\"Gavroche n137 sept-oct 2004\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-1-202x300.jpg\" alt=\"\" width=\"106\" height=\"156\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-1-202x300.jpg 202w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-1.jpg 422w\" sizes=\"(max-width: 106px) 100vw, 106px\" \/><\/a>Nous avions r\u00e9agi \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque lorsque l&rsquo;article de Fran\u00e7ois Roux sur \u00ab\u00a0le r\u00e9volt\u00e9 \u00e0 vie\u00a0\u00bb \u00e9tait paru dans la revue Gavroche en septembre-octobre\u00a0 2004 ; l&rsquo;auteur du papier s&rsquo;inspirant largement des biographies commises par M.M. Thomas et Caruchet. De fait, l&rsquo;image retranscrite ne pouvait que v\u00e9hiculer de l&rsquo;aventure et de l&rsquo;extraordinaire\u00a0! Notre lettre, ainsi que celle de Jean-Fran\u00e7ois Amary avait \u00e9t\u00e9 en partie reproduite dans le num\u00e9ro suivant de cette excellente revue. Excellente sauf dans cette narration toute lupinienne de la vie d&rsquo;un honn\u00eate homme. Nous publions cet article dix ans plus tard et y rajoutons quelques notes (apr\u00e8s les passages en rouge). Le jacoblogueur pourra ainsi prendre la mesure du processus de recomposition d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9. il \u00e9tait pourtant ais\u00e9 de ne pas se tromper et de ne pas tomber dans cet amalgame facile.<!--more--><\/p>\n<p><a name=\"bookmark0\"><\/a><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-3.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3574\" title=\"Gavroche n137 sept-oct 2004\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-3-300x95.jpg\" alt=\"\" width=\"244\" height=\"77\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-3-300x95.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-3.jpg 574w\" sizes=\"(max-width: 244px) 100vw, 244px\" \/><\/a><\/strong><strong>Gavroche<\/strong><\/p>\n<p>N\u00b0137, septembre &#8211; octobre 2004<\/p>\n<p><strong>Marius Jacob: le r\u00e9volt\u00e9 \u00e0 vie (<\/strong><strong>1879-1954)<\/strong><\/p>\n<p>En cette derni\u00e8re ann\u00e9e du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, les temps sont durs aux pauvres : on se l\u00e8ve chaque matin sans savoir si on mangera le soir. Lorsque toutes les ressources sont \u00e9puis\u00e9es, on s&rsquo;en va mettre \u00ab\u00a0au clou\u00a0\u00bb la bague de mariage ou les der\u00adniers meubles.<a name=\"bookmark0\"><\/a><\/p>\n<p><a name=\"bookmark0\"><strong>Entr\u00e9e en sc\u00e8ne<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Un fiacre s&rsquo;arr\u00eate devant le mont-de-pi\u00e9t\u00e9 de Mar\u00adseille et <span style=\"color: #ff0000;\">un commissaire de police en descend, ceint d&rsquo;une \u00e9charpe tricolore et flanqu\u00e9 de deux agents<\/span><a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Les trois hommes p\u00e9n\u00e8trent dans l&rsquo;\u00e9tablissement, et l&rsquo;officier brandit un mandat de perquisition sous le nez du directeur affol\u00e9 :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous avez ici une montre vol\u00e9e lors d&rsquo;un cam\u00adbriolage au cours duquel quatre personnes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es. Vous \u00eates accus\u00e9 de complicit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les trois policiers se font remettre tous les bijoux, lingots et objets d&rsquo;art, dont ils dressent m\u00e9ticuleuse\u00adment l&rsquo;inventaire et qu&rsquo;ils enferment dans des bo\u00eetes soigneusement scell\u00e9es. L&rsquo;op\u00e9ration dure plusieurs heures. Le directeur et son adjoint sont ensuite menott\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous allez \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s au procureur de la R\u00e9publique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 cette heure tardive, le Palais de Justice est ferm\u00e9 depuis longtemps au public. Les policiers doi\u00advent agiter vigoureusement la sonnette pour que le concierge finisse par ouvrir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Monsieur le procureur nous attend\u00a0\u00bb, annonce le commissaire en p\u00e9n\u00e9trant sous la vo\u00fbte, suivi de son escorte.<\/p>\n<p>La petite troupe grimpe le grand escalier et arrive devant le bureau du procureur. Au passage, le com\u00admissaire h\u00e8le deux gardiens de la paix :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Restez ici, vous autres, et gardez-moi ces las\u00adcars ! Nous revenons dans cinq minutes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Deux heures plus tard, ne voyant pas revenir le commissaire, ni sortir le procureur, le concierge se d\u00e9cide \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans le bureau, \u00e0 la porte duquel se morfondent toujours gardiens et prisonniers. Il n&rsquo;y a personne. Le procureur \u00e9tant injoignable, le concierge appelle un juge d&rsquo;instruction, qui fait aussi\u00adt\u00f4t d\u00e9livrer un mandat d&rsquo;arr\u00eat pour que les deux pr\u00e9\u00advenus soient conduits au d\u00e9p\u00f4t.<\/p>\n<p>Le pot-aux-roses n&rsquo;est d\u00e9couvert que le lende\u00admain : le tr\u00e9sor du mont-de-pi\u00e9t\u00e9, d&rsquo;une valeur de cinq cent mille francs de l&rsquo;\u00e9poque, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9valis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une incroyable mystification.<\/p>\n<p>La date du vol n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 choisie par hasard : le 1<sup>e<\/sup>&lsquo; avril 1899. L&rsquo;exploit fait rire la France enti\u00e8re.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Mais qui est ce voleur intr\u00e9pide ? Ars\u00e8ne Lupin ?<\/span><a name=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Non : Ars\u00e8ne Lupin est un personnage de fiction. Le voleur, bien r\u00e9el, s&rsquo;appelle Alexandre Marius Jacob : c&rsquo;est un anarchiste de vingt ans. \u00c0 la t\u00eate de sa bande, les \u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb, il vole aux riches pour redistribuer aux pauvres. L&rsquo;affaire du mont-de- pi\u00e9t\u00e9 de Marseille signe son entr\u00e9e dans l&rsquo;Histoire.<\/p>\n<p><a name=\"bookmark1\"><strong>Prologue<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Alexandre Marius Jacob est n\u00e9 \u00e0 Marseille, d&rsquo;une famille de prol\u00e9taires, le 29 septembre 1879.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Pour \u00e9chapper \u00e0 la mis\u00e8re<\/span><a name=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>, il s&#8217;embarque sur un navire marchand, \u00e0 douze ans. \u00c0 bord, il d\u00e9couvre l&rsquo;enfer qu&rsquo;est la vie d&rsquo;un mousse : maltrait\u00e9, humili\u00e9, il est battu parce qu&rsquo;il ne veut pas c\u00e9der aux avances des vieux marins.<\/p>\n<p>\u00c0 Sydney, il fausse compagnie \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipage et s&#8217;embauche sur une baleini\u00e8re, qui est en r\u00e9alit\u00e9 un bateau n\u00e9grier. Il s&rsquo;enfuit \u00e0 la premi\u00e8re occasion et reprend du service sur des b\u00e2timents moins naus\u00e9a\u00adbonds.<\/p>\n<p>Pendant que les marins s&rsquo;enivrent, une fois leur quart termin\u00e9, il \u00e9tudie inlassablement des livres de navigation et d&rsquo;hydrographie.<\/p>\n<p>Marius Jacob a seize ans quand il retrouve Mar\u00adseille. On le d\u00e9barque sur une civi\u00e8re, paralys\u00e9 par les fi\u00e8vres.<\/p>\n<p>Une fois retap\u00e9, il quitte le foyer maternel et cherche \u00e0 gagner sa vie. Il va de place en place. Engag\u00e9 comme apprenti dans une imprimerie, il d\u00e9couvre le mouvement libertaire, alors tr\u00e8s enracin\u00e9 chez les typographes.<\/p>\n<p>Nous sommes en 1895. La bourgeoise n&rsquo;en finit pas de prendre sa revanche depuis la terreur que lui a inspir\u00e9e la Commune. Le mouvement ouvrier a \u00e9t\u00e9 saign\u00e9 \u00e0 blanc par la r\u00e9pression, et il ne redresse la t\u00eate que depuis quelques ann\u00e9es. Deux tendances s&rsquo;affrontent. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les socialistes l\u00e9galistes qui veulent conqu\u00e9rir l&rsquo;\u00c9tat par les \u00e9lections. De l&rsquo;autre, les anarchistes, inspir\u00e9s par Proudhon et Bakounine, galvanis\u00e9s par S\u00e9bastien Faure et par Louise Michel qui vient de rentrer d&rsquo;exil. Ceux-l\u00e0 disent que la jus\u00adtice sociale ne se discute pas : elle se prend, et tout de suite. De 1890 \u00e0 1895, c&rsquo;est \u00e0 coup de bombes que les anarchistes ont tent\u00e9 de renverser l&rsquo;ordre \u00e9ta\u00adbli \u00e0 travers toute l&rsquo;Europe : magistrats, policiers, poli\u00adticiens et rois tombent sous leurs coups. La r\u00e9pres\u00adsion est terrible : des dizaines de militants sont guillotin\u00e9s, pendus, garrott\u00e9s, en fonction des coutumes locales. En France, les libertaires sont traqu\u00e9s, pas\u00ads\u00e9s \u00e0 tabac, emprisonn\u00e9s, souvent sans proc\u00e8s&#8230; Les t\u00eates de Ravachol, de Vaillant, de Henry, de Caserio roulent dans la sciure.<\/p>\n<p>Entre la voie l\u00e9galiste et l&rsquo;action directe, Marius Jacob l&rsquo;insoumis n&rsquo;h\u00e9site pas. Il se lance \u00e0 corps perdu dans la cause anarchiste. Sillonnant infatiga\u00adblement la France et l&rsquo;Espagne, il va d&rsquo;un cercle liber\u00adtaire \u00e0 l&rsquo;autre, pr\u00eachant la \u00ab\u00a0propagande par le fait\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La police le suit \u00e0 la trace. Un agent provocateur lui procure des explosifs, puis le d\u00e9nonce. Il est condamn\u00e9 \u00e0 six mois de prison. \u00c0 sa sortie il cherche du travail. Lorsqu&rsquo;il trouve une place, son employeur est pr\u00e9venu de ses ant\u00e9c\u00e9dents, et il perd son travail. Il a dix-sept ans. Dans les r\u00e9unions, ses appels sont de plus en plus violents : \u00ab\u00a0Puisque les bombes font peur au peuple, volons les bourgeois, et redistribuons l&rsquo;argent aux pauvres !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Il devient vite connu. Son enthousiasme et sa vio\u00adlence \u00e9lectrisent les auditoires<\/span><a name=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. Lorsque les policiers font irruption pour disperser l&rsquo;assistance, des bagarres sanglantes \u00e9clatent.<\/p>\n<p><strong>Acte I : les Travailleurs de la nuit<\/strong><\/p>\n<p>Marius Jacob n&rsquo;est pas homme \u00e0 se contenter de discours. Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e 1899 &#8211; il a 20 ans -, il recrute \u00ab\u00a0les Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb. Le territoire fran\u00ad\u00e7ais est d\u00e9coup\u00e9 en zones, et la bande est organis\u00e9e en \u00ab\u00a0brigades\u00a0\u00bb qui op\u00e8rent les cambriolages, appel\u00e9s \u00ab\u00a0reprises individuelles\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9rations\u00a0\u00bb. Celles-ci sont minutieusement pr\u00e9par\u00e9es par tout un r\u00e9seau d&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0\u00e9claireurs\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0prospecteurs\u00a0\u00bb. Les techniques utilis\u00e9es par Jacob feront ensuite le bonheur des romanciers : il change d&rsquo;apparence, parfois plusieurs fois par jour, tant\u00f4t d\u00e9guis\u00e9 en femme, tant\u00f4t en mendiant ou en militaire. <span style=\"color: #ff0000;\">Un jour que les policiers arrivent en courant sur les lieux d&rsquo;un cambriolage, ils croisent un marin qui porte un grand sac et leur lance un vigoureux \u00ab\u00a0salut !\u00a0\u00bb &#8230; Ils reconna\u00eetront Jacob plus tard \u00e0 son proc\u00e8s<\/span><a name=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Pour p\u00e9n\u00e9trer dans les maisons les mieux gard\u00e9es, il fait appel \u00e0 des acrobates de cirque, experts pour escalader les fa\u00e7ades et des\u00adcendre par les conduits de chemin\u00e9es. Il innove aussi dans la technique du guet : plut\u00f4t que de poster un homme devant le lieu du cambriolage, au risque de le faire rep\u00e9rer, il introduit un crapaud dans la conduite d&rsquo;\u00e9vacuation qui donne sur le caniveau. Le crapaud se met \u00e0 chanter. S&rsquo;il s&rsquo;arr\u00eate, c&rsquo;est que quelqu&rsquo;un approche, et les \u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb interrompent aussit\u00f4t leur travail. <span style=\"color: #ff0000;\">Provocateur, il laisse souvent un billet \u00e0 ses victimes : \u00ab\u00a0je ne prends pas ces bijoux : ils sont faux\u00a0\u00bb ou encore : \u00ab\u00a0je reviendrai lorsque vos meubles seront authentiques\u00a0\u00bb<\/span><a name=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p>Pris une premi\u00e8re fois, il simule la folie. Intern\u00e9 \u00e0 l&rsquo;asile d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9s de Mont-Perrin, il s&rsquo;en \u00e9vade avec un infirmier qui rejoint les \u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0couvertures\u00a0\u00bb de Jacob sont bien dans le style du personnage : il tient une quincaillerie, qui lui permet de se faire livrer tous les mod\u00e8les de coffres forts, dont il devient un sp\u00e9cialiste hors pair. Il se paye \u00e9galement le luxe d&rsquo;\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 par la c\u00e9l\u00e8bre compagnie d&rsquo;assurances <span style=\"color: #ff0000;\">Lloyds<\/span>, comme expert en mati\u00e8re de vols. On retrouvera plus tard cette appr\u00e9ciation flatteuse et involontairement comique <span style=\"color: #ff0000;\">dans son dossier \u00e0 Londres: \u00ab\u00a0c&rsquo;est un homme habile, comp\u00e9tent et nourri par l&rsquo;exp\u00e9\u00adrience&#8230;\u00a0\u00bb<\/span><a name=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>Mais ce qui fait de Marius Jacob un voleur \u00e0 nul autre pareil, c&rsquo;est l&rsquo;instauration de \u00ab\u00a0la part du pauvre\u00a0\u00bb : dix pour cent des larcins sont revers\u00e9s aux caisses de soli\u00addarit\u00e9 des anarchistes pour la propagande et pour soutenir les familles des militants emprisonn\u00e9s. \u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\">J&rsquo;allais voler le c\u0153ur pai\u00adsible et la conscience aussi \u00e0 l&rsquo;aise que si j&rsquo;allais accomplir une \u0153uvre charitable<\/span><a name=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a> \u00bb, dira-t-il plus tard \u00e0 son proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Quatre ans durant, les insaisissables \u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb vont tenir la France en haleine au rythme d&rsquo;un cam\u00adbriolage par semaine (on en attribuera 106 directement \u00e0 Jacob). La police est sur les dents. Les montants des \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9rations\u00a0\u00bb atteignent des sommes faramineuses : u<span style=\"color: #ff0000;\">n million et demi de francs or rue Quincampoix, le 5 octobre 1901 : c&rsquo;est le plus gros fric-frac jamais r\u00e9alis\u00e9. Un an plus tard, 600000<\/span><a name=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> francs rue Jasmin, chez un banquier. Jacob et ses hommes r\u00e9servent d&rsquo;ailleurs leurs visites aux \u00ab\u00a0parasites sociaux\u00a0\u00bb : pr\u00eatres, militaires, banquiers, juges, et ne s&rsquo;attaquent jamais \u00e0 ceux dont ils jugent la profession utile : m\u00e9decins, architectes, \u00e9crivains, etc. Les vols se succ\u00e8dent, toujours plus audacieux, toujours sans violence, et sans que la police ne par\u00advienne jamais \u00e0 arr\u00eater coupable ni complice. Marius Jacob \u00e9chappe parfois de peu aux policiers, au prix de courses-poursuites vertigineuses et gr\u00e2ce \u00e0 un sang-froid \u00e0 toute \u00e9preuve.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ses succ\u00e8s et les sommes consid\u00e9rables tir\u00e9es de ses butins &#8211; on estime \u00e0 5 millions le total des \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9rations\u00a0\u00bb -, Marius Jacob n&rsquo;a pas chang\u00e9 le moins du monde sa fa\u00e7on de vivre. Il est avant tout un militant libertaire : <span style=\"color: #ff0000;\">on ne boit pas en sa pr\u00e9sence, on ne fume pas<\/span><a name=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>. Il vit chichement avec sa compagne et sa vieille m\u00e8re, dans un petit logement pr\u00e8s de la place de la Contrescarpe.<\/p>\n<p>Mais tous les \u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb n&rsquo;ont pas gard\u00e9 intact leur id\u00e9al. Certains rechignent d\u00e9sormais \u00e0 laisser \u00ab\u00a0la part du pauvre\u00a0\u00bb, d&rsquo;autres voleraient bien de leurs propres ailes. <span style=\"color: #ff0000;\">Dans le m\u00eame temps, la police, ridiculis\u00e9e, exasp\u00e9r\u00e9e, fait de l&rsquo;arrestation des anarchistes-cambrioleurs sa priorit\u00e9<\/span><a name=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3575\" title=\"Gavroche n137 sept-oct 2004\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-2-85x300.jpg\" alt=\"\" width=\"85\" height=\"300\" \/><\/a>C&rsquo;est \u00e0 Abbeville, le 21 avril 1903, que l&rsquo;aventure se termine, apr\u00e8s un coup manqu\u00e9. Marius Jacob et une partie de la bande passent en proc\u00e8s deux ans plus tard, \u00e0 Amiens. L&rsquo;instruction n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 facile, car le principal inculp\u00e9 prend tout sur lui et refuse de dire le moindre mot sur ses complices. En prison, il entreprend de convaincre les gardiens que \u00ab\u00a0la pro\u00adpri\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est le vol\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Juges et policiers ont bien l&rsquo;intention de faire le proc\u00e8s d&rsquo;un bandit, et surtout pas d&rsquo;un militant. C&rsquo;est compter sans le principal int\u00e9ress\u00e9, bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 se servir du tribunal comme d&rsquo;une tribune politique. Le ton est donn\u00e9 d\u00e8s l&rsquo;interrogatoire :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alexandre, Marius Jacob, levez-vous !<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Non, vous \u00eates bien assis, vous !<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous \u00eates ici pour \u00eatre jug\u00e9. Vous devez vous conformer aux usages, temp\u00eate le juge.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Votre justice est une mascarade. J&rsquo;aurai des \u00e9gards envers vous quand vous en aurez pour les travailleurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Toute la presse est dans le pr\u00e9toire. Parmi les journalistes, un certain Maurice Leblanc, qui va cr\u00e9er, quelques mois plus tard, le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin<\/span><a name=\"_ftnref12\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>. Dehors, les militants anarchistes acclament Jacob \u00e0 chacune de ses appa\u00adritions et chantent L&rsquo;Internationale.<\/p>\n<p>D\u00e8s la troisi\u00e8me audience, Jacob lit devant le tribunal \u00e9berlu\u00e9 une d\u00e9claration en forme de profession de foi :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\">Je suis un anarchiste non-violent<\/span><a name=\"_ftnref13\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>, dit- il, un r\u00e9volt\u00e9 vivant de ses cambriolages. Ne reconnaissant \u00e0 personne le droit de me juger, je n&rsquo;implore ni pardon, ni indul\u00adgence. Je ne sollicite pas ceux que je hais et que je m\u00e9prise [&#8230;] Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend. Le vol, c&rsquo;est la restitution, la reprise de possession. Plut\u00f4t que de mendier ce \u00e0 quoi j&rsquo;ai droit, je pr\u00e9\u00adf\u00e8re faire la guerre aux riches en atta\u00adquant leurs biens. Certes, je con\u00e7ois que vous auriez jug\u00e9 meilleur que je me sou\u00admette \u00e0 vos lois. Alors vous ne m&rsquo;appelle\u00adriez pas bandit cynique, mais honn\u00eate ouvrier. Les pr\u00eatres promettent un paradis \u00e0 leurs dupes. Vous \u00eates moins abstraits, vous leur accordez la m\u00e9daille du travail. Je me livre au vol sans aucun scrupule. Je n&rsquo;accepte pas votre pr\u00e9tendue morale qui pr\u00f4ne le respect de la propri\u00e9t\u00e9 comme une vertu, alors qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pires voleurs que les propri\u00e9taires. Esti\u00admez-vous heureux que ce pr\u00e9jug\u00e9 ait pris racine dans le peuple. Mais prenez-y garde, tout n&rsquo;a qu&rsquo;un temps. Certes moi aussi je r\u00e9prouve le fait par lequel un homme s&#8217;empare violemment et avec ruse du fruit du labeur d&rsquo;autrui. Mais c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cela que j&rsquo;ai fait la guerre aux riches, voleurs du bien des pauvres&#8230;\u00a0\u00bb. Il termine ainsi : \u00ab\u00a0anarchiste r\u00e9volution\u00adnaire, j&rsquo;ai fait ma r\u00e9volution. Vienne l&rsquo;anarchie!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un tel aplomb venant d&rsquo;un homme que l&rsquo;on avait cru bris\u00e9 par deux ann\u00e9es de claustration sid\u00e8re les magistrats et enthousiasme les militants du drapeau noir qui font de Jacob leur h\u00e9ros et dont ils distribuent la proclamation \u00e0 travers toute la France.<\/p>\n<p>Marius sait aussi mettre les rieurs de son c\u00f4t\u00e9. \u00c0 un rentier qui se lamente sur ses titres, il lance: \u00ab\u00a0ils ne valaient rien. Vos voleurs ne sont pas comme moi, eux sont toujours en libert\u00e9. Sans doute portent-ils la L\u00e9gion d&rsquo;Honneur!\u00a0\u00bb et \u00e0 un autre qui pleure son argenterie : \u00ab\u00a0si vos couverts avaient \u00e9t\u00e9 en fer-blanc, vous les auriez toujours !\u00a0\u00bb Le proc\u00e8s devient impos\u00adsible \u00e0 ma\u00eetriser : galvanis\u00e9s par l&rsquo;exemple de Jacob, les autres inculp\u00e9s se l\u00e8vent \u00e0 tout propos, injurient les magistrats, entonnent La Carmagnole et L&rsquo;Inter\u00adnationale. M\u00eame la presse bourgeoise est \u00e9branl\u00e9e : \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas la soci\u00e9t\u00e9, repr\u00e9sent\u00e9e par les magistrats et les jur\u00e9s, qui juge Jacob, chef des voleurs, constate le r\u00e9dacteur de <em>L&rsquo;Aurore,<\/em> c&rsquo;est le chef des voleurs, Jacob, qui fait le proc\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. En v\u00e9rit\u00e9, il conduit l&rsquo;affaire, il est tout le temps en sc\u00e8ne, il pr\u00e9side, il juge !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;opinion publique commence \u00e0 regarder les \u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb d&rsquo;un autre \u0153il : le pr\u00e9sident du tribunal re\u00e7oit alors du minist\u00e8re l&rsquo;instruction formelle d&rsquo;abr\u00e9ger les d\u00e9bats. Apr\u00e8s l&rsquo;expulsion d\u00e9finitive des inculp\u00e9s, le proc\u00e8s est exp\u00e9di\u00e9 en quelques jours, et la sentence tombe le 22 mars 1905 : Marius Jacob, qui n&rsquo;a jamais tu\u00e9, ni m\u00eame bless\u00e9 personne, est condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9. Quatre autres des \u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb sont \u00e9galement condamn\u00e9s au bagne, avec des peines suffisamment longues pour entra\u00eener l&rsquo;obligation de r\u00e9sider en Guyane jusqu&rsquo;\u00e0 leur mort.<\/p>\n<p><strong>Acte II : le voyage au bout de la nuit<\/strong><\/p>\n<p>On sait, depuis les articles d&rsquo;Albert Londres, ce qu&rsquo;\u00e9taient les bagnes de Guyane : des camps d&rsquo;extermination, o\u00f9 la dur\u00e9e de vie moyenne avoisi\u00adnait les cinq ans. D\u00e9pouill\u00e9s de tout, livr\u00e9s sans aucun recours possible au sadisme des gardiens, soumis aux pires tortures pour la moindre vell\u00e9it\u00e9 de r\u00e9sistance, cern\u00e9s par la jungle et par la mer infest\u00e9e de requins, en proie aux fi\u00e8vres et aux parasites, les bagnards abandonnaient vite tout espoir de retrouver un jour l&rsquo;humanit\u00e9 et se laissaient submerger par le vice, la folie et la mort.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Marius Jacob va rester 23 ans en enfer<\/span><a name=\"_ftnref14\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a> : jamais il ne renoncera, ni \u00e0 l&rsquo;espoir, ni \u00e0 ses convictions.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il arrive \u00e0 Cayenne, Jacob est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de sa r\u00e9putation : \u00ab\u00a0un anarchiste de la pire esp\u00e8ce\u00a0\u00bb, dit le dossier. Il est imm\u00e9diatement vers\u00e9 dans la troisi\u00e8me cat\u00e9gorie de for\u00e7ats, les plus durement trait\u00e9s. Sur ordre, les surveillants s&#8217;emploient \u00e0 le provoquer, \u00e0 le pousser \u00e0 l&rsquo;irr\u00e9parable, ce qui permettrait de le tuer, en toute l\u00e9galit\u00e9 : on crache dans sa soupe, on l&rsquo;humilie, on le maltraite. Rien n&rsquo;y fait.<\/p>\n<p>Vis-\u00e0-vis des autres bagnards, Marius Jacob impose imm\u00e9diatement sa force morale, et jamais il ne d\u00e9viera d&rsquo;un pouce de sa ligne de conduite : il se tient \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des \u00ab\u00a0mariages\u00a0\u00bb, du jeu, des trafics en tout genre. D\u00e8s que l&rsquo;occasion lui en est donn\u00e9e, il prend contact avec les autres libertaires, nombreux au bagne. Ensemble, ils organisent la propagande, et s&rsquo;opposent &#8211; y compris par le meurtre &#8211; \u00e0 la loi du plus fort qui r\u00e8gne entre for\u00e7ats, prot\u00e9geant les faibles, ch\u00e2tiant les brutes et les indicateurs. \u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\">Ce sont les anarchistes qui tiennent ici le haut du pav\u00e9<\/span><a name=\"_ftnref15\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a> \u00bb observe, amer, le commandant de la colonie.<\/p>\n<p>Lire le r\u00e9cit des vingt-trois ann\u00e9es de bagne de Marius Jacob, c&rsquo;est mesurer l&rsquo;incroyable capacit\u00e9 de r\u00e9sistance, morale et physique, dont peut faire preuve un \u00eatre humain.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-5.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3576\" title=\"Gavroche n137 sept-oct 2004\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-5-139x300.jpg\" alt=\"\" width=\"139\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-5-139x300.jpg 139w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-5.jpg 194w\" sizes=\"(max-width: 139px) 100vw, 139px\" \/><\/a>Dix-huit fois, Jacob tentera de s&rsquo;\u00e9vader, en vain. Chaque \u00e9vasion manqu\u00e9e est suivie de ch\u00e2timents : privations, bastonnade et \u00ab\u00a0encellulement\u00a0\u00bb. L&rsquo;encellulement, c&rsquo;est l&rsquo;enfermement, les fers aux pieds, dans un puits de six m\u00e8tres carr\u00e9s, dont on ne sort qu&rsquo;une heure par jour, pour la \u00ab\u00a0promenade\u00a0\u00bb. La nourriture est infecte, les journ\u00e9es torrides, les nuits glaciales dans les trous puants, et les bagnards punis n&rsquo;ont droit \u00e0 aucun soin. Quelques mois de ce r\u00e9gime, et c&rsquo;est la mort, ou la folie. D\u00e8s sa premi\u00e8re condamnation pour \u00e9vasion, en 1907, Marius Jacob \u00e9cope de trois ans d&rsquo;encellulement, sur l&rsquo;\u00eele Saint-Joseph. Il en sortira vivant.<\/p>\n<p>En 1911, pour une autre tentative, il est condamn\u00e9 \u00e0 deux nouvelles ann\u00e9es de cachot, dont il sort moribond. Sur 23 ann\u00e9es de bagne, il en pas\u00adsera 12 en cellule, dont 9 les fers aux pieds.<\/p>\n<p>Vingt-trois ans vont s&rsquo;\u00e9couler ainsi, d&rsquo;\u00e9vasions en repr\u00e9sailles impitoyables, sans que jamais Marius ne renonce, ni \u00e0 sa dignit\u00e9, ni \u00e0 la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Pendant que sa vieille m\u00e8re \u00e9pargne sou \u00e0 sou pour lui envoyer des livres et bombarde les minis\u00adt\u00e8res de demandes de gr\u00e2ce, Jacob devient, petit \u00e0 petit, un personnage connu de toute la Guyane p\u00e9ni\u00adtentiaire. \u00c0 force de t\u00e9nacit\u00e9, il est parvenu \u00e0 se constituer une v\u00e9ritable biblioth\u00e8que de droit, et il entreprend de combattre l&rsquo;administration p\u00e9niten\u00adtiaire, \u00ab\u00a0la Tentiaire\u00a0\u00bb, sur le terrain judiciaire : soutenu par ses compagnons anarchistes, il r\u00e9dige r\u00e9clama\u00adtion sur r\u00e9clamation (mais sans jamais user des for\u00admules de soumission et de flatterie en usage dans la prose judiciaire), <span style=\"color: #ff0000;\">pour les bagnards l\u00e9preux<\/span>, contre les brimades et les mauvais traitements, <span style=\"color: #ff0000;\">pour d\u00e9non\u00adcer la corruption organis\u00e9e par les surveillants<\/span><a name=\"_ftnref16\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>, etc. En 1920, apr\u00e8s une nouvelle \u00ab\u00a0belle\u00a0\u00bb manqu\u00e9e et un \u00e9ni\u00e8me s\u00e9jour au cachot, dont il a cru ne jamais sortir vivant, il c\u00e8de enfin aux suppliques de sa m\u00e8re et accepte d&rsquo;envoyer pour lui-m\u00eame une demande de gr\u00e2ce &#8230; qui est rejet\u00e9e.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Entre 1921 et 1923, il tente encore six fois la belle<\/span><a name=\"_ftnref17\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">En 1922, avec les autres anarchistes, il pr\u00e9pare un soul\u00e8vement g\u00e9n\u00e9ral des bagnards<\/span><a name=\"_ftnref18\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>, qui doivent prendre d&rsquo;assaut deux bateaux, et mettre ensuite le cap sur le Br\u00e9sil. Le plan est \u00e9vent\u00e9 et les libertaires dispers\u00e9s aux quatre coins de la colonie.<\/p>\n<p>Enfin, \u00e0 partir de 1923, l&rsquo;opinion publique, alert\u00e9e par les articles d&rsquo;Albert Londres, commence \u00e0 r\u00e9ali\u00adser la vraie nature du bagne.<\/p>\n<p>Les journalistes se succ\u00e8\u00addent en Guyane. On exhume les d\u00e9nonciations de l&rsquo;enfer p\u00e9nitentiaire que quelques m\u00e9decins et pr\u00eatres coura\u00adgeux avaient adress\u00e9es aux autorit\u00e9s de la m\u00e9tropole, lors de leur passage dans la colonie.<\/p>\n<p>On se souvient \u00e9gale\u00adment de Marius Jacob.<\/p>\n<p>Devenu une sorte de m\u00e9dia\u00adteur entre les for\u00e7ats et la \u00ab\u00a0Tentiaire\u00a0\u00bb, l&rsquo;intraitable prisonnier obtient, peu \u00e0 peu, la diminution des iniquit\u00e9s les plus criantes : des sur\u00adveillants sont bl\u00e2m\u00e9s, certains sanctionn\u00e9s&#8230; Mais l&#8217;embellie n&rsquo;a qu&rsquo;un temps : l&rsquo;administration exige qu&rsquo;il renie ses camarades et son id\u00e9al. Comme il refuse, on lui retire toutes ses pr\u00e9rogatives et il retourne \u00e0 l&rsquo;anonymat du bagne.<\/p>\n<p>Cependant, en m\u00e9tropole, des voix de plus en plus nombreuses demandent son \u00e9largissement. Sa peine est ramen\u00e9e \u00e0 5 ans, puis \u00e0 2 ans, mais la libert\u00e9 conditionnelle lui est d\u00e9ni\u00e9e parce qu&rsquo;il refuse d&rsquo;\u00eatre un mouchard de l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire. <span style=\"color: #ff0000;\">Il purgera donc sa peine en prison jusqu&rsquo;au dernier jour, le 30 d\u00e9cembre 1928<\/span><a name=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Acte III: l&rsquo;increvable anarchiste<\/strong><\/p>\n<p>Alors, Jacob : mat\u00e9 ? fini ?<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">D\u00e8s les premiers jours de janvier 1929, un homme au visage burin\u00e9 se pr\u00e9sente \u00e0 May Picqueray, dans les locaux du journal <\/span><em><span style=\"color: #ff0000;\">Le Libertaire<\/span><a name=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\"><strong>[20]<\/strong><\/a><\/em><em> <\/em>: Jacob retrouve sa famille, qui aussit\u00f4t l&rsquo;accueille et l&rsquo;entoure. Louis Lecoin, directeur du <em>Libertaire<\/em>, devient son mentor. Lecoin est un homme de la trempe de Jacob : condamn\u00e9 \u00e0 5 ans en 1913 pour avoir appel\u00e9 \u00e0 tuer les officiers d\u00e8s la d\u00e9claration de guerre, il est \u00e0 nouveau incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 chaque sortie de prison car, sit\u00f4t dehors, son premier geste est de d\u00e9chirer son ordre de mobilisation. Lorsque Jacob rejoint l&rsquo;\u00e9quipe du <em>Libertaire,<\/em> deux combats mobili\u00adsent le journal :<span style=\"color: #ff0000;\"> la d\u00e9fense des objecteurs de conscience et la r\u00e9habilitation de Sacco et Vanzetti<\/span><a name=\"_ftnref21\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>. La cause des deux anarchistes ex\u00e9cut\u00e9s en 1927 aux \u00c9tats-Unis est tr\u00e8s populaire et rassemble bien au-del\u00e0 du mouvement libertaire : Jacob prend la parole dans les meetings devant des milliers de per\u00adsonnes qui se l\u00e8vent \u00e0 son arriv\u00e9e et entonnent L&rsquo;Internationale.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es trente, \u00e0 plusieurs reprises, l&rsquo;\u00e9quipe du <em>Libertaire<\/em> et Jacob mobilisent l&rsquo;opinion pour emp\u00eacher l&rsquo;extradition vers l&rsquo;Espagne de Durruti et de ses compagnons anarchistes, promis au garrot.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-4.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3577\" title=\"Gavroche n137 sept-oct 2004\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gavroche-n137-sept-oct-2004-4-127x300.jpg\" alt=\"\" width=\"65\" height=\"154\" \/><\/a>Et Jacob retrouve bient\u00f4t l&rsquo;Espagne sur sa route : d\u00e8s l&rsquo;\u00e9t\u00e9 36, il est \u00e0 Barcelone, o\u00f9 flottent partout les drapeaux noir et rouge de la CNT<\/span><a name=\"_ftnref22\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>, le grand syndicat domin\u00e9 par les anarchistes, qui compte un million et demi d&rsquo;adh\u00e9rents quand les communistes staliniens sont \u00e0 peine 60000 : pour une fois, l&rsquo;anarchie a une chance de vaincre. Conscient qu&rsquo;il sera plus utile en France qu&rsquo;en Espagne, Marius rentre tr\u00e8s vite \u00e0 Paris et fonde avec Lecoin le SIA (Secours international anarchiste), qui est alors le rassemblement d&rsquo;aide aux r\u00e9publicains le plus actif. Revenu \u00e0 Madrid \u00e0 l&rsquo;automne, il accompagne Durruti sur le front d&rsquo;Aragon, o\u00f9 il peut constater le d\u00e9nuement et le manque d&rsquo;armes des colonnes liber\u00adtaires. Jacob retourne donc \u00e0 nouveau en France et se d\u00e9m\u00e8ne pour trouver des armes \u00e0 envoyer aux com\u00adbattants de la CNT. Lorsqu&rsquo;il parvient \u00e0 ses fins, il est trop tard : en Espagne, le vent a tourn\u00e9. Durruti est mort sur le front de Madrid, les \u00ab\u00a0conseillers\u00a0\u00bb sovi\u00e9tiques contr\u00f4lent tous les approvisionnements en armes &#8211; dont ils excluent les liber\u00adtaires -, et les staliniens s&rsquo;appr\u00eatent \u00e0 d\u00e9manteler les collectivit\u00e9s paysannes, \u00e0 reprendre en main les usines autog\u00e9r\u00e9es et \u00e0 dissoudre les milices popu\u00adlaires. Jacob retourne alors \u00e0 l&rsquo;action humanitaire.<\/p>\n<p>La d\u00e9faite de l&rsquo;Espagne r\u00e9publicaine laisse Jacob d\u00e9sempar\u00e9, comme l&rsquo;ensemble du mouvement liber\u00adtaire.<\/p>\n<p>I<span style=\"color: #ff0000;\">l accomplit avec Lecoin son dernier acte militant en 1939, en diffusant et affichant sur les murs de Paris le tract \u00ab\u00a0Paix imm\u00e9diate\u00a0\u00bb<\/span><a name=\"_ftnref23\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>, au lendemain de la d\u00e9claration de guerre. Puis il part avec sa vieille m\u00e8re s&rsquo;installer dans l&rsquo;Indre, comme marchand ambulant en bonneterie.<\/p>\n<p>En 1948, il rencontre Jean Maitron, l&rsquo;auteur du fameux Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran\u00e7ais, et tire pour lui les le\u00e7ons de son exp\u00e9rience: \u00ab\u00a0Je ne crois pas que l&rsquo;ill\u00e9galisme puisse affranchir l&rsquo;individu dans la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente [&#8230;] Au fond, l&rsquo;ill\u00e9galisme consid\u00e9r\u00e9 comme un acte de r\u00e9volte est plut\u00f4t affaire de temp\u00e9rament que de doc\u00adtrine. C&rsquo;est pourquoi il ne peut \u00eatre d&rsquo;aucun effet \u00e9du\u00adcatif sur l&rsquo;ensemble des masses laborieuses. J&rsquo;entends d&rsquo;un bon effet \u00e9ducatif&#8230;\u00a0\u00bb. La m\u00eame ann\u00e9e, il \u00e9crit ses Souvenirs d&rsquo;un demi-si\u00e8cle.<\/p>\n<p><strong>\u00c9pilogue<\/strong><\/p>\n<p>Le corps bris\u00e9 par les s\u00e9quelles du bagne, Marius Jacob ne veut pas conna\u00eetre la d\u00e9ch\u00e9ance finale : il se suicide en 1954 apr\u00e8s avoir euthanasi\u00e9 son chien aveugle, Negro, pour lui \u00e9viter l&rsquo;abandon. Quelques amis suivent le cercueil, couvert d&rsquo;un drapeau noir et rouge, comme le souhaitait Jacob. <span style=\"color: #ff0000;\">Dans la presse, seul un entrefilet du <em>Canard Encha\u00een\u00e9<\/em> t\u00e9moigne que l&rsquo;homme qui vient de mourir fut une figure singuli\u00e8re du mouvement social<\/span><a name=\"_ftnref24\" href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Morale<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire officielle a fait de Ravachol et de Bonnot les symboles-repoussoirs de l&rsquo;anarchie. Elle s&rsquo;est bien gard\u00e9e de laisser une place \u00e0 Marius Jacob, absent des livres scolaires, bien s\u00fbr, mais \u00e9galement de la plupart des dictionnaires, tandis que sa contre\u00adfa\u00e7on litt\u00e9raire, Ars\u00e8ne Lupin, b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une renom\u00adm\u00e9e internationale.<\/p>\n<p>Bandit antisocial pour les uns, h\u00e9ros de la classe ouvri\u00e8re pour les autres, cet homme est d\u00e9cid\u00e9ment irr\u00e9cup\u00e9rable, aussi bien mort que vif.<\/p>\n<p><strong>Fran\u00e7ois Roux<\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> FAUX\u00a0: ils sont quatre \u00e0 faire le coup du Mont-de-Pi\u00e9t\u00e9\u00a0: Arthur Roques, Joseph et Marius Jacob, Morel.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Rien d&rsquo;\u00e9tonnant lorsque l&rsquo;on s&rsquo;aper\u00e7oit dans la bibliographie attenante \u00e0 cet article que son auteur s&rsquo;est largement inspir\u00e9 de \u00ab\u00a0l&rsquo;excellent livre de William Caruchet\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> FAUX pour faire comme son p\u00e8re<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> FAUX, aucune source ne mentionne la participation de Jacob \u00e0 des r\u00e9unions, meeting et autres en tant qu&rsquo;orateur.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn5\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> FAUX, il s&rsquo;agit tr\u00e8s certainement d&rsquo;une invention \u00e0 caract\u00e8re biographique de William Caruchet\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn6\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> FAUX\u00a0: les rares billets dont nous avons pu retrouver la trace sont ceux laiss\u00e9s chez le sieur Couderc \u00e0 Poilhes, chez la comtesse de Cassagne \u00e0 B\u00e9ziers, chez le juge de paix Hulot au Mans, ou encore \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint Sever de Rouen.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn7\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> Pas de source pour prouver cette affirmation<\/p>\n<p><a name=\"_ftn8\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> Propos largement apocryphe. En revanche, Jacob affirmait \u00e0 sa derni\u00e8re compagne, Josette Passas, qu&rsquo;il avait le sentiment d&rsquo;aller cambrioler comme l&rsquo;ouvrier va \u00e0 l&rsquo;usine\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn9\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> FAUX\u00a0: le compte rendu du cambriolage par le juge d&rsquo;instruction Leydet fait \u00e9tat d&rsquo;un butin d&rsquo;environ 176000 francs\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn10\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> FAUX\u00a0: il suffit de se r\u00e9f\u00e9rer aux souvenirs de Jean Grave pour voir que l&rsquo;on ne s&rsquo;ennuyait pas \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de la cl\u00e9 o\u00f9 se r\u00e9unissait une partie de la bande.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn11\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> FAUX\u00a0: comment la police pourrait-elle connaitre l&rsquo;existence d&rsquo;une bande de voleurs libertaires alors que ceux-ci travaillent sous le couvert de l&rsquo;anonymat\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn12\" href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> FAUX\u00a0: Leblanc est chroniqueur litt\u00e9raire et mondain et surtout pas chroniqueur judiciaire\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn13\" href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> FAUX\u00a0: le propos est apocryphe.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn14\" href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> FAUX\u00a0: Jacob arrive au bagne en janvier 1906\u00a0; il revient en France en septembre 1925\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn15\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Il n&rsquo;y a plus gu\u00e8re d&rsquo;anarchistes au bagne apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9crasement de la r\u00e9volte d&rsquo;octobre 1894 &#8230;<\/p>\n<p><a name=\"_ftn16\" href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> FAUX\u00a0: cf les Ecrits de Jacob publi\u00e9s aux \u00e9ditions de l&rsquo;Insomniaque. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une affabulation de William Caruchet.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn17\" href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> FAUX\u00a0: le dossier de bagne de Jacob, conserv\u00e9 aux ANOM r\u00e9v\u00e8le que les punitions et les passages devant le TMS s&rsquo;estompent et disparaissent \u00e0 partir de 1920\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn18\" href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> AFFABULATION totale<\/p>\n<p><a name=\"_ftn19\" href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> Le 21 d\u00e9cembre 1927\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn20\" href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> FAUX\u00a0: une invention de Bernard Thomas que reprend May Picqueray dans son autobiographie\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn21\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> Dans la chose biographique commise par Caruchet, Jacob et Lecoin &#8211; qui se sont connus en r\u00e9alit\u00e9 chez Guy Denizeau apr\u00e8s la 2<sup>e<\/sup> guerre mondiale &#8211; participent \u00e0 la campagne de lib\u00e9ration et non de r\u00e9habilitation de Sacco et Vanzetti.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn22\" href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> On n&rsquo;en sait foutre rien. Les deux seules sources affirmant la pr\u00e9sence de Jacob en Espagne sont Alain Sergent et Pierre Valentin Berthier. Il existe des papiers r\u00e9v\u00e9lant cette participation de Jacob \u00e0 la guerre civile. Ils \u00e9manent de Pierre Besnard\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn23\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> FAUX, \u00e0 cette date Jacob ne connait pas Lecoin et il n&rsquo;habite pas Paris\u00a0!<\/p>\n<p><a name=\"_ftn24\" href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> FAUX\u00a0: D\u00e9fense de l&rsquo;Homme, le Libertaire ont salu\u00e9 la m\u00e9moire de l&rsquo;anarchiste d\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:8.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:107%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avions r\u00e9agi \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque lorsque l&rsquo;article de Fran\u00e7ois Roux sur \u00ab\u00a0le r\u00e9volt\u00e9 \u00e0 vie\u00a0\u00bb \u00e9tait paru dans la revue Gavroche en septembre-octobre\u00a0 2004 ; l&rsquo;auteur du papier s&rsquo;inspirant largement des biographies commises par M.M. 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